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2010
Mois de
fevrier
Les
Echos du 09 fevrier
BACO-DJICORONI
La chair aux enchères
S’il est un vice qui gangrène notre société, c’est
bien la vente de chair humaine communément appelée prostitution.
Devenue un commerce juteux pour certains par le truchement du proxénétisme,
la prostitution a plutôt contribué au foisonnement des maisons closes
maquillées en bar restaurant. Nous consacrons ce mini dossier à ce
phénomène que certains ne voient pas forcément d’un
mauvais œil. A commencer par l’Office malien de l’hôtellerie
et du tourisme chargé de réglementer l’ouverture des bars
et hôtels au Mali.
Des affiches maculées de luminaires multicolores au signal jeux de lumière,
des plaques luminescentes, des feux d’artifice partout… Attention
! Nous ne sommes pas à Las Vegas. Nous sommes à Baco-Djicoroni,
devenu ces derniers temps, le n°1 à Bamako de la dépravation.
Le quartier regorge de plus d’une trentaine de maquis, "Mango", "Bao-Bao", "Soleil
d’Afrique", "Pomme", "Paradise", "Fouta", "Fiesta
I", "Soul-train", "Nema", "Pékin", "Bar-restaurant
américain", "Fiesta II"… Bref, la liste est longue.
Nul ne peut ignorer aujourd’hui le foisonnement anarchique de ces bars-restaurants
chinois dans ce quartier résidentiel, autrefois véritable havre
de paix.
Les belles de nuit !
Les jeunes filles venues de l'intérieur du Mali employées comme
servantes à l’ACI remplissent ces coins de joie. Ces filles, communément
appelées "52", font les travaux ménagers la journée
afin de se chercher une couverture sociale.
Mais, une fois la nuit tombée, certaines s’étouffent dans
des "bodies" qui mettent à nu leurs cambrures de rêve
et la générosité de leur poitrine. D’autres se plaquent
sérieusement dans leur dos et ventre dehors (DVD) exhibant ainsi leur
potentiel corporel à qui veut voir. Bref, tous les moyens sont bons pour
charmer.
En plus des employées de maison, ces cours de joie accueillent des jeunes
filles non scolarisées et autres petites vendeuses ambulantes d’arachides
et d’eau fraîche. La situation devient alarmante lorsque certains
parents s’y rendent pour chercher leurs enfants.
Le paradoxe c’est que, depuis quelque temps, un nymphomane pathologique
amène des jeunes filles pubères dans des maisons de passe pour
leur faire des attouchements, sous le regard de certains de ses complices. Depuis
lors, un certain nombre de familles ont manifesté leur mécontentement
face à ce mal qui s’installe en faisant une sortie dans les bars.
Mais ils furent très tôt maîtrisés par les forces de
l’ordre.
Ces hauts lieux de la libido ne sont pas seulement convoités par les jeunes,
mais aussi et surtout par certains vieux qui ne trouvent pas satisfaction à la
maison. Comme le témoigne ce monsieur qui a requis l’anonymat : "Quand
ta femme ne fait pas bien l’amour, tu es obligé de partir chercher
ailleurs. Et puis tout le monde sait que contracter un second mariage demande
des frais colossaux, donc on se débrouille avec les petits coins".
Vivement ces petits coins qui sont en train de maintenir maladroitement l’équilibre
de certaines familles ! Ces bars dont la majorité des habitants de Baco-Djicoroni
réclament la fermeture bénéficient de la bénédiction
d’autres personnes qui vivent dans l’ombre de la prostitution et
du proxénétisme. Ce cercle vicieux est loin de prendre fin, car
chaque pourfendeur y trouve son compte.
A chacun selon ses moyens !
En marge de la prostitution légalisée, certains jeunes, poussés
par les situations familiales (demeures exiguës (et) ou partagées
parfois entre trois, quatre personnes, voire plus) s’orientent vers ces
nids de la prostitution.
Pour d’autres, c’est le poids de la religion et de la tradition qui
justifie leur fréquentation de ces lieux. Ils y vont sous prétexte
de se cacher de leurs parents et (ou) leur entourage. Pour ces jeunes, l’arrivée
des bars chinois ne peut être qu’un acte louable. Ah vraiment thank
you China !
Cependant, la palette de choix qu’offrent ces chambres de passe chinoises
est large. Des chambres ventilées avec des lits bien bourrés à 2000
F CFA aux chambres climatisées avec parfois une douche interne plus des
matériels de toilettage adéquats respectueux des exigences de l’heure à 3000
F CFA, voire 4000 F CFA selon le coin.
Les jeunes marchandent la passe à environ 4000 F CFA, 2000 F CFA pour
la chambre et le reste des 2000 F CFA à la sirène de nuit. Mais
les boss et autres dignitaires coureurs de gazon des bas de jupon qui sont branchés à 100
volts au réseau de prostitution, eux, ne marchandent pas, ils font du
consommé à la maison. Dès qu’ils se présentent,
leurs belles de nuit s’engouffrent directement dans la voiture. Ils passent
généralement à la première heure, nous a confié une
d’entre elles, car ils ont aussi des obligations familiales.
Un marché en pleine expansion
La prostitution des jeunes filles a connu une recrudescence ces dernières
années à cause notamment de la crise. Depuis, nombre de jeunes
filles sans abri et en situation difficile joignent les deux bouts dans le plus
vieux métier. D’autre part, le climat politique austère qui
prévaut dans certains pays de la sous-région a exacerbé la
situation. Elles sont de plus en plus nombreuses, ces filles qui remplissent
les palissades de ces bars-restaurants chinois, pour y servir de belles de nuits.
Des belles filles venues directement du Fouta-Djalon déambulent à la
gare routière de Sébénikoro à la quête de partenaires.
Elles sont les victimes de certains chauffards malhonnêtes, qui, profitant
de la crise, leur promettent parfois monts et merveilles.
Une fois à Bamako, c’est le déluge, la descente aux enfers.
Les chauffards les oublient complètement, elles sont abandonnées à elles-mêmes,
elles deviennent la proie à de multiples tentations.
Les nouveaux bourgeois en sont responsables !
" Les riches propriétaires fonciers en sont pour quelque chose",
clame le jeune docteur en médecine Moussa Diarra voisin d’un bar
restaurant. Selon lui, les nouveaux bourgeois sous le soleil de l’injustice,
ces détenteurs de multiples lots à Bamako favorisent la prostitution
en construisant anarchiquement et en louant à n’importe qui. Car,
toutes ces maisons étaient destinées au départ à usage
d’habitation non pas pour servir de bars ou de chambres de passe.
En dehors des Chinois, il faut reconnaître la reconversion de nombres d’opérateurs économiques
et de businessman dans cet honteux commerce. En tout état de cause, l’empire
du mal chinois s’installe dans la quasi-totalité des quartiers :
Hamdallaye ACI, Baco-Djicoroni, Sébénikoro, Daoudabougou… a
bon dos.
Quoi qu’il en soit, l’absence de juridiction adéquate amplifie
le phénomène. "Il n’y a au Mali aucun texte qui interdit
la création de ces bars", explique Amy Kane, commissaire de police à la
brigade des mœurs. Or, tout ce qui n’est pas expressément interdit
par la loi est autorisé.
En attendant les fameuses lois, les petites cours de joie se multiplient anarchiquement
dans tous les coins et recoins de la capitale. Et les trotteuses de nuit y trouvent
leur compte. Car, maintenant, elles font la ronde entre les différents
bars restaurants, il y en a pour la première heure, pour la deuxième
heure et pour la troisième heure.
Djibrilla Maïga
Acceuil
BRUITS
SOURDS
Insécurité à Bamako, le procureur Sombé Théra
agressé : Le problème d’insécurité dans la
capitale prend de l’ampleur. Les braquages, les vols à main armée
se multiplient. A chaque jour suffit sa peine avec des cas d’enlèvements
de motos et autres braquages. A côté de ces actes crapuleux, une
autre forme d’insécurité est en train de prendre corps :
l’agression physique de citoyens. Cette pratique ne se limite pas seulement
aux citoyens lambda, mais s’étend de plus en plus à des personnalités
du pays.
Il nous est revenu que la semaine dernière dans l’ACI un parent
d’un membre du gouvernement a été agressé par des
inconnus. Dès lors, certains n’hésitent plus à lier
l’intensification des patrouilles dans la capitale à cet état
de fait. Mais curieusement encore, nous apprenons par voie de presse que c’est
le procureur de la République près du tribunal de première
instance de la Commune III qui a été agressé devant le stade
du 26 mars pendant qu’il était en sport.
Le procureur Sombé Théra est connu du public comme l'emprisonneur
des journalistes. Il dispose d’un aide de camp pour sa sécurité.
Personne ne pouvait imaginer qu'il pouvait être la cible d'agresseurs.
Au départ, l’on pensait que c’était une mise en scène
pour faire de la publicité pour le juge « anti-corruption ».
Mais l’information a été confirmée par des responsables
mêmes du ministère de la Justice. Présentement, M. Théra
serait en repos médical. Est-ce un règlement de compte ou une mise
en scène ?
Gendarmerie, des innocents présentés comme des suspects : La semaine
dernière a été riche en arrestations de la part de nos forces
de sécurité. Mais là où ça frise le ridicule
c’est la présentation à la télé d'innocentes
personnes raflées comme des bandits de grand chemin Or, il se dit que
parmi des personnes arrêtées et présentées, il y avait
des revendeurs de café que les gendarmes ont ramassé lors de leur
patrouille. La scène a suscité la colère de nombre de Maliens
qui ont compris que c’était du maquillage. Puisque la police a fait
des arrestations, la gendarmerie s’est vue obligée d’en faire
autant même avec des raflés.
En réalité, c’était du montage de la part de la gendarmerie
pour faire plaisir uniquement au ministre de tutelle. Mais le pot aux roses a été découvert
par des parents, proches et autres connaissances. Certains raflés choqués
par l’attitude de la gendarmerie auraient menacé de porter plainte
au motif que leur dignité et leur honneur ont été salis
dans une affaire de banditisme dans lequel ils ne sont pour rien. Nos forces
de sécurité connaissent mieux que quiconque les nids criminogènes.
Mais pourquoi s’acharnent-elles contre des citoyens en plein centre vielle.
Certes, les intéressés doivent être sanctionnés pour
défaut de papier mais de là à les présenter comme
des bandits, il y a un pas qu’il ne fallait pas franchir.
Toyota Diama (Mali) traîne les pieds : Le laxisme au Mali vient encore
une fois de plus d'être mis à nu avec cette histoire de rappel de
véhicules qui présentent des défaillances notamment au niveau
du système de freinage. Les véhicules concernés par l’opération
sont estimés à des millions. L’Afrique à elle seule
compte 80 000 véhicules dans le lot. Ce qui revient à dire que
les usagers mali son bien concernés. Toyota Diama/Mali censée appliquer
la même mesure se confine dans un silence parfait.
Pourtant, ce ne sont pas des véhicules en défaillance qui manquent
Mali. Pourquoi Toyota Diama ne veut pas aller dans le même sens que la
société mère ? La plupart des accidents de circulation sont
aujourd’hui imputables au système de freinage.
Postes maliennes, les travailleurs
arnaqués : La gestion actuelle faite
de la Mutuelle de l’Office national des postes (ONP) est fortement décriée
par des agents. Pour alimenter la caisse, chaque postier paye par mois 3 000
F CFA. Mais la réalité est que le postier qui va à la retraite
n’a droit qu'à 400 000 F CFA après 30 ans de service. Les
travailleurs estiment qu’il y a injustice si l'on tient compte la cotisation
mensuelle de 3000 F qui fait une petite fortune en 30 ans par rapport au montant
versé à la retraite est insignifiant. En plus de ce problème,
la Mutuelle devrait leur permettre d’accéder à des prêts.
Hélas ! Ils n’ont plus accès aux prêts mutuel aussi
bien qu’aux prêts pour les maladies. Et même quand ils en avaient
accès, le taux de remboursement est jugé trop élevé.
Malgré cette impasse, les postiers continuent d’alimenter la Mutuelle.
A quoi sert-elle alors ?
Acceuil
LYCEE
PROSPER KAMARA
50 ans déjà !
Le lycée Prosper Kamara soufflera ses 50 bougies le samedi prochain avec
un riche programme d'activité avec à la clé la présentation
de l’établissement, son historique, sa vision, ses missions etc.
50 ans dans la vie d’un établissement scolaire c’est peu.
Mais ça se fête. C’est pour marquer d’une pierre blanche
le cinquantenaire du lycée Prosper Kamara qu’il sera procédé le
samedi prochain à l’organisation d’une série d’activités
dans les locaux de l’établissement. Et le menu de la célébration
de ce cinquantenaire est plus copieux. Elle sera marquée par la visite
guidée des lieux à la présentation/négociation du
programme d’activités en passant par la présentation de l’établissement,
son historique, sa vision, ses missions et des témoignages d’anciens
et des associations de parents d’élèves.
L’organisation du cinquantenaire du lycée Prosper Kamara vise à offrir
un cadre de retrouvailles aux anciens du lycée, les sensibiliser aux problèmes
du lycée en particulier et à la problématique de l’éducation
au Mali en général, présenter le programme d’activités
de l’Amicale pour le cinquantenaire, présenter et mettre en place
un Comité technique de suivi des activités. Les autres activités
au programme ont trait à la visite des locaux de l’établissement,
des expositions photos de classe, de liste des anciens élèves par
cycle fondamental et aussi par cycle secondaire. L’évènement
sportif qui bouclera la boucle mettra aux prises jeunes et vieux.
Conçu par l’Archevêque de Bamako (Mgr Leclerc) pour être
une des pierres angulaires que l’église désire apporter dans
l’immense effort de construction nationale, le lycée Prosper Kamara était
un établissement privé à direction ecclésiastique,
destiné aux jeunes Maliens dans le cadre de l’organisation nationale
des études au Mali. Pour mémoire, à la distribution des
prix de juin 1964, le ministre de l’Education nationale à l’époque,
Baréma Bocoum déclarait « L’œuvre du lycée
Prosper Kamara n’est pas seulement de pierre et de ciment. Elle est aussi
et surtout d’ordre intellectuel, moral et social ».
C’est après son inauguration officielle, le 6 mars 1963 par le président
Modibo Kéita que le ministre de l’Education nationale lui accorde
le titre de lycée avec mission de conduire les élèves au
lycée. A la rentrée d’octobre 1964, près de 500 élèves
se bousculent dans les mûrs du lycée manifestant ainsi la confiance
des parents et la nécessité d’aller de l’avant. Si
au départ l’établissement était soumis à la
juridiction de Monseigneur l’Archevêque de Bamako, depuis 1976, la
direction du lycée est confiée aux laïcs.
Au regard de son évolution historique, le lycée Prosper Kamara
a fait du chemin. En ouvrant ses portes en octobre 1958 à Hamdallaye,
le séminaire de Bamako devenu deux ans après « cours secondaire
Prosper Kamara », était sans toit, sans eau, sans électricité,
mais avec foi, il accueille une centaine de collégiens. De 180 élèves
en 1959, l’établissement est passé à 210 élèves
en octobre 1960. Année qui marque le début de la construction d’un
vaste Collège destiné à accueillir de nombreux jeunes. Le
rez-de-chaussée du Collège construit en mars 1961 ouvre la voie
en octobre 1962 à la récompense des efforts avec à la clé 340 élèves.
Vivement le centenaire !
Mohamed Daou
Liste
des différents proviseurs du lycée Prosper Kamara
Révérend Père Maindron Joseph 1962-1964
Révérend Père Nicoleau 1964-1969
Révérend Père Dauvergne 1969-1972
Révérend Abbé Jean-Marie Cissé 1972-1976
M.
Stanislas K.
Diarra 1976-1977
M.
Alfred Traoré 1977-1978
M.
Jean-Marie Diarra
1978-1985
M.
Joseph Moussa
Sissoko 1985-1989
M.
O. Jean-Yves
Berthé 1989-1994
M.
Jean- Martin
Togo 1994-1999
M.
Gilbert Ky 1999-2005
M.
Sylvain Fomba
de 2005 à ce jour
Acceuil
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