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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 16 fevrier

 

AGRESSIONS, PRISES D’OTAGES, SOUPÇONS DIVERS
Quand sonnera le réveil ?
Le Mali est franchement un drôle de pays : un procureur agressé, pas une seule réaction officielle… et Bernard Kouchner qui arrive en territoire conquis, se permet de "savonner" ATT avant de repartir peinard.
L’histoire a d’abord commencé comme une folle rumeur dans les salons feutrés de Bamako la semaine passée : le procureur du Tribunal de première instance de la Commune III, Sombé Théra, par ailleurs magistrat en charge du pool anti-corruption, a été tabassé par des malfrats.
Selon les versions, il aurait été cerné par des voyous au niveau du stade du 26-Mars et sévèrement battu. La nouvelle a finalement été publiée dans les journaux et reprise par des radios de la place. Puisqu’elle n’a jamais été démentie, elle est donc fondée et devient une information d’intérêt public.
Au-delà de la sympathie pour mon cousin, une question se pose, une seule : dans quel pays sommes-nous ? Que devient le Mali pour que des fripouilles osent attaquer et battre un procureur sans aucune réaction officielle ? Sombé Théra n’est pas le premier plouc venu des rues malfamées de Bamako, c’est un procureur de la République, bon sang ! Comment peut-on permettre qu’une telle personnalité soit agressée sur la place publique ? En tant que fonctionnaire chargé de la lutte contre la corruption, il devrait avoir des gardes du corps nuit et jour, c’est le minimum !
Mais non, le procureur est agressé et personne ne s’émeut. Il paraît pourtant qu’il y a dans ce pays, un ministre de la Justice qui répond à l’appellation Maharafa Traoré. Il paraît qu’il était prompt à phosphorer sur tout et rien à la télévision et que depuis l’affaire du code de la famille, il est devenu aphone.
Il paraît également qu’il y a une charmante dame dans le gouvernement de la République et elle a le titre de porte-parole. Elle est muette en ce moment. Probablement sourde également puisqu’elle ne doit pas être au courant de toutes les interrogations des Maliennes et Maliens. Si quelqu’un connaît Mme Fatouamta Guindo, prière de lui demander de brancher sa radio ou de lire les journaux, il y a des choses importantes qui se passent dans son patelin.
Au-delà du silence entretenu par le gouvernement autour de l’agression de Sombé Théra, il y a lieu, par extension, de poser la question plus vaste de la gestion même de l’information et de l’intérêt public par nos autorités. La démocratie est un exercice qui exige de nos gouvernants transparence et vérité. Or, il se trouve que tous les sujets brûlants de l’heure, dans le domaine de la sécurité, sont entourés de mystère. Personne n’est sûr de savoir ce qui se passe.
Il y a deux semaines, des journaux maliens ou étrangers, des agences de presse, ont relaté la visite éclair de Bernard Kouchner à Bamako (il serait revenu encore dans la nuit du dimanche 14 février). Le ministre français des Affaires étrangères, ancien (pseudo) agitateur gauchiste, apprenti humanisant qui volait au secours de la Somalie avec ses sacs de riz et ses caméras, spécialiste des retournements de veste (griffée) et des changements d’allégeance politique serait venu "tancer" ATT et exiger la libération de l’otage Pierre Camatte, quitte à contraindre Bamako à élargir quatre terroristes embastillés sur notre territoire. Avant tout commentaire sur les demandes de l’ancien French Doctor, il convient de déplorer une chose : la faute d’ATT.
La moutarde monte au nez de voisins
Le président de la République est seul coupable de cette arrogance de Kouchner puisque c’est lui qui a cédé au chantage et à l’injonction de recevoir illico presto un simple ministre. Pensez seulement à l’inverse : Moctar Ouane débarquant en catastrophe à Paris, reçu prestement par Sarkozy qu’il se permet de passer au tordeur de boyaux. C’est un rêve que Moctar Ouane, même sans lunettes, ne caressera jamais.
Paris est le bailleur de fonds de Bamako n’est pas excuse pour piétiner les règles élémentaires de la convenance diplomatique. Pense-t-on sérieusement que Kouchner aurait pu avoir pareil aplomb en Guinée ou au Sénégal ? La seule fois qu’il s’est essayé avec Gbagbo en Côte d’Ivoire, il en a eu pour son matricule. Il n’aurait pas osé avec Blaise Compaoré ou Mamadou Tandja. Il se souvient sûrement d’IBK qui lui avait fermé la valve dans une histoire différente.
Maintenant, accessoirement, peut-on avoir une information du gouvernement malien sur le cas Pierre Camatte et sur la situation sécuritaire en général dans le Septentrion ? Y a-t-il eu oui ou non demande de la France de libérer des terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique en échange d’un seul Français ? Quelle est la réaction du gouvernement du Mali face aux accusations de plus en plus insupportables de laxisme et de tolérance inexplicable face au banditisme à Tombouctou, Kidal et Gao ?
L’ancien otage canadien Robert Fowler, dans une interview au quotidien Globe & Mail de Toronto, a clairement dit que de hautes autorités maliennes sont en contact permanent et surtout par téléphone avec les ravisseurs du désert ; selon lui, le magot récolté lors des remises de rançons prend des directions bizarres qu’il s’appliquera à trouver un jour.
Nous pouvons mettre la montée de moutarde de nos voisins algériens sur le compte de la colère de dirigeants qui font face quotidiennement à des criminels et se sentent seuls, mais quand des pays comme le Canada, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas… commencent à soupçonner le Mali d’indulgence, voire de complicité passive dans la détérioration de la situation sécuritaire au Sahara, le moment devient crucial pour l’avenir de notre démocratie.
Il semble qu’au Mali, plus personne ne prend ses responsabilités. De manière plus directe, on ne sait plus qui s’occupe de quoi. Chacun fait ce qui lui plait, en toute impunité, l’Etat ne communique pas, ne sanctionne pas et laisse-aller.
Au bout, on se retrouve avec un assaut violent contre un procureur, précédée par celle d’un animateur de radio, dont les agresseurs n’ont jamais été inquiétés. On capture des otages, on les libère contre de fortes sommes et personne ne sait quelque chose. Pourtant, Baba Ould Cheikh, Malien bon teint et maire d’une localité proche de la Mauritanie donne des entrevues et se proclame "négociateur". Personne, dans les services de renseignements, n’a envie de le faire causer, un peu seulement. Histoire d’en savoir plus sur lui.
Au fait, petite parenthèse pour finir : où sont les défenseurs des droits de l’Homme ? Depuis des mois, des bandits sans foi ni loi sèment la terreur à Bamako et ailleurs au Mali. Ils agressent, pillent, volent, violent et tuent des citoyens. Alors que ces associations de droits de l’Homme sont toujours promptes à s’émouvoir du sort des bandits, elles ne pipent mot du calvaire des honnêtes citoyens.
Manifestement, défendre les droits des honnêtes citoyens n’est pas rentable. Ou ne permet pas d’obtenir des fonds pour organiser des séminaires ou des colloques gnangnan.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

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ABDEL KADER SIDIBE, PRESIDENT DE L’AMM
" Les partis ne peuvent pas choisir le président de l’AMM"
Candidat à sa propre succession à la tête de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Abdel Kader Sidibé critique la démarche de son parti à proposer un candidat. Une démarche, selon lui, contraire aux textes de l’AMM, qui est apolitique. Une interview exclusive accordée à notre reporter à Kayes au festival de Médine.
Les Echos : Vous êtes le maire de la Commune III et président sortant de l’AMM dont le renouvellement de mandat défraie la chronique. Comment devient-on président de l'AMM ?
Abdel Kader Sidibé : Je vous rectifie, je ne suis pas encore sorti et je ne suis pas un président sortant, je suis toujours président de l’AMM (rires). L’Association, de par son statut, est une organisation de la société civile, apolitique et laïque. Le statuts et règlement disent que ce sont les municipalités qui sont membres de l’association. Celles-ci sont représentées par leurs maires. La nuance est importante. La municipalité est composée de plusieurs sensibilités et l’individu qui est le maire représente toutes ces sensibilités.
En me fondant sur les textes relatifs à la mise en place du bureau de l’AMM, le congrès met en place une commission d’investiture. Cette commission recueille toutes les candidatures à différents postes et propose un projet de bureau. Ce projet de bureau peut être approuvé, amendé ou rejeté par le congrès
En ce qui concerne le bureau que je préside, la commission d’investiture était composée de deux représentants maires de chaque cercle. Ils se sont réunis et ont recueilli toutes les candidatures en fixant un certain nombre de critères : l’opérationnalité du bureau, la représentation des différentes sensibilités et régions, etc.
Les Echos : Votre parti, l’Adéma/PASJ, table sur une candidature unique. Qu'en pensez-vous ?
A. K. S. : Les partis politiques ne peuvent pas choisir un candidat parce qu’ils ne sont pas membres de l’Association. Ce sont les adhérents de l’AMM qui choisissent les membres de leur bureau. Les partis peuvent avoir des ambitions et s’arrêtent à niveau. Un maire n’est pas le maire d’un parti.
Le parti peut demander à un de ses militants de proposer sa candidature et mener des discussions pour le soutenir. Ce n’est pas normal que le CE du parti se mette derrière une candidature. Mais quand les partis se réunissent pour dire que nous allons relire les textes de l’Association, lui donner une vision partagée, mettre en place un bureau consensuel, je pense que c’est trop osé.
Les Echos : Il y a d’un côté une candidature initiée par des communes de la 3e région en faveur d’un candidat, la vôtre et celle proposée par votre parti. Cela ne fait-il pas un cocktail explosif ?
A. K. S. : Nous sommes en démocratie et heureusement qu’il y a des règle définies par les statuts et règlement intérieur. Je l’ai dit, les municipalités sont représentées par leurs maires au congrès et au congrès tout représentant est libre de proposer sa candidature. Tout revient à la commission d’investiture et au congrès qui fait son choix.
Les Echos : Le militant qui va à l’encontre de la ligne de conduite de son parti ne s'expose-t-il pas à des sanctions ?
A. K. S. : Cela peut se faire mais ce serait dommage. L’AMM est apolitique et est membre du Haut conseil national de la société civile. Le fait politique ne doit pas en imposer à l’Association bien qu’elle soit formée des militants des partis. Mais, il n’y a pas une seule association en République du Mali où il n’y a pas de militants de partis.
Les Echos : A quand finalement le fameux congrès de l’AMM ?
A. K. S. : Le congrès va se situer dans la deuxième quinzaine de mars 2010. L’AMM propose une date au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales qui se conforme à l’emploi du temps du président de la République pour fixer une date. Mais au moment où je vous parle, nous n’avons pas encore reçu de date exacte.
Les Echos : Seriez-vous candidat contre vents et marées à votre propre succession ?
A. K. S. : Vraiment à cette question-là, je ne réponds pas (rires).
Propos recueillis, à Kayes, par
Abdrahamane Dicko

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C'EST ARRIVE HIER EN COMMUNE IV
Des pro-Mara ont pris la mairie en otage
Pour empêcher l’installation de la délégation spéciale en Commune IV, des partisans de l’ancien maire Moussa Mara ont pris d’assaut hier la mairie. La manifestation a dégénéré. Et la police a dû intervenir avec des jets de gaz lacrymogène. Des manifestants ont été traqués jusque dans des familles de Lafiabougou.
Les partisans de Moussa Mara étaient sortis nombreux. Ils avaient occupé pendant de longues heures le goudron qui passe devant la mairie. Ils ont été dégagés par la police qui les a pourchassés jusque dans leurs derniers retranchements. De simples passants, des élèves et des paisibles résidents ont essuyé des coups de pierre et inhalé des gaz lacrymogène.
Mécontents de l’annulation des élections communales en Commune IV qui a vu la dissolution de l’équipe municipale, les partisans de Moussa Mara ne décolèrent plus. Ils se disent déterminés à donner le tournis aux pouvoirs publics, rendus responsables du limogeage de leur maire.
Ils ont déjà mené plusieurs manifestations de protestation et celle d’hier entrait dans le cadre normal de leurs actons visant à empêcher la délégation spéciale à prendre fonction. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?
Sidiki Doumbia

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SIKASSO
Les ravages de la pharmacie par terre
La crise économique aidant, la "pharmacie par terre" connaît une grande affluence à Sikasso. Les citoyens s’approvisionnent souvent en médicaments d’origine douteuse pour la plupart, dangereux ou périmés chez les revendeuses ambulantes ou installées à même le sol.
Les médicaments par terre sont vendus par des "docteurs de rues", comme on les appelle. Il n’est pas nécessaire que les acheteurs donnent beaucoup d’explications sur leurs maux pour que ces "médecins improvisés" donnent immédiatement leur diagnostic. Ils prescrivent des produits dont eux seuls connaissent l’origine. Des médicaments, sans notice, dans des boîtes quelconques, parfois sans emballage, illicites, contrefaits, sans date de péremption ou manipulés par des individus qui n’ont pas les compétences requises s’étalent à perte de vue.
On trouve ces médicaments sur les étals des marchés et aux coins de rue. Ils "guérissent" toutes sortes de maladies. "C’est tout près, c’est moins cher, c’est en détail, les chances de guérison sont élevées, c’est sans et ou ordonnance..." Voici les raisons invoquées pour le recours à cette pratique. On ne tarit pas d’éloges pour ces produits.
Tout le monde s’accorde pour dire que ces médicaments proviendraient du Nigeria, de la Guinée, du Ghana, du Liberia, etc. Dans tous les cas, l’origine de ces médicaments reste douteuse. Les forces de l’ordre ont récemment appréhendé des trafiquants avec des produits contenant de la farine de maïs et d’autres poudres inconnues, mais les contrôles ne sont pas réguliers, et les populations continuent à consommer ces "médicaments" pour ne pas dire "potions magiques".
Non-professionnels s’abstenir
Car curieusement certains patients se disent soulagés dès la prise du produit ! Mais l’Association sikassoise des consommateurs s’est élevée depuis longtemps contre l’importation et la vente de ces produits dangereux pour la santé. Plusieurs autres associations ont maintes fois dénoncé et révélé des cas d’intoxications dues à la consommation de ces médicaments. Malgré les efforts, les médecins et associations n’arrivent pas à freiner le phénomène. La population est consciente du danger, mais elle indique n’avoir pas les moyens d’acheter les médicaments en pharmacie professionnelle.
Les pharmaciens, les délégués médicaux, les législateurs et les hommes de droit essayent de trouver une solution pour endiguer ce phénomène de société à l’occasion de plusieurs de leurs rencontres, mais ces corporations ont des intérêts divergents. "Nos prix sont élevés, certes, mais nous garantissons la qualité du conditionnement. Les médicaments sont en sécurité chez nous. Les patients nous accusent de ne pas accepter de jouer le jeu de la concurrence. C’est vrai, mais c’est leur vie qui est en danger", explique un pharmacien.
Le commerce des emballages et des boîtes usées fait vivre aussi des centaines de familles. Beaucoup de femmes et d’enfants font du porte-à-porte pour les acheter avant de les revendre aux fabricants de produits prohibés. Un phénomène qui coupe le souffle aux associations de défense des droits des consommateurs et à l’Etat qui manque de fermeté face au problème.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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LOTISSEMENT DE SAMANKO
L’AJDS croise le fer avec les responsables du village
Dans une déclaration déposée à notre rédaction, l’Association des jeunes pour le développement de Samanko (AJDS) dénonce des opérations dites de recensement en vue d’un éventuel redressement de leur village. A en croire les responsables de l’AJDS, depuis le début des opérations, une certaine peur a gagné la population. "Il y a une véritable tension qui règne actuellement dans le village", soulignent-ils
Les raisons de cette hausse de tension, selon l’AJDS, s’expliquent par le manque de dialogue qui implique la participation de la population à la gestion de ses propres affaires. "C’est seulement le chef de village et deux conseillers municipaux qui ont fait démarrer les travaux de redressement de leur propre initiative", déplore l’AJDS.
Pour l’AJDS, malgré le caractère illégitime de la commission, elle s’obstine à faire des communiqués radiodiffusés invitant les propriétaires de terrains à usage d’habitation à Samanko à se faire recenser contre paiement d’une certaine somme d’argent dont le montant a été unilatéralement fixé.
Face à que l’AJDS appelle une attitude antidémocratique, la population a vivement réagi à travers ses différentes composantes au cours des multiples rencontres qui se sont tenues dans la famille du chef de village. "La dernière qui s’est tenue le 30 janvier dernier au même endroit a réuni tous les hommes de caste du village".
" Constatant ces faits, nous avons adressé à M. le maire de la Commune rurale du Mandé une correspondance dans laquelle nous lui avons fait part de notre inquiétude par rapport à la poursuite des opérations de redressement", note l’AJDS. Et d’ajouter que la concertation à la base doit être le préalable à tout développement et pour assurer une meilleure implication de la population dans la gestion des affaires publiques.
" C’est pourquoi nous avons demandé l’arrêt immédiat de toutes opérations de redressement entreprises par l’actuelle commission, la dissolution de la dite commission et son remplacement par une commission locale formée selon les modes de désignation démocratique", disent les responsables de l’AJDS.
Idrissa Sako

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JUMELAGE/COOPERATION
Mourdiah et Hennebont renforcent leur amitié
L’électrification de Mourdiah reste un des projets phares de son jumelage/coopération avec Hennebont.

Pour relancer et magnifier une coopération/jumelage vieille de plus de 20 ans, une délégation en provenance d’Hennebont (France) séjourne depuis le 13 février 2010 dans la Commune de Mourdiah dans la région de Koulikoro.
La visite de vingt-huit Hennebontais conduite par le maire de la Commune Gérard Perron fait suite au changement intervenu au niveau de la mairie de Mourdiah après les dernières consultations municipales qui ont vu une nouvelle équipe à la tête de la mairie. Celle-ci est désormais dirigée par Oumar Soukouna du Parena.
En plaçant son mandant sous le signe du renouveau, M. Soukouna voulait réchauffer une coopération qui commençait, dit-on à Mourdiah, à s’essouffler. "En organisant la venue des coopérants français à l’origine des forages, écoles, radio communautaire, la nouvelle équipe de la mairie a suscité l’espoir et la joie chez les populations", a reconnu le chef de village. La délégation française, qui a fait une brève escale à Madina Kagoro, un village de la Commune rurale de Niamana, s’en est rendue compte à travers la ferveur populaire dont elle a été gratifiée.
A Mourdiah, les hôtes n’ont pas pu cacher leur émotion face à l’accueil chaleureux qui leur a été réservé. Des intrépides cavaliers et chameaux ont, dans une démonstration acrobatique, souhaité la bienvenue aux visiteurs. Mais, c’est à la sous-préfecture que la population de Mourdiah a accueilli ses amis pour la cérémonie officielle.
Electrification
La population de Mourdiah, par la voix de leur chef de village, du représentant de l’Association pour le développement de Mourdiah (ADM) et du maire, a souhaité la bienvenu et bon séjour à ses hôtes.
Pour les responsables de la localité, la visite entre dans le cadre de la volonté des deux parties de magnifier l’amitié et surtout de redynamiser la coopération. L’assistance et l’aide inestimable d’Hennebont ont été saluées.
Le maire Oumar Soukouna a rappelé que sa population est confrontée à de nombreux défis. Il a annoncé qu’en perspective, les efforts de coopération avec Hennebont seront dirigés vers la construction de micro barrages pour la promotion de l’agriculture, l’extension de la portée de la radio communautaire de Mourdiah aux 39 villages de la commune rurale de Niamana pour, dit-il, assurer une meilleure circulation de l’information. "Mais le projet qui nous paraît important maintenant, c'est l’électrification du village", a-t-il dit.
Son homologue d’Hennebont, Gérard Perron, a présenté sa délégation composée des membres du comité de jumelage et d'élèves et enseignants du lycée d’Hennebont. A en croire M. Perron, malgré l’aide qu’ils apportent à la population, sa délégation tire plus de profits du jumelage que Mourdiah.
" Chacun de nous surtout ceux qui viennent pour la première fois, vient vivre et constater les richesses humaines et les valeurs de solidarité et de partage qui caractérisent votre société", a commenté le maire Hennebont. Et d’ajouter : "gardez-les parce qu’elles sont l’avenir du monde !"
Amadou Waïgalo
(envoyé spécial à Mourdiah)


Suspicions
La population de Mourdiah ne décolère plus contre les maires précédents, principalement l’équipe sortante qui a été défaite aux élections municipales passées. Celle-ci est soupçonnée d’avoir dilapidé des fonds mis à sa disposition dans le cadre du jumelage. Selon certaines indiscrétions, c’est une somme estimée à 400 millions de F CFA qui a été investie dans le développement de Mourdiah.
Mais au finish, les résultats concrets sont presque, dit-on, invisibles en dépit de la réalisation d’une école, de quelques forages et d’une station de radio qui ne couvre que 15 km sur un rayon de 60 km. Déjà, à Mourdiah, sauf apaisement de dernière minute, on parle de plus en plus d’une possible interpellation des accusés.
A. W.

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ABDRAHAMANE BEN ESSAYOUTI, IMAM DE DJINGAREIBER
" Le Maouloud est une glorieuse date pour tout musulman"
La fête anniversaire de la naissance du prophète Muhammad, communément appelé Maouloud, est l’un des événements les plus célébrés par les communautés musulmanes du monde entier et en particulier celles de Tombouctou. En prélude aux préparatifs de la fête, qui se tiendra du 26 février au 4 mars 2010, Abdrahamane Ben Essayouti, imam de la grande mosquée de Djingareiber, explique l’importance de ce glorieux événement.
Les Echos : Quelle est l’origine et la signification du Maouloud ?
Abdrahamane Ben Essayouti : Maouloud veut dire la fête anniversaire de la naissance du prophète Muhammad (PSL). Le prophète Muhammad est né le 12 du mois lunaire qu’on appelle rabbi walawal, c'est-à-dire le 3e mois de l’année. Ce qui fait que chaque 12 de ce mois les communautés musulmanes célèbrent l’anniversaire de la naissance du prophète,.
Cette fête a été introduite à Tombouctou, vers le XVIe siècle et le premier qui a institué le Maouloud à Tombouctou est un saint du nom d’Abul Qassim Al Touati, originaire de Touat en Algérie. Abul Qassim était le 4e imam dans la lignée des imams qui se sont succédé à la grande mosquée de Djingareiber. Il est enterré dans le grand cimetière à l’ouest de la ville de Tombouctou. Le premier imam fut Khatib Moussa. Chaque année, il organisait des lectures de poèmes panégyriques sous son vestibule. Il apprenait aux gens comment cette lecture se faisait. Et comme c’était un saint, il faisait des miracles.
La nuit de la naissance par exemple, avant de commencer la lecture quand tous les lecteurs se réunissaient, il levait ses mains comme pour faire la fatiha et miraculeusement du pain chaud descendait du ciel, qu’il distribuait aux fidèles. Aucun de ses fidèles n’avait jamais dégusté un pain aussi succulent et nourrissant. C’est à partir de ces démonstrations que ses contemporains avaient compris qu’il était un saint.
Et comme année après année le nombre de lecteurs augmentait, son vestibule ne pouvait plus contenir les gens. Il a alors institué les séances de lectures dans les 3 grandes mosquées (Djingareiber, Sankoré, Sidi Yehia). C’est dans ces circonstances que le Maouloud a vu le jour. Il s’est élargi avec la participation des Marocains, résidant à Tombouctou, les Kountas, les musulmans de la communauté d’Araoune. Depuis peu, les autres quartiers organisent la lecture des poèmes panégyriques tels que Belléfarandi, Hammabangou et Kabara.

Les Echos : A quoi sert la lecture de ces poèmes panégyriques c'est-à-dire quel est l’objectif recherché ?
A. B. E. : Ce sont des poèmes rédigés par des grands poètes, qui font les louanges du prophète Muhammad. Ces poèmes consistent également à montrer les traits caractéristiques du prophète. Autrement dit qui est le prophète et quelle est sa conduite pour que les musulmans puissent imiter cet homme incomparable aux yeux du monde. C’est ce que nous faisons ressortir à travers la lecture de ces poèmes.
Les Echos : A quelle période commence la lecture ?
A. B. E. : A Tombouctou, la lecture de ces poèmes commence dans les mosquées depuis le 2e mois de l’année qu’on appelle as-safar. Là ce n’est pas toutes les nuits qu’on fait la lecture. Des jours spécifiques sont choisis (lundi, jeudi et vendredi). Les lectures continuent jusqu'à la fin du 2e mois. Quand le troisième mois qu’on appelle rabbi hou al-lawal pointe, toutes les nuits ils font la lecture jusqu’au 10e jour. Ensuite, les lecteurs observent une pause d’une nuit et la 12e nuit c’est la fête anniversaire du prophète Muhammad communément appelé Maouloud. La semaine suivante marque la cérémonie de baptême.
Les Echos : Quelles sont les personnes habilitées à participer à la lecture de ces poèmes panégyriques ?
A. B. E. : Nous avons institué comme une tradition l’apprentissage de ces poèmes par les enfants. N’importe qui peut participer, qu’il soit fils de marabout ou non. La lecture est ouverte à toute personne ayant des connaissances en arabe et qui désire apprendre. Chaque année après le Maouloud il y a des endroits où nous formons des jeunes qui assurent la relève. Ce sont des éloges du prophète que tout musulman doit savoir et apprendre.
Les Echos : Les préparatifs du Maouloud sont à quel niveau ?
A. B. E. : Au niveau du Haut conseil islamique, certaines dispositions sont prises pour élaborer un programme que nous pouvons ventiler aux besoins pour les étrangers qui veulent venir. Dans ce programme, il y a la nuit de la naissance et le lendemain matin nous avons prévu la zyhara, c'est-à-dire le tour des saints, professer sur leurs tombes et chercher leurs bénédictions. Entre la naissance et le baptême il est prévu un concours de lecture pour les plus grands lecteurs de poèmes.
Le matin, les lectures reprennent dans les mosquées, l’après-midi avant la fatiha il y a ce que l’on appelle le tanaré exécuté par les zarmas suivie par la grande fatiha sur la dune de Sankoré, après la fatiha c’est la prière du maghrib ponctuée par des prêches qui démontrent l’historique et l’importance du Maouloud. Les cérémonies prennent fin ainsi. Le Maouloud est une fête qui marque les communautés musulmanes. Beaucoup de musulmans à travers le Mali, l’Afrique viennent célébrer l’événement.
Les Echos : Selon vous qu’est ce qui explique une telle affluence ?
A. B. E. : Parce qu'à Tombouctou le Maouloud est célébré d’une manière toute particulière. C’est un brassage culturel, en quelque sorte un tourisme religieux. Les musulmans convergent de tous les lieux, de tous les horizons. Les ressortissants de Tombouctou partout où ils se trouvent viennent coïncider avec la grande fatiha du baptême. C’est une fête pittoresque, vous verrez que tout le monde est habillé de ses plus beaux atours. Ce sont des retrouvailles.
Propos recueillis par
Abdou Maïga
(correspondant régional)

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