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2010

Mois d'août

Les Echos du 23 août

 

CINQUANTENAIRE
Le festival de la honte
Pour le parti du 22 août, la fête du cinquantenaire est le festival de la HONTE, la honte à la puissance CINQ, le CinqHONTEnaire.
Pour le parti du 22 août, l’événement important qui aura marqué les 50 dernières années de notre histoire est la réconciliation des deux premiers partis politiques du Mali : US-RDA et PSP. 50 années de construction nationale ou de destruction nationale ? Pour ATT et ses amis, c’est la bombance, la fête du Cinquantenaire. Pour Sadi et la gauche du Mouvement démocratique, c’est la descente en enfer, la destruction de l’économie nationale et de la société, mue en parti en politique, le PDES (l’air des temps !).
Pour le parti du 22 août, c’est le festival de la HONTE, la honte à la puissance CINQ, le CinqHONTEnaire (expression empruntée à Daouda Dougoumalé Cissé de l’Ensup) pour dénoncer les vecteurs de la honte : le gouvernement, l’Assemblée nationale, les administrations, les syndicats et l’école, … de la Honte, cinq dinosaures contre le peuple meurtri du Mali. C’est dans cette atmosphère de confusion idéologique et de corruption généralisée que les frères ennemis ont accepté « une réconciliation instiguée par Amadou Toumani Touré » (Aube n°236 du jeudi 1er avril 2010). Quelle est donc la signification politique de cet acte qualifié de portée historique ?
- Pour ATT, en le réussissant il a réussi un coup de maître, dorer son mandat et préparer sa stratégie en vue des élections de 2012 et du contrôle politique de l’appareil d’Etat après 2012.
- Le PSP et le RDA n’ont aucun intérêt à attirer les foudres de ATT, au contraire, ils ont tout intérêt à être du côté de ATT qui a déjà tout prévu en confiant le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine à l’un et l’organisation du cinquantenaire à l’autre. Qui dit que ATT n’est pas un Génie politique ?
- Le parti du 22 août s’interroge : en signant la réconciliation le 30 mars 2010, les responsables actuels du RDA et du PSP veulent signifier la fermeture du débat idéologique, du choix de l’option politique, de la clarification des rapports entre le parti et les forces rétrogrades de notre société, entre le parti et l’impérialisme français et ses laquais de l’intérieur ? Si pour UM-RDA cette signature signifie la fin des idéologies, alors quelle réponse donnera-t-elle à cette question fondamentale du secrétaire politique de l’US-RDA, Bocar Moussa Diarra : « comment expliquer à nos enfants que nous avons été unis dans l’esclavage et divisé dans la liberté ? » (Aube, n°236 du jeudi 1er avril 2010). Comment expliquer aux générations futures cette affirmation du président du PSP, Oumar Hammadoun Dicko : « rendons hommages à nos héros d’hier, pères fondateurs du parti. Car, l’histoire nous a donné raison ». De quelle histoire et de quelle raison s’agit-il ? En prônant la fin des idéologies, l’US-RDA et le PSP optent pour le slogan « Kana n’a nta fò, n fana t’i ta fò » (traduction : « ne me critique, je ne te critiquerai pas »).
Pour le parti du 22 août, le professeur Makan Moussa Sissoko, dans son article du 15 avril 2010, a évacué la question du pourquoi de la division RDA-PSP et des intérêts en jeu, bref monsieur Sissoko a soigneusement évité l’analyse de classes des forces en présence et de leur rapport avec l’impérialisme français. Aussi la confusion devient totale lorsqu’il affirme sur la même page, « la vérité est que le Mali a été dirigé de 1957 à 1991 par l’Union soudanaise RDA, tout le reste n’est que mensonge… Le coup d’Etat de 1968 a été réalisé par une partie de l’US-RDA contre une autre partie » (Indépendant N°2446 du jeudi 25 avril 2010). Si Moussa Traoré pouvait parler. Si les artisans du Mouvement démocratique pouvaient parler. Si le dossier de la lutte clandestine pouvait être lu, alors monsieur Sissoko serait réduit au silence.
Le parti du 22 août se sent interpellé lorsque monsieur déclare : « la révolution du 22 août 1967 a mis au grand jour les contradictions internes de l’Union soudanaise. Elle a abouti à l’élimination de tous les cadres disposant d’une base électorale… Les vaincus de 1967 se sont organisés pour prendre le pouvoir en 1968 avec l’aide d’une partie de l’armée nationale… Les vaincus de 1968 ont participé à la victoire de 1991 ». (Indépendant n°2446, du jeudi, 25 avril 2010). Aussi le parti du 22 août se doit de réagir en faisant une analyse de la situation politique du Mali et des raisons de la révolution active.
22 août du pourquoi au comment de la révolution active
Pour comprendre les raisons et les enjeux de la révolution du 22 août, il faut une analyse objective de la situation géopolitique internationale et une lecture cohérente et globale des événements politiques du Mali des années 60 ; à savoir :
- le choix politique opéré par le Mali le 22 septembre 1960 : la voie socialiste de développement :
- le Mali pays continental entouré d’Etats ayant choisi la voie capitaliste du développement (sauf la Guinée) ; des Etats hostiles au Mali et réputés dans le refoulement des Maliens existant sur leur territoire ;
- la guerre froide entre deux blocs : le camp capitaliste sous la direction des Etats-Unis et le bloc des pays socialistes dirigé par l’Union soviétique ;
- le révisionnisme ou la « fissure » politique et idéologique au sein des partis communistes ;
- l’épineuse question de l’indentification et de l’élimination des opportunistes au sein de la direction du parti par le déclanchement de la révolution culturelle et prolétarienne (version chinoise) ;
-les différents coups d’Etat organisés et financés par l’impérialisme français et américain contre les Etats ayant opté pour la voie socialiste de développement (cas du Ghana et de l’Algérie).
Il n’est pas inutile de rappeler que c’est à l’annonce du coup d’Etat du Ghana contre le régime progressiste du président Kwamé Nkrumah que l’Assemblée nationale du Mali a mis en place, le 1er mars 1966, un comité de défense des acquis du peuple, dénommé Comité national de défense de la révolution (CNDR), placé sous la direction du président Modibo Kéita.
Face à l’intensification des menées subversives de l’impérialisme et de ses laquais recrutés au sein de la direction même du parti et parmi les hauts cadres de l’Etat que le bureau politique de l’US-RDA fut dissous le 22 août 1967. Le CNDR prendra alors la direction de la révolution active dont le fer de lance fut la jeunesse de l’US-RDA.
Le 22 août marque donc le déclenchement de la révolution active par la jeunesse du parti. Les opérations Taxis (en septembre-octobre 1967) et Villas (en novembre 1967) annoncèrent la couleur de la révolution. L’objectif visé est de liquider la direction du parti et de l’administration d’Etat, les cadres corrompus, les valets de l’impérialisme, les vendus, les « salopards de la neuvième catégorie » avec comme devise « la contre-révolution ne passera pas ! ». Aussi le 22 août peut être considéré comme la version malienne de la Révolution culturelle et prolétarienne.
Le 22 août, c’est aussi une tentative de mise en pratique du slogan de la Révolution active :
« A la phase aigue de la lutte révolutionnaire, il faut éviter les déclarations sans effets, l’action sans continuité, les prises de position spectaculaires, sinon, ceux faisant l’objet de vos attaques, une fois leur panique estompée se recherchent, s’unissent et agissent promptement sans hésiter contre vous ».
Et lorsque, à Koulikoro, la jeunesse de l’US-RDA applaudissait et saluait le discours du président Modibo Kéita par des cris :
« La contre-révolution ne passera pas ».
L’impérialisme et ses laquais avaient fini leur sale besogne, le coup d’Etat était consommé. La révolution du 22 août fut vaincue mais non détruite dans son essence.
23 ans plus tard, la jeunesse de la Révolution de 1967 porta haut le drapeau du soulèvement populaire qui mit fin à la dictature du général-président Moussa Traoré.
20 ans de multipartisme intégral ont montré ses limites dans l’accomplissement des objectifs des associations politiques et du soulèvement populaire de mars 1991. La Révolution de mars 1991 a été récupérée par la frange réactionnaire du mouvement démocratique et l’armée qui considère « le privé comme étant le moteur du développement ». La révolution du 22 août, en s’inscrivant en faux contre un tel choix politique, se doit alors d’organiser la jeunesse autour des idéaux de la Révolution culturelle et prolétarienne.
Mamadou Lamine Kanouté
(Militant du 22 août)

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GESTION DES AMBASSADES
Cleptomanie financière et opacité
Le rapport du Vérificateur général sur certaines de nos chancelleries à l’étranger n’illustre qu’une infime partie d’un système de magouille et de détournements de fonds publics bien ancré dans les habitudes de beaucoup de nos diplomates. Les méthodes de la gouvernance actuelle ne sont pas étrangères à cette situation.
Le Vérificateur général vient de présenter son rapport 2009 aux autorités de notre pays ainsi qu’à des sensibilités sociales. Celles-ci ont unanimement félicité Sidi Sosso Diarra pour l’énorme travail abattu dans la quête et l’analyse des informations requises sur les services vérifiés.
Le même rapport remis à la presse le 11 août, le Végal a réitéré que « le Mali reste un pays corrompu ». Dans sa ligne de mire se trouvent non seulement des structures étatiques basées au Mali, mais aussi des missions diplomatiques accréditées à l’étranger. Le Vérificateur général a même pris le soin de préciser que le projet de vérification de 2010 porte sur 8 ambassades, particulièrement celle de Genève en Suisse. Dans notre édition du mardi dernier, nous vous évoquions le cas de cette dernière ambassade, qui, en plus d’être sur une liste noire de mauvais payeurs dans la Confédération helvétique, est un véritable gouffre financier.
Il serait difficile de passer sous silence une telle situation quand on sait que c’est l’argent du contribuable qui sert au fonctionnement de ces organes diplomatiques à des fins bien définies. Toutefois, il faudrait admettre que cette gestion catastrophique des fonds alloués à l’ambassade du Mali à Genève serait moins ressentie si elle ne mettait pas en relief les attitudes qui tranchent avec le souci d’honorer notre pays et ses ressortissants à l’étranger.
Le Végal a décelé plusieurs pistes de détournements de fonds dans certaines de nos ambassades. Parmi les représentations chargées de gérer les bourses des étudiants maliens à l’extérieur, nombreuses sont celles qui s’adonnent au pillage et à la dilapidation des deniers publics comme si c’était de la gymnastique. Des listes fictives de boursiers maliens sont annuellement créées pour soutirer de l’argent des caisses du Trésor public.
En dépit de la sélection officielle des boursiers d’Etat sur place au Mali, des étudiants faisant partie de ce qui est communément appelé « hors quota » et dont les parents ont des affinités avec le pouvoir se retrouvent boursiers de l’Etat. Au même titre que les vrais méritants et au détriment des fonds publics. Comme les autres, ces étudiants hors quota émargent tous les trimestres auprès des ambassades du Mali dans leur pays d’accueil. De même, ont-ils des billets de vacances et tous les droits afférents. Qui plus est, après un bref séjour dans leur pays d’accueil, des étudiants, officiellement boursiers du Mali, décident de poursuivre leurs études dans d’autres pays étrangers à leurs propres frais, mais l’Etat continue d’envoyer leurs bourses qui servent de « bonus » pour des figures de proue dans les ambassades du Mali. L’on assiste même souvent à des guéguerres entre ces diplomates frileux.
Calamités
Et le Trésor public est dépouillé de ces sous pendant tout le cursus scolaire officiel (3, 4, voire 5 ou 7 ans si besoin est) des étudiants boursiers ayant opté pour d’autres cieux que leur destination initiale. C’est d’ailleurs à cause de ces magouilles et détournements de fonds que des étudiants osent bien croiser le fer avec l’ambassade du Mali dans leur localité. Acculé par des étudiants qui avaient pris en otage les locaux de la chancellerie pour réclamer leurs bourses de vacances, il y a quelques années, notre ambassadeur dans un pays maghrébin avait fini par craquer en faisant recours aux fonds propres de l’ambassade logés dans une banque de la place, vraisemblablement pour d’autres buts (augmentation du taux d’intérêt, affaires avec des businessmen locaux…). Comme faux-fuyant, le diplomate indélicat, le front couvert de sueurs, s’est contenté d’affirmer que « vos bourses ne sont toujours pas disponibles, mais je m’autorise à prendre le salaire du personnel de l’ambassade pour vous payer puisque vous dites que vous allez mourir de faim, faute d’argent ». De telles scènes rocambolesques ont toujours lieu, à l’indifférence totale des autorités.
Le rôle de nos ambassades dans la vie des Maliens de l’extérieur est en question. Ils sont très peu nos compatriotes qui peuvent compter sur nos représentations diplomatiques pour résoudre leurs problèmes. Ce qui est d’autant vrai que la lenteur administrative, la négligence coupable et même le clientélisme immodéré sont monnaie courante dans ces structures. Et le plus souvent, les difficultés financières servent d’échappatoire pour expliquer le manque d’implication des ambassades dans le calvaire de nos compatriotes alors que d’importantes sommes sont prévues dans le budget de toutes les ambassades pour les besoins d’urgence. Où part donc cet argent qui n’est jamais reversé dans les caisses de l’Etat ? Qui a une fois appris qu’une ambassade n’a pas utilisé l’entièreté de son budget et qu’elle a retourné le reliquat au Trésor public ?
Rien que pour le folklore dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de notre pays, des ambassades ont déboursé des dizaines de millions de nos francs pendant que des compatriotes croupissent dans des prisons de leur pays d’accueil en attendant un simple geste financier de leurs diplomates. C’est pourquoi, Dialla Konaté, un éminent professeur dans une université aux Etats-Unis avait écrit que « partout où je vais, je découvre des Maliens et des Maliennes qui se battent à main nue. Nos jeunes ont acquis des savoirs et des talents impressionnants, mais vivent dans la précarité, la fragilité et la vulnérabilité. Ils sont comme le vieil Hercule, ils ont de la force et du savoir, mais n’ont pas de point d’appui ».
A quand donc le bout du tunnel ? Difficile d’y répondre, dans la mesure où les mêmes diplomates décriés dans une chancellerie sont promus dans d’autres. Cela fut récemment le cas du frère de cet éminent diplomate malien et membre influent de l’entourage d’ATT. D’un rang de simple conseiller culturel et avec moins de 5 ans d’expérience diplomatique, ce professeur vétérinaire de formation vient d’être promu consul dans un pays asiatique. C’est aussi ça l’une des facettes de la gouvernance ATT.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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LETTRE OUVERTE AU GOUVERNEUR DE SEGOU
« Abou Sow me doit de l’argent »
Le Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé de la zone Office du Niger, Abou Sow est interpellé par l’auteur de cette tribune qui lui réclame de l’argent.
Je viens par la présente vous exposer une situation qui dure et me semble un peu compliquée, mais ne vous engage pas. Seulement, je me fais un devoir de vous l’exposer, en tant que successeur de ceux qui l’ont initiée.
J’étais à Ségou comme directeur de l’Espace culturel Mieru Ba. Il se trouve que j’avais écrit un texte que j’ai cédé au cercle de Ségou dans le cadre de la Semaine régionale. Ledit texte (Dugutigi den) a été classé premier à l’issue de la Semaine. Quand la région a voulu reconduire la pièce pour la biennale, je leur ai fait remarquer que mon œuvre était déposée au Bureau malien du droit d’auteur (Bumda). Il fallait donc mon accord pour une exploitation publique. Ils n’ont pas voulu en tenir compte, et j’ai écrit au Bumda pour me plaindre et réclamer mes droits.
Le Bureau a dû appeler le directeur de la Jeunesse pour lui demander des comptes. Un après midi, monsieur le gouverneur m’a téléphoné, me proposant un entretien à propos de ma pièce. Je lui ai répondu que ce serait quand et où il voudra. Deux jours après, je suis passé au bureau pour le rencontrer et parler de la pièce. Quand on m’a introduit, avant qu’on ait fini d’échanger les amabilités, le ministre Aghatam arrivait. Alors j’ai compris que je devais prendre congé du gouverneur Abou Sow.
Il ne m’a plus rappelé et je ne suis plus revenu pour aborder le sujet. Mais le directeur régional de la Jeunesse d’alors (Sékou Tidiani Diaw) me rassurait souvent. Avant d’aller à Kayes, Monsieur le gouverneur m’a encore appelé pour me demander de le laisser faire la biennale. Il m’a assuré qu’il acquitterait mes droits qui s’élevaient à 250 000 F CFA (deux cents cinquante milles franc), une fois de retour à Ségou. J’en ai informé encore le Bumda avec lequel il a été convenu de laisser Ségou exploiter ma pièce en attendant la fin de la biennale. C’est peut-être à ce niveau que nous avons été trop légers, en ne demandant pas un engagement écrit des autorités de Ségou. Mais, à notre décharge, nous ne pouvions pas montrer à Monsieur le gouverneur que son engagement sur parole n’était pas suffisant. Le lendemain de la prestation de la troupe de Ségou, le directeur régional m’a encore appelé pour me rappeler que le gouverneur venait de lui réitérer son engagement envers moi.
Au retour de Kayes, toutes mes tentatives pour le rencontrer sont restées vaines. Quelques mois après, il était promu Secrétaire d’Etat.
J’ai appelé un de ses collaborateurs pour savoir la démarche à suivre. Ce dernier m’a conseillé de voir le représentant du Bumda à Ségou. J’ai donc repris contact avec la représentante d’alors qui m’a accompagné dans le bureau de l’intérimaire qui nous a dit n’avoir eu aucun mot dans la passation. Il a quand même promis de s’en occuper dès que possible. Nous en avons encore informé le Bumda à Bamako.
Plusieurs jours après, j’ai pris contact avec le directeur de cabinet qui assurait l’intérim. Il m’a demandé de venir avec le directeur de la jeunesse qui a confirmé ma version des faits. Le bureau des droits d’auteur a envoyé un représentant officiel qui m’a un jour accompagné dans le bureau du chef de cabinet.
Pendant l’entretien, le conseiller Yacouba Samoura est entré et il lui a dit de s’asseoir pour écouter, lui aussi a confirmé être au courant puisqu’il m’avait un jour annoncé que le gouverneur l’avait chargé de me dire qu’il s’acquitterait de cela dès que les temps seraient cléments. Ce jour-là, l’intérimaire s’est « engagé sur l’honneur à gérer le problème ». Il a promis d’en parler dans sa passation et je ne lui ai plus demandé s’il l’a fait.
Ce qui est sûr, à ce jour, tous les artistes qui ont fait la biennale de Kayes au compte de Ségou ont été rémunérés sauf moi, auteur de la pièce. Le bureau malien des droits d’auteur qui est chargé de gérer les droits des auteurs semble avoir montré ses limites.
Je m’en remets à votre sens de la justice.
Je n’ai pas de contrat écrit avec la région de Ségou, rien ne vous engage à me payer quoi que ce soit, mais je ne crois pas que justice ait été rendue à mon endroit.
Si monsieur le gouverneur, vous pensez que je n’ai droit à rien, je vous prierais d’oublier cette lettre.
Espérant un écho favorable à ma démarche, je vous prie de recevoir, Monsieur le gouverneur l’expression de mon profond respect.
Ségou, le 5 mai 2010
Mamadou Sangaré
Responsable de développement culturel (Kidal)

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IL FAUT LE DIRE
Planter d’accord, et après ?
On pouvait saluer le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, qui peut se vanter d’avoir ressuscité, cette année, la vieille pratique qui consiste à planter des arbres en période d’hivernage pour contrer l’avancée du désert. Dans un pays qui risque d’être frappé de plein fouet par les changements climatiques, c’est un paradoxe que la coupe abusive de bois continue. Il faut agir. Sous ce rapport, l’idée est louable, patriotique et généreuse.
Le département de l’Environnement a assurément fait preuve d’originalité : en initiant partout des bosquets des mariés et des enfants, c’est-à-dire que c’est devenu une mode, pour chaque couple qui se marie ou pour chaque enfant né, que l’on plante un arbre.
Les autres ministères ne sont pas demeurés en reste. Ils ont accepté de sacrifier une partie de leur temps dans ce reboisement. A ce rythme, dans une décennie, le Mali serait un pays vert. Oui, il est possible de rendre le Sahel vert ; l’exemple est donné par Israël où une bonne partie du désert, à force de travail et de courage, a fini par reverdir.
Force et courage, c’est ce qu’il nous faut en définitive pour atteindre nos objectifs en l’occurrence, car le tout n’est pas de planter des arbres pour en déduire que l’on « n’a pas vécu inutile ». Le tout doit être dans l’entretien et la pérennité des efforts aujourd’hui consentis. Et c’est honnêtement là que le bât blesse.
Le peuple se souvient qu’en 2002, à l’avènement du chef de l’Etat actuel, il y avait un engouement similaire pour l’arbre, mais il ignore les résultats sur le terrain. Plus de 8 ans après, peu de nos concitoyens savent ce que sont advenues les parcelles reboisées affectées à chaque ministère à Samé ou à Koulouba. S’il y a de bons résultats, les prouver aurait davantage incité les sceptiques.
Alors, ces arbres ont-ils survécu ? Ont-ils grandi avant d’être coupés ? Mystère et boule de gomme ! Il est néanmoins certain que tant que des hommes vivront de la coupe du bois, ils feront le lit de l’avancée du désert. Que faire ? A défaut d’idée novatrice, pourquoi ne pas imiter des pays limitrophes qui ont subventionné le gaz butane à la hauteur de la bourse des consommateurs ?
Dans un pays voisin, peu d’enfants peuvent avouer avoir déjà vu la couleur du charbon, tant la législation est sévère à l’encontre des fabricants et négociants. Ici, des camions de charbon et de fagots de bois passent à longueur de journée dans l’indifférence générale. Heureusement que le service des eaux et forêts a été enfin réactivé. Il reste à lui laisser les mains libres pour éventuellement sanctionner les contrevenants.
Ce n’est pas la moindre des choses dans un pays où le laisser-aller a tué dans l’œuf mille et un engagements au profit de toute la communauté, contrarié la volonté populaire. Dans ce cas, on parlera d’un coup d’épée dans l’eau.
A. M. T.

 

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CAMAPGNE AGRICOLE A L’OFFICE DU NIGER
Le PDG Kassoum Dénon sur le terrain.
Pour s’assurer du bon déroulement de la nouvelle campagne agricole, le PDG de l’Office du Niger, a visité les 18 et 19 août 2010, les casiers de M’Bewani, N’Debougou et Niono.
Cette sortie de terrain de deux jours du PDG de l’Office du Niger, s’inscrit dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2010-2011. Elle a conduit mercredi et jeudi Kassoum Dénon dans les casiers de M’Bewani, N’Débougou et de Niono. Il s’agissait à travers cette visite pour le PDG de l’Office du Niger, de se faire notamment une idée sur le fonctionnement du dispositif d’encadrement, du réseau hydraulique et du niveau d’exécution des projets.
A M’Bewani, première étape, les superficies mises en valeur totalisent 8 642hectares soit 75,3 % des prévisions contre 73 % l’année dernière à la même date. « Une performance relative », dira le PDG qui invitera l’encadrement à plus d’efforts. Sur les parcelles communautaires de Zanfina, il a été constaté une faible présence de l’encadrement à la base, l’absence d’outils de suivi des producteurs. A Tiomanzanawère, le chevauchement entre la contre-saison et celle hivernale hypothèque la seconde sur près de 500 ha.
« Il nous faut choisir et avoir une orientation claire », a indiqué le PDG de l’Office du Niger. Celui-ci précisera par la suite que « sa vision est de réaliser la production record en riz pendant la saison hivernale et réserver la contre-saison aux spéculations moins consommatrices d’eau ».
L’autre constat auquel le PDG de l’Office du Niger est parvenu au cours de cette visite de terrain, est que nombreux sont les bénéficiaires de parcelles qui ne résident pas sur le site du projet. Ce qui ne permet pas un suivi de proximité obligatoire pour la riziculture irriguée. A cela, s’ajoutent des cas de métayage et de ventes. Face à l’urgence de la situation, le PDG de l’Office du Niger a instruit l’organisation d’une rencontre avec tous les jeunes ruraux pour sauver le projet d’un naufrage annoncé, une solution partagée par les membres du comité paritaire présents sur les lieux.
Sur les 3000 ha du casier de Seribala nord, l’espoir est permis quant à l’atteinte des objectifs en dépit du léger retard. L’engrais est disponible sauf que certains hors casiers n’ont pas eu la caution technique, qui est une condition d’accès à l’engrais.
Les recommandations ont porté sur l’instauration d’un suivi régulier et de proximité des producteurs par un maillage conséquent du terrain et la dotation des agents de terrain en moyen de déplacement, la diffusion de l’information sur le concours de meilleur producteur, l’initiation d’un programme global de rectification des parcellaires dans les aménagements participatifs, la mise en eau des canaux principaux pour anticiper sur toute crise éventuelle d’eau et la réflexion sur le cas des hors casiers pour leur dotation en engrais subventionné.
La seconde journée, Kassoum Dénon s’est rendu sur le nouveau périmètre de N’Debougou III. Sur un potentiel de 1950 hectares à aménager, 575 le sont déjà sur lesquels 430 sont mis en valeur pour cette campagne. Les paysans ont témoigné de leur dotation en engrais subventionné et en semence sélectionnée à raison de 75 kg/ha.
Au Rétail IV à Niono, 815 hectares ont été réhabilités et livrés cette campagne aux producteurs. Cela a nécessité une reprise du distributeur sur 5 Km dont 700 mètres en béton dans la ville de Niono et le tout à nouveau calibré entièrement.
Pour ce qui est de la saturation du canal Grûber sud suite aux pluies diluviennes et qui ont provoqué des débordements menaçant le village de Mourdia ou KM 17, le PDG de l’Office du Niger s’est félicité de la promptitude et de la synergie d’actions avec lesquelles ce village a été sauvé de l’inondation. Avec les représentants du village, il a été convenu de réfléchir sur des voies et moyens susceptibles d’éviter à l’avenir ce genre de situation.
(Correspondance particulière)

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REMPLISSAGE DU LIT DU FLEUVE NIGER A BAMAKO
L’Etat malien sur le banc des accusés

Un collectif d’associations de défense de l’environnement entend porter plainte contre l’Etat malien pour avoir rempli le lit du fleuve Niger au grand dam des espèces aquatiques et de l’environnement.
Le remplissage du fleuve Niger par les autorités maliennes continue de faire des remous. Un collectif d’associations de jeunes, en première ligne, l’Association pour la protection de la faune et de la flore se dit prêt d’envoyer des correspondances à qui de droit, pour dénoncer ce qu’elle appelle : « le complot de l’Etat malien contre l’écosystème ». Le collectif d’association conscient que le fleuve Niger nourrit des millions de populations de plusieurs pays de la sous-région, ne doit pas être un « dépotoir encouragé par un Etat ». Le collectif n’écarte pas une « éventuelle plainte contre l’Etat malien pour ses actes honteux qui ternissent l’image du Mali ». Le remplissage du Niger juge-t-il va à l’encontre des recommandations du sommet de Copenhague sur les changements climatiques où le Mali a été représenté par une forte délégation.
On se rappelle qu’à Copenhague, lors du sommet sur les changements climatiques en décembre 2010, notre pays a exposé le thème sur « les bons résultats » de son programme de gestion durable des terres dont figure la problématique de l’eau. « L’engagement du Mali à Copenhague en faveur de la protection de l’environnement et la distinction du chef de l’Etat, ATT à Bamako par le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (à la 13è conférence de Bamako) n’est que de la poudre aux yeux », constate le collectif d’association.
Pour M. Konaté, président du collectif, il convient de défendre le point de vue de ceux qui profitent des ressources du fleuve. Face aux « pollueurs, il faut aussi défendre le point de vue de ceux qui vivent du fleuve, afin de créer un contre-pouvoir en faveur de sa protection, pour préserver le patrimoine écologique, le milieu naturel, un cadre de vie »., a dit M. Konaté. Et de conclure que tout le monde doit pouvoir s’exprimer face à l’exploitation intensive ou abusive et à la dégradation des ressources du fleuve.
Il faut dire que pour la fête du cinquantenaire, les autorités maliennes sont en train de remplir une bonne partie du lit du fleuve Niger à Bamako avec du banco pour ériger un monument et une place du cinquantenaire.
Amadou Sidibé


HUMEUR

SOS POUR LE FLEUVE NIGER
« Buvez l’eau, tout est sous contrôle »

L’agression du fleuve Niger par les autorités, les populations est un phénomène visible et connu de tous. Chaque jour, le fleuve se pollue davantage. Et la situation actuelle du Djoliba va au de-là des prévisions les plus pessimistes. Il est pollué. Le rejet d’eaux usées s’est amplifié. Des habitudes malsaines se sont développées, et ce n’est pas les teinturières qui déversent leurs eaux souillées dans le fleuve qui diront le contraire. En conséquence, à en croire des pêcheurs, « des espèces de poissons ne remontent plus le fleuve ». Ce qui, selon les nutritionnistes doit avoir une répercussion sur la qualité du poisson à manger qui reste à vérifier dans les laboratoires.
Aucune mesure prise officiellement contre les pollueurs n’est fonctionnelle. Aucun règlement n’est applicable, chacun fait du fleuve ce qu’il veut dans une impunité totale. Les gros bonnets construisent des bâtisses, la vendeuse y jette son résidu, le chef GIE (ramasseur d’ordures) n’a trouvé mieux que de transformer le fleuve en dépotoir final.
Le fleuve est devenu le déversoir des eaux usées domestiques et industrielles. S’y ajoutent les activités de lessivage, de tannerie ou de textile, des industries de chimie, de brasserie, mécanique…. Que dire des stations d’épuration d’eaux domestiques qui paraissent inadaptées ou ne sont pas fonctionnelles. Les entreprises locales ne sont pas raccordées à des systèmes d’épuration. La santé des populations innocentes prend un sacré coup avec la persistance de toutes sortes de maladies.
Grand déversoir de toutes ces substances toxiques, on dit encore « qu’il faut boire l’eau du fleuve Niger car, elle est traitée à plusieurs niveaux avant sa consommation » Ou du moins son intoxication. Dans l’état où le fleuve est pollué, on se demande si dans quelques décennies, il va y rester grand chose.
Amadou Sidibé

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MES JOURNEES A BACONI
Le livre des réalités maliennes lancé
Déjà disponible sur le marché, « Mes journée à Banconi » est une œuvre descriptive et explicative des problèmes que vivent les populations de Bamako, voire du Mali. L’auteur y décrit le courage et la combativité des citoyens, mais dénonce aussi les plaies de la société qui sont entre autres, la corruption, le chômage, la dépravation des mœurs. Edité aux Editions Jamana, l’ouvrage a été lancé, le samedi 21 août 2010, dans la salle des fêtes de la mairie de la Commune I.
Septuagénaire né à Tombouctou, l’auteur du livre, Albacaye Ousmane Kounta, accompagné de son petit-fils, a mis l’accent sur l’importance du travail et du courage. A travers ses principaux personnages, l’auteur a exposé sur les évènements survenus lors des journées de la révolution qui a abouti à l’instauration de la démocratie au Mali, en mars 1991. Dans un décor de prédiction, M. Kounta a démontré que l’inertie fait engendrer beaucoup de problèmes : l’option pour une vie facile.
A travers ce roman de 244 pages, cet homme multidimensionnel a voulu attirer l’attention de la jeunesse au travail, à ne pas attendre l’action de l’Etat dont il critique le fonctionnement.
Ex-agent de l’administration publique, M. Kounta a déploré la corruption qui gangrène nos services sensés aider les populations.
Présidant la cérémonie de lancement, madame le maire de la Commune I a apporté des anecdotes afin d’étayer les écrits de l’auteur.
Banconi, quartier populaire de la Commune I, est un concentré du Mali. On y trouve toutes les ethnies et religions. L’auteur nous narre l’histoire de ces personnages qui, dans ce quartier spontané, font face à beaucoup de difficultés. En effet, encré dans la tradition, l’auteur, comme dans ses romans précédents nous présente aussi les meilleurs côtés de la société malienne : le respect de nos us et coutumes, l’efficacité de la pharmacie traditionnelle.
Aminata A. LAH
(stagiare)


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