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2010

Mois d'avril

Les Echos du 21 Avril

 

REFORMES POLITIQUES
Les conditions d’éligibilité à la présidence changent
Les réformes politiques pour la consolidation de la démocratie sur la base d’une révision constitutionnelle promettent d’apporter des changements à l’architecture institutionnelle de notre pays. Le poste de président de la République est l’institution qui s’attend à plus d’innovations à travers ses conditions d’éligibilité, son remplacement en cas d’empêchement définitif, la déclaration de ses biens, etc.
La révision de la Constitution du 25 février 1992 paraît indispensable pour aboutir aux réformes proposées par le comité d’experts qui a remis le lundi 19 avril 2010 son rapport au président de la République. Les réformes envisagent de modifier 30 textes législatifs et réglementaires et d’édicter 9 nouvelles lois. Dans ce cadre, des changements sont attendus au niveau de l’architecture institutionnelle. Le président de la République, la première institution du pays, s’attend à beaucoup d’innovations.
L’adaptation du régime semi-présidentiel va être concrétisée par la création d’un Sénat, ouvrant la voie au bicaméralisme. Le Haut conseil des collectivités sera de ce fait supprimé et il reviendra au président du Sénat de remplacer le président de la République en cas d’empêchement définitif de celui-ci. Le président du Sénat est lui aussi remplacé par le gouvernement en cas d’empêchement.
Le nouveau Parlement sera de type bicaméral avec l’Assemblée nationale et le Sénat. L’adaptation du régime semi-présidentiel donnera l’opportunité au président de la République de définir la politique de la nation, de mettre fin aux fonctions du Premier ministre sans qu’il ne démissionne. Le gouvernement qui ne présentera plus une Déclaration de politique générale (DPG) à l’Assemblée nationale mettra en œuvre la politique définie par le président de la République et sera tenu de présenter le programme de gouvernement (Premier ministre) à l’Assemblée nationale.
La Constitution révisée réserve de nouvelles conditions d’éligibilité au président de la République. Celui-ci ne doit plus avoir aucune autre nationalité et doit être âgé de 75 ans au plus le jour de l’élection. Il prêtera serment désormais devant la Cour Constitutionnelle en gardant sa coiffure s’il est habillé en tenue traditionnelle.
L’entrée en fonction du nouveau président élu connaîtra également une réorganisation. Si la date du 8 juin est consacrée comme date officielle de son entrée en fonction sauf en cas d’élection à la suite d’une vacance de poste, la prestation de serment du président élu a lieu entre le 15e et le 30e jour suivant la proclamation officielle des résultats définitifs.
En attendant le verdict du peuple…
Les délais d’organisation de l’élection présidentielle se voient rallonger. Le 1er tour est prévu 45 jours au moins et 60 jours au plus avant l’expiration du mandat du président en exercice et 90 jours au moins et 120 jours au plus en cas de vacance. Le second tour est organisé le dimanche suivant la proclamation des résultats définitifs du 1er tour.
La déclaration des biens du président de la République connaît des innovations. Deux aspects sont retenus à ce niveau : la déclaration annuelle de biens publiée au journal officiel et la déclaration de la fin d’exercice ou de mission publiée dans les mêmes formes avec les commentaires de la Cour des comptes qui sera une juridiction suprême créée avec des démembrements dans les régions. Elle aura pour vocation d’assister le gouvernement et le Parlement dans le contrôle de l’exécution des Lois de finance et l’évaluation des politiques publiques, entre autres.
En cas de faute commise dans l’exercice de ses fonctions, le président de la République n’est pas passible de poursuites judiciaires au cours de son mandat. Mais les juridictions de droit commun sont compétentes pour juger les mêmes fautes dès lors qu’il ne sera plus en activité.
Le président de la République et le Premier ministre auront un nouveau mode de fixation de leurs émoluments et autres avantages. Un réajustement consécutif de la pension est prévu pour ceux qui jouissent de leurs droits civiques et le maintien aux ayants droit du bénéfice de certains avantages dont ils sont actuellement privés.
L’architecture institutionnelle, mise en chantier par le comité d’experts, a besoin de la sanction populaire attendue au référendum prévu d’ici la fin du dernier trimestre 2010. Une échéance fixée le lundi 19 avril par ATT, à la réception du rapport consacrant les réformes politiques dites de consolidation de la démocratie au Mali.
Abdrahamane Dicko

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PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE
Des citoyens entre espoir et peur
La décision du président de la République d’organiser un référendum cette année a mis des citoyens dans des réflexions. Dans le micro trottoir ci-dessous, des Bamakois indiquent qu’il appartient à tous les Maliens de réfléchir sur les conséquences de la révision constitutionnelle.

Ibrahima Hamaciré N’Douré (section URD de la Commune IV) :
" Je pense qu’il appartient au président de la République de juger nécessaire de changer ou pas la Constitution. La tenue d’un référendum est du ressort du président de la République. Par contre, il appartient à chacun de réfléchir sur les conséquences de la révision constitutionnelle".

Abdoulaye Kéita (vendeur de pièces détachées) :
" Je souhaite qu’on laisse notre Constitution comme elle est. Je crains qu’il n’apporte des lois européennes dans notre Loi fondamentale. Même si notre Constitution doit être révisée, elle doit normalement s’inspirer de nos traditions, us et coutumes".

Boubacar Tabouré (conseil de la société civile de la Commune IV) :
" Tout le monde est informé de la situation. Je ne suis pas contre le référendum, mais le point saillant est la prolongation du mandat présidentiel. Je veux toutes sortes d’amendements sauf cette partie. Parmi les arguments que le président avance pour cette révision constitutionnelle, il y a la suppression du Haut conseil des collectivités territoriales. Le pays est confronté à d’autres problèmes plus importants que ça. En réalité, le président n’a pas dit ce qu’il a dans son for intérieur. Il n’a pas dit ce qu’il veut réellement".

Maïmouna Traoré (vendeuse ambulante) :
" J’ai peur que la tenue de ce référendum ne provoque la colère des populations comme cela été le cas avec le code des personnes et de la famille. Qu’il nous laisse avec ces choses inutiles. Les Maliens ont d’autres priorités que le président refuse apparemment de voir en face".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

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BIENTOT LE RAVEC DE RATISSAGE
La dernière chance pour les retardataires d’être enrôlés
Alors que les opérations du Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec) ont pris fin ce mois-ci, des milliers de Maliens attendent d’être enrôlés. Au département de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, une éventuelle opération de ratissage pourrait concerner les retardataires.
Démarrées officiellement en janvier 2009, les phases des opérations du Ravec ont concerné tout le Mali. De Kayes à Kidal, des millions de Maliens se sont fait enrôler par des équipes de terrain qui, dans les conditions très difficiles de travail, ont fait de leur mieux dans l’identification des Maliens.
Au MATCL, si on se félicite de parvenir à l’objectif recherché, c'est-à-dire l’adhésion de la plupart des Maliens avant leur enrôlement, il faut reconnaître que plusieurs de nos compatriotes, pour des raisons diverses, attendent ou cherchent à s’enrôler à telle enseigne que certains sont prêts à en payer le prix. Parmi ces retardataires figurent en premier plan ceux qui avaient refusé l’opération, la jugeant "d’encombrante".
A ce lot s’ajoutent les commerçants, les étudiants et autres travailleurs saisonniers. "On savait que cette situation allait arriver. Et nous l’avons envisagé dans notre programmation", affirme une source du département de l’Administration territoriale, qui ajoute que des dispositions pourraient être prises pour un ratissage. Cette dernière phase concernerait aussi les "retardataires". Pour l’heure, aucune date n’a été indiquée pour cette ultime phase.
Au Mali, l’état-civil est aujourd’hui confronté à plusieurs difficultés d’ordre institutionnel, logistique et financier, qui entament sa fiabilité et ses performances. Aussi afin de permettre son adaptation au nouveau contexte socio-politique, au phénomène de démocratisation des institutions et au respect des différents accords internationaux, le gouvernement et ses partenaires ont-ils convenu de la nécessité de consentir des efforts en direction du système d’état-civil dans sa globalité.
D’où l’initiative du Ravec. "Cette initiative est une nouvelle approche pour mettre en place un état-civil fiable et sécurisé. Le Ravec vient corriger ce tir". L’opération n’a pour but principal que "de recenser tous les citoyens maliens y compris ceux qui n’ont pas de pièces d’état-civil, en recueillant leurs données biométriques (photos et empreintes digitales) pour constituer un fichier central ouvert à diverses applications, avec attribution d’un identifiant unique".
A noter que l’opération de recensement, qui vise les Maliens de l’extérieur, va incessamment commencer.
Amadou Sidibé

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BANQUE MONDIALE
Plus de 7,9 milliards de dollars pour l’Afrique
D’ici juin prochain, il y aura un engagement de 7,9 milliards de dollars (plus de 3000 milliards de F CFA) de la BM pour l’Afrique. L’annonce a été faite le lundi 19 avril 2010 par Obiageli Katryn Ezekwesili, la vice-présidente région Afrique de la Banque mondiale au cours d’une conférence de presse tenue simultanément dans plusieurs pays d’Afrique en vidéo conférence.
La Banque mondiale tiendra, en principe, son assemblée de printemps les 24 et 25 avril prochains au cours de laquelle plusieurs sujets, qui ont trait au développement socio-économique de l’Afrique, seront abordés.
En prélude à cette assemblée, Obiageli Katryn Ezekwesili, la vice-présidente région Afrique de la Banque mondiale, et Shantayanan Devarajan, le chef économiste région Afrique de la Banque mondiale, ont rencontré des journalistes de plusieurs pays d’Afrique en vidéo conférence.
Les conférenciers ont parlé du poids de la crise économique sur l’Afrique, de l’aide au développement, de l’effet du changement climatique, de la pauvreté en Afrique, de la participation de l’Afrique à l’économie mondiale, du chômage etc.
Aux dires de Mme Obiageli Katryn Ezekwesili, l’assemblée de printemps sera très importante pour l’Afrique, car, selon elle, abordera toutes ces questions.
Mme Ezekwesili dira que l’aide au développement pour l’Afrique n’est pas la charité. L’aide au développement permet, selon elle, de renforcer la capacité de l’Afrique pour sa participation à l’économie mondiale. La conférencière a préconisé que l’Afrique doit commencer le mouvement d’adaptation au changement climatique.
Le besoin financier de l’Afrique pour les secteurs d’infrastructures est de 42 milliards de dollars, mais seulement 17 milliards peuvent être réunis, a fait savoir Shantayanan Devarajan, ajoutant qu’il est important de comprendre que l’Afrique a été affectée par la crise, ce qui peut avoir une incidente grave sur la pauvreté en Afrique.
" D’ici juin prochain, nous aurons un engagement de 7,9 milliards de dollars pour l’Afrique", a conclu la vice-présidente région Afrique de la Banque mondiale.
Sidiki Doumbia

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ECHOS DES REGIONS
SIKASSO
Les panneaux qui gênent la circulation

La gestion d’une commune doit obéir à un certain nombre de règles et de principes que les autorités municipales se doivent d’appliquer de manière à créer et à améliorer les conditions d’existence des populations.
Le destin en société présage le respect strict des biens publics qui nous entourent et qui constituent, dans bien des cas, des moyens incontournables pour faciliter les échanges entre les hommes et réduire au maximum les risques d’accidents. La prolifération de panneaux publicitaires inappropriés à Sikasso est un cas qui est en train de détourner les règles établies.
C’est du moins ce qui se voit dans une ville qui ambitionne de fêter avec éclat le cinquantenaire de notre indépendance et la Biennale artistique et culturelle 2010. Malheureusement, leurs nombreuses affiches qui tapissent dans le désordre les places publiques, les espaces de grande affluence, les devantures des bâtiments administratifs, les poteaux électriques implantés aux carrefours.
La publicité est un secteur d’activité assez organisé et sur lequel les autorités municipales ne jouent pas en raison des rentrées qu’elle génère au profit du budget communal. La publicité demeure, de nos jours, l’un des domaines d’activités les plus en vue dans ce monde, au regard de son impact sur le développement de nos sociétés.
Si bien que, de plus en plus, les hommes ne manquent pas d’imagination pour créer au jour le jour des espaces publicitaires par lesquels ils font passer leur message ou attirent davantage de monde vers tel ou tel produit. Des adresses et messages dont les auteurs seuls ont le secret, des panneaux d’établissements scolaires au coin des villas et ou au bout du carré ; autant d’informations que des gens font passer aux intersections des routes. C’est une pratique à bannir, car il peut être source de dangers pour les usagers de la route.
Pourtant, à y regarder de près, il s’agit, dans la plupart des cas, d’activités génératrices de revenus et impliquant des personnes bien pourvues d’argent et au parfum des procédures légales en matière d’annonces.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle forme de publicité, qui est en train de prendre de l’ampleur dans la ville de Sikasso au vu et au su des autorités municipales suscite des appréhensions chez certains professionnels du secteur, qui s’estiment victimes d’une concurrence déloyale.
A tout le moins, la municipalité devra faire de sorte que l’ordre en matière de circulation soit très rapidement rétabli.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

MAIRIE DE MARKALA
Dix-sept employés licenciés vont porter plainte
Il y a trois mois, le maire de la Commune de Markala a matérialisé une délibération du conseil communal par un arrêté municipal de licenciement, en date de décembre 2009, qui raye, définitivement, dix-sept travailleurs sur les effectifs du personnel de la municipalité.
La décision du maire allègue de "motifs économiques" pour justifier le renvoi de ces employés, essentiellement, composés de gardiens d’école, de structures de santé, d’autres services dans la Commune et de collecteurs de taxes municipales.
Selon des indiscrétions, les avis étaient bien partagés entre le licenciement des intéressés et leur maintien. En tous les cas, les débats à l’époque, dit-on, auront été très longs et houleux. Les uns et les autres auront longtemps tourné autour du pot avant de se rendre à l’évidence du licenciement. Mais d’abord, il a fallu, nous précise-t-on, une intervention énergique d’un conseiller "véridique" de la "coalition anti-Adéma" pour que tout le monde se résolve à voter pour la résiliation des contrats.
C’est sous les deux mandats consécutifs Adéma que les intéressés ont été engagés, dit-on, "d’une façon ou d’une autre". Mais, la mairie durant toute la période Adéma, n’a pu leur assurer un salaire régulier.
Les ressources financières de la mairie en général et celles que recouvraient les collecteurs ont toujours fait l’objet d’une gestion opaque entre agents de collecte et régisseur de recettes, sans doute, tout cela avec la bénédiction des responsables communaux d’alors. Comme corollaire, les deux, trois, ou quatre mois de retard de salaires étaient une norme sous les dix ans de mandat du parti de l’Abeille.
Visiblement, l’actuelle équipe s’est rendue compte que tout cela devrait changer et que les ressources de la collectivité ne lui permettent plus de continuer à supporter les charges d’un personnel non rentable. Il fallait diminuer l’effectif et instaurer un nouveau mécanisme fiable de recouvrement et de gestion des ressources.
Ce qui semble déjà porter ses fruits, car les retards de salaires sont oubliés par les travailleurs qui ont été épargnés par la compression, mais ceux qui ont été virés depuis trois mois attendent impatiemment leurs droits de licenciement. Ils sont en passe aujourd’hui de saisir l’inspecteur régional du travail et si nécessaire, attaquer la collectivité en justice, pour faire valoir leurs droits.
Affaire à suivre.
H. Diabaté
(correspondant régional)

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RARETE DE PETITES PIECES
Ce qu’en pense le spécialiste
Selon le chef de DER économie de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg), Dr. Issa Sacko, la disparition des pièces de 5, 10, 25 F CFA est un indicateur de la rareté de ces pièces elles-mêmes.
Cependant, conseille-t-il, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives au niveau de l’évolution de la masse monétaire parce qu’elle "peut avoir augmenté et les pièces concernées peuvent ne pas augmenter ou avoir augmenté à un rythme très inférieur par rapport au reste de la composante des masses monétaires".
Pour M. Sacko, si la quantité de ces pièces ne s’accroît pas et que les activités pour lesquelles elles sont sollicitées augmentent, cela crée une rareté relative. "Leur usure physique excessive est également un indicateur du non-renouvellement du stock, ainsi que la non-fluidité des échanges", ajoute-t-il.
Le taux d’échange sur certaines pièces au niveau des casseurs de monnaies constitue également un indicateur de la pénurie de ces petites pièces. "Chacun fait des efforts pour pouvoir accomplir l’acte d’achat. Souvent au profit des pertes, on renonce souvent à ces petites pièces pour ne pas perdre du temps", indique-t-il.
Aux dires de Dr. Sacko, la pénurie des petites pièces est un frein aux échanges économiques parce qu’elle augmente les coûts des transactions. "Ce sont tous les coûts qui viennent s’ajouter à la transaction et souvent l’acheteur n’arrive pas à conclure son achat et perd du temps, qui vient s’ajouter au prix de la marchandise. Généralement, sur certaines surfaces de vente, les vendeurs retournent les monnaies suivant la tête de l’acheteur", constate Dr. Sacko. Cela, reconnaît-il, constitue un facteur de blocage des échanges, "plus les sommes en jeu sont élevées, plus l’acheteur a du mal à renoncer à sa monnaie".
A l’heure de la bancarisation électronique dans le monde, presque toutes les transactions et paiements s’effectuent à l’aide de l’électronique. Ce procédé pourrait compromettre la circulation des petites pièces, dit-il.
Selon M. Sacko, ce type de paiement n’est pas très développé au Mali, mais effervescent et ne saurait expliquer la pénurie des petites pièces de monnaie dans la circulation. "Le niveau de bancarisation est très peu et ne compense pas la réalité des échanges que nous effectuons", ajoute-t-il.
Aminata Traoré
(stagiaire)

PENURIE DE PIECES DE MONNAIE
Péril sur le commerce au détail
Les pièces de 5, 10, 25 et 50 F CFA brillent désormais par leur absence sur le marché. Certains attribuent cette rareté à la crise financière et économique. D’autres disent en ignorer les raisons. Dans tous les cas, elle perturbe les transactions et fait de victimes.
Les pièces de 10, 25, 50 deviennent de plus en plus invisibles sur le marché national. Cette pénurie peut s’expliquer par la crise économique et financière et la cherté de la vie. Les commerçants détaillants, les pharmaciens et les ménagères en sont les plus affectés. Les premiers sont les plus confrontés aux problèmes de monnayage, qui leur fait perdre des clients.
Les conséquences de cette rareté de petites pièces de franc CFA sont nombreuses. Afin de ne pas être confrontés à des situations susceptibles de mettre en mal leurs transactions, la plupart des commerçants et revendeurs sont souvent dans l’obligation d’arrondir leur prix pour éviter des problèmes de monnaie avec les clients. Les produits initialement cédés à 10 ou à 15 F CFA sont cédés à 25 F CFA et ceux de 30 et 40 F CFA sont cédés à 50 F CFA.
Les mêmes difficultés, pour les pharmaciens, de se procurer les jetons les ont poussés à remplacer les pièces de 10, 25, et souvent même de 50 F CFA par des bonbons et autres friandises. Malgré tout, les échanges et transactions sont devenus difficiles. Les ménagères s’estiment en l’occurrence les premières victimes. Il est désormais rare, pour elles, de trouver des condiments en dessous de 25 F CFA.
A grande échelle, ce sont donc des millions de F CFA initialement destinés à d’autres fins qui prennent une autre direction. Au niveau individuel, chacun peut évaluer le manque à gagner que le phénomène engendre à long terme pour ses propres finances. Mais encore une fois, il se fait durement ressentir sur le panier de la ménagère.
Anne-Marie Kéita

Des usagers se prononcent
Boubacar Sanogo (apprenti chauffeur) :
" J’ai toujours eu des problèmes de monnaie avec mes clients. C’est pourquoi avant d’embarquer un passager, je demande s’il a de la monnaie sur lui. Si oui, il peut monter dans le cas contraire, il ne monte pas. Cette dernière hypothèse n’est pas bénéfique pour nous, car nous perdons beaucoup nos clients à cause de 50 F CFA. Au Grand marché, il y a des gens qui échangent les billets en jetons. Quand vous faites la monnaie de 500 F CFA, ils prélèvent 50 F CFA comme bénéfice et ce n’est pas du tout drôle pour nous".

Ahmadou Touré (commerçant) :
" Il arrive des fois, à cause des jetons, que je perde des clients surtout pour les pièces de 10, 25 et 50 F CFA qui sont indispensables dans le commerce au détail. Souvent, je vais faire la monnaie à la banque, mais le jour où je ne le fait pas, je perds beaucoup".

Alima Dia (gérante d’alimentation) :
" Le problème de jetons nous cause beaucoup de difficultés. Quand un client vient vous n’avez pas le droit de lui demander s’il a la monnaie ou pas. C’est après l’échange que le problème se pose. Nous faisons tout notre possible pour qu’il n’y ait pas d’obstacles de jetons. Mais c’est impossible. Pour éviter les problèmes, nous proposons des bonbons".

Abdoulaye Sylla (pharmacien) :
" Le problème de jetons à notre niveau est dû aux prix des médicaments. Quand vous prenez un produit de 2120 F CFA, il y aura obligatoirement un problème de jetons de 10 à 40 F CFA. Pour ne pas perdre le temps à chercher la monnaie nous leur proposons des bonbons".
Propos recueillis par A.-M. K.

DANS DES PHARMACIES
Des bonbons remplacent les jetons
Les problèmes de monnaie se posent avec acuité dans des officines privées de pharmacie. Les pièces de 50, 25, 10 et 5 F CFA sont des plus recherchées et quasiment introuvables.
F. T., une gérante de pharmacie installée à Baco-Djicoroni, ne sait plus où donner de la tête. Selon elle, il y a des jours où elle peut monnayer 30 000 F CFA de billets de banques en petites pièces, mais qui sont aussitôt raflées comme du petit pain par des clients.
D.T., un autre pharmacien qui a pignon sur rue à Bamako-Coura, dit avoir souvent dans sa caisse 50 000 F CFA de jetons, qui s’envolent en l’espace d’une journée. A ses dires, le jeu en vaut la chandelle. "Sans pièces de rechange, on risque de perdre notre clientèle qui n’acceptera pas de laisser leurs menues monnaies avec nous", témoigne-t-il.
L’expérience étant la somme de tout ce que l’homme peut connaître en bien et en mal dans l’exercice d’une fonction donnée ou dans la vie pratique, les pharmaciens semblent trouver la parade à leurs problèmes de jetons. Selon nos interlocuteurs, ils remettent des bonbons ou chewing-gum à leurs clients chaque fois qu’ils sont confrontés à un problème de monnaie. Ces bonbons et chewing-gum sont donnés en compensation de la monnaie à restituer.
Mais il arrive que des clients rechignent à accepter ce genre de transaction pour des raisons de parité. Selon des clients, des gérants profitent de cet échange pour faire main basse sur leurs jetons en surévaluant la valeur des bonbons donnés.
Mais, pour éviter tout quiproquo, le client est prié de repasser prendre sa monnaie ou le cas échéant, le gérant de pharmacie fait bon cœur contre mauvaise fortune en refusant de vendre tant que le problème de monnaie se pose.
Abdrahamane Dicko

ENERGIE DU MALI
Ces jetons qui enrichissent
Si les pharmacies ont trouvé remède au problème de jetons, à l’Energie du Mali (EDM), l’équation s’avère difficile à résoudre.
Ils sont nombreux ces clients qui se plaignent des caissiers de l’EDM, qui ne font pas suffisamment d’efforts pour rendre les pièces de monnaie. La recherche de solutions ne semble pas plaire à certains qui tirent profit de la rareté.
Ces agents profitent surtout de l’empressement des clients pour se faire les poches. "Il m’arrive fréquemment de laisser aux guichets de l’EDM des pièces de 50 à 100 F CFA pour ne pas en rajouter à ma colère d’attendre", fait savoir M. S., un abonné.
D. S., un autre usager de l’EDM, soutient qu’il n’a pas de temps à perdre pour 25 ou 50 F CFA devant un guichet. Selon lui, la situation est voulue et entretenue par des caissiers qui arrondissent indûment leurs fins de mois par cette pratique au vu et au su de leurs patrons.
Selon lui, une de ses connaissances qui travaille dans une agence de l’EDM lui a fait savoir qu’il a des collègues caissiers qui peuvent gagner entre 75 000 à 100 000 F CFA par jour avec des pourboires indus.
Il fait cas d’une autre pratique, qui consiste, pour les caissiers, à arrondir les 1 et 2 F CFA en 5 F CFA qu’ils récupèrent ensuite à la fermeture de leurs caisses. A ses dires, les postes les plus enviés aujourd’hui de l’EDM sont les caisses à cause des primes, mais aussi de cette prédation qui ne dit pas son nom.
" Pis, bien que les pièces de 1 et 2 F existent dans le système monétaire de l’Uémoa, elles ne sont pas les bienvenues dans ces lieux de paiement de factures de notre pays à telle enseigne qu’elles ont fini par disparaître de la circulation", affirme D. S. Il en veut surtout aux responsables chargés de la régulation monétaire de notre sous-région.
Abdrahamane Dicko

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DECES DE SOTIGUI KOUYATE
Un "trésor" à immortaliser
Un baobab vient de s’écrouler laissant la savane africaine sous la menace de l’érosion intellectuelle. Oui, c’est à ce triste destin qu’a condamné la culture africaine le regretté Sotigui Kouyaté en s’éclipsant définitivement de la scène le 17 avril 2010 à Paris à l'âge de 74 ans.
Le Vieux sage, le maître de la parole s’en est allé plongeant le monde du cinéma et du théâtre africains dans le chagrin, l’émotion et le regret. Comme Joseph Ki-Zerbo, Sembène Ousmane, Amadou Hampathé Bâ…, la culture africaine est désormais d’un de ses meilleurs ambassadeurs, d’une de ses icônes ! Au dernier Festival de Carthage (Tunisie), il était apparu très affaibli ! Mais, on était loin d’imaginer qu’il allait nous quitter de sitôt tant "il était toujours très alerte et passionné de cinéma".
Cet "homme affable et d'une grande sagesse" était très respecté dans le milieu du cinéma et du théâtre en Afrique et dans le monde. On comprend aisément alors les hommages qui lui sont rendus ici et là. Sans compter ces œuvres qui l’ont immortalisé de sont vivant comme "Sotigui Kouyaté, un griot moderne" du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun et "Sotigui Kouyaté" d’Olivier Delahaye. Et lors de la dernière édition du Fespaco, le festival panafricain lui avait rendu un hommage discret, mais mérité.
Celui qui a atteint sa renommée mondiale avec les pièces de théâtre mises en scène par Peter Brook et le film "Little Senegal" de Rachid Bouchareb, n’est plus à présenter. Inutile donc de rappeler le chapelet de rôles joués (au cinéma et au théâtre) par ce talentueux interprète. N’empêche qu’on ne peut pas non plus s’empêcher de signaler que "Faro, la reine des eaux" de notre compatriote Salif Traoré est son dernier film connu. Issu d’une famille d’origine guinéenne, Sotigui est né en 1936 à Bamako et il a grandi au Burkina dont il avait la nationalité. Et il a vécu en panafricaniste refusant de tomber dans des pièges nationalistes.
Le décès de Sotigui est une autre immense perte pour la culture africaine, le cinéma notamment, après les disparitions d’Ousmane Sembene, Adama Drabo... Heureusement, que cette prestigieuse "bibliothèque" n’a pas entièrement brûlé, car Sotigui a toujours cherché à partager son immense talent et son immense savoir avec toutes les générations. Et comme le dit Birago Diop, "les morts ne sont pas morts…"
L’esprit de Sotigui sera à jamais parmi nous, car il est immortel par l’œuvre accomplie de son vivant et par ses qualités morales et humaines. "Sotigui était un homme bien à tout point de vue. Il refusait d'être la sagesse pour n’en être que l'enveloppe. En diffusant à la radio la dernière interview que j'ai eu avec lui, j'ai pris encore plus conscience de ce que nous avons perdu. Il me disait : si chaque Africain, en se levant se disait, qu'est-ce que je peux faire pour l’Afrique, ce serait déjà énorme", se rappelle Baba Diop, président de la Fédération africaine des critiques de cinéma (FACC).
" Nous avons toujours, et malheureusement, porté notre attention sur les réalisateurs et pas souvent sur les femmes et les hommes qui font qu'une histoire devient un film. Je veux parler des acteurs. Sotigui mérite plus qu'un livre. La Fédération a un devoir de reconnaissance", regrette M. Diop au nom des critiques africains. Et comme il le conseille, rassemblons donc nos documents, nos écrits, nos interviews et nos souvenirs de l’homme pour éditer un bouquin et le remercier de tout ce qu'il nous laisse en héritage. Un palmarès éloquent, un fabuleux trésor !
C’est le peu que Sotigui pouvait attendre de nous, de ces intellectuels africains dont il est l’une des grandes références, de cette Afrique pour l’intégration de laquelle il s’est battu avec son bagage intellectuel, son talent et son humanisme engagé. Vieux sage, repose en paix dans la grâce infinie d’Allah ! Amen !
Moussa Bolly
(président de l’Association malienne des critiques, Amacri)

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