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2010

Mois d'août

Les Echos du 27 août

 

MONUMENT DU CINQUANTENAIRE
La société civile rue dans les brancards
Les Organisations de la société civile, Seco-ONG et autres associations expriment leur désaccord face à l’érection du Monument du cinquantenaire dans le lit du fleuve et sonne la charge.
La société civile malienne désapprouve l’érection, dans le lit du fleuve Niger, du Monument du cinquantenaire qui s’étend sur une superficie de trois hectares pour un coût d’un milliard F CFA.
Elle a partagé cette conviction avec la presse le jeudi 26 août à la cantine de l’Ensup à un pas du site du monument. « Oui au cinquantenaire, mais non à la perturbation écologique du fleuve ». Tel était le cri de cœur de la société civile qui revenait en refrain tout au long de la conférence de presse.
Convaincue que toute personne a droit à un environnement sain, la société civile a qualifié d’incroyable et d’inadmissible l’érection du monument qui, selon elle, n’est que l’amorce d’un projet de « re profilage du fleuve qui serait en cours d’élaboration par l’Agence pour le bassin du fleuve Niger et qui viserait la transformation du fleuve en canal dans la ville de Bamako par la construction du mur, le remblaie et la vente des parcelles ainsi créées» .
En outre, la société civile a regretté le manque de concertation de la population sur la pertinence du projet qui, du reste, n’agrée pas les utilisateurs du fleuve que sont les pêcheurs, les éleveurs, les jardiniers, les exploitants de sable…
Barou Coulibaly de Seco-Ong, tête de file de la thématique Environnement du Forum des OSC (Organisations de la Société Civile), organisatrice de la conférence, a vigoureusement dénoncé l’érection du Monument qui « cause un préjudice au fleuve et partant, menace la vie des populations ». Selon lui, la société civile de façon générale et son groupe de façon particulière n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. .Ainsi, a-t-il précisé, cette conférence sera le déclic à une série de manifestations .
Pour Sékou Dirra de la CAD Mali, l’érection du monument, qui se greffe à la construction des hôtels et autres bâtiments dans le lit du fleuve, se fait au grand mépris du droit naturel de l’eau et des textes sur l’eau. Le monument, a soutenu Sékou Diarra, augmente le nombre des menaces reconnues par les 9 pays traversés par le fleuve Niger dans son bassin vif. M. Diarra a fustigé ce qu’il appelle la logique de marchandisation du fleuve à une élite obéissant à une logique d’entreprise. « Nous devons nous lever contre ce projet au risque de voir notre droit à l’eau sérieusement compromis », a-t-il martelé.
Pour sa part Hamidou Diarra, a appelé les différentes ONG et les citoyens maliens à faire une union sacrée autour de la thématique de l’environnement pour arrêter des projets comme le monument du cinquantenaire.
Moussa Camara
(Stagiaire)

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BREVES
Le PDES a rencontré l’Adéma
Le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) porté sur les fonts baptismaux, il y a quelques mois est dans sa série de rencontres avec les partis politiques. L’opération de charme en direction des partis frères de la place s’est portée sur l’Adéma-PASJ. Le parti de l’Abeille a rencontré, hier jeudi 26 août, à son siège à Bamako Coura, une délégation du PDES, sur demande de celui-ci. Le lundi 23 août, le PDES avait rencontré la Codem de l’honorable Ousseynou Guindo. Il reste le RPM, dont le président a déjà rencontré « informellement », chez lui, des membres du PDES.
L’ORTM prépare une interview du général Moussa Traoré
Dans le cadre des festivités marquant le cinquantenaire de notre accession à l’indépendance, l’ORTM a initié une série de dossiers, reportages et témoignages. Notre confrère de Bozola a sollicité l’ex-président, le général Moussa Traoré pour une interview. L’offre a été acceptée volontiers par le président déchu. Cette interview sera la première grande sortie dans un média national, de Moussa Traoré depuis son départ du pouvoir par l’action combinée de la rue, du mouvement démocratique et de l’armée en mars 1991.

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KONODIMINI
L’ORS à 100 % de ses prévisions
A Konodimini, une zone d’intervention de l’Office riz Ségou (ORS), la campagne agricole 2010-2011 se caractérise par l’humidité du sol et la bonne levée des plants.
Suivre l’évolution de la nouvelle campagne agricole, échanger avec les producteurs et identifier les vrais problèmes qui peuvent faire l’objet d’intervention est l’objectif de la visite de terrain du secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé du Développement intégré de la zone Office du Niger (Sédizon) à l’Office riz Ségou (ORS).
Au deuxième jour de sa sortie de terrain, Abou Sow accompagné du DG de l’ORS, Kalidy Kaloga s’est rendu dans le secteur de Konodimini. Première escale : le champ d’Amadou Bouaré qui dispose d’un hectare pour la culture du petit mil. Ici, les semis ont eu lieu le 5 juillet et la variété utilisée par le paysan est le « torognou », qui selon lui, s’adapte beaucoup à la zone. C’est une variété résistante, performante dit-on, et le rendement attendu est de 2 tonnes à l’hectare. Son cycle est de 4 mois.
Autre champ visité par le Secrétaire d’Etat est celui de la gestion de la production et des déprédateurs (GIPD) appartenant à Oumar Sidibé. Dans ce champ d’un hectare de riz, Abou Sow a eu droit à des explications sur le sens et le fonctionnement de la GIPD. Celle-ci dispose des données agronomiques et biologiques sur chaque parcelle. Les produits pour le traitement des « ennemis » des plants sont fabriqués à base de Nîmes et de piments. La GIPD est une école où le paysan apprend à gérer les déprédateurs. Sur la parcelle de M. Sidibé, les semis sont faits en ligne et non à la volée dont l’entretien serait difficile. La variété utilisée est le « gambiaka » pour un cycle de 120 jours.
L’ORS dans le développement intégré
Dans l’ensemble, la physionomie de la campagne est bonne à Konodimini. Elle présente les caractéristiques suivantes : sol humide, temps calme et bon développement végétatif des plants. Selon le DG de l’ORS, Kalidy Kaloga, près de 9000 hectares pour la riziculture ont été à ce jour labourés et semés dans le secteur de Konodimini. Et le peu qui reste le sera dans un bref délai car expliquera t-il, « il y a eu l’installation tardive des pluies et les premières quantités reçues ont été abondantes et rapprochées. De ce fait, des champs ont été submergés ». Pour le premier responsable de l’ORS, « l’espoir est loin d’être perdu s’il y a accalmie ». Au niveau des cultures sèches, les surfaces cultivables ont été réalisées à plus de 100 % dans la mesure où sur une prévision de 19 000 hectares, plus de 22 000 ont été réalisés. Tout comme à Dioro, le Sédizon a affirmé au cours de sa visite du mardi 25 août, que l’ORS ne doit plus être vu sous la seule emprise de la riziculture mais sous la conception-développement intégré qui prend en compte la santé, l’élevage, la pêche etc.
Au cours des échanges avec les producteurs, le Secrétaire d’Etat a décrié les informations selon lesquelles, des producteurs se seraient spécialisés dans la vente de l’engrais subventionné par le gouvernement à coût de milliards depuis 3 ans. « Je vous encourage au travail bien fait. Nous avons l’eau, le soleil, les terres cultivables. C’est de l’or et du diamant. Si vous ne vendez pas l’engrais c’est une bonne chose. Mais si vous le faites arrêter », a-t-il conseillé.
Touchant à la récurrente préoccupation du monde rural relative à l’équipement, Abou Sow a indiqué que des requêtes ont été formulées et adressées à la Corée du sud, au Maroc, au Japon et à la Turquie. Au casier n°3 que le Sédizon a visité, il a été constaté l’avancée des plantes aquatiques nuisibles. Face à cette situation, l’hôte des riziculteurs a demandé aux producteurs de faire front commun pour contrer la percée des adventices.
Les producteurs de Konodimini ont apparemment beaucoup de problèmes. Dans cette localité, les canaux d’irrigation sont bouchés et le vol des bœufs de labour est monnaie courante. En effet, en moins d’un mois 8 bœufs ont été égorgés, dépecés et la viande emportée par des inconnus. Pour pallier ces problèmes, le Sédizon a instruit au gouverneur et à la gendarmerie de prendre des dispositions utiles pour démanteler le réseau. Il a exhorté les exploitants agricoles à la création d’une brigade de vigilance. Le secrétaire d’Etat s’est également engagé suivant les possibilités financières de l’ORS, à curer les canaux d’irrigation.
Après un périple de deux jours à l’ORS, la visite de suivi de la campagne agricole du Sédizon s’est poursuivie jeudi dans les plaines du Delta intérieur du Niger en zone Office du Niger.
Mohamed Daou
(envoyé spécial)

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CONFERENCE DES CAP ET ACADEMIES
La situation scolaire en questions
Les directeurs des Centres d’animation pédagogiques (Cap) et ceux des Académies sont réunis depuis jeudi 26 août 2010 à l’Institut des Langues Abdoulaye Barry (ILAB) à la faveur de leur conférence pédagogique annuelle.
En présidant la cérémonie d’ouverture des travaux de la conférence le jeudi 26 août 2010, le ministre de l’Education de l’Alphabétisation et des Langues nationales Pr. Salikou Sanogo a rappelé les enjeux de la rencontre qui tournent autour de la situation scolaire et les perspectives d’amélioration du système scolaire.
Cette rencontre annuelle qui prépare la rentrée scolaire prochaine aborde toutes les préoccupations liées à notre système scolaire. Elle intervient dans un contexte où les reformes des examens des Diplôme d’études fondamentales (Def) et du Baccalauréat interviennent.
Ces nouvelles mesures ont, selon le ministre, fait apparaître le niveau de faiblesse des élèves à la suite de la proclamation des résultats qui ont été jugés suffisamment faibles d’où la nécessité d’améliorer le niveau des élèves.
« C’est le lieu de dire que la responsabilité n’incombe pas aux seuls élèves », a indiqué Salikou Sanogo avant d’affirmer que ces résultats interpellent tous, administrateurs, enseignants, parents d’élèves, collectivités en charge de la gestion de l’école et de tous les partenaires.
A l’issue de la conférence, les directeurs des Académies et des Cap sont invités à faire des propositions concrètes pour amener les acteurs à jouer pleinement leurs rôles.
Pendant trois jours, les participants vont échanger sur le bilan de l’année scolaire écoulée surtout les résultats des examens, la gestion des flux dans les classes de 9e année suite à la suppression du Certificat d’études fondamentales (CEP), l’harmonisation des évaluations pour les classes de 6e années.
Amadou Waigalo

 


3954 nouveaux enseignants
Le ministre a demandé aux conférenciers de porter une attention à la situation du personnel enseignant et des infrastructures. Salikou Sanogo a révélé que le gouvernement a mis à la disposition de son département 3954 postes d’enseignants contractuels des Collectivités territoriales et 3458 autres postes pour les écoles communautaires au compte de l’année 2010-2011.
A.W.

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DEBAT AUTOUR D’UNE MOSQUEE AUX USA
Dieu, Obama et l’opinion
Les esprits s’échauffent aux Etats-Unis concernant l’édification d’une mosquée et d’un centre communautaire islamique près du site des attentats du 11 septembre à New York. Les débats sont houleux et l’on se demande parfois si l’on n’assiste pas à la perte des valeurs essentielles de ce pays en dépit de l’intervention pointue du président Barack Obama.
Les Etats-Unis sont dans une autre tourmente. Le projet de construction d’une mosquée et d’un centre communautaire islamique près du site des attentats du 11 septembre 2001, communément appelé « Ground zero » en est la raison. Sont opposés dans ce feuilleton de l’été au pays de l’Oncle Sam, deux camps. En premier lieu, il y a ceux qui comme le président Barack Obama pensent que la construction de la mosquée à l’endroit indiqué n’est qu’un droit inaliénable pour les musulmans dans un pays originellement et indéniablement laïc. Dans le camp adverse se trouvent les islamophobes et les citoyens qui soutiennent que la future mosquée ne sera qu’un préjudice à la mémoire des victimes du 11 septembre et de leurs familles et proches, du fait qu’ils croient que certains musulmans sont pour quelque chose dans ces attaques odieuses perpétrées, de leur entendement, au nom de l'Islam.
Rien n’arrête plus les protagonistes de cette lutte acharnée. Les campagnes de persuasion, de dissuasion, voire d’intoxication se multiplient dans les médias. Tandis que généralement, les endroits publics connaissent une accalmie notoire, la laïcité étant une réalité sacrée aux USA.
A vrai dire, la tension est surtout visible dans les milieux politiques, qui cherchent à exploiter cette affaire initialement new yorkaise et dans certains centres religieux. L’intérêt des politiciens à ce dossier s’explique en grande partie par les élections au Congrès prévues pour novembre prochain. Et plusieurs places sont en jeu aussi bien au Sénat qu’à la Chambre des représentants. Pour qui connaît la puissance du Congrès américain dans la gouvernance du pays, la pression actuelle aussi bien sur les gouvernants que sur les gouvernés, n’est point une surprise. C’est pourquoi, l’affaire de la mosquée de New York ressort constamment dans les rhétoriques politiques de ces derniers temps.
Pour y avoir donné son point de vue, le président Barack Obama a failli en apprendre à ses dépens, tant les ardeurs deviennent robustes jour après jour. « Les musulmans ont le droit de pratiquer leur religion comme tout le monde dans ce pays. La construction d’une mosquée et d’un centre communautaire sur une propriété privée en conformité avec les lois en vigueur est partie intégrante de ce droit. C’est l’Amérique, et notre engagement derrière la liberté de la religion doit rester intact », avait lancé l’homme hybride devant une assemblée à la Maison Blanche à la veille du mois de Ramadan.
Perte d’identité ?
Témoignages supplémentaires de l’attachement du jeune président au respect des libertés et droits humains, notamment la tolérance religieuse, ces propos ne sont que la suite logique du discours prononcé à l’endroit du monde musulman par Obama le 4 juin 2009 au Caire en Egypte.
La récente prise de position du puissant leader, couplée avec l’intervention du Caire, a incorrectement convaincu des citoyens américains que leur président n’est qu’un musulman déguisé ou du moins un dirigeant au service de l’Islam. Alors qu’à y voir de près, ces affirmations s’inscrivent dans le cadre du dialogue des peuples et des religions prôné par le président Obama, le tout dans le but ultime de la restauration de l’image écornée des Etats-Unis. Selon un sondage réalisé par « Pew research center », « presque 1 Américain sur 5 croient faussement qu’Obama est un musulman ». Cette conviction de citoyens américains a été sans doute nourrie par les pics lancés par des politiciens depuis le déclenchement de ladite affaire. « Obama a tort. C’est insensé que la communauté musulmane construise une mosquée dans l’ombre de Ground zero », estime Peter King, un mandant de New York à la Chambre des représentants. Un point de vue qui a sans doute ravi les animateurs des associations dédiées aux victimes du 11 septembre et à leurs familles. « Barack Obama a abandonné l’Amérique sur le lieu où le cœur de notre pays a été meurtri, il y a 9 ans et où se trouvaient les vraies valeurs de notre pays », a dénoncé Debra Burlingame, co-fondatrice d’une de ces associations.
Le département d’Etat américain, dirigé par Hilary Rodham Clinton, est lui aussi la cible des critiques. Pour avoir désigné un imam américain au « passé controversé » comme membre d’une mission diplomatique sur l’ouverture de l’Amérique au monde musulman dans des pays du Moyen-Orient. Fiesal Abdul Rauf est accusé d’avoir tenu des propos soulignant la responsabilité des Etats-Unis dans plusieurs dossiers internationaux, qui ont aussi été émaillés de tueries et des scènes de violence. Des Américains estiment même que l’imam n’est qu’un pion d’Al Qaeda et qu’au lieu de défendre les intérêts des Etats-Unis dans les pays à visiter, M. Rauf, qui n’est pas à sa première mission pour le gouvernement américain, contribuera à « rassembler des fonds pour les jihadistes ».
Ce qui est sûr le débat autour de la pertinence de la construction à « Ground zero » de la mosquée et du centre communautaire islamique dont la valeur serait de 100 millions de dollars tranche avec les valeurs fondamentales de l’Amérique et les idéaux de son premier président, Georges Washington. Ce dernier affirmait clairement que « de toutes les animosités qui ont existé dans ce monde, celles découlant des différences religieuses apparaissent comme les plus invétérées et pénibles. Elles doivent donc être dépassées ». Georges Washington inspirera-t-il la génération actuelle américaine ?
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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DOSSIER ; LES COMBATTANTES DE LA LIBERTE
COMBAT POUR LA LIBERTE
L’engagement de la femme avant l’indépendance
Avant l’ère démocratique au Mali, les femmes ont pris une part très active au sein des mouvements de contestations qui ont fini par avoir raison du régime en 1991 où elles ont perdu la vie en masse. Les femmes ont servi d’avant-garde pour conquérir l’indépendance, mais le combat pour leur liberté s’est toujours heurté à des difficultés.
Avant 1960, on ne parlait pas de femmes maliennes mais de femmes soudanaises. A cette époque déjà, il y a eu des regroupements de femmes à l’instar de l’Union des femmes du Soudan français. C’est depuis cette époque que la prise de conscience des femmes de la précarité de la condition féminine s’est opérée. Elle s’est poursuivie après l’indépendance avec la Commission sociale des femmes travailleuses, les mouvements panafricanistes comme l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) où les Maliennes ont été très actives.
Au-delà de ces groupements féminins, on peut citer le rôle décisif joué par les femmes sénégalaises et maliennes lors de la grève des cheminots du Dakar-Niger de 1947, le combat mené, non seulement par la première femme syndicaliste du Mali, première femme députée du Mali en 1950, et qui visait « à mener la vie des hommes et des femmes à la dignité, c’est-à-dire à la liberté et au travail ».
Toutes les grandes mobilisations politiques pour opérer des changements de comportement ou de texte juridique dans notre pays ont été possibles grâce à la détermination de leaders féminins.
Elles ont été à la base de beaucoup de changements. Les années 1960 sont celles qui ont vu naître au plan interne le code du mariage et de la tutelle, le rôle actif des femmes sur le plan panafricain au sein des mouvements de décolonisation et avec l’avènement du parti unique les femmes regroupées au sein de l’Union nationale des femmes du Mali ont poursuivi la lutte pour l’émancipation de la femme. C’est à cette période que remonte le combat pour l’abandon de l’excision, le maintien des filles- mères à l’école entre autres.
Avec le régime démocratique et multipartite, elles se sont regroupées par profession, par confession, par sensibilité pour mieux revendiquer leurs droits et aussi entreprendre. La contribution des femmes aux luttes politiques qui ont provoqué la chute de la dictature de Moussa Traoré et l’avènement de la démocratie au Mali est considérable. Les femmes ont servi d’avant-garde pour conquérir l’indépendance.
Anne-Marie Kéita

MME SAKILIBA SIRA DIOP
Militante un jour, militante toujours !
Première bachelière du Mali, directrice du légendaire Lycée de Jeunes Filles de Bamako de 1951 à 1962, Sira Diop est un emblème de la lutte féminine au Mali.
Mère, grand-mère, Sira Diop a été de tous les grands combats. Bibliothèque humaine, cette octogénaire a formé une partie de l’élite féminine de notre pays. En effet, pédagogue d’excellence, pionnière, et militante africaine, Sira Diop est toujours dans les débats et dans les missions difficiles et n’hésite pas à intervenir dans les conflits.
Elle est connue de tous les Maliens. Féministe engagée depuis des années, première femme à avoir obtenu le Bac au Mali, Sira Diop est admirée de tous. Enseignante de formation, ex-élève de l’école de Rufisque ( Sénégal), elle a été récompensée du Prix Rafao des femmes d’Afrique de l’Ouest. Après avoir été la présidente de l’Union nationale des femmes du Mali, elle a continué le combat en faveur de l’émancipation des femmes, à travers diverses actions, aussi bien au sein d’ONG comme le groupe SOS villages d’enfants ou des organisations internationales comme l’Unesco.
Aujourd’hui à la retraite, ses combats les plus récents sont, entre autres, son intervention pour ramener à la raison les sœurs ennemies de la Cafo, en 2008. Son combat passionné en 2001 pour un corps de volontaires maliens offrant à notre jeunesse l’occasion de plus en plus rare des brassages qui font les nations solides ou encore la délégation de sages dont elle a fait partie pour dissuader l’ex-président Tandja du Niger de rester au pouvoir au-delà du terme constitutionnel.
Véritable modèle pour la jeunesse, Sira Diop n’a pas toujours fait l’unanimité. En effet, l’avis de cette féministe au sujet du Code de la famille et des personnes n’a pas été accepté par un grand nombre de Maliens. Après les défis du passé, les luttes menées, cette dame de fer et ses compatriotes font face à certaines idées persistantes.
Ce dont Mme Sakiliba est plus fière, et ce qui la décrit le mieux, c’est son sacerdoce pour la promotion de la femme. Et cela en tant qu’exigence démocratique. Pas parce que les femmes sont la majorité, mais les vecteurs irremplaçables de l’éducation sociale et familiale. Beaucoup de personnes ont milité pour ce pays, peu d’entre elles ne s’en sortent pas autant respectées. Malgré tout ce à quoi Sira Diop a dû faire face en tant que épouse, mère et femme citoyenne, elle s’en est sortie honorée avec une carrière aussi longue et brillante. Elle est aussi parvenue à préserver ses valeurs fondamentales dans ce monde où la triche est reine et la vertu une malédiction. Après plus de 50 ans de lutte, ce membre de l’Association féministe de Rufisque garde la tête haute et le regard fier de ceux qui ont donné le meilleur d’eux, sans jamais prendre ce qui ne leur appartient pas.
Aminata A. Lah
(stagiaire)

LES PIONNIERES DE L’INDEPENDANCE
La lutte au féminin
Des femmes lettrées, victimes de leur formation coloniale et du caractère assimilationniste des programmes, au statut des femmes évoluées ont aux côtés des hommes, livré une lutte acharnée pour l’indépendance de notre pays et pour leur émancipation dans la sobriété : la lutte au féminin.
Les femmes illettrées représentant à elles seules 98 % de la population féminine, elles adhèrent tôt aux différents partis politiques en grossissant le rang des électeurs mais, surtout en servant de propagandistes à leur mot d’ordre. Leur action est subordonnée a celle des hommes, elles font plus figures d’animatrices que de responsables. Les responsables politiques se sont appuyés sur les plus influentes d’entre elles (responsables de tontines, femmes âgées ou écoutées, les griottes etc), pour battre campagne. Parmi ces figures influentes, on peut citer Fankélé Diarra, Diongoye Konaté, Ayé Diallo, Yaman Diallo, Dagnouma Coulibaly, Fanta Coulibaly qui organisèrent en 1945 une marche de femmes sur la prison de Bamako pour réclamer la libération de Mamadou Sangaré et d’Abdoulye Singaré alors respectivement directeur de publication et rédacteur en chef du journal « l’Essor ».
Quant aux femmes lettrées, très peu nombreuses, elles sont victimes de leur formation coloniale et du caractère assimilationniste des programmes, au statut des femmes évoluées. Certaines femmes menèrent la lutte au sein des regroupements et d’association à caractère syndical et apolitique. Préoccupées qu’elles étaient par le progrès social de l’inter syndicat des femmes travailleuses créé en 1956, présidé par Aoua Kéita et dont la secrétaire générale était la très dynamique Astan Coulibaly et dans lequel on retrouve aussi Sira Diop et Rokiatou Sow, toutes deux futures présidentes de l’Union nationale des femmes du Mali (UNFM). Aoua Kéita représentera le Mouvement au congrès constitutif de l’Union générale des travailleurs d’Afrique noire.
Néanmoins, il y a des intellectuelles comme Aoua Kéita, qui s’engagèrent à fond dès le début auprès des responsables politiques de l’US RDA. Aoua Kéita, figure la plus célèbre de cette période, sage-femme de son état, sortie de l’école africaine de médecine et de pharmacie de Dakar (1931) a mené une activité politique et syndicale fiévreuse. On la retrouve sur tous les fronts. En 1958 déjà, à l’issue du 5e congrès de l’US-RDA , elle est la seule femme élue au bureau politique de l’US-RDA. Portée sur la liste du parti, elle est élue député aux élections législatives de 1959.
Quant à Mariam Travélé, épouse de Modibo Kéita, depuis 1939, elle tiendra en main la section pilote de l’US-RDA de Sikasso après l’arrestation de son mari en 1953 et la dispersion des autres millitants de cette localité. Les mouvements féminins s’insérèrent également dans l’idéal panafricaniste des années 1950. Ainsi fut tenue à Viennes en 1958 la Fédération internationale des femmes (FIDEF), d’où a été lancée l’idée de la création d e l’UFOA (l’Union des femmes ouest africaines), qui tient son premier congrès en juillet 1959 à Bamako.
A la faveur de la reforme en 1948, les femmes, comme les hommes, passent le baccalauréat et intègrent les filières universitaires. A la charnière des années 1950 et 1960 apparaissent déjà les toutes premières figures féminines véritablement scientifiques, Rokiatou N’diaye, Tamaro Touré, Madina Tall etc.
Quand arrive l’indépendance en 1960, les femmes constituent déjà une force non négligeable même si sur le plan politique, on continuera à les maintenir dans une situation subordonnée à cause de la pesanteur des traditions anciennes.
Cheick Larab Diarra
(Stagiaire)

AOUA KEITA
Une vraie combattante pour l'indépendance du Mali

Première femme députée du Mali, membre de l’US - RDA, Aoua Kéita, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, reste l'une des plus grandes figures féminines politiques du Mali d’avant et après l’indépendance. Parcours d’une vraie combattante.
Née en 1912 à Bamako, Aoua Kéita, selon des nombreux témoignages, est la fille d'un militaire originaire de Kouroussa (Guinée). Après des études primaires à l’école des filles et Foyers de métisses, dans les années 20, Aoua Keita, poursuit des études à l’école de Médecine et de Pharmacie de Dakar et obtient un diplôme de sage-femme.
En 1935, elle épouse M. Diawara, un médecin dont elle se sépare ultérieurement. Mais ce dernier l'encouragera dans ses actions politiques et prenait plaisir à partager ses idées politiques avec elle En 1945, le couple s'engage dans l'Union soudanaise – Rassemblement démocratique africain (USRDA) et bien qu'Aoua ne participe pas aux réunions qui, dit-elle, « se passaient alors entre hommes », elle est régulièrement informée de ce qui se passe par son époux.
Son militantisme politique commence d’abord par le syndicat. Elle a milité au sein du Syndicat des travailleurs du Soudan dans les années 50.
Engagée dans l’indépendance du Soudan Français, Aoua Keita milite dès 1946 dans les rangs de l’US-RDA.
Mutée à Gao en 1950, elle renonce l'année suivante à la citoyenneté française et prend une part active dans l'organisation des élections de 1951, à la veille des élections, les fonctionnaires de la région de Gao militant au RDA, ayant tous été mutés, Aoua Kéita, qui a échappé à cette purge, joue un rôle prépondérant dans le succès remporté aux urnes par l’US-RDA. Cela lui vaut d'être mutée à son tour, pour raisons disciplinaires. Elle est envoyée successivement à Bignona (Casamance) au Sénégal, à Nara puis à la maternité de Kati, près de Bamako, où elle fonde un Mouvement intersyndical féminin qu'elle représente en 1957 au Congrès constitutif de l'Union générale des travailleurs de l'Afrique noire.
En 1958, elle est élue au Bureau politique de l'Union soudanaise RDA dont elle est la seule femme. La même année, à l'issue du référendum du 28 septembre, elle est nommée membre du Comité constitutionnel de la République soudanaise. En 1959 elle est élue député aux élections législatives et joue un rôle politique de premier plan jusqu'à la chute de Modibo Kéita. Aoua Kéita a été honorée de plusieurs distinctions: Médaille d'or de l'indépendance du Mali, Ordre de la Perfection de la R.A.U., Mérite de la Croix-Rouge de l'Empire de l'Ethiopie, de plus elle a été élevée au rang de Grand Officier de l'Ordre National du Sénégal, de Grand Commandeur de l'Ordre de l'étoile d'Afrique du Libéria et d'Officier de l'Ordre National du Dahomey actuel Bénin. Infatigable et convaincue de ce qu’elle fait, elle continuera à se battre encore longtemps pour la liberté, la démocratie et la paix universelle. Malheureusement, le régime du premier président Modibo Kéita fut renversé par un coup d'état militaire en 1968. Cela marqua la fin définitive de la carrière politique d'Aoua Kéita qui rejoignit son second mari au Congo Brazzaville en 1970 et ne rentra au Mali qu'en 1979, un an avant son décès à l'âge de 67 ans. Elle s'éteint le 7 Mai 1980 à Bamako.
Idrissa Sako
(Sources : internet)

COMBAT POUR LA LIBERTE
L’engagement des anciennes de Rufisque.
Plusieurs anciennes élèves de l’Ecole normale de Rufisque furent pionnières de la lutte pour l’indépendance du Mali. Relevant d’un établissement singulier dans le système scolaire colonial, l'Ecole normale de Rufisque a formé plusieurs Maliennes intellectuelles de 1938 à 1956.
Les années d’études à l’école de Rufisque ont perfectionné les habitudes gestuelles, mentales et intellectuelles de ces femmes qui se sont battues pour la liberté de leur patrie et de la femme.
Le militantisme politique de la plupart de ces femmes a commencé d’abord par le syndicalisme. Elles s’étaient toutes engagées pour l’indépendance du Soudan Français.
Certaines de ces combattantes s’engageront pour la cause des femmes et publieront des ouvrages. Une des figures de proue du combat féministe, Sira Diop, une ancienne de l’école de Rufisque, dira qu’elles ont publié un livre sur les associations féminines au Mali.
A ses dires, cet ouvrage intitulé : « Femmes d’Afrique, Mémorial de Rufisque » édité par les éditions Jamana dit tout sur les rôles joués par les femmes maliennes de l’époque coloniale à aujourd’hui.
La majorité des combattantes pour la liberté était les sortantes de l’Ecole normale de Rufisque.
Sidiki Doumbia

Ode aux amazones de « brousse »
L’histoire des femmes dans le Mali indépendant n’est pas qu’une affaire de citadines et d’intellectuelles.
Retracer le parcours des femmes dans cette nation que l’on essaie de bâtir revient, pour la plupart des observateurs, à suivre mécaniquement le prisme en termes d’avancées, de liberté et d’affirmation. Alors, on cite pêle-mêle les pionnières de l’USRDA et du PSP dans le combat contre le colonialisme, les premières intellectuelles diplômées des écoles de formation, les officiers de l’armée ou des forces de sécurité… Et, à l’occasion, on entre dans l’anecdotique ou l’insignifiant avec le repère de la première à posséder un permis de conduire ou la mécanicienne. Toutes les « fiertés » se rapportent à ce que l’Occident considère comme un progrès, une émancipation ou une liberté.
Toutefois il y a dans ce pays, certaines femmes qui n’ont jamais mis les pieds à l’école, qui n’ont jamais vu Bamako de leurs yeux, et pourtant qui constituent une vraie race de « bâtisseurs ». Et cela nous conduit à faire d’abord la différence entre les « parleurs » et les « travailleurs ». Nous entendons évidemment consacrer la seconde catégorie comme celle des personnes qui œuvrent à l’avancement du Mali.
Il y a donc une injustice à réparer tant du point de vue de la perception que de la réalité. Les femmes qui ont tout donné au Mali sont en campagne, ce coin que certains esprits méprisants appellent la « brousse ». Nous devons penser à ces femmes et leur rendre tout l’hommage mérité. Elles n’ont jamais connu le luxe et le confort ; la rhétorique et les calculs politiciens, toute leur vie n’a été que travail et enfantement, dans des conditions souvent horribles. Ce sont ces femmes qu’il faut rechercher et célébrer pour ce 22 septembre.
Parmi ces héroïnes anonymes qui ne sortiront pas de l’ombre, il y a Ina Samba, cette « matrone » improvisée de Sendégué. Experte en plantes médicinales, douée d’un sens extraordinaire du diagnostic et du traitement des affections les plus rares, pendant 40 ans, elle a sauvé la vie à des milliers de parturientes dans cet endroit reculé du Mali où ne passait pas un médecin. Il faut citer Mama Sonta, originaire d’un hameau à la périphérie de Dia. Seule avec sa daba et sa volonté, elle cultivait quatre hectares de terre, faisait sa moisson et distribuait son surplus aux veuves et orphelins. Nous ne pouvons pas oublier l’institutrice émérite Anta Haïdara qui, loin du douillet confort de Bamako, a choisi de passer la quasi-totalité de sa carrière à Tonka, dans le cercle de Goundam pour former des générations d’intellectuels qui font aujourd’hui la fierté du Mali.
On ne peut parler de Cinquante ans de combat des femmes maliennes pour la dignité et le progrès réel sans se rappeler toutes ces anonymes qui ont, seules, nourri, soigné et éduqué des enfants qui sont devenus les adultes et les dirigeants du Mali. Des veuves, des femmes abandonnées, des épouses violentées et martyrisées dans d’abominables mariages sans avoir reçu secours et consolation. Certaines y ont laissé la vie, d’autres sont restées traumatisées, mais elles ont transmis à leur progéniture des valeurs que nous devons maintenir vivants.
Quand on pense aux femmes qui ont bâti le Mali indépendant, ce ne sont pas les plus bruyantes et les plus engagées qu’il faut voir. Il faut celles qui ont rapporté réellement une plus value sociale et économique à la nation. Car, à l’évidence, les femmes intellectuelles ou auto proclamées telles ne manquent pas de ressources pour imiter en pire ce que font les hommes de ce pays en termes de prédation, de recherche obsessionnelle du bien matériel et de destruction des valeurs sociales. Il ne s’agit pas de créer un antagonisme sans assises, juste de rappeler que bâtir demande peu de verbiage et de mégalomanie.
Ousmane Sow

Les femmes dans la lutte politique
La lutte pour l’émancipation et l’indépendance mobilisa toutes les couches sociales des colonies parce que la colonisation était l’affaire de tous, c’est-à-dire qu’elle écrasait de la même manière les hommes et les femmes. Mais en raison de l’évolution du contexte politique qui fit que les hommes en étaient plus victimes que les femmes, ceux-ci furent les premiers à dénoncer son caractère inhumain et à se dresser contre tout le système. Mais même à ce niveau, la contestation de l’ordre colonial et son rejet commencèrent d’abord dans les villes où il y avait des lettrés avant d’atteindre les campagnes auxquelles on demandait seulement de produire pour les colons. D’un autre côté, la scolarisation, base de la prise de conscience avait commencé par les garçons avant de concerner les filles dans l’entre-deux-guerres et encore ne toucha-t-elle que les filles des villes et plus généralement celles des gens aisés ou instruits. En 1945, à la fin de la guerre, on peut dire que dans toutes les colonies d’AOF en général et plus particulièrement au Soudan français, il y avait plus d’hommes lettrés que de femmes dans cet Etat, et le nombre de femmes travaillant à la Fonction publique et dans le secteur privé était tout aussi insignifiant.
Les femmes rurales composant en outre l’écrasante majorité de la population féminine, et donc le plus grand nombre d’analphabètes, la lutte politique fut lente à se deviner dans cette catégorie pour ne pas dire qu’elle ne la toucha que très tardivement. En raison de cet analphabétisme féminin quasi-général, l’éveil des consciences fut lent chez les femmes et celles-ci prirent forcément le train de l’émancipation en marche. Dans la lutte la conquête des droits et libertés individuelles et collectives dans les années 1945-1946 il y avait en fait très peu de femmes, du moins ne l’ont-elles pas fait au grand jour comme les hommes. Mais, il est possible qu’il en eût, vu le contexte qui prévalait et qui pouvait à la révolte. Toujours est-il que ces combattantes dans l’ombre sont peu connues, aussi bien en ville qu’à la campagne et finalement ce sont les figures féminines officiellement connues qui résument l’histoire de la lutte des femmes pour l’indépendance.
Au Soudan français, la lutte des femmes pour l’émancipation politique fut menée dans les centres urbains à la fois par des femmes illettrées que par des lettrées alors dites évoluées. Les femmes illettrées qui s’engagèrent dans le combat politique étaient généralement de grandes dames de la capitale, des griottes célèbres, en tout cas des femmes ayant de l’influence dans leurs milieux soit par la naissance, soit par les activités professionnelles. Pour les partis politiques et les syndicats, elles faisaient de l’agitation politique, diffusaient les mots d’ordre et les slogans et mobilisaient les militants. Bien qu’ayant abattu un travail énorme pour les partis politiques, elles sont moins connues que les hommes à côté desquels elles se battaient. Néanmoins quelques nomes sont restées même si on ne sait pas trop bien ce qu’elles ont fait précisément comme travail politique. On cite souvent Yaman Diallo, Ayé Diallo et les femmes de Bamako-Coura qui marchèrent en 1945 sur la prison de Bamako pour obtenir la libération de certains militants politiques comme Mamadou Sangaré et Abdoulaye Singaré. Les femmes lettrées qui s’engagèrent dans la lutte politique en nombre restreint et le firent généralement dans les domaines de l’éducation et de la santé. Certaines s’engagèrent par pure conviction politique (une petite minorité), d’autres sous l’influence de compagnons mâles luttant soit dans le rang d’un syndicat, soit d’un parti politique. Mais la grande majorité des femmes lettrées préférait imiter les Européens sous l’influence desquels elles étaient et qu’elles prenaient pour modèle. L’évolution pour beaucoup d’entre elles, c’était se rapprocher du statut des colons, vivre comme eux dans le luxe et non militer dans un syndicat ou un parti politique.
Ceci explique que dans la lutte politique n’émergea qu’une seule femme lettrée connue, Aoua Kéita, sage-femme de son état. Elle fut militante de RDA devint député de ce parti à l’Assemblée nationale dans les années 1960. Elle est d’ailleurs la seule femme connue dans ce domaine au cours de cette période, mais il semble que d’autres comme Sira Diop et Rokiatou Sow se battirent elles aussi dans des associations et dans des syndicats et s’y firent même un nom. Ces deux dernières d’ailleurs, pour avoir lutté ainsi, devinrent par la suite dans les années 1980-1990 des responsables de l’UNFM.
Les femmes, dès la période coloniale, ne restèrent pas inactives dans le jeu politique. Elles se battirent au côté des hommes avec leurs armes propres et laissèrent des traces même si celles-ci sont souvent moins visibles que celles des hommes.
Facoh Donki Diarra

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MANAGEMENT DES AIGLES DU MALI
De nouvelles compétences annoncées pour tourner la page
Les lacunes observées au sein de l’administration (convocation de joueurs blessés, etc.) lors du test match des Aigles du Mali face à la Guinée (0-2) à Marignane (France) ont permis au staff technique d'évaluer le groupe qui lui a été proposé. Et certains jeunes loups pourront faire leur baptême international avec l'Equipe nationale du Mali à l'occasion du match du 5 septembre prochain contre le Cap-Vert. Les tendances suggèrent des noms qui font quasiment l’unanimité chez les supporters et le public sportif.
Alain Giresse va publier ce matin au siège de la Fédération malienne de football (Femafoot), la liste des joueurs qui défendront les couleurs du Mali au Cap-Vert lors du premier match des Aigles du Mali comptant pour les éliminatoires de la Can-2012.
Cette liste inclura les principaux responsables (intendance) ayant participé aux missions des Equipes nationales par le passé. Mais, selon des observateurs, l’assistant de la Direction technique nationale (DTN), Mady Diallo, qui a déclaré sa flamme pour l'Equipe nationale du Mali toute catégorie confondue, pourrait faire partie de ceux qui seront sélectionnés par Giresse. Il mérite naturellement sa place grâce à son excellent rendement au sein de la DTN conduite par l’Allemand Joachim Fickert.
Des proches de l’ancien étudiant de Cuba évoquent son arrivée imminente chez les Aigles. Contacté par nos soins, le brillant inspecteur de la Jeunesse et des Sports, est visiblement ravi et enchanté à l’idée de travailler enfin au sein d’une sélection nationale. Toutefois, il n’a ni confirmé ou infirmé cette nouvelle. Et pourtant, les chances de voir son nom dans la liste des officiels du match du 5 septembre à Praia sont immenses. « Mady sera uniquement du voyage de Praia. Mais, c’est Pape N’Diaye de l’Asko qui occupera par la suite le poste de l’intendance », a confié un membre du comité exécutif de la Femafoot.
Un autre cadre, ancien entraîneur adjoint, pourrait également resurgir pour mieux voler avec les Aigles. Il s'agit d’Amadou Pathé Diallo alias Vieux. A notre connaissance, Vieux Diallo était également dans l'attente d'une solution à son cas assez particulier. Mais, l’ancien joueur de l’AS Réal de Bamako pourrait lui aussi rejoindre l’administration des Aigles comme manager général chargé de convoquer les joueurs lors des rencontres officielles et amicales. La sélection aura bien besoin de son ancien meneur des années 80. Ces trois noms (Mady Diallo, Pape N’Diaye et Amadou Pathé Diallo) sont donc évoqués pour remplacer respectivement Mohamed Touré et Sadia Cissé.
Après le match contre le Cap-Vert, l’évaluation devra, en toute logique, se poursuivre pour permettre à d'autres responsables de prétendre à une place au sein de l’administration de nos Equipes nationales de football. On pense notamment à Ousmane Farota et bien d’autres dont Moussa Bah alias Arrigo Sacchi.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Femafoot aura l’embarras du choix dans les jours à venir. Mais, il doit se donner les moyens d’offrir aux meilleurs cadres une place au sein de l’administration de nos sélections nationales.
Boubacar Diakité Sarr

 

 

COUPE CAF
Le Djoliba croit en la victoire
Le vice champion en titre du Mali est prêt pour battre le club libyen Al Itihad ce dimanche au stade Modibo Kéita.
Les Rouges, après le nul vierge de la première journée à Niamey face à l’AS Fan, sont déterminés à prendre les trois points à Bamako. Mercredi dernier, après leur déjeuner dans un hôtel de la place, ils ont clamé haut et fort qu’ils donneront la victoire aux Maliens. « Nous gagnerons dimanche », clament-t-ils.
Les joueurs du Djoliba veulent jouer sur leur force, notamment la vivacité, le jeu court et un pressing haut. Ce sont ces qualités qui permettent à l’équipe de Hèrèmakono de se qualifier pour la phase de poule.
Lors des préliminaires de la Ligue des champions de cette année, le Djoliba avait éliminé, un autre club libyen, Ahly de Benghazi. L’entraîneur des Rouges, Arouna Macalou entend confirmer la suprématie des clubs maliens sur une autre équipe libyenne, malgré la détermination des visiteurs. C’est donc sans complexe que les Rouges entendent démarrer l’opération 9 points de Bamako devant les joueurs de la Méditerranée à qui, selon nos informations, les responsables ont promis des primes en cas d’un bon résultat à Bamako. Toutes choses qui les relancent après leur défaite de la première journée face aux Soudanais d’Al Hilal. Ces derniers seront d’ailleurs aux prises face à l’AS Fan du Niger pour le compte du second match du groupe.
Sarr

 

 

FOOTBALL
Deux entraîneurs récompensés
Baye Ba (33 ans) et Issa Sissoko (38 ans), deux entraîneurs qui officient respectivement dans le championnat de Ligue 1 et 2 vont suivre un stage d’entraîneur à partir du 6 septembre dans la célèbre école d’entraîneur allemande, Hennef, près de Bonn.
Organisé par la Fédération allemande de football (DFB), ce stage de formation de trois semaines (du 6 au 24 septembre 2010), destiné à une trentaine d’entraîneurs, se déroulera au centre de formation sportive de Hennef près de Bonn.
Le choix de nos deux techniciens Baye Ba et Issa Sissoko, pensionnaires respectivement de l’Association sportive de Korofina (Asko) et Al Farouk de Tombouctou (Ligue 2), a été proposé par la Direction technique nationale des Aigles sous la houlette du technicien allemand Joachim Fickert. L’admission à la participation à ce stage par les techniciens de Korofina et Tombouctou est le résultat d’une évaluation effectuée par la DTN. Un choix d’autant plus judicieux dans la mesure où les deux techniciens répondent aux critères. Selon, Joachim Fickert, le technicien de la Cité des 333 saints, Issa Sissoko, a été choisi en raison de son classement à l’issue du stage Caf Licence « C », organisé à Bamako où il s’est classé 1er avec une moyenne de 18,25 et celui du technicien de Korofina, Baye Ba, à sa performance à la tête de l’Asko. Un club qui a coiffé au poteau tous les « grands » de la Ligue1, Orange avec à la clé, un premier trophée historique au niveau de la Ligue de Bamako.
Il est attendu qu’à la fin du stage, les entraîneurs se voient, à leur retour, confier des missions conformes à leur qualification. La formation vise le domaine de compétition de haut niveau en catégories adultes.
A l’issue du stage, rendu possible grâce au projet germano-malien, les participants obtiendront un certificat de participation qui leur devra être remis par les officiels allemands dans un cadre à caractère solennel et public. A noter que l’Allemagne organise tous les 2 ans, un stage francophone du genre et c’est le 3e passage des techniciens maliens, soit un total de 6, à l’école de la Bundesliga sous la direction du DTN, Joachim Fickert.
Boubacar Diakité Sarr


 


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