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2010

Mois de decembre

Les Echos du 07 decembre

 

FAUX TITRES FONCIERS
Le calvaire des banques
Des spéculateurs fonciers n’ont trouvé rien de mieux que de mettre en place un réseau de faussaires de titres fonciers. Une situation dommageable pour les banques et qui enlève tout crédit à la sécurité domaniale et foncière au Mali.
En matière foncière, le titre foncier est la garantie suprême. Les juristes diront qu’il est au sommet de la pyramide juridique domaniale et foncière. Il prime sur la lettre d’attribution et le permis d’occuper. S’il n’est pas entaché d’irrégularité (ce qui ne doit même pas arriver), il est le seul titre domanial reconnu par les banques, les établissements financiers ou les personnes physiques et morales et sert de gage pour l’obtention d’un crédit. Mais des faussaires ont sauté le verrou de garantie qui l’entourait jusque-là jusqu’à lui enlever tout crédit.
Les banques n’ont plus confiance à ce document qui était naguère un précieux sésame dont usaient des opérateurs économiques pour des prêts de financement ou de nantissement de leur commerce. Le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBF), Moussa Alassane Diallo, PDG de la Banque nationale de développement agricole (BNDA), a évoqué la question le vendredi 3 décembre au cours d’une rencontre avec le bureau du patronat malien en tournée dans les groupements professionnels.
En égrenant un chapelet de difficultés auxquelles les banques sont confrontées au Mali, le président de l’APBF a évoqué les problèmes de titres fonciers. "Le TF n’est plus une sûreté dans le système bancaire", a déploré M. Diallo. Il a expliqué qu’il existe un grand réseau de falsification de ce document dont l’authenticité ne doit pas être remise en cause. "Beaucoup de TF font l’objet de contentieux", a-t-il affirmé.
Le premier responsable de l’APBF et PDG de la BNDA a ajouté que les plus hautes autorités sont au courant et que le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme leur a adressé une correspondance confirmant la réalité et les solutions à envisager ensemble. Le laxisme des autorités chargées de l’attribution des titres est le nœud gordien de cette vaste escroquerie autour des TF. Les contentieux sont légion et s’enlisent devant les tribunaux. Le maillon faible s’en sort généralement perdant.
Vraie fausse lettre et vrai faux TF
M. B. T., un inspecteur des finances à la retraite, a échappé de justesse à un faussaire en 2009. Il a acquis une lettre d’attribution à Kalabancoro en 1980 et l’a transformée en TF en 1997. Un jeune du nom de Kanté, agent dans un ministère, a jeté son dévolu sur la parcelle de M. B. T. Il est parvenu à s’établir une lettre d’attribution aux domaines de Kati en janvier 2007 et un vrai faux TF six mois plus tard, en juillet 2007. Il s’est aussitôt mis à faire des briques, un début de fondation en entourant la parcelle d’arbres.
Le fils aîné de M. B. T. auquel le terrain a été attribué par son père a eu l’idée de le mettre en valeur à la fin de ses études. Le fils qui s’est rendu nuitamment à Kalabancoro, sur sa parcelle a été surpris de la voir déjà occupée. M. Kanté, l’intrus a été convoqué à la gendarmerie de Kalabancoro où il a été mis en demeure d’arrêter les travaux sur demande du président du Tribunal de Kati en vue d’y voir clair. L’affaire a été réglée à l’amiable, car après confrontation des titres, celui du jeune Kanté s’est révélé faux. Il y a 27 ans entre la lettre d’attribution de M. B. T. et la fausse lettre de M. Kanté, et 20 ans entre le TF original et le faux de son adversaire.
Dans le cas d’espèce, M. Kanté ne devait en aucune manière s’en sortir sans être contraint par auto-saisine de la justice de s’expliquer sur l’origine de son faux TF. Son inculpation pour faux et usage de faux aurait pu démanteler le réseau de faussaires, qui Dieu seul sait a fait et continue de faire des ravages. L’impunité et le laxisme dans l’administration que l’Etat veut moderne sont les terreaux de la délinquance et de la corruption sous toutes leurs formes.
Abdrahamane Dicko

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16e CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Le trio des négociateurs maliens
Notre compatriote Mama Konaté préside l’un des organes les plus importants de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Directeur national de la météorologie du Mali, c’est un homme qui compte dans le processus des négociations sur le climat.
La première semaine des travaux de la 16e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques a pris fin samedi avec les plénières de restitution des travaux de l’Organe subsidiaire chargé de la mise en œuvre et de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique. Les experts ont mis ainsi la dernière main au document de travail qui sera soumis aux ministres de l’Environnement dont les travaux débuteront le mercredi prochain.
L’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique est présidé par notre compatriote Mama Konaté, le directeur national de la météorologie. Son organe est chargé de fournir en temps opportun, à la conférence des parties et aux autres organes subsidiaires l'information et le conseil sur les questions scientifiques et technologiques relatives à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
A cet égard, agissant sous l’autorité de la conférence des parties et s’appuyant sur les travaux des organes internationaux compétents, l’organe présidé par Mama Konaté a pour tâche de faire le point des connaissances scientifiques sur les changements climatiques et leurs effets. Il doit aussi faire le point, sur le plan scientifique, des effets des mesures prises en application de la Convention. L’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique est chargé également de recenser les technologies et savoir-faire de pointe, novateurs et performants et d’indiquer les moyens d’en encourager le développement et d’en assurer le transfert.
Il doit fournir des avis sur les programmes scientifiques, sur la coopération internationale et la recherche-développement en matière de changements climatiques et sur les moyens d’aider les pays en développement à se doter d’une capacité propre. Il est tenu de répondre aux questions scientifiques, technologiques et méthodologiques que la conférence des parties et ses organes subsidiaires pourront lui poser.
Voilà qui démontre éloquemment que ce Malien est un homme qui compte dans le processus de négociation sur le climat. Mma Konaté a commencé à participer aux conférences des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques en 1997, lors de la rencontre de Kyoto qui est entrée dans l’histoire en laissant son nom au Protocole. Il est le point focal de la Convention au Mali.
Les trois mousquetaires
Mama Konaté n’est pas le seul Malien à officier dans les négociations. Boubacar Sidiki Dembélé et Birama Diarra le complètent pour former le trio des mousquetaires maliens qui défendent les couleurs nationales dans l’arène du climat. Boubacar Sidiki Dembélé a commencé à faire des apparitions sporadiques dans les rouages des négociations sur le climat depuis 1996. Mais, c’est à partir de 2005 qu’il est devenu un participant régulier à ces foras qui se penchent sur l’avenir climatique de notre planète. A Cancùn, il est chargé de suivre les négociations sur les questions d’adaptation. Aboubacar Sidiki Dembélé est le directeur général adjoint de l’Agence de l’environnement et du développement durable.
Quant à Birama Diarra, il est le chef de la division recherche et développement à la direction nationale de la météorologie. Il participe lui aussi de façon régulière aux conférences des parties à la Convention depuis 2006. Il est chargé de suivre les questions de transfert de technologie, de financement des projets d’adaptation et d’atténuation des effets des changements climatiques et de renforcement de capacités.
Dans quel cadre réglementaire se tiennent les négociations sur le climat ? C’est le Plan d’action de Bali qui comporte 4 éléments et repose sur le principe de la vision commune s’articulant autour d’un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet objectif doit tenir compte des principes de responsabilités communes, mais différenciées et des capacités respectives. Les éléments constitutifs du Plan d’action de Bali sont l’atténuation, l’adaptation, le développement et le transfert de technologies et le financement.
La difficulté des négociations réside dans le fait que depuis l’adoption du Protocole de Kyoto en 1997, la réalité politique internationale a changé. Cette année-là, les pays développés étaient considérés comme les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre et donc les principaux responsables du problème des changements climatiques.
En 2005, plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre provenaient de pays émergents comme la Chine, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, etc. Cette situation a amené les pays montrés du doigt par le Protocole de Kyoto à exiger plus de responsabilité de la part des pays émergents. Les deux groupes pays antagoniques ainsi créés, font peu de cas des préoccupations des pays vulnérables et faibles émetteurs de gaz à effet de serre, comme le nôtre.
D’où la quadrature du cercle dont la complexité conduit nombre d’observateurs à considérer que Cancùn sera une conférence de transition qui tracera la voie vers l’adoption d’un accord légalement contraignant.
Bréhima Touré
(CM/MEA, à Cancùn)

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COUR D’ASSISES
Il écope de 5 ans de réclusion pour vol qualifié
Pour avoir agressé son ami et enlevé sa moto, Moussa Diarra dit Balla a été condamné hier à 5 ans d’emprisonnement par la Cour d’assises.

Le procès de Moussa Diarra dit Balla a eu lieu le lundi 6 décembre à la Cour d’appel de Bamako. Sous mandat de dépôt depuis 2007, Balla était accusé de vol qualifié, coups et blessures volontaires sur Sékouba Diakité.
Balla et Sékouba étaient amis depuis plus de 10 ans. En 2007, Moussa a troqué sa moto Yamaha 100 contre celle de Sékouba. Le 27 août 2007, après avoir déposé son ami à Sabalibougou, de retour à Senou aux environs de 20 heures, Sékouba Diakité a été surpris de voir une corde tendue sur la route qui l’a fait tomber.
Avant de se relever, trois individus coiffés de chapeaux à visage découvert et armés de gourdins se sont rués sur lui en lui administrant des coups pour enfin s'emparer de sa moto.
Il a pu identifier l'un de ses agresseurs qui serait Moussa Diarra. Quelque jour après, il porte plainte contre lui pour vol qualifié et coups et blessures volontaires.
Interpellé tant à l'enquête préliminaire aussi bien qu'à l'information, l'inculpé n'a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés.
Hier à la barre, il a encore nié sa responsabilité. Selon l’accusé, quelques jours avant l’incident, il y a un différend entre lui et Sékouba au cours duquel ce dernier a promis de mentir sur lui.
Pour Ousmane Samaké, le représentant du ministère public, "Balla sait mentir". Il a demandé la Cour de retenir Balla dans les liens de l’accusation. Me Mariam Koïta, avocate de la défense, a plaidé que les dossiers de l’accusation ne sont pas complets. Pour l’avocate, la victime devait être présente au procès pour donner plus de précision.
La Cour, après délibération, a reconnu Moussa Balla coupable en le condamnant à 5 ans de réclusion.
Sidiki Doumbia

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HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D’IVOIRE
Quand un vote juridique déclasse le vote du peuple
Après avoir bloqué pendant des années l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo est resté président pendant plus de 5 ans alors qu’il n’avait plus le droit de l’être, son mandat étant arrivé à son terme. Etant donné que le pays était en guerre, l’organisation du scrutin semblait objectivement attendre que toutes les conditions de paix et de sécurité soient réunies.
Mais la paix était revenue sans empêcher que la date du vote aille d’ajournement en ajournement. La sécurité était à nouveau assurée que la Commission électorale indépendante (CEI) passa par une phase de dissolution ordonnée par le même Laurent Gbagbo soupçonneux à souhait.
On comprit alors que l’organisation du scrutin n’attendait pas le rétablissement des conditions optimales au sein de la société ivoirienne, mais plutôt que le président sortant finisse de mettre en place sa machinerie auto élective pour sa victoire future. Puis le mois de novembre 2010 arriva. D’après le président sortant, tous les feux étaient désormais passés au vert pour une présidentielle équitable et transparente sous la houlette d’une CEI.
Laurent Gbagbo arriva en tête au 1er tour et ce résultat fut accepté par tous les candidats. Voici qu’au 2e tour, un coup de force annule la victoire d’Alassane Dramane Ouattara, proclamé vainqueur de la présidentielle par la même CEI qui donna les résultats du premier tour.
La Côte d’Ivoire a désormais deux présidents : un sortant qui redevient entrant et compte ne pas lâcher le pouvoir malgré le vote défavorable du peuple ivoirien, et un autre qui, avec raison, se dit légitime puisqu’ayant obtenu la majorité des soufrages du peuple ivoirien après les deux tours du scrutin.
Que retenir de cette situation concernant le pouvoir du peuple, le rapport au pouvoir, la CEI et la démocratie en Afrique noire ? Peuple souverain, peuple veto et peuple surveillant en Afrique noire ?
Avec l’élection brillante et sans bavure de l’opposant historique Alpha Condé en Guinée Conakry, le peuple africain vient de démontrer au monde entier qu’il n’est pas rétif à la démocratie à condition qu’il ait en face de lui des hommes prêts à respecter honnêtement les règles de l’art démocratique.
Pour une fois que les Guinéens ont eu droit à une élection libre, ils se sont prononcés pour un vrai changement d’hommes et de politiques. Cette présidentielle guinéenne est la preuve contemporaine que malgré une pauvreté ambiante qui entraverait la démocratie, le peuple africain peut se montrer souverain, veto et surveillant.
Malheureusement, le cas ivoirien vient aussitôt jouer au rabat-joie. C’est pendant que nous sommes en train de dire que le processus démocratique africain vient d’enregistrer une étape heureuse avec cette présidentielle guinéenne, qu’un Laurent Gbagbo se décide d’intégrer à grandes enjambées le cercle tristement célèbre des dictateurs africains.
Laurent Gbagbo qui avait réussi à mettre de son côté de nombreux Africains et Ivoiriens allergiques tant à la France qu’à l’ingérence des puissances occidentales dans les affaires africaines, vient de montrer son vrai visage. Son hold-up électoral sur Alassane Dramane Ouattara confirme les soupçons d’une violence structurelle de son pouvoir qu’auguraient déjà les escadrons de la mort et l’assassinat de Robert Guéï. Les masques anti-Occident et anti-néocolonialisme sont tombés et l’on s’aperçoit que Laurent Gbagbo s’était taillé un costume qu’il ne méritait pas.
En effet, Gbagbo aurait été un vrai combattant et un authentique résistant au néocolonialisme, qu’il allait respecter le vote des populations ivoiriennes. En invalidant les résultats donnés par la CEI alors qu’il les avait acceptés au 1er tour, Gbagbo piétine le vote d’un peuple qu’il disait jadis souverain lorsqu’il voulait se tailler son costume de défenseur de la souveraineté du peuple ivoirien.
Il apparaît ici une espèce d’homme politique que l’Afrique a déjà connu pendant les luttes d’indépendances : des hommes qui se disent patriotes et nationalistes juste pour garder le pouvoir en exploitant la rancœur historique des Africains face aux anciennes puissances occidentales. Etre patriote ou nationaliste ne veut pas dire qu’on est automatiquement un démocrate.
Un leader comme Sékou Touré a été un nationaliste invétéré qui s’est avéré être un violent dictateur dans l’exercice du pouvoir alors qu’un Senghor, plus extraverti et amoureux de la France, s’est montré plus démocrate. Se dire défenseur de la souveraineté d’un pays ne doit pas être un alibi pour déclasser un vote populaire car le peuple vote pour qui il veut et il a toujours raison.
Les résultats du 1er et du 2e tour montrent pourtant que le peuple ivoirien est resté souverain en faisant arriver en tête un candidat différent à chaque fois. Un peuple qui vote contre un président sortant alors que celui-ci a organisé, surveillé et contrôlé le processus vers les élections présidentielles de bout en bout, est un peuple qui assume son choix et entérine la défaite politique de Laurent Gbagbo en lui jetant à la face sa réelle minorité populaire.
Dans ces conditions, il ne reste plus au vaincu que la loi du plus fort selon laquelle on gagne quel que soit le sens des votes des populations. Laurent Gbagbo a ainsi usé de la même technique que ceux qui changent les constitutions en refusant de passer par un référendum. Lui et ceux-là passent outre la volonté populaire en s’appuyant sur une institution nationale complètement contrôlée par leur pouvoir exécutif.
Ailleurs, ce sont les assemblées nationales qui l’ont fait. Ici, c’est le Conseil constitutionnel dont on sait acquise à Gbagbo. Autrement dit, le peuple vote, mais son vote est jugé sans objet au point où le Conseil constitutionnel revote comme il faut à sa place pour donner les résultats qu’il faut à l’homme qu’il faut. C’est la preuve ici que la CEI n’était légitime aux yeux de Laurent Gbagbo qu’au cas où il sortait vainqueur. Elle devenait illégitime dans le cas contraire. Ce qui équivaut à dire qu’on se dit démocrate en Afrique Noire uniquement lorsqu’on gagne.
Alpha Condé a pourtant perdu plusieurs fois avant de gagner en 2010, quand d’autres veulent toujours gagner même contre l’avis de leurs populations.
Alassane Dramane Ouattara est victime d’un tribalisme et d’un racisme d’Etat
" L’ivoirité" n’est toujours pas enterrée car faire appel au Conseil constitutionnel ivoirien pour déclasser et invalider les résultats électoraux de la CEI seulement dans les régions du Nord favorables à Ouattara, est la preuve que l’Etat ivoirien, au sens de macrostructure contrôlée par le pouvoir exécutif de Laurent Gbagbo, reste dans une position où Alassane Dramane Ouattara n’est toujours pas considéré comme un Ivoirien.
Annuler le vote au Nord revient à dire que le travail de la CEI est valable uniquement là où Gbagbo a gagné au Sud. C’est faire des votes du Nord du pays des choix non valides parce que faits par des non Ivoiriens. Ce qui met en évidence un tribalisme et un racisme d’Etat construit par l’élite au pouvoir suivant laquelle la référence démocratique "one man on vote" se rétrécit car elle s’ethnicise, se "racialise" et se tribalise.
Toute la fragilité des Etats africains se trouve dans ce genre de situation où l’Etat nie la nation et la fragilise en introduisant des référents généalogiques dans le jeu démocratique. Sans aller jusqu’à penser que la nation gomme les appartenances ethniques, il semble plausible qu’en Afrique et dans le cas ivoirien, ce sont ceux qui sont pouvoir qui, chaque fois pour leurs intérêts politiques, font ressurgir la lame tribale dans le jeu électoral.
La négation du vote populaire par Laurent Gbagbo et la Cour constitutionnelle ivoirienne est donc la traduction d’un tribalisme et d’un racisme d’Etat en ce sens qu’elle donne une origine ethnique à cet Etat qui doit avoir à sa tête un Ivoirien de "sang pur". Ce qui annonce une privatisation et à une contrition ethnique de l’Etat ivoirien, étant donné que les populations qui ont voté au Nord sont aussi constitutives de celui-ci.
C’est pourtant une fuite en avant que de continuer dans cette logique ethno tribale car être Ivoirien est moins une affaire de "sang pur" qu’une affaire de droits acquis. Et si Alassane Dramane Ouattara a été autorisé à être candidat à la présidentielle après avoir été Premier ministre de ce pays, alors il possède tous ces droits et est bel et bien Ivoirien quelle que soit l’origine de son sang.
Nicolas Sarkozy n’a pas d’ancêtres gaulois mais est bien le président de la France. Le drame en Côte d’Ivoire est qu’il y’a eu comme une entente tacite entre les élites pro Gbagbo. Cette entente tacite aurait été : même si Alassane Dramane Ouattara gagne les élections, il ne sera jamais le président de la Côte d’Ivoire car il n’est pas Ivoirien ! Ce type de raisonnement est le fondement des pouvoirs génocidaires, car le principe héréditaire ainsi primordialisé incite à la haine des uns par les autres. L’ironie du sort veut que ce soit Konan Bédié, l’allié actuel de Ouattara qui soit l’inventeur du principe d’ivoirité dont le poison venimeux, miséreux et diviseur continue de raviner le socle historico-culturel de l’Etat ivoirien.
Les tribulations de la CEI ivoirienne enseignent beaucoup sur les scrutins africains
Les dirigeants africains ont une peur bleue d’une CEI. Au Cameroun, c’est Elecam qui en tiendra lieu en 2011. Le court-circuitage de la voix du peuple par des instances juridiques nationales à la solde du pouvoir en place, est une vieille technique que connaissent de nombreux Africains.
On ne respecte pas la Constitution mais on s’y réfère pour justifier son hold-up électoral. Les Camerounais en ont fait l’expérience en 1992 dans le duel au sommet Fru Ndi versus Biya.
En outre, la présidentielle guinéenne vient de consacrer un opposant autant que la CEI ivoirienne. Ces structures indépendantes sont révélatrices d’au moins trois vérités :
1. Presque tous les pouvoirs sortant africains manipulent les résultats du vote en leur faveur lorsqu’il n’y a pas de CEI ;
2. Les opposants ont déjà gagné de nombreuses présidentielles ailleurs mais sans CEI, ils ont été déclarés battus par les instances juridiques à la solde des pouvoirs en place ;
3. Si les dictateurs africains modifient leurs propres Constitutions alors ils peuvent aussi passer outre les résultats et le travail d’une CEI comme c’est le cas en Côte d’Ivoire.
D’où le problème de la crédibilité de nos chefs d’Etat. Que peut espérer démocratiquement l’Afrique noire avec la carence qu’elle connaît en démocrates convaincus ?
Laurent Gbagbo et ses pairs sont des démocrates contraints. Ce sont donc des dictateurs patentés. Le plan de Gbagbo semble de replonger la Côte d’Ivoire dans une guerre civile pour rester encore au pouvoir pendant dix ans comme il vient de le faire, en avançant la raison que le pays ne peut organiser les élections présidentielles en situation instable.
Adopter cette stratégie revient à jouer avec l’avenir d’une Côte d’Ivoire qu’on dit chérir dans ses discours nationaliste : c’est un nationalisme instrumental. Refuser sa défaite n’est pas le signe d’un grand homme. C’est celui d’un orgueil mal placé là où c’est le peuple qui dicte sa décision. Etre démocrate, c’est aussi respecter le peuple et savoir perdre.
Avec cet épisode, Laurent Gbagbo, considéré comme un combattant par certains Africains, montre qu’il n’est pas pour l’Afrique combattante et la démocratie. Un vrai combattant respecte le peuple et s’en irait s’il a perdu un combat démocratique. Il continuerait son combat dans l’opposition. Aller contre le peuple fait de Laurent Gbagbo, non seulement un dictateur, mais aussi un Président à la légitimité douteuse et très affaiblie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
On ne "traficote" pas juridiquement une victoire alors que le peuple souverain a décidé du contraire. C’est placer le pays au bord d’un profond précipice.
La bonne nouvelle, à mon sens, c’est que le vent de la démocratie souffle dans la bonne direction en Afrique Noire car le cas ivoirien est une preuve supplémentaire que la peur est plus que jamais du côté des tricheurs et des dictateurs. On ne peut pas défendre la souveraineté de son Etat en ne respectant pas la voix de son peuple !
Thierry Amougou

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BUDGET D’ETAT 2011 A L’AN
Pour une hausse des fonds de la santé
Le budget alloué à la santé en 2010 a connu une augmentation de 3 % comparativement à celui de 2009. Il est passé alors de 90,503 milliards de F CFA à 96,794 milliards F CFA. Nonobstant cette augmentation, la santé, première nécessité de l’être humain, se classait au 5e rang en termes de montant du fonds à lui alloué loin derrière les équipements et les transports, 1er avec plus de 192 milliards F CFA.
Amener les autorités à augmenter sensiblement dans le budget d’Etat les fonds alloués au secteur de la santé est le but des échanges engagés, le lundi 7 décembre 2010 dans la salle de la dite commission, entre les membres de la Coalition des mouvements africains/Dette et développement au Mali (CAD/Mali) et les députés membres de la commission santé de l’Assemblée nationale.
Le budget d’Etat 2011 sera en débats pour adoption entre le 12 et le 15 décembre prochains. CAD/Mali et les députés membres de la commission santé entendent, à travers ces échanges, qui se déroulent sous forme d’atelier, attirer l’attention de l’ensemble des députés maliens sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations des citoyens dans le domaine de la santé pendant le vote du budget d’une part et de veiller à une gestion efficace et judicieuse par l’exécutif des fonds.
Au cours des échanges, CAD/Mali, à travers son expert Abhadrahamane Cissé, a présenté les résultats d’étude sur le projet "suivi de la gestion des fonds alloués à la santé". Ces résultats font ressortir l’ensemble des problèmes auxquels le système sanitaire est confronté au Mali. Il s’agit, entre autres, du manque des ressources humaines médicales dans les structures de santé de la base au sommet, du maque de matériels logistiques et techniques et de financement.
Les résultats de l’étude ont également démontré que malgré la gratuité de la césarienne, des frais liés à cette activité continuent d’être perçus injustement et le taux de mortalité infantile reste élevé. CAD/Mali a également évoqué l’affaire du détournement des fonds destinés au PNLP, PNLT, Gavi, etc. qui affectent sérieusement la bonne exécution des activités sanitaires.
Denis Koné


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LOI SUR LE VIH/SIDA
Vers une révision
Le Mali dispose d’une loi sur le VIH/Sida depuis le 29 juin 2006. Quatre ans après sa mise en œuvre, elle a montré des insuffisances qu’il faille corriger.
La loi 06-028 AN/RM du 20 juin 2006 fixe les règles relatives à la prévention, à la prise en charge et au contrôle du VIH/Sida au Mali. C’est pour l’harmoniser avec celle dite de Ndjamena qu’une journée d’échange entre les députés et les experts en matière de prévention, de lutte contre le VIH/Sida a eu lieu dimanche.
La pratique de la loi 06-028 du 20 juin 2006 a montré des insuffisances et le Réseau des parlementaires pour la population et le développement (Remapod) a décidé d’ouvrir les débats sur cette pandémie en organisant la journée d’échange.
Pour l’honorable Fanta Mantchini Diarra, la coordinatrice du réseau, "le Sida n’est pas seulement un problème de santé publique mais plutôt un problème de développement".
Pour sa part, l’honorable Sira Diarra, présidente de la commission des affaires étrangères, a estimé que "malgré les résultats probants enregistrés par notre pays contre la maladie avec l’accès gratuit aux anti-rétroviraux, la prise en charge des droits humains dans le contexte de VIH/Sida et la problématique de la mise en place d’un système de financement pérenne posent problème".
Au cours de la journée, les échanges ont porté sur le projet de loi. Il s’agit pour les députés d’identifier les insuffisances de la loi et les pistes de révision. Selon les statistiques nationales, la prévalence de l’infection du VIH/Sida dans le pays est de 1,3 %.
Denis Koné

ASSEMBLEE NATIONALE
Somapep et Somagep approuvées
Par 102 voix pour et 3 contre, les députés ont adopté les projets de lois vendredi portant organisation du service public de l’eau potable ainsi que la création de la Société malienne de gestion de l’eau.
Pour les uns notamment la commission de l’eau, de l’énergie, des industries, des mines, de l’artisanat, du tourisme et des technologies, la création de la Société malienne de gestion de l’eau (Somapep) permettra la levée de toute ambiguïté quant à la destination des financements mobilisés pour les secteurs de l’électricité et de l’eau, la création de conditions favorables aux investissements, l’accroissement des emplois et l’amélioration du service clientèle et des conditions de travail.
Pour les autres, la crainte de voir le renchérissement de l’eau et de l’électricité avec ce nouveau cadre institutionnel de gestion de l’eau et de l’électricité est réelle.
La Somapep est une société qui sera chargée de l’exploitation du service public d’eau potable qui se fera sur la base d’un contrat entre l’Etat, la Somapep, et la Somagep, une autre société chargée de la gestion de l’eau potable. Ce contrat sera assorti d’un contrat de performances dont le suivi sera confié à la Somapep dans le cadre de sa fonction de contrôle et d’exploitation.
La Somapep et la Somagep sont deux sociétés dont les capitaux sont à 100 % détenus pars l’Etat malien. Aux termes de la création de ces deux sociétés, un nouveau cadre institutionnel de gestion du service public de l’eau est né et comprend l’Etat, le régulateur (CREE) et les deux sociétés.
Denis Koné

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HIPPISME/GRAND PRIX INTER LIGUES
Akénaton ouvre le bal !
Les 15 chevaux, dont 6 de Ségou ne se sont pas fait de cadeau. Après une partie âprement disputée sur 1600 m, Akénaton de la Ligue hippique de Ségou, en 2’7’’, s’est hissé sur la plus haute marche du podium devant Cissé et Bisou. Akénaton remporte le Grand prix inter-ligue Bamako-Ségou, qui marque l’ouverture de la saison hippique 2010-2011, couru dimanche dernier au champ hippique de Bamako.
Des combats de lutte traditionnelle, la prestation de la troupe des souffleurs de cornes de bœuf et des cantatrices, la remise des prix aux meilleurs chevaux des trois courses… étaient au programme de la 2e édition du Grand prix des ligues de Bamako et de Ségou, placée sous la présidence des maires de Bamako et de Ségou.
Les cracks ont ouvert le bal sur une distance de 1800 m. Cette course, qui a enregistré le forfait du champion en titre, Allahkabo, a été remportée par El-Adiba devant Zoulzina et Mayala. La course des petits chevaux (1400 m), avec l’abandon de 2 jockeys, pris de vitesse par leurs chevaux, a tourné à l’avantage de Petit Génie qui a franchi la ligne d’arrivée devant Laidou et Achille.
La 3e course, le Grand prix proprement dit a mis aux prises les demi-cracks sur une distance de 1600 m.. Après une course âprement disputée, Akénaton, drivé par Alassane Kéita et appartenant à la Ligue hippique de Ségou, s’est hissé sur la plus haute marche du podium devant Cissé et Bisou.
Pour les récompenses, les trois vainqueurs de la première course, les 4 de la 2e et les 3 de la 3 e course, ont reçu chacun des enveloppes allant de 20 000 à 100 000 F CFA.
Dans son allocution d’ouverture, le président de la FMH, Mamadou Baba Sylla, a exprimé sa satisfaction avec l’organisation de 129 courses à Bamako et 25 à Ségou. Il a exprimé ses préoccupations relatives au sort réservé aux espaces dévolus à l’activité hippique.
Le Grand prix de dimanche était présidé par les maires de Bamako et Ségou. On notait également la présence des membres de la Fédération et les ligues hippiques de Bamako, Ségou et Bankass, ainsi que plusieurs autres personnalités. Vendredi prochain, le public assistera au 2e Grand prix de la saison, qui porte le nom du Burkina.
Boubacar Diakité Sarr


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