Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois d'avril

Les Echos du 30 Avril

 

GREVE DU SNESUP
Les Facultés marchent pour la reprise des cours
A travers une marche des étudiants hier à Bamako, les Facultés de l’Université de Bamako ont supplié les grévistes du Snesup à reprendre les cours.
A l’instigation de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), une marche des Facultés de l’Université de Bamako est partie hier de l’ancienne ENA au Monument de l’indépendance. A travers cette marche, les étudiants voulaient lancer un message aux professeurs du Syndicat des enseignants du supérieur (Snesup) en grève illimitée depuis quelques semaines à reprendre les cours et à négocier avec le gouvernement tout en étant en classe. Du jamais vu au Mali !
Comme dirait l’autre, c’est le monde à l’envers. La marche, encadrée par les policiers, a vu la participation des mères, venues exprimées leur solidarité à leurs enfants. "Nous mamans, lançons un appel aux enseignants afin qu’ils regagnent les chemins de l’école. L’avenir du Mali appartient à nos enfants".
Un slogan indiquait les états d’âme des étudiants qui souffrent le martyre depuis des semaines. "Nous voulons étudier, car l’avenir du pays passe par les études…". "Quel avenir pour l’école malienne dans l’espace Cédéao/Uémoa ?" pouvait-on aussi lire sur une pancarte.
Les étudiants ne se sont pas contentés de supplier les enseignants grévistes en tant que professeurs, mais en tant que parents d’élèves. "Parents, il s’agit de vous enseignants, assumez toutes vos responsabilités quant à l’avenir de vos enfants". Nonobstant l’appel au Snesup, toute la nation a été sollicitée pour qu’une solution soit trouvée aux problèmes des enseignants. "Peuple du Mali, ensemble, trouvons la solution !"
Il faut noter que le président de la République, ATT lors de la pose de la première pierre de la Cité universitaire, avait dit son inquiétude sur la grève illimitée du Snesup. "Je suis gêné, perdu et confus", avait dit le chef de l’Etat. Quant au Premier ministre, Modibo Sidibé, il n’a cessé de rassurer les grévistes sur la bonne volonté du gouvernement à trouver une solution aux préoccupations des enseignants d’ici la fin de l’année 2010.
A sa suite, les parents d’élèves, eux aussi ont tendu la main en lui indiquant la voie de la revendication studieuse. Des propos qu’ils tenaient à l’AEEM il y a quelques années. Enseignants du Snesup ne dites jamais : "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau" !
Amadou Sidibé

Acceuil


QUESTIONS ORALES A L’ASSEMBLEE NATIONALE
Chefferies, partants volontaires et foot…
La plénière de l’Assemblée nationale jeudi avait à son ordre du jour l’interpellation de 4 ministres du gouvernement ainsi que l’examen et le vote de plusieurs projets de lois relatifs à la signature d’accords entre le Mali et des institutions financières.
Les débats de la matinée du jeudi 29 avril à l’Assemblée nationale qui en était à sa toute première plénière de sa session d’avril ont été dominés par des questions orales adressées aux ministres de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, de la Jeunesse et des Sports, de l’Industrie, des Investissements et du Commerce.
La question orale au ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo a été reportée en raison de son voyage avec le président ATT en Chine. Les questions orales à Kafougouna Koné ont tourné autour des difficultés que certains villages rencontrent dans l’élection de leurs chefs. Son collègue du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat était devant le député Oumar Mariko pour s’expliquer sur les différents programmes d’ajustement structurels et la gestion des partants volontaires à la retraite dont certains végètent encore dans la cour de la Bourse du travail.
Quant au ministre de la Jeunesse et des Sports Hamane Niang, il répondait aux questions orales du député Moussa Oumar Diawara sur la gestion du football particulièrement la participation du Mali à la Coupe d’Afrique des nations Angola 2010.
Pour le ministre Kafougouna, l’administration rencontre des difficultés pour l’élection de chefs de village dans seulement 15 des 12 000 villages du pays. Il a assuré son interpellateur, l’honorable Alassane Abba que son département va mettre tout en œuvre pour préserver la paix sociale à Goundam.
Quant au ministre Abdoul Wahab Berthé, il a reconnu la pertinence des remarques et inquiétudes de l’honorable Oumar Mariko sur les négociations des départs à la retraite anticipée, l’échec de ce programme et la nécessité de redonner aux partants volontaires une prime de pension pleine pour sauvegarder leur dignité d’homme.
Hamane Niang de son côté ne s’est pas dérobé aux questions du plus jeune député de l’Assemblée nationale, Moussa Oumar Diawara, en épluchant le dossier de la participation du Mali à la dernière Can, la gestion du football malien et la sélection d’un nouvel entraîneur. Nous y reviendrons.
Denis Koné

[haut]

Acceuil


CONDITION DE VIE DE LA POPULATION
Bientôt une station de production d’eau potable à Kabala
Le Premier ministre Modibo Sidibé a présidé les travaux de concertation des bailleurs de fonds et des partenaires au développement pour le financement du projet de la station de production d’eau potable de Kabala, organisés le 29 avril par le ministère de l’Energie de l’Eau.
Depuis plusieurs années, la ville de Bamako est confrontée à une situation quasi-permanente de déficit de production d’eau potable.
Pour atténuer cette pénurie d’eau potable, le gouvernement a réalisé des actions d’urgence qui ont consisté à renforcer la capacité de production, de transfert et de distribution d’eau potable dans la ville. Ainsi, les stations compactes de potabilisation d’eau de Baco-Djicoroni et de Magnambougou ont été réalisées.
En dépit de ces efforts, la capacité de production totale disponible n’est pas suffisante pour faire face à la demande journalière de pointe, qui ne cesse de croître d’année en année, en raison de la forte croissance démographique de la ville.
Selon les résultats provisoires du recensement effectué récemment, la population urbaine et périurbaine à desservir par la société EDM-SA est estimée à près de 2,5 millions habitants, générant un besoin total à couvrir de plus de 300 000 m3 par jour.
La réalisation du projet de Kabala, au-delà des impacts positifs sur la santé et l’hygiène des populations, constituera un facteur de paix, de stabilité sociale et permettra d’atteindre l’équité dans l’accès à l’eau potable des citoyens d’une même ville, qu’ils soient du centre ou de la périphérie.
Pour le ministre de l’Energie et de l’Eau, Mamadou I. Diarra, "la station de Kabala contribuera fortement à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens de la capitale et de ses environs".
Le coût de réalisation de ce projet est estimé à 113 milliards de F CFA dont 63 milliards de F CFA pour la réalisation de la station et les ouvrages connexes de stockage et de transfert et 50 milliards de F CFA pour le réseau de distribution et les ouvrages de stockage annexes en rive droite.
Anne-Marie Kéita

[haut]

Acceuil


REFORME
Une IVe République mal embarquée
J’ai, à la suite du premier rapport produit par Daba Diawara et consort, fustigé le manque de réalisme et d’audace des réformes proposées. Malheureusement, cet état de fait persiste, j’en appelle aux honorables députés à redresser les imperfections et les contradictions qui y découlent.
La présentation des réformes en diapo me paraît inadaptée en la circonstance. Il fallait, je trouve, juxtaposer les anciens et nouveaux articles avec un commentaire sommaire pour faciliter le pourquoi du changement. Que le président de la République mette fin aux fonctions du Premier ministre, c’est logique, mais qu’il soit obligé de le choisir au sein du parti majoritaire à l’Assemblée.
De la vacance du siège présidentiel
Le Cari préconise le président du Sénat si celui-ci est empêché le gouvernement, est-ce le gouvernement dans son entier ou est-ce le Premier ministre qui assure l’intérim ? Rien n’est à exclure. Nous pouvons nous retrouver dans une situation où une motion de censure renverse le gouvernement et le président furieux qui dissout le Parlement et meurt entre-temps. Qui assurera la présidence ? Comme alternative ne doit-on pas désigner le président du Conseil d’Etat pour assurer l’intérim lorsque le président du Sénat est empêché ? Ce qui me paraît fort logique.
Le nouvel article concernant la nationalité du candidat à la présidence est un grave recul et frise le scandale, une situation inadmissible pour tout démocrate. Point besoin d’insérer dans la Constitution une discrimination positive en faveur des femmes. Il faut la pratiquer. Au demeurant une saisine de la Cour constitutionnelle pour confirmation de cette pratique peut conférer un poids supplémentaire à la volonté politique.
Le cumul des mandats est une entrave à l’indispensable émergence de nouveaux talents. Il est atterrant de constater qu’au moment où d’autres démocrates abandonnent cette pratique, nous la cultivons.
Il est aberrant de constater qu’il n’est organisé d’élection partielle que dans deux cas :
- Le nombre de sièges vacants est d’au moins dix à plus de deux ans de la fin de la législature ;
- Le nombre de siège vacants atteint un chiffre au-delà duquel la majorité parlementaire pourrait changer. La loi dit que notre Assemblée comprend 147 députés ni plus ni moins ; au nom de quelle suspicion, croyance débile que le suppléant tuera le titulaire n’instaure-t-on pas la suppléance ? Nous avons perdu trois élus dans la législature en cours, eux n’avaient pourtant pas de suppléants.
L’un des objectifs de la réforme est l’approfondissement de la culture démocratique et l’évolution indispensable de notre système judiciaire.
Indéniablement, il devrait avoir une véritable rupture avec la création du Conseil d’Etat et de la Cour de cassation en lieu et place des sections administrative et judiciaire. Bravo pour la Cour des comptes. Mais sachons vitupérer le mammouth. Hélas, le corporatisme est passé par là.
Les résultats présidentiels peuvent être proclamés un samedi, les candidats n’auront que six jours pour battre campagne. La logique voudrait que le second tour soit organisé le 15e jour après la proclamation des résultats même si cela tombait sur un jour ouvrable.
La nouvelle Constitution fondera la IVe République ; tout le monde se félicite que l’article 30 soit laissé tel quel. Cela est risible d’autant plus qu’aucune disposition additive n’y est greffée pour empêcher l’actuel et l’ancien président de se présenter en 2012. Les honorables, je ne m’en doute pas, corrigeront cette erreur voulue et entretenue.
L’inversion de la durée des sessions d’avril et d’octobre est une fuite en avant. Nous faisons encore miennes les trois sessions proposées en son temps par le président Konaré. La première session s’ouvrant le premier jour ouvrable de février et prenant fin le dernier jour ouvrable du mois d’avril, la deuxième session le premier jour ouvrable du mois de juin au dernier jour ouvrable de décembre.
Le non-renouvellement de mandats peut s’avérer être une garantie d’irresponsabilité politique et de ce fait, source aussi d’excuses pour toutes sortes de malversations et non-reconnaissance des valeurs et mérites. Aussi les futures autorités de l’Agence générale des élections, du Vérificateur général doivent bénéficier de renouvellement de mandats s’ils obtiennent le vote favorable des 3/5 du congrès.
Le Médiateur est un organe de régulation de l’ordre social et doit par la personnalité de l’occupant réussir à gagner la confiance des administrés et de l’administration. L’insérer dans la Constitution ne lui apportera aucun crédit supplémentaire dont il ne dispose déjà de par son autorité morale et de l’appui du président de la République.
Il est désastreux de constater que soit permis à tout citoyen sans aucune exclusive d’adhérer à un parti et de le priver d’une évolution normale de sa carrière dans son corps. Même aux Etats-Unis les juges de la Cour suprême ont une étiquette politique.
A vrai dire la société civile n’est que l’autre face de la classe politique, incapable de se faire une place sous le soleil politique. Il est indispensable que le Comité d’orientation et de contrôle ne soit ouvert aux partis et associations politiques véritables animateurs de la vie politique.
La compétence liée du président de la République en ce qui concerne la nomination du directeur général aux élections ne sied pas. Ce pouvoir doit être discrétionnaire.
L’approfondissement de la démocratie suppose une grande responsabilité du politique. Une relecture des lois portant statut des fonctionnaires de la police, de la gendarmerie, s’impose. Les directeurs de ces deux corps et de la protection civile doivent pouvoir être choisis parmi les cadres A. Comme cela se fait dans toutes les vieilles démocraties.
Oumar Sacko alias Adéma Barou

[haut]

Acceuil


EDUCATION
Les partenaires à l’école du Pise III
La 3e phase du Programme d’investissement pour le secteur de l’éducation (Pise III), qui couvre la période 2010-2012, vise à diversifier l’offre de formation en fonction des besoins du marché du travail, promouvoir la recherche scientifique et technologique…
Dans sa nouvelle approche de communication, les ministères en charge de l’Education nationale entendent mettre tous les acteurs de l’école au même niveau d’information sur les projets de l’éducation. C’est dans ce cadre qu’ils ont organisé le mercredi 29 avril 2010 une rencontre avec les partenaires techniques et financier (PTF) et les syndicats d’enseignants au CICB. Au menu des échanges : la 3e phase du Pise
Parlant de la nécessité de la communication sur les différents programmes de son département, le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Salikou Sanogo, a rappelé qu’à l’élaboration des grandes lignes de la politique éducative pour la décennie 1998-2008, un des soucis majeurs a été de mettre en place une stratégie de communication en termes de vulgarisation et de diffusion de ses objectifs auprès de tous les partenaires de l’école.
" Dix ans après, et pour diverses raisons, nous sommes réduits à faire le triste constat de la faiblesse de la communication autour du programme", a regretté le ministre. La rencontre avec les partenaires de l’école constitue un élément du programme de partage d’information que son département a initié pour susciter l’adhésion de tous aux projets.
Au cours de la cérémonie, qui a enregistré la présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mme Siby Ginette Bellegarde, le directeur de la Cellule de planification et de la statistique (CPS) du département de l’Education de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Aboubakrine Alpha, a fait une présentation du Pise III. Il en ressort que l’éducation de base constitue la première priorité en vue d’atteindre la scolarisation universelle dès 2012.
" Son objectif ultime est de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)", a expliqué le patron de la CPS.
Amadou Waïgalo

[haut]

Acceuil


 

DOSSIER
EPILOGUE
Les émeutes du 5 avril 1993
Les conditions générales de l’élection présidentielle de 1992 firent que le 1er mandat du président Alpha Oumar Konaré (1992-1997) fut celui du désordre et de la contestation parce que d’une part, c’était la première consultation démocratique organisée dans ce pays et, d’autre part l’autorité politique constituée n’existait plus comme au temps de l’UDPM.
Il est vrai aussi que la facilité avec laquelle le régime est tombé (au départ il ne s’agissait pas de faire partir Moussa Traoré et son équipe mais de leur faire accepter les exigences du Mouvement démocratique) donnèrent subitement de l’appétit et des idées aux uns et aux autres, remplissant subitement le paysage politique de présidentiables.
Dans cette course au sommet (ou pour le sommet), chaque candidat croyait à la victoire, à cause sans doute du rôle réel ou imaginaire joué dans l’opposition et, bien entendu, excluait toute éventualité de défaite. Alpha Oumar Konaré ayant été élu dans ces conditions où chacun croyait à son destin national, la classe politique ou une part importante de celle-ci, est resté dans l’esprit d’un remake de mars 1991 donnant ainsi dans la contestation, voire dans l’opposition camouflée au régime en dépit de la formule gouvernementale choisie ; à savoir : la gestion concertée du pouvoir qui associait beaucoup de partis politiques à la conduite des affaires publiques.
Le chef du gouvernement choisi en 1992 en remplacement de Soumana Sako n’eut pas les coudées franches à cause non pas d’une quelconque inexpérience, mais plutôt de son neutralisme politique qui frisait l’apolitisme (il devint par la suite un homme politique de premier rang). Ne provenant en effet ni de l’Adéma, ni du Cnid ni d’aucun grand parti politique connu, sa marge de manœuvre fut considérablement réduite.
Dans le même temps, le front social était chaud qui demandait à être calmé, non pas par des mots mais des actes concrets, à un moment où le Trésor public n’était certes pas vide, mais connaissait quand même des tensions. L’UNTM courait derrière une augmentation générale des salaires de 50 % et en cela, elle était soutenue par les tendances du Mouvement démocratique passées dès lors dans l’opposition politique du fait de l’élection présidentielle et qui estimaient que les salaires du pays étaient parmi les plus bas de la sous-région et devaient être revus à la hausse.
Du point de vue budgétaire, cela était parfaitement possible suivant ces tendances qui mettaient aussi en avant le fait que les travailleurs s’étaient mobilisés pour la chute de la dictature à cause justement de cela. L’AEEM, de son côté, à laquelle des politiciens avaient fait croire que, sans sa lutte, la chute de l’UDPM aurait été impossible, se battait pour non seulement obtenir une augmentation du taux de la bourse mais également pour que celle-ci soit accordée au plus grand nombre d’étudiants et non plus à quelques privilégiés.
Or, le nombre des étudiants était si élevé que le ministère lui-même n’en connaissait pas le chiffre exact et que, l’Université n’existant pas encore (elle ne fut créée qu’en 1996), il n’existait que les grandes écoles pour absorber toute cette masse. Le problème des étudiants restait une grosse épine dans le pied du gouvernement Younoussi Touré qui ne savait plus par quel bout le prendre, étalant ainsi au grand jour toute sa faiblesse. Il faut dire que depuis pratiquement 1991 la loi n’était plus rien et personne ne la respectait.
Il en allait de même pour les édifices publics et les autres symboles et l’Etat qui devenaient périodiquement la cible des attaques de l’AEEM : commissariats de police, services publics, mairies, etc. Bref, la violence était installée un peu partout et il suffisait souvent de peu pour la déclencher. Le rôle de certains partis politiques n’était pas négligeable dans cette affaire en raison du fait que leurs leaders étaient sortis frustrés de la présidentielle sur laquelle il était impossible de revenir. Il n’est même pas exagéré de dire que d’aucuns, au vu de leurs agissements et du contenu de certains de leurs discours, regrettaient presque la chute de l’UDPM pour avoir raté la porte d’entrée de Koulouba.
Les grèves scolaires et les sorties intempestives étaient devenues monnaie courante depuis la transition démocratique. Elles le furent plus encore sous le premier gouvernement de la IIIe République. La goutte d’eau qui fit déborder le vase fut l’affaire des étudiants de l’IPR de Katibougou. Le ministre de l’Education de l’époque, sans communiquer vraiment sur la question et en donner des détails, préconisa en février 1993 une mesure qui fut comprise par les étudiants de l’IPR de Katibougou comme un moyen de diminuer leur bourse déjà jugée insuffisante.
Le 16 février 1993, mécontents par cette mesure, ils s’attaquèrent aux bureaux du gouvernorat de Koulikoro dont des parties furent incendiées, de même que le domicile du chef de l’exécutif régional, les bureaux de la direction de l’IPR et certains services régionaux. Le gouvernement, en sanction à ces actes de vandalisme, procéda à des arrestations de meneurs ainsi que d’autres pour sécuriser l’établissement.
L’AEEM riposta le 24 février 1993 pour réclamer la libération sans condition des étudiants de Katibougou arrêtés et embastillés. Le ministère de l’Education fut assiégé et toute la ville de Bamako paralysée. Le mouvement se durcit et se poursuivit jusqu’au 5 avril 1993 où les élèves et les étudiants mirent le feu et saccagèrent l’Assemblée nationale, l’espace culturel Jamana ainsi que les domiciles de certains responsables du parti majoritaire Adéma.
En conséquence, le Premier ministre Younoussi Touré donna la démission de son gouvernement le 9 avril à la suite de celui de son ministre des Forces armées… Me Abdoulaye Sékou Sow et il fallut attendre le 12 du même mois pour que le 2e gouvernement de la IIIe République fut formé sous la houlette de Me Abdoulaye Sékou Sow.
Le 1er gouvernement de la IIIe République n’eut pas le temps de travailler du fait de l’AEEM et des partis politiques. Le chef du gouvernement manqua aussi le poigne dans une situation qui demandait sans doute plus de muscle que de souplesse, d’où sa démission attendue le 9 avril 1993, parce que manifestement, il n’était pas l’homme de la situation.
Facoh Donki Diarra

 

Tuer la démocratie
En ce 5 avril 1993, il y avait quelque chose d’inédit dans ce Mali, quelque chose d’affligeant et de pathétique. Il faut se rappeler ces images d’édifices publics calcinés, de domiciles privés partis en fumée et surtout, cette photo de l’enseigne du groupe Jamana, après le passage des vandales.
Le siège du journal Les Echos incendié ! Il fallait vraiment manquer de cervelle et de mémoire pour oser profaner de manière si abjecte, le symbole même de la liberté de presse, d’expression et d’opinion. Ce jour-là, il y avait une vérité évidente qu’aucune argutie oiseuse ne peut étouffer : les pyromanes voulaient tuer la nouvelle démocratie !
Cette vérité est sortie plus tard, quand un des meneurs, a finalement avoué : ils sont allés voir ATT pour lui dire que le pouvoir était à ramasser, à la gamelle s’il vous plaît ! Le général a refusé et expliqué aux apprentis sorciers que cela plongerait le Mali dans un cycle infernal de putschs. Imaginons que cet interlocuteur ne fût pas ATT, mais un commandant ou colonel aigri qui attendait patiemment son heure. Le Mali a échappé à un funeste destin.
La démocratie instaurée après le 26 mars 1991 avait certes libéré le peuple de la terreur. L’Association des élèves et étudiants du Mali était devenue un monstre incontrôlable, aux antipodes du noble combat contre la dictature menée par Oumar Mariko. A la détermination, au courage et au sens du devoir d’Oumar Mariko, s’est substituée une culture d’extrémisme alourdie de menaces ininterrompues et de violence gratuite. L’AEEM de Bakary Mariko voulait montrer des muscles et elle savait que le traumatisme de mars 1991 interdisait à Alpha Oumar Konaré et à son Premier ministre d’ordonner une charge de la cavalerie. Le Mali avait besoin de tout sauf d’une nouvelle boucherie.
Les cyniques et les résignés disent, avec une philosophie à trois francs, que le 5 avril, le Mali a été victime d’une de ces maladies infantiles de la démocratie, quand le peuple libéré en arrive aux excès. C’est une façon de voir les choses qui pourrait prospérer si l’épreuve du temps n’avait pas mis à jour les desseins cachés.
La chronologie des événements, les cibles visées et atteintes, les slogans et vociférations entendues, la méthode utilisée, tout a concouru à la manifestation de la vérité. Il ne s’agissait pas d’actes spontanés motivés par la rage du jour. C’était planifié et exécuté avec la minutie de l’horloger suisse.
Heureusement, la démocratie a plié sans rompre. Elle a tenu debout et mis en échec les fossoyeurs téléguidés par des hommes et femmes de l’ombre. Le Tout-Sauf-Alpha est resté en travers de bien de gorges nouées par le ressentiment de l’échec électoral ou la perte de privilèges. Au lieu de saper la liberté retrouvée, cette violence aveugle s’est soldée par une réprobation quasi-unanime de la communauté des démocrates.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

 

CHOGUEL MAIGA, PRESIDENT DU MPR
" Alpha a agi dans le sens de l’Histoire"
Dans la deuxième partie de son interview sur le 2e mandat d’Alpha Oumar Konaré, Choguel Kokala Maïga, le président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) et membre du Collectif des partis politiques de l’opposition (Coppo) de l’époque parle des élections ratées du 13 avril 1997, des mouvements politiques et sociaux, de la personnalité de l’ancien président, etc.
Les Echos : Les élections ratées du 13 avril 1997 ont fait basculer notre pays dans des violences politiques et sociales. Y avait-il des intentions délibérées derrière ces mouvements politiques et sociaux ?
Choguel Kokala Maïga : Mon sentiment sur les élections du 13 avril 1997 est que c’était soit délibéré ou c’était par incompétence. Je peux me tromper, mais je ne crois pas qu’il y avait une volonté réelle de faire des élections transparentes. Dans une logique de conserver le pouvoir, je pense qu’il fallait se donner les moyens "démocratiques" de le faire. Toutefois, ce qu’il y a de plus important qu’il faut retenir, c’est que Alpha a laissé un pays uni malgré tout. Vous le savez, la cohésion sociale est pour un pays ce que représente l’oxygène pour le corps humain. Mon sentiment personnel est qu’il a su réussir et maintenir l’unité du pays, la cohésion nationale, au moment où il avait énormément d’aléas, de soubresauts. Je le dis même si l’opposition qu’on était a été victime de beaucoup d’ostracisme jusqu’à la fin de son mandat. Mais moi je suis quelqu’un de lucide et réaliste. Nous ne devrions pas nous attendre qu’on nous caresse dans le sens du poil. Alpha a su organiser son retrait du pouvoir. Si les élections de 2002 s’étaient passées d’une certaine façon, je ne pense pas que le pays pouvait supporter une deuxième crise que celle qu’on a vécue entre 1997 et 2002. Il a fait le jeu qui va dans le sens de l’Histoire, dans le sens de l’intérêt du pays.
Les Echos : Que dites-vous du mouvement social auquel son régime a fait face pendant un bon moment ?
C. K. M. : Ce mouvement social, il fallait s’y attendre en réalité. Les gens récoltent ce qu’ils sèment. Le mouvement social a été semé parce qu’avant le changement de régime, les hommes politiques ont investi ce mouvement social pour se hisser au pouvoir. Des promesses ont été tenues aux syndicats de travailleurs et associations d’étudiants, que tout le monde savait irréalisables. Le but était de les maintenir dans la lutte politique. Il fallait aussitôt tenir le langage de la vérité qui n’était pas chose aisée. Il fallait faire des compromis souvent des compromissions. La gestion d’un pays ne se fait pas de façon linéaire. C’est pourquoi la personnalité d’un président est très importante dans le maintien de la cohésion d’un pays, de l’unité nationale. Je crois que l’Histoire rendra un bon jugement à Alpha sur ce plan. C’est cela honnêtement mon sentiment. Maintenant, pour ce qui est de sa gestion, son attitude vis-à-vis de l’opposition, je ne m’y attarderais pas. D’autres pays, avec d’autres chefs d’Etat, dans les mêmes circonstances, auraient éclaté.
Les Echos : Comment, selon vous, dans ces contradictions et difficultés, il a su se tirer à bon compte ?
C. K. M. : Si Alpha a laissé un pays uni malgré toutes les contradictions, les divisions et même les haines suscitées gratuitement, la personnalité du chef de l’Etat qu’il était en est pour beaucoup. Des excès qu’il a épargnés à notre pays sont dus à sa personnalité. Même dans les moments difficiles, je ne me suis jamais départi de l’analyse objective des comportements des plus hauts responsables de notre pays. Au-delà des agitations qui se passent, il faut voir la personnalité du premier responsable du pays. Je pense honnêtement que si l’on se case à ce niveau, on peut retenir avec beaucoup de conviction qu’Apha a pu maintenir la cohésion nationale, la paix sociale dans notre pays et l’unité du pays et surtout il a su organiser son départ du pouvoir. Il y a en qui, en partant, ont créé les conditions du chaos. Tel n’a pas été son cas. Le bon parachèvement des élections avec l’arrivée d’ATT aux affaires a été pour beaucoup dans la stabilité que nous vivons.
Les Echos : D’aucuns disent qu’Alpha a passé tout son premier mandat dans la crise et qu’il n’a pu travailler qu’au 2e mandat. Partagez-vous cette analyse ?
C. K. M. : En réalité, il n’a eu la paix dans aucun de ses mandats. Au 1er mandat, il a continué à gérer les conséquences de la stratégie de renverser l’ancien régime, c’est-à-dire, les revendications maximalistes, l’extrémisme, la violence dont il y a eu une véritable pédagogie. Celle-ci se résumait à instrumentaliser les gens. C’est même devenu une habitude au Mali où certains pensent que pour être entendu, il faut casser et brûler. Après les élections de 1997, Alpha n’a pas du tout eu la paix avec la classe politique qui l’a contesté. Donc il n’a jamais eu les conditions d’un président qui travaille dans une mandature apaisée. Du point de vue du développement économique du pays, je ne crois pas qu’il ait eu l’opportunité, en aucun des mandats, de faire ce qu’il aurait souhaité. Son 1er mandant s’est axé sur la gestion des crises sociales (étudiants, syndicats, le problème du Nord). Au 2e mandat, il avait affaire à la classe politique. Même au 1er mandat, il y a certains de ses anciens partenaires qui ont cherché à lui rendre la vie difficile. Cela a continué jusqu’au 2e mandat. Tout cela est à son actif parce que comme je l’ai dit, la transmission du pouvoir politique a fait s’effondrer certains Etats. Ces pays n’ont pas connu de stabilité après. Nous sommes l'un des rares pays où le changement de régime, à l'issue d'un soulèvement insurrectionnel, n'a pas conduit à l'effondrement de la nation en la plongeant dans la guerre civile. Les opposants ont joué un rôle dans la stabilité parce qu'il y a des extrémités que tous les Maliens se sont interdits à l'époque, mais il y a aussi le rôle principal du premier magistrat du pays.

Propos recueillis par Abdrahamane Dicko

 

 

EVENEMENTS DU 5 AVRIL 1993
La chute de Younoussi Touré
Le 5 avril 1993, la jeune République démocratique du Mali était menacée dans son fondement suite à des manifestations d’étudiants qui étaient d’ordre économique et politique.
Le premier mandat du président démocratiquement élu Alpha Oumar Konaré a été particulièrement rude à cause de la situation politique, sociale et économique héritée du régime dictatorial de Moussa Traoré. L’année 1993 et particulièrement le mois d’avril a été une étape rude suite à des manifestations d’étudiants. Ce jour-là, des institutions de la République ainsi que des domiciles et biens de privés nationaux ont été saccagés ou brûlés.
Ces manifestations violentes des élèves et étudiants ont pour point de départ la ville de Koulikoro, notamment l’Institut polytechnique rural. La direction de cet établissement, courant février 1993, avait décidé d’une retenue sur les bourses des élèves afin de doter l’infirmerie en médicaments. L’initiative, semble-t-il, a été mal comprise ou expliquée. Les étudiants, mécontents, se livrent à des scènes de violences qui n’épargneront les responsables de l’Institut et pis le gouvernorat, un symbole de l’Etat.
Les principaux meneurs de ces violences seront arrêtés. Mais la coordination de l’AEEM, informée de l’arrestation des élèves à l’IPR, réclame leur libération avant la date du 5 avril. En plus de la libération de leurs camarades de l’IPR, la coordination ajoute une autre revendication : l’augmentation du taux de la bourse. A la date du 5 avril, aucune de ces revendications n’est satisfaite.
Le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la construction d’un Etat de droit, étant une priorité du nouveau pouvoir issu des urnes, signifie qu’aucun acte répréhensible ne devait rester impuni. Quant à l’augmentation du taux de la bourse, l’Etat ne pouvait satisfaire cette doléance à cause du peu des ressources dont il disposait. Cela, certains leaders du mouvement estudiantin le savaient pour avoir été dans l’instance suprême de la transition.
Le mouvement estudiantin s’était toujours radicalisé dans ses revendications et exigeait de l’Etat leurs satisfactions alors que les ressources disponibles ne le permettaient. Pis, la manipulation de l’AEEM par certains leaders politiques qui avaient des visées autres que celle de la coordination, transforma ces revendications économiques en revendications politiques : départ du Premier ministre, chute du gouvernement, voire du pouvoir d’Alpha Oumar Konaré.
C’est dans ce contexte qu’il faut situer les attaque ciblées d’institutions de la République, dont l’Assemblée nationale et les saccages de biens privés de hauts responsables de l’Etat et de la Coopérative culturelle multimédia, créée par Alpha Oumar Konaré. On saura plus tard que le 5 avril était un coup d’Etat.
C’est une lapalissade de dire que la nomination de Younoussi Touré, apolitique, à l’époque, n’a pas fait l’unanimité au sein du parti au pouvoir ni au sein des autres partis politiques résolument tournés vers l’opposition et donc à ne rien ménager pour faire chuter le gouvernement.
L’armée, bien qu’ayant fait amende honorable à la Conférence nationale et reconsidérée par le peuple, n’était pas encore républicaine au sens noble du terme. Les conséquences des manifestations des étudiants du 5 avril 1993 sont qu’elles ont eu raison du 1er gouvernement du président AOK. Younoussi Touré remit sa démission à Alpha qui l’a acceptée et nommé un nouveau Premier ministre en la personne de Me Abdoulaye Sékou Sow.
Denis Koné

 

L’AEEM ET LES CASSES DU 5 AVRIL 1993
Une manif planifiée par des politiciens
Aussi clairs que l’eau de roche, les événements du 5 avril 1993 ont été planifiés par certains responsables politiques et perpétrés par des étudiants manipulés.
On ne cessera jamais de dire que parmi les nombreuses manifestations estudiantines que le Mali a connues figurent les événements du 5 avril 1993, qui avaient failli "emporter" le pouvoir d’Alpha Oumar Konaré, élu en juin 1992. Entre le premier gouvernement sous Alpha, dirigé par Younoussi Touré, et l’AEEM, dirigée par Bakary Mariko, les observateurs avaient du mal à savoir qui contrôlait Bamako ce 5 avril.
La force de frappe du mouvement estudiantin avait fait frémir l’Etat dans son essence. Tout portait à croire que les attaques contre les édifices publics et privés appartenant à des responsables de l’Adéma, de partis membres du gouvernement et à des particuliers étaient loin d’être spontanées, mais "savamment planifiées et commanditées". Rien que par la nature des cibles, il était facile de comprendre d’où elles venaient.
La veille de la date fatidique du 5 avril, des informations faisaient état de la casse programmée de certains biens. "Une liste de biens privés et publics circulait déjà". L’Assemblée nationale a été prise d’assaut et incendiée par des "missionnaires", (les ténors étaient des membres de l’AEEM qui ont fini par avouer leur forfait).
Le domicile du ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale a été saccagé et incendié. Il en a été de même pour des chefs d’établissements. Les "badauds" se sont aussi attaqués à des biens publics à travers la ville sans rémission. Des propos discourtois ont été tenus à l’endroit du chef de l’Etat et de sa famille.
Ce qui a surpris le pouvoir en place, c’est l’assaut des "délinquants" contre les éditions Jamana et le journal "Les Echos", une structure mise en place par Alpha. Le siège de l’Adéma a également reçu la visite des "incendiaires" des "responsables politiques".
Comment tout cela est-il arrivé ? Il faut dire que les manifestations du 5 avril étaient consécutives à celles de 1991. L’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), après la chute de Moussa Traoré, a eu le privilège de siéger au CTSP. Ce qui lui a permis de se prononcer sur les questions brûlantes de l’heure.
L’AEEM instrumentalisée
Même après le CTSP, elle a bénéficié en tant qu’acteur du Mouvement démocratique du "respect" du nouveau président, Alpha Oumar Konaré. "Certes, il y avait des malentendus, mais de la manière dont les choses se sont passées, je peux vous dire que le comité directeur de l’AEEM n’a pas ordonné les attaques du 5 avril", analyse un ancien membre du comité directeur de l’AEEM. Et d’ajouter que "le gouvernement d’Alpha avait commencé à prendre le dossier de l’école en main et s’était fait l’interlocuteur direct de l’AEEM".
Selon un responsable politique, les événements sont la résultante de la forte politisation de l’école par certains "politiciens connus de tous qui ne voulaient pas qu’Alpha réussisse son mandat. Certes, il y avait les revendications de l’AEEM, mais des élèves et étudiants étaient manipulés".
Les bras armés de "sous-marins" politiques étaient bien des responsables radicaux de l’AEEM. "Des hommes politiques ont fait main basse sur certains responsables de l’AEEM. Au cours des réunions de l’Association, ils ne cessaient d’imposer leur volonté d’embraser la capitale. Ils ont été mis en minorité par la majorité des membres du bureau. Qu’à cela ne tienne, le dernier mot leur est allé". Pour notre interlocuteur, cette situation a occasionné la création de tendances rivales au sein du mouvement estudiantin.
Selon un témoin, dans le feu de l’action, l’argument tenu par les "casseurs" était purement politique. "Même s’il y avait d’autres préoccupations, les casseurs ne cessaient de dire que l’Adéma s’immisçait dans les affaires de l’école". Ce qui, aux dires d’une victime, prouve que des étudiants et élèves étaient à la merci de certains responsables politiques, adversaires de l’Adéma et qui sont aujourd’hui bien connus des Maliens.
La suite est connue, le mouvement a eu raison du gouvernement Younoussi Touré en avril 1993. Mais même avec l’arrivée d’une nouvelle équipe, dirigée par Abdoulaye Sékou Sow, l’accalmie n’était pas au rendez-vous. Le deuxième gouvernement d’Alpha O. Konaré a aussi chuté et a laissé place à celui d’Ibrahim Boubacar Kéita, (IBK) qui a pu "sauver" en son temps les meubles, même si cela a passé par une année blanche.
Si dans un premier temps les casseurs n’ont pas été inquiétés, la politique de rigueur mise en place par IBK, fortement appuyé par le président qui a fait preuve de courage et de psychologie, a permis d’apaiser la situation.
Amadou Sidibé

 

5 AVRIL 1993
Les casses planifiées de la Coopérative Jamana
Intervenues dans un contexte socio-politique très mouvementé, les casses du 5 avril 1993 avaient ciblé l’ensemble des structures de Jamana et particulièrement le journal "Les Echos" quotidien au parcours si remarquable dans l’avènement de la démocratie et du multipartisme intégral.
Après les élections de 1992, qui ont vu la victoire de l’Adéma et l’élection de son candidat Alpha Oumar Konaré à la présidence de la République, le pays a connu une période d’instabilité qui a culminé en 1993 avec les violences tous azimuts.
Malheureusement, la Coopérative Jamana n’y a pas échappé, car l’ensemble de ses structures ont été attaquées, détruites et incendiées. Les structures de Jamana ont été incendiées parce que Alpha Oumar Konaré, un des fondateurs de la Coopérative, était à la tête de l’Etat ?
L’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), manipulée par les ennemis du pouvoir en place, s’est attaquée aux symboles de l’Etat (Assemblée nationale, ministères, etc.) à certains sièges de partis politiques (Adéma, US-RDA, etc.), à des domiciles privés et à toutes structures assimilées, à tort ou à raison, comme appartenant à ceux qui gèrent le pays.
Le lundi 5 avril 1993, l’opération a commencé tôt le matin. Les casseurs, en deux temps trois mouvements, ont ruiné les résultats de plus de quinze ans de lutte d’hommes et de femmes, patriotes et démocrates.
Les casses de Jamana entraient dans un vaste complot contre l’Etat. Les dégâts commis étaient abyssaux tant en matériel qu’en investissement intellectuel, humain et ont occasionné une perte estimée à plusieurs millions de F CFA. Mais la perte la plus inestimable concernait la destruction de nombreux manuscrits, dont les auteurs, pour la plupart ne sont plus de ce monde.
Les destructions n’ont pas empêché la Coopérative et particulièrement le journal "Les Echos" de poursuivre leur trajectoire. A l’époque "Les Echos" était une parution hebdomadaire et une année après, il est devenu quotidien.
Nul ne saurait apprécier à leur juste valeur la gravité et l’immensité des dégâts causés sur les édifices publics, les entreprises, les biens privés et les agressions physiques au cours de la journée du 5 avril à Bamako.
Anne-Marie Kéita

 

FACE AUX MANIFESTATIONS
Younoussi Touré se sauve
En donnant sa lettre de démission le 13 avril 1993 au président de la République, Younoussi Touré a cherché à sauver sa tête face aux nombreux soulèvements.
Après avoir accédé à la magistrature suprême de l’Etat en 1992, le président Alpha Oumar Konaré a nommé Younoussi Touré un économiste avéré, Premier ministre, espérant qu’il allait résoudre les nombreux problèmes qui se posaient au pays. Malheureusement, Younoussi a montré ses limites face à la situation économique du pays qui était encore plus tendue avec les revendications des uns et des autres.
Ces revendications encore étaient plus nombreuses. Mais, la plus grande revendication venait de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui faisait plus peur, car tout le monde avait en tête que c’est elle qui a fait tomber Moussa Traoré et son équipe.
Les manifestations estudiantines ont commencé à l’IPR de Katibougou quand les étudiants ont appris que leur bourse va être réduite. Les étudiants de Katibougou ont brûlé leur direction et le gouvernorat de Koulikoro.
Plusieurs d’entre eux ont été appréhendés et emprisonnés. En conséquence, les mouvements estudiantins se sont multipliés à l’intérieur du pays. Ces manifestations ont dégénéré le 5 avril 1993.
A Bamako, les étudiants s’étaient attaqués aux domiciles des responsables de l’Adema, des services publiques et privés. La violence a été telle que Younoussi Touré a eu peur pour sa vie et pour sa famille. C’est ainsi, qu’il a rendu sa lettre de démission au président de la République le 13 avril 1993. En démissionnant, Younoussi Touré a cherché à sauver plus sa peau que la démocratie.
Sidiki Doumbia

 

APRES LE 5 AVRIL 1993
Le PM s’en va, vive le PM !
Après les événements douloureux du 5 avril 1993 qui ont entraîné la chute du gouvernement Younoussi Touré, le président de la République, Alpha Oumar Konaré, a jeté son dévolu sur Me Abdoulaye Sékou Sow qui occupait le fauteuil de ministre d’Etat, ministre des Forces armées et des Anciens combattants dans la précédente équipe. Avec lui, des partis de l’opposition ont fait leur entrée au gouvernement.
Me Sow est nommé Premier ministre à l’âge de 62 ans. Il rendra son tablier en février 1994. En dix mois, Me Abdoulaye Sékou Sow a dirigé un gouvernement qu’on peut qualifier d’union nationale, car à l’époque, l’opposition malienne était devenue une véritable machine de destruction.
Tout était noir aux yeux de l’opposition dont la tête de proue était le Cnid de Me Tall. Non-signataire du Pacte républicain par fidélité aux principes démocratiques, le Cnid/Fyt, tout en se réclamant de l’opposition, participera en avril 1993 au gouvernement de Me Abdoulaye Sékou Sow.
Il s’agissait, après les séismes sociaux du 5 avril ayant entraîné la chute du gouvernement Younoussi Touré, non d’un simple gouvernement de coalition mais d’un gouvernement de salut public, d’une "union sacrée" des démocrates pour sauver le processus démocratique en péril.
En plus du Cnid/Fyt qui avait 4 représentants (Tiébilé Dramé, Yoro Diakité, Abdoulaye Diop et Me Amidou Diabaté) dans le gouvernement formé par le PM, on y notait aussi la présence de l’US-RDA, du RDP et du PDP.
I. S.

[haut]

Acceuil


 

GIRESSE CHEZ LES AIGLES
Le temps de la réflexion
Alain Giresse, pressenti sélectionneur des Aigles du Mali, a rencontré les responsables du football malien pour discuter des contours de la probable collaboration. Après trois jours de séances de travail, Giresse s’est félicité du bon climat et a promis de donner une réponse claire dans les prochains jours.
D’entrée de jeu, Giresse a retracé les contours des démarches avec la Fédération malienne de football. "Dans un premier temps, j’ai rencontré à Paris un responsable de la Fédération malienne de football, nous avons échangé. La deuxième phase, c’était le lundi dernier pour rencontrer les responsables de la Fédération, et voir les conditions de travail, les modes de fonctionnement", a déclaré l’ancien milieu de terrain de l’équipe de France.
En fin observateur, le technicien français a suivi notre pays à la dernière Can en Angola. Ce qui lui permis de déceler les points forts et les points faibles des Aigles et de vite renouer le contact avec Malifoot.
A en croire, Giresse, "le Mali a des éléments, la possibilité est là de faire des résultats. Le Mali au niveau continental fait partie des équipes qui représentent quelque chose".
Selon lui, tous les joueurs sont avant tout des Maliens et sans distinction. "Les expatriés sont des locaux avant de l’être et les locaux sont des expatriés de demain".
" Je veux une franche discussion et collaboration avec tous les acteurs et secteurs du sport malien en général et du football en particulier. Tout le monde doit agir dans le même sens parce que tout le monde est utile, important mais chacun à sa tâche et la collaboration de tous est souhaitée".
Selon Giresse, la question est vaste, mais il veut un cadre, une organisation qui permette de gérer une équipe nationale. Une sélection nationale, a-t-il admis, exige un engagement, une rigueur. "Nous avons besoin d’un plan médical, alimentaire. Il faut que l’équipe réponde à ses critères pour ne pas rester à la traîne. Aujourd’hui, l’amateurisme, le bricolage ne peuvent pas nous permettre de faire des bons résultats. Vous voyez, ce sont les équipes qui ont toutes les conditions autour d’elles qui enregistrent des résultats. On doit passer obligatoirement par ces résultats pour que l’équipe nationale obtienne ce qu’on veut d’elle à savoir le résultat", a-t-il insisté.
Boubacar Diakité Sarr

[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org