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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 22 fevrier

 

KADER TRAORE, PROFESSEUR A LA FSJP
" Le coup d’Etat au Niger est un signal fort"
Le coup d’Etat intervenu au Niger est pour Kader Traoré, professeur de droit public à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), la suite logique des dérives de Mamadou Tandja. Il indique, dans l’interview ci-dessous, que le renversement de Tandja est un signal aux chefs d’Etat africains. Entretien !

Les Echos : Quel commentaire faites-vous du coup d’Etat militaire du jeudi 18 février 2010 au Niger ?
Kader Traoré : La Constitution est la norme suprême d’un Etat, c’est elle qui organise la transmission du pouvoir, détermine le fonctionnement des institutions et toutes les autres normes dans un Etat lui doivent être également conformes. Donc, si je dois faire un commentaire constitutionnel sur les événements au Niger, je dirai d’abord que le coup d’Etat était prévisible. Tout observateur de la scène politique nigérienne savait qu’il y avait l’éminence d’un putsch, d’un changement de régime.
Il faut rappeler que les institutions sont avant tout ce que nous avons voulu mettre en place pour un fonctionnement harmonieux de nos sociétés. Tandja a d’abord violé la Constitution, c’est pour cela précisément que certains Etats l’avaient condamné ; mais en plus de la violation de la Constitution à travers laquelle il a trahi tout un peuple M. Tandja a trahi aussi son propre serment. En violant le verrou qui limite à deux mandats de cinq ans à la tête de la présidence, le désormais ex-président du Niger a renié son serment qui, il faut noter, avait un caractère divin et une responsabilité du dirigeant face au peuple. Même si quelque part, Tandja a usé de la voie légale, c’est-à-dire, d’un référendum pour déverrouiller la limite, il faut reconnaître qu’il avait obtenu la prolongation de son mandat sur une controverse à partir du moment où il a dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle, cette dernière l’avait ouvertement débouté.
Les Echos : Croyez-vous que les constitutions prévoient suffisamment de garde-fous pour contrer les chefs d’Etat qui souhaitent se maintenir éternellement au pouvoir ?
K. T. : Oui ! Dans presque toutes les constitutions, il existe la Haute cour de justice (HCJ) qui doit traduire devant elle les dirigeants pour des raisons de violation de la Constitution. Même si expressément il n’est pas clair, il est cependant bien précis que le président peut être traduit devant la HCJ pour haute trahison. Ce garde-fou peut paraître flou, mais il interdit quand même à tout chef d’Etat de violer la Constitution au risque de s’exposer à la sanction constitutionnelle. Il faut signaler également que toute sanction n’est pas constitutionnelle, l’exemple c’est le coup d’Etat qui viole aussi la Constitution. L’équation nigérienne est qu’on n’a pas accepté que Tandja viole la Constitution, mais on ne va pas accepter non plus que les militaires s’emparent du pouvoir sans broncher.
Les Echos : Vous approuvez donc la position de l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui ont condamné le coup d’Etat et qui précédemment avaient aussi condamné le coup de force de Tandja ?
K. T : Oui, je comprends parfaitement la position de la communauté internationale, mais ce qu’il y a lieu de dire c’est que le coup d’Etat qui vient de renverser Tandja est un signal fort pour ses anciens pairs d’Afrique qui veulent opter pour leur maintien éternel au pouvoir et trahir la confiance de leur peuple. La problématique de l’alternance reste malheureusement une réalité dans nos Etats.
Les Echos : Vu la mode du tripatouillage constitutionnel, est-ce que vous ne pensez pas qu’il y a des vices rédhibitoires dans nos constitutions ?
K. T. : Les dispositions existent déjà, mais les hommes politiques qui accèdent au pouvoir n’en font qu'à leur tête. C’est leur respect qui pose problème. Dans certains Etats, je crois qu’au Bénin il est clairement inscrit dans la Constitution qu’"en aucun cas, nul ne peut dépasser deux mandats". Il est vrai qu’ici c’est plus précis et c’est mieux ainsi, car souvent le droit est élastique.
Propos recueillis par
Amadou Waïgalo

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Ode à la République
Le Niger vient de s’assumer. Notre position pourrait surprendre ceux qui se limitent au fait qu’il s’agit d’un coup d’Etat. Certes, de principe, nous sommes opposés au coup d’Etat, mais le président Tandja, du fait de sa violation de la Constitution et du tripatouillage dont il s’était rendu responsable, a été le premier à violer les règles du jeu.
Quelles leçons tirer du Niger ?
Tandja, dont somme toute, le bilan n’était pas mauvais, a écouté le chant des sirènes. Il n’a pas voulu comprendre que la République est une succession dans laquelle les hommes se relaient à la tâche. Il a entendu les flagorneurs et tous ceux qui, accrochés ou voyant plus leurs intérêts personnels et bassement matériels plutôt que le Niger, lui disaient qu’il est le bâtisseur, que s’il partait ses grands chantiers s’arrêteront, que le Niger ne lui survivrait pas, qu’il a un destin de leader ad vitam aeternam et tutti quanti…
La première leçon à tirer du renversement du régime nigérien, c’est que, nos dirigeants africains doivent comprendre que nous ne sommes plus à l’époque des pères fondateurs que l’on bénissait tous les matins pour l’air que l’on respire. A ce propos, il est loisible de constater que si certains ont condamné le principe du putsch pour rester dans leur logique, personne n’a appelé "au rétablissement du pouvoir déchu", comme cela aurait été le cas dans un coup d’Etat non légitime.
Mais, la grande leçon est le réveil de l’esprit républicain. Tandja a été respecté dans son rôle et des excès, tant qu’il avait le sceau officiel, tant qu’il avait avec lui la légalité. L’armée a su démontrer qu’elle a en son sein des hommes qui connaissent encore la valeur d’un serment, la force d’un engagement. La bonne lecture à faire de ce renversement de régime au Niger est à ce niveau. 50 ans après les indépendances, l’Afrique se débarrasse peu à peu de son image de "républiques bananières" pour revêtir des valeurs républicaines universellement partagées.
Triste sort que celui de ces "chefs" qui oublient que l’Etat est une continuité, qu’il leur survivra quoi qu’ils fassent. Triste sort que celui de ces chefs élus sur la base de règles qu’ils veulent violer ou qui pensent que sans eux ce sera le chaos. Ils ne peuvent que finir comme Tandja : dans la honte et le déshonneur.
Le chemin de l’enfer
" C’est bien fait pour lui", "il fallait s’y attendre", "il ne pouvait que terminer comme ça"… Voilà les commentaires dans les grins ou autres lieux de regroupement temporel à travers Bamako après l’annonce du coup d’Etat survenu au Niger le week-end dernier. Et oui ! Le Niger n'a plus de président, mais un nouveau chef : le commandant Salou Djibo, est désormais le nouveau dirigeant du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie.
La suspension de la Constitution et la dissolution de toutes les institutions étaient les maîtres mots de la déclaration lue à la télévision nationale par le porte-parole du CSRD, formé par les putschistes. Ce n'est pas un président très démocrate qui vient d'être renversé. A tel point que les événements du 18 janvier ne sont ni une surprise, ni une véritable source de mécontentement dans le pays.
Alors qu'approchait l'échéance de son second mandat présidentiel l'été dernier, Tandja, 71 ans, s'était maintenu au pouvoir en organisant, en août, présidentielle de cette même année et remodelant la Constitution en sa faveur.
Ce coup d’Etat n’est nullement une surprise, car, il était attendu par les opposants et redouté par Tandja lui-même. Ce n’est pas sans raison que ces derniers mois, en bon militaire, le colonel Tandja a pratiqué la méthode du camouflage auquel il a adjoint des cadeaux (villas et voitures) et espèces sonnantes et trébuchantes aux gradés de la Grande muette au cas où elle aurait des velléités putschistes. Ce qui, à l’évidence, ne l’a pas sauvé.
Comme le dit un adage populaire, quand on trébuche et l’on tombe, il ne faut point regarder le lieu où on a chuté mais sur quoi on a buté. La situation que l’on vit actuellement au Niger est partie de la volonté de l’homme du "tazarché" de négocier 3 ans pour terminer ses grands chantiers au grand dam des institutions, de la communauté internationale qui s’y sont mises toutes pour le décourager.
Le soldat bon teint qui s’est déguisé en civil, engoncé dans son bazin et ses certitudes politiques, a passé outre et a poursuivi sa marche forcée en multipliant les actes de forfaiture : dissolution de l’Assemblée nationale le 26 mai 2009, dissolution de la Cour constitutionnelle ; référendum le 4 août 2009 qui fait passer le Niger d’une Ve à une VIe République, législatives le 20 octobre qui accoucheront d’une Assemblée nationale monocolore, inodore et sans saveur.
Même si le président de la Commission de l'Union africaine, le président de la Commission de la Cédéao, ainsi que d’autres acteurs internationaux ont condamné la prise du pouvoir par la force au Niger et demandé un retour rapide à l'ordre constitutionnel, il est à signaler que la mise à l’écart du président Tandja est saluée par tous.
Ne s’agit-il pas là d’un avertissement à tous les chefs d’Etat africains qui ne pansent qu’à s’éterniser au pouvoir ? Et comme Tandja, ils finiront par emprunter le chemin de l’enfer. Dans tous les cas, les meilleurs exemples de la bonne gouvernance et de l’alternance ne sont pas nombreux. Saluons ici, les présidents Rawlings, Kérékou, et Konaré.
Idrissa Sako

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SUR LE COUP D’ETAT DU NIGER
Des hommes politiques maliens se prononcent
Survenu le 18 février 2010, moins d'un an après que le président Mamadou Tandja eut changé la Constitution en prolongeant son 2e mandat de 3 ans, le coup d’Etat a fait une dizaine de morts à Niamey. Quelques hommes politiques donnent leur avis sur cet événement qui n’était pas inattendu.

Pr. Marimantia Diarra (secrétaire général de l’Adéma/PASJ) :
" Notre parti n’a pas accepté l’intransigeance de Mamadou Tandja, président déchu du Niger. Le parti avait fait part de son inquiétude en son temps et avait souhaité que la Constitution soit respectée et que le peuple nigérien puisse rester dans la démocratie et garantir les libertés collectives et individuelles. Nous comprenons ce qui vient de se passer à Niamey. Toutefois, nous souhaitons que cela soit une ère de transition la plus brève possible pour que le peuple nigérien puisse aller aux élections et choisir librement ses dirigeants dans le cadre d'une Constitution qu’il va choisir de mettre en place".

Bocar M. Diarra (secrétaire politique de l’US-RDA) :
" Par principe, le parti est contre la prise du pouvoir par la force. On condamne le coup d'Etat et toutes les formes de tripotages de constitution. Il faut que les Nigériens se parlent et renouent avec les voies qui les mènent à la vie constitutionnelle normale, à la démocratie et au développement de leur pays".
Amadou dit Papa Diallo (secrétaire politique du Cnid/Fyt) :
" Le coup d’Etat est arrivé à un moment où l’on pouvait s’y attendre. J’espère que la junte militaire n’imitera pas le cas de Dadis Camara en Guinée mais celui d'Amadou Toumani Touré au Mali".

Djiguiba Kéita (secrétaire général du Parena) :
" Le comité directeur du Parena salue la fin de l’autocratie naissante au Niger et la lutte héroïque des partis, syndicats et ONG de défense des droits de l’Homme, de l’Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle et de toutes les forces vives du Niger ont mené contre Mamadou Tandja. Le Parena souhaite que les Forces de défense et de sécurité qui, dans un sursaut patriotique, ont mis fin au régime de Tandja confirment, dans les plus brefs délais, leur engagement démocratique. Le Parena exhorte les forces démocratiques du Niger à la plus grande vigilance pour le retour rapide à la démocratie, voire la restauration de la Ve République".

Harouna Sissoko (président du Font pour le développement du Mali) :
" Le mutisme, voire le silence assourdissant des fervents défenseurs du président renversé est assez révélateur du malaise social et de la non-adhésion du peuple nigérien à son projet anticonstitutionnel de prolongation de son mandat. Le parti salue la fin de la dictature suicidaire, voulue par le président déchu Mamadou Tandja, invite l’armée républicaine du Niger à travers la Cour suprême pour la restauration de la démocratie, à joindre l’acte à la parole, par l’organisation des élections libres et transparentes pour un retour du pays à l’ordre constitutionnel normal".
Aminata Traoré
(stagiaire)

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NIGER
Le retour de la manivelle
Aucun démocrate n'apprécie un coup de force. Mais si c'est pour restaurer la démocratie, il est le bienvenu.
Le cas nigérien du 18 février 2010, à défaut d'être salutaire, n'est point condamnable. Car c'est du "tel est pris qui croyait prendre" ou si vous voulez du "voleur volé", le comble de la déception.
L’ancien président Tandja est son propre fossoyeur, son entêtement lui a coûté sa tête. J’allais dire sa liberté et son respect. Respect qu'on doit à un vieux en Afrique et surtout à un musulman qui a juré la main sur le Coran.
Sans jouer avec les mots, ce coup de force n'est que justice rendue : un coup d'Etat militaire contre un coup d'Etat constitutionnel, "à bon chat, bon rat" et aussi un avertissement pour les futurs tripatouilleurs constitutionnels, ils sont nombreux et ils se connaissent. Pardon, je n’ai pas dit le nom de quelqu'un.
Pour l'instant, prions que les nouveaux maîtres ne nous fassent pas volte-face, car le pouvoir corrompt absolument.
Vivement la restauration de l'ordre constitutionnel !
Gassiré Konaté
(Kalabancoro)

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IL FAUT LE DIRE
Au suivant !
Devenu chef d’Etat par le plus grand des hasards, criant sur tous les toits qu'il est "le plus honnête et le plus patriote" de ses pairs du CNDD, il s’était érigé en censeur de la République, distribuant des bons points par-ci, réprimandant par-là. Moussa Dadis Camara, puisqu’il faut le nommer, s’était cru sorti des cuisses de Jupiter. Or, Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre !
Réduit à sa plus simple expression à la suite d’une tentative d’assassinat, il vit à présent dans un état végétatif, loin de Conakry, ce qui n’empêche pas que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest chaque jour en République de Guinée. La roche Tarpéienne n’est jamais loin du Capitole. Eskèye !
Alors, que personne ne compte sur moi pour vilipender ceux qui ont applaudi à tout rompre le coup d’Etat qui a emporté jeudi dernier le régime autocratique de Mamadou Tandja, qui voulait faire du Niger sa propriété personnelle !
Cet ancien colonel de l’armée, qui a une drôle de compréhension de la continuité de l’Etat, avait imposé la prolongation de son mandat, arguant de la nécessité, pour lui, de finir les chantiers qu’il a ouverts. Des militaires de l’âge de ses enfants, l’ont mis à sa place, c'est-à-dire sur la sellette de l'Afrique, d’où il pourra se rendre compte qu’une République ne sera jamais orpheline quelles que soient les qualités du chef partant.
Enivré par le pouvoir, il en était arrivé à oublier cette vérité simple, mais fondamentale pour tout être humain qui croit en l’Etre Suprême : "L’homme propose, Dieu dispose". Au demeurant, nul ne sait à l’avance de quoi demain sera fait pour décider qu’en trois ans il peut faire-ci, il peut faire ça. "Nous sommes poussières et retournerons à la poussière" au choix exclusif de L’Omniscient. Où sont du reste les défenseurs du "tazarché" ? Disparus ? Et pourtant le "bonheur dort la nuit et passe la journée" au Niger.
Que nul ne compte sur moi pour condamner un changement par la force qui viserait des "démocrates" qui refusent d’organiser des élections libres et démocratiques ! Laurent Gbagbo, pour appeler le chat par son nom, sait qu’en l’absence de candidats de complaisance comme en 2000, il n’est pas sûr de l’emporter.
Voilà pourquoi il use de subterfuges pour reporter sans cesse l’échéance. Avant lui, la Côte d’Ivoire a existé, après lui la Côte d’Ivoire existera. Le contraire est impensable parce que les cimetières sont remplis d’indispensables.
Que personne ne me jette l’anathème chaque fois que j’aurai la possibilité de rire sous cape l’infortune de ces chefs d’Etat qui prétendaient être venus aux affaires pour mettre fin à l’ordre ancien, mais qui se révèlent pires que leurs devanciers honnis, sous des dehors accommodants. Je les exécré au plus profond de moi-même. Railler leur sort contrarié paraîtrait un moindre mal à leur égard.
A qui donc le prochain tour ? Seul Dieu, l’Omnipotent, le Sait. Mais nous autres mortels devront néanmoins nous convaincre que tout peuple acculé finit infailliblement par se redresser contre son oppresseur. Et comme le sanglier blessé par la dague, il l’éventre avec ses défenses, quitte à payer le prix fort dans l’assaut final ? A bon entendeur… bonne journée !
A. M. T.

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HUICOMA
Le Syndrome de 50 ans de mauvaise gestion

Le Forum de Bamako a adopté cette année le thème de 50 ans de faim en Afrique. Elle aurait pu parler de 50 ans de mauvaise gestion et de mauvaise gouvernance au Mali, en référence au cas de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) avec comme fossoyeur l’Etat.

En 50 ans d’indépendance, les pays africains ne parviennent pas à vaincre le spectre de la faim et de la famine. Au Mali, où les potentialités agricoles existent, les conditions climatiques peu généreuses servent d’alibi pour accréditer la thèse de la fatalité. L’édition 2010 du Forum de Bamako a porté une réflexion sur le sujet avec l’œil des exports sans y trouver une solution adéquate et pérenne.
Le sujet qui fâche ces temps-ci est l'Huicoma, un fleuron de l’industrie malienne, bloqué par le virus de la mauvaise gouvernance économique sous la poussée des institutions de Bretton Woods. Le repreneur n’est autre que le Groupe Tomota, magnat de l’imprimerie, de l’industrie du livre et du transport.
La privatisation mal réussie de Huicoma a été une alerte forte pour d’autres entreprises qui attendent leur tour. La Mission de restructuration de la filière coton veille au grain depuis 3 ans pour sauver ce qui peut encore l’être. Les travailleurs à bout de patience et de combat ont vu leur plan social finalement payé par l’Etat en début de ce mois.
Les entreprises qui attendent à la porte de la privatisation semblent échaudées par le cas Huicoma qui hante l’esprit de tous ceux qui sont animés du souci du développement de ce pays. L’Etat qui devait jouer sa partition semble le coupable désigné de la descente aux enfers de cette industrie pour n’avoir pas simplement respecté les règles du jeu de la cession.
Les dégâts collatéraux font que la vie de l’entreprise est menacée avec celle des centaines de travailleurs. Cette usine exploite les graines de coton comme aliment bétail.
Huicoma a besoin de 180 000 tonnes par an pour faire tourner ses machines. Elle n’en a reçu que 60 000 tonnes de la part de la CMDT en 2009 contre une promesse de 25 000 tonnes cette année avec des prix qui ont triplé de 12 500 F CFA la tonne en 2005 (date de sa cession) à 103 000 F CFA en 2010.
Au moment où les usines de Koutiala et Koulikoro ont cessé de tourner pour manque de graine de coton doublé de la grève des travailleurs, les petites huileries qui n’ont pas un investissement de 300 millions de F CFA et qui ont poussé comme des champignons sont ravitaillées correctement. Huicoma, avec une trentaine de milliards d’investissements et un capital de départ de 16 milliards de F CFA est reléguée en 7e position dans le classement des huileries maliennes.
Dans le même temps, l’arrêté 07-3280 interdit à Huicoma d’exporter de l’aliment bétail quand bien même les éleveurs qui sont à l’origine de cette mesure ne parviennent pas à acheter toute sa production. La section savonnerie est sur cale faute d’huile de coco, une matière première qu’il lui est interdit d’importer pour, dit-on, des mesures d’ordre sanitaire.
L’Etat qui pouvait être l’arbitre du jeu dans un pays de bonne gouvernance ne dit mot. Comme si le crime profitait à quelqu’un, les locataires de "Huicomabougou", (les travailleurs de Huicoma en sit-in à la Bourse du travail depuis plus de 100 jours de grève) courent derrière leur plan social que l’Etat doit encore payer comme le prévoient les clauses de la cession.
Abdrahamane Dicko

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ECHOS DES REGIONS

TOMBOUCTOU
Un Français interpellé…
N’eussent été l’intervention et la vigilance du commissariat de police de Tombouctou, un islamiste français arrivé seulement le 1er février 2010 à Tombouctou allait faire des milliers de victimes dans la population. Ne disposant d’aucun document l’autorisant à pratiquer la médecine, ses prescriptions et ses soins s’étendaient à des produits combustibles (parfums) aux aiguilles chinoises qu’il offrait gratuitement à ses patients.
Le commissariat de police de Tombouctou a procédé à l’arrestation d’un homme déguisé en musulman. Cet homme en référence à ses documents (passeport, visas) se nomme Dubrana Dominique, de nationalité française résidant en Italie. Il est arrivé à Tombouctou le 1er février dernier où il s’est converti à l’islam.
Cet individu attestant être islamiste répond au nom d’Abdou Salam. Il est parfumeur de profession. Il réside dans un restaurant à Djingareïber non loin de la résidence du gouverneur. Son tuteur à Tombouctou, qui est la promotrice d’un restaurant, est également la présidente des personnes handicapées. Il avait pris soin de construire une tente dans la cour du restaurant servant de salle de soin, de consultation et d’attente. Les soins sont gratuits et conditionnés à l’inscription des malades dans un cahier médical.
Ce Français s’est rendu coupable d’exercice illégal de la médecine. Ses prescriptions s’étendaient à des produits combustibles (parfums), dont il dispose en grande quantité, aux aiguilles chinoises. Une quantité de produits combustibles (parfums) a été saisie et fera l’objet d’une analyse au laboratoire de l’hôpital régional de Tombouctou.
Dubrana, sans informer les autorités administratives et politiques de Tombouctou n’ayant aucun document qui l’autorise à pratiquer la médecine, se permettait de traiter clandestinement les personnes atteintes de pathologies broncho-pulmonaires (asthme, toux) et les personnes handicapées.
Les produits et aiguilles qu’il utilisait pouvaient transmettre des virus à bon nombre de "ses" patients et semer le désarroi au sein de la population. Surtout que les terroristes utilisent tous les moyens pour en arriver à leurs fins. Le comportement suspect de cet islamiste français fait planer le spectre de l’insécurité sanitaire au nord et risque de confirmer la thèse de la présence des terroristes possédant des armes biologiques autrement plus nocives que les mitraillettes et autres Kalachnikov.
Ces consultations et traitements gratuits prodigués par cet islamiste ne constituent-ils pas un acte malintentionné susceptible de nuire à la population surtout que le torchon brûlait entre le Quai d’Orsay et Koulouba à propos de Pierre Camatte, détenu par l’AQMI, que ses ravisseurs menaçaient d’exécuter si le gouvernement malien ne libérait pas les islamistes arrêtés. Sous la pression des autorités françaises par l’intermédiaire de Bernard Kouchner, le gouvernement malien a finalement cédé et démontré une fois encore son manque de leadership.
Ce qui est sûr, le Français et ses complices devront s’expliquer devant le procureur pour exercice illégal de médecine.
Abdou Maïga
(correspondant régional)INSECURITE ROUTIERE

Accident au poste de contrôle de Sikasso
Un accident de la circulation a eu lieu ce week-end au poste de contrôle à l’entrée de Sikasso sur la RN-7. On a déploré des blessés, 3 motos Jakarta stationnés appartenant aux agents d’escorte et le hangar du syndicat des transporteurs endommagés. Le véhicule est irrécupérable.
Le marabout thérapeute Karamoko Tienta très connu revenait d’une de ses rares tournées à bord de sa voiture, quand son chauffeur a percuté la barrière du poste de contrôle, le véhicule a pris la direction des abords de la route du côté des bureaux de contrôle, occasionnant le sauve-qui-peut généralisé.
La route tue davantage quand des agents chargés du contrôle des engins et de la délivrance du permis de conduire se complaisent dans un laisser-aller et un laxisme irresponsables et coupables. Ce n’est pas la première fois que la question de la sécurité routière est traitée sous cet angle. Malgré tout, beaucoup d’efforts restent à faire. Il n’est pas rare de voir dans nos villes des véhicules s’enflammer brusquement en plein milieu de la route.
Une fois au garage, les propriétaires d'autres "charrettes" qu'on appelle véhicules pressent les dépanneurs pour qu’ils puissent se mettre de nouveau en circulation. Le propriétaire et les techniciens se livrent alors à une criminelle tricherie. Ils mettent ainsi en danger la vie des autres usagers de la route. Mais, ils sont loin d’être les seuls coupables.
Depuis la création du centre de contrôle des véhicules (Mali Technique Système) tout véhicule mis en circulation n’est autorisé que si le chauffeur peut présenter aux agents chargés de veiller sur la sécurité routière un certificat en cours de validité délivré par MST. Mais, à voir l’état de certains véhicules, on peut se poser la question de savoir si le propriétaire possède ce certificat, s’il l’a, comment l'a-t-il obtenu ?
Des hommes et des femmes circulent à bord de voitures sans permis de conduire ou avec des permis "trafiqués". Que dire des enfants qui s’emparent des clés de voiture de leurs parents et qui commettent de graves dégâts sur les routes de nuit comme de jour ? On pourrait les ranger dans la catégorie de ces jeunes filles et garçons qui roulent à tombeau ouvert sur de grosses motos, sans avoir la moindre notion des règles de la circulation.
Sur nos routes, les gendarmes et les policiers devront s’assurer aussi de la validité de l'assurance. En attendant, la circulation à Sikasso, c'est un peu la cour du roi Pétaud.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

GESTION CONSENSUELLE DE L’AMM
Les maires de Ségou en rang serré
Les maires de Ségou ont réaffirmé leur adhésion à la déclaration commune pour une gestion consensuelle de l’Association des municipalités du Mali (AMM). Une déclaration dite de Ségou a sanctionné des assises de la 4e Journée régionale de Ségou, le samedi 20 février.
Un mois jour pour jour après la signature de la déclaration consacrant la gestion consensuelle de l’Association des municipalités du Mali (AMM) par une quinzaine de formations politiques, le Mouvement citoyen et des groupements d’indépendants, une délégation du Cadre de concertation, conduite par Soumeylou Boubèye Maïga et comprenant Me Mountaga Tall et des autorités de partis a rencontré le 20 février des maires de Ségou dans la salle Tiétiguiba Danté. C’était à l’occasion de la 4e Journée des communes de Ségou.
La rencontre visait à préparer la Journée nationale des communes et à présenter la déclaration commune pour une gestion consensuelle de l’AMM. La cérémonie était présidée par Me Tall. Les débats parfois houleux ont achoppé sur le second ordre du jour ; à savoir : la déclaration commune.
Les uns et les autres ont voulu savoir les motivations de la déclaration "qui leur a été parachutée et qu’ils sont obligés d’accepter". A toutes les préoccupations, les membres de la délégation en langue nationale n’ont pas été à court d’arguments. On a senti que Me Tall était en terrain conquis (le Cnid occupe la mairie de Ségou). Son intervention a été des plus applaudies par l’assistance.
Les élus à la base ont été mieux édifiés sur la gestion consensuelle prônée par les états-majors des partis politiques, le Mouvement citoyen et des groupements d’indépendants. Ces derniers n’ont pas fait qu’écouter, ils ont soulevé des préoccupations sur la démarche entreprise par les signataires de la déclaration du 21 janvier. Le linge salle a été lavé en famille et une déclaration dite de Ségou a mis fin à la journée.
Dans ladite déclaration lue dans la salle, les maires, tout en adhérant à l’initiative de la gestion consensuelle de l’AMM, ont réitéré leur soutien inconditionnel à l’acte établi le 21 janvier au siège de l’Adéma. Ils se sont dits déterminés "à ne ménager aucun effort pour parvenir aux objectifs visés". Se succédant au micro, des maires ont invité les différentes directions à préserver à la cohésion "pour que l’AMM puisse enfin trouver le chemin d’une nouvelle dynamique".
Il a été demandé aux maires de se donner la main en vue de : "mettre en place un cadre permanent de concertation pour la bonne application de la déclaration, d’œuvrer à une gestion démocratique et consensuelle de l’AMM, notamment la mise en place d’un bureau exemplaire national de large ouverture et de bureaux consensuels au niveau des cercles et des régions. Et d’élaborer un programme commun d’activités et de mener une campagne électorale commune". Les maires ont également invité les directions des signataires à veiller au respect de l’engagement.
Amadou Sidibé
(envoyé spécial à Ségou)

AMM
Soumeylou remonte les bretelles de Kader et d'Adama
Interpellé sur la "multitude" de candidatures à la présidence de l’AMM au sein même de l’Adéma/PASJ, Soumeylou B. Maïga, vice-président du parti de l'Abeille, et président du Cadre de concertation, a parlé de "non-événement" à l'Adéma.
Enumérant les objectifs de la déclaration qui sont, à ses dires sans ambiguïté, l’orateur a expliqué la procédure du choix porté par le CE Adéma sur Boubacar Bah dit Bill, maire de la Commune V. Il a minimisé les réactions négatives et indiqué qu'elles découlent de la tentative de zizanie des tenants de la révolution permanente.
" Ceux qui dirigent l’AMM sont les élus des partis et mouvements politiques. Ils ont été présentés par les partis et ne pouvaient pas être maires sans le soutien des formations, mouvements politiques et groupements d’indépendants. Donc s’ils doivent se retrouver pour mettre en place un bureau pour convenir d’une activité, les partis politiques dont ils sont les représentants leur donnent des orientations. Nous ne voyons pas de mal à cela".
A preuve, ajoutera-t-il, en 2004, l’actuel président de l’AMM, candidat autoproclamé à la présidence de l’AMM, a été désigné par le CE Adéma contre Moussa Badoulaye Traoré (paix à son âme) dans les mêmes conditions qu’il juge aujourd'hui illégitimes.
Pour SBM, les textes de son parti sont clairs : "Chaque fois qu’il y a un poste national, c’est la direction qui décide statutairement. Pour le prochain bureau, le choix du parti est connu de tous. Certaines personnes se promènent et disent qu’ils sont candidats". Soumeylou a tenu un langage de vérité et dit que tous ceux qui ne respectent pas les mots d’ordre du parti en tireront les conséquences.
Il a averti que le parti de l’Abeille va gérer ce "problème" en son sein conformément à ses principes, sans faiblesse avant même la tenue de la journée de l’AMM prévue en mars prochain. "Nous n’avons pas à polémiquer avec les cadres du parti sur la place publique. Nous ne rentrerons pas dans ce jeu. Ils pensent que sans eux la structure AMM ne marche pas".
A. S.

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