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2011

Mois de janvier

Les Echos du 28 janvier

 

OUSMANE SY, SECRETAIRE POLITIQUE DE L’ADEMA
" L’harmonisation des mandats est pour divertir"
Pour Ousmane Sy, le secrétaire politique du comité exécutif de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ), le président de la République n’est pas dupe et enverra paître tous les apprentis sorciers de l’harmonisation des mandats qui se donnent trop de liberté sur la misère du peuple. Tout en se félicitant du bilan de santé de l’Adéma/PASJ, il indique que la classe politique malienne dans son ensemble se doit de relever très rapidement le défi de la recrédilisation de l’agir politique. L’actualité politique au crible de M. Sy.

Les Echos : Quel est l’état de santé de l’Adéma/PASJ ?

Ousmane Sy : L’Adéma/PASJ se porte de mieux en mieux. Si j’étais médecin, je dirai que sa santé s’améliore de jour en jour. Ce parti a eu un parcours difficile, mais glorieux dont on ne parle pas assez. Un an à peine après sa création en 1991, il a eu la lourde charge de la reconstruction et de la gestion de l’Etat. Tout le monde se rappelle que la situation sociopolitique dont nous avons héritée à la sortie de la Transition était plus que critique.
Pour la plupart des observateurs politiques de l’époque notre parti et le président de la République issu de ses rangs n’y arriveront pas. Les plus optimistes nous donnaient 6 mois avant un échec inévitable. Mais tous ces pronostics ont été démentis et nous avons géré dix ans et avons remis au nouveau président élu en 2002 un pays en ordre, stable et respecté en Afrique et dans le monde.
Ce résultat incontestable est bien sûr l’œuvre de toutes les Maliennes et de tous les Maliens, mais sous la direction politique de l’Adéma/PASJ et de son premier président, le camarade Alpha Oumar Konaré. La réalisation de cette mission de reconstruction du pays n’a pas été sans conséquence sur le parti qui s’est oublié. Le gros de notre savoir-faire politique et de nos compétences a été happé par les missions d’Etat au détriment du parti, qui en a souffert du point de vue de son organisation et de son fonctionnement.
Mais malgré toutes les difficultés internes que nous avons connues, nous demeurons aujourd’hui encore le parti le plus présent dans le pays profond et sur tout le territoire national et à toutes les élections depuis 1992, les Maliennes et les Maliens nous ont majoritairement donné leurs suffrages.
Aujourd’hui, dans l’Adéma/PASJ, les structures fonctionnent de mieux en mieux, les instances du parti et des organisations affiliées de femmes et de jeunes se tiennent sans déchirements, la discipline se réinstaure et la cohésion revient progressivement. Cependant, ce bilan de santé, dont nous sommes fières ne doit pas nous faire oublier que, comme tous les partis politiques du pays, nous avons le défi de la recrédibilisation de l’agir politique à relever, car à la présidentielle de 2002, les électeurs maliens ont préféré un candidat indépendant à ceux des partis politiques.

Les Echos : Qu’est-ce qui explique le report du dépôt des candidatures à la présidentielle de 2011 ?
O. S : Comme expliqué, dans le communique publié par le camarade Cheick Mohamed Thiam, secrétaire chargé de la communication du comité exécutif, ce report est dû à des difficultés de gestion technique et non politique. Le comité exécutif avait discuté de la question au cours d’une de ses réunions ordinaires. Après un long débat sur le chronogramme préparatoire des échéances de 2012, il a été demandé au président du parti d’annoncer un calendrier lors de sa conférence de presse. Ce qu’il a fait. Mais après le travail de la sous-commission chargée des questions de candidatures, nous nous sommes aperçu que l’annonce faite n’était pas tenable pour des raisons simplement techniques parce que la direction du parti veut faire un travail minutieux sur cette question, sur laquelle nous savons que nous sommes attendus.
Les Echos : Ce report cache-t-il une mésentente ?
O. S : Non, tout au plus le comité exécutif a fauté par précipitation, nous aurions dû attendre la fin des travaux de la sous-commission avant de demander au président de faire l’annonce du chronogramme. Il n’y a aucune mésentente aujourd’hui sur cette question ni dans les bases et ni dans la direction du parti.
Les Echos : L’Adéma/PASJ s’agite, mais rien ne prouve à ce jour que les échéances de 2012 seront respectées…

O. S : Rien ne prouve aussi qu’elles ne seront pas respectées. A l’Adéma/PASJ, nous sommes un parti républicain. L’agenda républicain stipule que les élections présidentielle et législatives devront se tenir en 2012 et nous nous préparons pour ces échéances. Ne pas le faire ce serait manquer à tous nos devoirs vis-à-vis des populations maliennes et nos militantes et militants.
Personnellement, j’ai la forte conviction que le président de la République et le gouvernement s’y préparent. Ne pas le faire aurait comme conséquence de porter une menace grave sur le pays et sa réputation. Je n’ose pas croire que quelqu’un a un intérêt à cette situation qui amènerait le chaos dans notre pays et dans la région ouest-africaine déjà en très mauvais état.

Les Echos : Le référendum est-il remis aux calendes grecques ou pensez-vous que c’est encore possible ?

O. S : L’organisation du référendum est toujours possible. Bien sûr s’il s’agit de la Constitution, l’idéal est de le faire en début de mandat qu’en fin de mandat. Donc si le président de la République le décide, le référendum est possible jusqu’au dernier jour de son mandat. Pour moi la question est moins la tenue du référendum que comment va-t-on à ce référendum, surtout il s’agit d’une modification de la Constitution. La Constitution en vigueur, malgré ses faiblesses mises en évidence par près d’une vingtaine d’années de confrontation aux réalités des faits, est le produit du débat populaire de la Conférence nationale.
Oser envisager une quelconque modification des termes de cet accord consensuel en soumettant directement à l’Assemblée nationale des propositions dont la pertinence n’a été validée par aucune concertation citoyenne relève soit d’un manque de réalisme, soit d’un dessein caché. Je rappelle enfin à ceux qui semblent l’oublier, que nous sommes dans un processus démocratique en construction. Cette situation impose un réalisme qui commande d’ajouter une dose de démocratie participative à la démocratie représentative symbolisée par nos institutions dont les légitimités ne sont encore que formelles.
Donc, je maintiens que ce serait une erreur et même une faute aux conséquences graves que de soumettre les propositions du Cari directement à l’approbation du gouvernement et du Parlement sans une consultation du corps social et politique dans tout le pays, qu’aucun référendum ne saurait remplacer.

Les Echos : Que pensez-vous du projet d’harmonisation des mandats

O. S : Comme tout le monde, j’entends de plus en plus parler d’un projet, (né dans la tête de je ne sais de qui ?), d’harmonisation de la date d’élection du président de la République, de celle des députés avec celle des conseillers communaux qui doit avoir lieu en avril 2014, sous le prétexte qu’il y a trop d’élections. Je crois que ceux qui sèment cette confusion grave dans la tête des citoyens sont soit ignorants de toute la législation républicaine, soit d’une mauvaise foi suspecte.
La durée du mandat du président de la République et celle du mandat des députés sont inscrites dans la Constitution de février 1992, respectivement dans les articles 30 et 61 et elles sont de 5 ans pas un jour de plus. La Constitution donne la possibilité au président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, donc d’écourter le mandat des députés. Un délai obligatoire lui est donné pour organiser de nouvelles élections et les députés nouvellement élus ont un nouveau mandat de 5 ans.
Tout en étant ni juriste, ni constitutionnaliste, je ne vois aucun moyen de rallonger le mandat du président de la République et des députés même s’ils le veulent, sans passer par la révision des articles 30 et 61 de la Constitution en vigueur. Donc je pense que cette rumeur sur le projet d’harmonisation des mandats que la presse relaie depuis quelques semaines ressemble à une vaste farce qui est faite pour divertir les Maliens. Les temps sont durs, il faut donner au bon peuple un os pour l’occuper. C’est le comble du cynisme et c’est méchant.

Les Echos : Et si les députés entérinaient ?

O. S : Les députés ne peuvent entériner aucune prolongation de mandats, ni le leur ni celui du président de la République, d’un seul jour sans passer par la relecture de la Constitution (les articles déjà cités). Ce qui revient au problème de la révision constitutionnelle qui doit obligatoirement passer par un référendum, donc l’aval de l’ensemble des Maliens. Aucun contournement du peuple n’est possible en ce qui concerne cette question.

Les Echos : Faut-il un autre mandat pour ATT ?

O. S : La Constitution de notre pays est claire sur cette question. Le président ATT est dans son 2e et dernier mandat. Notre processus démocratique a prévu une alternance après deux mandats de 5 cinq ans chacun. Le président Alpha Oumar Konaré a respecté cette alternance et le président ATT s’est engagé à la respecter. Je m’en tiens à cet engagement et je pense que tous les démocrates attendent à ce qu’il se tienne à cet engagement. Comme toujours et surtout dans nos pays, quant un président de la République arrive en fin de mandat, il devient un enjeu pour beaucoup de gens qui l’entreprennent pour leurs propres intérêts et non ceux du pays.
Le président actuel qui a aussi présidé la transition de 1991-1992 a bien connu ce phénomène. Je m’en souviens, à la Conférence nationale, lorsqu’il a été entrepris pour prolonger la durée de la transition, il a réagi en disant qu’il devient un enjeu et a clos très vite le débat sur la question. J’espère bien que cette fois aussi il réagira de la même façon face aux divers groupuscules qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts au détriment du ceux des populations maliennes.
Le président ATT a été un symbole pour la démocratie malienne, en respectant ses engagements, il deviendra un symbole pour le Mali et pour l’Afrique et viendra s’ajouter au président Alpha Oumar Konaré, pour la gloire de notre pays et de notre nation.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry

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FRANCE
Des jeunes volontaires pour le Mali
Aller à la rencontre des Maliens, toutes catégories et toutes conditions incluses, pour discuter avec eux du pays, de ses réalités, de ses potentialités, de son devenir afin de dégager une vision commune pour un développement socioéconomique harmonieux, voilà la noble mission que s’est donnée JVM : Jeunes volontaires pour le Mali. Un groupe constitué il y a trois ans à l’initiative de Mamadou Coulibaly, un jeune entrepreneur malien en France.
Avec environ quinze autres jeunes "dont certains n’ont pas passé un seul jour sur un banc d’école", tient à faire noter Lassana Sangaré, ingénieur diplômé de l’Université d’Amiens en biochimie, JVM fait le tour de la région parisienne pour discuter avec les Maliennes et les Maliens du pays. "Nous avons constaté un réel déficit d’information sur le Mali en dépit du fait que beaucoup de Maliens en France déclarent s’intéresser à leur pays", fait remarquer à son tour Seydou Sangaré.
L’étudiant militant pour la cause du Mali, ainsi qu’il se qualifie lui-même, renchérit : "Notre conclusion est que les réalités profondes leur échappent. Or comment pouvoir changer les choses si nous n’avons aucune prise sur les réalités ? C’est comme le paysan. Il ne peut venir à bout des mauvaises herbes qui envahissent son champ, sans les déraciner".
La métaphore est volontairement choisie, car général Coulou, comme l’appellent ses amis, travaille beaucoup avec des jeunes issus du milieu rural qui sont "ceux qui pensent le plus à leur pays mais le connaissent le moins". A ce jour, plusieurs dossiers d’études ont été lancés pour mieux cerner les questions qui préoccupent la communauté.
Un réseautage est en cours qui porte sur quatre groupes essentiels : les cadres et étudiants, les structures associatives de jeunes, celles de femmes et enfin les artistes et communicateurs traditionnels. C’est d’ailleurs dans cet objectif que nous avons appris l’existence du mouvement des Jeunes volontaires pour le Mali, qui s’attache à faire de la langue nationale ‘bamanankan’ sa principale langue de travail pour mieux véhiculer les valeurs et les idéaux qu’il entend porter.
En effet, dans "la société de l’apparence dans laquelle nous vivons", dit X. X., certaines valeurs qui ont construit le type malien comme l’amour pour son pays, le patriotisme, l’amour pour son prochain, la solidarité sont en train de disparaître laissant la place à l’égotisme. "Tout le monde se prend, vaniteusement, pour le centre de la société. L’individu a pris le dessus sur la communauté. On n’a peur de rien parce que l’impunité est généralisée", diagnostique X. X., qui avoue n’avoir jamais exercé son droit vote.
Approchant la quarantaine, se disant effaré par "l’ampleur de la corruption dans tous les secteurs de la vie", il compte bien, lors des élections générales de 2012, faire valoir sa voix. "Ce travail, nous le menons également auprès de tous les Maliens de France dont beaucoup pensent que la politique est l’affaire des seuls ‘intellectuels’, ceux qui ont été à l’école. La carte d’électeur d’un analphabète a le même poids que celle d’un diplômé bac+10", argumente-t-il.
Avec un discours qui reste encore à structurer, les JVM s’engagent résolument pour l’action politique avec comme piliers le travail, l’organisation et surtout le sérieux. Toutes valeurs incarnées par l’ancien Premier ministre sous la transition. D’ailleurs, JVM, dans la perspective des enjeux politiques prochains, s’est transformé en Comité de soutien à la candidature de Soumana Sako.
O. Diagola
(Paris)

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LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
La convention de l’ONU mise en avant
L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en collaboration avec le ministère de la Justice et le Bureau du Vérificateur général (BVG), organise un atelier de formation de trois jours ouvert le 27 janvier 2011. Il s’agira d’évaluer et de développer un plan de travail anti-corruption.
Présidé par Maharafa Traoré, ministre de la justice et garde des sceaux, l’atelier vise à instaurer une synergie d’action de lutte contre la corruption et la délinquance financière. Avec l’auto-évaluation et le développement d’un plan de travail anti-corruption comme thème, l’atelier sied avec les objectifs du Projet de développement économique et social (PDES). Selon Sidi Sosso Diarra, Vérificateur général du Mali, la lutte contre ce fléau participe de l’objectif global de développement.
Tout comme le Végal, Alexandre Schmidt, représentant de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest, a précisé que la convention de l’ONU pour la lutte contre la corruption est un meilleur outil mais nécessite d’être appliqué. Dans ses propos, M. Schmidt reconnaît que dans l’économie, la corruption encourage le gaspillage, biaise les marchés et la compétitivité et cela entraîne la chute des recettes fiscales. Selon lui, la corruption peut atteindre, voire dépasser les 10 % du produit intérieur brut (PIB) dans certains pays.
Cette convention onusienne regroupe 145 Etats. Elle vise à combattre ce fléau qui mine les économies. A la fin des travaux, l’auto-évaluation et le développement d’un plan de travail anti-corruption devront permettre de stopper la contrebande d’armes, les différents trafics de drogue et de métaux précieux dans certaines zones d’Afrique. Et surtout d’éviter le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.
Aminata A. Lah
Abdoul Aziz Koné
(stagiaire)

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ANTIM
De grandes ambitions pour 2011
Avec 400 millions de F CFA de budget en 2011, l’Agence nationale de télésanté et d’informatique médicale (Antim) compte faire mieux qu’en 2010 où le taux d’exécution du budget a été de 92 %.
Examen du procès verbal du 3e conseil d’administration, mise en œuvre des recommandations de la 3e session du CA, les rapports annuels d’activités et financier de 2010 ainsi que le projet de budget 2011 étaient les points inscrits à l’ordre du jour de la 4e session du conseil d’administration de l’Antim.
L’ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du département de la Santé, Dr. Ousmane Touré, en présence du directeur de l’Antim, Dr Ousmane Ly. M. Touré, a fait un survol des acquis de l’Antim en 2010 avant d’évoquer les perspectives.
Selon Dr. Ly, l’Agence n’a pas réalisé beaucoup d’activités à l’externe. Toutefois, avec un budget automne qui tournait autour de 250 millions de F CFA en 2010, l’Antim a installé un certain nombre d’infrastructures en son sein. "Nous avons soutenu les structures sur les activités ponctuelles et exécuté le budget 2010 au-delà de 92 %".
En 2011, dira le directeur, l’Antim nourrit de grandes ambitions avec l’exécution d’activités programmatiques quand bien même que le budget 2011 alloué est toujours insuffisant. "Nous comptons faire le maximum avec le peu de budget", affirme M. Ly.
En 2011, l’Antim va s’engager sur les chantiers d’informatisation des dossiers du patient et l’intégration du système d’information sanitaire, l’appui à la gouvernance, au renforcement de capacité et à la communication, l’utilisation des technologies mobiles pour supporter les services de santé, et le passage à la télé-médecine clinique.
De plus, 2011 est une année de haute compétition où l’Antim doit porter les couleurs du Mali, lors des prix Tiga-2011 à Addis-Abeba et BID à Bamako.
Amadou Sidibé

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AMDH
L’hommage à Me M’Bam Diarra
La disparition de Me M’Bam Diatigui Diarra est une grande perte pour l’Association malienne des droits de l’Homme et l’ensemble des militants des droits de l’Homme du Mali, de l’Afrique et du monde entier.
Avec Me Demba Diallo, Réné Degni Segui, Kapet De Bana, Ghalil Ould Hamid, Me Halidou Ouédraogo, Me Sidiki Kaba, Me Mame Bassine Niang, Aimé Nikiéma, Nicolas Tiangaye, Mabassa Fall, Fernando Gomez et bien d’autres, elle figure parmi les pionniers de l’Afrique des droits de l’Homme, ceux qui ont créé l’Union interafricaine des droits de l’Homme à Ouagadougou le 4 juillet 1992, une époque où le monde était marqué par la chute du mur de Berlin, un symbole odieux de la négation des droits de l’Homme.
Présidente d’honneur de l’AMDH, membre du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), rapporteure spéciale sur le Tchad, représentante de l’Office des droits de l’Homme des Nations unies au Burundi et en Guinée-Bissau, Médiateur de la République du Mali, Me M’Bam Diarra a été de tous les combats.
Militante infatigable des droits de l’Homme connue pour son courage, sa rigueur intellectuelle, son sens du dialogue et de la vérité, elle a toujours donné la preuve de son attachement indéfectible et inconditionnel aux droits humains, de son amitié et de sa profonde affection pour les militants des droits de l’Homme qu’elle a soutenus et accompagnés en tous lieux et en toutes circonstances, démontrant ainsi à la postérité ce qu’est la valeur du serment de militant.
Sa participation au 4e congrès ordinaire de l’UIDH en mars 2007 à Ouaga, sa participation au congrès extraordinaire de Bamako en juillet 2009 et sa récente participation au 5e congrès ordinaire de Ouaga en mars 2010 en témoignent suffisamment.
Nous gardons encore en mémoire la contribution financière qu’elle a faite à l’UIDH afin de lui permettre d’assister aux obsèques de notre camarade feu Floribert Chebeya, assassiné au mois de juin 2010 en RDC. Pour confirmer son vrai militantisme, Me M’Bam venait de renouveler sa carte de membre le 5 janvier 2011 avant de nous quitter quelques jours plus tard.
L’AMDH adresse ses condoléances les plus attristées à sa famille durement éplorée et remercie le peuple malien et tous les partenaires pour le grand hommage digne d’une vaillante fille de la nation et d’une militante de son rang qu’ils ont bien voulu lui rendre.
Que le Tout-Puissant lui accorde sa grâce et sa miséricorde en l’accueillant dans son paradis éternel. Amen !
Bamako, le 25 janvier 2011
Le président
Me Brahima Koné

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DOSSIER
SANTE AU MALI
Un plateau technique peu équipé
La plupart des centres de santé et hôpitaux souffrent d’un dénuement total en matériel et d’un manque de formation cruciale. En dépit des efforts consentis par l’Etat et les partenaires financiers, le plateau technique sanitaire a besoin d’être secouru.
Le Mali affiche des résultats peu encourageants dans le domaine de la santé selon les statistiques sanitaires 2010 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le pays d’ATT est encore loin des normes préconisées par l’OMS en matière d’infrastructures et de personnel de santé. Au Mali, le ratio est d’un médecin pour 16 000 habitants au Mali alors que le standard fixé par l’OMS est de un médecin pour 650 habitants. Pour ce qui est du personnel infirmier et des sages-femmes, leur nombre également est de loin insuffisant.
La situation est davantage alarmante en dentisterie, en anesthésie. En un mot, elle n’est pas du tout reluisante. Ce tableau sombre rappelle le nécessaire besoin en termes de formation et de dotation. En effet, le principal problème des hôpitaux est la formation post-grade et le nombre de médecins recrutés par année par l’Etat. Selon un médecin, la part des spécialisations dans les structures sanitaires est en deçà des attentes.
En effet, très peu de jeunes médecins sortants de la FMPOS peuvent accéder à la spécialisation au Mali. Le Mali a besoin, souligne-t-il, de densifier le nombre de médecins spécialisés disponibles. "Ceci n’est possible qu’en engageant suffisamment de jeunes médecins sortants de la Faculté de médecine". Par manque de moyens, L’Etat n’engage que quelques jeunes médecins généralistes.
Outre le problème de spécialisation, celui de la dotation des hôpitaux et centres de références en matériels adéquats pose problèmes. Le manque de matériel adéquat (lecteurs de glycémie, bandelettes de contrôle, réactifs de laboratoire…) rend les diagnostiques tardifs et le suivi des patients aléatoire.
" C’est pourquoi les autorités doivent penser à doter en matériels de dernière génération les hôpitaux". Face à ces difficultés, des médecins font valoir leurs compétences dans les structures privées dont certaines sont mieux équipées que les hôpitaux publics. Quant aux malades, les plus nantis se transportent dans les pays magrébins et européens pour se soigner.
Autre difficulté, c’est la consultation pré-anesthésie qui pose problème dans notre pays. Selon Dr. Camara, médecin dans une clinique, "au Mali, il y a très peu de médecins anesthésistes". La consultation pré-anesthésiste est une consultation faite par un médecin anesthésiste afin d’examiner le malade avant l’intervention chirurgicale. Il s’agit de donner le maximum de chances au malade de supporter l’intervention.
Quid de l’anesthésie ?
Cette consultation qui consiste d’abord à déterminer l’identité du patient permet d’identifier des personnes qui ont des pathologies différentes. La consultation pré-anesthésique permet de connaître les antécédents d’un malade. Pour Dr. Camara, il n’y a pas de petites anesthésies. "Toute anesthésie comporte un risque, mais certains médecins peuvent le minimiser avec la consultation". En effet, de plus en plus, ce risque pris par des médecins fait l’objet de polémique par les accompagnants des patients.
Dans certains hôpitaux et centres de santé, il est a déploré que des patients transportés en urgence soient soumis à des traitements sans consultation pré anesthésique.
Dr. Camara affirme que la réussite d’une intervention chirurgicale dépend indéniablement d’une bonne anesthésie. La chirurgie étant une agression pour l’organisme, l’anesthésie permet de neutraliser la douleur générée par cet acte médical. L’organisme nécessite donc une certaine quiétude pour le malade. Cette quiétude ne peut venir que de l’anesthésie.
Aussi dénonce-t-il le nombre insuffisant de médecins anesthésistes au Mali.
Dans la sous-région, souligne notre interlocuteur, le Mali a un nombre d’anesthésistes limité. Et de demander aux autorités l’introduction de la filière anesthésie à la FMPOS. Les professeurs anesthésistes au Mali sont aidés dans leurs tâches quotidiennes par des infirmiers spécialisés en anesthésie-réanimation et diplômés de l’Institut de santé. Toutefois, affirme-t-il, l’espoir est permis. Certains médecins sont en train d’accroître la spécialisation dans le domaine.
Nonobstant les difficultés, l’Etat et les partenaires sont en train de faire leur possible pour l’amélioration des conditions de santé avec la construction des structures.
Amadou Sidibé

SANTE AU MALI
Le mal vivre des populations
L’insuffisance des ressources humaines et le manque d’infrastructures adéquates font que le système sanitaire malien dans son ensemble ne peut satisfaire aux besoins de la population.
Selon les statistiques publiées en 2009 par Médecins du Monde, c'est Cuba, avec 1 médecin pour 170 habitants, qui a la meilleure offre médicale. En moyenne, dans les pays riches, on compte 1 médecin pour moins de 500 habitants (1 pour 300 habitants en France, 1 pour 390 habitants aux Etats-Unis).
Au Mexique, on compte 1 médecin pour 500 habitants comme au Japon. En Algérie et au Brésil, 1 médecin pour 900 habitants, 1 pour 950 habitants en Chine et 1 pour 1700 habitants en Inde. A l'autre bout de l'échelle, sur le continent africain la Tanzanie selon toujours ces données de Médecins du Monde ne compte qu'un médecin pour 50 000 habitants. Au Sénégal 1 médecin pour 16 500 habitants. Au Mali et au Niger, il faut compter 1 médecin pour 25 000 habitants.
Ces données disent assez clairement le fossé qui existe entre le Nord et le Sud en matière de santé et de développement. L’insuffisance des ressources humaines et le manque d’infrastructures adéquates font que le système sanitaire malien ne peut pas satisfaire tous les besoins de la population. Dès les premières heures de l’indépendance à nos jours, la santé, premier besoin essentiel de l’être humain, a pourtant toujours été une priorité.
L’Etat a construit des dispensaires et des hôpitaux dont la plupart sont, de nos jours, dans un état de délabrement. La politique de proximité en matière de santé, initiée sous la IIIe République et qui a consisté en la construction de centres de santé communautaire sur toute l’étendue du territoire, a permis à une plus grande partie de la population d’accéder à des soins de santé même si ceux-là, tout comme ceux prodigués dans les structures supérieures (CSRF et hôpitaux) ne sont toujours pas à hauteur de souhait.
La problématique de la santé au Mali est que ni l’Etat ni le privé, introduit dans le système sanitaire dans les années 1990, n’arrivent pas à doter le pays d’infrastructures modernes suffisantes et de ressources humaines compétentes. Alors que les écoles étatiques de formation de personnel soignant peinent à donner une bonne formation aux futurs toubibs du pays faute d’infrastructures et de matériels d’équipements, celles du privé qui avaient suscité des lueurs d’espoir leur ont emboîté le pas.
Beaucoup de gens reconnaissent que le Mali a fait énormément de progrès en matière de santé tant dans la réalisation d’infrastructures que dans la recherche surtout contre le paludisme et la méningite. "Tout n’est pas parfait, mais les soins sont les meilleurs possibles compte tenu du contexte économique".
Si l’Etat a rendu gratuits la césarienne et le traitement des enfants de moins 5 ans atteints de (toutes choses qui restent à confirmer, car dans la pratique il se passe autre chose qu’une gratuité), l’unanimité est faite que se soigner au Mali est un problème.
Denis Koné

SANTE AU MALI
Le mal vivre des populations
L’insuffisance des ressources humaines et le manque d’infrastructures adéquates font que le système sanitaire malien dans son ensemble ne peut satisfaire aux besoins de la population.
Selon les statistiques publiées en 2009 par Médecins du Monde, c'est Cuba, avec 1 médecin pour 170 habitants, qui a la meilleure offre médicale. En moyenne, dans les pays riches, on compte 1 médecin pour moins de 500 habitants (1 pour 300 habitants en France, 1 pour 390 habitants aux Etats-Unis).
Au Mexique, on compte 1 médecin pour 500 habitants comme au Japon. En Algérie et au Brésil, 1 médecin pour 900 habitants, 1 pour 950 habitants en Chine et 1 pour 1700 habitants en Inde. A l'autre bout de l'échelle, sur le continent africain la Tanzanie selon toujours ces données de Médecins du Monde ne compte qu'un médecin pour 50 000 habitants. Au Sénégal 1 médecin pour 16 500 habitants. Au Mali et au Niger, il faut compter 1 médecin pour 25 000 habitants.
Ces données disent assez clairement le fossé qui existe entre le Nord et le Sud en matière de santé et de développement. L’insuffisance des ressources humaines et le manque d’infrastructures adéquates font que le système sanitaire malien ne peut pas satisfaire tous les besoins de la population. Dès les premières heures de l’indépendance à nos jours, la santé, premier besoin essentiel de l’être humain, a pourtant toujours été une priorité.
L’Etat a construit des dispensaires et des hôpitaux dont la plupart sont, de nos jours, dans un état de délabrement. La politique de proximité en matière de santé, initiée sous la IIIe République et qui a consisté en la construction de centres de santé communautaire sur toute l’étendue du territoire, a permis à une plus grande partie de la population d’accéder à des soins de santé même si ceux-là, tout comme ceux prodigués dans les structures supérieures (CSRF et hôpitaux) ne sont toujours pas à hauteur de souhait.
La problématique de la santé au Mali est que ni l’Etat ni le privé, introduit dans le système sanitaire dans les années 1990, n’arrivent pas à doter le pays d’infrastructures modernes suffisantes et de ressources humaines compétentes. Alors que les écoles étatiques de formation de personnel soignant peinent à donner une bonne formation aux futurs toubibs du pays faute d’infrastructures et de matériels d’équipements, celles du privé qui avaient suscité des lueurs d’espoir leur ont emboîté le pas.
Beaucoup de gens reconnaissent que le Mali a fait énormément de progrès en matière de santé tant dans la réalisation d’infrastructures que dans la recherche surtout contre le paludisme et la méningite. "Tout n’est pas parfait, mais les soins sont les meilleurs possibles compte tenu du contexte économique".
Si l’Etat a rendu gratuits la césarienne et le traitement des enfants de moins 5 ans atteints de (toutes choses qui restent à confirmer, car dans la pratique il se passe autre chose qu’une gratuité), l’unanimité est faite que se soigner au Mali est un problème.
Denis KonéSEYDOU DIABATE, SOCIOLOGUE A LA FLASH
" Des maux de la société renferment les germes de maladies psychiques"
Dr. Seydou Diabaté, professeur de sociologie à la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université de Bamako voit aux problèmes de société des maladies récurrentes.
Les Echos : Quels sont les maladies dont souffrent les Maliens ?
Dr. Seydou Diabaté : En ce qui concerne le cas spécifiquement malien, je vais surtout m’appesantir sur des problèmes récurrents. Je parlerai notamment du chômage et de l’insécurité, qui constituent une source d’inquiétude. J’évoquerai d’autres maux plus tard. Le chômage est surtout consécutif au bradage de nos sociétés et entreprises d’Etat, à des facteurs liés à la mondialisation, etc.
Au-delà de tout cela, il y a peu d’opportunités d’emplois pour les jeunes qui sortent de nos universités. Ce sont les parents retraités qui continuent de prendre en charge ces jeunes avec leurs pensions. Ce phénomène, très inquiétant, a pour conséquence immédiat, l’immigration en Europe sous toutes ses formes.
Quant à l’insécurité, elle va grandissant dans les grandes villes comme Bamako et dans les régions. Il y a aussi l’insécurité alimentaire dans les villages où les paysans, faute de moyens, bradent leurs terres aux plus riches. Propriétaires, ils deviennent ouvriers et manquent de quoi subvenir à leurs besoins élémentaires. Tous ces problèmes sont sources de maladie à moyen ou long terme.
Les Echos : Comment assimilez-vous ces problèmes à des maladies ?
Dr. S. D. : Le nom maladie pris au premier degré sera trop fort. Peut-être il faudra parler de mal social sinon de maux sociaux. Je ne suis pas un psychologue, mais ces maux peuvent être à l’origine de maladies psychologiques. Je veux parler du stress, de l’anxiété, de la folie et autres.
Un chef de famille sans moyen, qui est contraint, malgré son âge, de nourrir ses enfants avec sa maigre pension se retrouvera forcément stressé. Ces gens fragiles qui appartiennent à la "lumpenprolétariat" ou des déclassés sociaux sont exposés à la drogue, à l’abus de l’alcool, qui peut être une source de maladie.
Les Echos : Ces maux, selon vous, peuvent nuire à la santé humaine ?
Dr. S. D. : Bien sûr que oui ! Chacun de ces trois problèmes ; à savoir : le chômage, la pauvreté, l’insécurité renferment les germes d’une maladie psychique qui peut se déclencher à tout moment.
Propos recueillis
Abdrahamane Dicko

MICRO TROTTOIR
Des Bamakois àpropos des aliments malpropres
En plus des accidents de la circulation, beaucoup de Maliens meurent de la consommation des aliments malsains qui sont la cause de plusieurs maladies. C’est du moins ce qui ressort de ce micro trottoir ci-dessous. Réactions.
Oumou Sinayogo (tailleur) :
" Nous ne pouvons pas vivre longtemps. En plus de la misère, nous ne mangeons que des microbes à travers des aliments impurs. Nous ne mangeons que des pains et des viandes transportés dans des mauvaises conditions, des produits dont nous ne connaissons pas les origines. Nous nous exposons chaque jour à des maladies souvent méconnues en consommant ces aliments".
Mariétou Traoré (société civile) :
" En plus des accidents de la circulation, beaucoup de Maliens meurent de la consommation des aliments malsains. Nous sommes tous malades de l’estomac, notre tension artérielle n’est pas bonne ; des maladies comme le diabète et l’obésité se sont démocratisées. Ce sont des aliments qui nous causent ces maladies".
Moussa Sanogo (pompiste) :
" Ce sont nos aliments qui nous tuent. Des produits comme le cube Maggy, l’huile frelatée, les médicaments périmés sont à l’origine de beaucoup de nos maladies aujourd’hui. Je prends exemple sur moi-même. Je n’ai que 45 ans. Déjà, je souffre de l’estomac et de l’hypertension depuis plusieurs années. Ce sont ces maladies qui tuent beaucoup de Maliens".
Aïchata Kéita (secrétaire) :
" La plupart des Maliens ont des maladies provoquées par des aliments souillés et la poussière. Nous devons changer nos habitudes sinon ça ne va pas".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

SANTE EN AFRIQUE
De nouvelles stratégies s'imposent
Famine, maladies et pauvret éen milieu rural, voilà le tableau sombre qui se dresse en Afrique. Aujourd'hui, l'Afrique souffre d'un "trio mortel" de handicaps : "insécurité alimentaire, VIH/Sida et réduction de la capacité à gouverner et à fournir des services de base".
Dermatite, asthme, rhume des foins… les maladies allergiques ne cessent d’augmenter chez les enfants africains.
Dans le monde, l'image de la famine est souvent associée à la sécheresse et, dans certains pays, à la guerre. Mais, même en l'absence de sécheresse ou de toute autre crise grave, environ 200 millions d'Africains souffrent de la faim chronique, note Jacques Diouf, directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Les raisons en sont multiples : faible productivité agricole, extrême pauvreté, ravages du VIH/Sida et marchés agricoles instables, sur le plan national comme international. Les défis restent énormes. Le VIH/Sida affaiblit fortement la main-d'oeuvre rurale des pays où les taux d'infection sont les plus élevés, réduisant encore plus la production agricole et la productivité.
Une maladie a fait des ravages considérables en Afrique au début du XXe siècle en tuant des centaines de milliers d'habitants.
Les médecins, les vétérinaires et les biologistes, à l'époque coloniale, ont découvert qu'elle était due à un parasite présent dans le sang, le trypanosome, puis les entomologistes ont compris que ce parasite était transmis par un insecte vecteur : la mouche tsé-tsé ou glossine. Il s'agissait d'une maladie parasitaire à transmission vectorielle : la maladie du sommeil ou trypanosomose.
La trypanosomiase africaine, communément appelée la maladie du sommeil, est une maladie parasitaire grave qui mène à une infection aiguë ou chronique du système nerveux central. Non traitée, elle est mortelle pour les humains. La trypanosomiase africaine est transmise aux humains par la morsure d'une mouche tsé-tsé infectée, un insecte gris brun de la taille d'une abeille.
L'OMS croit toutefois que le nombre réel de cas se situe entre 300 000 et 500 000. Dans certains villages, dans de nombreuses provinces d'Angola, de RDC et du Sud du Soudan, la morbidité prévalente de cette maladie atteint de 20 à 50 %. Dans ces régions, la maladie du sommeil est devenue la 2e plus importante cause de décès, devançant le VIH/Sida.
Les symptômes de la trypanosomiase d'Afrique de l'Ouest peuvent prendre des mois, voire des années, avant de se manifester. Ce sont notamment la fièvre, les éruptions cutanées, l'œdème autour des yeux et aux mains, la céphalée aiguë, une fatigue extrême, l'œdème des ganglions lymphatiques et les douleurs articulaires et musculaires.
On peut diagnostiquer la maladie au moyen d'épreuves sanguines et de tests du liquide céphalo-rachidien spinal. Sans traitement, la trypanosomiase africaine est toujours mortelle. Il n'y a pas de vaccin pour prévenir la trypanosomiase africaine.
Idrissa Sako
(source : Internet)

EPILOGUE
La hargne des médecins
Toutes les sociétés humaines ont été confrontées à des problèmes de santé auxquels elles ont tenté de faire face avec les moyens techniques et humains disponibles. Dans beaucoup de celles-ci les plantes dites médicinales, ajoutées à d’autres substances matérielles, furent utilisées pour combattre les pathologies.
Selon le degré de gravité de celles-ci, ces mixtures et ces décoctions ont suffi ou pas, mais cela n’empêcha pas les guérisseurs traditionnels d’améliorer leurs recettes et de continuer à soigner les malades avec ces remèdes qui ne cadraient pas toujours avec les normes scientifiques. Ces thérapies traditionnelles étaient généralement administrées à domicile, de préférence chez le praticien lui-même et non dans un centre spécialisé comme cela se fait maintenant.
La colonisation française a introduit dans nos sociétés une nouvelle manière de se soigner, celle qui est à base de produits pharmaceutiques et dans des structures spécialisées où parfois les malades seront gardés. La plupart de nos établissements hospitaliers datent donc de la période coloniale et les différents régimes politiques qui se succédèrent à la tête de ce pays ne firent que renforcer ces structures.
Dans ce domaine, la Première République fit plus que le CMLN et l’UDPM qui l’ont supplantée et on peut même dire que ces deux derniers régimes ont systématiquement détruit le pan qui a été réalisé par l’US-RDA. Durant la période militaire (1968-1991), suite à la dégradation progressive de l’état des centres de santé, le peuple se soigna plus avec les plantes médicinales qu’avec les produits pharmaceutiques que seuls les riches pouvaient s’offrir.
La baisse inexorable du pouvoir d’achat de la grande majorité du peuple fit que pendant au moins un quart de siècle (1968-1991) la médecine traditionnelle fut plus sollicitée que celle dite moderne par les populations à cause du coût exorbitant des produits pharmaceutiques. Dans le même temps, de nouvelles formes de pathologie apparurent suite à l’évolution de la société et l’aggravation des problèmes environnementaux eux-mêmes dus au changement climatique.
Les problèmes nés de la pollution de l’environnement, les changements intervenus dans les habitudes alimentaires avec une forte consommation des cubes Maggi dont on ne sait pas de quoi ils sont faits, on entraîné la naissance de nouvelles maladies généralement ignorées des jeunes médecins qui font du tâtonnement pour les diagnostiquer. Pendant que les pathologies augmentent en nombre, les centres de santé, eux, ne suivent pas et même régressent dans certaines régions.
Mais, le plus grand problème, selon plusieurs témoignages, dans ces centres de santé, y compris les hôpitaux et les centres de santé de référence, semble être l’accueil des malades, le personnel de santé donne l’impression d’être venu pour tout, sauf pour s’occuper des malades. Dans les hôpitaux et les centres de référence, on boit plus de thé que dans les rues et il semble que le service de thé fait maintenant partie du rituel sanitaire.
La qualité du service dans les urgences est si décriée que beaucoup d gens décident, pour les factures par exemple, d’aller vers les thérapeutes traditionnels plutôt que d’affronter la hargne des médecins dans les structures modernes. Le personnel féminin y est réputé pour son insouciance et a paressé tandis que les hommes sont d’une arrogance qu’on ne voit que chez les geôliers des centres pénitenciers.
Les accidentés de la circulation routière font quotidiennement les frais de cette mauvaise humeur des médecins dont beaucoup se comportent comme s’ils sont contraints de faire ce travail. Concernant ces derniers et peut être aussi de beaucoup d’autres, la règle serait le "selon que vous soyer riche ou pauvre" du fabuliste de XVIIe siècle. La chasse au pécule a conduit le personnel de santé à mettre sous le buisson le peu de déontologie appris dans les classes, y compris le fameux serment d’Hippocrate qui normalement doit être un bréviaire pour le médecin.
Les lits, jusqu’à une période récente, ne se payaient pas, mais ils le sont progressivement devenus et, au jour d’aujourd’hui, c’est comme : "désargenté, s’abstenir". Outre le rôle de plus en plus grand de l’argent dans les hôpitaux, il y a le problème de la formation du personnel sanitaire qui, selon plusieurs usagers, ne serait pas nouveau, ce qui provoque à longueur de journée des accidents mortels.
Les grands diabétiques et les hypertendus sont les victimes désignées de l’incompétence des médecins parce qu’il suffit d’une petite maladresse de l’infirmier pour qu’ils passent de vie à trépas sans que la hiérarchie dénonce une quelconque faute professionnelle grave.
Toutes ces bavures expliquent ce que certains appellent la faillite de notre système de santé dans lequel les maladies tuent certes, mais de plus en plus les médecins aussi.
Facoh Donki Diarra

 



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CYCLISME
Pas de Tour du Mali 2011
La décision a été prise par l’Union cycliste internationale (UCI), qui évoque un problème de sécurité au Mali dans son courrier en date du 21 janvier 2011, adressé à l’organisateur du Tour du Mali, Daniel Pautrat avec ampliation à la Fédération malienne de cyclisme (FMC).
" Au vu des récents événements survenus au Mali, les autorités françaises déconseillent formellement aux ressortissants français de se rendre dans le pays, car leur sécurité ne peut être garantie. Pour cette raison, nous sommes au regret de devoir annuler le déplacement de Michel Rivière, commissaire international désigné sur le Tour du Mali. En raison de la complexité de la situation, aucun autre commissaire ne pourra être assigné pour officier sur cette épreuve". Ces propos émanent de l’Union cycliste internationale (UCI).
Cette thèse réfutée par la FMC qui, pour démontrer que le circuit sera sécurisé avait prévu les étapes Bamako-Fana, puis Bamako-Bougouni, Louloni-Sikasso, Sikasso-Koumantou pour rallier Kati-Kita avant de boucler avec l’étape Siby-Bamako, le tout devant être couronné par un Critérium dans la capitale. Le hic : c’est que le bureau fédéral n’a pas été consulté au préalable dans cette prise de décision et pour la raison invoquée.
" Pour ce qui nous concerne, nous ne pensons nullement qu’il s’agisse d’une raison sécuritaire, dans la mesure où, c’est un tour qui se passe et j’avoue que le circuit est très maîtrisé. En tout état de cause, nous ne pensons pas que ce soit des raisons sécuritaires qui puissent amener à annuler l’arrivée du commissaire international pour le contrôle et la supervision du Tour", pourfend le président de la Fédération malienne de cyclisme, colonel-major de gendarmerie Yaya Ouattara.
Selon le secrétaire général de la FMC, Amadou Togola, le bureau, au cours de sa réunion de la semaine dernière, a pris acte de la décision de l’Union cycliste internationale (UCI), mais à son niveau ignore les vraies raisons du report. "Chez nous, nous ne saurions connaître les vrais motifs. A leur niveau si c’est des raisons sécuritaires qu’ils avancent comme argument, nous disons non et réfutons cette thèse dans la mesure où notre territoire connaît une relative sécurité et la thèse de l’UCI est insuffisante pour annuler le Tour", s’insurge Togola.
Avec ce report sine die du Tour cycliste, le Mali perd une autre occasion de soigner son image surtout après l’attaque de l’ambassade de France à Bamako par un supposé élément d’AQMI.
Le sponsor officiel du Tour, Orange-Mali n’a pas réagi à cette information mais tout porte à croire qu’il se battra jusqu’au bout pour que le Tour ait lieu.
Affaire à suivre.
Boubacar Diakité Sarr




COMPETITIONS AFRICAINES DE CLUBS
Trois équipes maliennes au front
Trois clubs disputent ce week-end le tour préliminaire de la Ligue des champions et de la Coupe de la Confédération.
Trois des quatre clubs maliens engagés dans les compétitions africaines des clubs de football disputent ce week-end leur match aller. En Ligue des champions, le Djoliba affrontera à Freetown East End Lions de la Sierra-Leone, en Coupe de la Confédération l’AS Réal ira défier l’AS Tevragh Zeina alors que le CSK recevra Difaâ d’El Jadida actuel 10e au classement du championnat marocain de 1re division, après 15 journées.
Les Boys du CSK, leader des 3 premières journées de la L1, comptent mettre à profit le soutien du public pour obtenir un bon résultat. Pour les deux derniers en lice pour la Coupe de la Caf, c’est une compétition réservée aux clubs ayant occupé la 3e place dans certains championnats et ceux ayant remporté la Coupe nationale. L’AS Réal de Bamako part avec le moral au beau fixe.
Actuel leader provisoire de la L1/Orange, les poulains de Dougoutigui sont en mesure de faire un bon résultat en Mauritanie face à l’AS Tevragh Zeina. Un club au tableau de chasse vierge sur la scène continentale. Le vainqueur de cette confrontation rencontrera la JS Kabylie d’Algérie.
Pour l’entraîneur du club, "il n'y a aucun malade dans le groupe. Nous n'avons pas disputé un match international depuis quelques années. Mais, nous aborderons cette rencontre avec en tête de ramener une victoire de Nouakchott".
Comme les Scorpions, les Rouges sont à Freetown depuis mercredi pour un saut dans l’inconnu. Mais leur expérience devrait leur permettre de se tirer d’affaire. Le Stade malien de Bamako, 4e club malien, exempté de ce tour préliminaire, disputera dimanche à Ségou son match en retard de la 11e journée de L1/Orange contre Bakaridjan de la même localité.
Les Fédérations sont perturbées par ces compétitions étant donné que les rencontres retour se disputeront pendant la phase finale du Chan. La Caf, dans une correspondance adressée aux associations, demande le report de ces matches pour les clubs qui comptent plus de trois éléments dans leur sélection respective.
Le Chan débute vendredi prochain et le Mali évoluera dans le groupe B en compagnie du tenant du titre, la RDC, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs contre les Eléphants qu’Amadou Pathé Diallo et ses poulains entameront leur conquête du trophée le 6 février 2011.
Boubacar Diakité SarrBREVE
Les dames y croient
Les Aigles dames, remaniées par rapport à celles qui ont disputé la dernière Can en Afrique du Sud, disputeront ce samedi leur match retour du 1er tour des préliminaires du tournoi féminin des Jeux olympiques d’été 2012 face à leurs homologues du Cameroun. Au match aller, les Camerounaises l’avaient largement emporté sur le score de 5 buts à 0. En préparation au stade Ouezzin Coulibaly, les Pouliches du duo Alima Sall/Bintou Camara, croient à un possible renversement de situation. "Nous sommes confiantes et nous réservons une surprise au public", promettent-elles.
B. D. S

 


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