|
|
| |
| |
2010
Mois de
fevrier
Les
Echos du 25 fevrier
SYSTEME
DES NATIONS UNIES AU MALI
Malaise général au bureau de l'UNFPA/Mali
L’organisme onusien spécialisé sur les questions de population
s’apprête à effectuer des licenciements. Du coup, les travailleurs
vivent avec l’épée de Damoclès sur la tête.
Au Mali, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) travaille avec
ce qu’il appelle les "partenaires d’exécution des projets".
Ces projets sont logés essentiellement au niveau de 4 ministères
: Economie et Finances, Jeunesse et Sports, Santé et Promotion de la femme,
de l’Enfant et de la Famille. Chacun de ces ministères a deux ou
trois projets qui relèvent de lui.
Chaque année, l'UNFPA réunit l’ensemble de ses partenaires
pour adopter un plan de travail. Cette année, c’est à Sélingué qu’a
eu lieu du 1er au 3 février 2010, l’atelier de validation du plan
de travail 2010. Au cours de cet atelier, des actes jugés "contraires" à l’esprit
et à la lettre de l’accord de coopération signé entre
le gouvernement et l’UNFPA en janvier 2008 ont été posés.
En effet, "c’est avec stupéfaction" que les structures
représentant le gouvernement ont découvert que des ONG avaient été sélectionnées
sans appel à concurrence "et sans tenir compte d’aucun critère",
selon nos sources. Ces mêmes sources ajoutent que les structures gouvernementales
n’ont pris connaissance des fonds qui leur ont été attribués
en 2010 que dans la salle de réunion de Sélingué.
De cette répartition budgétaire, il ressort que les fonds alloués à une
ONG comme Asdap (100 000 USD), dépassent de loin ceux de la direction
régionale de la santé de Sikasso, pourtant censée superviser
les actions de l’ONG en question. Pis, le Remaifo, réseau des ONG
qui luttent contre la fistule obstétricale, ne disposant pas encore de
récépissé, donc n’ayant pas d’existence légale,
a reçu des subventions "conséquentes". L’ONG FHI,
a reçu 150 000 USD sans appel à concurrence. Selon des membres
du bureau, il ne doit cette largesse du bureau qu’à ses "amitiés" avec
le spécialiste de développement international.
Toujours, contrairement à l’esprit de l’accord-cadre, quatre
ONG n’intervenant pas dans la lutte contre les fistules, ont reçu
des fonds pour mener des activités de prévention, de réinsertion,
de référence, dans les régions de Gao, Tombouctou, Sikasso
et Kidal, sans concertation préalable avec le gouvernement.
" Ce qui était troublant, selon nos sources, c’est que le programme
des ONG était plus défendu par des membres du bureau UNFPA. Et,
pendant que l’on diminuait les fonds alloués aux directions régionales
au profit des hôpitaux, l’UNFPA a refusé de procéder
de même pour les fonds des ONG au profit du CHU du Point G", affirme
un autre interlocuteur.
Pour beaucoup de participants à la rencontre de Sélingué,
il y a eu de la part de l’UNFPA, une politique de "deux poids deux
mesures". "Pendant que l’on refusait la prise en charge des animateurs
et des frais de réparation, de maintenance et de fourniture de bureau
du côté du gouvernement, on allouait au même moment aux ONG
12 % de leur budget pour ces mêmes charges".
Dichotomie
De 2009 à 2010, les structures et projets UNFPA ont vu leurs budgets diminués
quasiment de moitié. Au même moment, le bureau de promotion de la
population lance des avis de recrutement via la presse. Ce que les animateurs
ne comprennent pas, car il s’agira de venir remplacer les actuels animateurs
et gestionnaires des projets. De même, il existe un vaste plan de diminution
de la moitié des activités destinées aux populations cibles
des projets et programmes.
D’ailleurs, depuis quelques mois, certains animateurs et gestionnaires
sont déjà dans la rue. Il leur a été accordé des
contrats de trois mois, au lieu du contrat annuel comme cela est la règle,
ce qui leur donne le sentiment que leur licenciement est programmé depuis
longtemps. Ces contrats de trois mois arrivent à échéance
en fin mars. Pis, les postes à pourvoir sont invisibles dans le programme
de coopération que le gouvernement du Mali et l’UNFPA ont signé.
Autre dichotomie dans le fonctionnement, c’est au niveau des dépenses
et traitements. Par exemple, le seul spécialiste de programme international
a un salaire mensuel qui dépasse de loin les fonds alloués à la
direction nationale de la santé ! Ces aspects alourdissent les charges.
Le gouvernement, pourtant, avait dénoncé le recrutement d’un
spécialiste de programme international lors de la finalisation du 6e programme
de coopération. Visiblement, l’UNFPA n’en a pas tenu compte
!
" La pire des injustices, affirme un interlocuteur, c’est d’avoir
alloué comme salaire mensuel à un seul individu 5 625 000 F CFA
sur les ressources du programme, et ce au détriment du projet conçu
et voulu par le gouvernement. Quelle est la valeur ajoutée de ce spécialiste
sur le développement du Mali ? Nul !". Tous ces dysfonctionnements,
de l’avis de certains agents du bureau, sont dus à "la mauvaise
influence de ce prétendu spécialiste sur le représentant".
Au Mali, selon les constats, le renforcement du bureau UNFPA se fait au détriment
de l’amélioration de la référence évacuation,
des soins obstétricaux et néonataux d’urgence, éléments
clefs de la lutte contre la mortalité maternelle, activités qui
avaient bien démarré durant ce 6e programme et qui devaient atteindre
leur vitesse de croisière en 2010.
Malheureusement, les sommes allouées cette année ne permettent
même pas de prévoir l’achat d’ambulances et d’équipements
médicaux, ce qui jusque-là était le point fort de l’assistance
de l’UNFPA au Mali. En plus, ce renforcement du bureau se fait au détriment
de l’exploitation des données du 4e Recensement général
de la population et de l’habitat.
Affaire à suivre.
Alexis Kalambry
Acceuil
LIBERATION
DES ISLAMISTES
Le très mauvais calcul d’ATT
La politique ce n’est pas de la mathématique. Cela est connu. Avoir
affaire avec des personnes qui, contre les lois de la République, transportent
et détiennent des armes de guerre, allant d’un pays à un
autre, ne peut alors être géré en méconnaissance de
paramètres qui impliquent la souveraineté d’Etats tiers concernés.
Au lieu d’avoir des sarments, comme une liane, ATT s’est laissé plaire
en roseau face aux pressions françaises, se prêtant aux critiques
et acrimonies de l’intérieur comme de l’extérieur.
La libération lundi des quatre islamistes membres d’AQMI (deux Algériens,
un Burkinabé et un Mauritanien), détenus depuis avril 2009 et présumés
terroristes par les autorités maliennes, mauritaniennes et algériennes
semble causer plus de tort à Bamako qu’il n’en résoudrait
réellement.
La Mauritanie en premier dès l’annonce de la libération des
islamistes, puis l’Algérie après qu’AQMI ait libéré à son
tour l’otage français ont rappelé leurs ambassadeurs pour
dénoncer et protester vigoureusement contre l’attitude de Koulouba
dont la faiblesse montrée face aux pressions exercées par Paris
discrédite un homme et son gouvernement et fait de son peuple un enjeu
négligeable face aux intérêts d’un pays qui posait
au demeurant sur la tête d’un de ses citoyens.
Nous n’irons pas jusqu’à dire que la vie de Pierre Camatte
a valu, aux yeux d'ATT, plus que celle de toute une population de plusieurs millions
d’habitants puisque l’insécurité causée dans
la bande sahélo-sahélienne et qui en l’occurrence concerne
le Mali, la Mauritanie et l’Algérie au premier plan, fait peser
la menace de mort sur leur tête - on se rappelle le meurtre d’un
colonel de l’armée en plein jour à Tombouctou, l’attentat
terroriste du 8 août 2009 à Nouakchott dans le quartier huppé de
Tevragh Zeina, là où est située l’ambassade de France,
les dizaines de morts en Algérie, etc.
On espère que l’otage français, sur qui deux ultimatums de
mise à mort avaient été lancés par AQMI si leurs éléments
détenus à Bamako, n’étaient pas libérés,
s’en sortira sain et sauf maintenant que Bamako a plié comme roseau
après ses rodomontades. Mais voilà que, en se référant
aux déclarations du chef de l’Etat malien lors de la 29e semaine
de l’Afrique organisée par l’Unesco au mois de mai 2009 à Paris,
on s’avise de la roublardise de ses "partenaires salafistes".
Devant l’assemblée de personnalités et des médias,
le président malien affirmait qu’il était déçu
du comportement des hommes en armes qui menaçaient la sécurité intérieure
du Mali, le mettait en mal face à ses voisins en ne respectant pas leur
engagement à rester calmes dans le désert malien, pour citer de
mémoire l’aveu de celui qui était justement invité pour
partager sa méthode de gestion d’une crise qu’il a lui-même
qualifiée de "basse intensité".
Il s’est avisé aujourd’hui qu’il a eu tort de concéder à ses
bandits, essaimant dans d’autres pays la peur et l’insécurité,
une partie du territoire national contre sa "tranquillité".
Les militants de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le
combat (GSPC) devenu depuis Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) n’ont
jamais été des persécutés d’Alger dont le pouvoir
et la presse se sont moqués des niaiseries de Bamako.
Souffle coupé
Comment Bamako pourra expliquer son geste à ses voisins algérien
et mauritanien après avoir tambouriné, au lendemain de la première
visite du ministre français des Affaires étrangères, qu’elle
veut consolider l’embellie revenue dans ses relations avec Alger suite à sa
déclaration que les présumés terroristes d’AQMI ne
seront pas libérés et que de voix autorisées, on affirme
même qu’Alger a fourni de la documentation juridique ?
Mais voilà Bernard Kouchner est repassé à l’offensive,
appuyé par Claude Guéant, premier collaborateur du chef de l’Etat
français dont certains prêtent un poids immense dans les prises
de décisions de l’Elysée. A en croire certaines informations,
Guéant aurait apporté une solution juridique compréhensive
renforcée par des propositions alléchantes qui font craquer Bamako
faisant alors fi de "ses engagements internationaux" supposés,
doublant Alger et Nouakchott, qui réclamaient le transfert de leurs ressortissants,
du jour au lendemain. Bamako a surpris Alger et Nouakchott si fort que leur souffle
a été coupé comme seul le fait ce terrible vent du Sahara
dont profite si allègrement AQMI dans les grottes du désert malien.
A ce jeu, rien ne certifie qu’ATT ne se fasse prendre de vitesse par tous
les autres "pays amis", dont l’Espagne et l’Italie qui
eux aussi ont des ressortissants détenus dans le Nord de notre pays après
avoir été nargué par AQMI. Et le fait de "vivre dans
un environnement international où il y a des règles en matière
de sécurité, de lutte contre le terrorisme, règle qu’il
faut respecter" ne signifiera alors rien du tout, à Nouakchott comme à Alger, à Rome
comme à Madrid, à Washington comme à Guantanamo.
Bamako trompettera qu’elle était dans une très mauvaise posture
en tout cas directement vis-à-vis de ses voisins frontaliers et "son
ami" la France. Qu’elle était assise sur un tabouret fendu,
crissant, coinçant et brinquebalant qui pinçait les fesses à chaque
petit mouvement. Qu’il lui a manqué du courage et de la témérité pour
tenir comme tous ces Maliens durant leurs années de classe sur les tables
bancs fendus, crissant, coinçant et brinquebalants de Kayes à Tombouctou.
Mais difficilement l’Etat malien pourrait faire accepter à son opinion
nationale qu’il a oublié cette valeur qui a fait que nombre d’élèves
de Mopti, ayant passé des années durant dans cette position très
désagréable, il est vrai, ont préféré avoir
les fesses rouges dans des culottes en loques pour porter plus tard des boubous
en basin richement brodé.
En somme comment à l’occasion de la célébration du
cinquantenaire de l’indépendance nationale, le gouvernement pourra
parler de Soundiata Kéita, Tiéba Traoré et autre Modibo
Kéita pour mettre en avant les valeurs de dignité, de fierté,
de droiture et de don de soi. C’est tout simplement dommage.
Oussouf Diagola
(correspondant permanent à Paris)
Acceuil
PROJETS
ET PROGRAMMES
Le rapport de la 10e revue du MET
Le ministère de l’Equipement et des Transports (MET) a organisé le
24 février un atelier de validation du rapport provisoire de la 10e revue
des projets et programmes.
Pour améliorer les performances des projets et programmes de développement,
il a été initié en 1998 l’exercice de la revue dont
l'objectif est de faire une analyse critique sur l’état d’exécution
physique et financière des projets et programmes de développement
des départements, d’identifier les principales contraintes qui entravent
leur mise en œuvre et de proposer des mesures en vue d’accroître
leur impact sur les bénéficiaires.
Au titre de l’année 2009, le taux de décaissement des projets
inscrits était de 57 %. Sur une inscription totale de 120,58 milliards
de F CFA, 68,773 milliards de F CFA ont été décaissés
pour un ensemble de 41 projets.
La collecte des fiches de projet auprès des services a permis au titre
de l’année 2009 de dénombrer 46 projets : 8 terminés,
36 en cours d’exécution et 2 en préparation. Le taux d’exécution
des projets est de 53 % pour un total de 15 projets qui devraient s’achever
en 2009. Le nombre des projets revus a baissé par rapport à celui
de la 9e revue, qui était de 54.
Cette baisse s’explique par l’insuffisance de suivi des enquêtes
entraînant ainsi un faible niveau de financement, la non-tenue de table
ronde des bailleurs de fonds depuis 2007 et la crise financière survenue
en 2008 entraînant la priorisation des projets à mettre en œuvre.
En outre, le désenclavement intérieur et extérieur de ces
projets a contribué à la réduction de la pauvreté par
la création d’emplois (plus de 20 000 emplois créés
toutes catégories confondues en 2009), la stabilisation et la réduction
du coût des transports, la facilitation de l’accès aux services
sociaux, l’amélioration de la fluidité du trafic, la promotion
de l’intégration et du tourisme.
Le coût total des projets immatriculés et non immatriculés
est de 798,602 milliards de F CFA et le niveau d’exécution financière
en cours varie de 4 à 100 % contre 96 % lors de la 9e revue.
Anne-Marie Kéita
Acceuil
| | |