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2010
Mois de
janvier
Les
Echos du 04 janvier
Edito
Annus horribilus
Année pénible, que 2009, pour notre pays ! En plus de la vie chère,
de la mal gouvernance, des injustices, des problèmes d’environnement,
de santé, des spéculations foncières avec leurs lots quotidiens
de pauvres citoyens dans la rue, dépouillés ; en plus de la corruption,
en plus d’ATT, de Bittar, de Tomota, de Mme Gakou Salimata Fofana, de Sombé…
Le Mali, pauvre bourgade, sans histoire, hors de l’histoire, s’est
vu aspirer du mauvais côté, subitement. Désormais plaque
tournante de la drogue, du grand banditisme, des grandes questions d’enlèvement,
nous avons le désespoir de constater que nos autorités, comme toute
réponse, font dans l’incantation.
Que nous réserve 2010 ? Les promesses (les bonnes) de l’année
nouvelle sont nombreuses, même si, à l’évidence et
dans un premier temps, elles ne contrebalancent pas les fléaux qui nous
guettent. En effet, nous sommes riches de la vente de la Sotelma et le président
a promis : il y aura beaucoup d’investissements publics. Et qui dit chantiers,
dans l’orthodoxie économique en tout cas, dit emploi, salaire, revenu… tout
ce que demande le peuple !
2010, c’est également nos 50 ans d’indépendance : 50
ans qui sèment déjà des polémiques : 50 ans, c’est
l’âge de la sagesse pour un homme. Pour un pays, 50 ans doit être
l’âge du questionnement. 50 ans d’indépendance, où se
trouve notre Mali ? Fils du Mali, qu’avez-vous fait de cette indépendance,
50 ans durant ? Où sont les valeurs fondatrices de la République
? Travail, honnêteté, intégrité, solidarité… ?
Aujourd’hui, ses valeurs se sont diluées, liquéfiées, "négativées".
Le Mali est devenu "Tagninibougou" où l'on a de référence
que le bien mal acquis, la corruption, la mafia, la concussion, l’iniquité… La
fête du cinquantenaire doit être l’occasion de réhabiliter
les valeurs fondatrices de notre nation et l’exemple doit être donné par
les premiers responsables du pays qui, dans le meilleur des cas, sont complices
de cette dérive.
Quid de la presse ? Comme à son habitude, Jamana, la Coopérative
culturelle éditrice de Les Echos, entre autres, tiendra son rôle,
tout son rôle. Les Echos a fêté ses 20 ans et ouvert de nouveaux
chantiers de conquête et d’élargissement de l’espace
démocratique, un combat dont ni l’adversité ni les vicissitudes
du moment ne nous détourneront. "Les Echos dérangeront, mais
Les Echos ne provoqueront jamais !"
Bonne année 2010 à nos lecteurs et à tous les Maliens !
Acceuil
NOTE
ZERO
Au
ministre de la Communication (bis)
C’est bien la deuxième fois que le ministre de la Communication,
par ses actes, accepte de porter le "symbole" de la classe gouvernementale.
Elle a donc le "privilège" de rouvrir, pour l’année
du cinquantenaire, cette rubrique qui était quelque peu en veilleuse
ces derniers mois.
Nous sommes de ceux qui trouvent encore que son acte d’accusation de la
presse à l’ouverture des IIIes Journées nationales de l’information
a été disproportionné et que le tollé soulevé par
son discours méritait qu’elle fût recadrée. Si, à la
clôture, elle avait mis un bémol, sa conviction (celle de l’Etat
?) reste intacte : pour elle, il y a une bonne et mauvaise presse au Mali. Elle
l’a réitéré récemment à l’inauguration
de la nouvelle Maison de la presse.
Nul besoin de faire de la géomancie pour trouver la différence
: les brebis galeuses sont dans la presse privée, que Mme manque de qualifier
de fourre-tout qui marche sur son éthique et sa déontologie, qui
piétine l’honneur et la dignité de citoyens dans un français à faire
se tordre de douleurs post-mortem un certain… Vaugelas, grammairien et
auteur du "bon usage" de la langue de Molière.
Mme le ministre déteste les portraits. Elle exécrée sa caricature,
la Sotelma dans un plateau en équilibre sur sa tête, proposée à la
vente. Elle n’aime pas que l’on parle des manquements imputables
aux médias publics qui, à défaut de bouder l’opposition,
ne lui laissent que la portion congrue dans le traitement de l’info.
Elle pense peut-être aussi que la presse libre est mal fondée à côté d'un "PDES
qui court" à parler des crimes et délits ; de l’enseignant
qui n’attribue les bonnes notes qu’aux plus nantis des apprenants
; du médecin qui renvoie ses patients vers une clinique privée
pour leur soutirer plus d’argent, de cette justice qui dit et se dédit,
de ces corps habillés qui arnaquent des usagers, de ces maires coupables
de forfaitures, de ces agents de l’Etat qui font des prises d’intérêt
illégales sur tout, de ces commerçants spéculateurs. Ceux-ci
n’ont ni éthique ni déontologie. Mon œil !
En omettant de souligner que la "mauvaise" presse, dans tous les cas,
n’est qu’un réel reflet de la société et qu’il
est nécessaire de refaçonner le Malien avec le bon exemple à tous
les niveaux, Mme tire à terre. Mais puisque chacun a son petit mur, elle
croit plaire en accusant une "certaine presse", qu’elle ne saurait
au demeurant mener d’une baguette de fer, de toutes les plaies d’Egypte.
Dans un pays "normé", ce n’est pas un simple zéro
qu’elle prendrait, mais… la charrette.
Bayer
Acceuil
ASSOCIATION
DES MUNICIPALITES
DU MALI
Adama N. Diarra, candidat "malgré lui" à la présidence
Même si le comité exécutif de l’Adéma/PASJ a
déjà tranché en son sein la question de la candidature au
poste de président de l’Association des municipalités du
Mali (AMM), en jetant son dévolu sur Boubacar Bah dit "Bill",
maire de la Commune VI, celui-ci risque de compter parmi ses concurrents un autre
cacique du parti de l’Abeille, en la personne du directeur général
du FSN.
Adama Noumpounon Diarra, maire de la Commune rurale de Kourouma (Sikasso), membre
du comité exécutif du Parti africain pour la solidarité et
la justice (Adéma/PASJ), briguera lui aussi le fauteuil de président
de l’AMM. C'est la décision prise par les communes de la 3e région.
Ce faisant, celui qui tient en mains depuis plus d’une décennie
les destinées du Fonds de solidarité nationale (FSN, ex-ADS), est
un peu une sorte de "médecin malgré lui" qui va devoir
ignorer la directive de son parti pour prendre le parti de sa région afin
de mériter la confiance que celle-ci a placée en lui.
Dans sa profession de foi, dont une copie nous est parvenue, M. Diarra éclaire
sur son option à aller à l’encontre de la discipline du parti
: "Si je suis maire d’une commune rurale et fier de l’être,
c’est parce que je demeure convaincu que la commune est au début
et à la fin de toutes les questions majeures de notre pays. C’est
par elle que seront vaincues la pauvreté, l’insécurité,
la maladie et l’ignorance".
Et de promettre qu’élu, il va utiliser tout le potentiel de l’AMM
pour relever les défis en mettant en valeur les expériences qu’il
a accumulées en qualité de président de la Croix-Rouge malienne,
dans le domaine du développement social et de l’économie
solidaire et d’une vie de militant engagé tout court. "Je suis
prêt, avec votre accompagnement et votre bénédiction à briguer
la présidence de l’AMM, mais seulement d’une AMM au service
de la décentralisation, au service de chaque commune, forte et ouverte
sur le monde".
Pour une AMM au service de la décentralisation, Adama N. Diarra propose
le renforcement du dispositif d’accompagnement, d’échanges
et de réflexion stratégique sur la décentralisation ; la
mise en place d’un mécanisme rigoureux de suivi du processus de
transfert des compétences ; la mise en place d’un système
qui rend plus prévisible et consistant le financement du développement
local.
Une AMM au service de chaque commune nécessite, pour le candidat Diarra,
qu’il faut accorder une attention particulière à la formation
des conseillers communaux dans le domaine de l’alphabétisation pour
mieux contribuer au fonctionnement de la commune ; réactiver ou créer
des centres de ressources, véritables sources d’informations et
de connaissances pour les acteurs du développement communal et présentant
des opportunités de mise en relations des membres ; promouvoir la bonne
gouvernance des communes.
Au sujet d’une AMM ouverte sur le monde, l’enfant de Sikasso prévoit
trois mois après son élection un plan consensuel de renforcement
institutionnel de l’Association, la promotion de la coopération
entre les communes maliennes, entre celles-ci et les communes d’autres
pays. Il se propose aussi d’intéresser la diaspora, les célébrités
nationales et d’ailleurs au développement communal ; de trouver
un siège propre et un budget en progression constante grâce à une
stratégie innovante de levée de fonds, etc.
Ce sont en définitive ces ambitions pour l'AMM qui poussent le maire de
la Commune rurale de Kourouma à aller à contre-courant de son parti.
A-t-il tort ou raison ? Se surestime-t-il ? Sur toutes ces questions, le temps
se chargera de nous édifier si Dieu le veut.
A. M. Thiam
Acceuil
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