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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 12 fevrier

 

POUR VOLS DE MOTOS A BAMAKO
Des commissaires et inspecteurs de police arrêtés
Un réseau de commissaires et inspecteurs de police impliqué dans les vols de motos à Bamako vient d’être démantelé. Les présumés coupables ont été arrêtés.
Personne n’a rien compris à la montée brutale de l’insécurité dans notre pays en général et dans le district en particulier ces derniers temps. Le démantèlement d'un réseau de commissaires et d'inspecteurs de police donne une explication partielle à l'insécurité généralisée.
Chargés de protéger les citoyens et leurs biens, ces agents assermentés, croyant à une immunité perpétuelle, fricotaient avec la pègre, couvrant ses forfaits et tirant les marrons du feu. La vérité a beau tarder, elle finit toujours par triompher. C’est ce qui vient de se passer. Nous avions fait cas de cette complicité entre des malfrats et des forces de l'ordre dans l'une de nos précédents dossiers sur l'insécurité à Bamako.
Une opération récente s’est traduite par l’arrestation de deux commissaires et de deux inspecteurs de police. Ils relèvent tous des commissariats de Bamako. Nos sources révèlent que même un "réputé" inspecteur devenu commissaire a été arrêté, étendu puis relâché.
Aujourd’hui, tout est mis en œuvre pour étouffer ces différentes arrestations et auditions au sein de la police même si les noms des commissaires et inspecteurs incriminés ont été cités par des malfrats eux-mêmes lors de leur audition.
Aujourd’hui, il se dit que n’importe qui est porteur d’uniforme. Ce qui fait dire à certains qu’à la police, on rencontre beaucoup d'individus à la moralité douteuse. On y retrouve également des individus qui physiquement et intellectuellement sont inaptes à exercer la profession.
Comme quoi, la police est malade de ses hommes.
Mohamed Daou

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RIVE DROITE
De grands brigands aux arrêts
Le commissariat de police du 4e arrondissement vient de mettre le grappin sur plusieurs groupes de cambrioleurs de boutiques et de voleurs de moto.
Face à l’insécurité à Bamako, la police redouble d’ardeur dans le travail. Ces derniers temps, elle n’arrête pas de mettre hors d'état de nuire de grands bandits. Il y a quelques jours, le commissariat de police du 4e arrondissement a arrêté deux groupes de bandits qui opéreraient dans son secteur.
Le 1er groupe, composé de 5 personnes, arrêtait des motocyclistes à des heures avancées de la nuit sur le boulevard Martin Luter King et les dépouillait de leurs engins. Ils ont dépossédé plusieurs usagers aux environs des hôtels Olympes et Wassoulou.
Ces derniers temps, avec la multiplication des patrouilles, ces bandits ont changé le fusil d’épaule. Cheickna Sanogo dit Sègèkata, le chef de file du groupe, s’est fait agent de sécurité dans un bar où il sera chargé de surveiller les motos. C’est ainsi qu'il faisait appel à ses compagnons pour enlever des motos.
Coincé par la police, Sègèkata dévoilera qu’il opérait avec Oumar Traoré dit "Dri bandit", Moussa Camara dit "Diogo Déni", Mamadou Sangaré et Moussa Tembely. Le 28 janvier, Fousseini Diarra, le chef de la brigade de recherche (BR) du 4e arrodissement et ses hommes ont procédé à l’arrestation d'Oumar Traoré et Moussa Camara. Les deux autres bandits sont en cavale.
Après les arrestations, l’enquête a révélé que ce sont ces brigands qui opéraient sur le boulevard Matin Luter King avec des armes à feu. Le 2e groupe de bandits arrêté par le commissariat du 4e arrondissement cassait et pillait les boutiques.
Selon Abdoulaye Danfaga, le commissaire du 4e arrondissement, ce groupe, composé de mécaniciens, a cassé quatre boutiques et un salon de coiffure. Le jour où il a attaqué le salon de coiffure, un élément du groupe s’est fait blesser avec un miroir du salon tombé sur sa tête.
Le fracas du miroir fait réveiller des voisins qui ont informé le commissariat. Au cours de l’enquête, la BR du commissariat de 4e arrondissement a mis le grappin sur le membre du groupe qui s’est blessé. Ce dernier a fait des aveux. Le commissariat est à la recherche des autres membres du groupe.
Les bandits arrêtés ont été mis à la disposition de la justice.
Sidiki Doumbia

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ASSOCIATION DES MUNICIPALITES DU MALI
La gestion d'un projet en cause
C’est depuis le mois de juillet 2008 que l’Adéma avait lancé un appel à candidature pour la présidence de l’Association malienne des municipalités. Au moment du dépôt, il y a eu deux candidats : le président sortant, Kader, et Bill. Une commission d’investiture a été mise sur pied, présidée par Iba Ndiaye. Au mois de novembre, la commission, après avoir écouté les parties, a déclaré sa carence : elle n’a pas pu faire un choix.
Après, le CE a donné, le 7 décembre, mandat au président Dioncounda pour choisir un candidat entre les deux. Entre-temps, la liste des candidats s’était allongée, car la coordination de Sikasso avait écrit pour dire qu’elle présente un candidat en la personne d'Adama Diarra. Mais, tous les candidats ont dit qu’ils allaient adhérer à la décision du CE.
Dioncounda a rencontré les parties et a jeté son dévolu sur Bill. Ce choix fut entériné par le CE. Pour le CE, la décision de renouveler la candidature découle de la volonté de l’Adema de renouveler et de redynamiser l’Association des municipalités du Mali. Dans ce cadre, une plate-forme a été mise sur pied avec 13 partis politiques et le Mouvement citoyen.
Pour le moment, la date retenue pour l’élection est la mi-mars, mais, au CE, on doute de son respect, vu que le bureau sortant a déjà pu faire reporter une fois la tenue du congrès. "Ils ont de la peine à faire leur bilan et à justifier certains fonds, comme celui du projet de lutte contre le VIH", affirme-t-on.
Déjà, le 16 février, il est prévu une rencontre de tous les maires à Bamako pour les sensibiliser au projet de redynamisation de l’AMM.
Alexis Kalambry

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LYCEE MAMADOU SARR
Le proviseur, la bibliothécaire et l’infirmière
Rien ne va plus entre le proviseur du lycée Mamadou Sarr et l’infirmière en chef en poste dans l'établissement. Cette dernière dénonce la mauvaise foi du proviseur à résoudre la question de l’insalubrité de l’infirmerie et sa dotation régulière en produits pharmaceutiques. Le proviseur, lui, croit à une utilisation des produits à d’autres fins.
Adam Rosa Dolo révèle avoir attiré plusieurs fois l’attention du proviseur sur l’état d’insalubrité de son établissement. A vrai dire, à notre passage le mercredi 10 février 2010, l’infirmerie du lycée Mamadou Sarr ressemblait à une porcherie.
Le bâtiment composé d’une salle de consultation, un bureau et une toilette est dans un état de dégradation avancée. Les équipements de bureau en métal entièrement couverts de poussière sont presque atteints par la rouille. Là-bas, on n’a pas besoin d’un microscope pour deviner qu’il y a belle lurette les lieux n’ont pas reçu des coups de balaie.
" Le proviseur veut que nous même nous balayons, alors que qu’il a une équipe de nettoyage pour ça", a dévoilé Adam Rosa Dolo. L’infirmière révèle qu’elle n’a plus un comprimé d’Aspirine au niveau de sa pharmacie. Elle impute cette pénurie à la mauvaise foi du proviseur Bécaye Kanouté qui, dit-elle, refuse de prendre des dispositions pour l’approvisionnement correct du lycée en produits pharmaceutiques. Cela, malgré le fonds mis à la disposition par le ministère en charge de l’Education.
Le proviseur nie en bloc les accusations de l’infirmière et regrette qu’un "simple problème interne" soit rapporté à la presse. Selon M. Kanouté l’attitude d’Adam Rosa Dolo n’a rien à avoir avec l’insalubrité. Pour lui, les raisons sont à rechercher ailleurs. Il pense que sa détractrice a plutôt une volonté de lui nuire après qu’il lui ait infligé une lettre d’explications pour absence non justifiée.
Demande d’explications
A en croire le proviseur, dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de réforme des services publics, un cahier de présence a été instauré pour contrôler la fréquence des entrées et sorties de tous les agents de l’établissement.
" C’est conformément à l’application de ce principe que j’ai sillonné il y a quelques jours les différents services du lycée pour constater la présence des uns et des autres. C’est là que j’ai remarqué plusieurs absences dont celle de l’infirmière et la bibliothécaire", révèle le proviseur.
Le proviseur du lycée Mamadou Sarr est convaincu que les produits pharmaceutiques de l’infirmerie ne sont pas utilisés à bon escient. Pis, il affirme avoir des échos sur l’utilisation à d’autres fins que le soin des élèves. Pour confirmer cette accusation, M. Kanouté signale que l’infirmière a épuisé une dotation de plusieurs mois en quatre jours.
Qu’est-ce qu’elle a fait de ces produits ? s'interroge le proviseur. Pour une utilisation rationnelle des produits pharmaceutique le patron du lycée Mamadou Sarr a instruit désormais de relever dans un registre les références de chaque élève qui reçoit le moindre comprimé.
Au sujet du nettoyage des lieux, le gardien du lycée confirme l’irrégularité de l’équipe de nettoyage qui peut faire, selon lui, des jours sans balayer l’infirmerie. Bécaye Kanouté pour sa part a indiqué avoir recruté une femme qu’il paye, selon lui, de sa poche pour assurer la propreté de l’infirmerie. La question est de savoir pourquoi cette dernière ne s’exécute pas correctement. Adam Rose Dolo a la réponse à cette interrogation : la préposée à la tâche n’est plus rémunérée.
L’heure n’est pas à l’apaisement au lycée Mamadou Sarr en tout pas entre le proviseur et ses deux subordonnés, notamment l’infirmière et la bibliothécaire.
Amadou Waïgalo

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CONSEIL ELARGI DE LA DOUANE
Les gabelous à la recherche de 280 milliards en 2010
Le traditionnel conseil élargi de la douane qui fait le bilan de l’année écoulée et planche sur les stratégies de recettes de l’année en cours a ouvert ses portes jeudi.
Le personnel dirigeant de la douane sur toute l’étendue du territoire national est réuni depuis hier à Bamako pour le conseil élargi de direction. Les travaux présidés par le ministre de l’Economie et des Finances en présence de son collègue délégué au Budget et du président de la commission des finances de l'Assemblée nationale est un exercice qui permet à l’administration douanière de jeter un regard critique sur le travail réalisé dans le cadre du plan opérationnel de l’exercice passé et discuter de celui prévu pendant l’année en cours.
Le DG de la douane s’est d’emblée félicité de l’atteinte des objectifs assignés dans le plan opérationnel 2009, qu’il s’agisse de la lutte contre la fraude avec l’enrôlement de 3233 affaires contentieuses qui ont généré des amendes de 3 milliards de F CFA, la modernisation et l’équipement du service, de la gestion des ressources humaines, etc.
Tout ce travail en amont a permis à la douane de recouvrer 267,033 milliards de F CFA de recettes en 2009 pour des prévisions de 260 milliards, soit un taux de réalisation de 102,71 %. Cette performance ne fait pas oublier aux gabelous la rigueur dans l’application de la réglementation douanière, a dit leur DG.
Au cours de leurs travaux, qui s’achèvent aujourd’hui, les douaniers vont explorer les voies et moyens d’atteindre les 280 milliards de F CFA d’objectifs de recettes qui leur ont été assignés en 2010. Le plan d’action opérationnel 2010 se caractérise, selon le DG Amadou Togola, par la consolidation des acquis. Il a pris l’engagement au nom de ses collègues d’atteindre le quota ainsi fixé eu égard aux nombreux défis de notre pays en 2010.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Sanoussi Touré, en rappelant aux douaniers leur mission de pourvoyeur de fonds publics, les a renvoyés à leur tâche d’atteindre les objectifs fixés en 2010.
Abdrahamane Dicko

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SUCRE
La cherté côtoie la pénurie
La disponibilité du sucre sur le marché constitue plus un problème pour le consommateur malien que son prix.
La pénurie de sucre commence à se faire sentir dans certains quartiers de Bamako. Dans la périphérie, des commerçants détaillants ont cessé de vendre cette denrée qui est l’une des plus consommées au Mali.
A Baco Djicoroni, en Commune V, des boutiques tenues par des commerçants maures n’ont plus de sucre dans leurs stocks. Quelques-unes d’entre elles qui ont encore quelques sacs préfèrent les rationner en les vendant à prix d’or. Le kilo atteint dès fois 600 F CFA.
Niamakoro Batiékorobougou, un quartier de la Commune VI n’échappe pas au phénomène. Un demi-grossiste de ce marché dit n’avoir plus de sucre depuis quatre jours (le lundi 9 février 2010). Selon lui, le fournisseur chez qui il s’approvisionne au Dabanani Lampanikoro avait appliqué la politique de l’offre et de la demande.
A cause de la rupture de stocks dans le magasin de ce dernier, le prix du kg est passé de 500 à 555 F CFA, soit 27 750 F le sac de 50 kg. Le boutiquier de Niamakoro dit refuser de payer à ce prix pour ne pas essuyer la colère de ses clients.
Le Mali qui consomme 150 000 tonnes de sucre par an ne produit localement que 36 000 tonnes (trois mois de consommation) et doit importer dans ce cas 114 000 tonnes.
Notre pays doit se frotter les mains malgré tout. A en croire le ministre, nous vendons le sucre le moins cher dans la sous-région comparativement au Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin, etc. où les prix oscillent entre 650 et 750 F CFA le kg.
A ses dires, le prix, qui n’a pas encore atteint le seuil de l’intolérable (jusqu’à sa conférence de presse), est resté stable à cause des mesures prises par le gouvernement en accord avec les importateurs. L’une de ces mesures est le jumelage de la production de Sukala-SA avec le sucre étranger.
L’accord assorti d’un cahier de charges fait qu’une tonne de sucre achetée à Sukala donne droit à 3 tonnes d’exonération de sucre importé. Le même accord établi entre les deux parties plaide pour le maintien des prix au détail à 500 F CFA le kg avec une marge de tolérance de 15 F CFA (25 000 F le sac de 50 kg) jusqu’au 31 mars 2010.
Mais au rythme où le marché du sucre se désagrège avec des poches de pénurie et d’augmentation vertigineuse de prix, il y a péril en la demeure ?
Abdrahamane Dicko

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Dossier

EPILOGUE
L’échec de l’UDPM
L’Union démocratique du peuple malien (l’UDPM) fut créée à un moment où le régime militaire s’était rendu compte qu’il ne pouvait plus gouverner seul le pays et que la participation des civils à la gestion du pouvoir était nécessaire. D’un côté, il y avait une minorité d’officiers lucides qui éprouvaient le besoin de changement, de l’autre les nombreuses pressions de la communauté internationale qui exigeait de plus en plus du régime une caution démocratique.
A tout cela s’ajoutaient les luttes politiques à l’intérieur du pays qui ne permettaient plus aux militaires de considérer le Mali comme leur domaine familial. Toutefois, l’avènement de ce parti nécessita une lutte fratricide entre les différents clans du pouvoir militaire et se termina par la victoire des réalistes sur les illusionnistes.
Mais bien que reconnaissant la nécessité de l’ouverture politique à quelques civils modérés et connus pour leur sympathie pour le CMLN, la question n’était pas tranchée, de savoir quelle forme allait avoir la nouvelle donne politique. Les idéologues du futur parti unique optèrent pour la formule du parti constitutionnel qui était alors en vogue dans toute l’Afrique sous des formes diverses : révolutionnaire en Guinée, nationaliste et authentique au Togo et au Zaïre (actuelle RDC), etc.
Pratiquement de 1966 à 1990 le régime du parti unique fut la formule politique dominante de gouvernement dans le plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique. Celles-ci, après les indépendances politiques, l’avaient adopté pour soi-disant lutter contre le tribalisme et le régionalisme et assurer l’unité politique des pays concernés.
En raison du passé récent du pays et sans éprouver aucune gêne, les promoteurs de l’UDPM n’eurent d’autre choix que de s’inspirer de l’expérience de l’US-RDA, parti unique également, que les militaires avaient brutalement écarté du pouvoir en 1968.
Le nouveau parti officiellement vit le jour en juin 1974 mais ne commença à fonctionner véritablement qu’après 1978 pour des raisons politiques liées à la lutte des tendances au sein du CMLN. Sa naissance supposait la disparition de celui-ci, mais, il se maintint en vie jusqu’en 1978 parce que son aile dure ne souhaitait pas sa mise à l’écart en tant qu’organe de gestion du pouvoir.
Le congrès constitutif de l’UDPM, tenu en 1979, choisit, sur le plan de l’organisation interne, le schéma général de l’US-RDA en mettant en place des comités, des sous-sections et des sections. La seule grande nouveauté sembla être l’appellation de la direction politique qu’on nomma bureau exécutive central (BEC) au lieu de bureau politique national (BPN).
Tous les citoyens, qu’ils le veuillent ou non, étaient déclarés en principe militants du parti et contribuaient financièrement à son bon fonctionnement. Les fonctionnaires n’avaient pas le choix puisque des retenues étaient effectuées sur leurs salaires au titre des cotisations mensuelles et du prix des cartes de membre. Le cas des non-salariés et des ruraux était un peu plus compliqué, mais les responsables du parti s’arrangeaient toujours pour leur faire payer, souvent même plus que les salariés.
Le parti était ouvert à tous les citoyens et ne souffrait ni de contestation ni d'opposition. En principe, les grandes décisions prises par l’instance suprême, le congrès, étaient appliquées sans encombre mais dans la réalité pas parce que les adhésions n’étaient pas sincères, mêmes au sein des intellectuels qui s’étaient mis à son service.
Beaucoup y allaient par crainte de la loi chère aux partis unique "qui n’est pas avec moi et contre moi" et aussi par opportunisme soit pour avoir de la promotion, soit pour bénéficier des avantages liés aux postes de responsabilité obtenus grâce au parti.
Tout au long de sa courte existence (1979-1991), l’UDPM déploya tout son génie pour faire promouvoir le règne de la pensée unique et le monolithisme politique mais n’obtint sur ce chapitre que de maigres résultats. La mobilisation ne fut jamais grande en dépit des méthodes employées et le parti, à l’intérieur comme à l’extérieur où il fut qualifié de parti croupion, eut plus d’adversaires que de partisans.
Non seulement le parti lui-même ne mobilisait pas fort, mais également ses organisations de masse, l’UNFM et l’UNJM, étaient encore plus impuissantes à le faire. Le parti était boudé par les grands intellectuels du pays qui le qualifiaient de parti de cancres à cause certainement de sa théorie de développement économique et social dont la grande ambition était la réalisation d’une économie nationale, indépendante et planifiée.
Les intellectuels la fuyaient d’autant plus précautionneusement qu’elle était nouvelle comme le socialisme africain ou la théorie de l’authenticité qui n’avait aucun contenu scientifique et que nulle part au monde, elle n’avait servi à développer un pays.
Ce choix économique hasardeux (ni capitaliste ni socialiste) fit en partie que le parti n’eut aucun résultat économique probant et que le pays fut conduit dans l’impasse. La situation économique devint si difficile que l’Etat se montra incapable de payer les salaires et les pensions, d’où toutes les grèves perlées qui, malgré les interdictions, éclatèrent dans les années 1980. Tous ces facteurs se conjuguèrent pour amener le régime à sa chute en mars 1991.
Facoh Donki Diarra


ECONOMIE NATIONALE INDEPENDANTE ET PLANIFIEE
Une théorie fantaisiste
Notion nouvelle et de surcroît qualifiée "de fantaisiste", l’économie nationale indépendante et planifiée sous l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) n’a jamais été véritablement appliquée si bien qu’elle est restée en l’état de théorie.
L’UDPM, créée officiellement en 1974, a été boudée par la plupart des intellectuels du pays à cause de son passé militaire. Mais après les années de dictature quand il a fallu donner une caution démocratique au régime, les militaires et leurs complices civils ont été obligés de créer un parti politique unique, constitutionnel comme c’était la mode à l’époque.
La création d’un parti suppose un projet de société globale et l’UDPM, à sa naissance, a été confrontée à ce problème. La gestion de l’économie que le parti allait faire a été un casse-tête pour les promoteurs du parti. A l’époque, il y avait deux théories de développement économique. La voie capitaliste et la voie socialiste. L’UDPM n’a pas voulu s’engager sur la voie du socialisme à cause de l’expérience amère de l’Union soudanaise RDA. Le parti n’a pas non plus voulu s’engager sur la voie du capitalisme par peur de la réaction du peuple.
Une voie médiane a été choisie. C’est cette dernière qui a été qualifiée "d’économie nationale indépendante et planifiée". Il convient tout de suite de préciser que cette théorie était nouvelle. On ne la retrouvait dans aucun manuel d’économie politique et c’est pour laquelle certains ont estimé que qu'elle est fantaisiste et ne pouvait avoir que des résultats catastrophiques pour le Mali.
Par économie nationale, on entendait une économie basée sur la richesse des seuls nationaux. Ce qui supposait que la participation de l’étranger devait être moindre. Indépendante parce qu’elle avait l’ambition d’asseoir l’indépendance économique du pays et coupé tous les liens de subordination vis-à-vis de la puissance occidentale. Enfin, elle était planifiée parce que le développement devrait se faire à partir des plans quinquennaux. Cette pratique a été empruntée à l’US-RDA dont la gestion a été quinquennale.
Dans le fond, les théoriciens de l’économie en ont pris à la fois chez les socialistes et chez les capitalistes. Ils ont un mélange qui n’a pas du tout convaincu les économistes de l’Afrique à l’époque. Pour le Programme de développement économique et social (PDES), on sait que l’ancien ministre des Mines et de l’Energie, Ahmed Sow en est le père fondateur. Mais pour ce qui est de l’économie nationale indépendante et planifiée sous L’UDPM, on a souvent cité Guimbala Diakité. Cependant, cet économiste n’a jamais avoué que c’était lui qui avait conçu cette théorie.
Pour tout dire, la théorie économie nationale indépendante et planifiée n’a pas été véritablement appliquée à cause de l’évolution politique intérieure du pays.
Mohamed Daou

UDPM
Parti unique, parti Etat
Créée en 1979, l'Union démocratique du peuple malien (UDPM), se révéla incapable de faire progresser l'économie de façon appréciable. Malgré son règne sans partage, elle n’a pu résister à la vague déferlante de la contestation populaire qui prendra plus tard le nom de Mouvement démocratique, parce qu’il a été renversé le soir du 26 mars 1991 par un coup d’Etat militaire.
30 mars 1979. Le gouvernement annonce la création d’un parti politique unique, l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) dont le congrès constitutif se tient à Bamako du 28 au 31 mars. Le retour à une "vie constitutionnelle normale" se confirme. Du coup, le pays allait vivre sous le régime du parti unique constitutionnel de fait, toute voix discordante étant assimilée à une rébellion politique qui était matée par la manière forte.
La politique était définie et vécue sous le règne de l’UDPM comme la démocratie au sein du parti unique constitutionnel, l’argument sous-jacent étant fondé sur la volonté de parachever dans la paix et la concorde la construction du Mali moderne pour en faire une nation au sens noble du terme. Ce qui était difficile de réaliser avec l’ouverture politique.
2 juin 1974 : Une nouvelle Constitution est proposée aux Maliens, qui votent alors pour la première fois depuis la chute de Modibo Kéita. Le oui l’emporte par 99 % des voix… La nouvelle Constitution démocratise en apparence la vie politique. Elle prévoit l’élection d’une Assemblée nationale mais institue un système de parti unique, un chef de l’Etat élu pour six ans au suffrage universel qui sera en même temps chef du gouvernement alors qu’une Cour suprême vérifiera la constitutionnalité des lois.
Monocamérale, l’Assemblée nationale se réunit en deux sessions annuelles dont la durée ne peut excéder deux mois. Elle vote les lois, mais en partage l’initiative avec le président qui peut la dissoudre alors qu’elle-même n’a aucun moyen d’action sur le gouvernement et le président de la République. Le CMLN est chargé de conduire, pour cinq années supplémentaires, les affaires du pays.
Un article élimine pour dix ans de la vie politique tous ceux qui ont exercé des fonctions politiques avant le putsch du 19 novembre. Lors des élections présidentielle et législatives qui suivent, Traoré et son parti, l’Union démocratique du peuple malien, obtiennent 99 % des suffrages exprimés.
19 juin 1979 : Moussa Traoré est réélu à la présidence à la quasi-unanimité alors que les candidats du parti unique recueillent 99,85 % des suffrages lors des élections pour la désignation de l’Assemblée. Le 28 juin, les membres du CMLN quittent le gouvernement pour rejoindre la direction de l’UDPM.
De ce point de vue, l’ouverture politique au multipartisme était virtuellement perçue comme un facteur de troubles sociaux ne disant pas son nom et dont la zizanie aurait ébranlé les fondements même de l’Etat unitaire et indivisible. C’est ce qui explique en partie la réticence de l’UDPM à accéder, en 1991, à la requête des acteurs sociaux pour ouvrir immédiatement et sans restriction l’espace politique à l’opposition et à la voie discordante sous la forme du multipartisme intégral.
L’autre argument, c’est que les tenants du pouvoir de l’époque s’étaient réfugiés derrière le juridisme politique pour rester camper sur leur position de refus de l’ouverture. L’aval du congrès ordinaire ou extraordinaire de l’UDPM était en effet nécessaire pour sauter de façon démocratique et légitime ce verrou, car le fait de contourner ce dispositif politique était une violation des textes du parti de tous les Maliens dans son acception constitutionnelle.
Toujours est-il que le régime de l’UDPM n’a pas pu résister à la vague déferlante de la contestation populaire qui prendra plus tard le nom de Mouvement démocratique, parce qu’il a été renversé le soir du 26 mars 1991 par un coup d’Etat militaire.
Idrissa Sako

UDPM
Des bases du développement culturel
Dans leur politique culturelle, les autorités de la IIe République ont accordé une importance particulière à la régularisation du secteur.
On peut retenir que c’est l’UDPM qui a permis de poser les premiers repères du développement socio-économique et culturel. Cette période a été exploitée judicieusement en vue de lancer les bases de la culture malienne avec la reformation du Kotéba national, en formation A et B, et l’appui apporté aux orchestres régionaux, car chaque région avait le sien.
Les efforts soutenus dans le domaine culturel du Mali ont permis d’attirer des amis et des investissements importants grâce auxquels ont été lancées les bases de la culture au Mali. Ce fut le début d’un processus de changement socioculturel.
Un accent particulier avait été mis sur le développement de l’instruction civique et morale. On parle de discipline et de plus de loyauté chez le Malien même si par ailleurs il n’est un secret pour personne que c’est sous la IIe République que la corruption a pris de l’ampleur dans l’administration publique. Par la suite, elle a eu d’autres ramifications.
En ce qui concerne les infrastructures culturelles, les stades pour abriter les biennales artistiques ont été aménagés. Un stade fut construit à Gao, tandis que le stade Omnisports (actuel stade Modibo Kéita de Bamako), les stades municipaux de Sikasso et de Ségou ont été aménagés en terrain omnisports.
Par la suite, ces œuvres sont restés bas à cause de la corruption. Il y a eu une forte politisation de la vie publique. Celle-ci aura des répercussions négatives sur le quotidien des Maliens. On assistera à des pratiques comme la dilapidation et les détournements de deniers publics, la montée en flèche de la pauvreté du plus grand nombre… Toutes choses qui vont sonner le glas pour le régime le 26 mats 1991.
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)

MICRO-TROTTOIR
Des bamakois se prononcent sur l’UDPM
Le règne de l’UDPM a mis le Mali en retard. C’est ce qui ressort du micro trottoir ci-dessous. Réactions.
Dr. Mahamane Traoré (médecin) :
" L’UDPM était un parti unique. Comme tous les partis uniques, l’UDPM semait la dictature. Tout le monde souffrait sous le règne du parti-Etat".
Kassim Kéita (technicien des arts et culture) :
" L’ancien régime a mis le pays en retard dans plusieurs domaines. Les fonctionnaires pouvaient faire plus de 4 mois sans toucher leurs salaires. Mais, il faut reconnaître que la nourriture coûtait moins cher à l’époque. Avec l’avènement de la démocratie, il y a eu beaucoup de réalisations. Des terres ont été aménagées et continuent de l’être, mais chaque jour les prix des denrées montent".
Ousmane Traorté (ouvrier) :
" J’ai travaillé pendant plus d’une année dans le champ de Moussa Traoré comme ouvrier. Je connais Moussa. Je ne peux rien dire sur l’UDPM. Mais, tout ce que je sais c’est que Moussa n’a rien fait de mal. Ce sont ses compagnons qui étaient à la base de tous les maux".
Oumou Sidibé (comptable) :
" L’UDPM a mis notre pays en retard. Les membres du parti ont pillé le Mali. Ils ont ruiné l’école. Leur premier souci était le pouvoir".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

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