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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 19 fevrier

 

POUR UNE FEMME
Un militaire brûle un agent de Shell
Pour son ex, un militaire a sauvagement battu et brûlé samedi dernier un agent de la station Shell Al-Qods de Médina Coura.
La scène s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche à Médina Coura. Abdoulaye Sogodogo, un agent de la station Shell Al-Qods de Médina Coura a été brûlé par un soldat de première classe. Le militaire reproche à A. S. d’être sorti avec son ex-copine.
Après l’avoir battu, brûlé et dépouillé de ses pièces d’identité et argent, le militaire a jeté son infortuné "rival" dans un fossé. Un citoyen qui avait suivi l’action a appelé les sapeurs-pompiers qui ont conduit la victime à l’hôpital Gabriel Touré.
Vingt-quatre heures après son ignoble acte, le militaire a appelé son ex-copine pour lui dire qu’il a grièvement blessé A. S.. C'est cette dernière qui informera les parents de la victime de l’incident. Mais, personne ne savait où il était.
Au bout de deux jours de recherche, A. S. a été retrouvé au service d’urgences de l’hôpital Gabriel Touré. "A notre arrivé au service des urgences, j’ai été le seul à reconnaître Abdoulaye parce qu’il n’avait pas de pièces et son visage était brûlé", explique M. S., le frère aîné de la victime.
Le diagnostic du médecin ophtalmologiste pose qu’Abdoulaye a perdu l’usage de son œil gauche. Les médecins sont en train de tout mettre en œuvre pour sauver son autre œil.
Le militaire a disparu. Il est actuellement recherché par la police militaire qui reconnaît que le soldat de première classe n’en est pas à sa première tentative. Il serait le beau-frère d’un haut cadre du pays qui le sort chaque fois du guêpier.
" Je souhaite que le militaire soit arrêté et mis à la disposition de la justice", a dit le grand frère d’A. S. qui n’a pour le moment que ses deux yeux pour pleurer.
Sidiki Doumbia

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CONFERENCE DES CHEFS D'ETAT DE L'UEMOA
La DG de l’Unesco invitée
La 14e conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) s’ouvre demain dans notre capitale. L’une ses spécificités de la conférence sera la participation de la directrice générale de l’Unesco, la Bulgare Irina Bokova, élue en octobre 2009.
Irina Bokova mettra non seulement à profit ce sommet pour faire le point de la coopération entre son organisation onusienne et l’Uémoa mais aussi insistera sur ses priorités pour le continent au cours de son mandat.
La coopération avec le Mali sera tout naturellement au menu de cette visite avec des rencontres entre la directrice générale et les plus hautes autorités de notre pays. Le directeur du Bureau multi-pays de l’Unesco, Juma Shabani, et ses hommes sont en train de mettre les petits plats dans les grands pour faire de cette visite une réussite.
La directrice générale, élue pour quatre ans, était ambassadrice de Bulgarie en France et auprès de Monaco, représentante personnelle du président bulgare à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et délégué permanent auprès de l’Unesco de 2005 à 2009.
Née en 1952, elle a obtenu sa maîtrise à l’Institut d’Etat de Moscou des relations internationales et a étudié aux universités de Maryland et de Harvard, aux Etats-Unis. Au cours de sa remarquable carrière, elle a notamment représenté la Bulgarie aux Nations unies.
Dans son pays, en tant que secrétaire d’Etat pour l’intégration européenne et ministre des Affaires étrangères, Mme Bokova a toujours milité pour l’intégration européenne. Comme membre fondateur et présidente de l’European Policy Forum, elle a œuvré en vue de surmonter les divisions en Europe et de promouvoir les valeurs de dialogue, de diversité, de dignité humaine, ainsi que les droits de l’Homme.
Alassane Souleymane
(ORTM)

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SANTE ET ACTION SOCIALE
Grève illimitée du personnel
Sur les 9 doléances présentées par le Syndicat national de la santé et de l’action sociale, seuls deux points ont fait l’objet d’une satisfaction partielle. Ce qui a provoqué l'ire du syndicat qui observera une grève illimitée à partir de mercredi prochain.
Le Syndicat national de la santé et de l'action sociale (SNAS), mécontent du sort réservé à ses doléances, a décrété une grève illimitée à compter du 24 février 2010. Cette grève est la suite logique de celle qui avait eu lieu le 18 août dernier.
Le SNSAS réclame le maintien et le renforcement de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), l’adoption d’un plan de carrière, la motivation et la formation pour les travailleurs socio-sanitaires, l’augmentation des taux de prime de fonction spéciale et de zone difficile, l'extension de la catégorie C de la fonction publique, l'intégration des contractuels de la santé et du développement social à la fonction publique avec en sus l’avancement des 2,5 points.
L’abrogation des mutations abusives, la gestion efficiente et le respect des textes en vigueur, le renforcement de la société de craie, l’établissement des primes de risques des agents de la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire de Ségou sont aussi d’autres doléances du syndicat.
Lors de la conciliation, les départements concernés avaient assuré le syndicat en prenant des engagements qui n’ont pas été respectés. De nos jours, sur les 9 doléances présentées, seules deux ont été satisfaites partiellement.
C'est pour cette raison que le SNSAS décrète une grève illimitée à partir du 24 février avec un service minimum. Le secrétaire général du syndicat, Mamady Kané, invite les syndicalistes à se mobiliser jusqu'à la satisfaction des points revendiqués.
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

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CHU GABRIEL TOURE
Le CA au chevet de la prise en charge
Ceux qui ont fréquenté ces derniers temps le Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré auront noté d’importants travaux de rénovation et d’aménagement visant la qualité des prestations de l’hôpital.
Ce résultat est à mettre au compte des autorités de la santé mais surtout à l’assistance des membres du conseil d’administration (CA) réunis jeudi 18 février à la faveur de leur 30e session. C’était dans la salle de conférence de l’hôpital.
Le président du CA du CHU Gabriel Touré, Modibo Diallo, a souligné que la rencontre marque la fin de leur mandat en tant qu’administrateur. Il s’est félicité des résultats obtenus qui ont permis, selon lui, d'accélérer la mise en œuvre de la loi hospitalière et du projet d’établissement.
Comme le président du CA, le directeur de l’hôpital, Dr. Abdoulaye Néné Coulibaly, a salué l’évolution de certains indicateurs médico-techniques.
" Ces indicateurs ont connu des améliorations régulières. Les consultations sont passées de 128 504 en 2006 à 140 707 en 2009. Les décès hospitaliers passés de 12,91 % en 2006 à 7 % en 2009", a-t-il révélé.
Cependant, il a avoué qu'à cause de l’exécution en cours des différents chantiers, le niveau d’exécution des activités programmées de l’hôpital qui prévoyait d’atteindre les 90 % n’a pas finalement dépassé les 68,45 %.
Mais pour Dr. Coulibaly, la fin des chantiers permettra d’augmenter la capacité d’accueil de l’hôpital en particulier celle de la pédiatrie qui ne dispose que de 135 lits pour un besoin estimé à 300 lits.
Il a sollicité l’indulgence des usagers pour les désagréments liés à la faible capacité d’accueil de certains services du CHU. Le budget 2010 de l’établissement s’équilibre selon les administrateurs en recettes et en dépenses à la somme de plus de 5 milliards de F CFA et est en augmentation de 17 % par rapport à 2009 (plus 4 milliards de F CFA).
Amadou Waïgalo

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PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
Le Médiateur s’implique
Le bureau du Médiateur de la République, en collaboration avec le programme d’Appui conjoint des Nations unies à la promotion des droits humains et du genre au Mali (PCDHG) organise du 18 au 19 courant un atelier de formation sur le rôle du Médiateur dans la promotion et la protection des droits humains.
L’évolution des modes de protection des droits de l’Homme s’est répercutée sur le rôle du Médiateur, dans la mesure où le respect de ces droits fait partie des normes qui s’imposent à une bonne administration et qui conditionnent la légalité de ses actes. Aujourd’hui, la médiation est un gage d’équilibre dans la démocratie et occupe une place particulière dans le combat pour les droits individuels et des libertés publiques.
C'est pour mieux assumer le rôle des collaborateurs et des correspondants régionaux que cet atelier est organisé afin de renforcer leurs capacités dans la protection et la promotion des droits humains. L'atelier permettra de former aux mécanismes de protection et à l’arsenal juridique, de comprendre le rôle du médiateur dans le domaine des droits de l’Homme et de renforcer les liens du médiateur avec l’administration.
Pour le représentant du Médiateur de la République, Abraham Bengaly, "le processus de consolidation de la démocratie intègre la nécessité de renforcer les missions du Médiateur dans la promotion et la protection des droits humains des citoyens. Il est donc normal que le bureau s’inscrive dans la dynamique qui est en cours pour le renforcement de la démocratie et de l’Etat du droit au Mali".
Durant deux jours, les collaborateurs et les correspondants régionaux du médiateur seront formés par les experts Amadou T. Diarra et Founé Dembélé sur le système de protection, les instruments juridiques de protection et les mécanismes de recours.
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

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QUERELLES DE LEADERSHIP
Le cycle des suspensions au Craj
Au Cadre de réflexion et d’action des jeunes, le torchon brûle entre Mahamane Mariko et certains de ses camarades. Dimanche, au cours d’une conférence de presse, Mariko annonçait la radiation de trois membres du bureau national du Craj. Il s’agit d'Harouna Koné, Bakary Doumbia et Abdoulaye Doucouré pour prise de position contraire à la ligne de l’association, notamment de soutien aux manifestations du cinquantenaire de l’indépendance du Mali.
Surpris par cette déclaration du président, les "frondeurs" se sont réunis à leur tour mercredi après-midi au Carrefour des jeunes pour donner leur version des faits et la décision arrêtée par le bureau national à l’issue d’une réunion ouverte aux différentes délégations lundi au siège du Craj.
Les "frondeurs", par la voix d’Ousmane Cissoko, secrétaire général adjoint, ont indiqué que la réunion a décidé de la radiation pure et simple des "camarades" Mahamane Mariko, président du Craj, Cheick Abdel Kader Coulibaly, vice-président et Younoussa Sissoko, commissaire aux droits de l’Homme.
Par cette décision, tout acte posé par Mariko est considéré comme isolé par les "frondeurs" et ne saurait engager, selon eux, le bureau national. Les charges retenues contre Mahamane Mariko sont : abus de confiance, abus de pouvoir au sein du bureau national du Craj et détournement de fonds. "Nous avions voulu gérer le problème à l’interne. C’est l’attitude incorrecte de Mahamane Mariko qui a conduit la commission ad hoc disciplinaire à décider de sa radiation et d’autres camardes".
Le secrétaire général du Craj, Harouna Koné, a fait savoir qu’ils ne sont pas des déviationnistes et qu’ils ne sont guère animés de la volonté de marchander cette structure. "Ceux-là qui le faisaient nous les avons interpellés".
Enfonçant le clou, M. Koné dira que Mahamane Mariko doit son emploi à la société Orange au président de la République. "Mahamane a dévié depuis 3 ans, mais nous voulions rester tolérants vis-à-vis de lui. Et c’est lui-même qui nous a dit qu’il doit son boulot au président ATT".
Les "frondeurs" estiment qu’aucun membre du bureau national du Craj n’a été suspendu mais que c’est Mahamane Mariko qui a été radié.
Mohamed Daou

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Dossier

EPILOGUE
Le combat des scolaires : 1978-1991
L’élimination de la tendance dure du CMLN en février 1978 ne signifia pas la fin de l’arbitraire et de la dictature instaurées depuis 1968. Si celle-ci permit de détendre provisoirement l’atmosphère politique, le fond du problème - à savoir : le retour à une vie constitutionnelle normale et la rentrée des militaires dans les casernes - n’était en rien résolu.
Beaucoup d’autres questions annexes comme le sort à réserver aux sociétés et entreprises d’Etat et les rapports avec l’ancienne métropole constituaient un point d’achoppement entre militaires et civils.
Les vainqueurs de février 1978 eurent beau montrer leur exploit comme un coup d’Etat démocratique et patriotique, l’opposition intérieure et extérieure ne vit dans ce fait d’armes autre chose qu’un règlement de comptes entre clans militaires rivaux. En conséquence, pour la grande majorité du peuple, le problème demeurait entier. Les scolaires, dans leur grande majorité, restaient sinon méfiants, du moins opposés à la vision de la classe dirigeante militaire sur l’avenir du pays.
La situation des enseignants, des élèves et des étudiants se dégradait d’année en année pendant que la fonction enseignante était ramenée à son niveau zéro. D’un corps d’élite quelques années auparavant, le régime militaire en avait fait une classe de ramassis et de déclassés sociaux s’essayant à ce travail faute de mieux.
La transformation du régime militaire en parti politique constitutionnel n’arrive pas non plus à convaincre le peuple que le pouvoir avait changé de nature, d’autant plus que dans le domaine économique le pays n’enregistrait aucun progrès notable et que les conditions de vie et de travail des travailleurs se dégradaient. Les salaires, qui étaient des plus bas de la sous-région, étaient péniblement payés et le pouvoir manifestait de l’autorité lorsque des grèves étaient annoncées.
Bref, sur le plan économique le pays avait beaucoup reculé au lieu de progresser malgré les promesses de l’ancienne puissance colonisatrice qui avait poussé les militaires à s’emparer du pouvoir en novembre 1968, puis de mettre en place un parti politique unique comme c’était la mode à l’époque dans presque toute l’Afrique.
Pour beaucoup d’observateurs de la scène politique malienne, les preuves ne manquaient pas pour attester que le régime de Bamako était encore musclé et de nature kaki. Les organisations syndicales (en fait il n’y avait que l’UNTM) et les associations de la société civile n’étaient pas libres de leurs mouvements lorsqu’elles n’étaient pas caporalisées.
Le régime, malgré une apparence de sérénité, était constamment sur ses gardes, car ne se sentait solidement soutenu par aucune couche de la population. Le décès dans des conditions douteuses (pour beaucoup, les militaires l’ont assassiné) de l’ancien chef de l’Etat Modibo Kéita le 16 mai 1977 et son enterrement le lendemain 17 donnèrent lieu à des manifestations de rue à Bamako qui faillirent tourner à l’émeute du fait de ses sympathisants qui étaient majoritairement des élèves et des étudiants.
Dans la foulée de la mise en place de l’UDPM en mars 1979, par crainte d’être caporalisée et inféodée au parti unique, l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) déclara le 1er mai 1979 son indépendance vis-à-vis de toute formation politique. La contestation scolaire ne s’arrêtant pas, en novembre 1979, l’agitation fut telle, que l’autorité politique fut obligée de la réprimer sévèrement et de décider de la fermeture de certains établissements d’enseignement secondaire et supérieur de Bamako.
Mais le sommet de la répression fut atteint les 15 et 19 février 1980 lorsque l’Union nationale des jeunes du Mali (l’UNJM), à l’issue des travaux de son 1er congrès ordinaire, décida de la dissolution de l’UNEEM. Amadou Daouda Diallo fut élu secrétaire général de l’UNJM à cette occasion et il fit tout, entre 1980 et 1989, pour mettre la jeunesse du Mali au service de l’UDPM.
L’UNEEM officiellement dissoute, ses militants se réfugièrent dans une clandestinité et continuèrent la lutte contre le régime dans ce cadre. Si certains (une minorité en fait) décidèrent de rejoindre les rangs de l’UNJM, la grande majorité resta opposée à cette structure politique dont la grande ambition était de servir de fer de lance pour l’UDPM.
En mars 1980, les grèves scolaires reprirent de plus belle, aboutissant à l’arrestation et à l’assassinat du leader estudiantin Abdoul Karim Camara, plus connu sous son nom révolutionnaire de Cabral. Dans le mois qui suivit ce crime odieux, plusieurs de ses camarades furent eux aussi arrêtés et incarcérés. L’UNJM n’était pas la seule organisation de masse à soutenir l’UDPM ; il y avait aussi l’organisation des femmes, l’UNFM qui, lors de son congrès ordinaire les 21 et 23 février 1987, élit Mme Dicko Massaran Konaté comme secrétaire générale.
A son congrès de 1989 (6-8 juin), l’UNJM élit Oumar Kanouté comme secrétaire général en remplacement d’Amadou Daouda Diallo atteint par la limite d’âge. Les militants radicaux de l’UNEEM restèrent farouchement opposés à l’UNJM et renaquirent de leurs cendres sous la forme de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui continua la lutte avec le mouvement démocratique pour aboutir à la chute de la dictature le 26 mars 1991.
Facoh Donki Diarra

MORT DE CABRAL
La fin d’une époque estudiantine
Abdoul Karim Camara dit Cabral mourut le 17 mars 1980 sous la torture au camp para de Djicoroni. Il voulait, au prix de sa vie, instaurer de meilleures conditions d’études au Mali. Le jeune de 25 ans a été réhabilité par le régime du président Alpha Oumar Konaré.

Abdoul Karim Camara a été arrêté le 16 mars 1980. Il a été torturé au camp para de Djicoroni à Bamako et assassiné le lendemain. Arrêté à une dizaine de kilomètres de la frontière Mali-Guinée, Cabral a été conduit dans un premier temps à la Poudrière (2e arrondissement) où il subira toutes sortes de supplices dans le bureau du commissaire.
Selon certains témoignages, "Cabral a refusé d’écrire la déclaration appelant les élèves à reprendre les cours le 17 mars pour dire que la lutte était terminée. Mais sous la torture, il finira par lire la déclaration diffusée sur Radio-Mali". Le matin du 17 mars, lui et ses camarades ont été transférés au camp des parachutistes de Djicoroni où ils subirent des traitements inhumains et dégradants. Il succombera par la suite. Sans Cabral, le mouvement a certes continué, mais il n'était plus ce qu'il était.
A l’époque de la mort de Cabral, le régime de Moussa Traoré était à son apogée. Malgré tout Cabral a décidé de combattre l’inégalité et l'injustice qui régnaient dans le monde scolaire et estudiantin malien. Cabral, selon de nombreux témoignages, était épris de paix et de justice et voulait même au prix de sa vie instaurer les meilleures conditions d’études au Mali.
Les revendications du mouvement scolaire qu’il dirigeait concernaient les bourses, la régionalisation des lycées. Cependant, les tristes réalités du moment étaient que personne n’osait lutter à visage découvert contre le régime militaro-civil de GMT. Convaincu de l’idéal qui l’animait, Cabral s’est battu pour l’amélioration des conditions d’études des élèves et étudiants du Mali jusqu'à son arrestation le 16 mars 1980.
D’abord il avait été conduit au commissariat du 2e arrondissement avant d’être transféré au camp para de Djicoroni en compagnie d’autres camarades dont Rokia Kouyaté (à l’époque trésorière de l'UNEEM et secrétaire générale du lycée de Jeunes filles). C’est dans ce camp que Cabral a trouvé la mort. Il avait 25 ans et était en 4e année de philosophie à l’EN Sup. Depuis ces temps de répression sauvage, il est entré dans l’Histoire du Mali.
Depuis la chute de GMT et l’instauration de la démocratie au Mali, l’assassinat d’Abdoul Karim Camara est commémoré le 17 mars de chaque année. Cette commémoration, on le doit au premier président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré.
Amadou Sidibé

REPRESSION DES ETUDIANTS SOUS L’UDPM
Le régime aux abois
L’adoption d’une nouvelle Constitution par une mascarade référendaire en 1974, qui va imposer le centralisme démocratique et le parti unique UDPM en 1979, ouvre la voie à toutes les dérives dictatoriales. Les élèves et étudiants en ont payé le prix fort.
La création de l’UDPM, le parti-Etat, en 1979 est une promesse de Moussa Traoré qui avait promis 11 ans plus tôt lorsqu’il faisait le coup d’Etat de 1968 de faire revenir le pays à une vie constitutionnelle normale dans les six mois à venir. La dictature militaire dirigée de main de fer par les membres du Comité militaire de libération nationale (CMLN) cède la place à la dictature militaro-civile sous le couvert de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM).
La période post-CMLN a été marquée par des grèves intempestives des élèves et étudiants avec des arrestations et tortures. Les manifestations estudiantines pendant les obsèques du premier président du Mali, Modibo Kéita, mort en prison le 17 mai 1977 dans des conditions douteuses, se sont soldées par de vives répressions.
L’organisation dans la clandestinité, en 1980, du 3e congrès ordinaire de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) s’est soldée aussi par de nombreuses arrestations suivies de sévices corporels. Le secrétaire général de l’UNEEM, Abdoul Karim Camara dit Cabral, trouve la mort dans les répressions aveugles de mars 1980.
L’UNEEM a été décapitée avec la mort de Cabral et de certains de ses camarades comme Ibrahima Sory Thiocary. D’autres se sont exilés dans les pays voisins ou en Europe. L’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), qui a repris le flambeau sous la houlette de son secrétaire général Oumar Mariko, a bravé les menaces d’interdiction de ses activités par le ministère de l’Intérieur, dirigé à l’époque par le général de brigade Sékou Ly.
Des manifestations organisées par l’AEEM les 22 et 23 janvier, sur toute l’étendue du territoire national ont été réprimées par les pouvoirs publics. Les premières victimes, des scolaires, sont tombées ce jour de janvier 1990 sous les balles de l’armée nationale. La répression a été alors suivie d’arrestations et d’inculpations devant le parquet pour troubles à l’ordre public, dégradations d’édifices publics et pillages.
La répression sauvage perpétrée contre d’autres manifestations de l’AEEM, les 22 et 23 mars 1990 a conduit l’UNTM à décréter une grève illimitée jusqu’à la chute du régime. Ce qui devait arriver arriva puisque l’armée, bousculée par le peuple en colère et le Mouvement démocratique, finira par déposer le régime aux abois du général Moussa Traoré au soir du 26 mars 1991.
Abdrahamane Dicko

SUR LES REPRESSIONS SOUS L’UDPM
Des Bamakois se prononcent…
Boubacar Kéita (étudiant) :
" Les victimes de l’UDPM étaient les enseignants et les étudiants. Les enseignants étaient obligés de travailler bien qu’ils pouvaient compter trois mois sans salaire. Les étudiants étaient dans les mêmes conditions. Beaucoup ont été arrêtés. Certains sont morts suite aux tortures. Et quand un étudiant mourrait, ce sont les militaires qui l’enterraient. Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait pas trop sur la mort de Cabral parce que personne n’a vu son corps".
Mamari Kéita (ancien enseignant) :
" Les répressions allaient du châtiment corporel à la mort. Les gens étaient torturés sans raison valable. Il suffisait d’exprimer une idée contraire à celle de la junte déguisée en UDPM plus tard pour qu’on vous torture. Un militaire n’est pas fait pour diriger".
Mohamed Koné (ancien planton) :
" Tout a changé à partir du coup d’Etat. Avec le CMLN et l'UDPM, le Mali était vraiment malade. Ces régimes ont paralysé le pays. Leur manière de diriger ne convenait à personne. Si vous vouliez garder votre poste ou ne pas être envoyé en prison vous aviez intérêt à vous taire".
Adama Diarra (militant US-RDA) :
" Les partisans de l’UDPM étaient jaloux de Modibo qui dirigeait bien. C’est pourquoi ils ont fait le coup d’Etat qui n’a abouti à rien d'autre que la destruction du pays, rendant encore plus pauvres les citoyens. L’UDPM n’a fait que détruire au lieu de construire. L’objectif de ce régime était l'enrichissement personnellement de ses tenants".
Propos recueillis par
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

La résistance au régime
Le régime militaire, dès le début a braqué contre lui les enseignants et les élèves. Les premières revendications de ceux-ci ont été violemment repoussées par les militaires. Et les éléments qui se sont montrés durs ont été sévèrement réprimés.
Par la suite, c’est la dictature militaire qui s’est installée. Mais cela n’a pas empêché de temps à autre les enseignants et les élèves à formuler des revendications. En 1978, avec l’arrestation des éléments les plus impopulaires du régime comme Kissima et Tiécoro, pour les élèves la situation était propice à la formulation de certaines revendications.
Mais les militaires n’entendaient pas les choses de cette oreille d’autant plus qu’en 1975-1976, les élèves et étudiants avaient clandestinement créé l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM). Et lorsque l’UDPM a été créée en 1974 et mise en place à partir de 1979, l’UNEEM s’est déclarée indépendante vis-à-vis de toute formation politique.
Pour l’UDPM qui voulait caporaliser le mouvement, cela équivaut une déclaration de guerre. Sa réaction a été la dissolution pure et simple de l’UNEEM. Officiellement, l’Union n’existait plus mais pour autant ses militants n’ont pas baissé les bras. Ils se sont réfugiés et ont organisé clandestinement des mouvements de grèves dont celui de mars 1980 qui a abouti à l’arrestation et à l’assassinat du leader Abdoul Karim Camara dit Cabral.
Malgré tout, les grèves ont continué. Plusieurs de ses camarades ont été arrêtés et incarcérés. La résistance a continué tant du côté des élèves que du côté des étudiants même avec la création de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM). Majoritairement, les élèves et étudiants ont boudé ce regroupement au motif qu’elle était un démembrement de l’UDPM.
Au congrès de 1989, l’UNJM était déjà affaiblie parce qu’elle n’arrivait à mobiliser comme il le fallait les élèves et étudiants. Et l’UNEEM va renaître dans les années 1990 sous la forme de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Et c’est cette AEEM qui va accompagner le Mouvement démocratique jusqu’à la chute du régime Moussa Traoré.
Mohamed Daou

17 MARS 1980
Le sommet de l’infamie au Mali
C’est le vieux lion Bazoumana Sissoko qui disait : la mort peut avoir raison du corps physique mais jamais de sa renommée.
Il y a de ces nuits que l’on n’oublie jamais. Des nuits marquées du sceau de l’infamie et de l’ignominie. Cette nuit de mars 1980, ils étaient une dizaine d’étudiants, certains de l’EN Sup, d’autres de l’ENA, réunis en silence. Ils n’étaient pas membres du bureau de l’UNEEM, mais leur cœur battait au rythme de l’Union et de son chef, Cabral.
Ils avaient en commun un rêve : transformer le Mali, mettre fin au règne sanglant de cette junte militaire qui détruisait leur pays dans ses fondements. Les autres nuits, leurs discours quotidiens, nocturnes, façonnaient encore et encore le Mali du futur. "Il faut aller au bout de la lutte et terrasser la terreur", disaient-ils.
Pourtant, cette nuit-là, un silence lourd régnait sur le "grin". Abdoulaye, l’idéologue populiste, le harangueur de "jeunes élèves" le plus enflammé d’habitude s’est claquemuré dans un stoïcisme inquiétant. A peine les cadets avaient osé poser la question : mais pourquoi n’y a-t-il pas de thé et de musique ce soir ?
Les yeux rougis par la douleur et la lassitude, Lassine "le rêveur philosophe" a balbutié : "Cabral est mort. Ces assassins ont tué Cabral !" Puis, Ahmed, celui qui dormait la nuit en s’imaginant prochain gouverneur de Bamako et "redresseur de torts", Ahmed le dur, Ahmed l’armoire à glace, qui n’avait pas eu peur de Youssouf Balla Sylla lors de la grève de 1977, a fondu en larmes. Cette nuit était vraiment spéciale.
Yacou l’artiste est allé chercher le magnétophone dans la chambre et il a mis une cassette de Bazoumana Sissoko. Regardant ses cadets dans les yeux, il a dit : "Ils ont tué Cabral aujourd’hui ; leur maudite radio vient de l’annoncer. Mais sachez une chose : jamais ils ne tueront le nom de Cabral, son honneur, sa réputation ; Cabral, à partir d’aujourd’hui, est un martyr, un héros mort pour le Mali ; ceux qui l’ont tué sont des lâches vivants".
Abdoulaye tentait d’étouffer un sanglot, en vain. Il a craqué puis a quitté le "grin". Il est allé se jeter sur la paillasse au milieu de sa chambrette. Ses compagnons sont allés le chercher : "Il ne faut pas pleurer. Ces gens veulent nous avoir par la peur et la terreur. Nous finirons par gagner". Y avait-il de la conviction dans le propos ? Personne ne peut le savoir.
Cette nuit ressemblait à celles des premiers convertis de La Mecque et de Médine après la mort du prophète Mohamed (PSL). Cette nuit-là, les étudiants, disciples lointains mais proches de Cabral, faisaient penser aux apôtres après la crucifixion de Jésus. Qu’allons-nous devenir avant la réalisation de la prophétie ? Cette nuit, c’est le Mali entier, sauf les bourreaux et complices qui vivaient de lassitude. Non pas en pensant que Cabral était un prophète ou un messie. Non, en pensant seulement que cet homme qui incarna le rêve d’un Mali debout, digne, débarrassé des chaînes de la barbarie, venait de mourir.
Les assassins de Cabral sont ces pleutres couverts de l’abjection bestiale, ces scélérats assoiffés de gloire et de richesse, ces sangsues hideuses qui ont souillé le sol du Mali du sang d’un innocent qui, même mort, vaut mieux qu’eux. Le Mali n’a pas oublié Cabral et ne l’oubliera jamais.
Chaque jour qui passe est un fardeau supplémentaire d’opprobre sur la conscience de ceux qui ont accompli cette sinistre besogne. "Il faut mâter sévèrement ces braillards", "il faut chicoter ces enfants mal éduqués qui veulent nos places", "nous allons mettre au pas les subversifs" et bla et bla et bla. Que n’a-t-on entendu, vu ou vécu sous ces années de braise ! Un peuple humilié, asservi, battu, assassiné, un peuple qui n’avait même plus le droit de crier "j’existe !"
La répression sous le CMLN, ce sont ces dizaines, ces centaines d’enseignants, de commerçants, de militaires, de gendarmes, de policiers qui, un jour, las de courber l’échine, ont crié leur soif de liberté et de changement. Ils ont subi les foudres de l’arbitraire. Abdoulaye est devenu enseignant (sa passion de toujours) dans un lycée ivoirien ; Lassine est mort du chômage et du désespoir avec son parchemin de l’ENA en poche et Ahmed milite dans un parti politique en ne songeant qu’à une place dans l’hémicycle.
Karamoko, qui a passé des nuits d’enfer au Camp 1, est entré dans le club des "tagninina". Tous leurs rêves d’un Mali meilleur sont morts sur la plage de la médiocrité et de la cupidité. Le 17 mars 2009, aucun des survivants du "grin" n’a commémoré la mort de Cabral. "Il n'y a plus de rêve collectif au Mali. Il faut juste se contenter de jouer le jeu. En réalité, le Mali n’aime pas rêver, les hypocrites sont les rois" se glorifiait quelqu’un.
La machine répressive a fonctionné, avec un moteur turbo. Elle a tellement bien fonctionné que l’idée d’un destin collectif a disparu. Le moteur a sauté en mars 1991 et le monstre a fini sa mortelle cavalcade dans le sang et les larmes. Mais elle a détruit quelque chose à jamais : toute une génération d’intellectuels et de patriotes qui auraient pu éviter au Mali, le sinistre épisode de la perversion morale.
Un jour, proche ou lointain, justice se fera. Au profit de ceux qui, depuis des décennies, attendent patiemment, sans jamais oublier.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

ABDOUL KARIM CAMARA DIT CABRAL
Torturé à mort au camp para
Oumar Arboncaca Maïga fut le secrétaire général de l’Union des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) de l’Ecole normale supérieure (EN Sup) de 1979 a 1980. De ce fait il a eu des rapports de collaboration et amicaux avec Abdoul Karim Camara dit Cabral qui était, dit-il, son secrétaire à l’information.
Oumar Arboncaca Maïga a fait la connaissance de l’icône de lutte estudiantine malienne en 1974 au lycée Badala. "Nous étions tous dans le même dortoir", se souvient M. Maïga qui reconnaît qu’il avait le même idéal que Cabral, c'est-à-dire combattre l’injustice et défendre les plus vulnérables.
Les relations entre Oumar Arbonkaca Maïga et son camarade de lutte vont se consolider à l’EN Sup. Notre interlocuteur révèle qu’ils ont partagé la même chambre pendant leur cursus à ce niveau.
Parlant des circonstances de l’arrestation de Cabral, l’ancien secrétaire général de l’UNEEM rappelle que c'est conscient de toutes les menaces précises et dangereuses qui pesaient sur les responsables de l’Union que Cabral a pris la tête du bureau de coordination au cours du congrès de février, tenu dans la clandestinité.
Les rapports des étudiants avec le Comite militaire pour la libération nationale (CMLN) vont s’échauffer en fin janvier 1977 suite à la décision de celle-ci de conditionner l’accès à toutes les écoles supérieures au concours direct et concours professionnels ouverts aux bacheliers et aux travailleurs remplissant les conditions requises.
" Dès lors, les rumeurs persistantes de grève se font jour et s’amplifient contre cette décision anti-populaire. Le lundi 7 février 1977, les lycéens déclenchent la grève, qui fut aussitôt généralisée", note-t-il, précisant qu’à cet instant chacun essayait de se planquer comme il peut.
L’ex-compagnon de Cabral nous apprend qu’après la rupture des accords sur la révision du décret sur les concours et les manifestations suivies d’une vague d’arrestations, l’UNEEM déclenche la grève le 22 avril autour de la plate-forme suivante : suppression du concours d’entrée dans l’enseignement supérieur, suppression du tronc commun, reconnaissance de l’UNEEM et libération inconditionnelle et immédiate de Boniface Diarra.
Mais, pense-t-il, c’est le 9 mai 1977 avec l’organisation, en dépit de l’interdiction de la manifestation par les autorités, que la première marche populaire contre le régime militaire a fait que la goutte d’eau a débordé le vase. Le déploiement subséquent de l’impressionnant dispositif de répression du régime (armée, gendarmerie, police, garde républicaine) un cortège non moins impressionnant de marcheurs s’ébranla du stade Omnisports vers le ministère de l’Education.
Oumar Arboncaca Maïga avoue qu’il ne peut pas dire avec exactitude la manière dont l’arrestation de Cabral a été opérée. Cependant, il confirme avoir appris de source sûre que Cabral a été arrêté à la frontière entre le Mali et la Guinée.
" A l’époque la police tsariste usant de la méthode répressive et fasciste a enlevé la marâtre de Cabral pour lui exiger de le sortir de sa cachette", dénonce M. Maïga. Et de souligner que les tortures du régime militaire s’opéraient à l’époque au niveau de camp para. "C’est dans ces conditions que Cabral a été torturé à mort au camp para", dit l’ancien leader estudiantin dans une voie confondante.
Leader étudiant malien, né le 2 juillet 1955, Abdoul Karim Camara dit Cabral est mort assassiné le 17 mars 1980 à Bamako.
Amadou Waïgalo

Cabral, le paysan
L’engagement de Cabral à dénoncer l’injustice et à défendre les plus faibles s’illustrait même à travers ses activités académiques. Selon Oumar Arboncaca Maïga le thème de son mémoire a porté sur la paysannerie. Comme pour dire que Cabral était conscient que le salut de notre pays se trouve bien dans la terre.
A. W.

MOUSSA BAMBA, ANCIEN ELEVE
" La répression était une réalité sous le CMLN"
" Je voudrais vous dire que mon objectif n’est pas de remuer le couteau dans la plaie, mais, pour la postérité, je pense qu’il faut rétablir les choses dans leur contexte. Ce serait une lapalissade de dire que la répression sous le régime de Moussa Traoré était une réalité.
D’abord je me rappelle qu’en 1977 Boniface Diarra était venu au lycée Prosper Kamara où j’étais élève. Il s’est entretenu avec certains, car il nous rencontrait par groupe. Mais à peine arrivé au lycée, les policiers avaient déjà cerné l’école. Il y eut panique.
Certains par peur, ont sauté de l’étage. Dans tout le secteur d’Hamdallaye, c’était la débandade. Même la nuit, des patrouilles étaient organisées pour prendre les élèves et étudiants. Plusieurs d’entre eux furent arrêtés. C’est pour vous dire que nous étions dans un régime policier.
A Sévaré, où j’étais en 1980 comme élève, nous avons été informés qu'à Bamako, les élèves et étudiants étaient en grève. C’est ainsi que nous avons reçu un envoyé de l’UNEEM qui nous a fait le point de la situation qui prévalait à Bamako. Vu le non-engagement du bureau de Sévaré, certains ont décidé de le démettre et de mettre un autre bureau pour être en phase avec les revendications du bureau national de l’UNEEM.
Donc, lors d’une sortie, les gendarmes ont arrêté 18 élèves. Certains ont été traqués jusque dans leurs familles. Dix-huit ont été bastonnés et torturés. Pour échapper aux forces de l’ordre, certains camarades ont été obligés de marcher des kilomètres à pied. Danfaga était le gouverneur de Mopti à l’époque.
Il était venu voir les élèves arrêtés et les a mis au pas comme des militaires. Il a ordonné aux gendarmes de les surveiller sans relâche et a instruit aux élèves de se présenter tous les jours à la gendarmerie et qu’en cas de soulèvement, ils étaient responsables. Aussi, je me rappelle, lors d’une manifestation, Ibrahim Thiocary est arrêté, torturé et mis à mort sous les ordres de Danfaga et du capitaine Aliou Traoré.
Mais il faut aussi saluer le comportement de certains officiers qui nous conseillaient. A chaque fois qu’on voulait sortir, ils nous informaient des dispositions prises par les forces de l’ordre. Voilà à chaud, certains faits qui ont marqué la vie des élèves et étudiants du Mali sous le régime du CMLN et de l’UDPM".
Propos recueillis par
Idrissa Sako

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