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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 15 fevrier

 

IL FAUT LE DIRE
Au ministre du Commerce
Le charme indéniable et le discours bien articulé lui permettaient jusque-là de faire sensation au sein d’un attelage où peu d'occupants peuvent se targuer d’être des orateurs particulièrement brillants. Et puis patatras ! Le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, puisque c'est de lui qu'il s'agit, s’avère un piètre manager.
Non seulement il confirme que le sucre se fera rare, mais on a le sentiment qu’il a envie d'ajouter que c’est presque bien fait pour nous qui l’avions moins cher des années durant, prenant à témoin Burkinabés, Ivoiriens et Sénégalais. Passe !
Mais que fait donc M. le ministre, polytechnicien devant l'Eternel, pour rendre le fardeau de la pénurie moins pénible pour les Maliens ? Et N-Sukala ? Ne peut-il pas accélérer le processus de mise en route de cette nouvelle unité sucrière en usant de son riche carnet d’adresses ? Rien de tout cela.
On aurait passé l’éponge si ce n’était ce même ministre qui continue de tourner en bourriques les travailleurs de l’Huicoma, à qui il promet chaque fois monts et merveilles, mais qui sont pieds et mains liés livrés au capital local. On aurait passé l’éponge si n’était ce même ministre qui laisse des unités de production d’huile impropre à la consommation exercer impunément.
Qui ne sait plus que jusqu’à Bamako de petites huileries fabriquent le produit qu’elles mettent sans autre mesure d’hygiène dans des bouteilles d’eau minérale récupérées sur des tas d’ordures avant d’être étalé sur les marchés ? Qui ne sait plus que les boutiques témoins installées dans les quartiers périphériques ne sont que de la poudre aux yeux des consommateurs les plus humbles ? Qui a déjà vu des services de contrôle des prix sanctionner des "contrevenants" ?
Plus intéressé par le clinquant des projets grandioses pour ne pas dire des éléphants blancs, le ministre n’a visiblement pas de solution à nos problèmes terre-à-terre. Pis encore, il nous invite à vivre au-dessus de nos moyens en étant au diapason des Burkinabés, Sénégalais, Ivoiriens, Mauritaniens et Nigériens dont les salaires sont, c’est une constante, plus élevés que ceux des Maliens.
Comparaison n’est pas raison. C’est pour cette raison qu’il nous plaît de lui attribuer notre "note zéro" de ce lundi post-Saint-Valentin. Car aimer son prochain à la place qui est la sienne aujourd’hui, c’est faire preuve de beaucoup d’habilité ; proposer des solutions concrètes pour la majorité et non de brandir à tous les coups un miroir aux alouettes !
Bayer

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APRES UN SEISME MEURTRIER
Mme Adame Ba Konaré organise la solidarité pour Haïti
Ce n’est pas la première fois que Haïti est frappé par un séisme, mais celui du 12 janvier 2010 est le plus meurtrier. Partageant la compassion du peuple haïtien, la présidente de la Fondation Partage, qui animait samedi à la Maison de la presse une conférence de presse, a lancé un appel à la mobilisation de fonds pour la construction d’une école à Port-au-Prince en Haïti.
Pays le plus pauvre de l’Amérique, rongé par une instabilité politique chronique… Haïti est une terre où le malheur est devenu une routine. L’histoire politique nous enseigne qu’en deux siècles, Haïti a connu 36 présidents dont 3 assassinés, des coups d’Etat et des grandes révoltes populaires. Des hommes de médias sont allés samedi à la découverte de cette première République noire du monde au cours d’une conférence de presse animée par la présidente de la Fondation Partage.
Nous sommes le 12 janvier 2010. Il est 16 h 30 heure locale, 20 h 30 temps universel. Un violent séisme frappe Haïti semant la consternation et la désolation. Le bilan est catastrophique : 217 000 morts, 300 000 blessés handicapés, 610 000 personnes sans hébergement et environ 1 million de personnes ont fui les localités dévastées. Les besoins sont estimés à ce jour à 10 milliards de dollars. Devant l’ampleur d’un tel cataclysme, qui a vu des milliers de bâtiments s’écrouler, pourquoi ne pas faire recours à la solidarité agissante pour sécher les larmes des habitants de cette île lointaine ?
Voilà tout le sens de la démarche de la présidente de la Fondation Partage, Mme Adame Ba Konaré qui, suite aux évènements tragiques, a lancé le 14 janvier 2010 un appel à la mobilisation de fonds pour la construction d’une école à Port-au-Prince. L’heure n’est pas encore au bilan mais à la galvanisation de bonnes volontés pour aider la Fondation Partage à atteindre son symbolique et modeste objectif.
Selon la présidente de la Fondation Partage, l’un des soucis du peuple haïtien, "c’est de voir les enfants partir à l’école". Pour Mme Adame Ba Konaré, l’Afrique a beau être pauvre, elle a quelque chose à partager. D’où cette conviction : "Je crois en la solidarité dans la pauvreté. Je crois en solidarité entre tous les éléments de la nature…"
Celle pour qui au-delà de toute autre considération, la solidarité est un devoir humain et au demeurant n’a pas de frontière, a laissé entendre que des Etats se sont déjà manifestés pour la reconstruction d’Haïti. Il s’agit de la RDC, du Congo, du Sénégal, du Tchad, du Bénin, du Maroc, du Rwanda, de l’Afrique du Sud. De même que le gouvernement malien qui a contribué à hauteur de 100 millions de F CFA.
Outre les Etats, la présidente de la Fondation Partage de rappeler que la société civile malienne n’est pas restée en marge lors de la Rentrée littéraire en rendant un hommage au peuple haïtien. Et la construction de la Fondation Partage sera la construction d’une école en Haïti.
Pour ce faire, un compte spécial "Fondation Partage/Haïti" est ouvert à la BDM-SA dans lequel les contributions doivent être versées. Par ailleurs, les personnes voulant faire des contributions en espèces peuvent également le faire directement aux membres de la commission ad hoc au siège de la Fondation Partage. Répondant à une question relative à l’apport du président Konaré dans la construction de cette école, la présidente de la Fondation Partage dira que celui-ci a été le premier à faire le premier versement.
La présidente de la première institution caritative au Mali a annoncé l’envoi par la Fondation Partage d’une mission pour la pose de la première pierre de l’établissement. Sans avoir une idée exacte du coût, le compte n’étant pas encore bloqué, Mme Adame Ba Konaré s’est engagée à établir au moment opportun un bilan transparent. Jugeant l’initiative de la Fondation Partage salutaire et extraordinaire, Me Mamadou Konaté a proposé pour une solidarité active et plus automatique la participation d’autres structures comme la Jeune chambre internationale.
Avec ses 9 millions d’habitants, Haïti connaît un taux de chômage de l’ordre de 75 % et près de 58 % de la population ne vont pas à l’école. Avec ces indicateurs, la sollicitation à contribution à un pays dont le destin a tangué n’est pas trop demandée.
Mohamed Daou

[haut]

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Pr. ADAME BA KONARE
" Pourquoi aider Haïti"
Adame Ba Konaré a lancé un appel pour construire une école à Haïti après le séisme dont ce pays a été victime. Nous publions ici son plaidoyer pour Haïti.
Lorsque l’on évoque Haïti, en fonction de la génération à laquelle on appartient au Mali et en Afrique, deux réponses surgissent à l’esprit : Duvalier et ses Tontons Macoutes, la pauvreté, un pays parmi les plus pauvres du monde.
Mais pour beaucoup de gens, Haïti, c’est aussi Toussaint Louverture, mais surtout la première République noire du monde.
Oui, Haïti, c’est tout cela : un pays au destin particulier, qui le 1er janvier 1804, proclama son indépendance après un soulèvement meurtrier contre le régime esclavagiste français.
Haïti, c’est un pays ravagé par une instabilité politique chronique, avec des dictateurs réputés.
Haïti, c’est un pays soumis au bon vouloir des puissances étrangères.
Haïti, c’est un pays qui n’a cessé de plonger, un pays où le malheur est devenu presque une routine.
Lorsque l’on parle de solidarité envers Haïti, d’autres interrogations fusent : Où se trouve même Haïti, pourquoi apporter la solidarité si loin de notre pays, voire de notre continent (Haïti est à 6889 km de Bamako ?) Quand nous avons nous-mêmes nos propres problèmes ?
Pour exposer tout cela, de façon ramassée, je ne peux résister à la tentation de commencer ainsi :
Il était une fois une île lointaine, très lointaine, bordée au nord par l’océan Atlantique et au sud par la mer des Caraïbes. Elle appartient à l’archipel des grandes Antilles et s’étend sur une superficie d’environ 30 000 km2 (27 750 km2 plus exactement). Le relief est très accidenté, majoritairement montagneux ; presque toutes les côtes sont bordées de montagnes. Les fleuves sont très peu navigables, à part l’Artibonite, le principal d’entre eux. Le climat est tropical avec une saison de pluies qui s’étend d’avril à juin et d’octobre à novembre. Dans cette île, vivaient des populations locales d’Arawak ou Tainos et de Caraïbes.
Sur cette île, le 5 décembre 1492, débarque un explorateur, il est Espagnol et il se nomme Christophe Colomb ; il la baptise Hispaniola, la petite Espagne. Christophe Colomb est étourdi de joie, il est heureux : il croit avoir découvert les Indes, mais en fait, il vient de découvrir l’Amérique.
Il paraît que dès que Christophe Colomb eut débarqué, il s’est écrié : où est l’or ? L’or, oui, la soif de l’or. Mais il n’y avait pas que l’or en jeu ; Christophe Colomb avait aussi apporté des souches de canne à sucre et d’indigo, dont l’exploitation, plus tard remplacera celle du métal précieux. Pour la gigantesque mise en valeur de ces matières premières, on utilisa d’abord les populations autochtones mais elles résistèrent mal aux durs travaux et succombèrent par milliers.
Face à l’hécatombe, l’idée surgit alors de faire recours à un autre peuple, noir celui-là, qu’on venait de découvrir de l’autre côté de l’océan atlantique, un peuple jugé robuste, acclimaté : vous l’avez deviné, il s’agit des Africains. A partir du début du XVIe siècle, les populations côtières africaines connaîtront les ponctions les plus importantes : Côte du Kongo et d’Angola, mais surtout golfe du Bénin : Bénin actuel, Togo, Ghana, Nigeria, il y a aussi le golfe de Guinée, les côtes de la Sénégambie, qui charrient les convois en provenance de l’Hinterland, etc.
Des esclaves embarqués dans des bateaux négriers jetés à la mer, où les attendent des conditions immorales et traumatisantes, au point que ceux qui arrivent à destination ne sont que des lambeaux, sans identité, si ce n’est celle de bêtes effarouchées. Les plus résistants maintiendront le contact à travers la Terre-Mère grâce à une spiritualité profonde : le vaudou.
Au courant de ce siècle, la partie occidentale de l’île est délaissée par les colons Espagnols et des aventuriers français s’implantent progressivement, mais c’est sous l’impulsion de Colbert, ministre de Louis XIV, que l’installation française est officialisée, avec, en 1697, le traité de Ryswick. Colbert encourage la création de plantations de l’indigo et de la canne à sucre, réglemente l’esclavage en préparant le Code Noir, promulgué en 1685 et qui fera de l’esclave une marchandise, un bien meuble, régi par un arsenal juridique répressif qui aménage pour lui des sévices sadiques et bestiaux.
L’ère de gloire de la colonie esclavagiste se situe au XVIIIe siècle, elle tourne à plein turbot et est alors surnommée Reine des Antilles, fournissant à elle seule les trois quarts de la production du monde en sucre, cacao et café. Tout cela repose sur le travail des esclaves africains, estimés à 500 000 pour seulement 600 000 colons, marchant à la chicote et au fouet, marqués au fer rouge, conformément à leur statut de bêtes de somme.
Une situation intenable, qui fera que la population esclave va entrer en révolte, mieux, déclencher une révolution, l’une des plus sanglantes. Des noms traversent cette révolte et cette révolution ; ils sont connus :
C’est d’abord Toussaint Louverture, un cocher promu médecin. Hyppolite Gaou, son père, appartenait à la famille royale d’Alada au Danhomé (actuelle République du Bénin), et avait été vendu au Conte de Breda dans la plantation duquel Toussaint Louverture était né. Toussaint Louverture récupère l’ensemble du mouvement à partir de 1791 et en stratège, avance méthodiquement, changeant de camp au gré des circonstances.
Le Mouvement résonnera en écho avec ce qui se passe en Métropole, où s’opère une autre révolution, déclenchée en 1789 et qui récuse l’ordre ancien. On y parle droits de l’Homme et du citoyen ; un mouvement se dessine même pour soutenir les insurgés de Saint-Domingue, une société est créée en leur nom, drivée par l’abbé Grégoire : la Société des amis des Noirs.
La Convention, organe issu de cette révolution, abolit l’esclavage dans les colonies françaises au grand dam des colons mais quand arrive au pouvoir un certain Napoléon Bonaparte, Napoléon Premier, devenu Premier Consul en 1802, après son coup d’Etat du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799), l’esclavage est restauré. Pour réduire Toussaint Louverture et rétablir l’ordre colonial, Napoléon envoie son beau-frère le général Leclerc, vainqueur de la campagne d’Italie en Europe, à la tête d’un impressionnant bataillon à Saint-Domingue. La bataille est rude, implacable. Toussaint Louverture, proclamé gouverneur général de Saint-Domingue en 1801 mais ne reconnaissant que formellement l’autorité de Bonaparte, est arrêté fin mai 1802 puis déporté en France où il est emprisonné au Fort de Joux, le 25 août 1802 et où il meurt le 7 avril 1803, des suites de pneumonie et d’infections dentaires.
Mais Leclerc est foudroyé par la fièvre jaune alors désignée sous le nom de maladie de Siam ; il n’a que 31 ans. Rochambeau entreprend de venger la France tandis que Jean Jacques Dessalines, d’origine Kongolaise, un autre indépendantiste issu des flancs de l’agitation, reprend le flambeau de la guerre de libération, qui va embraser l’île entière. L’armée française est mise en déroute à la bataille de Vertières, Dessalines proclame l’indépendance de l’île sous le nom Haïti, mot venant d’une langue Arawak, signifiant la Terre des hautes montagnes, adopté en rupture avec le souvenir de l’esclavage et de la colonisation que rappelait le premier nom de Saint Domingue. Nous sommes en 1804, la première république noire du monde venait de naître. Dessalines s’intitule empereur sous le nom de Jacques 1er.
Mais il est assassiné en 1806 et les Espagnols récupèrent, en 1808, la partie orientale de l’île, cédée à la France en 1795. Une période confuse plonge Haïti dans la guerre civile : tandis que Henri Christophe, ancien esclave noir, révolutionnaire radical, se proclame roi dans le nord du pays sous le nom de Henri 1er. au sud, le mulâtre Alexandre Sabès dit Pieton fonde une République ; il fait mieux : il parraine le Vénézuélien Simon Bolivar, "le Grand Libertador" réfugié en Haïti entre 1812 et 1817 en lui fournissant des armes pour combattre l’envahisseur espagnol; son successeur Jean-Pierre Boyer réunifie le Nord et le Sud en 1820 et conquiert la partie espagnole en 1822.
En 1844, l’Est fait sécession. Saint Domingue est définitivement scindée en deux Etats : Haïti et la République dominicaine ou République de Saint-Domingue.
Le destin de Haïti va continuer à tanguer ; les dictateurs se relayent.
Après quelques décennies de semblant de stabilité, Haïti attire la convoitise des Américains, déjà présents chez le voisin de la République dominicaine. Ils l’occupent militairement le 28 juillet 1915 ; ils resteront jusqu’en 1934, entraînant de grandes révoltes.
Haïti continuera à s’enfoncer dans l’instabilité.
Arrêtons-nous un instant pour faire un gros plan sur l’un des dictateurs les plus célèbres de l’histoire récente, François Duvalier, qui arrive au pouvoir à la suite d’un scrutin contesté en 1957 et se proclame président à vie. On le surnomme Papa Doc, ce jadis "bon docteur" des campagnes. Il crée cette fameuse milice des Tontons Macoutes, réhabilite le culte vaudou, prend soin de faire amender la constitution par l’Assemblée Nationale pour lui permettre de désigner son fils Jean-Claude comme successeur.
A sa mort, survenue le 21 avril 1971, ce dernier prend le pouvoir, il n’est âgé que de 19 ans, d’où son surnom de bébé Doc. Le règne des Duvalier est caractérisé par la répression sauvage des opposants (30 000 personnes sont tuées), faisant fuir les forces vives du pays : c’est sous l’ère duvalienne notamment, qu’on voit affluer beaucoup de Haïtiens en Afrique sub-saharienne comme coopérants. Ici, au Mali, nous avons accueilli, dans ces années-là, des Haïtiens médecins, professeurs, ingénieurs des Travaux publics…
Bébé Doc est renversé en 1986 à la suite d’une insurrection populaire et s’enfuit pour aller s’installer dans le sud de la France où il se trouve toujours.
Gros plan sur un autre homme que nous connaissons bien parce son histoire est récente : c’est Jean-Bertrand Aristide ou le père Aristide, le "prêtre des bidonvilles" dont la profession de foi à ses compatriotes, à la fin des années 1980, condense le drame de Haïti : "Vous élevez de la misère infra humaine à la pauvreté digne". Elu président en 1990, Aristide est chassé à son tour par un coup d’Etat militaire, perpétré par le général Cedras qui installe une dictature féroce dans le pays. Le président des Etats-Unis, Bill Clinton, réinstalle par force Aristide à Port-au-Prince. René Préval, un de ses proches, lui succède de 1995 à 2000.
Aristide est réélu en 2000 mais son mandat se termine dans un bain de sang. Le pacte signé avec des bandes criminelles et la milice mystique des "Chimères" armées pour sauver son pouvoir, jette le discrédit sur lui. Il tombe en 2004 sous la pression des Etats Unis d’Amérique, de la France, du Canada et d’une insurrection armée, il est exfiltré par les Etats-Unis et la France en République Centrafricaine. Plus tard, le président Tabo Mbeki l’amènera en Afrique du Sud où il réside aujourd’hui avec sa famille. René Préval, après une courte transition conduite par le Premier ministre Latortue, et le président Boniface Alexandre revient au pouvoir en février 2006. Il est le président actuel.
Bilan de cette histoire politique agitée : en deux siècles, Haïti aura connu 22 constitutions, 38 présidents dont six seulement ont achevé leur mandat, 3 présidents assassinés, des coups d’Etat, des explosions de violence, de brûlantes haines raciales, de grandes révoltes populaires.
Haïti vit pratiquement sous perfusion de la communauté internationale et des Etats-Unis, depuis le retour de Préval. Depuis 2004, la Minustah, "force de stabilisation" de l’ONU, entretient 9000 hommes avec mandat officiel de sécuriser le pays et de former une police nationale.
Haïti compte neuf millions d’habitants, constitués à 95 % de descendants des esclaves noirs et le reste de mulâtres ; plus de 60 % vivent en zone rurale. La capitale, Port-au-Prince, englobe plus de 80 % de la population urbaine, soit près de trois millions d’habitants. Il y a aussi de nombreux exilés Haïtiens dans le monde, notamment aux Etats-Unis, au Canada, en France, plus de trois millions, ce qui équivaut au tiers de la population de l’île.
Près de la moitié de la population haïtienne a moins de 18 ans. Seuls 10 % en âge d’être scolarisés vont dans les écoles publiques, 32 % dans les écoles privées et 58 % ne vont pas du tout à l’école.
L’espérance de vie s’élève à 55 ans, la mortalité infantile est très élevée, 75 pour mille naissances.
L’économie est fondée sur l’agriculture, l’industrie est très peu développée et concerne les entreprises d’assemblage, le secteur de l’agriculture, notamment le café et les manufactures de textiles. Ici, comme ailleurs, dans les pays sous-développés, le secteur informel occupe une place importante.
Avec ces indicateurs, Haïti est classée pays le plus pauvre des Amériques, au 158e rang des pays les plus pauvres du monde, devançant 24 pays dont 22 en Afrique et deux en Asie. Le taux de chômage atteint 75 % de la population active. 78 % vivent sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour et 54 % dans un état de pauvreté extrême (moins d’un dollar par jour.)
Malgré tout, la culture haïtienne est restée toujours vivace, avec de grands écrivains et poètes, peintres et musiciens, tous de réputation mondiale. Les religions sont le Vaudou, importée d’Afrique, le catholicisme et le protestantisme, imposés par le colonisateur.
Il y a aussi l’autre Haïti, la Haïti qui apparaît comme le précipité de toutes les catastrophes naturelles, le lieu de démonstration par excellence de la puissance de la nature : ouragans, tempêtes, cyclones, séismes. La saison des ouragans, combinée avec les pluies, est particulièrement redoutée ; elle s’étend du mois de juin jusqu’à la fin du mois de novembre.
Pour revenir au séisme, Haïti est située dans une zone sismique, entre deux plaques tectoniques, selon les spécialistes : celle de l’Amérique du Nord et celle des caraïbes.
Le séisme dont Haïti a été la victime le 12 janvier 2010 n’est pas une première. Le cycle est récurrent, au moins dix séismes de grande magnitude, en trois siècles.
Mais le dernier tremblement, 7 sur l’échelle de Richter, est le plus meurtrier jamais enregistré dans l’histoire des Amériques : 217 000 morts ; autant ensevelis sous les décombres, 300 000 blessés et handicapés ; 134 victimes ont pu être sauvées des ruines.
Beaucoup de personnes de toutes catégories et de toutes conditions sociales dont des médecins, des enseignants, des étudiants, des élèves, des artistes etc. et de personnalités : de nombreux ministres, le président du Parlement et des élus du peuple, des chefs religieux parmi lesquels l’archevêque de Port-au-Prince, le représentant des Nations unies à Haïti et une majeure partie de son staff, font partie du lot des morts.
Près de 610 000 personnes sont sans abri à Port-au-Prince et sont hébergées dans 500 camps de fortune.
Environ un million de personnes pourraient fuir les localités dévastées et prendre la direction des campagnes, qui elles-mêmes sont dans une situation de très grande précarité. Mais ce sont trois millions de personnes à qui l’on doit porter secours.
Bilan matériel : presque toutes les maisons sont tombées, de même que de grands édifices publics : le palais présidentiel, la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince, les hôpitaux, les écoles, la caserne de pompiers, la prison, le QG de la police, la direction générale des impôts, les centres commerciaux etc., beaucoup de ministères, l’hôtel Christopher, siège de la Minustah, le bâtiment des Nations Unies. Nous avons tous vu avec stupeur sur nos petits écrans les images incroyablement apocalyptiques de ce chaos absolu.
Les actes de pillage compliquent la situation, les problèmes se posent en termes de survie : les gens cherchent un abri et à manger d’abord.
Leonel Fernandez, le président de la République dominicaine évalue les besoins à dix milliards de dollars.
Quelle explication donnée à la vulnérabilité de Haïti à ces catastrophes ? Voilà la question qui taraude tout un chacun.
Plusieurs facteurs sont mis en cause : infrastructure inadaptée, environnement dégradé, inefficacité des gouvernements confrontés à de graves problèmes.
Aucune construction de l’île n’a été effectuée en conformité avec les normes anti–sismiques réglementaires. On se souvient, en novembre 2008, une école s’était effondrée, faisant 103 morts et 150 blessés dans la banlieue de Port-au-Prince. Et à chaque cataclysme, ce sont des milliers de bâtiments qui s’écroulent.
Des explications idéologiques fallacieuses y trouvent aussi leur place ; il faut en parler parce qu’on les entend : Haïti, Trou noir de la Planète, Haïti, Terre maudite, Haïti, Terre de mission, selon des groupes chrétiens fondamentalistes américains qui affluent par centaines vers elle.
Le pasteur évangéliste américain Pat Robertson dit que Haïti, au moment de sa guerre d’indépendance, a signé un pacte avec le diable pour la libérer des Français : "Nous te servirons si tu nous débarrasses des Français". Ila bien sûr déclenché une vive polémique. Soyons sérieux !
La grande majorité des analystes rendent d’abord le régime esclavagiste de Saint-Domingue responsable du drame haïtien : des siècles durant, Haïti a été exploitée, surexploitée, a vu ses productions destinées à enrichir la seule métropole dont elle fournissait, à elle seule, les 2/3 du produit national brut. Mais Haïti paya cher aussi son indépendance : la France se revancha d’elle en demandant l’indemnisation des propriétaires d’esclaves, en guise de rançon se chiffrant à 90 millions de francs or. Cette somme a été versée à la France entre 1825 et 1885 ; réactualisée, elle a été estimée à plus de 22 milliards de dollars par le gouvernement haïtien en 2004, qui réclama son remboursement. Sans compter que la guerre d’indépendance a tué un tiers de la population, détruit toutes les villes et les plantations.
Ce n’est pas tout : il y a aussi la présence, sur ses rivages, de ce puissant et remuant voisin que constituent les Etats-Unis d’Amérique. Ce sont également les différents régimes dictatoriaux successifs.
Enfin, il y a les injonctions de la Banque mondiale et du FMI pour l’ouverture brutale du marché et qui ont conditionné les aides à la baisse drastique des droits de douane, à partir de 1986. Résultats : le riz américain a envahi le marché haïtien, les paysans, incapables de soutenir cette concurrence, se sont appauvris et ont abandonné leurs terres pour s’enfuir vers les bidonvilles.
Maintenant que nous avons fait meilleure connaissance avec Haïti, allons au cœur de l’exposé : pourquoi cette sollicitation à contributions ?
Parce que d’abord, au-delà de la relation charnelle avec Haïti, Haïti dite fille aînée de l’Afrique, alors que les thèses sur l’inégalité des races faisaient florès en Europe, avec, entre autres écrits, le fracassant « Essai sur l’inégalité des races humaines » d’Arthur Gobineau sorti en 1853 et réédité en 1854, contre les détracteurs de la race noire, ce furent les intellectuels haïtiens qui se firent les défenseurs de la race noire.
Pour eux tous, comme l’a écrit l’un des représentants les plus illustres de cette intelligentsia, j’ai nommé Price Hannibal, Haïti représentait "La Mecque, la Judée de la race noire, le pays (…) où doit aller en pèlerinage, au moins une fois dans sa vie, tout homme ayant du sang africain dans les artères ; car c’est là que le nègre s’est fait homme ; c’est là qu’en brisant ses fers, il a condamné irrévocablement l’esclavage". Mieux, c’est à Haïti que les Africains ont inversé les rôles en se substituant à leurs maîtres, pour créer, en ce coin des Amériques, une nouvelle patrie pour l’homme noir. Quel autre "fantastique avatar" tiendrait la dragée haute devant ce peuple ?
Illustration vivante de la montée irrésistible d’une Afrique unie face à l’oppression et à la domination, après avoir été le "porte-étendard de la race noire en Amérique", Haïti a revendiqué haut et fort son rôle historique qui était d’œuvrer à l’évolution générale de ses congénères. C’était même sa raison d’être internationale. Aimé Césaire dira que "Haïti n’a pas conquis la liberté seulement pour elle, elle a conquis la liberté pour tous les hommes de couleur, peut-être pour tout un continent".
Bénito Sylvain, (1868-1915), un autre de ses brillants intellectuels, ébloui par la victoire de l’Ethiopie contre les troupes italiennes à la bataille d’Adoua le 1er mars 1896, et qui visita ce pays cinq fois, travailla avec acharnement pour obtenir l’association des deux Etats noirs réellement indépendants : Haïti et l’Ethiopie. C’était à l’occasion du centenaire de l’indépendance haïtienne (1904).
Quand les Belges ont quitté le Congo belge (actuelle RDC) en 1960, ce furent les intellectuels haïtiens, qui montèrent en première ligne pour venir former les jeunes Congolais. Auparavant, ils avaient apporté leur soutien à la Guinée, après que les Français eurent plié bagages en représailles à la proclamation de l’indépendance de ce pays en 1958.
Ce sont encore eux, les intellectuels haïtiens, qui ont prolongé le mouvement panafricaniste germé dans ce qu’on a appelé le triangle anglophone et dont les figures de proue, l’Américain W. E. B. Dubois, Georges Padmore de Trinidad et Marcus Garvey de Jamaïque, ont marqué certains chefs d’Etats Africains dont Kwame Nkrumah du Ghana, Jomo Kenyatta du Kenya ou Nandi Azikiwé du Nigeria.
L’historien Elikia Mbokolo soutient même que le mouvement de la négritude fut l’héritier du renouveau littéraire haïtien en même temps que de la renaissance nègre de Harlem.
Comment ne pas citer, dans ce registre-là, Price-Mars, décédé en 1969, Price-Mars, le chantre de la revendication des racines africaines, qui a intégré la Société africaine de culture (Sac), cette maison pionnière de la réhabilitation de la culture africaine, avec sa revue Présence Africaine, créée en 1947 par le Sénégalais Alioune Diop et dont il prendra plus tard la tête.
Ce n’est pas tout, à partir de l’occupation américaine des années 1915-1934, Haïti a prôné sur le terrain une doctrine de "retour au peuple", pas pour l’éduquer ou l’instruire, mais pour inculquer en lui les valeurs africaines : les contes, les mœurs, les croyances, les pratiques sociales et les formes de sociabilité.
Bref, l’intelligentsia haïtienne a suscité un vaste mouvement de retour à l’Afrique. "Nous n’avons de chances d’être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l’héritage ancestral. Eh bien ! cet héritage, il est pour les huit dixièmes un don de l’Afrique", s’écrie Price-Mars.
Tenaillé par cette inextinguible soif d’Afrique, Roger Dorsinville, une autre plume célèbre de Haïti, vint s’installer entre 1961 et 1986 au Libéria et ensuite au Sénégal, liant l’acte à la parole.
Je pourrais continuer à citer des exemples.
Mesdames et Messieurs, la dette d’amour n’est pas une dette remboursable. La solidarité avec Haïti est juste un devoir de reconnaissance et de justice, si nous sortons du cadre étriqué de notre nationalisme malien pour voir large, pour voir Afrique. Vous l’aurez compris, je suis dans une posture panafricaniste.
Solidarité avec Haïti ensuite parce que je crois, au-delà de toute autre considération, que la solidarité est un devoir humain.
Et je m’en vais emprunter à ce propos, cette formule à un éditorialiste de Marianne : "Eh bien, oui, il y a des moments, en effet, où, face à l’excès du mal, la compassion s’impose comme une évidence".
Evidemment, le Mali, l’Afrique sont logés à la même enseigne que Haïti : pays et continent pauvres, rongés par les mêmes maux que Haïti. Mais oh ! Chers invités, devrions-nous pour autant refuser d’aider Haïti ? Ne serait-ce pas là une attitude égoïste ? Ne serait-ce pas faire bon marché de la solidarité sociale fortement ancrée en Afrique ? Cette Afrique où, on a beau être pauvre, on a toujours quelque chose à partager même si c’est par une présence, de beaux mots ou un simple sourire. Y a-t-il meilleure richesse pour un Homme que la victoire sur ses pulsions égoïstes ? Eh bien ! Ces pulsions égoïstes, osons les défier. Montons à l’assaut des barricades honteuses qui bloquent la voie à nos penchants altruistes.
Evidemment, l’aide que nous pouvons apporter peut paraître dérisoire comparativement aux milliards débloqués par les puissances nanties mais je professe mon credo :
Je crois en la solidarité dans la pauvreté ; je crois en la solidarité entre les pauvres, je crois en la solidarité entre tous les humains ; je crois en la solidarité avec notre environnement. Enfin, je crois en la solidarité entre tous les éléments de cette nature car nous sommes tous des poussières d’étoiles, aussi bien nous humains, que les bêtes et les objets apparemment inanimés, les montagnes, les rivières, les fleuves, ma table de travail, ma robe, mon parfum. Oui, l’aventure cosmique à laquelle participe l’humanité est un tout interpénétré, interdépendant.
Prenons garde, la nature est rusée.
Quand bien nous savons que notre système – le système solaire –est programmé pour disparaître dans 4 à 5 milliards d’années, personne ne sait encore de quel effet de fin la nature va user pour fermer cette session: big bang, big Crunch, en douceur, par vibration, brutalement ? Ce jour-là, tous les pays subiront le même sort. Ce jour-là, pour paraphraser ce dicton bamanan : "toi qui dis que la bataille des chiens ne te concerne pas, assure-toi d’avoir une bonne porte de sortie".
En termes d’actions, sans tenir compte des aides d’urgence, chacun y va de ses moyens : Côté Etats, en dehors des puissances occidentales, USA en tête, Canada, France, les pays de l’Amérique latine ont joué pleinement leur rôle de bons voisins par des aides massives matérielles de toutes sortes et en équipes de secouristes, que ce soit le Brésil, Cuba, le Venezuela, l’Equateur ou encore la république dominicaine. Les présidents de ces deux Etats se sont très vite rendus sur place. Les pays d’Amérique du Sud viennent de décider de débloquer 300 millions d’aide lors d’un sommet extraordinaire tenu à Quito en Equateur le 09 de ce mois.
Les Etats africains ont annoncé aussi leur écot. Sans être exhaustive, je citerai : la RDC deux millions et demi de dollars, la Guinée-Équatoriale deux millions de dollars, le Congo Brazzaville, le Gabon, le Sénégal, le Tchad, un million, soit quelque cinq cents millions de francs CFA chacun; le Bénin cent millions de francs CFA; le Maroc, un million de dollars+ 15 tonnes d’aliments et des médicaments embarqués dans un avion-cargo parti le 16 janvier,
On peut aussi citer, toujours en dollars, Maurice 500 000, le Rwanda, 100 000, le Botswana 150 000, le Liberia, 50 000, l’Afrique du Sud qui, en même temps qu’elle envoyait des hommes sur le terrain, fit une contribution de quatre millions de dollars. Le président Wade s’est montré le plus original, en proposant d’offrir des terres aux Haïtiens au Sénégal.
Ici, au Mali, le gouvernement a contribué pour 100 millions de F CFA mais la société civile n’a pas été en reste : Les Editions Cauris, la Compagnie Donko Séko et Blonba Productions ont organisé une "veillée pour Haïti" qui a regroupé une trentaine d’artistes les plus talentueux du pays et des religieux, tandis que le Lion’s club organisait des quêtes en produits de première nécessité. Lors de la rentrée littéraire de Bamako, tenue il y a trois jours, les écrivains ont rendu hommage de leur côté à Haïti à travers la lecture de poèmes, de contes, et des témoignages. Il n’y a pas de petit geste.
Il demeure qu’il faille aider Haïti à être autonome. Tout le monde sait que Haïti est située en zone sismique.
Les dégâts du séisme n’ont pas pu être limités parce que Haïti n’a pas les moyens de prévenir ses catastrophes en construisant des bâtiments obéissant aux normes antisismiques.
Pour sa part, la Fondation Partage a décidé de contribuer à la construction d’une école à Port-au-Prince. Pourquoi une école ? Parce, en plus de ma sensibilité de femme enseignante, la formation et l’éducation de ressources humaines pour Haïti, est une nécessité incontournable pour faire face à l’énorme défi qui l’attend après tant d’épreuves.
Nous voudrions que cette école se dresse comme un témoignage matériel de la présence d’un pays africain, situé loin, très loin de Haïti, de l’autre côté de l’océan atlantique, quelque part à l’intérieur des terres, mais si proche d’elle par la pensée et par des liens multiséculaires : le Mali.
Mesdames et messieurs, la Fondation Partage sait notre peuple généreux et sait qu’elle peut compter sur beaucoup d’engagements, - dont certains, ici dans cette salle à qui il me plaît de rendre hommage - pour atteindre son modeste et significatif objectif.
Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, que mes derniers mots soient pour nos frères et sœurs les Haïtiens, un peuple chaleureux et courageux qui défie le chaos, un peuple dont la diaspora a donné au Canada sa Gouverneure Générale et à la Communauté Internationale de nombreux cadres. Des mots pour dire que nous leur faisons confiance pour se reconstruire et assumer leur part de responsabilité dans le redressement de leur patrie.
A ces souhaits et à ce message, j’associe tous ces hommes et toutes ces femmes du Mali et d’Afrique qui ont connu et habité Haïti.
Enfin, aux Haïtiens d’ici dont je partage la douleur, aux Haïtiens maliens et aux Maliens haïtiens, vous si près de nous, je vous dis tout simplement courage.

Que Dieu bénisse Haïti.

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10 MILLIARDS DE F CFA D'IMPAYES DE SOTELMA A ORANGE
Un cabinet d’audit international tranchera
Après d’intenses pourparlers entre les responsables de Sotelma/Malitel et Orange-Mali, le CRT a réussi à concilier les deux opérateurs à propos du litige commercial qui les opposent depuis 2006 au grand bonheur des consommateurs. Une victoire pour le CRT.
Suite à un problème de factures impayées cumulées de près de 10 milliards de F CFA, la Sotelma/Malitel et Orange-Mali, après les problèmes d’interconnexion ont failli recourir à la justice pour trancher le différend. Mais le Comité de régulation des télécommunications du Mali (CRT) dirigé par Dr. Choguel K. Maïga, en vertu de ses prérogatives s’est saisi du dossier début janvier 2010 et une issue s'est dégagée.
Samedi dernier au siège du CRT, le directeur général du CRT Dr. Choguel Maïga a entretenu la presse du compromis obtenu à l’issue de rounds de négociations. De quoi s’agit-il ? En 2003 Sotelma/Malitel et Orange-Mali signent une convention d’interconnexion qui permettait à leurs différents abonnés de téléphoner entre eux. Et un accord d’interconnexion a été signé et gère les tarifs d’interconnexion.
Des reversements devaient se faire tous les mois conformément à la convention signée. Tout allait bien jusqu’en 2006. De cette date à 2009, Sotelma/Malitel n’a pas payé la somme due. Ses factures se sont cumulées pour atteindre près de 10 milliards. A la veille de la privatisation, c'est-à-dire en juillet 2009, les deux opérateurs ont signé un protocole où Sotelma s’est engagée sur un échéancier de deux ans à éponger ses dettes.
Qu’est-ce qui a conduit la Sotelma à ne pas respecter ses engagements ? Pour le conférencier, les autorités de la Sotelma ne croient pas à la sincérité de la facture présentée par Orange et que tant que la preuve des factures n’est pas faite, elle ne payera pas un kopeck à Orange.
Cette situation a perduré jusqu’à la fin de l’année 2009. Et les consommateurs ont ressenti le problème les opposant. La dernière semaine de décembre 2009, les clients Sotelma/Malitel ne pouvaient pas communiquer avec ceux d’Orange-Mali et vice-versa. Devant les nombreuses plaintes des consommateurs, le CRT, a dit Choguel a rapidement convoqué les différents responsables des deux opérateurs à son siège.
" J’ai dit aux directeurs que le consommateur n’a rien à voir avec leur litige commercial". Aussitôt ordre a été donné aux patrons des deux sociétés de lever cette mesure qui prive le consommateur le même jour. Pour Choguel, conformément au décret 002-030/P-RM du 10 mai 2000 relatif à l’interconnexion du secteur des télécommunications, seul le CRT a parmi ses missions l’arbitrage entre les sociétés de télécommunications.
A la toute première rencontre, a affirmé le DG du CRT, les parties avaient amené leurs avocats, techniciens, financiers. "Ils ne voulaient même pas se parler ce jour". Après 4 séances de négociations intenses, il a été conclu un procès-verbal de conciliation signé le 4 février dernier.
Cabinet d’audit international
Ce procès-verbal de conciliation indique deux choses. "La Sotelma reconnaît qu’elle doit de l’argent à Orange-Mali et se dit prête à payer et qu’elle a les moyens de le faire. Mais qu’il faut que la sincérité des factures d’Orange-Mali soit établie par un cabinet d’audit international indépendant", a précisé le Dr. Maïga. Et d’ajouter que "la Sotelma se propose de payer les 80 % des échéanciers à la date du 31 décembre 2009". Le reste du paiement n'intervenant qu'après l’audit.
Orange-Mali, a révélé l’ancien ministre ne voit pas d’inconvénient à la proposition de Sotelma. Mais exige simplement le paiement d'un montant substantiel avant l’audit.
L’audit international va se faire comment ? Qui va recruter ? A quelle condition ? Pour toutes ses questions, a affirmé le conférencier, des débats ont été engagés et ont abouti vendredi 12 février. Finalement à en croire M. Maïga, il a été convenu que chacun des deux opérateurs propose deux cabinets de réputation international. Les termes de références ont été élaborés par le CRT, amendés et approuvés par les parties en conflit.
L’appel d’offre a été lancé vendredi 12 février. Le 3 mars prochain, les propositions des opérateurs sont attendus et après quoi le dépouillement sera fait. Pour le DG, l'adjudicataire du marché aura trois mois pour faire son audit et quand il déposera son rapport, le CRT tranchera et les parties vont se soumettre à sa décision finale. Il a été aussi convenu que celui qui aura tort va payer les frais d’audit à la fin de l’opération. "Personne ne peut dire qu’on l’a lésé. On a fait preuve de pédagogie".
Pour l’ancien ministre, les deux directeurs ont fait preuve de beaucoup de compréhension. "Là où il y a blocage, lorsque nous tranchons, ils acceptent". Pour Choguel, c’est une grande victoire pour le CRT et pour les parties. "C’est même inédit au Mali et dans la sous-région. Elle crédibilise le CRT". A l’issue des négociations, toutes les multinationales se sont dites rassurées sur leurs investissements au Mali.
Amadou Sidibé

La faute au centre de calcul
La Sotelma est la seule opératrice historique à ne pas disposer de centre de calcul. Normalement, quand un abonné de Malitel appelle un numéro Orange, Malitel paie une partie de l'argent à Orange. Si c'est un abonné d'Orange qui appelle sur Malitel, Orange doit payer plus, vu qu'il a plus d'abonnés. Seulement, la machine qui permet de calculer qui doit à qui, "le centre de calcul", n'existe pas au niveau de la Sotelma, ce qui l'oblige à accepter les factures qu'Orange lui soumet.
A. S.

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MINISTERE DE LA JUSTICE
D'anciens magistrats floués
Ils sont une demi-douzaine d’anciens magistrats du pays à attendre indéfiniment le règlement de leurs indemnités pour services rendus au ministère de la Justice qui leur doit plus d’une vingtaine de millions de F CFA. Ballottés entre différents ministres (Abdoulaye Poudiougou, Me Abdoulaye Garba Tapo, Me Fanta Sylla, Maharafa Traoré) qui leur avaient promis monts et merveilles, ces vieux magistrats n’ont pas fini de "raser les murs", malgré une lettre adressée au Premier ministre d’alors, Ousmane Issoufi Maïga, et une audience à eux accordée par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré.
Malgré le poids des ans, ils se sont démenés comme de beaux diables pour faire entendre raison à nos plus hautes autorités quant aux paiements de leurs maigres droits. Ayant frappé à toutes les portes "ces vieux" n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Le chagrin et la douleur sont incommensurables dans leur rang.
Même le président ATT, qui leur avait promis le paiement de leur argent, s’est emmuré dans un silence de carpe. ATT, selon eux, avait bel et bien instruit au Premier ministre, Pinochet de les payer sur le budget de la Primature. Ce dernier aurait confié le dossier à un de ses conseillers.
Pour rappel, le gouvernement avait signé avec la Banque mondiale un accord de crédit relatif au renforcement du secteur privé. Cet accord comprenait plusieurs dispositions dont celles concernant l’informatisation du casier judiciaire et du Registre du commerce, conformément aux textes de l’Ohada. Pour cela, il s’est avéré nécessaire de rédiger tous les jugements correctionnels en souffrance au niveau de toutes les juridictions du pays.
A signaler que depuis plusieurs années, les juges du Mali ont délibérément cessé de rédiger les arrêts et autres jugements par eux rendus. Dans le jargon judiciaire, le mot arrêt se rapporte à la Cour d’appel, et celui de jugement aux décisions des juridictions inférieures. Un tel comportement des magistrats met totalement les justiciables dans l’impossibilité d’obtenir telle expédition ou telle grosse aux fins d’exécution de la décision obtenue.
Et s’agissant des jugements correctionnels, la tenue d’un casier judiciaire fiable devient impossible, à défaut des pièces d’exécution (B1, B2, extrait du trésor, casier électoral). C’est pourquoi, il n’est pas rare de rencontrer aujourd’hui des condamnés récidivistes, détenteurs d’un casier judiciaire vierge.
Une tâche immense qui a amené la Cellule de réflexion sur la réforme et le département de la Justice à s’attacher les services de certains magistrats à la retraire. Il s’agit de El hadj Ibrahima Nia Karabenta, El hadj Bakary Bathily, Cheick Oumar Dembélé, Moussa Traoré. Les nommés Seydou Tidiani Traoré et Fousseiny Coulibaly sont aujourd’hui décédés. La secrétaire a pour nom Mme Guindo Aminata Traoré, un greffier à la retraite.
Jeu de ping-pong
Il existait un superviseur du Projet en la personne de Me Diakité Mariam Diallo. Sans leur avis, cette dernière a négocié le salaire des magistrats (350 000 F CFA par mois et 100 000 F CFA pour la secrétaire).
Le travail commença ainsi par la rédaction des jugements. Le contrat devrait couvrir l’ensemble des juridictions de Bamako, dans un premier temps, avant d’étendre la mesure à l’ensemble des juridictions de la République. Malheureusement, quelques mois après, l’Apep disparaît en juin 2001. Contrairement à la pratique, aucune lettre ne leur a été adressée sur cette suppression.
Néanmoins, ces magistrats ont pris attache avec le garde des Sceaux d’alors, Abdoulaye Poudiougou, qui leur a demandé de continuer à travailler et "qu’une solution sera trouvée au problème de salaire au moment des négociations avec la Banque mondiale". Les magistrats ont pris acte de cet engagement et ont fait confiance au chef de la famille judiciaire en continuant à travailler de juin 2001 à avril 2002.
Leur déception fut grande, d’autant que M. Poudiougou n’a pu honorer sa parole donnée. Leur déception fut aussi grande quand Me Abdoulaye Garba Tapo, son successeur, leur a confié que ce dernier ne lui avait laissé aucun dossier les concernant.
C’est à partir de ce moment que les pauvres vieux ont cessé de travailler, après avoir rédigé des milliers de jugements dans des conditions extrêmement difficiles : dossiers sans nom, sans prévention ou qualification des faits incomplète et inexistante, des condamnations dépassant le quantum légal.
A l’arrivée de Me Fanta Sylla à la tête du ministère, les magistrats sont partis lui rendre une visite de courtoisie, profitant pour lui présenter leurs doléances. Elle a alors promis de faire tout son possible. Mais, après avoir attendu plusieurs mois sans le moindre signe de sa part, les vieux magistrats ont décidé de prendre de nouveau attache avec elle.
Mais à trois reprises, la garde des Sceaux n’a daigné les recevoir. "Son comportement nous a beaucoup surpris, elle qui est une professionnelle", note un doyen. Après ces multiples déceptions, les pauvres se sont alors tournés vers le chef du gouvernement, Ousmane Issoufi Maïga, en lui adressant une correspondance en date du 20 décembre 2004.
Ne réagissant pas aussi à leur demande, ils ont alors frappé à la porte du président de la République, le premier magistrat du pays, ATT, et Maharafa Traoré, l'actuel ministre de la Justice, qui peinent aussi à réagir.
Incompréhensible !
Ibrahim Moussa

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CINQUANTE ANS DU LPK
Le temps des retrouvailles
Conçu par l’archevêque de Bamako, Mgr Leclerc, dans l’objectif d’apporter sa pierre à la construction nationale, le LPK a 50 ans d’existence.
Après 50 ans de vie, l’établissement est en perte de vitesse. L’organisation de cette fête dont le point d'orgue était samedi, vise à sensibiliser les anciens et nouveaux du lycée Prosper Kamara sur les problèmes actuels de l’établissement en particulier, et sur la problématique de l’éducation en général. Ce cinquantenaire est aussi l’occasion d’établir un plan d’action et d'offrir un cadre de retrouvailles aux anciens.
A l’ouverture des activités, des anciens, fruits de l’établissement, ont tenu à manifester leur reconnaissance et leur fierté par des témoignages éloquents :
Modibo Sidibé (Premier ministre et ancien du LPK) :
" Je voudrais dire combien je suis heureux d’être le fruit de cet établissement. Je félicite les enseignants qui ont formé tant de cadres et qui continuent de former pour la relève. Je tiens à rendre un vibrant hommage aux éducateurs qui m’ont tant donné.
Aujourd’hui, nous avons une école en difficultés. Pour cela, les enseignants doivent donner le meilleur d’eux et l’exemple. Il faut la volonté et la vocation. Si nous voulons que l’école retrouve son sens, il faut la coalition et c’est les acteurs de l’éducation qui forment cette coalition. Le LPK est une référence, il faut que les anciens veillent à ceux qu'il retrouve son éthique. Aux nouveaux élèves de bannir la violence dans l’espace scolaire et de respecter le règlement intérieur pour une école apaisée et performante".
Mgr Jean Zerbo (ancien élève, archevêque de Bamako) :
" Je suis embarrassé de prendre la parole en tant que archevêque et ancien élève du LPK. J’ai vécu ici pendant 4 ans et quand je viens ici c’est en tant qu'ancien et parent d’élèves. Aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’il y a une culture qui est en train de se ronger par la dimension commerciale. Pour éviter le péril de l’école, il faut que nous acceptions les exigences de l’éducation. Que le Dieu Tout Puissant nous donne la force de bannir cette dimension commerciale".
Oumar H. Dicko (président du cinquantenaire du Mali, ex-élève) :
" Je témoigne sur la qualité des professeurs, je n’arrive pas à oublier leur dévouement à former. C’était des intellectuels de qualité morale qui ont formé des cadres dont le pays bénéficie aujourd’hui. Je n’arrête pas de penser à la qualité des élèves et à la qualité de l’environnement. Les parents d’élèves et les enseignants étaient des complices pour la réussite des élèves. Chaque élève avait l’obligation de fournir des explications aux parents en cas de mauvaise note. Aujourd’hui, les enfants passent plus de temps devant la télévision. En ce temps de cinquantenaire, je souhaite que l’exemple du LPK serve aux autres lycées".
Madani Kéita (ancien élève) :
" Sous la juridiction de l’archevêque de Bamako, le respect de la morale et la discipline étaient de rigueur au LPK. L’enseignement était un sacerdoce, les enseignants attendaient moins leurs salaires que la qualité des résultats. Les échecs étaient rares. De 1976 à nos jours, beaucoup d’éléments et nouveaux non rassurants ont intégré le LPK. L’autorité du corps enseignant est bafouée, les parents d’élèves ne sont plus respectés et l’AEEM décide de tout".
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

TROIS QUESTIONS AU REVEREND PERE MAINDRON
Premier proviseur du LPK
Invité d’honneur du cinquantenaire et ex-proviseur du lycée Prosper Kamara, le révérend père Maindron exprime toute sa fierté et sa joie de se retrouver parmi ses anciens élèves. Entretien.
Les Echos : Comment était le LPK quand vous étiez proviseur ?
Révérend père Maindron : C’est au LPK que j’ai commencé ma vie d’enseignant. En mon temps, le LPK était un lycée de référence, les jeunes lycéens étaient des intellectuels, assidus au travail et très courageux. La discipline était de rigueur. La plupart des enseignants étaient des missionnaires et des volontaires qui donnaient le meilleur d’eux-mêmes pour la formation des enfants. Et cela avec la complicité des parents d’élèves qui avaient confiance à l’enseignement catholique et qui nous soutenaient beaucoup. Ce qui nous avait permis de former une bonne équipe.
Les Echos : Quel était l’objectif visé par le LPK à sa création ?
R. P. M. : L’église catholique a toujours marqué un intérêt actif dans l’enseignement. L’objectif visé allait au-delà de l’éducation. Ce qui comptait, c’était le développement de tout homme et pour tout homme. L’engagement de l’église dans le champ de l’éducation est une priorité car l’avenir des enfants dépend de l’éducation.
Aujourd’hui les éducateurs semblent perdre le sens de leur mission. L’espérance est attaquée de tout cotés, en plus de la crise de l’éducation, il y a la crise de confiance
Les Echos : Quelle sensation cela vous fait-il de vous retrouver au Mali pour les 50 ans du LPK ?
R. P. M. : Un sentiment de fierté, d’affection, d’émotion. Je suis heureux de retrouver mes anciens élèves dans de belles circonstances, de voir des cadres fruits du LPK. Aujourd’hui, je peux dire avec fierté que l’arbre que nous avons planté, il y a 50 ans a pris racine et a donné du fruit. Il faut que les anciens fassent part de leurs savoirs aux nouveaux.

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LIVRES
" Droit patrimonial, régimes matrimoniaux et successions"
Les écrits sur les régimes matrimoniaux et les successions au Mali sont rares. Les livres intitulés "Régimes matrimoniaux" et "les Successions" de Dr. Amadou A. Ndiaye sont les premiers du genre.
Fruit d’un partenariat entre le Musée national de Bamako et les Editions Jamana, le livre intitulé droit patrimonial de la famille au Mali en deux tome, ont été dédicacés le samedi 13 février 2010 en présence d’étudiants, de professeurs, amis et parents de l’auteur.
Le directeur du Musée national, Samuel Sidibé, a salué l’initiative de l’auteur. Il s’est félicité du parcours d'Amadou A. Ndiaye, un ancien président de la Cour suprême et ancien professeur de droit à l’Ecole nationale d’administration (ENA) qui représente, selon lui un repère pour les promotions qu’il a formées.
Abondant dans le même sens, le représentant des Ed. Jamana, Mamoudou Sidibé, s’est dit fier de la présence massive des gens et que "c’est toujours un plaisir pour les éditions d’accueillir de nouveau-nés". Le présent ouvrage a trait de sujets très sensibles dans notre pays et mérite d’être lu par tout un chacun, a soutenu M. Sidibé.
L’auteur a fait un exposé sur son ouvrage, qui comporte des annexes traitant des sujets comme le régime de succession au Mali. Le cas particulier de la femme, la dévolution successorale et le fisc au Mali, la jurisprudence de la Cour suprême du Mali en matière de succession depuis 1966 ont été décortiqués avec une proposition de loi à la fin.
Selon l’auteur, le fait de ne pas légiférer en matière de régimes matrimoniaux et de successions conduit à l’éclatement des familles, à des troubles sociaux, à l’instabilité de la nation et inévitablement à la faillite de l’Etat. C’est pourquoi, révèle M. Ndiaye, "c’est après la publication en 1997 aux éditions Jamana d’un précédent ouvrage intitulé 'L’urne et le glaive, réflexion sur les concepts socio-politiques et judiciaires au Mali de 1960 à la IIIe république'", qu’il s'est senti en devoir impérieux de rédiger l’ouvrage.
Pour l’auteur le droit portant sur les régimes matrimoniaux et les successions présente dans toute société une importance sociale, économique et politique capitale, car il prolonge la législation sur le droit de la propriété et aussi la législation portant sur le droit de la famille, qu’il est inutile de rappeler l’importance de ces concepts (famille et propriété).
A noter que Dr. Amadou A. Ndiaye est né en 1934 à Bamako, magistrat de formation, il est titulaire d’un doctorat d’Etat en droit en 1971 à Lille (France). Il a servi au Mali à partir de 1962 comme chef du contrôle économique (affaires économiques). Premier président de la Cour d’appel (1984-1985) et de la Cour suprême, il a enseigné pendant 32 ans à l'ENA.
Aminata Traoré
(stagiaire)

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DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

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