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2010

Mois de fevrier

Les Echos du 10 fevrier

 

BARRAGE DE TAOUSSA
Les zones d’ombre
Tout le Mali a applaudi des deux mains le lancement des travaux de Taoussa. Mais, il n’en demeure pas moins que les zones d’ombre sont nombreuses.
Le 6 février dernier, notre bon président, qui ne fait que des choses qui "n’ont jamais été faites depuis l'indépendance", a posé la première pierre du futur barrage de Taoussa, dans la région de Gao. Les travaux de ce barrage ont été lancés à grands renforts de publicités sur le PDES et la personne du président de la République lui-même. Mais, concernant le projet, on sait juste que c’est un financement de la Banque islamique de développement (Bid).
Cependant, ce que cette banque met dedans n’a jamais été précisé. De plus, il semble que c’est une syndication conduite par la Bid, plutôt que les billets de la Bid elle seule. De ce côté, le montant n’est ressorti dans aucune intervention. Ni le président ATT, ni son ministre de l’Energie et de l’Eau, encore moins le PDG de la BID n'a dit combien on aura à payer pour avoir la "production fourragère, accompagnée des mesures prophylactiques adéquates, permettant une croissance de 3 % par an du troupeau et un doublement des exportations".
En tout cas, les chiffres avancés semaient la confusion : tantôt un coût de réalisation de 130 milliards de F CFA (ministre Diarra), tantôt 195 milliards de F CFA (autres sources). Contrairement aux procédures en la matière, personne ne se souvient d’un appel d’offres pour les travaux de Taoussa, ni dans la presse, encore moins en conseil des ministres.
Ce qui a fait que beaucoup étaient surpris de voir sur place l’entreprise ECCCG, présentée comme adjudicatrice du marché. Les surprises ne s’arrêtent pas à ce niveau. Malgré les multiples explications sur place, personne n’a évoqué les délais (tantôt 4 ans, tantôt plus), surtout que, également, aucun bureau de contrôle technique n’a été présenté. Il n’en existerait d’ailleurs pas ! Tout ça aussi c'est de l'inédit depuis l'accession de notre pays à la souveraineté.
Alexis Kalambry

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BARRAGE DE TAOUSSA
Socle de l'essor du Nord
En donnant le coup d’envoi des travaux d’aménagement du barrage de Taoussa, le président de la République a suscité l’espoir et réalisé un rêve vieux de 50 ans des populations du Nord et du Mali entier.
" Le bassin du fleuve du Niger, avec ses potentialités d’irrigation et le fonctionnement des écosystèmes constitue un enjeu majeur pour le développement socio-économique de notre pays en général et de la boucle du Niger en particulier ; la lutte contre sa désertification est une question de survie pour le Mali à la fois sur le plan écologique et économique". Cette assertion du ministre de l’Energie et de l’Eau Mamadou Diarra en dit long sur l’importance que les plus hautes autorités accordent à la réalisation du projet d’aménagement du barrage de Taoussa, un projet qui, dit-on, est vital et pouvant assumer le rôle similaire du Nil pour l'Egypte.
Le président de la République accompagné d’une dizaine de ministres, des autorités administratives et politiques des régions nord a, en présence d’une population particulièrement réjouie, procédé le samedi 6 février 2010 à la pose de la première pierre du barrage que certains considèrent comme un outil de développement agro-sylvo-pastoral.
Considérant la cérémonie de lancement du projet de réalisation du barrage de Taoussa comme la fin d’une aventure d’un demi-siècle d’attente, le ministre de l’Energie et de l’Eau a souligné les caractéristiques et l’impact positif que le barrage pourrait avoir sur l’économie du Nord et du pays tout entier.
D’abord il a tenu à rappeler que le choix du projet entre dans le cadre d’une vision de développement de nos régions septentrionales autour, dit-il, d’un projet structurant basé sur la maîtrise de l’eau.
D’un coût de réalisation de 130 milliards de F CFA, outre le doublement des terres à mettre à la disposition de chaque famille, les aménagements de Taoussa, selon Mamadou Diarra, vont absorber la quasi-totalité de la main d’œuvre locale et assumer l’autosuffisance alimentaire de la zone.
" La production fourragère, accompagnée des mesures prophylactiques adéquates, permettra une croissance de 3 % par an du troupeau et un doublement des exportations", a assuré M. Diarra tout en révélant que la production de poissons progresserait du coup de plus 60 % et sa part de commercialisation passera, d’après lui, de 4000 à 7800 tonnes par an.
Hymne à la paix
Sur le plan énergétique, la centrale du barrage fournira toujours selon le ministre 118 GW par an, avec une puissance installée de 25 MW. Et au directeur du projet d’aménagement de Taoussa Karim Dembélé d’ajouter qu’en aval, le barrage permettra le maintien d’un débit minimal garanti de 75 m3 par seconde jusqu’à la frontière ainsi qu’une régularisation des crues.
Le président de la République tout comme le président du Groupe de la Banque islamique de développement (Bid), Ahmed Mohamed Ali, ont orienté leurs interventions sur la nécessité de réaliser des projets d’envergure permettant le maintien de la paix et de la sécurité dans les régions du Nord.
" L’évènement que nous vivons est d’abord un hymne à la paix, cette paix que nous tenons à maintenir à tout prix partout au Mali et singulièrement, dans les régions du nord de notre pays", a plaidé ATT qui pense que la paix devient une simple profession de foi lorsqu’elle n’est "adossée" à un processus de développement pouvant atténuer les facteurs de conflits et offrir de réelles perspectives aux communautés.
Il faut noter qu’en plus des autorités maliennes et la Bid, chef de fil des bailleurs de fonds, plusieurs autres partenaires financiers qui ont contribué au financement du projet croient au caractère vital de l’aménagement de Taoussa. Il s’agit des Fonds saoudiens de développement et koweïtien pour le développement économique arabe, la Banque ouest-africaine de développement(Boad), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le Fonds de l’Opep, la Banque d’investissement et de développement (BIDC) de la BCEAO.
Aussi, faut-il signaler l’intérêt manifesté par le Fonds d’Abu Dhabi, la Banque mondiale, la China Eximbank et la Banque import-export de la Chine.
Amadou Waïgalo


Le Mali, un géant de l’hydroélectrique
Après Félou et avec le 5e barrage de Taoussa dont les travaux viennent d’être lancés par le chef de l’Etat, le Mali se classe désormais au 3e rang des 15 pays de la Cédéao disposant de plus d’infrastructures hydroélectriques. La révélation a été faite par le ministre de l’Energie et de l’Eau devant une population massivement sortie et visiblement optimiste d’un véritable développement de leur localité. Il a profité de l'occasion pour annoncer que d’autres impacts non moins importants sont attendus avec l’aménagement de Taoussa. Il a fait allusion à la construction de la route Taoussa-Gao en passant par Bourem et la complémentarité Fleuve-route au niveau du port de Taoussa.
A. W.

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INSECURITE
Panique à Bamako
Les Bamakois ont peur. Les autorités ne prennent pas les moyens pour les rassurer. Jusqu’à quand les bandits feront la loi ?
Est-il exagéré de dire aujourd’hui que Bamako est la propriété privée des bandits qui sèment partout la désolation ? Peut-être oui, il y aurait une part de disproportion. Mais le constat est accablant : les Bamakois ont peur.
Toutes les causeries ne tournent qu’autour du même sujet. Mais que font donc les autorités pour mettre hors d’état de nuire ces malfrats sans foi ni loi qui volent, agressent, pillent, violent ou tuent y compris pour des peccadilles et s’en tirent souvent sans égratignures ?
Les commissariats de police et brigades de gendarmerie sont assaillis par des citoyens en colère qui en sortent généralement avec ce terrible sentiment d’impuissance. Loin de s’en remettre à Dieu, plusieurs parmi ces victimes préparent une vengeance douce qui sera amère un jour.
Au-delà de la psychose qui s’empare peu à peu des honnêtes citoyens, le véritable drame dans cette histoire de brigands jamais vécue dans notre pays depuis l’indépendance, c’est le silence des autorités. Le ministre de la Sécurité intérieure, le général Sadio Gassama, a certes fait une sortie furibonde dont des extraits ont été diffusés par Télé Bozola avec une emphase sentie. Mais le général ne s’adressait pas à la population. Il parlait à ses subordonnés, comme s’il s’agissait du lavage de linge sale familial en public.
Aujourd’hui, les Maliens ont besoin de paroles fortes, de propos idoines sortis de la bouche de ceux qui sont en charge de leur sécurité et d’actions concrètes au-delà des patrouilles qui ressemblent plus à du racket légal.
Au cours de l’ouverture de la session du Conseil économique, social et culturel, le président Bittar a clairement exposé le problème, exprimé en termes directs les préoccupations des Maliens. Le Premier ministre Modibo Sidibé à qui il tendait, peut-être involontairement, la perche, a manqué une belle occasion de parler en vrai général, chef de gouvernement et chef d’orchestre du pouvoir central.
Au contraire, il a semblé minimiser la situation en répétant des assurances qui n’assurent plus personne. Modibo Sidibé n’est sûrement pas près de voir un bandit dans son domicile ou à son bureau, mais cela ne doit pas le forcer à négliger le problème et accuser indirectement les médias et les citoyens de provoquer une tempête dans un verre d’eau.
A ce stade de peur dans la capitale d’un pays, le ministre Sadio Gassama, son homologue de la Défense Natié Pléa, le PM Modibo Sidibé doivent se responsabiliser, monter au créneau et lancer des messages puissants aux populations : l’Etat, le gouvernement du Mali, les forces armées et de sécurité sont là pour assurer votre intégrité physique et la protection de vos biens ; voici tous les moyens matériels et humains mis à votre disposition pour arriver à cet objectif. Et, ultimement, c’est le président de la République qui doit aller au front et planter le dernier clou dans le cercueil de ce genre de banditisme qui traumatisme bien de Maliens.
Nettoyer les écuries
Le silence des plus hautes autorités du pays fait le lit de toutes les rumeurs qui circulent ces temps-ci à Bamako. Pas besoin d’être au pays pour le savoir. Dès que vous parlez avec un parent au téléphone, le premier sujet après les salamalecs est le banditisme.
Tout le monde y va de son expertise. Les bandits bénéficient de protection en haut lieu ; ils sont de mèche avec certains ripoux (porteurs d’uniformes) ; ils sont systématiquement élargis dès qu’ils sont expédiés au gnouf par les procureurs ; certains juges sont tellement laxistes pour ne pas dire plus qu’ils libèrent les pires criminels dans des conditions bizarres, etc. Il faut le dire et le répéter : toutes ces rumeurs ont pour fondement le silence des responsables de la sécurité et le laisser-aller des autorités.
Bien sûr, les simples paroles ne suffisent pas. Quand un Etat affronte ce genre de criminalité, il doit sortir ses muscles et montrer ses dents. On ne peut pas faire d’omelettes sans casser d’œufs. Si certains malfrats (de vrais, avec des preuves, pas des innocents) sont envoyés ad patres au cours d’une opération de sécurisation, personne ne pleurera sur leur tombe.
C’est vrai que dans un Etat démocratique, il est difficile d’encourager les forces de sécurité à user de méthodes expéditives. Mais, même dans les démocraties les plus avancées du monde comme les Etats-Unis ou ici au Canada, il arrive que la police ou l’armée entre dans un nid avec un bulldozer pour le nettoyer. Ce sont des dommages collatéraux que personne ne peut éviter. Il y a franchement des êtres humains tellement exécrables sur cette terre que leur attribuer des droits alors qu’ils ne font que du mal tombe sous le sens.
Il faut agir, maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Les demandes de permis de port d’armes affluent dans les services compétents. Les citoyens ont une rage évidente qui leur donne envie de s’armer, légalement ou illégalement pour « canarder » le premier voleur rencontré.
Quand on sombre dans ce genre de peur-panique, ce n’est pas le "voleur" seulement qui risque sa peau. On peut en profiter pour régler de vieux comptes quand l’occasion se présente. C’est un ami originaire de Gao qui donne la meilleure opinion à ce sujet : "Si à Bamako, la capitale, l’Etat n’est pas en mesure d’endiguer une criminalité de pieds nickelés, imagine mon cher ce que nous vivons dans le Septentrion. Tu comprends pourquoi toutes les familles chez nous ont un arsenal à la maison. Les comptes se règlent à coups de kalach. Œil pour œil, dent pour dent. Je suis sûr que cela arrivera à Bamako aussi si ça continue ainsi".
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

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DEVANT LE BOULEVARD DE L'INDEPENDANCE
" Huicomabougou" s'affichera chaque matin
Pour prendre à témoin l’opinion nationale et internationale, les travailleurs de Huicoma décident dorénavant de sortir chaque matin et de prendre d’assaut le bord du goudron devant la Bourse du travail.

Plus de 400 travailleurs de Huicoma étaient hier au bord du goudron devant la Bourse du travail pour manifester leur mécontentement. Ils sont à leur deuxième sit-in à cet endroit en l'espace de deux semaines. Ces hommes et femmes ont élu domicile à la Bourse du travail depuis plus de 92 jours. Sur 7 points de revendication qu’ils ont soumis au gouvernement, seul le point sur le payement d’arriérés de salaire a été satisfait.
Ils restent déterminer à faire aboutir les 6 autres points de revendications singulièrement celui qui porte sur le retrait de l’Huicoma par l’Etat au Groupe Tomota. Après plusieurs conférences de presse et manifestations, l’Etat continue de fermer les yeux sur leurs doléances croient savoir des travailleurs de l'Huilerie cotonnière du Mali. Pour se faire entendre et se faire voir, ils ont décidé désormais de sortir chaque jour au bord du goudron. C’est ce qui explique leur sortie d’hier.
Selon Bakary Berté, le président de la commission des travailleurs de l’Huicoma, ce qui choque le plus dans cette affaire, c’est que l’Etat ne respecte pas ses engagements. Les résidents de "Huicomabougou" reprochent à l’Etat sa "duplicité".
" Lors d’un meeting, le 31 décembre, le secrétaire général de l’Union nationales des travailleurs du Mali (UNTM) nous a informé que tous les points de revendications sont satisfaits. Malheureusement, à la date d’aujourd’hui, rien n’est mis en œuvre excepté le payement des arriérés de salaire. Qui ment dans cette affaire ? L’Etat ou l’UNTM ? C’est pour cette raison que nous sommes excédés", explique Modibo Sidibé, membre de la commission.
Pour M. Sidibé, ils sont toujours pacifiques, mais, avertit-il, le jour où ça va déborder, "nul n'aura le droit de dire qu'il ne savait pas".
Sidiki Doumbia

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NIAMANA
Le laissés-pour-compte d’EDM-SA
Le bénéficiaires de parcelles à usage d’habitation à Niamana n’en finissent pas de traverser le désert, victimes des spéculateurs et… d'EDM-SA.
A Niamana, ceux qui ont bénéficié de parcelles à usage d’habitation se sont frotté les mains : tout semblait pour une fois, prévu sur le plan initial. Mais, au fur et à mesure que le temps passait, que les équipes se succédaient à la mairie, les choses se passèrent comme d’habitude.
L’espace prévu sur le plan initial pour servir de mosquée a été morcelé et vendu. Les grincements de dents n’y firent rien. Ce fut ensuite le tour de la place réservée à l’école de connaître le même sort : morcelé et vendu. Grise mine des bénéficiaires initiaux, pour la mairie, aboiement de chiens : la caravane passe !
La série se poursuit : c’est le terrain de football qui vient d’être cédé à un riche libanais, qui, semble-t-il, compte y construire une usine de gaz. Le hic, c’est qu’en face, il y a deux stations d’essence, le tout en zone d’habitation !
Cependant, après avoir avalé toutes ces couleuvres, ce qui vient de faire révolter les bénéficiaires, c’est que, depuis plus de trois ans qu’ils sont en train de courir après EDM pour avoir l’eau et l’électricité, on les fait aller et venir. "Guindo doit signer le devis", attend-on constamment à EDM. Guindo, depuis trois ans, est incapable de sortir et de signer le devis. Or, il vient de donner l’eau à l’usine de gaz qui doit s’installer.
Et, malgré ce constat, les braves populations sont priées de prendre toujours leur mal en patience, car, dit-on, "il y a des tuyaux qu’EDM doit réceptionner" pour pouvoir connecter les familles ! Deux usines, les bienheureuses, ont été branchées sans attendre.
Alexis Kalambry

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POULETS DE CHAIR ET PONDEUSES
La Sodouf s'inscrit dans la sécurité alimentaire
Quelque part, entre Bamako et Koulikoro, des Maliens ont décidé de s’investir dans l’agroalimentaire en ayant en tête l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Il faut avoir vu les résultats de la Société Doucouré et Frères (Sodouf) en matière de production de poulets de chair et d’œufs pour se convaincre qu’on est bel et bien en présence d’une entreprise citoyenne.
Samedi 6 février 2010. Il est 15 h 30 environ lorsque des véhicules à bord desquels des journalistes et membres de la direction de la Société Doucouré et Frères (Sodouf) ont pris place empruntent une bifurcation juste après le dépôt de carburant de Sanké à Moribabougou. Après quelque deux cents mètres, nous voilà sur une butte au beau milieu de l’unité de production de poulets de chair et de pondeuses.
En dehors de trois ou quatre forages, d’un poulailler que le directeur général de la Sodouf, Siriki Doucouré, appelle "les parentaux" (les reproducteurs pour faire terre-à-terre) et d’une orangeraie, rien n’indique a priori qu’on est à proximité d’une unité qui s’est inscrite dans l’atteinte de la sécurité alimentaire et qui, au train où vont les choses, devra porter loin la réputation du Mali en matière de production de poulets et de pintades de chair ; de pondeuses.
Dès que les moteurs des véhicules s’éteignent, une silhouette, plus craintive que pondérée, se met à l’accueil. Une fois les salamalecs d’usage terminés, la maîtresse des lieux, en compagnie de quelques-uns de ses 11 agents, se fait autoritaire et exige que les visiteurs, en raison des mesures drastiques d’hygiène qui sont en vigueur ici, montrent pattes blanches en chaussant des babouches immaculées spécialement conçues pour éviter tout risque de contamination.
Mme Konaté Fatoumata Diané, technicienne supérieure, diplômée de l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou, est le chef du couvoir. En l’absence du vétérinaire titulaire, parti en stage de perfectionnement aux Etats-Unis, le devoir lui incombe d’expliquer le processus de production du poussin.
Dans un décor de machines de dernière génération, elle nous parle en fait de la traçabilité, c’est-à-dire pratiquement de l’assiette du consommateur jusqu’au point de départ de la fabrication de poulets de chair et d’œufs.
" Dans cette unité, il y a plusieurs étapes. Dans une première salle, nous procédons tout d’abord au triage, à la désinfection avec du Virkon’s et au nettoyage des œufs. Les œufs cassés sont éliminés. Ensuite, il y a l’étape du stockage, qui dure de un à 10 jours. Dans les machines, nous maintenons une température de 15 à 18° et une humidité entre 70 et 80 % pour éviter que l’embryon se développe".
Au bout de la chaîne, qui comprend aussi la fumigation, huit jours d’incubation, trois d’éclosion, le triage/sexage et la vaccination, la Sodouf produit 120 000 poussins par 24 jours, explique le DG, qui précise que tout risque de maladie et principalement de grippe aviaire est écarté dans la mesure où toute la production se fait localement, pratiquement sans apport extérieur.
Vous croyiez que c’est tout. Erreur. Et puisque la propriété s’étend de part et d’autre de la route de Bamako-Koulikoro, la société n’a rien laissé au hasard. Une fois sorti de son cocon, le poussin va à l’école. "L’école des poussins", selon le directeur général, permet au poulet en puissance d’être autonome dans un poulailler. A l’école, il est créé un environnement qui suscite chez le poussin des réflexes qui lui permettent de boire et de manger à sa guise.
Dans la zone des poulaillers, qui s’étend à perte de vue, mais sous surveillance vidéo, la société a aussi installé un abattoir (les volailles sont égorgées suivant le rituel musulman), une machine pour déplumer à l’aide d'eau chaude, des frigos de grande capacité, une unité de fabrication d’aliment volaille et surtout une machine qui peut congeler à -40° en un temps record de quatre minutes, ce qui favorise une longue conservation (entre 6 mois et un an en température idéale) du poulet. Toujours est-il que le poulet de chair (de 1 à 5 kilos) se fait pratiquement à la carte en 45 jours.
Engagement patriotique
Pour le PDG Lamine Doucouré, c’est la première fois que le Groupe s’ouvre à la presse pour faire part des raisons de son engagement dans la recherche de l’autosuffisance alimentaire. "C’est en 1998 que nous avons jeté les bases de la production de poulets de chair et d’œufs, sinon quand nous achetions ce terrain en 1986, des compatriotes nous riaient au nez et préféraient construire une villa à l’Hippodrome".
A Sodouf, on se dit convaincu que l’avenir appartient à la production de poulets de chair et d’œufs, car les produits de l’élevage extensif sont non seulement rares, mais chers. Qui plus est, on risque de tout consommer très rapidement. Autant chercher dès à présent les palliatifs. "Partout dans le monde aujourd’hui, en Amérique, en Europe, en Asie, la mode est à la consommation de poulets de chair. Les produits de McDonald et de fast-food sont à base de poulets de chair. Ils sont moins chers, car le kilo coûte entre 1500 et 1700 F CFA contre 2000 F CFA, voire plus pour les poulets locaux. Nous avons décidé de tenter l’expérience au Mali", ajoute le PDG.
" Tous les pèlerins que vous voyez à La Mecque, que croyez-vous qu’ils mangent ? Ce sont les poulets de chair qui constituent la plupart des menus. Autrement, ce sont tous les poulets traditionnels de la terre qui seraient déjà passés dans les assiettes depuis belle lurette", rappelle Siriki Doucouré.
Quid des préjugés ? Une ménagère rencontrée sur le terrain note pour sa part que les poulets de chair sont aussi délicieux que les poulets de ferme traditionnelle. Partant du postulat qu’un plat de margouillat peut être plus copieux qu’un plat à base de poulet à condition que la cuisinière soit une experte, elle propose que les consommatrices une fois en présence de poulets de chair les lavent avec de l’eau salée et vinaigrée. "Après cela, elles peuvent les mariner avec de l’ail, du persil, du poivre et du céleri avant de les mijoter à l’huile. Le produit dès lors peut être consommé ou gardé dans un frigo pour servir à d’autres préparations. Une chose est sûre : il ne sent pas avec cette méthode-là", jure l’interlocutrice.
" Notre ambition est de permettre à chaque Malien de se nourrir à moindre coût. Pour le moment, nous approvisionnons Bamako, mais nous comptons nous étendre très rapidement aux autres localités du pays et pourquoi pas exporter plus tard. Nous sommes également disposés à aider chaque Malien qui veut s’insérer dans ce créneau. Déjà, nous revendons pour nos clients les produits qu’ils avaient préalablement achetés avec nous. Donc, il n’y a aucune difficulté d’écoulement", note encore le PDG sous le contrôle de son directeur général adjoint Cheick Tidiane Doucouré, et Demba Diallo, directeur commercial.
La Sodouf, qui emploie plus de 120 personnels permanents, temporaires ou journaliers, reconnaît que l’Etat lui accorde des facilités dans la réalisation de ses ambitions, notamment des exonérations pour ses machines. Elle reconnaît également que les autorités, singulièrement celles en charge de l’élevage, chaque fois qu’elles le peuvent, visitent ses installations, mais il serait surtout bon d’imposer en l’occurrence le "consommer malien" en privilégiant le label Sodouf qui peut soutenir la concurrence sur les grandes surfaces et booster l’emploi.
A. M. Thiam


" Rien ne se crée, tout se transforme"
Dans sa volonté d’affranchir son unité de poulets de chair et d’œufs de toute dépendance vis-à-vis de l’extérieur, la Sodouf dispose d’une machine de confection d’alvéoles. Sur la base du dicton qui dit que "rien ne se crée, tout se transforme", elle utilise de vieux sacs de ciment et du papier de rejet des imprimeries pour confectionner ses propres alvéoles. Ce faisant, mine de rien, elle contribue à la protection de l’environnement. Cette protection de l’environnement se trouve aussi dans l’idée de transformation de la fiente de volailles en engrais réputé fertilisant par les paysans.
A. M. T.

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LUTTE CONTRE LE SIDA AU MALI
Le HCNLS fait le point
A Ségou, en marge du Festival sur le Niger, le HCNLS a présenté la situation épidémiologique du Mali en matière de Sida. Le Mali occupe une bonne place dans ce combat du siècle avec 1,3 % de taux de prévalence.
Partout où il y a attroupement, la question de Sida doit être évoquée afin de relayer au mieux les informations disponibles dans les services en charge de la question avec en tête le Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS).
En marge du Festival sur le Niger, le secrétariat exécutif du HCNLS a animé deux conférences sur la pandémie. C’était sur le bateau "Kankou Moussa". Pour l’occasion, de nombreux festivaliers se sont précipités pour ne pas rater un seul moment de la rencontre.
Animé par Dr. Youssouf Diallo, représentant le secrétaire exécutif du HCNLS, Dr. Ousmane Diallo, la conférence a porté sur la situation épidémiologique du Mali et la réponse du gouvernement. En 2006, la prévalence du VIH au niveau national était de 1,3 % avec 1,1 % chez les hommes et 1,5 % chez les femmes.
L’analyse comparative des résultats obtenus de l’ESDM-III (2001) et l’EDSM-IV (2006) permet, à l’en croire, de conclure à une baisse significative du taux de prévalence du VIH dans la population générale passant de 1,7 % en 2001 à 1,3 % en 2006. "Le Mali est parmi les trois pays qui ont fait des avancées dans la lutte contre le Sida".
Au niveau de la prévalence du VIH au sein des groupes à haut risque, 5 font l’objet de suivi. Selon le HCNLS, les taux de prévalence sont les plus élevés au sein de certains groupes que sont les professionnelles du sexe (35,3 %), les vendeuses ambulantes (5,9 %), les routiers (2,5 %), les coxeurs (2,2 %) et les aides familiales (2,2 %).
S'agissant du PTME, le programme ont dit les conférenciers compte plus de 100 sites de PTME fonctionnels. La prévalence du VIH observée est de 2,5 % en juin 2007. Quant à la prévalence chez les donneurs de sang, l’évolution de 1993 à 2005 fait apparaître une évolution à la hausse du taux de prévalence, passant de 1 % en 1993 à 3,8 % en 1996, phase de stabilisation avec un taux de prévalence autour de 4,8 %, laquelle est suivie d’un pic, à 6,1 % en 2001, une tendance à la baisse avec un taux passant de 4,6 % à 3,4 % en 2005. Pour l’année 2007, les données fournies par le Dr Youssouf Diallo montrent que sur 13 063 poches de sang collectées et testées, 321 ont été positives au VIH, soit une prévalence de 2,5 %.
C’est ainsi, ajoute-t-il que "le Mali a mis en place un système pertinent de surveillance épidémiologique dont les résultats ont permis de cibler les programmes appropriés de prévention et prise en charge des malades".
Pour lui, l’analyse de la situation épidémiologique montre que les derniers chiffres de surveillance/sentinelle disponibles datent de 2006 après l’EDS-IV qui a donné 1,3 comme taux de prévalence nationale.
Amadou Sidibé

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