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2010

Mois de decembre

Les Echos du 13 decembre

 

ATTRIBUTION DU MARCHE DE DIALAKOROBOUGOU-ACI
Le syndicat de l’ACI monte sur ses grands chevaux

Le syndicat de l’Agence de cession immobilière entend veiller sur l’attribution du marché de voirie et de drainage de Dialakorobougou-ACI comme sur la prunelle de ses yeux. Pour lui, le marché doit être attribué à l’entreprise qui en a les compétences. Toute chose en dehors de celle-ci ne serait pas la bienvenue, avertit-il.

C’est en compensation du retrait de Yirimadio par l’Etat que l’ACI a bénéficié de la part des autorités de terres à Dialakorobougou pour les travaux de drainage et de voirie. Les travaux concernent 2/3 du site pour un montant de 26 milliards de F CFA. Un appel d’offres a été lancé dans le journal officiel en avril dernier et a même bénéficié d’une large diffusion, informe le syndicat de l’ACI vendredi dernier au siège de l’entreprise.
" Quarante jours ont été donnés aux entreprises pour se prononcer sur le dossier". Entre-temps, affirme le syndicat, l’appel d’offres a connu un arrêt avant d’être relancé. Cette phase, notent nos interlocuteurs, a été suivie de l’ouverture des plis le 7 septembre 2010 avec deux soumissionnaires : l’entreprise HydroSahel et la société chinoise Covec, "qui ont fourni tous les dossiers".
Le hic, c’est qu’il y avait un certain nombre de préalable qu’il fallait respecter, c'est-à-dire les critères de qualifications. Il s’agit, entre autres, de la garantie de caution de 10 milliards de F CFA avoir effectué les travaux similaires. A en croire le syndicat, la commission, après analyse, a donné sa conclusion. Covec a été disqualifié parce que sa caution de soumission n’était pas suffisante.
Quant à Hydro-Sahel, son tort c’est que son chiffre d’affaires des trois dernières années ne valait pas les 10 milliards de F CFA… "C’est pourquoi l’appel a été rendu infructueux par la commission".
Voulant coûte que coûte que le marché soit attribué à HydroSahel, des administrateurs, révèle le syndicat, avaient demandé au PDG de l’ACI d’accepter la proposition de HydroSahel. Ce dernier leur a alors demandé de parapher le document y afférent. "Ce qu’ils ont refusé. Et depuis, c’était le statu quo".
Dans la crainte que l’espace soit occupé par les populations, l’ACI vient de nouveau de lancer un autre appel d’offres et ce, depuis le 1er décembre dernier. L’ouverture des plis est attendue le 6 janvier. Dernièrement, la majorité des membres du CA a demandé au PDG la tenue d’un conseil d’administration, prévu ce lundi. "Nous nous soucions plus de l’avenir de l’entreprise", avertit le syndicat.
Amadou Sidibé

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IL FAUT LE DIRE
Et les autres ?
Que l’on soit clair : je ne suis pas pro-Gbagbo - loin s’en faut -, mais un apprenti observateur de la scène politique africaine, qui assiste à la mise à mort programmée de la démocratie sur le continent. Entendons-nous bien : si ça ne tenait qu’à moi, l’ex-président ivoirien serait aujourd’hui ailleurs qu’au palais présidentiel de Cocody. Peut m’importe son sort.
Seulement voilà : dans sa fuite en avant, LG peut se défendre d’avoir des devanciers dans la pratique de confiscation en cours du pouvoir en Afrique. Mwaï Kibaki, battu à la régulière, reste malgré tout président du Kenya. Il en est de même de Robert Mugabe, laminé dans les urnes, mais qui continue de régenter son pays, le Zimbabwe. D’ailleurs, ces deux exemples ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le pouvoir en Afrique étant presque un jardin d’Eden, des démocrates sincères ont tout simplement perdu leur latin à son contact et ne le quitteraient que les deux pieds devant.
Il faut dire qu’un président de la République démocratiquement élu sur notre continent peut très rapidement devenir le démiurge de la réalité. Il concentre entre ses mains tous les leviers de l’Etat, car, ici, la séparation des pouvoirs n’est qu’une façade. Rappelez-vous la boutade de Lansana Conté (paix à son âme) : "C’est moi la justice, c’est moi l’Etat" alors qu’il était parti extraire un de ses "amis" à la Maison d’arrêt de Conakry.
Un chef d’Etat africain peut faire et défaire à sa guise les hommes. Il peut puiser impunément dans les caisses de l’Etat. Il peut, si ça lui chante, créer ex-nihilo des fortunes astronomiques sur les maigres ressources publiques. Last but not least : des hommes avides d’argent, sans foi ni loi, lui tressent des lauriers à longueur de journée. Ils lui susurrent à l’oreille qu’il est indispensable pour mieux assouvir leur soif de bien-être individuel.
Dès lors grande est la tentation. C’est pourquoi les tripatouillages, les successions dynastiques ou le maintien de clans ont encore cours sur notre continent. Si le pouvoir n’était pas un gâteau, nul doute que les présidents africains allaient, sinon écourter leurs mandats, du moins prier pour que le jour "j" de leur départ arrive enfin. Ils n’allaient tout de même pas souhaiter que leurs rejetons revivent les mêmes affres qu’eux.
Les Bambaras disent que c’est "la force (le pouvoir) qui pousse la merde", c’est-à-dire que le pouvoir peut tout, sans autre forme de procès. Dès lors, la Constitution, les principes de la démocratie et la compétition loyale sont torpillés. Des fils succèdent aux défunts pères. Des régimes voués aux gémonies passent au 1er tour avec des scores "nord-coréens". L’administration est conditionnée, la justice mise au pas ; la dilapidation continue.
La malchance de Gbagbo, c’est d’avoir accepté le principe de la certification des résultats par les Nations unies, ce qui a mis à nu la machine de la fraude électorale en Afrique. N’eût été l’implication de l’Onuci dans son "processus électoral", nul doute qu’il serait encore le président incontestable de Côte d’Ivoire, adoubé par ses pairs à travers des télégrammes de félicitations, malgré le verdict clair des urnes.
Appliquée un peu partout, la certification onusienne serait, en réalité, la dernière bouée de sauvetage de la démocratie sur le continent. Ce serait le meilleur cadeau d’anniversaire que le monde offrirait à l’Afrique globalement cinquantenaire.
A. M. T.

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ESPACE D’INTERPELLATION DEMOCRATIQUE
Encore le foncier !
Quatre-vingt-dix dossiers retenus, 18 lus, 17 annulés et une suite donnée à 20 autres : voilà le menu de la 15e édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) organisé le vendredi dernier au CICB. Une fois encore la problématique du foncier a dominé les échanges.
" EID, un moyen de contrôle citoyen de la gestion des affaires publique", est le slogan de l’édition 2010 de l’Espace considéré comme un cadre unique en Afrique initié par les autorités de la IIIe République pour réparer des torts, promouvoir la liberté du citoyen en le rétablissant dans ses droits. Une occasion donc pour les citoyens d’interpeller les membres du gouvernement sur des problèmes particuliers.
Cette année, à l’ouverture des travaux, présidés par le Premier ministre en présence des membres du gouvernement et d’autres invités de marque, le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, a fait le bilan de l’édition précédente qui a fait des recommandations relatives, entre autre, à la corruption, une meilleure protection des travailleurs des industries minières, au code des personnes et de la famille, au foncier…
A en croire le ministre, le gouvernement, à travers l’organisation des Etats généraux du foncier, et les campagnes de sensibilisation de la société civile pour l’adoption d’un code consensuel, témoigne son engagement pour l’application des recommandations de l’EID.
Pour sa part, le président du jury d’honneur de l’EID 2010, Sidiki Kaba, a salué la manière démocratique de l’EID qui, dira-t-il, rapproche davantage les gouvernants des gouvernés.
Parlant des interpellations, elles ont, dans la plupart des cas été adressées aux ministres de l’Administration territoriale et des Collectivité locale, le général Kafougouna Koné, du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Gakou Salimata Fofana. Ce qui fait croire à beaucoup de nos concitoyens que la gestion du foncier et l’administration locale des collectivités sont des questions récurrentes qui suscitent généralement des conflits et contribuent à animer des sentiments d’injustice.
Ainsi, le porte-parole des habitants des cités résidentielles (Mali-Univers et du Village Can) dans une interpellation adressée à Mme Gakou Salimata Fofana s’est opposée à la construction de l’usine de savon appartenant à Achcar, un opérateur économique libanais bien connu des Maliens. Elle a demandé la délocalisation de l’unité industrielle dans la Zone industrielle.
Les opposants à la construction de cette unité craignent des conséquences sanitaires (maladies respiratoires…) auxquelles 150 familles sont exposées. Ils ont organisé par le passé un sit-in et saisi des institutions de la République (Assemblée nationale et le Médiateur de la République) en vain.
Autre interpellation du ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’urbanisme, celle des héritiers de feu Mady Kéita qui demandent à être rétablis dans leur "droit foncier". Ancien conducteur des travaux agricoles, Mady Kéita, aux dires de ses enfants, a acquis près de 30 ha de terre agricole dans la ferme de Baguinéda, dont il était directeur à sa mort en 1971.
Les terres de la discorde
Les héritiers, qui affirment être détenteurs d’un titre foncier (TF), accusent l’administration régionale des domaines de les déposséder de leur héritage au profit d’un certain Louis Gabriel Souleymane, héritier de feue Mme Anna Souleymane dans le cadre du règlement d’un litige foncier auquel les interpellateurs se disent étrangers.
Dans sa réponse à cette accusation, le ministre a noté qu’en 1946, le gouverneur du Soudan français a accordé à Mme Souleymane une concession rurale à Sébénicoro de plus de 40 hectares. Après la mise en valeur, cette dernière a sollicité, selon le ministre, la transformation de sa concession rurale en TF.
" Face à la lenteur administrative, elle a saisi la Section administrative de la Cour suprême d’une demande de recours pour excès de pouvoir. Cette juridiction par l’arrêt n° 56 du 16 octobre 1998 a ordonné le rétablissement de la requérante dans ses droits".
Pour l’exécution de cette décision de justice, Louis Gabriel Souleymane, l’unique héritier de feue Anna Souleymane, a requis Me Séméga, huissier de son état, pour accomplir les formalités d’octroi du TF. Le TF a ainsi été cédé à Louis Gabriel Souleymane suivant l’acte administratif de cession n 384 du ministère des Domaines de l’Etat, des Affaires foncière et de l’Urbanisme le 14 août 2001.
Cependant, le ministre reconnaît que devant de multiples problèmes sociaux rencontrés lors de la prise de possession de la parcelle à cause de plusieurs familles qui l’avaient occupé entre-temps, Louis Gabriel Souleymane a sollicité la compensation dudit titre sur un autre terrain.
Au terme d’une explication complexe, Mme Gakou Salimata Fofana a indiqué que son département a commis un cabinet de géomètre pour procéder à la reconstitution des TF n°15 727 appartenant aux héritiers de Mady Keita et n°17 536 appartenant à Me Séméga.
Selon le ministre, à l’issue de cette opération qui a permis de fixer les limites initiales des TF, il a été conclu qu’il n’existe aucun chevauchement ou empiètement entre les TF, en conséquence il ne saurait y avoir de litige.
Le jury de la 15e édition de l’EID a adopté la même position.
Amadou Waïgalo


Repenser l’EID
Le représentant du Barreau malien, Me Issiaka Sanogo a, dans un discours de contribution, jeté un regard critique sur l’évolution de l’EID qui doit être, selon lui, repensé. "Ne faudrait-il pas repenser l’EID ?", s’est interrogé Me Sanogo, indiquant il est temps d’aller au-delà de la formule actuelle, en confiant son organisation, comme cela a été souhaité par certains, à une structure "réellement autonome", indépendante du département de la Justice. Me Sonogo croit qu’il est nécessaire de rendre l’EID plus vivant en favorisant le débat à travers un droit de réponse de l’interpellateur, comme cela se passe à l’hémicycle.
A. W.

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HAIBALLAH MAIGA, DIRECTEUR ENTREPÔTS MALIENS A NOUAKCHOTT
" Nous attendons nos opérateurs économiques"
Le Port autonome de Nouakchott ne grouille pas d’opérateurs économiques maliens. Les Entrepôts maliens dans ce port sont vides. Pour autant, il constitue une opportunité à saisir par nos opérateurs économiques du fait de la sécurité qui y prévaut et de la célérité dans les déchargements. A notre passage en Mauritanie pour les festivités du cinquantenaire de ce pays, nous avons rencontré le directeur des Entrepôts maliens à Nouakchott. Haïballah Maïga dit Abba qui attribue la faible présence des opérateurs économiques maliens sur le corridor à la méconnaissance de la Mauritanie qui, selon lui, regorge de nombreuses potentialités. Il en appelle aux opérateurs économiques maliens à venir tenter leur chance au port de Nouakchott. Entretien.
Les Echos : A quoi sert-il d’ouvrir des Entrepôts du Mali à Nouakchott alors que les opérateurs économiques maliens fréquentent peu ce port ?
Haïballah Maïga : Dans le cadre de sa politique de désenclavement, le Mali a toujours opté pour une diversification de ses sources d’approvisionnement à partir des pays qui ont un accès à la mer. C’est ainsi que des entrepôts ont été ouverts dans plusieurs pays de la sous-région ouest africaine notamment au Sénégal, en Côte d’ivoire, en Guinée, au Ghana, au Bénin, au Togo et évidemment en Mauritanie.
Dans cet ordre d’idée, le Mali a signé des accords en 1989 avec la République islamique de Mauritanie dans le domaine des transports maritimes, des transits et de facilités douanières. C’est après que le Mali a ouvert un bureau des entrepôts au port de Nouakchott. La Mauritanie a mis gracieusement au franc symbolique un domaine d’un hectare et demi à la disposition de la République du Mali dans le domaine portuaire de Nouakchott. Le Mali a fait un gros effort avec le budget spécial d’investissements pour financer des hangars très modernes de grande envergure de 6 mètres de haut et construire des bureaux.
Nous avons fait la réception provisoire des hangars avec l’Agetipe du Mali en octobre 2009. Notre souhait est que ces magasins servent à leur objectif initial : que des marchandises en provenance ou à destination du Mali puissent être stockées là. Mais à notre grand étonnement, aucun opérateur n’est passé par là. Tous ceux qui viennent, c’est pour le transbordement en vrac des conteneurs dans leur camion au niveau du port directement pour prendre la route du Mali.
Je pense que les échanges vont en s’intensifiant mais pas à notre souhait. Notre mission à nous, c’est de gérer les accords, conventions et protocoles en matière de transports et de transits maritimes signés entre le Mali et la Mauritanie, de gérer les installations dont le Mali dispose dans le domaine portuaire en Mauritanie et au port de rupture des charges, d’organiser l’évacuation des produits en provenance et à destination du Mali avec célérité et à moindre coût, d’assurer l’entreposage de tous les frets maliens transitant par les ports mauritaniens, d’informer rapidement et régulièrement les opérateurs économiques sur la situation de leurs marchandises au port en vue de réduire les délais de séjour etc.
Un autre volet qui est prévu, c’est la signature très prochaine de la convention relative aux échanges commerciaux entre le Mali et la Mauritanie dans le domaine des hydrocarbures liquides et gazeux qui sera un plus pour nous.
Les Echos : Qu’est-ce qui explique, selon vous, le fait que les opérateurs économiques maliens ne se bousculent pas au port de Nouakchott ?
H. M. : Pour moi, il y a une méconnaissance de la Mauritanie par les Maliens qui ont aussi leurs habitudes dans d’autres ports de la sous-région ouest africaine comme Dakar, Abidjan ou Lomé. Il faut reconnaître que le Port de Nouakchott est un petit port récent mais qui prend de l’envergure avec son volet extension qui est en cours de réalisation depuis un an. Moi, je dis qu’un opérateur économique, il est lié par ses intérêts. Ce qui est tout à fait normal.
Néanmoins, je leur demande de tenter l’expérience mauritanienne. Quand ils viendront, ils verront si ça les intéresse ou pas. Nous avons une route de plus de 1400 km qui est bien tenue. Il serait temps que les opérateurs économiques maliens fassent l’effort de revenir ici et de tenter leur chance au Port de Nouakchott où il n’y a jamais eu de grève depuis son ouverture en 1987, ni de vol et les déchargements se font avec célérité. Sans compter les barèmes prévus par le Port de Nouakchott.
Les Echos : C’est donc dire que le Port de Nouakchott représente une réelle opportunité pour les opérateurs économiques maliens ?
H. M. : Exactement. Le Port de Nouakchott accorde de nombreuses facilités aux transits et aux transbordements des marchandises à destination du Mali. Dans ce domaine-là d’ailleurs, une réduction de 60 % sur la redevance à la charge de la marchandise est appliquée à l’entrée et une exonération totale à la sortie. Pour les marchandises en transit par terre vers d’autres pays, une réduction de 40 % sur la redevance à la charge de la marchandise est appliquée. Pour les exportations vers d’autres pays via le Port autonome de Nouakchott par voie terrestre, une réduction de 70 % sur la redevance à la charge de la marchandise est appliquée.
C’est un appel que nous lançons aux opérateurs économiques maliens non pas seulement pour faire plaisir au Port de Nouakchott mais de tenter cette expérience. Et aussi de rentabiliser les hangars construits sur le fonds du contribuable malien. Il serait souhaitable que les Maliens fassent un tour et nous sommes à leur entière disposition. Notre collaboration est sans nuage avec la direction du Port autonome de Nouakchott et même avec la douane. Nous lançons un appel pressant à nos structures chargées de mobiliser ses opérateurs économiques que sont la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, le Conseil malien des transporteurs routiers, le Conseil malien des chargeurs, le Conseil national du patronat malien et le Groupement des pétroliers maliens pour qu’ils fassent l’effort de venir à Nouakchott.
Les Echos : Ne pensez-vous pas que les tracasseries routières sont pour quelque chose dans la faible fréquentation du Port de Nouakchott par nos opérateurs économiques ?
H. M. : Certes, les tracasseries il y en a. Il ne faut pas se voiler la face. Mais elles n’existent pas où ? Dans les pratiques anormales de l’Observatoire de l’Uémoa en matière de racket tout le monde est épinglé. Je pense que des efforts ont été engagés par les autorités mauritaniennes qui ont conscience de ce problème de tracasseries et qui sont en train de vouloir mettre fin à cela en supprimant beaucoup de postes de contrôles sur la route de Nouakchott jusqu’à Gogui à la frontière malienne en mettant une forme de brigade de gendarmerie. Il ne faut pas négliger le problème, mais je pense qu’il est commun à toute la sous-région africaine.
Encore une fois, c’est le lieu pour moi de lancer un appel à nos autorités et surtout à ma direction pour galvaniser les opérateurs maliens à converger vers le Port de Nouakchott afin que l’investissement venu du Mali ne soit pas vain.
Les Echos : Des échanges avec les autorités mauritaniennes, il est apparu que les bus entre les deux pays ne franchissent pas les frontières en ce qui concerne le transport des personnes. Que faudrait-il, selon vous, pour une gestion consensuelle de cette crise qui n’a que trop duré ?
H. M. : Ce problème qui a duré plus de deux ans. J’ai participé à beaucoup de discussions, de négociations au plus haut niveau avec les autorités mauritaniennes et avec des délégations venues de Bamako, je vous dirais que ça été une rupture unilatérale de l’accord de coopération en matière de protocole de transport routier qui a été visé en 1987 entre les deux gouvernements. Il faut reconnaître que quand la route nouvelle a été libérée en fin 2008, quasiment les Mauritaniens n’avaient pas de parc bus. Il y avait 6 compagnies maliennes sur le corridor qui transportaient en moyenne 1000 passagers par semaine dans les deux sens.
Honnêtement, il y a des règles dans le protocole auxquelles nos transporteurs de bus ont enfreint. C’était le transport domestique, c'est-à-dire prendre les passagers et les transporter à l’intérieur du territoire mauritanien. Il ne fallait pas. Et les nôtres l’ont fait évidemment à la demande des clients qui trouvaient ses bus confortables, rapides… Devant la pression, le gouvernement mauritanien a été obligé de prendre ses mesures qui, comme je le disais de façon unilatérale. Des voix plus autorisées que la mienne vous le diront, des négociations sont en cours en vue de trouver définitivement une solution au problème. Nous avons fait une nouvelle mouture du protocole d’accord routier et le document produit est déjà au niveau du cabinet de la Primature.
Propos recueillis, à Nouakchott, par
Mohamed Daou

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CRISE IVOIRIENNE
Une batterie de mesures pour débloquer 50 000 t de fret malien
Les autorités et les structures en charge du commerce et du transport ont pris les devants pour acheminer les 10 milliards de F CFA de marchandises maliennes bloquées au Port d’Abidjan. D’autres mesures ont été prises dont la diversification des corridors.
La crise politique ivoirienne fait craindre aux opérateurs économiques leurs affaires dans ce pays où 70 % du fret malien passe. L’alerte avait été donnée par Babalaye Daou, le président du Conseil malien des chargeurs (CMC) suite à la fermeture des frontières ivoiriennes le lendemain de la double proclamation du résultat de l’élection présidentielle.
Plus de 10 milliards de F CFA de marchandises, soit 50 000 tonnes appartenant aux milieux d’affaires maliens étaient en souffrance au Port d’Abidjan. L’appel lancé par le président du CMC visait à trouver des solutions pour l’acheminement de ces marchandises et la diversification des corridors.
Une rencontre présidée par le ministre de l’Industrie, de l’Investissement et du Commerce, le mercredi 8 décembre à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) et qui a regroupé les présidents des assemblées consulaires (CCIM, CMC, APCAM et l’APCM) a abouti à la création d’un comité national de crise.
Le comité de crise présidé par le CMC a commencé sa mission avec l’arrivée au Mali, le samedi 11 décembre, de 136 camions. Ce convoi a été suivi et encadré par le CMC en collaboration avec l’Office ivoirien des chargeurs (OIC). Une quarantaine de camions sont rentrés dimanche et le ballet continuera jusqu’à l’acheminement total des 50 000 t de fret, a indiqué Babalaye Daou le 10 décembre peu avant son départ pour Abidjan avec des membres de la commission de suivi pour s’enquérir de la situation.
Fluidifier le cordon douanier
En plus de ces dispositions d’évacuation, le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce a saisi son collègue de l’Economie et des Finances pour diligenter et fluidifier au cordon douanier le trafic des marchandises en provenance de la Côte d’Ivoire afin d’éviter une pénurie quelconque. Ainsi, les postes de douane sont ouverts 24 h sur 24. "Hier (Ndlr : jeudi) quand j’ai eu au téléphone le directeur régional des douanes de Sikasso, je me suis rendu compte que la mesure a marché. Tout le monde est satisfait", a reconnu le président du CMC.
Pour Babalaye Daou, c’est plus que jamais le moment pour nos opérateurs économiques de se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement. A ses dires, nos autorités ont fait de leur mieux pour augmenter le nombre de corridors avec la Mauritanie, le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Ghana, la Guinée et la Gambie.
Mais la destination Côte d’Ivoire était jusque-là la plus prisée à cause de beaucoup de facteurs. Selon Babalaye Daou, la préférence ivoirienne s’explique par le coût élevé du transport, la célérité dans le travail, la capacité de déchargement des bateaux mais aussi et surtout la distance relativement courte.
" A partir du Port d’Abidjan, l’opérateur économique malien peut desservir directement sans grande rupture plusieurs régions du Mali comme Sikasso, Ségou, Bamako et Mopti", a tenu à préciser M. Daou. Mais tous ces avantages risquent d’être compromis tant pour les opérateurs économiques maliens que pour les finances publiques ivoiriennes.
Abdrahamane Dicko


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15e ESPACE D’INTERPELLATION DEMOCRATIQUE
" La corruption est endémique sous ATT"

Si ATT se glorifie d’avoir fait plus que tous ses prédécesseurs, il faut dire que c’est sous son régime que le Mali est un devenu le pays où la corruption est paroxysmique. Du coup, le chemin du développement est jalonné d’obstacles et l’avenir incertain. Le verdict du jury d’honneur de la 15e édition de l’EID, tenue le vendredi 10 décembre, est implacable.

Cette corruption généralisée, devenue endémique, dans le Mali d’ATT, a été révélée au grand jour par l’ONG Transparency International, qui a publié, en octobre dernier à Berlin, son rapport 2010. Dans ce dernier classement, le Mali occupe la 116e place sur 178 pays classés, avec un indice de perception de la corruption s’élevant à 2,7 sur une échelle de 10 points. Le jury d’honneur de l’EID a même fait mention de l’endémie de la corruption au Mali.
Au même moment que l’EID se tenait, la Semaine dite de lutte contre la corruption. Il faut dire que depuis l’avènement d’ATT, le phénomène de corruption est passé d’un niveau "normal" à une échelle "pathologique", voire "endémique".
Certains experts anti-corruption estiment que sous ATT, la corruption "est le symptôme le plus visible comme une maladie extrêmement contagieuse comme la peste. Elle s’est propagée à tous les sédiments de la société au point de se métamorphoser en loi".
A tous les niveaux de l’Etat, les fonctionnaires sont corruptibles. Que dire des policiers qui obligent parfois les conducteurs à payer un pot-de-vin lors du contrôle de leur véhicule alors qu’ils sont en règle. Et les auteurs et complices des détournements de denier public révélé dans les rapports du Végal et autres structures de vérification ?
Avec ATT, on fait croire que le Mali est engagé dans la lutte contre la corruption. Sous aucun régime, la corruption n’a atteint un tel niveau d’impunité. C’est le laisser-aller. Mêmes ceux qu’on croyait jusque-là épargnés, les magistrats, sont cités en haut de la liste des corrompus. Qu’allons-nous devenir si les plus hautes autorités font la sourde oreille aux cris de cœur des populations impuissantes.
Rappelons que la corruption n’est pas seulement l’affaire du gouvernement mais aussi de chaque citoyen qui l’encourage sciemment ou inconsciemment en acceptant comme une fatalité chaque fois qu’il est confronté à une situation.
A la clôture de l’EID, le Premier ministre a reconnu que la corruption existe bel et bien mais que les autorités de plus en plus s’attèlent à l’éradiquer à travers la prise des mesures et dispositifs adéquats.
Amadou Sidibé

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LES NOUVEAUX "ZOOS HUMAINS" ?
Quand les "Noirs" "exhibent" leurs femmes

L’ORTM nous a servi encore sa fameuse "Nuit de l’ORTM" dont le clou est l’élection de celle qu’on appelle "Miss ORTM". Voici donc déjà quelques années que cette manifestation s’est installée et qu’elle rencontre un engouement de plus en plus manifeste. Du reste, "Miss ORTM" n’est ni la première ni, sans doute, la dernière "Miss quelque chose" dans notre pays ; il y en a eu et il y en aura d’autres sans doute. Par cette contribution, je voudrais simplement "inquiéter" notre entendement et notre conscience, en tant que Maliens, complices muets ou indifférents d’une "dérive anthropologique" qui confine à ce qu’on a connu ailleurs sous d’autres cieux et d’autres temps sous la forme caricaturale de "zoos humains".

Les "zoos humains" sont une invention purement occidentale. Ces exhibitions racistes qui fascinaient les Européens, spectacles zoologiques mettant en scène des populations "exotiques" apparaissent en parallèle dans plusieurs pays européens au début des années 1870 (au 19e siècle). En Allemagne d’abord, où, dès 1874, un certain Karl Hagenbeck, revendeur d’animaux sauvages et futur promoteur des principaux zoos humains, décide d’exhiber des "Samoa" et des "Lapons" comme "populations purement naturelles" auprès de visiteurs avides de sensations.
Le succès de ces premières exhibitions est foudroyant, il décide alors d’envoyer un de ses collaborateurs au Soudan égyptien dans le but de ramener des animaux ainsi que des "Nubiens" pour renouveler l’"attraction". Ces derniers connurent un succès immédiat dans toute l’Europe, puisqu’ils furent présentés successivement dans diverses capitales comme Paris, Londres ou Berlin.
Les exhibitions vont donc se succéder à une cadence soutenue dans toute l’Europe jusqu’aux expositions universelles parisiennes de 1878, 1889 (dont le "clou" était, sous la tour Eiffel - un "village nègre" et 400 figurants "indigènes" en constituaient l’une des attractions majeures), 1900 (avec ses 20 millions de visiteurs). Plus tard, viendront les expositions coloniales, à Marseille en 1906 et 1922, mais aussi à Paris en 1907 et 1931.
Comment et pourquoi cela a-t-il été possible ? C’est l’anthropologie racialisante du 19e siècle qui peut nous apporter des éléments de réponse. Ces "foires exposition/exhibition" constituent, pour la grande majorité des métropolitains, le premier contact avec l’altérité. L’impact social de ces spectacles dans la construction de l’image de "l’Autre" est immense.
L’apparition, puis l’essor et l’engouement pour les "zoos humains" résultent de l’articulation de trois phénomènes concomitants : d’abord, la construction d’un imaginaire social sur l’autre (colonisé ou non) ; ensuite, la théorisation scientifique de la "hiérarchie des races" dans le sillage des avancées de l’anthropologie physique ; et, enfin, l’édification d’un empire colonial alors en pleine construction.
Dans l’imaginaire occidental d’alors, le "Nègre" tel que révélé par l’anthropologie biologique et psychologique, est un "infra-homme" dans sa morphologie qui l’apparente plus que les autres, au "singe", et dans son "incapacité" à penser et réfléchir comme l’Occidental. Avec l’établissement des empires coloniaux, la puissance des représentations de l’autre s’impose dans un contexte politique fort différent et dans un mouvement d’expansion historique d’une ampleur inédite. Le tournant fondamental reste la colonisation, car elle impose la nécessité de dominer l’autre, de le domestiquer et donc de le représenter.
Aux images ambivalentes du "sauvage", marquées par une altérité négative mais aussi par les réminiscences du mythe du "bon sauvage" rousseauiste, se substitue une vision nettement stigmatisante des populations "exotiques". La mécanique coloniale d’infériorisation de l’indigène par l’image se met alors en marche, et, dans une telle conquête des imaginaires européens, "les zoos humains" constituent sans aucun doute le rouage le plus vicié de la construction des préjugés sur les populations colonisées. La preuve est là, sous nos yeux : ils sont des sauvages, vivent comme des sauvages et pensent comme des sauvages.
On lira avec profit, sur la question, les productions de (Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Laurent Gervereau, "Images et colonies", Achac-BDIC, Paris, 1993 ; Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, "De l’indigène à l’immigré", Gallimard, coll. "Découvertes", Paris, 1998, et bien d’autres). Avec la sortie cette année du film de Abdellatif Kéchiche, "Vénus Noire", laissant voir ce que le regard occidental a pu "fabriquer" avec la jeune fille Khoï-Khoï d’Afrique du Sud, Sawtche de son vrai nom, mais surnommée Saartje Baartman, on est abasourdi de constater que la femme exotique a toujours été l'un des thèmes importants de l'ethnologie et même de l'anthropologie qui en faisait le stade le plus bas de la diversité humaine, celle qui était toujours réduite, dans les regards des Occidentaux, à l'état de marchandise.
La femme noire est constamment ramenée à l'idée de nature, un être sauvage plus proche du genre animal que du genre humain. Telle était la réalité de Sawtche traitée comme un animal et un témoin exotique des lointaines colonies. Que sommes-nous en train de "copier" en Afrique noire depuis maintenant plusieurs décennies ? Avons-nous suffisamment réfléchi sur la portée anthropologique de ces exhibitions de jeunes filles au cours de nos soirées théâtralement bien montées ?
Mesurons-nous la portée de ce "mimétisme" de l’Occident que, du reste, par ailleurs, nous accusons d’exporter chez nous des mœurs contraires à nos façons de vivre ? Je ne voudrais pas trop tirer sur la corde ni accuser qui que ce soit, aussi, avant de suspendre cette réflexion, je voudrais simplement poser deux petites questions :
1. A partir d’un petit exemple bien de chez nous : le fameux Code de la personne et de la famille qui n’en finit pas de faire couler tant d’encre : beaucoup de respectables religieux, d’hommes politiques, et de citoyens anonymes, ont crié à "l’occidentalisation" des règles qui régissent "la personne" chez nous. Comment pouvons-nous, sur un sujet aussi sensible et sérieux, défendre avec la dernière énergie ce que nous appelons nos valeurs culturelles et sur des sujets aussi "récréatifs", ludiques et périphériques (comme les exhibitions de nos filles), accepter d’en être les promoteurs, les parrains/marraines et les "subventionneurs" et les spectateurs ? Il faut être sérieux !
De l’envahissement de la culture occidentale dont nous nous plaignons, nous préférons quand même garder par-devers nous, les aspects les plus "récréatifs, ludiques, et frivoles" qui ne nous apportent rien, alors que les aspects de cette culture qui auraient pu entrer en dialogue avec la nôtre, nous les rejetons dans la "nuit du colonialisme et de l’impérialisme" ! Je ne veux pas jouer les "rabat-joie", mais, disons-le franchement, l’Afrique a des façons plus "culturelles" et plus "dignes" de se recréer et surtout de reconnaître de la valeur à la femme !
2. A la femme africaine en général et malienne en particulier, je voudrais poser cette question "déclinable" en une multitude de questionnements : as-tu besoin absolument de "ce" regard de l’homme pour te reconnaître de la valeur ? Ces exhibitions modernes confinent aux zoos humains d’hier où le Nègre était "vu et représenté" avec, dans le regard, une interrogation en suspens, le désir inassouvi d’un fantasme qui, en Occident même, est le revers de l’interdit.
Toutes les associations féminines aujourd’hui labourent inlassablement les espaces disputés de l’égalité homme/femme, la parité professionnelle et/ou politique, etc., or cette lutte harassante vient régulièrement buter contre ces nouvelles "exhibitions anthropozoologiques" que nous euphémisons sous le label "Miss…" Comment, par un "mimétisme abrutissant" de l’Occident, la femme africaine (malienne) en est-elle venue à se soumettre à "ce regard" de l’homme ? Ce regard "chosifiant" et "déréalisant", réduisant la "beauté" au seul "façonnage morphologique" de la femme, laissant de côté cette "beauté intérieure" invisible pour les yeux !
Où sont nos "valeurs maliennes" en tout cela ? Si nous en sommes réduits aujourd’hui à "zapper" dans la culture occidentale, ayons au moins le réflexe de "zapper" juste ! Sinon, arrêtons au moins le réflexe hypocrite qui nous fait fantasmer sur les "frivolités occidentales" pendant que nous nous hérissons face aux "interrogations culturelles de fond" qui questionnent positivement nos traditions largement entamées par les cultures arabo-berbères et sémito-hellènes.
Père Joseph Tanden Diarra



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