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2010

Mois de decembre

Les Echos du 31 decembre

 

AMENAGEMENT DE 2174 HA A TOURABA
Un exploitant de… graviers retenu !
L’Uémoa a décidé d’aménager à l’Office du Niger 2174 hectares. Pour ce faire, la commission de dépouillement, selon nos sources, vient d’octroyer le marché à une société spécialisée dans l’exploitation de… sables et gravier ! Pas moins !
L’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uémoa) a décidé de l’aménagement en zone Office du Niger de 2174 hectares à Touraba. L’Agetipe a été choisie comme maître d’ouvrage.
Après les études, 6 entreprises ont été pré-qualifiés, qui ont acheté les dossiers d’appel d’offres. Au dépouillement, la surprise a été grande pour les entreprises participantes de constater que c’est la "Société d’exploitation de sables et graviers" (SESG-SARL) qui a remporté le marché.
Cette société est une parfaite inconnue dans le domaine de l’aménagement hydro-agricole qui est d’ailleurs loin d’être son objet. On avait entendu parler d’elle la première fois lors du curage du Niger à Diafarabé en 2007. Un chantier qui portait sur 6 milliards de F CFA et qui, à ce jour, n’a pas été réalisé. Ensuite, cette société fera sourire plus d’un en postulant pour le Seuil de Djenné, pour lequel elle n’a même pas été pré-qualifiée.
Pour Touraba, le dossier d’appel d’offres spécifiait qu’il fallait avoir réalisé des travaux similaires de plus de 1000 hectares sur les cinq dernières années ; avoir un chiffre d’affaires de 3 milliards F CFA sur la même période et avoir un bilan certifié de 2005 à 2009.
Ces critères suffisaient pour éliminer la Société d’exploitation de sables et graviers (SESG-SARL). En effet, c’est seulement en février 2007 que cette société a vu le jour. Elle n’a donc pas 5 ans d’existence, ce qui le disqualifiait déjà. Pis, selon des indiscrétions à la commission de dépouillement, SESG-SARL a pu fournir des papiers pour dire qu’elle a fait des aménagements au… Niger !
" En dehors des bureaux d’études, aucune entreprise malienne ne s’exporte. Sous Tanja jusqu’à ce jour, le Niger n’a pas réalisé 100 hectares. Donc, s’il y a un document du genre, ça ne peut être que du faux", affirme notre source.
Les autres entreprises ont décidé de saisir aujourd’hui la commission de régulation des marchés publics pour dénoncer l’attribution du contrat à SESG. "Ce que nous craignons, c’est de nous retrouver dans le cas de Baguinéda. Pour l’aménagement du périmètre de Baguinéda, le marché avait été attribué à une entreprise ivoirienne qui a pris l’avance de démarrage et qui a disparu. L’Etat a été obligé de faire un autre appel d’offres".
Dans tous les cas, les entreprises grugées ne comptent pas se laisser faire et entendent explorer toutes les voies de recours légales.
Affaire à suivre donc !
Alexis Kalambry

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PRESENTATION DE VŒUX A KOULOUBA
L’énigme et le show !
La présentation de vœux de nouvel an au chef de l’Etat donne généralement lieu à des scènes indescriptibles de louanges alors que le Mali avance quotidiennement vers le précipice.
S’il est reproché à ATT de donner toujours les mêmes réponses empreintes de son d’humour, la majorité des présentateurs de vœux se distinguent par leur manque de volonté à être de vrais porte-voix du peuple. Traditionnellement, les chefs des institutions de la République et les forces vives de la nation présentent leurs vœux de nouvel an au président ATT.
L’exercice n’est pas mal en soi, mais il est loisible de constater que chaque année, l’on assiste aux mêmes louanges et dénonciations des visiteurs à Koulouba et presqu’aux mêmes réponses fournies par leur hôte. Sans autre forme de… progrès. Pourquoi alors pérenniser une telle cérémonie ?
Car visiblement certaines personnalités attendent avec impatience la fin de l’année pour se présenter publiquement devant le président de la République dans le but ultime de le séduire avec des propos dithyrambiques.
Fins laudateurs, des responsables de la nation le sont, particulièrement ceux qui doivent leurs postes à leurs affinités avec le pouvoir en place. Au Mali, il est impossible d’attendre quelque chose de potable d’un président comme Jeamille Bittar, qui bénéficie de toutes les largesses du pouvoir malgré ses scandales financiers et fonciers à répétition alors que l’état de la nation n’est guère reluisant.
De l’économie à la sécurité en passant par les transports, la santé, l’éducation… les Maliens sont encore loin du bout du tunnel. Nos compatriotes sont mal lotis dans la mesure où ceux-là qui ont le devoir de relever les défaillances du système et d’inciter les gouvernants à des actions salvatrices se sont injustement transformés en admirateurs inavoués. Pendant que le peuple souffre, les maux du pays continuent d’être occultés aux dépens de l’intérêt de la nation.
L’on peut regretter l’absence lors de cette cérémonie d’hommes de la carrure de l’ancien président du Conseil économique, social et culturel, Moussa Balla Coulibaly. Avec sa verve inébranlable, l’ancien "patron des patrons" du Mali avait titillé ATT jusqu'à "l’indisposer" en dressant sans complaisance un tableau sombre de notre démocratie lors de la présentation de meilleurs vœux en 2008.
Dérision
En réponse, le général a bien noté la "manière de dire sans fard, et une façon de dire" de l’ex-président du CESC qui, contrairement à nombre d’intervenants de la même séance, était loin d’être ridicule. Que dire alors de son successeur à la tête de la même institution qui sacralise tout acte posé par nos dirigeants, même au détriment du bonheur de ses mandants ? Les députés, eux, peuvent toutefois être soulagés par le discours de l’honorable Dioncounda Traoré.
Drapé de la double stature d’homme politique et de représentant social, le président de l’Adéma n’est pas passé par mille chemins pour souligner les insuffisances liées au fichier électoral à quelques encablures de la présidentielle de 2012 et tirer la sonnette d’alarme face aux "dangers" qui guettent la jeunesse malienne, notamment l’insécurité, le vol, le viol…
A Dioncounda, comme aux autres présentateurs de vœux de nouvel an, le président de la République a généralement répondu statiquement à travers ses phrases fétiches : "Je veillerai ; je suis avec une attention particulière ; je serais à vos côtés". Ces propos auraient pu passer inaperçus n’eût été la volonté ostensible du président de centraliser autour de sa personne les choses qui peuvent plaire à l’audience.
Cependant, quelques secondes seulement ont suffi pour qu’ATT rejette le "je" et se rabatte sur les pauvres enseignants et élèves en parlant de la lancinante crise scolaire. "Quand les élèves sont en classe, les enseignants sortent. Et quand les enseignants rentrent les élèves sortent…". S’il est vrai que la responsabilité de la débâcle de l’école malienne est partagée, l’Etat doit s’assumer complètement.
Qu’a fait le gouvernement pour sécuriser par exemple l’espace scolaire où professeurs et élèves sont régulièrement "battus à sang" ? Que fait l’Etat pour apaiser le climat délétère qui entoure l’élection des chefs de département d’enseignement et de recherche (DER) à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg) ?
S’agissant de la lutte contre la corruption, le président de la République a réitéré qu’il ne voulait pas en faire "un spectacle". Un reniement continuel de plusieurs structures de contrôle qui coûtent annuellement au pays des milliards de FCFA et dont certains ont été créées de sa propre initiative. Alors, quoi de nouveau retiennent les Maliens de cette présentation de vœux au chef de l’Etat en dehors des salamalecs habituels ?
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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CHEMIN DE FER
Le chemin de croix de Transrail
Plombée par la mauvaise gestion, la concession aux Canadiens, la société de droit sénégalo-malienne se débat dans des difficultés avec un plan de relance qui n’est pas du goût de tout le monde.
Contraints et forcés par la Banque mondiale et l'Agence française de développement (AFD), les gouvernements du Mali et du Sénégal décident de privatiser leurs régies du chemin de fer. Ces deux institutions s’engagent à leur octroyer un prêt de 73 millions de dollars si la société est privatisée.
C’est ainsi que le groupement Canac-Getma mieux disant avec une offre de 15 milliards F CFA est retenue pour une "concession intégrale" d'une durée de 25 ans. C’était le 5 mars 2003.
Ainsi est née la société anonyme Transrail-SA. Canac-Getma détient 51 % par l'intermédiaire de Transrail Investissement. Le reste du capital en actions est réparti entre les Etats du Mali et du Sénégal (10 % chacun), les actionnaires privés des deux pays (20 %) et les employés de Transrail par l'intermédiaire d'un fonds commun de placement (9 %). La nouvelle société débute ses activités le 1er octobre 2003.
Mais, très vite, le partenaire de référence imposé par les bailleurs se révèle être juste quelqu’un qui est venu se faire de l’argent. Canac-Getma n’investit aucun sous, se contentant de tirer le maximum de l’existant.
Au finish, c’est une dette colossale qui est laissée aux deux Etats au moment où Canac-Getma se retire ou du moins est chassé de la cogestion. Le nouveau repreneur n’en mène pas large non plus. Advens, une société française spécialisée dans… l’agroalimentaire, reprend les 51 %.
Transrail vient de soumettre un plan de relance à ses actionnaires. Un plan jugé amer, mais incontournable pour la survie d’un corridor vital pour le Mali. Les faits sont là. 270 152 tonnes de fret ont transité par rail en 2009 dans le pays.
Avec un chiffre d’affaires de 17 milliards de F CFA et un endettement de 12 milliards de F CFA, Transrail vit des instants périlleux alors que le corridor peut profiter des difficultés de la Côte d’Ivoire et supplanter largement l’axe Abidjan-Bamako.
Alexis Kalambry

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SUCRE
Une nébuleuse qui ne dit pas son nom
Le prix du sucre prend de l’envol chaque jour. Le marché est certes fourni, mais la crise s’accentue pour le consommateur lambda.
En l’espace de deux mois, le prix du kilogramme de sucre a grimpé exponentiellement. De 480 F CFA le kg, il coûte au détail entre 600 à 650, voire 700 F CFA/kg. Pourtant, le marché est loin de connaître une crise quelconque parce qu’il est bien approvisionné. Le sucre produit à Sukala-SA jumelé à celui importé peut couvrir le marché national.
Le prix du sucre avait été fixé de commun accord avec les importateurs à 625 F CFA le kg pendant trois mois entre février et avril 2010 avec une subvention de l’Etat. Les opérateurs économiques importateurs concernés ont été par la suite autorisés à vendre le kilo à 600 F CFA. Mais ce barème est plus que jamais dépassé, car dans des quartiers de Bamako et au marché Dabanani, le prix atteint 700 à 750 F CFA/kg.
Cette crise du sucre fait revivre à certains, le mauvais souvenir de la pénurie qui a eu lieu en 2009. Cette année-là, les Maliens ont failli vivre un mois de ramadan sans sucre. Comme par un coup de baguette magique, le produit a disparu des marchés pendant la première semaine du jeûne musulman. Les prix avaient prix l’ascenseur avec des spéculations en tout genre. Là aussi, le kilogramme avait franchi la barre des 700, voire 800 F CFA.
Des leçons qui devaient être tirées de cette crise fictive ne l’ont jamais été. Alors qu’une poignée d’importateurs avaient fait main basse sur le précieux sésame, en renchérissant les prix pour certains, le problème du sucre est la mauvaise organisation du secteur où les cartes ne sont pas correctement distribuées entre les acteurs.
Bien que nous soyons le pays le moins cher de la sous-région, le Malien n’avait jamais encore acheté le sucre à plus de 500 F le kilo. Il y a urgence pour le gouvernement de restructurer ce secteur pour que les consommateurs qui achètent cher d’autres produits comme l’huile et l’essence soient soulagés. Il en va de la stabilité sociale et économique du pays.
Abdrahamane Dicko

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BIENNALE-2010
La presse et le parrain sevrés de médaille
A aucun moment le nom du parrain de la Biennale, Malamine Koné, PDG de Airness, n’a été évoqué par la commission d’organisation mais aussi par le département de la Culture.
Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle 2010 à Sikasso. A la cérémonie de clôture, des médailles de reconnaissance et de participation ont été remises aux hommes de culture, qui ont mouillé le maillot pour les biennales, mais également aux personnes qui se sont investies dans l’organisation de l’édition sikassoise.
Il s’agit d’anciens ministres de la Culture, des gouverneurs de région, du président du HCC, des ambassades et institutions, des directeurs régionaux des sports, de la jeunesse et de la culture et même le chargé de communication du département de la Culture, le président des communicateurs traditionnels de Sikasso, Dagamaïssa, le président des Maliens de France…
Le parrain de l’événement, Malamine Koné, PDG de Airness et la presse n’ont pas été cités une seule fois à plus forte raison récompensés par la commission d’organisation et le département de la Culture. Même le chef de l’Etat n’a pas eu le réflexe de rectifier cette "bourde" des organisateurs.
Outrées plusieurs personnes qui se disent membre du Club de soutien à Malamine Koné, affirment que Airness a été trahi par la commission d’organisation. "Ce n’est pas un oubli, c’est fait à dessein", dénonce M. F., qui avec une vingtaine de jeunes, ont fait le déplacement de Bamako avec des banderoles qui louent l’action de M. Koné.
" Il ne peut y avoir de Biennale sans la presse et l’on ne peut récompenser des personnes pour leur participation sans évoquer les médias", s’indigne un journaliste de l’ORTM. "La chanson est connue dans notre pays, ceux qui travaillent sont toujours mis à l’écart au profit de ceux qui passent leur temps à ne rien faire".
Amadou Sidibé

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BIENNALE-2010
Sikasso remporte le trophée du cinquantenaire
Les rideaux sont tombés sur la Biennale artistique et culturelle 2010 le mercredi 29 décembre 2010 au stade Babemba Traoré de Sikasso. La cérémonie de clôture était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré.
Durant une dizaine de jours, les troupes des 8 régions et du district de Bamako ont, dans les différents genres artistiques et en théâtre, magnifié les valeurs qui fondent notre société. Elles ont aussi dénoncé ses tares. Le président de la République a vu en cette Biennale la victoire de la jeunesse malienne. "A l’écoute de vos chants, ballets et pièces de théâtre, nous avons cerné vos attentes, vos angoisses. Mais, par-delà les interpellations à l’endroit de l’Etat et de la société, je retiens surtout les problèmes scolaires dénoncés par les artistes et les comédiens. Ensemble j’invite tous les Maliens à s’impliquer davantage pour trouver des solutions idoines aux problèmes posés".
Le chef de l’Etat a adressé une mention spéciale aux autorités locales et aux organisateurs de la Biennale-2010, une édition qui a été marquée par une belle ambiance. Des diplômes de reconnaissance ont été remis à des anciens de la Biennale qui ont accompagné le développement artistique et culturel de notre pays. La proclamation des résultats était le moment le plus attendu de la cérémonie.
Les résultats ont été proclamés d’abord par discipline. La région de Koulikoro s’est classée 1re en théâtre. Sikasso a occupé la 2e place, la 3e est revenue à Tombouctou. La région de Mopti a remporté le 1er prix de l’orchestre moderne, Tombouctou s’est classée 2e, la région de Kidal a été désignée 3e meilleur orchestre moderne. Sikasso est arrivé en tête pour le ballet à thème, Kayes a remporté la 2e place et Mopti est 3e.
La région de Ségou a décroché le prix du chœur. Elle est suivie de Kidal et de Tombouctou. Le prix de l’ensemble instrumental est revenu à Sikasso, Mopti (2e), Tombouctou (3e). En exposition d’objets d’art, le district de Bamako s’est taillé la 1re place. Suivent dans l’ordre Gao et Sikasso. La 1re troupe en danse traditionnelle est celle de Sikasso, Mopti s’est classé 2e et la 3e place est revenue à Kidal. En solo de chant, Sikasso a surclassé les autres, Kayes et Gao occupent les deux autres marches du podium.
Le classement général, proclamé par le président du jury, Pr. Oumar Kanouté, est le suivant : 1er Sikasso (141points), 2e Mopti (133 points), 3e Tombouctou (132 points). Le jury a aussi attribué des prix spéciaux aux compétiteurs et souligné la bonne tenue de la Biennale. Il a formulé des recommandations pour les éditions futures.
Pour le directeur de la troupe de Sikasso, Mando Nanta Goïta, "c’est une victoire dédiée à l’ensemble des fils de la région. Les artistes et les comédiens ont fait de cette Biennale un défi avec deux mois d’internat pour se préparer ; ça n’a pas été facile les autorités régionales, les populations et l’Association pour le développement de la région de Sikasso ont mis les moyens à notre disposition et tous ensemble nous avons compris et nous nous sommes mis au travail et voila le résultat".
Rendez-vous est pris à Mopti en 2012.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)



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DOSSIER
31 DECEMBRE
La fête à tout prix
La nuit du 31, c’est ce soir. Aucune jeune fille branchée ne voudrait la rater pour rien au monde. Quitte à jongler à gauche à droite rien que pour la fête.
Passer le nou¬vel an dans la bonne humeur est un souhait partagé. Chacun veut être dans son trente un.
Les jeunes filles sem¬blent les plus intéressées par la célébration de la Saint-Sylvestre. Plusieurs mois avant le jour j, cer¬taines commencent à se creuser les méninges pour trouver une solution aux dépenses liées à la fête. Chaque fille rêve de fêter avec une nouvelle robe, de nouvelles chaussures et coiffure à la mode. Pour réaliser ce rêve onéreux, certaines sont prêtes à tout. Surtout celles dont les parents n'ont pas les moyens. Elles comptent sur leurs courtisans ou amants même s’il faut qu’elles ravalent leur dignité.
Afin de réunir une grosse somme d’argent nécessaire à l'achat de la panoplie de parures, elles se retrouvent en train de jongler entre plusieurs amants. C’est pour cela que le "31", les conflits sont nombreux entre amants et amantes. Les filles avides sont obligées de se cacher parce qu'elles ne peuvent pas honorer leurs engagements vis-à-vis des nombreux bailleurs de fonds.
Furieux de ne pas en avoir pour leur argent, certains "plaqués" n'hésitent pas à faire passer de mauvais quarts d'heure aux jeunes filles volages. La voltige entre les soupirants est un exercice inévitable pour les jeunes filles qui veulent fêter à tout prix le 31 décembre.
Fêter le nouvel an oui, mais cela vaut-il la peine que certaines filles se donnent ? "I farikolo tè sé yoromin, i kana a sama ka sé yén", il faut être modeste dans tous ce que nous faisons dans la vie.
Aminata Traoré
(stagiaire)

 

LES HABITS DU 31
Softs ou modestes
La Saint-Sylvestre ou fête marquant la fin de l’année est célébrée partout dans le monde et donne lieu à des dépenses souvent extravagantes dont une partie est consacrée à l’habillement.
Que vais-je porter la nuit du 31 décembre ? C’est une question que bon nombre de Maliens et Maliennes n’hésitent pas à se poser, car le 31 décembre, jour consacrant la fête de l’année qui s’ouvre, est un moment particulier pour paraître beau en portant de tenues nouvelles, voire exubérantes.
Avec la Saint-Sylvestre, c’est chacun qui trouve une idée ingénieuse pour faire de ces moments des instants inoubliables. Le Bazin est incontestablement le tissu le plus sollicité par des Maliens pour se confectionner un habit de fête, souligne Amadou Lah, vendeur au Marché rose de Bamako.
M. Lah et Karamoko Traoré, un tailleur juste installé à proximité de sa boutique, font remarquer que ces derniers temps un type de modèle retient l’attention des femmes. Petit haut, petite tunique à manches courtes ou pas, sur une longue jupe ou un pagne confectionné dans du Bazin bleu, rouge, blanc, vert… Bref, toutes les couleurs que l’on puisse trouver sur le marché.
A leurs dires, cela habille parfaitement les femmes, notamment avec les broderies à fil jaune ou argenté. "Que vous soyez mince, pas trop grosse ou bien ronde, aucun problème", assurent-ils. Ils ajoutent "pourvu que le couturier fasse la coupe en fonction de votre forme et de votre corpulence". Ce genre de modèle n’a bien entendu pas remplacé les grands boubous que les femmes arborent fièrement aux mariages et baptêmes, mais il est de plus en plus porté, même par certaines jeunes filles qui lui préfèrent la tunique avec une jupe courte, indiquent nos interlocuteurs.
Néanmoins, la jupe courte reste prisée en particulier pour les jeunes filles à la Saint-Sylvestre, histoire de paraître belles, mais aussi de séduire, révèle Demba Samaké de "Sam Couture". La robe n’est pas non plus un habillement négligé en la circonstance, soutient Mariam Diarra, une sortante d’un centre de couture de la capitale et installée à son propre compte.
" Tu peux mettre une robe toute simple blanche ou noire de manière à ce que ce soit assez classe. Des ballerines ou des chaussures à petits talons. Si ta coiffure et ton maquillage (non obligatoire) sont sobres, ça sera parfait", conseille-t-elle. Fatima, une de ses apprenties suggère la robe blanche avec des chaussures noires, des bracelets argentés assortis d’une coiffure branche.
Crise financière
" Si vous désirez être la reine du Réveillon, choisissez une robe de soirée dessinée par un créateur. Originale, elle vous donnera une allure de princesse", tranche-t-elle. Que dire du pagne traditionnellement porté par toutes les femmes ? A entendre nos interlocutrices, ce vêtement n’est pas vraiment un habit de fête de Saint-Sylvestre !
Pour M. Samaké, si les femmes sont beaucoup plus regardantes sur leur habillement à la Saint-Sylvestre, les hommes le sont moins, exceptés les jeunes. Cette catégorie de la société préfère en général un costume, une chemise ou une tunique, c’est selon le goût de tout un chacun. Mais tout cela coûte cher.
Face à la crise financière et économique, beaucoup de Bamakois se rabattent sur la friperie au grand dam du prêt-à-porter. Habits, chaussures, chaussettes, cravates… la gamme des articles de friperie, le "yougouyougou" que proposent des marchés de la capitale en cette fin d’année est large aux marchés de Médine et au Dabanani qui grouillent de monde.
La plupart de ces marchandises proviennent de stocks d'invendus. Des magasins spécialisés en Europe ou aux USA collectent ces fins de séries pour les revendre en Afrique, en Amérique latine et dans les pays pauvres d'Asie, affirme Tiémoko Sacko vendeur de vieux objets importés depuis plus de deux décennies.
Le marché de Médine s’est d’ailleurs bâti une réputation dans la vente de la friperie. "Depuis que je suis étudiant, je viens acheter mes chaussures, mes chemises, mes jeans et autres tee-shirts ici. Maintenant, j'achète des vestes et des cravates et je constate que la clientèle ne cesse de croître à cause certainement de la crise financière", témoigne Aboubacar Touré, un jeune cadre de l'administration.
Denis Koné

 

Dr. SEYDOU DIABATE, SOCIOLOGIE A LA FLASH
" Il y a un phénomène de mode et de contagion dans le 31"
L’utilisation du calendrier grégorien, les contacts multiples avec les Occidentaux et surtout le développement des Nouvelles technologies de l’information… expliquent dans une large mesure l’engouement des Maliens pour le "31", explique Dr. Seydou Diabaté, sociologue à la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines. Interview.

Les Echos : Aujourd’hui, 31 décembre consacre la fin de l’année. C’est une fête qui suscite de plus en plus d’engouement au Mali. En tant que sociologue, quelle explication donnez-vous à cela ?

Seydou Diabaté : Je vais commencer par souhaiter bonne et heureuse année 2011 à tous les Maliens, au journal Les Echos et à ses lecteurs. L’engouement de plus en plus grandissant des Maliens pour la fête du 31 décembre s’explique surtout par la transplantation d’une tradition européenne chez nous. Il y a le fait que nous utilisons le calendrier romain et le contact des Maliens avec les Européens. J’allais dire qu’il y a un effet d’imitation dans tout ça. C’est dans ce contexte que les Maliens ont pris goût aux fêtes de fin d’année, sans oublier les différents brassages et contacts avec l’Occident, le rôle des Nouvelles technologies de l’information. Tout cela a joué un grand rôle parce qu’il a permis de montrer à nombre de gens la manière dont les gens fêtent les fêtes de fin d’année à l’autre bout du monde.

Les Echos : Pensez-vous que cet engouement est à l’origine des dépenses folles, des dérapages comme les cas d’accidents de la circulation, d’incendie, etc. ?

S. D. : Je pense que oui. J’ai vécu plusieurs années ces fêtes, et ce qu’on voit ce sont généralement des jeunes qui n’ont jamais goûté l’alcool ou fumé la cigarette. Mais, ils font leur première expérience ce jour-là en fumant leur première mèche ou en prenant leur premier verre. L’expérience a montré que des jeunes passent toute l’année sans aller en boîte ou faire la bamboula. Mais ils économisent pour la seule fête du 31 décembre. D’autres, qui n’ont pas de moyens, tentent le miracle et font tout pour se mettre quelque chose dans la poche. Dans ce cas, c’est bonjour les dégâts. C’est un problème très sérieux, il faut le dire.

Les Echos : Y a-t-il un moyen, selon vous, de circonscrire ces dérapages qui se soldent par des morts d’homme juste pour célébrer un soir le nouvel an ?

S. D. : Il y a bien sûr des moyens. L’un de ces moyens, pour moi, est de sensibiliser les jeunes gens. La sensibilisation peut faire son travail. Les jeunes doivent comprendre qu’il est bien de fêter, mais que cela ne doit pas se transformer en drame. Ils doivent avoir à l’esprit qu’il faut fêter en préservant sa vie et celle des autres. Surtout que tant que l’homme vit et se porte bien, il a devant lui des dizaines d’années de fête de nouvel an.
J’ai eu la chance de fêter à l’étranger. En Chine par exemple, les Chinois commémorent leur fête traditionnelle qui est le nouvel an chinois en restant en famille. Ceux qui vont manger dans les restaurants, des policiers sont postés là avec des appareils pour tester le degré d’alcoolémie chez des consommateurs le constat d’overdose est sanctionné par le paiement d’une amende et une interdiction de conduite d’engin. Au lieu de la simple sensibilisation, l’Etat peut prendre ce genre de disposition pour contrôler l’abus de l’alcool dans la population juvénile.

Les Echos : Cet engouement populaire se transporte aujourd’hui même dans des coins de brousse. Quelle explication en donnez-vous ?

S. D. : Je le disais tantôt, si les populations comme nous des villes sont en train d’imiter les Occidentaux, ceux des villages le font autant en se référant aux citadins. Nos parents des villages ne peuvent pas rester indifférents parce que les moyens de communication ont été transportés vers les villages. Il y a le fait que les villageois séjournent régulièrement en ville. Avant-hier (mardi, Ndlr), j’entendais notre domestique parler de 31. Cela m’a fait rire et j’ai compris que les servantes se préparent à fêter cet événement. Au retour dans leur village, elles sont à leur tour imitées par leurs sœurs. Et cela fait un phénomène de mode et de contagion. Le 31 a plus d’engouement que les fêtes traditionnelles comme le "Pori", une fête traditionnelle en milieu Sénoufo dans la région de Sikasso.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

 

FETES DE FIN D’ANNEE
La police à pied d’œuvre
Dans le cadre des fêtes de fin d’année, la police met en place son dispositif de sécurité pour le 31 décembre.
Avec 500 hommes pour Bamako, la Compagnie de circulation routière (CCR) du Groupement mobile de sécurité (GMS) disposera de 4 sections à pieds et d’une section moto dont une centaine par section. Ces hommes seront répartis sur les grands axes de la ville, à raison de 6 éléments par carrefour et 4 éléments au niveau des intersections.
Les sections à pieds seront appuyées par la section motorisée. Cette dernière sillonnera les tronçons entre les différents carrefours afin de surveiller et de prévenir d’éventuels blocages ou accidents de la circulation. On note que la ville de Bamako compte plus d’une centaine de carrefours et intersections.
Toutes ces dispositions ne sont pas mises en place sans difficultés. Malgré un effectif acceptable, la police manque de moyens matériels. Sans dotation depuis 5 ans, les agents de police, à l’exemple du commandant principal adjoint Modibo Kéita, confectionnent sur leurs fonds propos la tenue réglementaire.
Or, ces dotations sont importantes pour le bon fonctionnement du service de maintien d’ordre. Selon le commandant principal adjoint, le GMS qui regroupe le CCR et les compagnies de maintien d’ordre (CMO) n’ont que deux petites grues qui datent de la Can-2002. Elles ne peuvent, du reste, tracter que les petites voitures.
Avec le grand nombre de gros-porteurs qui circulent dans la capitale et qui tombent souvent en panne en pleine circulation ou même qui font des accidents, la police reste impuissante. Pour le commandant principal adjoint, "une police bien équipée est une police compétente". Il ajoute que "quand la police est équipée, c’est la population qui est en sécurité".
Le CCR n’œuvre pas seule, en cas de trouble à l’ordre public. Il sera appuyé par le CMO. Quant à la protection civile, elle est appelée en cas d’accident en même temps que le commissariat territorial compétant pour établir le constat. Ces entités sont nécessaires pour faciliter la vie aux usagers.
Pour qu’il y est moins de difficulté dans l’exercice de leur tâche, le commandant adjoint lance un appel à la prudence à l’endroit des usagers de la route, à éviter les excès de vitesses, à éviter le volant sous l’effet de boissons alcoolisées, de stupéfiants ou à téléphoner au volant. Il demande aux piétons de traverser prudemment la chaussée afin d’éviter tout accidents.
Aminata Traoré
Aminata A. Lah
(stagiaires)

 

FETE DE FIN D’ANNEE
Au rythme de la précarité
La fête de la Saint-Sylvestre risque de ne laisser que de tristes souvenirs à des familles qui, à cause de la précarité, n’ont pu faire face aux demandes des enfants.
Embouteillages sur les grandes artères de Bamako, marchés inondés de jouets en tout genre, hausse de prix, c’est le triste tableau que présente Bamako à la veille de la fête de fin d’année. Malgré la grande affluence constatée dans les marchés de la capitale, les vendeurs n’ont pas le sourire aux lèvres parce que la demande, comparée à l’offre, est faible.
Aminata Gouro, vendeuse de poupées au marché de Korofina ne cache pas son désarroi. "Nous sommes le 29 décembre (mercredi, Ndlr) jusqu’à 13 h, je n’ai pas encore écoulé le quart de mes marchandises. J’ai voulu commencer l’expérience avec cette fête de fin d’année, mais j’ai l’impression que c’est peine perdue. Les clients demandent généralement le prix et repartent".
Un tour dans les marchés suffit pour se rendre à l’évidence qu’il y a du monde. D’aucuns pour faire des achats et d’autres pour contempler les articles. Yacouba Niantao, accompagné de ses deux filles se confie : "Les temps sont durs en cette fin d’année. Toutes les activités sont au ralenti. A défaut d’autres ressources à côté du salaire, ce n’est pas facile de combler toutes les attentes. J’étais venu chercher des body pour elles. Mais franchement, mon pouvoir d’achat ne me le permet pas. Pour des articles qu’on avait à moins de 4000 F CFA, les vendeurs vous parlent de 5000 F CFA ou plus".
En un mot, c’est l’inquiétude chez les acheteurs qui ne savent pas où donner de la tête, car la flambée des prix a dépassé des limites connues. Safiatou Korobara, enseignante de son état, ne cache pas, elle aussi, sa déception. "On ne comprend pas les causes de cette flambée des prix. Le poulet qui était à 2000 F CFA est à 3000-3500 F CFA. Le sac de charbon a galopé. Même chose pour l’huile". Apparemment, la fête du 31 décembre n’est pas donnée aux portefeuilles troués.
Certains vont jusqu’à rendre l’Etat responsable de cette inflation, car, estiment-ils, il est incapable de sanctionner les commerçants véreux. "Mêmes les chauffeurs de taxis doublent le prix à l’occasion de la fête de fin d’année", constate Paul Traoré, étudiant à l’Université. Les débits de boissons n’échappent pas à cette règle. Des clients rapportent que ce jour-là, les promoteurs jouent la surenchère.
Des leçons doivent être tirées afin que la fête de fin d’année ne devienne pas un moment de débauche.
Mohamed Daou

 

MOUSSA
La fête dans le sang
Ce qui le particularise, c'est qu'il met la fête au centre de sa vie. Et pour faire la fête, il faut de l'argent. Moussa cherche de l’argent pour financer une vie festive le 31 décembre. Portrait !
A 25 ans, il a déjà un caractère trempé dans l’acier et Moussa ne laisse rien passer. Il sait ce qu’il veut, il sait où il va, et il sait avec qui et de quelle manière il va opérer. Oui, pour un jeune homme de 25 ans, c’est faire preuve d’une maturité assez exceptionnelle dans un milieu qui ne laisse rien passer en matière de bonnes mœurs.
Il sait écouter aussi, mais son analyse est souvent si juste qu’il est difficile de le contredire. "Je prends la vie du bon côté", dit-il pour justifier son goût pour la fête. Pour ce 31 décembre, il ne lésine pas sur les moyens : "Je me suis juste payé un pantalon et une chemise et je me propose de sillonner les meilleurs coins de la capitale". Enseignant de formation comme son père, Moussa est toujours prêt quant, il s’agit de réjouissance ou de fête.
Grand de taille, le teint légèrement clair, il a pour devise "la joie de vivre en fête". "C’est vrai que j’aime bien faire la fête de temps en temps pour évacuer la vapeur, la pression un peu. Et puis comme on pourrait dire : il n’y a pas de mal à se faire plaisir", dit-il.
Certains seraient moins étonnés de savoir qu’il aime aussi les moments cools où l’on savoure la quiétude de la vie. "J’aime le foot la pêche, une bonne soirée sympa entre copains à regarder un bon film, déguster du bon vin ou aller au resto. Des choses simples de la vie quoi".
Difficile de se faire aimer par tout le monde quand on a des résultats. Des adversaires ? Moussa en a, puisqu’il est ami de presque toutes les filles du quartier. Des groupes se forment, des stratégies pas toujours honnêtes se mettent en place et des rumeurs absolument injustes et infondées se mettent en place et font le tour pour revenir aux oreilles de Balla. "Mais moi, je sais que tout ça passe au-dessus de la tête. La fête, toujours la fête".
Idrissa Sako

 

EPILOGUE
Les fêtes de fin d’année
L’adoption par nos communautés du calendrier grégorien en vigueur dans les sociétés occidentales a conduit à celle des fêtes dites de fin d’année qui s’échelonnent d’octobre au nouvel an.
Il faut préciser tout de suite que lesdites fêtes sont plus célébrées dans les centres urbains que dans les villages de brousse où les traditions populaires les connaissent très peu. Les grandes fêtes connues dans la brousse sont celles du calendrier agricole calqué sur celui de l’islam ou jumelé à celui-ci de façon à mieux harmoniser les manifestations culturelles des communautés villageoises.
Beaucoup de villages, quoique continuant à pratiquer les cultes anciens, se pressent de célébrer avec les musulmans leurs fêtes ; à savoir : le ramadan et la Tabaski. Ces différentes manifestations, jusqu’à plus récemment, avant que les rites arabes n’envahissent nos mœurs, constituaient les seules fêtes musulmanes connues dans ce pays.
Mais, il y a quelques années, sont venues s’ajouter à celles-ci deux autres : la naissance de Muhammad (Maouloud) et son baptême une semaine après. En raison du fait que ces fêtes musulmanes suivent le calendrier lunaire musulman, leurs dates ne sont pas connues à l’avance et les gens, bien que devinant à peu près la période, éprouvent du mal à s’y préparer.
Les fêtes chrétiennes, elles, sont fixées par le calendrier grégorien et permettent aux coreligionnaires de bien les préparer. Au départ, elles étaient célébrées uniquement dans les villes, mais le christianisme progressant dans nos campagnes d’une part, la scolarisation s’implantant de plus en plus en milieu rural, d’autre part, ces festivités sont de moins en moins des nouveautés dans nos villages.
Il y a juste une ou deux décennies, à peine 2 à 3 mois séparaient ces différentes fêtes, mais actuellement, avec les changements climatiques renversant tout ou presque, l’écart est faible entre elles.
Les fêtes musulmanes se passant en hivernage, celles de fin d’année leur emboîtent le pas immédiatement après. Le 22 septembre étant aussi une fête nationale, celle-ci est célébrée avec faste certaines années sur toute l’étendue du territoire. Son caractère éminemment politique fait qu’elle n’engendre pas beaucoup de dépenses pour les familles.
Après la rentrée des classes en octobre, les fêtes de Noël surviennent 3 mois après et sont aussi un événement social important pour une bonne partie de la population. Le brassage des populations fait que de plus en plus de musulmans s’en mêlent et vivent cette fête avec leurs amis chrétiens.
Leurs accointances avec les Chrétiens sont néanmoins sévèrement critiquées par la hiérarchie musulmane (en réalité les prêcheurs du dimanche) pour laquelle cette fête n’est pas celle d’Allah, mais bien celle des infidèles alors que les fêtes musulmanes seraient seulement celles d’Allah.
Qu’il s’agisse des fêtes musulmanes ou de celles des Chrétiens, leur approche est surtout caractérisée par la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Les commerçants, en effet, calculent que c’est le moment ou jamais de faire en quelques jours la recette de l’année. Pour atteindre ce but, tous les moyens sont bons, y compris le fait de fouler au pied les préceptes islamiques en matière de commerce.
Quoi qu’il en soit, les fêtes de fin d’année dont principalement le 31 décembre sont devenues maintenant presqu’un événement national à cause de l’éclat qu’elles revêtent dans les villes et les campagnes. Elles sont en passe de surclasser certaines fêtes musulmanes comme le Maouloud et les petites manifestations religieuses secondaires. Cependant alors que les 3/4 de la population ignorent quand commence l’année musulmane et quand elle finit, tout le monde dans ce pays sait ce que sont Noël et le 31 décembre. Les gens les fêtent sérieusement et se donnent les moyens matériels et financiers d’y faire face. Mais à tout prendre, ces dites fêtes sont très mal vues par les leaders musulmans qui y voient une manière d’imposer le christianisme et de corrompre les musulmans avec le mode de vie européen. Lors des prêches improvisés sur le sujet, certains marabouts les commentent en des termes haineux mettant en garde les musulmans contre ce présumé fourvoiement à cause uniquement de la bonne chair et des plaisirs de la vie.
Il serait toutefois difficile de renverser la tendance actuelle et de faire remplacer le calendrier chrétien par celui de l’islam parce qu’avec un tel changement, on ne voit pas bien comment les gens travailleraient efficacement. C’est donc dire que l’état actuel des choses a encore de beaux et joyeux jours devant lui.
Facoh Donki Diarra

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