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2010

Mois d'avril

Les Echos du 16 Avril

 

BANKASS
Un député URD au cœur d’un scandale de défenses d’éléphant
Les défenses d’un éléphant, abattu par des chasseurs burkinabés sur le territoire malien, qui devaient être conservés au patrimoine national, ont disparu entre les mains de Tidiane Guindo, un député URD élu à Bankass.
Des chasseurs burkinabés ont abattu dans la Commune de Wankoro (cercle de Bankass) un éléphant qui a fait l’objet d’un conflit d’appartenance entre le Mali et le Burkina Faso.
Le Mali a réclamé les trophées de l’éléphant, c’est-à-dire la tête, les défenses, etc. Le Burkina avait aussi réclamé sa part. Mais, c’est finalement le Mali qui gardera tout "le trésor", même si jusque-là, les tiraillements continuent entre les deux Etats.
Mais, le hic dans toute cette affaire, c’est qu’on ne sait plus où sont parties les défenses (ivoire) de l’éléphant. De source informée, elles ont été remises à l’honorable Tidiane Guindo par le maire de la Commune de Wankoro, Harouna Sangaré.
Tidiane Guindo aurait transporté la précieuse marchandise dans son véhicule. Il aurait disparu pendant que sa voiture était dans un garage.
Mais l’honorable Tidiane Guido persiste et signe : il ne sait pas où est parti l’ivoire. La police a fait le constat. Selon la même source, l’ivoire disparu devait être remis, pour conservation au patrimoine national, à un département ministériel.
Sidiki Doumbia

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DES JEUNES GARDES A VUE A LA POLICE
Abus de pouvoir d’un capitaine
Un capitaine de la police militaire a outrepassé ses prérogatives en mettant des jeunes en garde-à-vue au commissariat du 9e arrondissement, avec la promesse de leur faire voir l’enfer, au seul motif qu’ils incommodent une dame.
Dans le quartier Sema I à Sébénicoro, depuis plusieurs années, un groupe de jeunes (étudiants, commerçants, fonctionnaires) a pris l’habitude de se réunir autour du thé dans un "grin" dont le lieu de rendez-vous n’est autre que la devanture de la concession d’un ami.
Dans la nuit de mardi à mercredi 15 avril 2010, un certain capitaine Diakité de la police militaire se présente à eux et demande à voir un membre du groupe qui serait un porteur d’uniforme. Sans autre forme de procès, il laisse entendre qu’il a reçu de la part d’une famille qui habite dans la même rue une plainte pour tapage nocturne. Le capitaine ordonne aux jeunes de ne plus se réunir à partir de 22 h sous peine d’être sévèrement punis.
Le lendemain, le même capitaine se présente de nouveau au groupe de jeunes, cette fois-ci avec la détermination d’en finir avec le regroupement nocturne. Quelle ne fut sa surprise de trouver parmi les jeunes, un lieutenant. Des échanges entre lui et ce dernier ont permis d’aplanir le malentendu. Curieusement la même nuit, aux environs de 3 h du matin, le capitaine Diakité de la police militaire débarque avec ses éléments et met le grappin sur les jeunes en pleine causerie.
Traités de tous les noms d’oiseaux, les noctambules ont été conduis manu militari sous les yeux du capitaine avec la complicité d’un agent de la police du 9e arrondissement où ils ont passé la nuit.
Leur libération n’a été possible qu’avec l’implication du commissaire principal. Approché, ce dernier a affirmé qu’au moment des faits, il n’était pas sur place et qu’il n’a pas été non plus informé par l’agent permanent en poste.
" Quand on m’a informé le matin, j’ai ordonné qu’on libère les jeunes", a dit le commissaire qui a affirmé n’avoir reçu aucune plainte de la part de quelqu’un ou d’une famille de la Sema I de Sébénikoro concernant les agissements des jeunes. "Nous ne savons pas pour quel motif il vient les arrêter", a assené le chef du commissariat du 9e arrondissement.
Les parents des victimes que nous avons trouvés au commissariat, affirment que le capitaine Diakité aurait agi sur ordre d’une dame. Pour les jeunes, le rôle de la police militaire doit concerner les porteurs d’uniformes et non la population civile.
Atteints moralement, les jeunes sont déterminés à ce que la vérité éclate sur les vrais motifs de leurs arrestations et identifier la personne qui a porté plainte contre eux à la police militaire.
Affaire à suivre
Amadou Sidibé

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RENCONTRE PM-ENSEIGNANTS
Vers un nouvel agenda de négociations
Le Premier ministre Modibo Sidibé a rencontré hier à la Primature l’ensemble des syndicats de l’éducation afin de renouer le fil du dialogue avec les partenaires sociaux de l’école qui, depuis un certain temps, multiplient des grèves.
Les échanges entre le Premier ministre entouré pour l’occasion de plusieurs membres de son gouvernement impliqués directement dans la gestion des doléances des enseignants et les syndicats d’enseignants ont, selon les indiscrétions, été marqués par des haussements de ton.
Invités à vider la salle juste après le discours d’ouverture des travaux prononcé par Modibo Sidibé, les journalistes se sont contentés de la conclusion de la session qui, il faut le noter, n’a pas abouti a de réels acquis allant dans le sens de la résolution de la crise.
Cependant, le chef du gouvernement a assuré que toutes les dispositions seront prises pour satisfaire toutes les doléances des syndicalistes d’ici la fin de l’année 2010. Il a invité ses visiteurs à adhérer à un nouvel agenda de négociation visant à diligenter la résolution des différentes revendications sous la houlette des commissions interministérielles, placées sous sa tutelle.
Au terme de la rencontre, nous avons rencontré le secrétaire général du Syndicat des enseignants du supérieur (Snesup) Dr. Abdou Mallé qui a indiqué que son regroupement est toujours ouvert au dialogue. Il a cependant rappelé que la grève illimitée qu’observe son syndicat depuis le 19 mars dernier reste d’actualité jusqu’à obtention de l’adoption de l’arrêté du statut particulier du personnel enseignant qui constitue la substance de leurs doléances.
D’autres syndicats comme le Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec) ont été plus sensibles à la nouvelle proposition de sortie de crise du gouvernement.
" Nous allons faire confiance au gouvernement, nous ne sommes pas des anti-gouvernement, seulement nous avons nos préoccupations qui doivent être pris en compte", a indiqué Tibou Telly secrétaire général du Snec.
La Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) a pour sa part exprimé sa volonté d’aller consulter sa base à fin, dit-elle, d’harmoniser les points de vu.
Le PM a exprimé le souhait devoir le nouvel agenda des négociations entrer dans sa phase active dès le début de la semaine prochaine.
Amadou Waïgalo

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SIKASSO
La société civile apporte sa contribution au CSLP
La société civile doit soutenir et améliorer la qualité de vie, le bien-être social et l’égalité des chances pour tous.
Les acteurs des organisations de la société civile (OSC) ont organisé, mardi dernier à Sikasso, une rencontre de partage d’expériences sur le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). La société civile entend renforcer son action en vue d’influer efficacement sur les politiques publiques. Il s’est agi d’une large consultation pour partager les expériences dans l’optique d’un CSLP réduisant effectivement la pauvreté spécifiquement dans la région de Sikasso.
Pour ce faire, l’occasion a été donnée aux participants de partager l’expérience du secteur privé en matière de préparation et de participation à la revue du CSLP. De l’avis du président du conseil régional de la société civile, Souleymane Ouattara, les OSC engagées dans ce processus ont entrepris une action unitaire en vue d’une plus grande visibilité afin qu’au sortir de la rencontre d’évaluation, des actions de développement mises en œuvre par le gouvernement soient matérialisées.
" La pauvreté et l’exclusion d’un seul individu appauvrissent la société tout entière. Il n’y a pas de solution miracle pour endiguer la pauvreté et l’exclusion sociale. Toutefois, une chose est sûre : on ne peut pas gagner cette bataille sans l’apport de tout un chacun. Le moment est bien choisi pour renouveler notre engagement envers la solidarité, la justice sociale et une meilleure implication", a ajouté M. Ouattara.
C’est à ce seul prix, dira-t-il, que l’on contribuera efficacement au développement du Mali. Le CSLP est un document-cadre qui énonce les objectifs prioritaires de développement définis par le gouvernement. Il vise à influencer les objectifs sectoriels et le choix des indicateurs de suivi des plans et programmes d’action mis en œuvre. L’une des valeurs clefs de la société civile est la solidarité, un concept particulièrement important en temps de crise.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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CERCLE DE DOUENTZA
SOS pour Toupèrè
L’eau, source de vie, est indispensable. Mais à Toupèrè, petite bourgade d’un millier d’âmes située non loin de Douentza (Mopti), son manque devient source de malheur pour toute une population qui s’abreuve dans de grandes fosses. Le témoignage des deux enseignants (Abdrahamane Maïga et Daouda Coulibaly) de la seule école fondamentale de ladite localité est ahurissant. Et le citadin, qui est à mille pensées de croire qu’en cette heure de modernité des êtres humains peuvent boire dans la même bassine que des animaux, ne peut que tomber des nues.
" A Toupèrè, la crise d’eau est plus qu’alarmant. Durant toute l’année, la population se contente de boire les eaux de pluies qui stationnent dans de grandes fosses pouvant contenir plusieurs cubes d’eau. Il n’y a pas un seul puits, même traditionnel. Les populations, singulièrement les enfants, sont exposées à toutes sortes de maladies, notamment diarrhéiques", confie, dépité, Abdrahamane Maïga, le directeur de l’école, un établissement scolaire qui compte 146 élèves, majoritairement des garçons. Les filles, on le sait, sont occupées la plupart du temps à la corvée d’eau, souvent à deux ou trois kilomètres du village, notamment Téga ou Tabi.
" En tant qu’enseignant, je refuse de boire cette eau nauséabonde. Je me déplace fréquemment vers des villages voisins pour chercher l’eau. Ce qui n’est pas sans conséquence sur le déroulement de mes cours. La situation est vraiment difficile. Il faut vraiment voir de ses propres yeux ces fosses pour croire qu’un être humain peut boire une eau pareille, en même temps d’ailleurs que les animaux. C’est impensable", témoigne l’autre enseignant Daouda Coulibaly.
Certaines familles, précise M. Coulibaly, sont propriétaires de grandes fosses. Quand arrive la période de la grande soudure (avril-juin) où il n’y a presque pas d’eau dans aucune fosse, elles vendent cette eau au reste de la population à raison de 50 F CFA le bidon de 20 litres.
" J’ai pitié pour mes élèves. Certains peuvent faire deux à trois mois sans se laver pendant la saison sèche. Même s’alimenter est souvent difficile pour eux. Beaucoup viennent le matin sans prendre le petit-déjeuner. Le taux d’absentéisme et d’abandon est très élevé. Je ne leur en veux pas. Les parents, agriculteurs et éleveurs, sont très démunis", ajoute M. Coulibaly.
Les deux enseignants en appellent à la magnanimité des plus hautes autorités du pays, mais aussi des ONG, des organismes de coopération internationale pour doter Toupèrè d’un puits à grand diamètre afin que "cesse pour de bon» le calvaire des populations de la petite localité.
" Le Projet Nef avait creusé en 2003 un puits d’une profondeur de 70 mètres. Il y avait un peu d’eau. Mais ce puits a tari quelques mois après", précisent nos deux interlocuteurs.
Ibrahim Guindo

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DOSSIER

SITUATION SOCIALE SOUS LA TRANSITION
" Les Maliens ont connu un léger mieux"

Héritier d’une situation économique, sociale et politique difficile, le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) a apporté un léger mieux dans l’amélioration des conditions de vie des Maliens.

En mars 1991, des manifestations populaires et un coup d’Etat ont ouvert la voie à une transition, dirigée par le Comité transition pour le salut public suivant l’Acte fondamental n°01/CTSP du 31 mars 1991. Cette transition durera 14 mois. Elle a été menée sous la houlette du lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Elle a posé des actes qui, selon Dr. Idrissa Diallo, sociologue, ont sensiblement "amélioré" les conditions de vie des Maliens. Ces améliorations ont concerné des domaines vitaux.
Certes, à ses dires sous GMT, les prix des denrées de première nécessité et des autres produits n’avaient pas connu une flambée comme c’est le cas aujourd’hui, mais l’accessibilité était un problème à cause du pouvoir d’achat très faible de la majorité des Maliens qui tiraient le diable par la queue : salaire des fonctionnaires en retard de plusieurs mois, difficultés d’accéder aux trois repas quotidiens. La liste n’est pas exhaustive.
Moussa Traoré n’était pas parvenu à combler les attentes. Pis, selon lui, il ne pouvait plus rien apporter au Mali, car il avait atteint et démontré toutes ses capacités et limites en tant que chef de l’Etat. Et d’évoquer les difficultés financières cruciales du moment.
Le CSTP, de l’avis de M. Diallo, a hérité d’une situation économique difficile, tant les caisses de l’Etat étaient vides. C’est à partir des difficultés financières que le Premier ministre d’alors, Soumana Sako, avait pu se tirer d’affaire en faisant du paiement des salaires une des priorités. Les caisses du Trésor avaient commencé à connaître un léger mieux.
" En un laps de temps, Zou a assaini les caisses de l’Etat en les renflouant et en mettant fin aux retards chroniques et persistants concernant le paiement des salaires des fonctionnaires". Ce qui, a-t-il ajouté, a permis au CTSP, de regarder dans d’autres secteurs de développement. "Les Maliens avaient commencé à voir le bout du tunnel. Tous les Maliens avaient donc salué cette situation", affirme notre interlocuteur.
" Comparé au temps de GMT, les choses avaient commencé à être différentes. Il s’agit, entre autres, de la gestion du pouvoir, de l’organisation de la société et même la mentalité des Maliens avait commencés à changer, parce que la plupart avaient espoir que tout allait repartir sur une base saine et transparente", se souvient Dr. Diallo.
Au temps du CTSP, affirme le sociologue, on a aussi assisté à une floraison d’associations, qui ont elles aussi joué leur partition dans la gestion du pourvoir. "Bref, les 14 mois de Transition ont constitué un nouveau départ dans la vie des Maliens en général", a-t-il conclu.
Amadou Sidibé

LA TRANSITION
L’aboutissement de la démocratie
Assurée par le lieutenant-colonel, Amadou Toumani Touré, la Transition est l’aboutissement d’un long processus de lutte démocratique.
Selon Lassana Traoré, attaché de recherche à l’Institut des sciences humaines, "au départ, on était dirigé par un régime autocratique qui maltraitait tout le monde. Le peuple en avait assez et avait souhaité l’ouverture démocratique avec la création de plusieurs partis politiques, toutes choses qui n’ont pas été accueillies par le président".
A ses dires, le général Moussa Traoré avait entrepris des campagnes de concertations vers la fin des années 1980 avec les couches socioprofessionnelles. C’est à la suite de ces concertations qu’on assistera à la liberté d’expression et la création d’organes de presse, notamment "Les Echos", premier journal privé du Mali. Grâce à cette liberté d’expression, les intellectuels ont commencé à se retrouver pour former des mouvements et échanger leurs points de vue.
En 1991, les manifestations ont pris de l’ampleur et précisément en mars où les manifestations ont atteint leur point culminant. Les élèves et étudiants, associés aux mouvements, ont réclamé le départ du président.
A en croire Lassana Traoré, "la transition est l’aboutissement des luttes démocratiques. Le Mouvement démocratique, composé de partis clandestins et associations, a joué un rôle déterminant dans cette lutte. Voyant que le peuple n’en pouvait plus, les militaires, qui n’avaient plus le choix, ont pris conscience de l’ampleur du désastre et l’initiative de renverser le président".
Après le coup d’Etat, le pays a connu une période de transition. Les militaires, avec à leur tête le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, ont pris les choses en main.
Avant la formation d’un gouvernement, le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) a été mis en place pour gérer les affaires courantes du pays. Cette Transition a duré un an et quelques mois.
Cette période de transition a été un moment de trouble et de laisser-aller. Les couches socioprofessionnelles revendiquaient beaucoup mais leurs doléances n’aboutissaient pas en raison de l’état de déconfiture dans lequel était plongée l’économie nationale.
Anne-Marie Kéita
Encadré
Les Echos était un espace d’expression
Selon Lassana Traoré, le journal "Les Echos" a été un espace d’expression du peuple face au pouvoir, il a beaucoup sensibilisé par des écrits et des images souvent dures à soutenir des massacres du vendredi noir et jours suivants. La vue de ces images suscita chez la population un sentiment de révolte contre le pouvoir agonisant du général.
A.-M. K.

TRANSITION AU MALI
Les bases de la démocratie jetées

Le 26 mars 1991 mars marque la fin du régime de la IIe République. Pour jeter les bases d’une nouvelle société pluraliste et démocratique, une transition est organisée avec la participation de tous les acteurs de la vie socio-économique et politique du pays dans ses instances de direction.
Face aux violences perpétrées par le régime de Moussa Traoré, particulièrement au mois de mars 1991, une partie de l’armée se désolidarise du régime. Regroupée en Conseil de réconciliation nationale, (CRN), elle prend le pouvoir dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, précisément à 0 h 15, a rappelé l’actuel président de la République Amadou Toumani Touré, lors de son intervention radio télévisée en mars dernier dans une émission de l’ORTM, consacrée au cinquantenaire du Mali.
La forte pression qu’exerçaient les associations démocratiques, regroupées en comité de coordination, et qui étaient déterminées à ne plus laisser le pouvoir entre les mains de militaires, incita le CRN à composer avec elles pour diriger le pays. Ainsi, dans la journée du 26 mars, le comité de coordination et le Conseil de réconciliation nationale se rencontrèrent à la Bourse du travail pour créer le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP). Le CTSP devint alors un organe législatif et mixte dans sa composition car renfermant 10 militaires et 15 civils issus de toutes les associations et couches socioprofessionnelles qui s’étaient battues pour l’avènement d’un ordre nouveau au Mali.
Amadou Toumani Touré, militaire fut élu à sa tête après un vote. Il devint chef de l’Etat et président du gouvernement, conformément à l’Acte fondamental et nommera un Premier ministre, chef de gouvernement. Ainsi, venait de naître la transition au Mali qui durera 18 mois.
Il s’agit d’une période exclusivement consacrée à la remise de l’Etat sur pied et à l’élaboration des textes devant régir les fondements de la III République qui se veut être une société multipartiste, démocratique, basée sur le respect des droits de l’Homme.
Les premiers actes posés par la Transition furent l’élaboration de l’Acte fondamental, c’est-à-dire la rédaction d’un projet de nouvelle Constitution, la mise en place d’un gouvernement de Transition avec un Premier ministre chef de gouvernement. Ce gouvernement dirigé par Soumana Sako était constitué de 21 membres, dont 5 militaires.
Autre acte de premier plan posé par la transition ce fut l’option du multipartisme intégral et surtout l’organisation d’une Conférence nationale du 29 juillet au 12 août 1991. A cette conférence nationale participeront 1200 délégués, plus de 500 du monde rural ; des Maliens de l’extérieur. Celle-ci décidera de l’ouverture de négociations avec la rébellion arabo-touareg au nord du pays en novembre 1991. Ces négociations aboutiront plus tard à la signature des accords de Tamanrasset I et II et la signature, le 11 avril, du Pacte de réconciliation nationale. Cet acte majeur posé par la transition permettra à la nouvelle République d’établir une paix relative.
La Conférence nationale permettra la rédaction d’une nouvelle constitution, l’élaboration de projets de code électoral, de charte des partis politiques et de faire l’état de la nation par l’organisation des Etats généraux du commerce et de l’industrie, des transports, de la jeunesse, du monde rural.
Le premier trimestre de l’année 1992 sera particulièrement crucial pour la Transition au Mali, car il s’agissait de l’organisation des premières élections libres et démocratiques. Aucun membre des instances de la Transition, législatif comme exécutif n’a participé aux élections à moins de démissionner six mois avant la date des élections. Les élections se déroulèrent dans des conditions jugées satisfaisantes par les acteurs politiques et les institutions internationales. Le candidat de l’Alliance pour la démocratie, Parti africain pour la solidarité et la Justice (Adéma/PASJ), Alpha Oumar Konaré fut élu président de la République.
Denis Koné

BAKARY KARAMBE
Celui qui a élargi la brèche
Ancien fonctionnaire des postes, télégraphes et télécommunications (PTT), l’autodidacte Bakary Karambé a écrit en lettres d’or les pages glorieuses du syndicalisme malien et africain. Il est de ceux qui ont secoué en temps opportun le cocotier du parti-Etat.
Né vers 1925, Bakary Karambé est décédé en 2004 après avoir consacré une quarantaine d’années de sa vie à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Il est celui qui a incarné le mieux les vertus du syndicalisme comme le dialogue, la solidarité, l’unité, pour avoir dirigé l’UNTM dont il fut le 4e secrétaire général pendant 25 ans.
Rien ne le prédestinait a priori aux fonctions de syndicaliste rompu à la tâche. "L’homme est le boulanger de sa vie", disait Jacques Roumain. Bakary Karambé a intégré les PTT comme simple agent de base, en forgeant son destin avec persévérance. Le vieux Dogon pétillant de santé qui a blanchi sous le harnais avait le don de haranguer la foule. Il était en même temps un redoutable négociateur à une époque où le travailleur malien était confronté aux niveaux bas et aux retards de salaires, à la liquidation des entreprises d’Etat sous la poussée du FMI et de la Banque mondiale.
L’UNTM, la centrale syndicale qu’il a eu l’honneur de diriger jusqu’aux événements de mars 1991 était proche de l’ancien régime de l’UDPM dont elle était membre de droit. Mais malgré tout, sous sa direction, l’Union n’a jamais vendu son âme au diable. La résolution prise au cours de son conseil central de mai 1990 en faveur de l’ouverture démocratique a été déterminante dans la suite du combat mené par le Mouvement démocratique auquel l’UNTM de Bakary Karambé s’est ralliée.
D’ailleurs c’est à ce titre que le secrétaire général de l’UNTM était aux côtés de Me Drissa Traoré du Barreau, Me Demba Diallo de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), pour remettre la fameuse lettre du Mouvement démocratique qui demandait au général Moussa Traoré de démissionner suite au massacre du vendredi noir de mars 1991. Il a été le vice-président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), c’est-à-dire n°2 de l’Etat malien du 31 mars 1991 au 8 juin 1992.
Eu égard aux nombreux services rendus au syndicalisme malien et africain et à son combat en faveur du mieux être des travailleurs, le 4e secrétaire général de l’UNTM a été élevé à la dignité "d’Empereur du syndicalisme africain" par ses pairs à Accra au Ghana en 1992. Il est resté sur la brèche même après avoir passé le témoin à la jeune génération pour vivre une retraite paisible en 1993.
Abdrahamane Dicko

MICRO-TROTTOIR
Des citoyens décryptent la Transition
La Transition a réussi mieux que les deux mandats d’ATT. C’est du moins l’avis des Bamakois. Réactions.
Beyan Kéita (réparateur moto) :
" La Transition a été une amorce du changement radical au Mali. Pendant cette période, les Maliens ont changé d’air".
Diadié Cissé (entrepreneur) :
" La Transition a été une réussite à 60 %. Elle a permis de réconcilier les Maliens, d’instaurer une certaine liberté, de créer le multipartisme et d’élire démocratiquement un président. La Transition a réussi mieux que les deux mandats d’ATT. Avec les événements de mars 91, les gens étaient fâchés, il les avait soulagés. Aujourd’hui, patatras !".
Salif Diallo (vendeur de pièce détaillé) :
" L’année de la Transition s’est terminée en beauté. Le président ATT a tenu toutes ses promesses".
Fatoumata Diarra (enseignante) :
" La Transition malienne de 1991-1992 a été exemplaire en Afrique. Elle nous a conduit au pluripartisme".
Dr. Oumar Traoré (médecin) :
" Pour moi, la période de la Transition a été un succès. Elle a permis de mettre le pays sur les rails".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

TRANSITION MALIENNE
Des acquis… mais aussi des zones d’ombre
Moussa Traoré et ses compagnons ont été arrêtés dans la nuit du 25 au 26 mars 1991 à la suite d’un soulèvement populaire parachevé par l’armée. La Constitution de 1974 a été suspendue ainsi que toutes les institutions de la IIe République. Le premier organe qui a été crée a été le Comité de réconciliation nationale (CRN) mais qui a été vite dissout et remplacé par le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP).
Le CTSP comprenait des civils, des militaires qui étaient des officiers de l’armée. Les civils provenaient du Mouvement démocratique, de la société civile, de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) et de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Le CTSP était dirigé par ATT. Sa mission était de gérer les affaires de la nation avant la mise en place des institutions de la IIIe République. Un Premier ministre populaire à l’époque a été nommé en la personne de Soumana Sako. Celui là même qui a été ancien ministre des Finances sous GMT.
Par la suite, une équipe gouvernementale a été formée. Elle reflétait toutes les sensibilités politiques du pays. Le CTSP a eu le mérite d’organiser de juillet à août 1991 la Conférence nationale qui a débattu de tous les grands problèmes de la nation. A la fin des travaux, la Conférence a opté pour le pluralisme politique intégral. Ce que Moussa Traoré s’était catégoriquement opposé.
Au plan économique, la Conférence a opté pour le libéralisme économique contrôlé. En fait, elle a balisé le chemin pour l’avenir. Une fois la Conférence terminée, l’on a assisté à l’organisation des élections législatives et présidentielles. C’est le 5 juin 1992 que le CTSP a démissionné. Le 8 juin de la même année s’est déroulé le passage de témoin au président de la République démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré. Progressivement pour le reste, le pluralisme syndical, la réforme du système éducatif a vu le jour.
Si ce mérite est à mettre à l’actif du gouvernement de transition à travers l’organisation de la Conférence nationale, il n’en demeure pas moins que des zones d’ombre subsistent. Il en est ainsi du marasme économique qui a prévalu pendant la durée de la Transition. Mais il faut reconnaître que les événements de mars 1991 avaient détruit le tissu économique. De même, les problèmes scolaires n’ont pu être véritablement résolus par le CTSP parce que les causes étaient profondes. Une crise qui perdure malheureusement jusqu’à ce jour.
Mohamed Daou

LE CTSP
Comme une Assemblée nationale
Artisan du Mouvement démocratique du Mali, il a été l’un des principaux piliers de la chute du régime de Moussa Traoré en 1991. Il entre au cabinet d’Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), en qualité de conseiller spécial d’avril 1991 à juin 1992. Soumeylou Boubèye Maïga, puisque c’est de lui qu’il s’agit, nous parle de la transition malienne, son fonctionnement et sa composition.
Selon M. Soumeylou B. Maïga, c’est au lendemain du 26 mars 1991 qu’il y a eu fusion entre le Mouvement démocratique et les militaires organisés en Comité de réconciliation nationale (CRN). "Ainsi, nous avions deux commissions, l’une chargée de rédiger ce qui pourrait être la plateforme économique de la Transition et l’autre était axée sur les aspects institutionnels, notamment les grandes lignes de la Constitution. Et comme organe de Transition, un Comité de salut public a été créé", témoigne SBM.
A ses dires, avant d’en arriver là, le CRN avait déjà élaboré un texte pour créer le Conseil national de transition (CNT) et le Mouvement démocratique avait le Comité du salut public (CSP). "Nous avons pensé ensemble pour que chaque partie puisse se retrouver pour plus de visibilité. On a alors trouvé le Comité de transition pour le salut public (CTSP), mis en place le 31 mars 1991 suivant l’Acte fondamental rédigé par trois militaires : feu Cheick Diarra, Anatole Sangaré, Souleymane Y. Sidibé dit Bebel, et 3 civils : feu Mamadou Lamine Traoré, Me Mountaga Tall et moi-même", se rappelle-t-il, avant d’ajouter qu’Anatole Sangaré était le secrétaire permanent du CTSP et qu’il fut plus tard remplacé par Bebel.
S’agissant de la composition, SBM précise que c’est après moult tractations qu’un comité de 25 membres dont 15 civils parmi lesquels deux représentants des Mfua a été porté sur les fonts baptismaux. "Il y avait une liste de 10 militaires et le Mouvement démocratique a amené une liste de 15 membres comportant les représentants de l’UNTM, du Barreau, de l’AMDH, du Cnid/Association, de l’Adéma/Association, de l’AJDP, de l’Adide, de l’AEEM…, deux fauteuils à la rébellion".
Ainsi, des commissions de travail ont été mises en place, car il fallait aller vite, la durée de la Transition étant courte. "C’était surtout la préparation de la Conférence nationale, la rébellion au nord, la supervision de l’organisation des élections".
Une fois le CTSP mis en place, il fallait, selon SBM nommer les membres du gouvernement. "Mais, des dispositions ont prévu que tous ceux qui étaient membres du CTSP ne devaient pas se présenter à l’élection présidentielle", rappelle M. Maïga. Et d’ajouter qu’en tant que conseiller spécial du président du CTSP, il a eu un long entretien avec Soumana Sako qui sera le Premier ministre de la Transition sur tous les aspects de la transition. "Avant son arrivée, la liste du gouvernement était arrêtée, Soumana avait ses propositions et ATT avaient les siennes".
Idrissa Sako

MALI
Une Transition au forceps
Avec le recul, doit-on parler de "Transition exemplaire" ?
L’événement a été souligné et fêté en Afrique et dans le monde parce qu’il est pour le moins inusité : des putschistes africains qui respectent leur parole d’honneur ! En effet, au lendemain du 26 mars 1991, en s’emparant du pouvoir après avoir déposé le général Moussa Traoré, Amadou Toumani Touré avait promis de rendre le pouvoir aux civils une fois qu’un président démocratiquement élu sera connu. Le chronogramme a été respecté et Alpha Oumar Konaré a posé son baluchon à Koulouba en juin 1992. Est-ce suffisant pour dire que la Transition a été "exemplaire" ? Voyons d’abord le contexte.
En mars 1991, le Mali était en faillite et les Maliens au bord du fatalisme. L’UDPM, malgré le contrôle total qu’il exerçait sur l’Etat, ne représentait plus qu’une coquille vide. Chacun se demandait, avec angoisse, si le destin de la nation n’était pas de sombrer dans l’abîme avec un tel étalage de mauvaise gestion, de dictature, de musellement de toute opinion dissidente. Le tintamarre insupportable et quotidien des ténors du parti unique ajoutait quotidiennement au marasme ambiant.
La Transition a été comme l’ouverture d’une prison sans barreaux. Le Mali a retrouvé l’espoir et le sourire, recouvré la liberté. Les citoyens ont donné libre cours à une colère contenue pendant 23 ans, chacun a pu "vomir" ses ressentiments sans risquer un vol gratuit vers un bagne immonde de Kidal. La Transition a eu un effet électrochoc sur le peuple. Tant de possibilités s’offrent ! Les journaux, les radios libres, les associations, tout le monde trouvait un espace d’expression. On pouvait enfin dire du président, d’un ministre ou de monsieur Tartempion qu’il avait l’intelligence d’un zèbre, sans punition de mort.
La Transition a organisé, au pas de charge, la Conférence nationale. Deux semaines chrono. Malheureusement, avec le recul, il faut constater qu’elle a été mal préparée, expéditive et surtout qu’elle a occulté de graves problèmes comme le sort à réserver aux politiciens qui avaient ruiné le pays et le projet de société. Certes, on parlait et reparlait de "réconciliation". Mais la réconciliation ne peut se faire par pis-aller. Il fallait prendre la courageuse décision de bannir à vie de toute activité politique ceux qui nous ont causés tant de souffrance et de misère.
Cela n’a pas été fait. On ne se réconcilie pas sur la base de l’omission ou de l’oubli volontaire. Ensuite, il y a eu trop de principes généraux sans que l’on puisse entrer dans les détails. Amadou Toumani Touré voulait éviter de reproduire le "syndrome zaïrois" ou togolais, une conférence interminable, budgétivore et improductive. Il fallait, dans ce cas, consacrer plus de temps à sa préparation. Il est vrai que les militaires avaient chaud dans le dos à cause des civils qui ne les croyaient pas une minute et les soupçonnaient de manœuvres dilatoires et sécrètes pour garder le gâteau dans la caserne
Fallait-il prendre le risque de prolonger la Transition avec les conséquences que cela pourrait entraîner, notamment un clash au sein du CTSP ? Fallait-il la rendre encore plus courte avec la précipitation et les embrouilles constatées plus tard ? Les hommes et femmes du moment on géré les urgences du moment avec les moyens et le niveau de réflexion du moment.
La Transition a réussi cependant ce que les Maliens ne pouvaient plus croire : payer à la fin du mois les salaires, les augmenter également. Les étudiants percevaient aussi leurs bourses sans souffrir le martyre. Le champ politique a été envahi pour une cohorte d’ambitieux parmi lesquels on trouvait des patriotes sincères, des idéalistes ayant foi en l’avenir et, hélas, aussi des coquerelles et des rats d’égout dont la seule motivation était d’aller à la conquête des deniers publics.
Malgré tout, cette Conférence nationale a été une mémorable catharsis collective, une tribune libératrice devant laquelle tant de choses tues ont trouvé écho. Les Maliens ont parlé, sans peur et sans brides. Cela a permis à la nation, non pas une rémission totale, mais la chimiothérapie de choc qui a neutralisé un cancer qu’on pouvait appeler "dictature sanguinaire, corrompue et incompétente".
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

EPILOGUE
L’œuvre de transition démocratique
Le régime de Moussa Traoré, au terme d’une lutte héroïque du peuple malien de plus de 20 ans, tomba en mars 1991 après avoir mis le pays à feu et à sang. Moussa Traoré et ses compagnons furent mis au frais, mais bénéficièrent de conditions de détention nettement meilleures à celles qu’ils firent voir, dans un passé récent, aux anciens dirigeants de l’US-RDA, ce qui montrait déjà que les temps avaient changé, y compris pour les criminels politiques.
Contrairement à ce que l’équipe sortante s’imaginait, à savoir que sans elle le Mali s’effondrerait et ne s’en relèverait plus jamais, au vide politique créé par la chute de l’UDPM, on trouva rapidement une solution de rechange. Mais, il faut bien reconnaître que le Mouvement démocratique n’avait pas mûrement réfléchi à la question de l’après-Moussa, si bien qu’à la suite de l’intervention de l’armée qui paracheva l’œuvre entamée par le Mouvement démocratique et les scolaires regroupés au sein de l’AEEM, le problème se posa de savoir quelle suite donner à la victoire.
Des négociations s’ouvrirent alors entre l’armée, le Mouvement démocratique, la société civile et la centrale syndicale l’UNTM représentée par son secrétaire général, Bakary Karambé. L’armée ayant joué l’acte final forma dès le 26 mars 1991 un Comité de réconciliation nationale (CRN), dirigé par Amadou Toumani Touré, lequel annonça d’office que l’armée ne gardera pas longtemps le pouvoir et même s’apprêtait à le remettre aux civils. Sur les modalités de formation de ce CRN, ce qu’on en sait est constitué de bribes de confidences et d’indiscrétions tombées çà et là à la suite de quelques-uns de ses membres, bien des années après l’événement.
Quoi qu’il en soit, le CRN n’eut pas longue vie tout simplement parce que sa survie aurait signifié que c’était l’armée qui avait fait partir le dictateur alors que la réalité était tout autre. Le CRN, annoncé le 26 mars au matin, disparaît les 27 et 28 mars suite à la formation et à l’installation du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) présidé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Le CTSP, comprenait 10 militaires et 15 civils représentant le Mouvement démocratique, la société civile, l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) et l’AEEM.
Son installation entraîna de facto la mort du CRN. Sa durée de vie initialement prévue était, selon certaines sources, de 12 mois, 14 selon d’autres, mais il boucla son mandat plus tôt que prévu en juin 1992 suite, semble-t-il, à des problèmes de cohabitation apparus en son sein et que seuls peuvent expliquer ses membres.
Le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré en était le président et, pour avoir dirigé correctement cet organe de la Transition et s’être retiré avant le terme de son mandat, tout le peuple malien le prit pour un homme d’honneur avant qu’il ne se révèle autrement plus tard. Me Demba Diallo, le président de l’AMDH ainsi que Bakary Karambé, le secrétaire général de l’UNTM, en faisaient également partie en plus de quelques officiers supérieurs représentant la marmite de l’armée.
Le 6 avril 1991 fut mise en place l’équipe gouvernementale de la Transition avec Soumana Sako comme Premier ministre. Ce dernier n’était pas un inconnu sur la scène politique nationale puisque dans les années 1986-1987, il avait été nommé ministre des Finances et du Commerce et avait démontré à cette occasion que les salaires des fonctionnaires pouvaient être régulièrement payés malgré les tensions de trésorerie qui naissaient des caprices de la cour.
Le gouvernement de Transition ainsi formé reflétait non seulement toutes les sensibilités politiques du pays, mais également les diverses tendances du Mouvement démocratique. L’une des toutes premières mesures prises par ce gouvernement fut la réhabilitation dès les premiers jours de sa formation des personnalités politiques de l’US-RDA, du PSP, bref des héros de la lutte pour l’indépendance sur lesquels le CMLN et l’UDPM avaient fait l’embargo jusque-là : Modibo Kéita, Fily Dabo Sissoko, Hammadoun Dicko, Mamadou M’Bodge, etc. Dès le 16 juillet 1991, le Premier ministre Soumana Sako annonça la majoration des salaires des hommes de rang et des sous-officiers, oubliés par le régime précédent.
Les anciens partis politiques interdits depuis 1968 furent autorisés à reprendre leurs activités à la même période (juillet 1991). Le 29 juillet 1991 s’ouvrit la Conférence nationale sous la présidence du chef de l’Etat, président du CTSP, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Elle débattit de tous les problèmes qui embarrassaient la nation dans tous les domaines et opta à l’unanimité pour le multipartisme intégral sans compter la promesse faite, de juger en assises les dignitaires de l’ancien régime.
Si le multipartisme intégral fût autorisé, la CN refusait par contre la formation des partis politiques sur des bases religieuses à cause des dangers dont cela pouvait représenter et dont le moindre était le fondamentalisme religieux.
Le 12 août 1991 la CN boucla ses travaux après avoir balisé les chemins de l’avenir. Pendant ce temps, le gouvernement de Transition payait bien les fonctionnaires, démontrant de cette manière la mauvaise foi des anciens dirigeants qui avaient toujours clamé que cela était impossible en raison de l’état économique du pays.
Le 12 janvier 1992 eut lieu le référendum constitutionnel qui approuva à 98,35 % le projet de Constitution. Peu après se mirent en place les institutions de la IIIe République : président de la République, Assemblée nationale, tous au profit de l’Adéma/PASJ. Le 5 juin 1991 eut lieu la démission collective du CTSP au palais de Koulouba devant ATT qui l’approuva, mettant ainsi fin à la Transition démocratique au Mali. Celle-ci ne s’éternisa pas au Mali comme ce fut le cas dans d’autre pays. En dépit de sa courte existence (à peine 12 mois) elle abattit un travail énorme dans tous les domaines et dota le pays d’institutions républicaines solides, stables et acceptées par tous.
Facoh Donki Diarra

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ECONOMIES D’ENERGIE
L’éclairage tertiaire et public visé
Bamako a abrité le mardi 13 avril, un atelier de formation à l’approche des économies d’énergie dans l’éclairage tertiaire et public.
Organisé par la société "Horonya" et l’Amader, l’atelier sur les économies d’énergie, destiné aux ingénieurs de bureaux d’études et du milieu industriel, au personnel des cabinets spécialisés dans les recherches d’économies d’énergie, avait pour but de renforcer les connaissances acquises sur le terrain de l’image de spécialiste éclairage.
" Savoir écouter et analyser la demande d’un client, lui proposer éventuellement une solution plus compétitive et pérenne intégrant économies d’énergie, valeur ajoutée et confort visuel, acquérir un niveau de connaissances pour aborder les maîtrises d’ouvrage des bâtiments et des réseaux d’éclairage public sont, entre autres, les objectifs spécifiques de cet atelier", ont expliqué des organisateurs.
Les bases de la lumière, caractéristiques, technologie et application des lampes, appareillage d’alimentation ferromagnétique et électronique, les luminaires : technologie, performance, option gestion embarquée, analyse énergétique sur un cas concret (plateau paysager), gestion d’une installation d’éclairage ont été les sujets débattus lors des travaux.
Le programme concernait les données photométriques : définition, recherche et lecture des valeurs pour le catalogue, exercices pratiques pour la mise en valeur d’objets, les données colométriques (température de couleur, analyse des spectres de lumière avec un spectromètre et applications sur l’éclairage des bureaux).
L’atelier a permis aux participants de s’imprégner davantage des caractéristiques des lampes ; à savoir : les angles d’ouverture, les faisceaux, le positionnement et le fonctionnement des lampes, leur durée de vie moyenne et économique, l’influence des fluctuations de la tension du réseau sur la durée de vie et les performances des lampes.
Ramata S. Kéita
(stagiaire)


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