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2010
Mois de
fevrier
Les
Echos du 24 fevrier
RAPPORTS
DE VOISINAGE
Le Mali s’isole
De plus en plus, notre pays, du fait de l’incapacité de certains
de voir au-delà de perspectives personnelles, s’isole et se coupe
de la région. Une pente dangereuse.
Du jamais vu ! La Mauritanie rappelle "pour consultations" son ambassadeur
et nous accuse de violer les accords entre nous. Dans le cadre de la gestion
des otages et de cette question des islamistes d’Al-Qaida au Maghreb islamique
(AQMI), nous aurons bu le calice jusqu’à la lie.
Il est vrai que, depuis quelques années, tout se gère de façon
intéressée, sous le manteau, sans débat, sans recul. L’inconvénient
est que cela fini par se retourner contre nous puisque pour tous les voisins,
nous sommes devenus le "maillon faible", celui sur qui personne ne
peut compter, aussi bien pour jouer les bons offices ou juste pour respecter
les règles de bon voisinage.
Le Mali, c’est connue, s’est fait le chantre de l’intégration.
En dehors d’une guerre idéologique et frontalière avec le
Burkina, nous n’avons eu que des rapports privilégiés avec
les voisins. En tout cas, jusqu’ici, car, c’est la première
fois que nos atermoiements finissent par agacer les voisins à ce point.
Pourquoi n’avoir pas instauré un débat national sur les otages
? Arrêtés avec des armes de guerre sur notre territoire, réclamés
par une association reconnue terroriste, ces prisonniers devaient-ils passer à la
correctionnelle comme des voleurs de poules ? Pis, on appelle un canard qui est
briefé, pour mieux orienter les commentaires alors que c’est prouvé :
aucun plumitif n’était présent dans la salle d’audience
prise d’assaut par la sécurité.
La Côte d’Ivoire nous adresse à peine la parole. L’Algérie
constitue notre pire cauchemar aujourd’hui, et la presse de ce pays, du
jamais vu, se déchaîne quotidiennement sur nous. Blaise Compaoré ne
manifeste pas une grande estime à notre égard, et nous sommes absents
ou exclu de tous les débats sous-régionaux portant sur la paix,
la sécurité ou les grandes questions du genre.
Mais, que gagnons-nous en faisant le jeu de la France ? Que gagne la France en
obligeant le Mali à libérer des terroristes ? Cette situation ne
va-t-elle pas encourager tous les preneurs d’otages et autres terroristes,
s’ils savent qu’ils pourraient toujours se faire payer ou libérer,
rien qu’en capturant un Blanc dans une République bananière
?
Alexis Kalambry
Acceuil
GREVE
A AIR MALI
La version de la direction
Après 48 h de grève du personnel navigant commercial (PNC) d'Air
Mali, la direction générale de la compagnie a rencontré la
presse le mardi 23 février pour donner sa version des faits.
Le dimanche 21 et le lundi 22 février, les passagers d'Air Mali ont été transportés
par trois avions affrétés par la direction. Et pour cause. Le personnel
naviguant commercial (PNC), une soixantaine d'agents, avait mis à exécution
son préavis de grève.
C’est pour s’expliquer sur ces journées "chaudes" que
le directeur général d’Air Mali, Abdrahamane Berthé,
assisté du directeur du personnel, Fadiala Dembélé, du directeur
administratif et financier, Hervé Adom, était face à la
presse hier.
Selon M. Berthé, tout est parti d’une correspondance adressée
le 3 février à la direction, comportant des revendications en 8
points. La direction, aux dires du DG, a remis aux contestataires le 18 février
2010 un projet de statut et les avait invités à une séance
de négociation qui devrait prendre en compte leurs préoccupations.
" Nous avons pris l’engagement que les 8 points de négociation
seront au menu des négociations du 1er mars", a dit le directeur.
Malgré cette assurance, la médiation des aînés de
l’entreprise et la satisfaction d’un des points exigés pour
la levée du mot d’ordre de grève, le collectif a décrété la
grève. "Si c’est pour négocier, on a fait le maximum
dans ce sens. Avant même les négociations à proprement parler,
on a fait des concessions", a souligné M. Berthé et de déplorer
l'attitude des grévistes.
C’est ainsi que la direction, selon M. Berthé, a été obligée
de voir d’autres alternatives en affrétant trois avions qui ont
transporté 1041 passagers durant le temps de la grève. "Les
passagers ont été pris en charge pour les repas et l’hébergement",
a-t-il ajouté.
M. Berthé a reconnu que la grève est un droit dans toutes les entreprises.
Tout en déplorant que "celle-ci aurait pu être évitée",
la direction se dit ouverte au dialogue. La séance de négociation
du 1er mars reste toujours maintenue, dira-t-il. "Nous avons le souci du
bien être de nos personnels". Depuis le mardi 23 février, les
vols ont repris à Air Mali au grand soulagement des passagers.
Les points de revendications du collectif PNC sont : l’application de la
grille salariale, le plafonnement des vols du PNC à 60 heures, le paiement
de primes pour les vols spéciaux, le paiement de 13es mois dans tous les
contrats PNC, la conversion de contrat à durée déterminée
en CDI, le paiement des primes spécifiques, le paiement des différentes
primes spéciales de la profession PNC et l’établissement
d’un contrat déterminé du PNC au bout de deux ans.
Amadou Sidibé
Acceuil
PDI-BS
Le plus grand programme hydro-agricole
D’un coût total de près de 110 milliards de F FA, le Programme
de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et Sélingué (PDI-BS)
a été lancé mardi à Souala (Djenné) par le
président de la République. Il est attendu au terme de la première
phase du programme une production additionnelle annuelle de 52 000 tonnes de
riz paddy, 3620 de légumes, 588 tonnes de viande bovine, 6 millions de
litres de lait et 880 tonnes de poisson.
Le lancement du PID-BS a eu lieu mardi à Souala, un village situé à une
quinzaine de kilomètres de la Commune de Djenné. C’était
en présence d’une dizaine de ministres, de partenaires techniques
et financiers et de plusieurs autres personnalités.
Plus grand programme hydro-agricole du pays, le PID-BS sera exécuté sur
six ans (de 2010 à 2015). Il prévoit la construction de deux seuils
de dérivation : un au niveau de Djenné sur le Bani et un à Kourouba
sur le Sankarani.
La première phase porte sur l’aménagement et la mise en valeur
de 32 545 hectares dont 24 540 hectares de terres rizicoles en submersion contrôlée,
915 hectares de riziculture en double culture sous maîtrise totale de l’eau,
6820 hectares de bourgoutière pour le développement de l’élevage,
554 ha de cultures maraîchères et 270 ha de mares piscicoles.
Le Programme augmentera le niveau de mobilisation de ressources en eau du Bani
grâce à la création d’une retenue de 300 millions de
m3. Selon le président ATT, ce programme n’a rien oublié.
Il dira que c’est ce type de projet qu’il faut en l’Afrique
et singulièrement au Mali.
Le PDI-BS consolidera les actions engagées dans le cadre du Programme
de mise en valeur des plaines du Moyen Bani et du Projet d’aménagement
du périmètre de Maninkoura. La réalisation du seuil de Kourouba
dans le cadre du programme sécurisera l’alimentation en eau du périmètre
de Maninkoura et l’ensemble du potentiel irrigable estimé à 5000
ha situé à l’aval immédiat du barrage de Sélingué.
Au total, il est attendu au terme de la 1re phase une production additionnelle
annuelle de 52 000 tonnes de riz paddy, 3620 tonnes de légumes, 588 tonnes
de viande bovine, 6 millions de litres de lait et 880 tonnes de poisson. Le programme
constitue une bonne réponse à la crise alimentaire. Il touchera
directement près de 12 000 exploitations, soit environ 130 000 personnes
dont la plupart sont des femmes.
Exemple sur Talo
Si, jadis, la culture du riz était possible dans les plaine de Bla et
de Djenné et le long du Bani grâce au débordement des crues
naturelles du fleuve, aujourd’hui force est de reconnaître les nivaux
d’eaux, ces dernières années ne permettent que difficilement
l’exercice des activités agricoles dans ces zones.
Selon le ministre de l’Agriculture, Agatham Ag Alhassane, "le gouvernement,
compte tenu du potentiel de terre autour du fleuve Bani, a sollicité l’accompagnement
de la Banque africaine pour le développement (Bad) pour la formulation
d’un programme global de type nouveau, visant d’une part, la réalisation
du barrage de seuil de Djenné et, d’autre part, la consolidation
des investissements déjà réalisés à Talo et à Maninkoura".
Djenné et Talo sont des seuils jumeaux. Le seuil de Djenné créera
une synergie bénéfique avec celui de Talo qui permettra de réguler
le cours du Bani et, par conséquent, de générer des impacts
socio-économiques majeurs dans l’ensemble du bassin de la rivière
Bani.
Le programme contribue, globalement, à la sécurité alimentaire
et à la réduction de la pauvreté au Mali. Sur le plan géographique
le Programme interviendra dans trois zones des régions de Koulikoro, Ségou
et Mopti. Il s’agit de Maninkoro, Bla et Djenné.
Le PID-BS est le résultat d’un engagement à long terme de
la Bad auprès du gouvernement du Mali pour le développement de
l’irrigation. Outre, la Bad, le Programme a été financé par
une dizaine de banques et partenaires.
Selon Moulay Lahcen, le représentant résident de la Bad au Mali,
le chef de file des bailleurs de fonds du PID-BS, son coût est estimé à 110
milliards de F CFA. Aux dires de M. Lahcen, l’exécution du programme
s’étalera sur une période de 6 ans.
Sidiki Doumbia
(envoyé spécial)
Acceuil
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