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2010

Mois de decembre

Les Echos du 17 decembre

 

ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2012
La politique contre l’apolitique
Constitutionnellement, le général ATT ne peut plus briguer un autre quinquennat à la tête du Mali, mais son image de candidat indépendant ayant manipulé à sa guise les partis politiques pour se hisser et se maintenir au palais de Koulouba planera sur les échéances présidentielles de 2012.
Outre les "disciples" inexpérimentés du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), le cas ATT permettra à beaucoup de singletons de narguer les partis politiques en se présentant aux prochaines élections présidentielles. Une vraie bravade.
A un peu plus d’un an des élections présidentielles de 2012 au Mali, la scène politique nationale s’échauffe jour après jour. Les différents états-majors ont commencé à affûter leurs armes, avec un stade que d’aucuns qualifient de "préliminaire". Cette période permet toutefois aux observateurs de se faire davantage d’idées sur les forces en présence et les probables têtes d’affiche des diverses formations qui semblent décidées à avoir leurs propres porte-étendards.
Du sommet de l’Etat à la rue, les manœuvres politiciennes ont débuté, certes discrètement, mais suffisamment pour qu’on s’en aperçoive. Si des partis politiques ont leur candidat naturel pour le scrutin présidentiel de 2012, pour d’autres, c’est le grand calcul politique entre les cadres ambitieux et de folles rumeurs alimentant les soupçons quotidiens de leur base.
Plusieurs têtes non-familières du paysage politique seront dans le starting-block en 2012, mais l’on sait déjà que ce sera une joute entre deux catégories de personnages : ceux qui maîtrisent les rouages de l’arène politique nationale et ceux qui y ont fait ou feront irruption. Si sa candidature se confirmait, l’actuel Premier ministre Modibo Sidibé collerait bien à la seconde classe.
Pendant environ deux décennies de présence remarquée au sommet de l’Etat, l’inspecteur général de police s’est abstenu de toute activité politique. Comme pour dire qu’il ne doit sa promotion et sa longévité aux postes stratégiques de la nation à une quelconque relation politique. L’homme a gravi tous les échelons de l’administration (ministre, secrétaire général de la présidence, Premier ministre…). Et briguer la magistrature suprême ne serait pas pour lui déplaire, du moins à en croire certaines indiscrétions.
Or, les indices présents et le personnage assez énigmatique du troisième Premier ministre d’ATT disent peu sur la volonté de Modibo Sidibé de marcher sur les traces de son illustre aîné Mande Sidibé (paix à son âme), qui avait démissionné de la Primature sous le président Alpha Oumar Konaré pour se présenter aux élections présidentielles de 2002.
Pourtant, une candidature de Modibo Sidibé à la présidentielle de 2012 signifierait un énième camouflet pour la classe politique nationale. Incapable de jouer son rôle de détenteur légitime du destin de notre peuple en présentant aux Maliens un programme et des actions cohérents, comme ça se passe dans les vraies démocraties, les partis politiques ont baissé pavillon devant l’indépendant politique ATT venu de nulle part en 2002.
Un chauffeur de taxi aussi
Profitant du manque d’ambitions et du schisme des partis politiques, ATT a roulé ces derniers dans la farine pour acquérir le pouvoir, gérer confortablement son premier quinquennat avant de briguer un second mandat, au nom d’un unanimisme politique étouffant le jeu démocratique. Le cas de singleton ATT se jouant des partis politiques a déjà servi de leçons à des apprentis politiciens.
Et Modibo Sidibé pourrait donc être compté parmi ceux-ci. Composé majoritairement de cadres traînant des casseroles et sans grande expérience politique ni de militants à la base, le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) est l’expression flagrante du mépris pour les autres formations politiques du Mali.
Il traduit l’audace des imposteurs du PDES à défier les partis comme l’a fait leur père idéologique ATT. Le parti présidentiel a laissé amers les démissionnaires politiques au profit d’ATT et conforté les rares "hommes politiques téméraires" dans leur conviction qu’un parti politique a pour essence la conquête et l’exercice du pouvoir.
Le secrétaire politique de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), Ousmane Sy, a reconnu au PDES un autre challenge lancé par un indépendant qui "met ses lieutenants en ordre de bataille" alors que Dr. Oumar Mariko, le secrétaire général de Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) dénonce l’intrusion du "patronat des pourris" sur la scène politique.
Un des néo-partis au Mali, le Rassemblement pour le développement du Mali (RDM) croît lui aussi en ses chances de succès lors des prochains scrutins, notamment présidentiels. La constellation d’illustres intellectuels regroupés autour de Dr. Cheick Modibo Diarra veut également réussir là où d’autres candidats isolés ont relevé le défi de la victoire.
Mal en auront pris, selon Cheick Modibo, ceux qui pensent qu’il est un "homme politique ordinaire". Son beau-frère Boukadary Traoré ne cache pas aussi ses ambitions pour la présidence du Mali, fut-il un nouveau sur la scène politique nationale et nonobstant la gestion funeste du Mali par son père.
Cerise sur le gâteau : un Malien conducteur de taxi aux Etats-Unis souhaiterait également devenir président du Mali. Il réunit régulièrement son état-major restreint afin de "préparer le terrain depuis les Etats-Unis, ma base". Pense-t-il vraiment laisser des traces ? "Avant les élections présidentielles de 2002, personne n’avait imaginé qu’ATT remporterait, encore moins en tant qu’indépendant. Pourquoi pas moi qui ai aussi un vécu", répond-il.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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BUDGET 2011
Un déficit de plus de 140 milliards de F CFA
Le projet de loi de finance 2011 est en examen depuis hier par les députés réunis en séance plénière dans la salle Modibo Kéita à l’hémicycle. Arrêté en ressources à 1184,011 milliards de F CFA en termes de recouvrement et d’appui budgétaire et 1326, 196 milliards de F CFA en dépenses, le budget 2011 présente un déficit prévisionnel de 142,185 milliards de F CFA contre 129,425 milliards dans le budget rectifié 2010, soit une progression de 9,86 %.
Le déficit sera financé par les ressources provenant des aides budgétaires extérieures et la mobilisation de l’épargne à travers les titres d’emprunt émis par le Trésor. Des mesures sont envisagées pour améliorer la rentrée des recettes et une meilleure rationalisation de l’exécution des dépenses par un contrôle plus accru de la moralité de celles-ci.
Ce budget 2011 connaît une légère augmentation (2 %) par rapport à celui de 2010 en termes de ressources et dépenses (3,5 %).
Denis Koné

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GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
Yorosso et Koury au cœur d’une étude
Le programme de recherche-action Negos-GRN est financé par l’Union européenne et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) dans 3 pays de l’Afrique occidentale (Mali, Burkina Faso et Sénégal). Il vise à doter les divers acteurs de la gestion des ressources naturelles d’outils innovants de négociation pour la gestion durable des ressources naturelles dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et la désertification.
Au Mali, le programme a démarré en 2009 et mis en œuvre par un opérateur de terrain, l’Association malienne pour l’éveil au développement durable (AMEDD) et le Groupe d’études et de recherche en sociologie et droit appliqué (GERSDA) de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), qui joue le rôle de laboratoire de recherche. Les communes de Yorosso et Koury et les problématiques du schéma d’aménagement pastoral et des marchés ruraux de bois ont été choisis comme site et problématique de recherche.
Le 2e atelier du Groupe d’apprentissage mutuel (Gam) s’est tenu le jeudi 16 décembre au Crès de Badalabougou. Cette rencontre entre les différents intervenants que sont les responsables forestiers, les représentants des collectivités décentralisées et les chercheurs vise à échanger autour des résultats produits par la recherche et des axes d’intervention identifiés et discutés avec les acteurs locaux.
Les travaux, placés sous la présidence du doyen de la FSJP, Pr. Cheick Hamalla Fofana, se sont déroulés sous forme d’exposés-débats dirigés par les Pr. Kader Traoré et Moussa Djiré de GERSDA et Algassimou Diallo et Bougouna Sogodogo de AMEDD. L’atelier a permis de donner un éventail d’information sur le programme Negos-GRN.
Les pistes de stratégies et d’actions ont été discutées et améliorées avec au centre l’identification des grands problèmes de la GRN et les pistes de solution.
Abdrahamane Dicko

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FESTIVAL MONDIAL DES ARTS NEGRES
L’imposture sénégalaise... et aussi
Enfant du Rassemblement démocratique africain (RDA), je suis des couvées de sa section Union soudanaise qui a fusionné avec le PSP en un front patriotique, à l’avènement de l’indépendance. C’est la raison pour laquelle, je déplorais dans un article, paru dans Cauris, en 1993, la ressuscitation inopportune de ces vieux partis, à la "carte de visite d’outre-tombe".
Bien sûr, ma mise en garde fut vaine. Les développements que je prédis à l’époque sur le destin des pseudo partis, anciens et nouveaux ; à savoir la question principielle de la légitimité, qui devait indubitablement surgir à terme, et entraîner des divisions et déchirures, ont été vécus, hélas.
Ces partis de la circonstance (US-RDA, PSP, Adéma, Cnid) ont tous volé en éclats, et, c’est bien dommage, pour nous autres qui avons toujours souci de poursuivre la lutte de libération nationale, qu’un certain Comité militaire dit de "libération" nationale (hic) a dévoyée par ses liquidations en série, brisant l’élan amorcé de la décolonisation, inachevée.
J’ai exprimé, sous la Transition, dans un article paru dans L’Essor, en 1992, ma réserve pour une "réhabilitation émotionnelle du président Modibo", avant "d’avoir vidé le contentieux de la mort de Fily Dabo et de ses compagnons d’infortune". Ces rappels ne sont ni pour l’ego ni pour la gloriole, mais pour attester d’une indépendance de jugement nécessaire dans un souci d’objectivité, de vérité, face à l’histoire livrée à la controverse partisane, à l’absence d’un sérieux travail d’historien.
Je parle ici pour mes pères, aussi fautifs ou coupables qu’ils aient pu l’être à certains égards, et dont les vrais héritiers se font plutôt rares. Dans ma "diète" éditoriale, désabusée, confinant l’assoupissement, un coup de semonce, depuis le Festival mondial des arts nègres (Fesman) à Dakar, me tire de mon apparent cocon d’indifférence.
Me Abdoulaye Wade, ci-devant le président du Sénégal, déclare que son pays est le seul en Afrique qui a dans sa Constitution le principe d’une aliénation de sa souveraineté nationale pour "un ensemble supérieur". A-t-il cité la formule de mémoire ? Je l’ignore, ne m’étant pas donné le temps de vérifier la formulation exacte dans la Constitution sénégalaise.
Je sursaute d’indignation, car il s’agit là d’une mauvaise formulation de l’engagement constitutionnel malien à abandonner "tout ou partie de sa souveraineté au profit de la réalisation de l’unité africaine". Je fais exprès de piéger l’objecteur éventuel sur le mot "malien", qui, ici, renvoie à l’éphémère Fédération du Mali, ayant regroupé le Sénégal et le Soudan. Lesquels ont tous, semble-t-il, gardé une partie du legs institutionnel de cette entité : l’un le texte, l’autre la musique, de l’hymne ; les deux, la devise ; et, en plus, cette disposition constitutionnelle avant-gardiste, qui était une ouverture du projet fédéral aux autres Etats hésitants, qui traînaient, influencés par les intrigues de l’ex-Métropole, bien que certains aient eu à participer à la mise en place de l’instrument législatif de la nouvelle Fédération, à Bamako (les délégués du Dahomey et de la Haute-Volta).
J’ai entendu, par le passé, des Maliens se targuer également d’être "les seuls en Afrique" à proclamer une pareille clause de souveraineté. On pourrait dire que c’est légitime que nos deux Etats puissent s’enorgueillir, chacun de son côté, de cette profession visionnaire et la revendiquer en se l’appropriant.
" Jiggen" et dot du mariage capoté
Mais, lorsque le président de la République du Sénégal, qui a pour conseil d’éminentes références, comme le Pr. Iba Der Thiam, et tant d’autres sommités sénégalaises, se permet, en pareille circonstance solennelle, devant le monde entier à l’écoute, un détournement de paternité de l’option politique sans doute commune, je dis halte à l’imposture.
Je me serai, malgré tout, bien gardé de reprendre la plume pour relever ce coup retors du Vieux, sans la tentative déloyale associée de récupération du dessein panafricaniste par ceux-là qui ont été les premiers à mettre un coup de frein et saborder la première expérience de réunification des Etats du continent, cédant aux basses manœuvres des colonialistes. Rendons à Modibo et ses compagnons (dont de dignes fils du Sénégal) la juste reconnaissance de leur mérite. Le Sénégal ne peut garder et la "jiggen" (fiancée) et la dot de notre mariage capoté.
Les confessions de feu Mamadou Dia à différentes occasions sont édifiantes. Et le propos de Senghor, également. L’on sait aujourd’hui, par autant de témoignages, des langues qui se délient, que l’éclatement de la jeune Fédération du Mali naissante, suite à la sécession sénégalaise, sous de fallacieux prétexte de récrimination contre "l’autoritarisme" de son président, était une manigance du gouvernement français d’alors, dont les barbouzes ont su manipuler certains des leaders sénégalais contre des velléités supposées de domination soudanaise. Tous les acteurs sénégalais ont reconnu en Modibo un homme de parole, loyal et droit, à la foi inébranlable. Que dire de plus ?
Me Wade est une icône, qui fut longtemps une idole pour une certaine jeunesse africaine combattante contre des régimes de carence, inamovibles, se maintenant par tous les moyens. Il fut adulé pour son courage, sa persévérance, son esprit du jeu, qui devait par finir secréter l’alternance. Le "monstre sacré" de l’opposition sénégalaise, depuis, a cessé, à l’épreuve du pouvoir, d’être le modèle qu’il fut, lorsque l’on voit se perpétuer sous lui les mêmes tares, et même pire, reprochées par lui aux équipes d’alors, la tentative de confiscation dynastique du fauteuil, des actes désinvoltes présumant un déni d’Etat, avec un culte associé, non à un quelconque mythe, mais à celui d’un sauveur autoproclamé, qui serait élu par son don de visionnaire.
Nous, qui, étudiants, l’avions en sympathie, et avons salué sa consécration, étions bien loin d’imaginer pareils glissements, pour ne pas dire gauchissement de la gouvernance "Sopi". Je dirai, un peu philosophe, que c’est le destin des lumières de finir par s’éteindre.
Wade, président, a pris des initiatives qui marquent, il faut le reconnaître. Ce monument gigantesque, qui figure une ambition pharaonique pour l’Afrique que l’on aurait voulu voir chez plus jeune que lui ; l’accueil d’étudiants haïtiens, après le drame de l’île - un symbole politique fort qu’il a failli embourber dans une malencontreuse boutade et la présente édition du Fesman.
C’est le lieu de remettre la question d’Haïti face à la conscience des Africains. Haïti est la première République noire, libre. Comment comprendre qu’à part la présence de Thabo Mbeki, aucun autre chef d’Etat du continent n’ait assisté à la célébration des 200 ans de cette intime partie d’Afrique, encore et toujours malmenée par les Occidentaux ?
Petits calculs
N’est-il pas curieux que le tremblement de terre qui a ébranlé le pays ait coïncidé avec des tirs de missiles (nucléaires ?) par la France dans la zone, qui devaient prétendument survoler cet espace pour finir derrière l’Amérique centrale, selon l’explication officielle ? Et cet accablant choléra qui leur tombe dessus, manifestement d’origine criminelle, forces onusiennes et croyances prises en couverture, pour dérouter. Cette épidémie rappelle celle à la Réunion et en Nouvelle Calédonie, infestées par le chikungunya, où les populations réunionnaises ont indexé les forces américaines.
On sait comment cette armée a arraché des îles à leurs habitants qu’ils ont déportés, contre toute notion de droit. Et, le président Wade se fait l’écho d’une déportation des Haïtiens, dont la moitié d’île est toujours convoitée par des puissances qui voudraient y trouver, comme à Saint-Domingue, contigu, un havre de plaisance nettoyé de la présence des Nègres débarqués ici au hasard de l’Histoire, et qui se sont victorieusement débarrassés de l’occupation coloniale française.
Depuis, on ne leur fait que des emmerdes. Après la chute de la dictature des Duvalier, soutenue par les rapaces à l’affût, le pays a sombré dans "l’ingouvernabilité" des ingérences. Un général brésilien commandant les forces de l’ONU y a trouvé la mort dans des conditions suspectes, non élucidées, juste avant que l’armée américaine ne vienne éjecter manu militari le président légal et légitime, le père Aristide, déporté au Nigeria, puis accueilli par Mbeki en Afrique du Sud.
L’Afrique digne et légitime ne peut rester indifférente au sort d’Haïti ni demeurer muette, et laisser faire la flibusterie occidentale. Les Noirs, victimes plus que jamais du racisme, ont besoin de dirigeants qui savent réagir, et même rugir, pour se faire entendre et respecter, et non subir honteux, dans un alignement de queue leu leu entre les jambes, de tape "cul de nègre", de réalisme défaitiste de ceux qui n’ont rien à défendre, même pas l’honneur.
La solidarité n’est pas une question d’argent. Combien sont mille fois plus riche que le Sénégal ? Wade, en bon Sénégalais, a indéniablement ses petits calculs.
N’empêche que c’est tout à son honneur de poser le geste symbolique... pour l’Afrique ; une Afrique sans idées, sans imaginations, sans initiatives autres que celles des institutions internationales, endimanchées des noms des capitales : "Initiative de Bamako" par ci, de Maputo par là, d’Antananarivo par delà, avec autant de 0 pointé à la fin. Pauvres Africains ! Ça fait pitié. Mais, une certaine classe y trouve à manger, à profiter, à discourir sur le vide, et tant pis.
Maintenant, en Haïti, comme partout, c’est l’épisode forcé des élections, qu’elles soient démocratiques ou pas, sous contrôle des maîtres du monde, avec ses tricheries, ses arrangements et ses hold-up, tolérés pour certains, irrecevables pour d’autres. Voyons de près ces élections en Afrique, dont un cas aujourd’hui préoccupe tous les fils du continent : la Côte d’Ivoire.
A suivre.
PS : Je présente ici mes condoléances à la famille du jeune Malien assassiné par la police française, la semaine dernière. Si rien n’est fait par nos autorités, par nos pseudo associations des droits de l’Homme, par nos dits "excellents" avocats, par les comités braillards des droits et libertés de pays choisis, par les politiques et humanistes français, alors le peuple malien doit en tirer les conséquences.
Mohamed Coulibaly
(ingénieur)

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SAMU SOCIAL MALI
L’étude sur les enfants et jeunes de rue présentée
Au cours d’une cérémonie jeudi à Bamako, le Samu social Mali a présenté les résultats d’une étude sur les enfants et jeunes de la rue.
A Bamako, l’exclusion touche plus particulièrement des enfants de rue. Peu de données fiables et de recherches existent sur ces enfants des rues dans la capitale malienne.
Le Samu social international et le Samu social Mali ont commandité une étude, avec pour objectif de renforcer les capacités de compréhension et d’analyse du phénomène par tous les acteurs concernés au Mali, associations, pouvoirs publics et partenaires au développement afin de mieux penser ou repenser les interventions en faveur des enfants de rues.
L’équipe présentée s’appuie notamment selon la présentation faite sur les bases de données implantées dans tous les dispositifs du Samu social "source d’information unique sur les personnes touchées par l’action des Samu sociaux".
L’étude a été réalisée sur 16 mois, dont une période de 7 mois exclusivement consacrée à la recherche sur le terrain. "Cette recherche s’est appuyée sur les connaissances et l’expérience acquises par l’équipe du Samu social Mali". Ainsi, précise-t-il, les professionnels du Samu social Mali ont été directement impliqués dans la construction et le développement de l’étude.
La réflexion se développe autour de quatre enjeux. "Les conclusions de l’étude ont enfin donné lieu à la formulation de recommandations afin de dépasser l’enjeu de recherche et de susciter le débat et l’action", conclut Samu social.
Il faut rappeler que les missions de Samu social est d’identifier les pathologies physiques et les traumatismes psychologiques des enfants rencontrés en rue afin d’y apporter la réponse adaptée. Il s’agit surtout de rétablir une relation de confiance entre l’enfant et le monde des adultes.
Nassou Kéita
(stagiaire)

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ENTREPRENARIAT FEMININ
Plus de 160 millions de F CFA pour soutenir des femmes
Jeudi, dans un hôtel de la place, il a été procédé au lancement des activités d’appui au micro entreprenariat féminin dans le district de Bamako. Il marque le début d’un partenariat entre Layidu Wari et l’ambassade de France au Mali.
Le projet a bénéficié du soutien financier du Fonds social de développement, qui s’élève à plus de 160 millions de F CFA, soit plus de la moitié du montant du projet. Il est destiné à soutenir la création ou le développement de micros entreprises féminines.
Au total, les femmes de 55 quartiers de toutes les communes pourront bénéficier du projet. Il permettra de développer les activités économiques des bénéficiaires, de renforcer la dynamique associative, de faciliter l’accès aux services financiers, etc.
Etaient présents à la cérémonie d’ouverture le ministre en charge de la Promotion féminine et l’ambassadeur de France au Mali.
Mohamed Daou

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DOSSIER BIENNALE
EPILOGUE
Les Biennales au Mali
La Biennale, en tant que manifestation culturelle de la jeunesse du Mali, marqua (et marque encore) une étape importante dans le processus de prise de conscience des jeunes de ce pays en vue de son édification politique, économique et sociale.
Les premières éditions eurent lieu sous la Ire république (1960-1968) dans l’esprit de mobiliser la jeunesse autour des idéaux et des programmes politiques de l’US-RDA, mais également dans celui de permettre un meilleur brassage des jeunes des différentes régions.
Pour les responsables de l’US-RDA, l’organisation de cette manifestation artistique et culturelle visait un double but : sensibiliser la jeunesse sur les graves problèmes de développement socio-économique du pays et créer un cadre agréable et dynamique pouvant favoriser la symbiose au sein de la jeunesse considérée comme l’avenir de la nation.
En raison du fait qu’à l’époque il n’y avait pas un ministère complet de la Jeunesse (pour des raisons budgétaires, assure-t-on), l’organisation de la manifestation fut confiée dans les années 1965-1966 au Commissariat à la Jeunesse, faisant office de département ministériel.
Les différents thèmes abordés alors dans les pièces théâtrales et dans les ballets à thèmes furent éminemment politiques à cause de l’orientation socialiste du régime et d’aucuns, dans l’opposition politique, crurent y voir une forme de propagande en faveur de celui-ci.
Il faut signaler qu’à l’origine, la manifestation ne s’appela pas Biennale artistique et culturelle mais bien Semaine nationale de la jeunesse et, sous cette forme, toutes les éditions de celle-ci se tinrent dans la capitale à cause sans doute du manque d’infrastructures appropriées dans les régions.
Le coup d’Etat militaire de novembre 1968, en venant interrompre inutilement le cours normal des choses, annula par la même occasion toutes les décisions politiques relatives à la jeunesse et prises par le régime antérieur. Les structures mises en place par l’US-RDA furent soit supprimées, soit mises en veilleuse en attendant de trouver la bonne formule qui d’ailleurs ne vint jamais.
Seules furent autorisées à fonctionner, mais sous le contrôle des militaires, les équipes sportives parmi lesquels le foot et le basket, en plus de l’athlétisme pratiqués de préférence dans les établissements scolaires. Cependant, le CMLN, plus les années se suivaient, plus se rendaient compte du vide laissé par les Semaines de la jeunesse et de difficultés à mobiliser la jeunesse en dehors de l’existence d’un parti politique et d’un cadre légal approprié.
Certains de ses éléments éclairés, sans doute conseillés par des gens avisés, conduisirent le CMLN et le gouvernement dans les années 1976, à reprendre la formule des Semaines de la jeunesse qui avaient fait leurs preuves et prouvé leur efficacité en tant que cadre de mobilisation de la jeunesse. L’idée de la Biennale s’imposa alors comme une nécessité politique autant que la création d’un parti politique et le retour à une vie constitutionnelle normale promis par le CMLN mais toujours remis à plus tard.
Mais les militaires le firent avec leurs idées propres qui allaient dans le sens de la légitimation de leur pouvoir et la publicité autour des quelques réalisations qu’ils avaient pu accomplir entre-temps. Ils voulurent innover, mais ne surent pas comment faire et mélangea les genres. Dans ce climat fut organisée du 3 au 12 juillet 1976 la Biennale artistique et culturelle de la jeunesse qui fut un gaspillage d’argent pour rien tant étaient médiocres les différentes prestations des troupes régionales.
La même médiocrité caractérise les éditions 1979 (1re Biennale sportive de la jeunesse à Ségou) et de 1981 (Mopti). De façon générale, ces biennales, quelle que fût la formule choisie, s’attachaient à dénoncer sans grande conviction les maux qui rongeaient la société : la corruption, l’enrichissement illicite, la crise de l’école, le relâchement des mœurs, etc. Elles furent donc d’aucun impact sur la conduite de la vie politique et sur l’évolution des mœurs.
L’ère démocratique jugeant que la Biennale est plus l’œuvre de l’US-RDA que de l’UDPM, décida de la maintenir et de l’enrichir en associant les acteurs culturels du secteur privé à son organisation.
Dans cet esprit furent déjà organisées deux éditions : Kayes (2008) et Ségou (2006) et la 3e est prévue pour Sikasso ces jours-ci. L’ambition de ces biennales est de propager les valeurs démocratiques dont la bonne gouvernance tout en mettant l’accent sur le patriotisme et le sens du devoir et de la responsabilité.
Facoh Donki Diarra

 

BIENNALE-2010
Le Kénédougou prêt
La Cité du Kénédougou est fin prête pour recevoir les nombreux hôtes qui s'y rendront à l'occasion de la Biennale artistique et culturelle.
Le ministre de l’Artisanat et du Tourisme vient de boucler une visite d'inspection des lieux d’hébergements et hôtels à Sikasso. "J'étais venu à Sikasso m'entretenir avec tous les acteurs et m'assurer que les travaux préparatoires se déroulent comme prévu", a indiqué le ministre Ndiaye Bah, satisfait du niveau des préparatifs. Les installations annoncent une belle fête.
" Au regard de ce que je viens de voir, a-t-il déclaré, je ne peux espérer mieux". Il a apprécié les sites visités : les hôtels réservés aux personnalités de marque en passant par les voies menant à certains sites historiques comme le Mausolée de Tiéba et les ruines du Tata. "L’organisation de la Biennale est ici une question d'honneur, un défi que nous allons relever. Sikasso est prête à recevoir les troupes artistiques et culturelles", se félicite un responsable communal.
La ville de Sikasso a mis au point, dans une ambiance pour le moins animée, les derniers préparatifs pour accueillir la Biennale artistique et culturelle édition 2010. Une manifestation qui se déroulera du 19 au 29 décembre 2010 au stade Babemba Traoré et dans la salle Lamissa Bengaly, la ville ayant hérité récemment d’un cadre d’assainissement grâce à l’effort conjugué du comité d’organisation et de la mairie. Les grandes artères sont d’ores déjà imbibées de l’ambiance joyeuse et conviviale habituellement insufflées par les soirées musicales et rues marchandes qui se profilent à l’horizon.
A l’entrée, la ville accueille depuis plusieurs jours les artistes et invités, venus, non seulement célébrer la gaieté et la bonne humeur des Sikassois mais aussi et surtout, s’incliner à la mémoire des grandes figures de la résistance du Kénédougou disparues, il y a plusieurs années, en laissant un héritage culturel des plus riches du Mali.
Selon le directeur régional de la jeunesse des sports, des arts et de la culture, Modibo Bagaga, "la Biennale a eu un bon écho auprès des artistes qui s'en ont félicités et prêts pour compétir, à l’image des artistes musicaux qui donneront le ton au cours d’un grand concert géant prévu le 18 décembre au stade Babemba Traoré avant la soirée inaugurale".
Pour les observateurs, cette édition ne peut être qu’une réussite au vu des moyens humains et matériels investis sur le terrain. De plus, la salle Lamissa rénovée, d’une capacité de plus de 1000 places, permettra à un nombre important de spectateurs de savourer les productions des artistes conviés. Les 10 jours de la Biennale artistique culturelle et surtout ses soirées s’annoncent des plus animées, les autorités régionales ayant mis en place différents dispositifs dont un pour faciliter le transport vers les lieux de spectacle.
Le ministre de la Culture a rencontré mardi la commission régionale d’organisation pour s’imprégner de l’état d’avancement des préparatifs. Comme lors de la Can-2002, la notion de "jatigiya" est au cœur du dispositif d’accueil des hôtes, chaque quartier de la ville de Sikasso sera chargé de la réception, l’animation et l’hébergement d’une troupe régionale. Les dernières stratégies de communication mise en place ont permis aux Sikassois de la diaspora et de l’Association pour le développement de la région de Sikasso d’apporter une contribution de taille et de faire la Biennale un mini-projet de développement.

Ils ont dit…
Tahirou Ouattara (commerçant) :
" La Biennale-2010 se déroule chez nous et nous espérons remporter le trophée pour tous les sacrifices consentis par la population pour sa réussite. Nous voulons, cette année, faire mieux que les années précédentes et si possible être sur le podium. Pour nous les jeunes, la Biennale artistique et culturelle représente une découverte des merveilles de notre patrimoine culturel".
Amadou Traoré (enseignant) :
" Dans le contexte actuel de difficultés socio-économiques accentuées par l'insécurité alimentaire et la cherté des denrées alimentaires, on s'est demandé, au sein de l'opinion publique nationale pourquoi organiser, à ce moment une Biennale artistique et culturelle, nécessitant des dépenses importantes. Mieux valait utiliser ces fonds dans le cadre du renforcement de la lutte contre l'insécurité alimentaire".
B. Y. Cissé

 

BIENNALE ARTISTIQUE ET CULTURELLE
Semaine de la jeunesse au commencement
La Biennale artistique et culturelle a connu plusieurs appellations. Instaurée par les autorités de la Ire République pour le développement de notre culture, la Biennale connaîtra une période d’hibernation avant d’être de nouveau restaurée.
Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Mali, soucieux de la préservation de l'identité culturelle de son peuple, s'est attelé à la promotion de sa culture dans toute sa diversité. Ainsi est né un créneau appelé "Semaine de la jeunesse", créé par le gouvernement de la première République. Les semaines concerneront en premier lieu la jeunesse de l'époque.
La "Semaine de la jeunesse" va enregistrer 7 éditions qui se tiendront de 1962 à 1968, année de la prise du pouvoir par une junte militaire. Sous la IIe République, la "Semaine de la jeunesse" est devenue Biennale artistique, culturelle et sportive, qui a connu dix éditions de 1970 à 1988.
La Biennale artistique, culturelle et sportive est une manifestation populaire qui mettait en compétition les formations artistiques, les artistes, créateurs de l’ensemble des régions du pays. Malgré les difficultés financières qu’elles ont souvent rencontrées, elles ont connu un succès populaire.
Et pour cause : elle a favorisé un brassage des différentes ethnies du pays, une meilleure connaissance des cultures des unes et des autres. Au-delà, elle a contribué à l'émergence d'une culture de paix et de citoyenneté dans notre pays.
Un autre créneau consacré au développement des disciplines sportives connu sous le nom de Biennale sportive existait aussi. Celle-là a connu trois éditions : 1979 à Ségou, 1981 à Mopti et 1983 à Sikasso. Cependant, la Biennale a connu une période de léthargie de près de dix ans qui a sérieusement entamé nos valeurs artistiques et culturelles et plongé le pays dans une hibernation culturelle. Cette interruption, pour des raisons politiques, pensent certains intellectuels du milieu artistique et culturel, car, il s’agissait d’une véritable tribune où étaient mises à nu les tares de régime et de ses dirigeants, a donné un coup d’arrêt à l’éclosion de nos valeurs culturelles.
C’est donc avec fierté que les autorités de la IIIe République ont de nouveau ressuscité la Biennale avec plusieurs innovations. La Biennale prendra alors le nom de Semaine nationale des arts et de la culture avec une seule édition. Cette Semaine n'a malheureusement pas comblé les attentes en raison de difficultés liées à son organisation et à la mobilisation de la population. D’où l’organisation d’un forum d’évaluation la même année pour baliser le chemin d’un nouveau départ.
Ce forum recommandera la relance de la Biennale dans le cadre du développement d'une culture nationale démocratique. La reprise aura eu lieu en 2003 à Bamako avec une délocalisation en 2005 dans la Cité des Balanzans, Kayes en 2008 et Sikasso en cette année de célébration du cinquantenaire.
Denis Koné

 

KORA DEMBELE, DIRECTEUR NATIONAL DE L’ACTION CULTURELLE
" La Biennale est un symbole fort pour notre pays"
Le directeur national de l’action culturelle, Kora Dembélé trouve en la Biennale artistique et culturelle une activité majeure du ministère de la Culture. Il pose un regard de professionnel sur la Biennale à travers ses différentes éditions de 1962 à nos jours.

Les Echos : Quelle est la signification de la Biennale artistique et culturelle au Mali ?

Kora Dembélé : La signification ou le concept que l’on peut donner à la Biennale c’est qu’elle constitue aujourd’hui un symbole fort de notre pays dans le sens de la consolidation de l’unité nationale, car la culture est fédératrice et elle est ce que les fils d’un même pays ont en partage, ont en commun. Elle est soutenue par une volonté politique depuis son institution. L’une des activités majeures du département de la Culture est la Biennale artistique et culturelle, un événement à caractère national soutenu par une volonté politique.
Depuis son accession à l’indépendance, le Mali, conscient de la préservation de l’identité culturelle de son peuple, s’est attelé à la promotion de sa culture dans toute sa diversité. Pour parvenir à cette fin, le gouvernement de la Ire République a créé un espace culturel dénommé "Semaine de la jeunesse", avec les ardeurs de l’indépendance. Les Semaines tout comme les autres espaces culturels se sont appuyés sur la jeunesse de l’époque. Elle aura enregistré sept éditions de 1962 à 1968.
Sous la IIe République la "Semaine de la jeunesse" est devenue "Biennale artistique, culturelle et sportive" qui a connu dix éditions de 1970 à 1988.
La "Biennale artistique et culturelle" est une manifestation populaire qui met en compétition les formations artistiques, les artistes et créateurs des communes, des cercles et des régions du pays. Les biennales ont connu un succès populaire sans précédent, et à ce titre elles ont favorisé le brassage de la jeunesse et le renforcement de la cohésion sociale et ont contribué à l’émergence d’une culture de la paix et de citoyenneté.

Les Echos : Quelle politique de développement culturel la Biennale peut promouvoir ?

K. D. : La Biennale, au-delà de son caractère populaire, met en valeur notre patrimoine artistique et culturel à travers les différentes disciplines au programme et qui représentent aussi les différents domaines de la culture. Depuis sa délocalisation, elle participe au développement des infrastructures culturelles et par conséquent à la promotion des expressions artistiques et culturelles tout en impulsant la créativité, favoriser la circulation des artistes et de leurs œuvres. Elle démocratise la culture, en ce sens qu’elle la rapproche des populations. Elle crée les conditions pour l’émergence de jeunes talents et des initiatives citoyennes en faveur de la promotion de la culture dans toute sa diversité.

Les Echos : La Biennale a-t-elle une incidence sur la cohésion sociale en général et celle de la jeunesse en particulier ?

K. D. : Bien sûr que oui. De Tessalit à Kéniéba et de Gao à Koulikoro, des jeunes des premières biennales ont encore gardé les liens de fraternité et d’amitié et cela à chaque édition depuis les Semaines nationales. Les activités de la Biennale sont un prétexte à l’atteinte des objectifs majeurs que sont la consolidation de l’unité nationale et le renforcement de la cohésion sociale. La Biennale en ce sens est original, unique en son genre en Afrique et que plusieurs pays nous envient.

Les Echos : Y a-t-il une différence entre la Biennale telle qu'elle se passait dans le temps et maintenant ?

K. D. : Oui et non ! Non en ce sens que le schéma d’organisation reste le même, c'est-à-dire dans ses phases locale, régionale et nationale. Ce qui est normal au regard des objectifs (un événement à caractère national qui fait participer tout le pays en exploitant notre patrimoine dans toute sa dimension ; faire participer toutes les couches sociales "administrations et collectivités en synergie"). Les disciplines artistiques restent les mêmes, ce qui est aussi normal au regard des expressions artistiques.
Non, parce que la Biennale a entamé un processus de délocalisation depuis 2005 à Ségou, Kayes 2008 et Sikasso 2010. La différence existe alors dans son organisation : pas de commission nationale d’organisation ; pas d’appropriation de la gestion des ressources financières par le ministère de tutelle les fonds sont envoyés aux gouverneurs de région (transport, restauration, exposition thématique, per diem des artistes, etc.) ; la responsabilisation entière de la région qui accueille la Biennale notre rôle ne se limite qu’à l’appui financier, l’appui conseil, l’appui technique bien sûr avec un droit de regard sur l’organisation et tout cela en synergie avec la région.

Les Echos : Pouvez-vous nous évoquer quelques-uns de vos souvenirs en tant que ancien de la Biennale artistique et culturelle ?

K. D. : Ce sont des sentiments de nostalgie et de regret en même temps. Nostalgie au regard de l’ardeur patriotique, de l’enthousiasme et l’esprit de civisme qui accompagnaient la Biennale dans une ambiance cordiale et populaire. Regret au regard d’abord de la grande interruption qu’a connue la Biennale et ensuite le fait que la plupart de nos compatriotes y compris les intellectuels ne mesurent pas encore la dimension économique de la culture, la dimension de culture de paix, la dimension d’asseoir notre culture sur des bases solides, des valeurs intrinsèques qui constituent des référentiels pour un peuple, pour notre peuple. Regret enfin à cause du fait que pour la plupart des gens elle n’a qu’un caractère hédonique et comparaison n’est pas raison ce que nous mettons dans le sport nous pouvons accepter de faire les mêmes sacrifices pour la culture et les artistes.

Les Echos : Y a-t-il des retombées économiques à ce rendez-vous culturel ?

K. D. : Il suffit de venir à Sikasso, chacun se tire la couverture à sa manière, des grands opérateurs aux détaillants, les opérateurs de téléphonies mobiles, etc., mais déjà les hausses vertigineuses des prix sont passées par là.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

BIENNALE ARTISTIQUE ET CULTURELLE
Terreau fertile de l’éclosion de talents
La Biennale artistique et culturelle du Mali a été un tremplin pour de nombreux grands artistes du Mali.
De la Semaine artistique culturelle et sportive à la Biennale artistique et culturelle, que de grands noms de la musique malienne ont été révélés ! Parmi eux, on peut citer : Nahawa Doumbia, Amy Koïta, Abdoulaye Diabaté, Djénéba Seck, Toumani Diabaté, Mah Kouyaté n°1, Mariam Bagayoko, Tata Bambo.
Certes, la plupart de ces artistes ont connu un début de vie artistique en famille, mais tout montre à croire que l’encadrement reçu lors de leur passage dans les troupes à l’occasion des semaines et biennales artistiques et culturelles a été pour beaucoup dans leur carrière. "Il y a toujours une différence entre un jeune artiste qui est passé par la Biennale et les autres", reconnaît un technicien des arts et de la culture.
Evénement phare de la culture malienne, la Biennale regroupe des jeunes de tous âges des différentes régions du Mali, qui se mesurent dans différentes disciplines : chœur, théâtre, ensemble instrumental, solo de chant.
Découverte par les agents du ministère de la Culture alors qu’elle chantait en groupe avec ses amis, Nahawa Doumbia participe aux "semaines de la jeunesse" à l’échelon local tout d’abord puis régional. Sur d’elle, en 1980, Nahawa prend part à la "Biennale artistique et culturelle". La jeune fille à la voix "envoûtante" s’est détachée de ses camarades des autres régions et a gagné avec "Tinye de be laban".
Forte de ce succès, elle se présente alors au concours Découvertes de RFI dont elle a été lauréate en 1981. La native de Bougouni ne cesse de répéter que la Biennale est un tout pour elle. Star incontestée de "Koulé Star" de Koutiala la première participation d’Abdoulaye à la Semaine artistique culturelle et sportive à Sikasso en 1975 le fera découvrir par des milliers de jeunes des différentes régions du Mali.
Elle aussi a passé par la case Biennale et l’Ensemble instrumental pour être connue des Maliens. Amy Koïta, puisque c’est elle qu’il s’agit, compte tant à Djoliba (son village natal) que dans le Mali. Elle a gagné avec une de ses chansons lors de la Biennale de 1980. Ce qui la propulsera davantage sur la scène nationale.
Tata Bambo : la pionnière
En plus de ses prestations exceptionnelles sur les planches, le public Bamakois découvre Djénéba Seck, en 1984. Cette année, elle remporta le trophée de la meilleure soliste du district de Bamako et à ce titre, avec la troupe du district de Bamako, elle participera à la Biennale artistique et culturelle du Mali. "Je dois beaucoup à la Biennale. J’ai reçu un encadrement de la part des grands maîtres de la musique, qui m’ont dit que je pouvais aller très loin si je continue de chanter de la sorte", avait témoigné l’épouse de Sékou Kouyaté.
Que dire de l’un des plus grands joueurs de kora, Toumani Diabaté ? A 13 ans, le maître incontesté de la kora du monde (il a remporté le Grammy Awards) a participé à la Biennale du Mali avec l’Ensemble de Koulikoro. Devant des milliers de spectateurs, Toumani a remporté le prix du meilleur orchestre traditionnel. Il rejoint alors l’Ensemble national du Mali comme Amy Koïta.
Babani Koné, elle aussi a démontré son talent à la Biennale artistique et culturelle, où elle s’est révélée comme une future star. Dès lors, toutes les cérémonies de mariage de l’époque n'étaient animées que par elle. Tête d’affiche de sa génération avec "les Etoiles du Mali".
Impossible de parler de Biennale sans parler de Tata Bambo, l’autre grande des griottes du Mali. Talentueuse, Tata a fait parler d’elle devant les plus hautes autorités du Mali et ce avant le coup d’Etat de 1968. Un ancien se souvient : "Tata, à elle seule, a fait la Semaine de la jeunesse artistique du Mali. A tel point qu’elle a reçu les félicitations des plus hautes autorités d’alors".
Amadou Sidibé

NAHAWA DOUMBIA
Un pur produit de la Biennale
Dotée d'un physique de petite fille mutine, Nahawa Doumbia fait partie des grandes chanteuses maliennes de renommée internationale qui a été propulsée par la Biennale artistique et culturelle du Mali. Portrait.
Née à Mafélé, un petit village proche de la frontière ivoirienne, Nahawa Doumbia, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été élevée à Bougouni (la porte d’entrée du Wassoulou, région située au sud de Bamako et riche d'une tradition musicale spécifique).
Mais, au-delà des kilomètres qui peuvent séparer ces deux agglomérations, la petite Nahawa revient de bien plus loin. Sa mère est décédée en la mettant au monde. Nahawa n'eut la vie sauve que grâce à l'intervention de sa grand-mère qui la recueillie. Mais, décidément, le destin semblait s'acharner sur ce nouveau-né puisque la vache de la grand-mère était trop âgée pour donner du lait.
On trouva donc en catastrophe une autre vache pour nourrir l'enfant, mais un orage éclata et la vache mourut, frappée par la foudre. La grand-mère de Nahawa fit alors le tour du village, quémandant du lait aux femmes qui venaient d'accoucher.
Sont-ce ces débuts dans la vie qui ont façonné le chant de Nahawa, toujours empreint de mélancolie ? On devine sans peine que l'histoire de sa naissance et de sa survie miraculeuse a dû lui être racontée un certain nombre de fois, lui forgeant une légende à l'âge où d'autres se contentent de faire leurs premières dents.
Par la suite, son parcours est plus classique. Découverte par les agents du ministère de la Culture alors qu'elle chantait en groupe avec ses amis, elle participe aux "Semaines de la jeunesse" à l'échelon local tout d'abord puis régional. En 1980, elle prend part à la "Biennale de la jeunesse" - qui se regroupait tous les deux ans à Bamako - et gagne avec "Tinye de bè laban".
" Dans ma famille, personne ne chante et l'on n'aimait pas qu'on chante. C'est pourquoi j'ai eu tant de peine à venir à la musique. J'ai été découverte par les agents du ministère de la Culture en chantant en groupe avec mes amies et c'est comme cela que j'ai participé - contre l'avis de mon père - à la Biennale de la jeunesse", qui permettait le brassage entre les jeunes de toutes les régions du Mali.
" J'ai gagné avec une de mes chansons lors de la Biennale de 1980 que j'ai par la suite présentée aux Découvertes RFI dont j'ai été aussi lauréate".
Elle a réalisé une série d'enregistrements, mais c'est en revenant à une formule traditionnelle acoustique fidèle à la tradition musicale du terroir (balafon, kamele, n'goni, guitares et percussions) que Nahawa Doumbia a gagné ses galons sur la scène internationale.
Ouverte aux rencontres et aux nouvelles expériences musicales, elle a collaboré avec de nombreux musiciens occidentaux. D'ethnie bambara, élevée par des grands-parents musulmans, Nahawa Doumbia est une tombeuse de tabous.
Aujourd'hui, elle assume son rôle de leader musical et son nouveau groupe lui permet de résumer toutes ses expériences et d'aller de l'avant. Avec un percussionniste, deux guitaristes, un joueur de kamele n'goni, un autre de djembé et sa fille Doussou, Nahawa a rajeuni l'équipe et retrouvé la furie et l'enthousiasme de ses 20 ans.
Elle puise son inspiration dans la vie de tous les jours, dans sa propre histoire comme miroir de la douleur du monde. Douleur qu’elle connaît malheureusement bien puisque avant de devenir une chanteuse à succès, elle a travaillé pendant 12 ans comme infirmière "parce que c'est important, expliquait-elle dans une interview accordée au magazine français Vibration, de soigner et d'aider les autres".
Et, lorsqu'elle a un peu de temps, il lui arrive d'aller donner un coup de main à l'hôpital de Bougouni. Pour ne pas perdre le contact avec les gens, avec la réalité.
Idrissa Sako

 

BIENNALE ARTISQUE ET CULTURELLE
Un facteur de brassage
Héritière des Semaines de la jeunesse qui ne sont plus organisées depuis 1968, la Biennale artistique et culturelle favorise, selon Kardjigué Laïco Traoré, chargé du mouvement d’ensemble des troupes, favorise le brassage entre les fils d’un même pays.
Avant la Biennale artistique et culturelle, les premières biennales étaient artistiques, culturelles et sportives. Aux dires de Kardjigué, il a fallu attendre 1979 pour faire la division. Cette séparation a amené l’organisation à part des biennales dénommées biennales artistiques et culturelles et des biennales sportives. Notre interlocuteur se souvient qua la 1re biennale sportive a eu lieu à Ségou en 1979, la 2e en 1981 à Mopti et la 3e deux ans après à Sikasso.
Cependant, la Biennale sportive est morte depuis de sa belle mort laissant la place à la Biennale artistique. Qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule, Kardjigué Laïco Traoré reconnaît que les différentes formules ont permis "une certaine interpénétration entre les fils du pays. De se connaître et de favoriser le mariage entre les Hommes". Il témoigne que de par le passé le jeune de Kayes qui se trouvait en service à Gao intégrait la troupe de cette ville et jouait contre Kayes. Ce qui est, à ses yeux, un facteur d’intégration et de brassage.
Au-delà de l’aspect brassage, Kardjigué estime que la Biennale constitue également un facteur économique. "Le déplacement du peuple est déjà un facteur économique. Quatre-vingts dix personnes viendront de chaque région. Il y aura plus d’un millier d’invités à Sikasso. Economiquement, ça sert la ville".
Mohamed Daou

BIENNALE-2010
Les temps forts
La Biennale artistique et culturelle Sikasso 2010 devant regrouper les huit régions du Mali et le district de Bamako va donner son coup d’envoi officiel ce dimanche 19 décembre 2010. Mais auparavant, le 18 décembre, à la faveur de la "Soirée du parrain", le public est invité au stade Babemba Traoré pour un concert inédit.
Selon Kardigué Laïco Traoré, maître d’œuvre de la cérémonie d’ouverture et de clôture de la Biennale et chargé du mouvement d’ensemble des troupes, la soirée du parrain organisée à l’honneur du parrain Mamadou Lamine Koné promoteur de la marque Airness constitue un des moments forts de la Biennale que Sikasso s’apprête à organiser du 19 au 29 décembre 2010.
La soirée du parrain, prévu le samedi 18 décembre 2010, va se traduire par un concert géant au stade Babemba Traoré. Des artistes nationaux et internationaux comme Oumou Sangaré, le couple aveugle Amadou et Mariam, Nahawa Diombia, Abdoulaye Diabaté (Mali), Coumba Gawlo Seck, Viviane Ndour (Sénégal) et Aïcha Koné de la Côte d’Ivoire vont tenir en haleine de 18 h jusqu’à l’aube le public en guise d’avant-goût.
Le lendemain, la cérémonie d’ouverture officielle, prévue aux environs de 19 h, sera marquée le défilé des organisations et associatives apolitiques dont les chasseurs. Ensuite interviendra le défilé proprement dit des troupes régionales qui vont compétir dans plusieurs domaines de notre culture.
Mais en tant que responsable du mouvement d’ensemble des troupes, Kardigué Laïco Traoré confirme que c’est la troupe de Bamako qui va ouvrir le bal sous le morceau fétiche : "San mifiné do" (le Temps qui menace). Cette chanson, interprétée lors de la Biennale 1968 par une ancienne de la biennale, est, dit-on, la chanson prémonitoire de la chute du père de l’indépendance du Mali.
Notre interlocuteur nous révèle également que le mouvement d’ensemble sera exécuté sous les notes de l’icône de la Biennale. Il s’agit de "Démissenou" (les Enfants) de Nahawa Doumbia, qui est un des produits de la Biennale artistique et culturelle dont l’objectif est aussi la découverte de nouveaux talents.
Aussi, au lancement officiel des festivités, il est prévu les discours du gouverneur de Sikasso et celui du président de la République. D’autres sources ajoutent qu’au programme du lancement officiel, il est programmé une course cycliste déterminant l’ordre de passage des troupes, un débat télévisé sur les antennes de l’ORTM…
Amadou Waïgalo

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