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2010

Mois d'avril

Les Echos du 14 Avril

 

GREVE ILLIMITEE DU SNESUP
La proposition de trêve rejetée
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), qui observe une grève illimitée depuis le 19 mars 2010, a organisé mardi 13 avril 2010 à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI) une assemblée générale d’information de ses militants sur l’évolution des négociations avec les autorités.
A l’issue de leur AG d’hier, les syndicalistes du Snesup ont unanimement décidé la poursuite du débrayage, au motif que les négociations entre eux et le gouvernement sont bloquées. Ils ont révélé que le Premier ministre leur a demandé d’accorder au gouvernement une trêve de 105 jours.
Le syndicat n’est pas prêt à accorder cette faveur aux autorités. Le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, a qualifié de "scandaleuse" cette proposition à partir du moment où les enseignants, a-t-il dit, ont accordé suffisamment de temps au gouvernement pour prendre en compte leurs doléances.
A l’AG, un militant a attiré l’attention de ses camarades sur la nécessité, pour le Snesup, d’informer et sensibiliser le public sur la légitimité de ses doléances et surtout de la grève illimitée qui, il faut le dire, commence à inquiéter les parents d’élève et les partenaires techniques et financiers.
Pour Dr. Abdou Mallé, ce que le public doit savoir, c’est que le Forum national sur l’éducation a coûté la bagatelle de 40 milliards de F CFA au contribuable malien alors que les retombées ne suivent pas forcément. "Le public doit savoir que si les résolutions du Forum ne sont pas appliquées, c’est le Trésor public qui aura été pillé au vu et au su de tout le monde", a soutenu M. Mallé.
Parlant de l’effectivité de la grève illimitée, le secrétaire général du Snesup a justifié le déroulement des cours dans certaines Facultés dont la Faculté des sciences politiques et juridiques (FSJP) par le pluralisme syndical. Selon lui, à la FSJP ce sont des professeurs relevant d’autres syndicats comme le Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec) qui dispensent présentement des cours.
Amadou Waïgalo

Dioncounda dans le collimateur de ses pairs
Les enseignants ont mal pris les déclarations du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, à l’ouverture des travaux de la session d’avril de l’institution. Se prononçant sur la situation de l’école, il a soutenu que "le produit de l’école malienne n’est plus recherché".
Pour les enseignants, cette affirmation est un désaveu pour lui-même. "Dioncounda Traoré est avant tout un professeur, donc il veut nous dire qu’il était bon comme enseignant, mais aujourd’hui il est mauvais comme politicien et décideur", a commenté un professeur.
A. W.

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GREVE ILLIMITEE
Le Snesup doit revoir sa copie
Depuis deux ans, une catégorie d’enseignants du supérieur est en train de mener l’école droit au mur avec les grèves illimitées dans le secteur, inédites au Mali.
Depuis plusieurs années, des séries de mouvements de grève perturbent l’année scolaire au Mali. Après les mouvements de l’année dernière, cette année encore, l’enseignement supérieur public récidive avec les mouvements de grève ou du moins emprunte le chemin de "l’irréparable".
Les enseignants du supérieur (Snesup) ont juré de mettre à terre le peu qui reste du niveau des étudiants. En tout cas, tout porte à croire qu’ils ne reviendront à de bons sentiments que lorsque leurs revendications seront satisfaites. Les étudiants devront alors prendre leur mal en patience.
Mais le hic, c’est que dans une nation où l’éducation reste une préoccupation et est classée en queue de peloton des secteurs de développement, c’est un crime de vouloir entamer à chaque désaccord une grève illimitée.
Il est temps que les enseignants sachent qu’on ne décrète une grève illimitée que lorsque toutes les possibilités de négociations sont épuisées. Tel n’est pas le cas présentement. Il est vrai qu’il y a eu des malentendus entre les parties, mais dire que le gouvernement a fermé toutes les portes, découle de la radicalisation des positions de certains membres du bureau du Snesup, ce qui n’est pas du goût de tout le monde.
De plus en plus, au Mali, il suffit qu’une difficulté surgisse entre partenaires pour qu’on brandisse l’arme de la grève illimitée. C’est une nouvelle forme de lutte qui compromet toutes avancées.
Amadou Sidibé

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SADIO GASSAMA-NIAME KEITA
Pas de temps pour le cirque
Alors que les Maliens vivent dans la terreur causée par l’insécurité généralisée, on nous organise une distraction sur les bisbilles au sommet.
Sadio Gassama, général de l’armée malienne, est aussi le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. L’homme, formé pour endurer les pires scénarios des champs de bataille, est aujourd’hui au bord de la crise des nerfs. Non seulement ne trouve-t-il pas les mots et les phrases opportuns pour apaiser l’angoisse de ses compatriotes face à la criminalité sauvage qui s’empare du pays, mais aussi agit-il comme un pilote sans GPS qui ne sait plus où atterrir alors que le kérosène de l’avion est sur indicateur rouge.
Mais Sadio Gassama n’est ni un paresseux ni, pour utiliser le jargon militaire, un tire-au-flanc. Alors, pour ne pas laisser en héritage l’image d’un ministre laminé et débarqué du gouvernement pour insuffisance de résultats, il cherche des solutions. En attendant, voici le problème : le Mali est devenu, peu à peu, un enfer pour le citoyen honnête. Les bandits volent, violent, pillent, agressent et tuent. Ils le font nuit et jour, souvent pour des peccadilles dans le genre une moto Jakarta dont la valeur de revente illégale ne dépasse pas 75 000 CFA.
La police et la gendarmerie arrêtent certains malfrats ; ceux qui ont les « bras longs » se font relâcher illico presto, les autres retrouvent l’air libre, libérés dans des conditions douteuses par des magistrats. Les juges du Mali sont devenus tellement puissants et intouchables que certains se prennent pour Dieu.
Il est même interdit, officiellement, de dire d’un juge qu’il est malhonnête, corrompu ou pourri. Dans le Septentrion, la cote d’alerte est dépassée depuis belle lurette. La semaine dernière, c’est un forcené qui a dégoupillé deux grenades dans la cour d’un commissariat de Gao avant de se tuer avec la troisième au milieu du marché public.
Et pendant ce temps, ce temps où les Maliens se demandent s’ils ne feraient pas mieux de s’armer et de constituer des brigades d’autodéfense face à l’incurie de l’Etat, les voilà plongés à leur corps défendant dans un vaudeville. Selon les informations diffusées, le ministre Sadio Gassama a convoqué les flics de la capitale pour leur demander ce dont ils ont besoin pour bien travailler et les obstacles qu’ils rencontrent au travail.
Une partie des échanges a visé directement le contrôleur général Niamé Kéita, DG de la police nationale, accusé par des sous-officiers de saper leur autorité et de prendre des sanctions par abus de pouvoir. Il n’est pas question ici de défendre le colonel Kéita ou le sergent untel. Non, le problème se situe ailleurs : comment une réunion d’une telle importance pour la sécurité des biens et des personnes au Mali a pu dégénérer en bataille de positionnement ou en recherche de boucs émissaires ?
Rappelons que le ministre Gassama avait fait pareil avec les gendarmes et nous n’avons pu voir un psychodrame en résulter. On reproche, par exemple, à Niamé Kéita, de rendre à des chauffeurs de Sotrama leur cahier pris par des agents de la CCR. Il faut faire la part des choses : d’un côté les policiers qui "arrachent" ces cahiers sans aucun motif valable sinon celui de soutirer illégalement des sous aux chauffeurs ; de l’autre, un DG de la police nationale ne doit pas intervenir à un si petit niveau et se mêler d’affaires d’infraction. Il peut certes corriger des injustices et des abus, mais avec la manière.
Le compte rendu de cette rencontre semble avoir accéléré l’éclatement d’une tension latente au sein du monde de la sécurité intérieure. Y a-t-il incompatibilité d’humeur entre le ministre et son DG de la police ? Qui veut la tête de l’autre ? Comment, dans ces conditions, s’étonner des failles dans le dispositif de lutte contre l’insécurité ?
La division ne produit pas de résultats, elle ne fait qu’aggraver le problème et rendre, au finish, les citoyens cyniques. L’urgence, aujourd’hui, est d’unir les efforts, de créer une atmosphère qui contribuera à faire changer la peur de camp. Pour le moment, nous sommes loin du compte et les criminels se frottent les mains.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)

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CHRONIQUE D’IBA
" I djo yoro fa"
Depuis quelques jours, je lis en affichage urbain le slogan d’un opérateur de téléphonie "I djo yoro fa". Cette phrase m’a interpellé. Au début, j’ai pensé à une campagne de sensibilisation d’un ministère : Administration territoriale, Promotion de la femme, Défense…
Oui, je dis etc., car la liste peut être longue. A Bamako, plusieurs places restent à être occupées ! Je ne vais pas tomber dans la provocation ni dans la caricature gratuites, mais ce serait dans l’intérêt supérieur de la nation que les gens fassent correctement leur travail.
Mercredi dernier, j’étais sur la route de Sikasso. A environ trois kilomètres après le virage qui mène à Sélingué, j’aperçois au loin un gratte-ciel, en fait un camion surchargé à tel point qu’il se fond dans l’horizon. J’ai l’impression qu’il est penché sur la droite. Une fausse manœuvre du chauffeur, l’engin se renverserait sans nul doute. Comment peut-on bourrer un véhicule à un tel point ? Kabako ! Arrivé à son niveau, je me rends compte que ce que j’avais pris pour de la marchandise était en réalité des humains, j’en ai compté une vingtaine. "Walaï, Wolofo baro tè" !
Immédiatement, je me suis mis à pester contre les policiers et toutes ces personnes qui sont payées pour faire régner un semblant d’ordre. Ne se sentent-ils pas responsables un temps soit peu des tragédies, en partie, imputables à leur manque de rigueur ?
Sur ce même itinéraire, un autre drame s’est produit, il y a trois semaines. Un bus transportant des caravaniers et la mascotte de la Biennale-2010 a évité un engin des BTP pour finir sur le bas-côté. Résultat un mort ! Chose gravissime, l’ambulance de la protection civile qui accompagnait le convoi ne disposait pas du matériel médical et sanitaire nécessaire d’après l’un des blessés.
Les victimes ont dû utiliser leur propre mouchoir et des bouts de tissus pour nettoyer leurs plaies. Des sanctions pour cette négligence ? Aucune, vraiment aucune conséquence. Ça va rester ainsi. Le même véhicule suivra d’autres délégations. Je vous rappelle qu’il y a eu mort d’homme. L’apprenti est décédé dans cette même ambulance lors de son transfert sur Bamako.
Cette même ambulance qui n’a pas pu correctement secourir des blessés légers, pouvait-elle sauver un individu extrait des ferrailles ? Une enquête a-t-elle été ouverte pour savoir si, dans d’autres circonstances, la vie de l’infortuné aurait pu être sauvée ? Il nous faut vraiment pousser les forces publiques à assumer leurs responsabilités, à rendre des comptes. Il en va de la sécurité et du bien-être des citoyens de ce pays.
Le système médical au Mali est, bien entendu, celui d’un pays en voie de développement avec des moyens limités. J’ai d’ailleurs recommandé à l’une des victimes de la collision de Sikasso de consulter plusieurs médecins. A l’arrivée dans la Cité du Kénédougou, les autorités leur ont fait faire des analyses, mais très souvent au Mali, on libère hâtivement les victimes des accidents. Souvent, les radios n’indiquent pas de fractures. Et pif quelques jours après la victime rend l’âme. Pourquoi cela est-il fréquent chez nous ? Est-ce parce que "do ma a djo yoro fa" ?
Il est temps qu’on prenne au sérieux les incessants appels lancés pour la réorganisation du système hospitalier en renforçant le service des urgences et des premiers secours. Impossible de sortir dans la ville des "Trois Caïmans" sans assister à des scènes d’accident. Il y a belle lurette, quand j’étais encore jeune et moins réactif, je me souviens qu’un seul accident faisait le tour de tous les "grins". Aujourd’hui, c’est devenu une banalité.
Les autorités sont sans autorité. Dans des campagnes TV, le ministère des Transports a ordonné le port obligatoire de la ceinture de sécurité, du casque en plus de l’interdiction de téléphoner au volant. Où en sommes nous aujourd’hui ? Ces mesures ne sont respectées par personne. Même les policiers s’amusent à envoyer des "textos" pendant leur service et après chacun s’étonne qu’il y ait des catastrophes, des comportements inacceptables. Peut-il en être autrement si ceux qui sont censés montrer l’exemple n’assurent pas ?
Pourquoi dépenser des millions dans les campagnes de sensibilisation si les règles ne sont pas respectées. D’accord, les campagnes ont un rôle : éveiller la conscience. Cela ne signifie pas que les citoyens vont forcément adopter les bonnes manières. L’insécurité routière n’est pas une fatalité. Nous pouvons préserver la vie des nôtres à condition que chacun y mette un peu du sien. Que les parents n’achètent pas de moto à leurs gosses de 12 ans !
Que la police envoie dans les pénitenciers ceux qui laissent des gamins prendre le volant ! Bamako est une grande ville, avec un nombre croissant de véhicules, une activité commerciale dense impliquant des camions. Il faut une application stricte du code de la sécurité routière. Qu’on arrête de boire du thé dans les ministères pour enfin occuper les fauteuils !
Birama Konaré

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COMPTES EXTERIEURS DU MALI
Les banques, le maillon faible
La Bcéao a publié, la semaine dernière, des chiffres sur les comptes extérieurs du Mali, et de la zone Uémoa d’une manière générale. Ce que l’on peut retenir, c’est que si la circulation monétaire est faible, de façon générale, la place des banques dans les transactions est presque marginale.
La balance des paiements est un document statistique élaboré sous forme comptable, élément de la comptabilité nationale recensant les flux de biens, de services, de revenus, de transferts de capitaux et les flux financiers que les résidents d'un pays dans leur ensemble (particuliers, entreprises ou Etat) entretiennent avec ceux du reste du monde.
Par construction, la balance des paiements est toujours équilibrée, aux erreurs et omissions près, car les opérations sont enregistrées selon le principe de la comptabilité en partie double. En effet, aucun échange ne peut avoir lieu sans avoir été financé.
Par contre, les soldes intermédiaires (des sous-balances) peuvent être excédentaires ou déficitaires. Ainsi, on dit couramment, que "la balance des paiements est en déficit" (ou en excédent) lorsqu'on veut dire en réalité que la balance des transactions courantes (ou parfois la balance commerciale) est déficitaire.
La Bcéao, conformément à la loi, a voulu obéir à cette disposition. Mais, elle a joué à l’opacité, puisque le tableau des opérations financières est resté invisible. En lieu et place, elle a distribué le "tableau de bord du marché monétaire", qui est un élément du tableau des opérations financières, mais qui ne saurait à lui seul donner un panorama complet de l’économie.
Ainsi, le tableau de bord du marché monétaire traite de 5 points : le marché monétaire, le marché interbancaire, les interventions de la Bcéao, les taux d’intérêt étrangers et la liquidité des banques.
Comme d’habitude, ce qui frappe, c’est la trop grande liquidité des banques face à des besoins de financement qui restent en rade. Au 30 mars 2010, nos banques disposaient en liquides de 1204,1 milliards de F CFA.
L’autre chiffre qui frappe au niveau de ce tableau de bord du marché monétaire, c’est qu’en un mois, il s’est échangé 120 milliards de F CFA en obligations, signe, certes, de bonne signature, mais, assez faible pour un marché qui veut émerger. Ensuite, au niveau du marché interbancaire. A ce niveau, normalement, il s’agit des prêts que les banques se font "à l’amiable", pour un temps déterminé. Sur plus de 100 banques, le volume, 36 milliards de F CFA prouve que les banques ne se font pas confiance.
Alexis Kalambry

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ECHOS DES REGIONS
10e JOURNEE NATIONALE DES COMMUNES
Les collectivités locales s’approprient leur destin
La 10e édition de la Journée nationale des communes du Mali qui se tient du 13 au 15 avril au CICB sous le thème central de "décentralisation et développement économique régional et local" marque un tournant dans la décentralisation, les communes étant engagées à prendre leurs destinées en main.
La 10e édition de la Journée des communes du Mali, ouverte mardi 13 avril 2010, a été présidée par le président de la République. Cette édition est marquée par des travaux d’échanges, d’information et de formation, a indiqué dans son discours, le président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Abdel Kader Sidibé. Selon lui, le processus de décentralisation, irréversible, oblige les communes à prendre leurs destinées en main, se faisant moins dépendantes des ressources de l’Etat.
A cet égard, le président de l’AMM a annoncé la création en mai d’un fonds de solidarité inter collectivités déjà doté de 10 millions de F CFA par l’AMM et attend une contribution de l’Etat, de partenaires… En tous les cas, M. Sidibé a lancé un vibrant appel pour la constitution de ce fonds en ressources substantielles destinées à couvrir les besoins des communes en cas de catastrophes naturelles. Il a aussi profité de cette tribune pour convoquer le congrès de l’Association des municipalités du Mali pour les 15 et 16 mai 2010. Il a invité les municipalités du Mali à l’unité et à la solidarité entre collectivités locales.
Malgré les difficultés liées au manque de ressources, Abdel Kader a estimé que les maires travaillent beaucoup pour leurs collectivités en témoigne le grand nombre d’infrastructures socio-économiques, culturelles et éducatives construites sur fonds propres. Pour le président de l’AMM, les 10 années de décentralisation ont permis aux communes d’avoir une certaine maturité nonobstant des obstacles majeurs.
S’adressant aux maires, le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, a informé de l’organisation, par son département, en juin 2010, d’un forum sur la décentralisation pour évaluer ses acquis, ses faiblesses et son avenir.
Le président ATT a évoqué dans son intervention des grandes reformes notamment dans le domaine de la justice, du découpage administratif. Au niveau de la justice, il a indiqué la suppression des tribunaux à compétence étendue dans lesquels le seul magistrat reste celui qui met aux arrêts, instruit et juge le prévenu.
S’agissant du découpage, il a souhaité une nouvelle carte administrative dans laquelle on verrait de nouvelles régions et les communes du district de Bamako érigés en arrondissements. Ces réformes toucheront également les institutions de la République comme la Cour suprême, la Cour des comptes, la création d’un Sénat…
Denis Koné

ATT présente ses excuses aux Bwa
Le président de la République ATT a saisi la tribune de la 10e édition de la Journée des communes pour condamner les propos tenus par Mme Dembélé à l’Espace d’interpellation démocratique (EID) et présenté les excuses de l’Etat. Cette dame avait accablé non pas une personne, mais les Bwa de mangeurs d’hommes.
D. K.

SIKASSO
L’équation des talibés, "enfants dans la rue"
La rue est leur seul recours. Les populations voient souvent en eux, des complices de délinquants. Aujourd’hui, il est périlleux d’être un talibé, "enfant dans la rue" à Sikasso.
La région de Sikasso attire ces derniers temps les maîtres coraniques et leurs élèves venant de divers horizons de la sous-région. Selon nos enquêtes, le phénomène est en train de prendre de l’ampleur. Chaque jour, les mendiants croupissent sous le lourd fardeau de la misère et de la maltraitance. Dieu seul sait combien ils en souffrent, combien d’entre eux, rongés par le désespoir, finissent par prendre la rue… loin de leurs parents.
Selon Siaka Diawara, chef de quartier de Médine, "la situation est inquiétante dans mon quartier. Chaque jour, je suis interpellé sur des cas d’enfants abandonnés ou maltraités par leurs maîtres, ils ne mangent pas à leur faim ; ils souffrent de maladies. Il m’est arrivé de sauver certains élèves qui n’ont même pas de maîtres coraniques".
Ils ne sont pas nés dans la rue, mais on les appelle "enfants de la rue". Ils arpentent à longueur de journée, sébile en bandoulière les rues, ruelles et autres couloirs des villes et de certains villages, à la recherche de leur pitance quotidienne. Le phénomène est réel à Sikasso, les techniciens parlent même "d’amplification" au fil des ans malgré toutes les stratégies déployées pour l’éradiquer.
Pourquoi tant d’enfants se retrouvent ainsi en marge de la société ? Comment meublent-ils leur nouvelle vie ? Où passent-ils leurs nuits ? Nous les avons suivis pendant quelques heures dans leurs balades diurnes et nocturnes, dans la Cité du Kénédougou.
La boîte de lait concentré ou la boîte rouge de tomate est devenue pratiquement leur identifiant. Ils sont présents dans tous les compartiments de la ville. Au marché, devant les banques, aux restaurants, aux feux tricolores, aux kiosques, aux portes des domiciles privés, toujours prompts à réciter des versets coraniques pour attirer la générosité d’autrui. Ils sont de tous les âges ; ils viennent de partout ; les plus jeunes ont souvent entre 4 et 6 ans.
La ligne jaune est franchie
La problématique des enfants de la rue, encore appelés "garibous", après avoir occupé la "une" de l’actualité à un moment donné, semble rangée aux oubliettes. Toutes sortes de stratégies ont été imaginées pour faire face à leur montée fulgurante sur la scène sociale. Puis, de plus en plus, c’est le silence radio ! Pour un agent de sécurité, "en son temps lors de la campagne de lutte contre la mendicité, nous avons suggéré de recenser les maîtres coraniques afin qu’ils soient interpellés chaque fois qu’un élève commet une faute grave en ville ou s’il a été trouvé en situation difficile. Cela n’a pas été fait, car nous avons été mal compris et le phénomène gêne tout le monde aujourd’hui".
Mme Ouattara Ami Sanogo raconte : "J’ai été victime d’un vol de porte-monnaie au marché de la part d’un de ces enfants mendiants, il a été identifié, mais nous n’avons pas pu mettre la main sur lui, il a fui, il est difficile pour une mère de supporter la vie de ces enfants". Et le phénomène va grandissant. La nuit tombée, ces "globe-trotters", après avoir parcouru la ville dans tous les sens pendant la journée, se retrouvent pour dormir à la gare, au rond-point du Mamelon et dans certains quartiers périphériques comme Lafiabougou, Sanoubougou et Banconi recroquevillés au pied d’un mur sans espoir à la merci des bandits de grands chemin qui les utilisent souvent comme supplétifs.
Le lendemain, le même scénario se répète, car ils sont sous la pression d’apporter obligatoirement une somme oscillant entre 100 et 150 F CFA par jour et par élève. Faute de quoi, ils devront s’attendre à être bastonnés d’importance.
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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MALI
Le FMI reconnaît une croissance de 4,5 %
" La croissance économique a atteint 4,5 %, le taux d’inflation a été ramené à 2 % et la situation de la balance des paiements s’est considérablement améliorée", a reconnu le chef d’une délégation du FMI qui a séjourné du 24 mars au 6 avril au Mali.
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Xavier Maret, a séjourné au Mali du 24 mars au 6 avril 2010. La mission a rencontré le Premier ministre, Modibo Sidibé, le ministre de l’Economie et des Finances, Sanoussi Touré, le ministre délégué de l’Economie et des Finances, chargé du Budget, Lassine Bouaré, et plusieurs autres ministres, ainsi que de hauts responsables de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bcéao).
Elle a aussi rencontré le président et des parlementaires de l’Assemblée nationale ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et de la communauté des partenaires techniques et financiers. La mission a eu des entretiens au sujet des consultations pour 2010 au titre de l’article IV des statuts du FMI et de la 4e revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (Fec) du Fonds.
A la fin de la mission, M. Maret a fait la déclaration suivante à Bamako :
" En dépit de la crise financière mondiale, la mise en œuvre du programme économique et financier du gouvernement en 2009 a été globalement satisfaisante. La croissance économique a atteint 4,5 %, le taux d’inflation a été ramené à 2 % et la situation de la balance des paiements s’est considérablement améliorée.
Ces résultats sont la résultante d’une bonne récolte agricole, d’une augmentation des prix à l’exportation de l’or et de la baisse des cours des produits pétroliers, ainsi que de la mise en œuvre de politiques macroéconomiques prudentes. Le pays a également tiré parti des recettes exceptionnelles de la privatisation de la Société de télécommunications parapublique, Sotelma, (180 milliards de F CFA) et des allocations de Droits de tirages spéciaux du FMI (50 milliards de F CFA).
Le déficit budgétaire global, sur la base des ordonnancements, a été inférieur au niveau prévu, mais l’objectif de réduction des instances de paiement et des arriérés intérieurs n’a pas été entièrement atteint. Le ministère des Finances est en train de prendre les mesures correctives nécessaires afin de résoudre ce problème des instances de paiement et d’éviter qu’il se reproduise".
" Les perspectives économiques pour 2010 demeurent bonnes. La mise en œuvre d’un stimulus budgétaire prudent, qui sera financé à l’aide d’une partie des recettes de la privatisation de la Sotelma et fera l’objet d’un collectif budgétaire, contribuera à appuyer la relance de l’activité économique dans un contexte macroéconomique stable.
A cet égard, la mission se félicite de l’engagement renouvelé des autorités à limiter le déficit budgétaire révisé de base à 2,5 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Le collectif budgétaire prendra également en compte les décisions récentes du gouvernement concernant les subventions des intrants agricoles et le soutien au secteur du coton, ainsi que les compensations nécessaires à apporter aux autres dépenses pour garder le déficit de base sous-jacent, c'est-à-dire non compris les dépenses financées par les recettes de la privatisation de la Sotelma, à l’objectif initial de 1 % du PIB".
" La mise en œuvre des réformes structurelles a continué d’enregistrer des avancées en 2009, en particulier, en ce qui concerne les entreprises publiques et l’amélioration des finances publiques. La Sotelma a été privatisée avec succès ; la Banque de l’habitat, la BHM, est en train d’être restructurée efficacement et la réforme du secteur du coton, notamment la privatisation de la société parapublique, CMDT, est en bonne voie. Des efforts continuent d’être déployés également en vue d’améliorer la gestion des finances publiques et la mission attend avec impatience la finalisation du nouveau programme de réforme dans ce domaine, le Pagam-II".
" Les discussions concernant la quatrième revue du programme appuyée par la FEC ont enregistré d’importants progrès. Celles-ci devraient être bouclées d’ici fin avril au cours des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington DC".
" La mission remercie les autorités maliennes de leur accueil chaleureux et de l’excellente qualité des discussions".

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