Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois de fevrier

Les Echos du 02 fevrier

 

FUSION AVORTEE AVEC LE MOUVEMENT CITOYEN
Bataille de chiffonniers à Karoual
L’échec d’une fusion avec le Mouvement citoyen a provoqué une dissension interne au sein de l’association "Karoual" où une guerre de légitimité et de récépissé bat son plein.
L’association Kaoural qui a pignon sur rue en Commune IV du district de Bamako et dans la région de Mopti où elle est sortie respectivement avec trois et un conseiller municipal, traverse un moment difficile de son histoire. Elle connaît une dissension à son sommet depuis six mois.
La crise à la tête de Kaoural remonte à août/septembre 2009 avec la suspension de son président Cheikh Hamalla Traoré. Ce dernier, qui avait remplacé Oumar Diawara parti en France, a commis la faute de "lèse-association" en engageant une fusion absorption avec le Mouvement citoyen (MC) d’Hamed Diané Séméga.
Le bureau, en assemblée générale, a dénoncé la fusion et voté la radiation de M. Traoré de son poste de président et de membre de Kaoural, conformément aux textes qui le régissent. Il a été remplacé par son vice-président, El hadj Abdou Touré. Cette démarche a été formalisée auprès des domaines de l’Etat par le dépôt des copies du procès-verbal de radiation et de nomination d’un nouveau président ainsi que l’authentification du récépissé au nom du bureau original.
Le président déchu ne s’est pas plié aux sanctions du bureau. Il a continué à militer au Cena du MC au nom de Kaoural en qualité de secrétaire aux sports en gardant par dévers lui les cachets et autres documents. Il brandit même une copie du récépissé en se disant responsable légal de Karaoul.
Cheikh Hamalla Traoré dont le combat est le retour de Karaoul à Mopti "Soudou Baba", n’a pas hésité à lui coller le nom de l’association des natifs de Mopti. Ce que dénonce le bureau, qui pense que "Karoual n’a pas une vocation régionale" parce qu’elle est représentée dans toutes les régions du Mali.
Le bureau dit ne pas refuser de fusion à condition qu’il reste avec son identité propre comme il l’a fait avec la branche du MC de Kayes. Karaoul est-elle la propriété privée de quelqu’un ? Non, répond Abdel Kader Kondo dit Clarance, secrétaire à la communication de Karaoul. "C’est quand nous avons démontré à Mangal Traoré (Ndlr, secrétaire particulier du président de la République, natif de Mopti) que Karaoul n’appartient à personne que la guerre a été ouverte contre nous".
Le bureau, qui dit regretter cette situation, pense plutôt qu’il y a une bataille de chiffonniers entre Cheikh Hamalla Traoré et son successeur, El hadj Abdou Touré. Mais sa préoccupation demeure ses activités comme la salubrité et l’assainissement, la préparation du Forum de développement de la région de Mopti, etc.
Abdrahamane Dicko

Acceuil


AMENAGEMENT DU MARCHE PRINCIPAL DE KALABANCORO
Une bombe sociale en passe d’exploser

Soumis à la délibération du conseil communal en 2005 et approuvé par le chef de village, les 4 grandes familles (Kabila), les commerçants et une importante frange de la population locale, l'aménagement du marché principal de Kalabancoro bute cependant à des difficultés. Les autorités de tutelle se doivent d’intervenir avant que ça ne tourne au vinaigre.

La tension est des plus vives entre la mairie de la Commune rurale de Kalabancoro et certains autochtones du quartier. Et pour cause la réalisation d’immeubles, boutiques et hangars du plus grand marché que l’équipe du maire Issa Bocar Ballo veut mener à bien n’est pas du goût de certaines personnes. Les opposants ne sont autres qu’une partie des 4 familles autochtones.
En revanche, l’autre partie, composée du chef de village, ses conseillers et d'autres notabilités, ne voit pas d’inconvénient à cet aménagement. Les opposants se sont organisés en groupes de jeunes, femmes et vieux et veillent au grain. Ils exigent la révision du schéma actuel en prenant en compte leurs préoccupations alors que la mairie et le chef de village sont déterminés à ce que le marché se modernise.
Les faits. En 2005, le conseil communal, présidé par Ibrahim Bamba délibère et approuve le projet d’aménagement du marché principal du quartier. Il s’agit, pour la mairie, d’aménager le marché et aux bénéficiaires de s’atteler à sa construction.
Aussitôt voté le projet d’aménagement qui a force de loi dans la commune est l’objet d’une rencontre entre les notabilités, le chef du village et les quatre grandes familles appelées "Kabila", qui, dans un premier temps, avaient donné leur quitus. Plus rien ne s’opposait. La seule difficulté alors a été la présence de tas d’ordures au marché. Ce travail de collecte est revenu à la nouvelle équipe dirigée par Issa Bocar Ballo (Cnid), devenu maire à l’issue d’une alliance.
Pour M. Ballo, son élection comme maire et la nomination du nouveau chef de village en lieu et place de son frère décédé restent en travers de la gorge des opposants. Ces derniers voulaient tout contrôler : avoir le poste de chef de village et en même temps faire élire un de leurs fils, conseillers municipal RPM, aux fonctions de maire.
Ayant perdu de tous les côtés, les opposants, aux dires du maire Ballo, n’ont trouvé d'autre moyen que de se comporter ainsi. "C’est ce qui explique en partie le retournement de veste de certains autochtones". A cela s’ajoute, affirme M. Ballo, la non-réélection d’ex-conseillers municipaux aux dernières élections qui "ont juré de saboter les actions du maire actuel". Et d’ajouter "qu’ayant pris cette défaite comme une arête, le chef de file des opposants, un des autochtones, mécontent et d’anciens conseillers se sont mis à faire révolter leurs proches à ne pas accepter l’aménagement du site".

Le dialogue reste ouvert
Pour le maire, ceux qui s’opposent à l’aménagement du marché n’ont pas d’arguments et ne sont qu’une infime partie des autochtones, "sinon une bonne frange des notabilités y compris le chef de village, ses conseillers sont partants pour que l’aménagement ait lieu". La répartition des places réservées a été faite dans les règles de l’art.
" Tous les occupants, les ayants droits qui ont été recensés ont chacun reçu leur part dans le plan d’aménagement. Même beaucoup d'opposants ont reçu leur part de hangars, boutiques et immeubles". A l’en croire, des délégués des 4 grandes familles ont eux aussi leurs parts. En tout cas, le maire Ballo affirme que la porte du dialogue est toujours ouverte pour l'heureux dénouement de l’affaire. "Mais, toutes nos tentatives jusque-là ont été vaines".
Le 25 janvier dernier, était la date donnée aux occupants de quitter le marché et de se réinstaller sur le site de la Maison des jeunes ce, en attendant que les techniciens finissent le travail de bornage. Mais contre toute attente, plusieurs jeunes se sont mobilisés et ont intimidé ceux qui se hasarderont à s’installer sur le site.
Du côté des "opposants", on ne veut pas entendre d’aménagement du marché. Ou tout au moins dans sa forme actuelle. Pour Lacine Dramane Traoré, conseiller municipal RPM, membre du groupe des opposants et fils de leur chef de file, le maire, à sa prise de fonction, devait informer les conseillers du projet. "Il ne l’a pas fait et s’est refusé à tout commentaire, arguant que les bénéficiaires vont rentrer en possession de leurs convocations".
Pour M. Traoré, le maire Ballo a rayé les noms de tous ceux qui étaient sur la première liste. "Avec certains, notamment l’association des commerçants, il a fait un second recensement à sa guise où la moitié des vrais occupants ne figurent". Selon notre interlocuteur, malgré leurs protestations, le maire n’a pas voulu les écouter et n'en fait qu'à sa tête. "Il a mis en exécution ce qui lui tient à cœur : la vente des bulletins à de faux commerçants avant même que les premiers bénéficiaires n’aient leurs parts. C’est ce qui a mis le feu à la poudre".
Le groupe des opposants demande au maire de surseoir à l’aménagement du marché jusqu’à ce qu’un bailleur de fonds soit trouvé et qui puisse s’occuper de tous les travaux d’aménagement et de construction. Les autorités de tutelle doivent s'imprégner du problème et envisager les mesures qui s'imposent avant un possible déraillement.
Amadou Sidibé

[haut]

Acceuil


BRUITS SOURDS
Douanes maliennes : on donne le sang qu'on suce
Il est certes bon de donner son sang en vue de sauver son prochain. Mais il serait plutôt vital de lui laisser son sang en se gardant de le sucer. Et pourtant, c’est ce paradoxe qui prévaut aujourd'hui à la douane malienne, dont le personnel vient récemment de faire don de sang au Centre national de transfusion sanguine (CNTS). On pouvait a priori applaudir des deux mains.
Or, dans le même temps, des usagers se plaignent de vampirisme des douaniers. Ainsi, il nous est revenu qu’au Guichet unique, censé accélérer la procédure, le dédouanement d’un véhicule, qui coûte 800 000 F CFA nécessite aussi le paiement d'une rallonge de 100 000 F CFA, appelée "TS". En cas de refus de l'usager de se soumettre à cette "exigence", on lui colle d'emblée un montant de 1,5 million de F CFA pour la même marchandise. Aujourd’hui, pour sortir un container de 40 pieds aussi, les usagers dépensent plus d’un million de F CFA dans le bakchich. La situation est connue de tous et il est temps d’y mettre fin. Ce serait le meilleur don de sang au peuple.

Départements ministériels : des DAF en difficulté
Les indicateurs de certains ministères de la République sont au rouge suite à la crise de trésorerie qui n’en finit pas. C’est le cas aujourd’hui du ministère de la Défense et des Anciens combattants et celui du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales. Des indiscrétions rapportent que le paiement des factures relève de la croix et la bannière dans ces départements. Au ministère de la Défense, l’on apprend que des factures impayées s’entassent. Plus de 40 millions de F CFA pour un seul fournisseur traînerait depuis de longue date. Idem au ministère de l’Education où des fournisseurs courent aussi après leurs fonds.
A l’origine de cette difficulté dans le règlement des factures, la crise de trésorerie. Pourtant, des assurances avaient été données par les hautes autorités après que le président du Parena Tiébilé Dramé eut évoqué une tension de trésorerie.

Finances publiques : le budget d’Etat pas ouvert
Le vote de la loi des finances 2010 par les élus de la nation avait failli être boycotté lors de la session budgétaire d’octobre en raison de l’absence des traces des 180 milliards de F CFA issus de la cession de la Sotelma dans le projet de loi. Cependant, les meubles ont été sauvés avec l’adoption en fin de compte de la Loi des finances 2010. Nonobstant ce vote qui arrête les recettes et les dépenses de l’Etat pour une année civile, il se trouve que le budget 2010 n’est pas encore ouvert. Voilà qui explique en grande partie la léthargie dans les départements ministériels et autres administrations d’Etat.
Présentement, ils sont tous dans l’attente de fonds pour redémarrer véritablement leurs activités.

ATT en gros plan sur la revue du cinquantenaire : un sujet à débat
Le fait qu’ATT ait été mis au premier plan sur la revue du cinquantenaire est diversement apprécié dans l’opinion. Pour beaucoup, cela ne devait pas arriver d’autant plus qu’il n’est pas le fondateur du Mali et qu’il a des prédécesseurs. Pour toutes ces raisons d’aucuns ont estimé qu’il ne devrait pas être en pôle position par rapport à ses devanciers. Le sujet est revenu encore sur le tapis. L’Assep, qui est l’initiatrice de la revue, a reconnu le fait qu’ATT apparaît en grand format sur la revue. Selon elle, la question a fait l’objet de deux jours de débats intenses. Les explications que l’Association s’est évertuée à donner tiennent au fait que c’est ATT qui organise le cinquantenaire et qu’aussi les partenaires et les sponsors de l’Assep sont les sociétés d’Etat et les départements ministériels.
Toujours est-il que la photo du prince du jour en grand format sur la revue du cinquantenaire, a créé dans les esprits un sentiment de frustration.

[haut]

Acceuil


GROSSESSES NON DESIREES
La hantise en milieu scolaire sikassois
Elles sont très nombreuses les jeunes filles élèves victimes de grossesses non désirées. Elles ont parfois sous les frissons dans cette situation qui les conduit souvent aux avortements clandestins. Que faire quand cette couche de la population est ainsi exposée ?
Lorsqu’on parle de grossesse non désirée, ce sont les adolescentes qui sont les premières concernées. Ce sont elles qui portent la grossesse, supportent ses caprices et décident de la garder ou non. Sous nos cieux, la jeunesse est livrée à certains maux comme le manque d’éducation, les facilités et le plus souvent dans le milieu scolaire aux pressions sociales et scolaires (l’obtention de bonnes notes et le "coup de piston" aux examens), un cocktail de dangers qui leur ouvre la voie à toutes les surprises désagréables.
La pauvreté, le manque d’éducation, le gain facile, et l’ignorance sont les vecteurs de cette désolante situation. Le phénomène est constaté chez les jeunes du 2e cycle de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire à Sikasso. Lorsque l’on demande aux jeunes la raison de ce laisser-aller, leur réponse est simple : elles n’ont pas le choix et se livrent au premier venu "pourvu qu’il ait de l’argent pour améliorer leurs conditions de vie et d’études".
On comprend dès lors toute la complexité de la situation. Une élève venue d’un village lointain et inscrit dans un lycée privé est convaincue que dans ce monde, "il n’y a plus rien sans rien". Et d’ajouter, le visage entre les deux mains : "Je ne le fais pas parce que je veux, mais pour survivre et préparer mon avenir. Mes parents ne peuvent pas subvenir à mes besoins ici à Sikasso où je suis logée dans de mauvaises conditions". Mais quel avenir avec un tel fardeau d’incertitudes, d’angoisses, surtout quand survient une grossesse, et qu’un enfant naît dans ces "bras vides", tirant ainsi l’échelle des soucis ?
Le phénomène des grossesses non désirées est beaucoup plus fréquent en milieu scolaire. C’est la misère et la désolation qui freinent le plus souvent les études de la seule scolarisée issue d’une famille en milieu rural. Lorsque des encadreurs se mêlent à la danse pour brouiller l’avenir de leurs élèves, c’est l’insulte au métier. Le hic, c’est que le harcèlement ne vient pas seulement des enseignants, des filles harcèlent aussi leurs professeurs dont les plus faibles finissent par accepter. On se demande aujourd’hui où sont passées les campagnes de sensibilisation sur les méthodes contraceptives ?
L’histoire de tous les cas pose le problème des rapports non protégés, les relations sans protection exposent les partenaires à certaines maladies, dont le VIH/Sida. Les jeunes filles, de nos jours, n’ont plus peur des rapports non protégés. Pour certaines, le seul objectif, c’est de mener la vie facile si elles tombent malades, c’est l’œuvre de Dieu.
Puis, ce sont des avortements à n’en pas finir, des abandons d’enfants devant des églises et mosquées, dans des poubelles. Chacun doit prendre sa responsabilité pour arrêter la progression du phénomène à Sikasso. Les jeunes doivent être éduqués dans ce sens par leurs parents. Ces derniers démissionnent parfois, puisque eux-mêmes ne sont pas des exemples à suivre, ces genres de comportements amènent certaines filles (qui ne savent où aller) à se suicider ou à avorter. Or, les avortements installent des séquelles irréparables, des conséquences physiques et psychologiques très importantes.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

[haut]

Acceuil


CHASSE AUX VEHICULES NON DEDOUANES
Des parkings dans la mire du guichet unique
Le Guichet unique a ouvert la chasse aux véhicules non dédouanés et frauduleusement entrés sur le territoire national et garés dans des parkings à travers la capitale.
Depuis la semaine dernière, le Guichet unique de dédouanement des véhicules a lancé une opération de ratissage dans des parkings de vente de véhicules d’occasion dans le district de Bamako.
Jeudi et vendredi derniers, les agents du Guichet unique, appuyés par des éléments du Groupement mobile de sécurité (GMS), ont procédé à des saisies. Ce sont 37 véhicules de différentes marques et de grosses cylindrées qui ont été appréhendées le premier jour et 17 autres le deuxième jour.
Tout est partie d’une information filée aux chefs de bureau et de brigade du Guichet unique, les inspecteurs Sanogo et Issoufi Daga. Selon leurs informateurs, des parkings de la capitale regorgent de véhicules entrés frauduleusement dans notre pays.
Dans la pratique et selon la réglementation douanière, un parking doit procéder au dédouanement préalable des véhicules. Seuls les concessionnaires sont autorisés à parquer leurs véhicules sans frais payés à la douane, mais en veillant à l’acquittement des droits et taxes par le client avant la mise à la consommation de l’engin.
Selon l’inspecteur Daga, chef de brigade du Guichet, certains usagers font une utilisation abusive du laissez-passer en important des véhicules étrangers avec la plaque minéralogique de la Guinée ou du Sénégal. L’engin se perd dans la nature et n’est souvent jamais régularisé. Mais en cas de saisie qualifiée de contrebande, l’obligation est faite au propriétaire de dédouaner son engin avec des pénalités au risque de le voir saisi définitivement et mis en vente aux enchères.
L’opération, qui se poursuit, vise à mettre le holà à cette nouvelle forme de contrebande de véhicules par l’utilisation abusive des laissez-passer aux détriments du Trésor public.
Abdrahamane Dicko

[haut]

Acceuil


 

NIGERIA
Le cocktail explosif
En l’absence du président de la République qui fait toujours planer le doute sur ses capacités, il n’y a plus d’Etat ni d’autorité dans ce pays qui ne peut pourtant pas se le permettre pour encore longtemps. Incertitudes et tensions sont au rendez-vous…
Depuis plus de deux mois, le géant de l’Afrique de l’Ouest, le navire Nigeria, navigue sans capitaine. Umaru Yar'Adua est hospitalisé dans une clinique de Jeddah, en Arabie saoudite. De quoi souffre-t-il exactement ? On parle de complications liées au diabète, d’hypertension, de prostate hypertrophiée ou autres maladies incurables. Il s’agit évidemment de pures spéculations parce que le cabinet de ce président austère et taciturne a choisi comme moyen de communication, le silence.
Motus et bouche cousue sur l’état de santé du chef de la première puissance économique et militaire de notre sous-région. Las, le Sénat du pays a décidé de forcer le destin en désignant le vice-président Goodluck Jonathan, président intérimaire jusqu’à la clarification des doutes sur les capacités physiques et mentales de Yar’Adua. Le gouvernement et la majorité présidentielle au Parlement ont vite rejeté la motion.
Le cirque autour de la santé d’Umaru Yar’Adua aurait pu amuser encore la galerie s’il n’est pas, hélas, révélateur d’une inconséquence et d’une légèreté criminelles. Un territoire comme le Nigeria, pour ce qu’il représente en termes de leadership et de stabilité pour la sous-région n’a pas le droit d’errer. Ce pays a besoin d’un président apte à le diriger, d’un chef charismatique au leadership éprouvé pour peser sur le cours des événements en Afrique de l’Ouest. La crise institutionnelle qui y prend place risque de saper les fondements de la démocratie restaurée en 1999 avec l’élection d’Obasanjo.
Le danger qui pèse aujourd’hui sur le Nigeria est assez grave et appelle une réponse immédiate d’un chef de l’exécutif disposant de tous les moyens d’action de l’Etat. Dans le Sud pétrolier, les mouvements rebelles menacent de reprendre les armes afin d’obtenir leur part du gâteau ; le Nord est sous la bourrasque de groupes radicaux qui revendiquent un islam extrême et l’imposition de la sharia.
Certains ne cachent même plus leur sympathie pour Al Qaeda et son chef Ben Laden. A Jos, les affrontements entre musulmans et chrétiens ont fait des centaines de morts. Personne ne peut se fier aux assurances du général Danbazzau, chef d’état-major des armées qui répète que l’armée restera en dehors du jeu politique et ne sera pas tentée de reprendre les rênes du pouvoir.
Dans une de ses plus célèbres conférences sur l’avenir de son pays, Ben Okri, écrivain nigérian et lauréat du prestigieux Booker Prize, disait à Londres : "Chaque fois que le pays est frappé par un vent d’espoir, il est balayé par un autre de désespoir. Même si les militaires ont sauvé le Nigeria de l’implosion pendant la guerre civile, ils ont ensuite déshonoré le pays".
Il n’est de l’intérêt de personne que l’irresponsabilité actuelle dans la gestion du dossier Yar’Adua conduise cette nation agitée au bord du précipice. La nomination forcée du vice-président Goodluck Jonathan que tentent certains politiciens irresponsables doit être écartée et vite. Car, il y a une règle non-écrite dans ce pays qui veut que les politiciens des deux différentes confessions se succèdent au sommet de l’Etat.
Après Obasanjo qui est chrétien, les musulmans tiennent à leur représentant jusqu’à 2011. Certes, l’on ne peut exiger que le destin d’une nation dépende de la Bible ou du Coran, mais s’il s’agit du prix à payer, autant s’en accommoder.
Du côté des chefs d’Etat des pays de la Cédéao, c’est le silence complet. Aucun président n’a proposé une médiation pour calmer les esprits en attendant des informations fiables pouvant donner une idée exacte de la suite des événements. Et il ne faut pas attendre un sursaut patriotique des politiciens nigérians plus préoccupés par leur guerre de positionnement que par le bien-être de la nation. Il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

[haut]

Acceuil


 
CAN "ANGOLA-2010"
L’Egypte s’est imposée, mais le Ghana a été plus séduisant
La 27e phase finale de la coupe d’Afrique des nations (Can) a vécu. Elle s’est achevée par la victoire (1-0) des Pharaons d’Egypte sur les Black Stars du Ghana ce dimanche 31 janvier 2010 à Luanda (Angola). Ce sont les Ghanéens qui ont pourtant dominé cette finale. Mais, les Egyptiens ont été très réalistes.
Malgré les menaces des différents groupes de rebelles cabindais (marqué par la mort de deux Togolais suite à l’agression du bus des Eperviers), l’Angola a réussi le pari de l’organisation. Tout comme les Egyptiens ont réalisé leur rêve. En effet, déjà auréolée de ses six titres continentaux, dont les deux derniers remportés consécutivement, l’Egypte voulait devenir la première équipe à remporter trois fois d’affilée la Coupe d’Afrique des nations. Un pari gagné avec ce sorcier d’Hassan Shehata qui ne cesse prouver que les pays africains ont tort de minimiser les techniciens nationaux. Irrésistible et inaccessible depuis son arrivée, l’équipe d’Egypte règne aujourd’hui sans partage sur l’Afrique.
Le Ghana s’est incliné en finale, mais il n’a pas démérité. A vrai dire, les Blacks Stars ont été sans doute la grande révélation de cette 27e phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can). Battu par la Côte d’Ivoire lors de son entrée, le Ghana est bien revenu dans la compétition. Et pourtant, personne ne voyait cette équipe aller loin sans ses stars de ces dernières années. Mais, ce pays s’est hissé dans le gotha africain en revenant à une carte qui avait toujours fait sa force : les jeunes !
Le Serbe Milovan Rajevac a été très audacieux en faisant confiance aux jeunes champions du monde des juniors. Privés des Stephen Appiah, John Mensah, Agogo, John Paintsil, Sulley Ali Muntari puis de Michaël Essien (au cours de la compétition), le Ghana a fait un brillant retour au sommet africain avec des jeunes joueurs comme Daniel Agyei, Opoku Agyemang, les frères Ayew (André et Ibrahim), Emmanuel Agyemang Badu… et, dans une moindre mesure, Asamoah Gyan.
Demain…
De l’audace ! Il en a manqué à des sélectionneurs comme Stephen Keshi du Mali. Ce dernier a préféré des stars blessées à des jeunes talents qui ont toujours fait leur preuve dans leurs clubs et dans les matches amicaux des Aigles du Mali. Malgré une demi-finale, jugée "controversée" par certains chroniqueurs, perdue contre l’Egypte (0-4), l’Algérie a séduit après un début catastrophique contre le Malawi (0-3). Avec une 4e place, les Fennecs sont entrés dans le gotha du football africain et ont prouvé qu’ils méritent leur place à la Coupe du monde.
Eliminés dès le quart de finale, les Lions indomptables et les Eléphants de la Côte d’Ivoire ont encore beaucoup déçu. Suffisants et moins constants tout au long de la compétition, Ivoiriens et Camerounais ont des soucis à se faire à moins de six mois du Mondial sud-africain. Et le pire scénario serait de vouloir se débarrasser de leurs coaches (le Français Paul Le Guen pour les Lions et le Bosniaque Vahid Halilhodzic pour les Eléphants) comme la Côte d’Ivoire est tentée de le faire aujourd’hui. A ces techniciens aussi d’être assez audacieux en apportant assez de sang neuf à ces sélections vieillissantes.
Avec sa 3e place, le Nigeria n’a pas confirmé le statut de favori que lui accordaient certains observateurs. La fusion entre jeunes loups et vieux briscards ne fonctionne pas encore à merveille. Ce qui fait que le jeu nigérian est assez décousu avec quelques moments d’éclaircis qui ont permis aux Super Eagles d’atteindre la demi-finale et de finalement occuper la 3e marche du podium.
On se souviendra aussi des sympathiques équipes du Bénin, de la Zambie, du Malawi et du Gabon qui vont sans doute faire mal dans les années à venir si elles maintiennent le cap amorcé en Angola. D’autres pays comme le Mali, la Tunisie… ont besoin de définitivement tourner la page pour redémarrer sur des bases plus solides afin de mieux se positionner pour la 28e phase finale prévue au Gabon et en Guinée Equatoriale en 2012.
Alphaly

[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org