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2010

Mois d'août

Les Echos du 20 août

 

BUREAU DU VERIFICATEUR GENERAL
Pourquoi le VG se présente en victime ?
Depuis l’annonce et la présentation du Rapport annuel 2009 du Vérificateur général, celui-ci ne manque aucune occasion pour se présenter en martyr de la lutte contre la corruption.
Il déclare en l’occurrence dans une certaine presse, que c’est parce qu’il a voulu lutter contre la corruption, qu’il est allé en prison.
Une telle contrevérité nous conduit à réagir et à dire à cet homme atteint d’une hystérie paranoïaque certaine, qu’il est grand temps qu’il la ferme.
Ce faisant, nous souhaitons que l’opinion publique nous écoute pour une fois.
Sidi Sosso Diarra, du haut de sa fonction de traqueur de la délinquance à col blanc, n’a au fait aucune leçon à donner aux autres et il sait pertinemment que la crise qu’il a ouverte en 2008 n’était en fait qu’un contre-feu allumé pour se protéger du contrôle de sa gestion.
En effet, poser la question du statut des agents qui, pendant plus de quatre ans, ont travaillé avec lui sans heurt et avec loyauté, relevait de cette mise en scène dont le décor fut planté suite à certaines missions de vérification qui avaient autant dérangé qu’ébranlé les pouvoirs publics. Tout est parti de là, mais c’est hélas ce qu’on veut cacher à l’opinion publique. Et Sidi Sosso Diarra se rappellera bien combien il en a voulu à l’époque à ses collaborateurs qui avaient refusé de frelater la vérité à l’issue desdites missions. Il fallait dès lors se débarrasser de ces derniers.
Mais, comme d’habitude, le pauvre, ah ! Pardon, sa majesté Sidi s’y prend de manière plus que gauche. Clamant qu’il avait le soutien des pouvoirs publics dont il était subitement devenu le thuriféraire, il décide de remercier « les rebelles », tout en refusant de respecter la procédure légale.
La Cour Suprême le rattrape et le sermonne vertement comme un enfant pris en faute, avant d’annuler pour excès de pouvoir toutes ses décisions illégales.
La claque ! Pire, l’affront ! Sidi est désormais nu.
Voulant maladroitement cacher sa nudité, il requiert la force publique, le 05 janvier et le 12 février 2009, pour s’opposer à l’exécution des décisions de justice. Deux constats d’huissier sont dressés face à ces agissements sans précédent dans les annales judiciaires de notre pays.
Un Juge d’instruction a alors été saisi d’une plainte avec constitution de partie civile.
Et les défenseurs de la poule de Lénine (vive Les Echos !) de clamer que ce n’était pas la première fois qu’on refusait d’exécuter une décision de justice.
Bien sûr, trop souvent l’Exécutif rechigne à se plier aux décisions de justice. Il n’y a aucune conséquence à cela du point de vue pénal, même si cet état de fait n’est pas à l’honneur des pouvoirs publics. En effet, pour reprendre Abraham Lincoln, « rien de moralement mal, ne peut être politiquement juste. »
Mais là où est la faute pénale, donc l’infraction, c’est de demander à la police ou à la gendarmerie, d’empêcher qu’une décision de justice porte ses effets.
C’est justement ce qui est prévu et puni par l’article 64 du Code pénal, en des termes sans équivoque : « Tout fonctionnaire public, agent ou préposé de l’administration, qui aura requis ou ordonné, fait requérir ou ordonner, l’action ou l’emploi de la force publique contre l’exécution d’une ordonnance, d’un mandat de justice, de tout ordre émanant de l’autorité légitime, sera puni de cinq à dix ans de réclusion. Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis d’effet, la peine sera le maximum. »
C’est bien ce que Sidi a fait ! Un tel agissement, nous n’aurons de cesse de le rappeler, est sans précédent dans l’histoire de notre pays.
Et, s’agissant d’un crime, il relevait du seul pouvoir discrétionnaire du magistrat instructeur de décider de son placement en détention. Cet état de fait ressort clairement des dispositions des articles 122 et suivants du Code de Procédure Pénale, mais est aussi particulièrement réaffirmé par la jurisprudence dans plusieurs arrêts de principe ainsi libellés : « la chambre d’accusation elle-même ne saurait, sans excès de pouvoir, contraindre le juge d’Instruction à prendre une décision contraire à sa conviction ».
Mais, contre toute attente, le président de la République, qui avait tenu à rappeler publiquement qu’il s’était lui-même, plié aux Arrêts par lesquels la Cour Suprême avait censuré un de ses décrets, décide que Sidi n’ira pas en prison pour avoir délibérément violé la loi dont le peuple souverain du Mali s’est doté. Le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs régissant tout Etat de droit venait de voler en éclats.
Au mépris de cette même loi, le dossier de la procédure a été retiré du circuit, remis au Procureur Général de la Cour d’Appel de Bamako, dont les velléités d’annulation de ladite procédure se sont heurtées au refus courageux des Conseillers de la Chambre d’accusation. Enfin, en violation du droit, le premier Juge d’instruction a été dessaisi du dossier pour faire plaisir à l’intouchable Sidi.
Ce qui nous a décidés à écrire par deux fois au ministre de la Justice pour dénoncer ces faits. En pure perte !
Ragaillardi par autant de cautions à son impunité, Sidi a déjà annoncé su le site web Jeuneafrique. com, le prochain épisode de ce feuilleton sans nom parce qu’indigne d’un Etat de droit, à moins qu’elle ne soit une République bananière : que le juge en charge de l’affaire a été récemment dessaisi, ce qui lui laisse espérer d’un classement sans suite très prochainement. (Sic)!
Devant tant d’arrogance, doit-on encore se demander pourquoi l’on a violé l’article 18 de la loi n°03-030 du 25 août 2003 instituant le Vérificateur général, en ne procédant pas à la vérification triennale du Bureau ?
Pourquoi n’y a -t-il pas eu de suite à la plainte du Vérificateur général adjoint ?
Pourquoi, le rapport de vérification de la Section des Comptes de la Cour Suprême reste-il caché ?
Comment en un mois Sidi Sosso Diarra a pu téléphoner pour plus de 4 millions de francs CFA et faire supporter cela sur les deniers publics, tout en empochant une indemnité destinée à couvrir ces frais ?
Comment en mission, il coûte entre 650 000 et près de 2 millions de francs CFA par jour au contribuable, sans que personne en haut lieu ne s’en offusque ?
De grâce, que Sidi Sosso Diarra explique aux Maliens, quel exemple de probité il donne, quand, en plein contrôle, il reçoit suivant lettre n°1826 du 27 novembre 2008 du PDG de l’Office du Niger, 50 hectares dans la plaine de M’Bewani tout en violant les dispositions législatives et réglementaires en matière d’études d’impact environnemental ?
C’est ce qu’on appelle des dessous-de-table en langage clair.
A ces questions et à bien d’autres, nous répondrons le moment venu.
Mais d’ores et déjà nous affirmons qu’en aucun moment le Vérificateur Général du Mali n’est allé en prison à cause de son travail de vérification, pour la simple raison que, conformément à la loi, cette institution n’est pas concernée par la procédure pénale que mes camarades et moi-même avons initiée.
Par contre, Sidi Sosso Diarra a été inculpé intuitu personae pour s’être personnellement, volontairement et en toute connaissance de cause mis hors la loi par réquisition de la force publique contre l’exécution d’une décision de justice. Et ânonner comme lui et tous ceux qu’il manipule et mène en bateau le font, que ceux qui veulent empêcher la lutte contre la corruption se sont ligués pour lui nuire n’est que pur mensonge.
Au regard de ces éléments de réponse, sauf à avoir un esprit retors, il n’y a aucun lien de cause à effet et aucune confusion entre le Vérificateur Général en tant qu’institution et l’individu Sidi Sosso Diarra pris en sa qualité de hors la loi.
En tout état de cause, mes camarades et moi-même n’aurons de cesse de clamer que notre combat est un combat de principe, et rien, absolument rien ne nous fera dévier.
Monsieur Sidi Sosso Diarra, pense-t-il un seul instant que le contrôle au Mali a commencé avec lui ?
Il n’est et ne sera ni le premier ni le dernier à exercer ces missions. Alors qu’il cesse de faire des vagues dans un verre d’eau.
Est-il alors besoin de rappeler à l’opinion publique, que des hommes aussi intègres que courageux, tels Soumana Sako et Issa Ndiagne notamment, ont à des moments critiques de l’histoire de notre peuple, assumé ces fonctions de flics anticriminalité à col blanc.
En avril 2011, quand il aura fini son mandat, le peuple malien qui sait que ce ne sera pas la fin du contrôle dans notre pays, lui rappellera que les arbres qui poussent dans la forêt font moins de bruit que ceux qui tombent.
Daniel Amagoin Tessougué
(Porte-parole du Collectif)

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DANIEL KELEMA, DIRECTEUR NATIONAL DE L’AGRICULTURE
« Les mesures prises pour la campagne font des effets »
Le Mali s’est fixé comme objectif de produire cette année plus de 7 millions de tonnes de céréales toutes spéculations confondues. Dans l’entretien ci-dessous, Daniel Kéléma, directeur national de l’agriculture évoque le déroulement de la campagne agricole et les mesures mises en œuvre pour atteindre les résultats escomptés.

 

Les Echos : Quelles dispositions avez-vous prises pour la réussite de la campagne agricole ?

 

Daniel Kéléma : Il y a eu l’adoption du plan de campagne agricole le 29 mars 2010 par le Conseil supérieur de l’agriculture présidé par le chef de l’Etat. Ce plan de campagne prévoit certaines actions pour la réussite de la campagne agricole. D’abord, concernant la mise en place des intrants, l’Etat a décidé d’accorder la subvention aux engrais pour le maïs, le riz, le coton et le blé. Aussi, la subvention est accordée aux semences de riz Nerica, de blé, certaines variétés de sorgho et le niébé à hauteur de 50 % pour chaque variété. En plus de cela, l’Etat a décidé de faciliter l’accessibilité aux équipements agricoles. Dans le souci de rapprocher l’encadrement des producteurs, des agents seront recrutés le 22 août pour renforcer l’appui conseil au niveau des producteurs.
Pour la pluviométrie, habituellement, le programme de pluies provoquées démarrait généralement vers la fin de la campagne pour prolonger le cycle de la pluie, mais cette année, on a commencé le plus tôt pour permettre la mise en place des cultures mais aussi pour prolonger le cycle de l’hivernage. Ce sont des mesures qui ont été envisagées par le gouvernement.

 

Les Echos : Est-ce que ces mesures sont en train de faire effet ?

 

D. K. : Les dispositions prises sont en train de faire effet parce que sans l’apport de l’engrais, il va de soi qu’on risque de ne pas atteindre la production de 7 417 000 tonnes de toutes céréales confondues que nous nous sommes fixées cette année. La subvention a déjà couvert plus de 50 % des besoins d’engrais pour la production céréalière cette année. Par rapport au coton aussi, sur la prévision de 360 000 hectares, on est déjà à 300 000 hectares. Cela montre qu’il y a une relance du système coton aussi. Les mesures préconisées par le gouvernement permettent aux producteurs d’aller vers l’atteinte des objectifs qu’on s’est assigné.

 

Les Echos : Quel est l’état phytosanitaire des cultures actuellement ?

 

D. K. : L’état phytosanitaire des cultures est bon dans l’ensemble. Au début, on a eu des soucis au niveau de Sikasso par rapport aux chenilles. A Ségou aussi, il y a eu des cas de chenilles, mais avec l’abondance des pluies et l’intervention menée par certains agents de l’Office de la protection des végétaux, on est arrivé à bout de ce fléau. Maintenant, le problème aviaire qui est récurrent que ce soit pendant le semi ou au moment des récoltes, des dispositions sont en cours au niveau du département pour apporter de réponse.

 

Les Echos : Cela veut que dire qu’il n’y a aucune menace de criquets et d’oiseaux granivores ?

 

D.K : Pour le moment rien n’a été signalé. Il y a quelque cas de sautériaux qui sont signalés par-ci par-là mais, ce n’est vraiment pas alarmant.

 

Les Echos : Que pensez-vous de la pluviométrie ?

 

D.K. : La pluviométrie est satisfaisante contrairement à ce qu’on avait cru au départ. La pluie est régulière au niveau de toutes les régions. Le rythme aussi est bon dans l’ensemble. Il y a des cas d’inondation par endroits, mais généralement, c’est au niveau du milieu urbain. Pour le moment, on n’a pas enregistré d’inondation très grave au niveau des parcelles.

 

Les Echos : Quels conseils avez-vous pour les producteurs ?

 

D.K. : Ce que j’ai à ajouter c’est qu’on demande aux producteurs de rester vigilants par rapport à la situation phytosanitaire. S’ils constatent quelque chose, il faudrait qu’ils nous informent à temps pour qu’on puisse apporter les solutions idoines. On demande aussi à l’encadrement d’être très vigilant pour donner l’appui conseil nécessaire aux producteurs pour qu’on puisse avoir une bonne campagne agricole
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

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SITUATION CLIMATOLOGIQUE
Hausse de pluies au Sahel
La carte des pluies estimées pour le mois de juillet 2010 montre une hausse dans la densité des précipitations sur les pays du Sahel et de l’Afrique centrale.
Comparées à la période de référence 1971-2000, les précipitations du mois de juillet montrent des déficits pluviométriques sur la côte de la Guinée Conakry, le nord du Liberia, le sud-ouest du Mali, le nord du Bénin, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo, le nord de l’Ethiopie et le Soudan. Par contre, des quantités excessives ont été enregistrées sur le Nord-est du Mali, le sud-ouest de l’Algérie, le centre du Tchad et la côte nord du Mozambique.
En tout état de cause, la prévision d’août-septembre-octobre 2010, élaborée en juillet 2010 par l’Acmad pour l’Afrique de l’ouest, le Tchad et le Cameroun, indique qu’il y a faible probabilité de déficit en pluies sur une grande région couvrant le Sahel, la partie nord des pays du golfe de Guinée et le Nord-est du Cameroun et une probabilité élevée de déficit sur les zones côtières des pays du golf de Guinée.
La grande région qui se subdivise en trois zones, I, II, et III présente des caractéristiques. Pour la zone III, la probabilité de précipitations normales est la plus élevée (0,50), bien que la probabilité de pluies supérieures à la normale soit également significative (0,35). Pour les zones I (le sud-ouest de la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et le nord de la Guinée Conakry) et II (le sud du Tchad), c’est le scénario des pluies normales qui domine (probabilité de 0,40). Pour la zone IV, la tendance normale prédomine (probabilité de 0,45), mais avec un risque de scénario déficitaire à noter (probabilité de 0,30). Pour la zone V, c’est le scénario des pluies normales qui a la plus forte probabilité (0,45), mais avec une tendance déficitaire non négligeable (0,35).
Il est à noter que la forte variabilité des précipitations dans la région peut engendrer des risques avec des effets néfastes tout au long de la saison, notamment sur les biens et les personnes (risques d’inondations), sur les végétaux (invasion de criquets pèlerins) et la santé publique (épidémies de malaria et autres maladies hydriques-choléra).
La température de surface de juillet 2010 comparée à la période de référence 1971-2000 accusait des anomalies positives. Sur l’ouest de la Mauritanie, le nord du Maroc, le Nord-ouest de l’Algérie, le nord de la Tunisie, l’Est de la Libye, le sud de l’Egypte, le Nord-est du Soudan, le centre de l’Afrique sud avec des noyaux de plus de 2 degrés localisés sur le sud de la Namibie, le sud-ouest du Botswana. Dans le même temps, des anomalies de température négative étaient observées sur le Nord-est de la Namibie.
En détail par région, l’on retiendra la poursuite de la hausse des quantités des précipitations au Sahel. Les quantités de précipitations indiquées peuvent aller de 10 mm à environ 100 mm. Cette situation se renforcera surtout dans sud et pourra atteindre des maxima variant de 300 mm à 500 mm surtout sur le sud du Mali, du Burkina Faso et du Tchad. Pendant qu’il y aura une baisse généralisée des précipitations sur le sud des zones cotonnières.
La prédominance d’une forte humidité et d’une forte instabilité conditionnelle concrétisées par le régime de l’indice thermique à 300 hPa maintiendra des fortes précipitations avec des probabilités d’inondations sur les pays de l’Ouest dans le Golfe de Guinée, le sud du Sahel, le nord des pays de l’Afrique centrale et la plupart du Nord des pays de la corne de l’Afrique.
Mohamed Daou

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Le panel de réflexion chez le PM
Le Premier ministre a mis en place le 15 juillet 2010 le panel chargé de la préparation du plan de développement de l’enseignement supérieur composé de huit professeurs maliens locaux et de la diaspora avec des profils divers.
Ces professeurs, tous avérés dans leurs disciplines respectives, ont désormais pour mission de mener des réflexions sur un plan d’action au terme duquel des reformes portants sur tous les aspects de l’enseignement supérieur vont être introduites.
A l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre, le mercredi dernier à la Primature, le coordonnateur du panel Pr. Karamoko Kané, accompagné des membres de son panel, a précisé que leur rôle est d’identifier et formuler un plan décennal de développement de l’enseignement supérieur, devant conduire l’université et les grandes écoles du Mali vers les standards internationaux.
Modibo Sidibé a, à l’ouverture de la rencontre, rappelé les préoccupations des plus hautes autorités. Selon lui, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique restent au centre des priorités de l’Etat. Il a reconnu la légitimité de l’impatience de certains dans la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur l’éducation. Et avec les partenaires sociaux, le chef du gouvernement a indiqué qu’il a toujours été question de privilégier le dialogue.
Cependant, il croit que certaines revendications des syndicats d’enseignants ne peuvent trouver leurs réponses dans « un simple accord ».
D’ores et déjà, le Premier ministre a salué les membres du panel qui sont entrain de faire l’état des lieux afin de savoir quelle orientation donner à notre enseignement supérieur. Ensuite ils entendent apporter dans les jours à venir des réformes sur la gouvernance de l’Université, l’offre de formation…
Amadou Waïgalo

 

 

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REMAO
Santé et cinquantenaire en mire
La IXe conférence scientifique du Réseau des étudiants en médecine de l’Afrique de l’Ouest (Rémao), a ouvert ses portes mardi 19 août 2010 au CICB, sous le signe du cinquantenaire.
Le Mali accueille du 17 au 24 août, les étudiants en médecine du Niger, Togo, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée Conakry, pour prendre part aux IXe assises du Rémao.
Pendant une semaine, ils vont échanger et partager leurs expériences autour d’un thème jugé d’actualité : « L’état de la couverture sanitaire après 50 ans d’indépendance des pays de l’Afrique de l’ouest ».
Le président du comité d’organisation de la conférence, Salif Yaranankoré a noté que le choix de ce thème n’est pas fortuit. Il coïncide avec la célébration du cinquantenaire de l’accession de nos Etats à la souveraineté nationale.
Les recommandations qui seront issues de la rencontre et qui refléteront, la vision des futurs cadres socio-sanitaires vont être exploitées au profit de l’amélioration du cadre de vie des populations des pays de l’Afrique de l’ouest, a-t-il dit.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique Mme Siby Ginette Bellegarde a parlé du caractère intégrateur du Rémao qui, à travers, ses initiatives fait, selon elle, la promotion de l’intégration sous-régionale par la promotion de la santé, ce qui contribue fortement à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
En effet, le caractère transfrontalier des maladies justifie l’existence du Rémao qui par des échanges d’informations et d’expériences pourront conjuguer leurs efforts pour bouter hors de leur espace les différentes pathologies dont le Sida, la tuberculose, et d’autres maladies tropicaux. En marge du thème central, les participants à la IXe conférence de Bamako vont mener des réflexions visant à atténuer ces fléaux.
Le Rémao a été créé en 1997, et regroupe tous les étudiants en médecine, pharmacie et odontostomatologie de l’Afrique de l’Ouest.
Amadou Waïgalo

 


Bellegarde, ou Maman Rémao
Les « Rémaoistes » ont salué l’ensemble des autorités de leurs pays respectifs pour l’appui qu’ils apportent à leur organisation.
A travers elles, ils ont nommé le ministre Mme Siby Ginette Bellegarde « Maman Rémao », en guise de remerciement pour l’accompagnement du département de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
A.W.

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CINQUANTENAIRE DU MALI
L’UM-RDA/Faso Jigui pour une Gauche unie
Les préparatifs pour la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Mali vont bon train et les initiatives pour donner un coup d’éclat à cette fête ne maquent pas dans les milieux politiques. Ainsi pour commémorer cette date du 22 septembre 2010, l’Union malienne Rassemblement démocratique africain/Faso Jigui (UM-RDA/Faso Jiui) a décidé d’organiser les 24, 25 et 26 septembre 2010, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) un colloque international sur le thème « Bamako 2010 Afrique-France-Europe, 50 ans après les indépendances, bilan et perspectives ». Ce colloque, selon le président de L’UM-RDA/Faso Jigui, Bocar Moussa Diarra, va rassembler 40 partis politiques venant d’une trentaine de pays africains.
Le colloque est organisé en partenariat avec le parti communiste français, une formation politique avec laquelle l’UM-RDA/Faso Jigui entretient de liens étroits bien avant l’indépendance. Le parti communiste français, avait affirmé Bocar Moussa Diarra, au cours d’une conférence de presse, consacrée à l’organisation de ce colloque, a été toujours un partenaire privilégié de l’US-RDA aujourd’hui appelée UM-RDA/Faso Jigui, après la fusion avec le Bloc démocratique pour l’intégration africaine (BDIA), le MJT, l’UDC, toutes des formations politiques qui se reconnaissent dans les valeurs et idéaux du père de l’indépendance, Modibo Kéita.
Au cours de ce colloque, les participants qui vont faire le bilan des relations franco-africaines et euro-africaines entendent, au terme de leurs travaux, rassembler la grande famille de la gauche progressiste avec des idées nouvelles capables d’influer sur le processus socio-économique en cours dans le monde caractérisé par la domination du capital et l’effritement des valeurs d’humanisme.
Denis Koné

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DOSSIER
SYNDICATS ET INDEPENDANCE DU MALI
Du corporatisme à la secte
En analysant l’évolution du syndicalisme, une seule question est aujourd’hui pertinente : A-t-on encore besoin de syndicats ?
Le mouvement syndical tel qu’on le connaît aujourd’hui est né aux Etats-Unis. Les ouvriers travaillaient dans des conditions atroces, sans congés, sans assurances, sans lois du travail, à la merci totale du patron. L’on raconte d’ailleurs que le terme populaire anglais pour désigner le travail, le « mot » serait en fait une abréviation de « Just obedience to the boss », traduction libre : « Tu n’as qu’à obéir au patron ! ». Alors, les ouvriers ont osé. Réunions secrètes, tracts, graffitis clandestins sur les murs des toilettes et révolte générale. Il y a eu des morts, des blessés, des embastillés à Chicago, dans l’Illinois. Mais au bout du compte, les travailleurs ont eu le droit de se regrouper, de se reposer un jour de la semaine, de ne travailler qu’au maximum 12 heures d’affilées, puis les congés payés, les assurances, les retraites. Tous ces acquis profitent aujourd’hui aux travailleurs.
Mais, il est bien fini le temps du militantisme, du combat, de recherche de bonheur et de meilleures conditions de vie.
Au Mali, nous pouvons considérer trois époques marquantes dans l’histoire du syndicalisme. Pendant la colonisation, au moment où la France vaincue, humiliée et bafouée, titubait face aux USA et à l’URSS, les syndicats du Soudan français, particulièrement ceux des employés de commerce, des auxiliaires civils de l’administration coloniale et des enseignants ont joué un rôle dans l’éveil des consciences, la sensibilisation et la marche vers l’indépendance.
Puis, de 1960 à 1991, nous avons assisté à une sorte de « jeu du chat et de la souris ». Le pouvoir politique qui usait de la carotte et du bâton, et les syndicats qui testaient régulièrement la résistance de son vis-à-vis. Il se passera des grèves sporadiques, des manifestations d’humeur, des récréations au cours desquelles certains meneurs seront arrêtés. Et toujours les enseignants du Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) qui n’ont jamais abandonné la partie et l’espoir de vaincre un jour la tyrannie et d’exercer ce droit reconnu dans le monde entier comme partie des droits de l’Homme, la liberté d’association qui régit le syndicalisme.
Notons d’ailleurs que l’UNTM de 1991 a joué un rôle important dans l’écroulement de la dictature parce que certains ténors avaient toujours gardé en eux la flamme du militantisme sans concessions.
Puis, à partir de 1992, commença la lente descente aux enfers. Comme cela s’est passé en France avec la CGT et la CFDT, en Allemagne avec IG Metal ou aux Etats-Unis des Teamsters avec l’énigmatique Jimmy Hoffa, le syndicalisme malien a entamé sa lente mais inexorable mue en groupuscules sectaires, en sectes d’affairistes, en spécialistes de la combine et des compromissions louches sur le dos de ceux qui doivent être défendus. La chute du nombre d’adhérents aux syndicats est proportionnelle au discrédit qui les frappe. Il y a très peu de jeunes et les syndicats sont devenus, presque partout dans le monde, une affaire de loosers : des employés incompétents, corrompus, indisciplinés etc. se réfugient derrière les « Unions sacrées des travailleurs » pour obtenir des faveurs indues, avancer en grade ou en hiérarchie, instaurer une atmosphère de terreur, de médisance ou de calomnies pour toujours préserver ses intérêts. Il y a maintenant des syndicats qui prennent le thé avec le patronat. C’est tout dire !
Ousmane Sow

EPILOGUE
La lutte des syndicats
Le syndicalisme, en tant que mouvement de revendication des travailleurs salariés, a vu le jour chez nous sous la colonisation. Mais du fait qu’il était dirigé contre les intérêts des colons, sa reconnaissance par l’administration coloniale prit du temps et ne fut réelle qu’à la fin du second conflit mondial.
Les droits et libertés reconnus aux Africains (colonisés) dans le cadre de la Constitution de 1946 permirent à ceux-ci de créer des syndicats dans les grands corps de métier : cheminots, enseignants, médecins, etc. Dès cette époque, à cause sans doute du contexte politique, le syndicalisme au Mali (alors Soudan français) eut des orientations politiques et ne quittera plus ce sillon jusqu’à l’indépendance en 1960. A cette date, le pluralisme syndical était déjà une réalité dans ce pays, mais l’option socialiste prise en 1960 ne permit plus de le garder alors que dans le passé, au niveau des revendications catégorielles, il avait fait ses preuves.
En conformité avec l’option socialiste choisie, le gouvernement opta pour l’unification des différentes branches syndicales et c’est ainsi que le 28 juillet 1963, à son congrès constitutif, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) comprenant 12 syndicats nationaux, vit le jour avec à sa tête Mamadou Famady Sissoko comme secrétaire général. La centrale syndicale ainsi créée décida d’accompagner le gouvernement par tous les moyens et c’est ce qui explique qu’en dépit des maigres salaires de la Fonction publique et des Sociétés et entreprises d’Etat durant tout le règne de l’US-RDA, elle sut maintenir les travailleurs mobilisés pour défendre la patrie et le régime ; En 8 ans (1960-1968) d’exercice du pouvoir politique, l’US-RDA ne connut ni grève, ni arrêts du travail ni marches dans les rues pour cause de revendications salariales ou autres.
Le coup d’Etat de novembre 1968 vint brusquement changer cette situation parce que dès le 27 novembre 1968, soit une semaine après le putsch, le CMLN fit dissoudre l’UNTM pour la remplacer 2 ans plus tard, le 10 juillet 1970 par le Comité de coordination des travailleurs maliens.
Par cet acte, le nouveau régime visait à se débarrasser d’un partenaire gênant et à le remplacer par une structure à ses bottes, de manière à bien tenir le monde du travail. Ces dispositions firent que la situation syndicale fut morose de 1970 à 1974 où du 1er au 4 avril 1974, dans la foulée de l’adoption de la Constitution et la mise en place de l’UDPM, le 3e congrès ordinaire de l’UNTM fut organisé qui fit élire Seydou Diallo comme secrétaire général.
Le nouveau syndicat ainsi créé apparaissait comme un appendice du parti unique constitutionnel (UDPM), tout comme l’UNJM et l’UNFM. Son efficacité dans le combat pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs était d’office nulle puisque n’étaient élus au secrétariat général que les hommes soumis aux militaires du CMLN. En conséquence de 1974 à 1985, l’UNTM se montra l’allié fidèle du régime et fit tout pour ne pas le contrarier au détriment des intérêts des travailleurs. Plus grave encore, à son 6e congrès ordinaire des 28 et 29 octobre, la centrale opta pour la participation responsable, autrement dit la collaboration avec le régime. En clair, elle abdiquait parce que tout dans la nature de l’UDPM indiquait que ce régime méprisait les travailleurs et qu’il n’avait aucune envie de leur faire des cadeaux. Mais les conditions de vie et de travail des masses ne faisaient qu’empirer si bien que des grèves éclatèrent dans l’enseignement, l’administration générale et même les entreprises. Les effets dévastateurs du Programme d’ajustement structurel (PAS) avaient alors atteint de plein fouet les travailleurs dont beaucoup étaient compressés pendant que d’autres, partis à la retraite volontaire, rasaient les murs.
Les années 1985-1988 sont caractérisées par un durcissement sans précédent du régime envers les travailleurs qui ne percevaient plus régulièrement leurs salaires et subissaient dans le même temps les effets de la vie chère. Face à la gravité de la situation, l’UNTM opta le 28 mai 1990 lors de sa session extraordinaire tenue à la Bourse du travail pour le multipartisme perçu alors comme la seule porte de sortie. Les dernières années du régime sont marquées par les grèves perlées et les marches des travailleurs mobilisés par l’UNTM et ces luttes menées conjointement avec le Mouvement démocratique et les scolaires regroupés au sein de l’AEEM, aboutirent à la chute du régime en mars 1991.
L’une des revendications essentielles des travailleurs était le pluralisme politique et syndical ; c’est pourquoi la conférence nationale (juillet-août 1991) s’empressa d’accorder ces deux options, si bien qu’aujourd’hui existent deux grandes centrales syndicales, l’UNTM et la CSTM.
Facoh Donki Diarra

UNTM
Pionnière de la lutte d’indépendance
L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a joué un grand rôle dans l’avènement de l’indépendance au Mali et dans la vie politique de la première République. Avant notre accession à la souveraineté nationale et internationale et bien avant le congrès constitutif de 1963 qui lui a donné le nom UNTM, la première centrale syndicale malienne a connu différentes appellations. Elle était connue sous le nom de l’Union régionale des travailleurs du Soudan (URTS) regroupant d’autres pays voisins. Elle sera appelée plus tard Union des travailleurs du Soudan (UTS) avec une assise nationaliste.
A l’origine, le combat politique mené par le père de la Nation, Modibo Kéita et son camarade politique Mamadou Konaté, était d’ordre syndical. Enseignants de profession, tous les deux ont fait leurs premières armes dans le syndicalisme face au colonisateur. Ils n’ont pas assumé de responsabilités syndicales, mais étaient des militants engagés à la base. Leurs démarches ont abouti à la création de l’Union soudanaise du rassemblement démocratique africain (l’US-RDA), ce grand parti politique sous-régional qui a conduit notre pays à l’indépendance en 1960.
L’UNTM, créée officiellement en 1963 avec comme premier secrétaire général Mamadou Famady Sissoko, était l’un des organes constitutifs du parti Etat, l’US-RDA. Syndicat unique, l’UNTM a vite épousé les idéaux du socialisme. Certains diront qu’elle a été une école du socialisme à l’égard de la ligne idéologique du parti.
L’UNTM, à l’époque, était considérée comme l’aile gauche de l’US-RDA, plus proche des idéaux de Modibo Kéita qui, à son tour, avait une préférence pour elle. Elle fera front contre l’aile droite, partisane d’une économie libérale et qui va mener des campagnes subversives contre le régime en place.
Restant sur sa position, l’UNTM, aidée par la jeunesse RDA (J US-RDA) va déclencher le 22 août 1967, des manifestations contre les fossoyeurs de l’économie. Les syndicalistes demandaient un assainissement des structures économiques de l’Etat et une épuration politique. Ces soulèvements ont eu comme conséquence la dissolution des municipalités dont la gestion était contestée. « L’opération taxi » et « l’opération villa » ont été déclenchées par le Conseil national des jeunes.
La centrale syndicale qui a pendant des années accompagné les premiers pas de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) sous la IIe République, s’est retrouvée du côté du Mouvement démocratique pour renverser le régime dictatorial du général Moussa Traoré en 1991. Bakary Karambé, son secrétaire général de l’époque, qui avait succédé à Seydou Diallo qui avait lui aussi pris le fauteuil de Mamadou Famady Sissoko, a tenu haut le flambeau de l’UNTM. Une fière chandelle a été dressée à Bakary Karambé par la centrale syndicale ghanéenne, qui l’a élevé en 1994 au rang de « l’Empereur du syndicalisme africain» .
Abdrahamane DickoBAKARY KARAMBE, ANCIEN SG DE L’UNTM
Un des pionniers de la lutte syndicale au Mali
On ne peut écrire l’histoire syndicale du Mali indépendant sans évoquer son nom qui a lui seul a fait trembler le pouvoir de GMT dans les années 90. Et c’est encore lui, avec d’autres camarades qui ont craché la vérité à Moussa Traoré pour l’ouverture démocratique. Lui, c’est Bakary Karambé, (paix à son âme) ancien secrétaire général de l’UNTM.
Les mémoires sont encore fraîches des actes héroïques qu’il a posés. On se rappelle, qu’à l’issue du conseil extraordinaire les 28 et 29 mai 1990 à la Bourse du travail, la Centrale syndicale, sous la direction de M. Karambé, a demandé la révision générale de la Constitution et la « déconstitutionnalisation » du parti unique : Union démocratique du peuple malien (UDPM). Malgré les menaces et autres intimidations du régime militaire de l’époque, le vieux Dogon Bakary Karambé a résisté. L’UNTM a demandé l’ouverture démocratique. Ce qui fera dire aux observateurs que le rôle de l’UNTM et de son secrétaire général a été déterminant dans le bouleversement politique de mars 1991.
Né vers 1925, Bakary Karambé est décédé en 2004 après avoir consacré des décennies de sa vie à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Selon certains anciens camarades de lutte, M. Karambé a tout donné à l’UNTM. 4e secrétaire général de la Centrale syndicale pendant plus de 20 ans.
Rien ne le prédestinait a priori aux fonctions de syndicaliste rompu à la tâche. Agent des postes, télégraphiques et télécommunications (PTT), la vie professionnelle de Karambé n’a pas été du tout repos. « Il s’est donné corps et âme à son travail » témoignent certains de ses anciens collaborateurs.
Pièce maîtresse du changement
Selon d’autres « L’UNTM, la Centrale syndicale qu’il a eue l’honneur de diriger jusqu’aux événements de mars 1991 était proche de l’ancien régime de l’UDPM siégeait de droit au BEC. Mais malgré tout, sous sa direction, l’Union n’a jamais vendu son âme au diable ». La résolution prise au cours de son conseil central de mai 1990 en faveur de l’ouverture démocratique a été déterminante dans la suite du combat mené par le Mouvement démocratique auquel l’UNTM de Bakary Karambé s’est ralliée.
D’ailleurs c’est à ce titre que le secrétaire général de l’UNTM était aux côtés de Me Drissa Traoré du Barreau, Me Demba Diallo de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), pour remettre la fameuse lettre du Mouvement démocratique qui demandait au général Moussa Traoré de démissionner suite au massacre du vendredi 22 mars 1991 communément appelé vendredi noir.
Au lendemain du coup d’Etat, c'est-à-dire le 26 mars à 2 heures du matin, il a été parmi l’un des premiers responsables informés par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré qui venait de prendre le pouvoir à la tête d’une junte militaire. « Déjà à 2h 30, lui et Me Demba étaient dans le bureau d’ATT. Ce dernier leur a demandé d’user de toute leur influence pour que l’ordre revienne dans le pays ».
Il a été le vice-président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), c’est-à-dire n°2 de l’Etat malien du 31 mars 1991 au 8 juin 1992.
Eu égard aux nombreux services rendus au syndicalisme malien et africain et à son combat en faveur du mieux être des travailleurs, le 4e secrétaire général de l’UNTM a été élevé à la dignité « d’Empereur du syndicalisme africain » par ses pairs à Accra au Ghana en 1994. Incontestablement, Bakary (paix à son âme) fait partie des hommes du cinquantenaire.
Amadou Sidibé

PLURALISME SYNDICALISME
L’UNTM n’a pas échappé au vent du pluralisme
« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! ». Cet appel du philosophe allemand, grand défenseur de la cause de la classe ouvrière, Karl Marx dans son « Capital », n’a pas été entendu par l’UNTM qui ne parviendra pas à surmonter ses contradictions internes et donnera naissance à la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM).
Les événements survenus au Mali en mars 1991 et qui ont été marqués par le renversement du régime militaire de Moussa Traoré vont ouvrir un nouveau chapitre dans la vie des groupements socio-professionnels. Le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, actuel chef de l’Etat, décide d’instaurer dans le pays, le multipartisme intégral tant réclamé par le peuple sous le régime de Moussa Traoré.
En même temps, il jette les bases d’un Etat de droit. C’est dans ce contexte nouveau que l’Union nationale des travailleurs du Mali, créée en 1963, et unie jusque-là, va devoir faire face au pluralisme syndical. La gestion d’une somme allouée par les autorités pour la création d’une centrale d’achat sera la pomme de discorde entre les membres du bureau. Le conflit se propage au sein du syndicat et l’atmosphère devient délétère.
Face à cette situation, l’UNTM décide de la convocation d’un congrès extraordinaire pour mettre l’accent sur la nécessité de l’unité syndicale dans un environnement de plus en plus compétitif. Après le 8è congrès tenu en décembre 1992, une grave crise de leadership traverse la centrale syndicale. Elle provoque la suspension du secrétaire général Issa dit Issé Doucouré et de son adjoint d’alors Hamadoun Amion Guindo.
Des bureaux exécutifs
Le congrès ne parviendra pas à résoudre le contentieux qui va même s’aggraver avec la naissance de deux bureaux exécutifs parallèles. La médiation de l’Association malienne pour la défense des droits de l’Homme (AMDH) conduira à la convocation d’un congrès extraordinaire du 21 au 24 août 1997. Ce congrès mettra en place un bureau exécutif avec Siaka Diakité comme secrétaire général. Cette fois-ci, la rupture est consommée. Des syndicats nationaux acquis à la cause d’Amadoun Amion Guido se retirent de l’UNTM pour créer la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) avec à sa tête Hamadoun Amion Guindo.
L’UNTM ne sera pas le seul syndicat à connaître la scission. La contagion va gagner les syndicats nationaux affiliés à l’UNTM. Ainsi, la Fédération nationale de l’éducation (FEN) se détache du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec). D’autres divisions similaires se produiront dans les différents ordres d’enseignement, dans le secteur de la magistrature, de la Santé…
Le virus de la division gagne même les comités syndicaux d’entreprise et les corps de métier. « Mais malgré ces divisions, les travailleurs ont toujours su défendre leurs droits et leurs intérêts », affirme-t-on à l’UNTM. Pour ce responsable du bureau de l’UNTM, le pluralisme syndical a certes fragilisé la lutte syndicale, car il manque souvent d’unité des syndicats dans l’action, reconnaît-il, mais ce pluralisme syndical n’a pas « tué les syndicats, bien au contraire. Ils sont devenus nombreux, mais le risque est de voir souvent des grèves perlées, toutes choses qui peuvent mettre une nation en péril », ajoute notre interlocuteur. Pour lui, l’essentiel est que les syndicats soient toujours en première ligne dans les luttes sociales pour défendre les intérêts des travailleurs.
Denis Koné

L’UNTM, UN BAROMETTRE DE L’INDEPENDANCE
Naissance et mutations d’un espoir
L'UNTM, engagée dans la lutte pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, a été l'un des acteurs clé du soulèvement populaire qui a entraîné l'avènement de la démocratie au Mali.
L’Union nationale des travailleurs du Mali est l’héritière d’une longue tradition de combats, de sacrifices individuels et collectifs et souvent de douloureuses déchirures. Son histoire se confond avec celle de la lutte de notre peuple pour sa liberté et son épanouissement.
Selon des archives de la Centrale syndicale, l’origine des luttes syndicales dans notre pays remonte à la fin de la conquête coloniale de l’ex-Soudan français. C’est à l’accession de notre pays à l’indépendance en 1960, que l’UNTM verra le jour et va jouer un grand rôle dans le retour à une vie constitutionnelle en 1974 et la reprise des activités politiques quatre ans plus tard. Il interviendra de façon décisive dans le règlement du conflit qui opposera le mouvement estudiantin et le pouvoir en 1980. L’élaboration des statuts de la coopération nationale, celle des textes relatifs à l’institution de l’autogestion au niveau des unités de production sont l’œuvre de la centrale syndicale.
Tout comme la révision du statut général des fonctionnaires, instituée par l’ordonnance N°77-71-CMLN du 26/12/77, la suppression de la limite d’âge dans les concours professionnels ainsi que les différentes intégrations dans les différents corps de l’administration. À cela s’ajoutent les divers avantages accordés aux travailleurs, l’institution de la journée continue.
La centrale syndicale a aussi initié le principe de « la participation responsable » qui va donner plus de responsabilité dans le processus de développement économique. L’UNTM participe ainsi à la commission spéciale désignée par le congrès extraordinaire de mars 1987 de l’Union démocratique du peuple malien, pour mettre en place toutes les instances du parti et engager la moralisation de la vie publique avant un congrès ordinaire. Mais avec une scène politique nationale en pleine mutation, diverses associations furent créées et appuyées par le mouvement estudiantin, réclamant l’instauration du multipartisme. Ainsi lors de son 27e congrès ordinaire en mars 1989, l’UNTM adresse un appel au gouvernement pour la déconstitutionnalisation du parti unique et l’ouverture démocratique. Le régime fait fi de cette injonction alors que la contestation populaire monte en puissance.
Leçons de l’intransigeance
L’UNTM, tirant les leçons de l’intransigeance du pouvoir, convoque un conseil central extraordinaire à la Bourse du travail les 28 et 29 mai 1990. La centrale va prendre sous la direction de son secrétaire général Bakary Karambé (paix à son âme), la direction de l’Etat major insurrectionnel. Celui-ci était composé du Comité national d’initiative démocratique (Cnid), de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), de la Jeunesse libre et démocratique (JLD), de l’Association des demandeurs et initiateurs d’emploi (Adide), de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), de l’Association des jeunes pour le développement et le progrès (AJDP).
L’UNTM fut nommée vice-présidente du Comité de transition pour le salut du peuple, (CTSP) mis en place après le renversement de Moussa Traoré le 26 mars 1991. Le CTSP instaure le multipartisme intégral et jette les bases institutionnelles d’un Etat de droit. Au bout de quatorze mois de transition, les premières élections libres et démocratiques consacrent la victoire d’Alpha Oumar Konaré et le début de la IIIe République. L’UNTM va, dans ce contexte nouveau, devoir face à l’émergence d’un multipartisme syndical. Face à cette situation, elle convoque un congrès extraordinaire pour mettre l’accent sur la nécessité de l’unité syndicale dans un univers de plus en plus compétitif.
Après son 8e congrès tenu en décembre 1992, une grave crise de leadership traverse la centrale syndicale entraînant la suspension du secrétaire général Issa dit Issé Doucouré et de son adjoint Hamadoun Amion Guindo. Le congrès n’a pu résoudre le conflit. Celui-ci s’est même aggravé avec la naissance de deux bureaux exécutifs parallèles. La médiation de l’AMDH conduira à la convocation d’un congrès (21 au 24 août 1997) qui mettra en place un bureau exécutif avec Siaka Diakité comme secrétaire général. Cette fois la cassure est consommée. Des syndicats nationaux abandonnent le navire UNTM pour créer la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) avec à sa tête Hamadoun Amion Guindo. La contagion gagne les syndicats nationaux affiliés à l’UNTM. La Fédération nationale de l’éducation (Fen) se détache ainsi du Snec. Mais cette extraordinaire mutation n’empêche pas la centrale syndicale de demeurer au cœur des luttes sociales et de défendre les intérêts des travailleurs.
Anne-Marie Kéita

LES SYNDICATS DE 1960 A AUJOURD’HUI
Des Bamakois se prononcent
Dans le micro trottoir ci-dessous, des citoyens expliquent que le syndicat avait plus de puissance aux premières heures de l’indépendance qu’aujourd’hui.

Souleymane Mariko (employé de commerce à la retraite) :
« J’ai commencé à travailler en 1962. À l’époque le syndicat était très puissant. Sa force était basée sur l’union. Il n’y avait que l’UNTM qui était bien implantée dans le pays ».
Oumar Traoré (ancien syndicaliste) :
« L’UNTM était le seul syndicat de l’indépendance à 1968. Elle était bien organisée parce que c’était la classe ouvrière. Maintenant, il y a plusieurs syndicats qui sont divisés ».

Mme Goïta Alima Coulibaly (fonctionnaire à la retraite) :
« Avant le coup d’Etat, le syndicat était organisé. Les syndicalistes ne se trahissaient jamais. Le syndicat était caractérisé par l’union, la cohésion, la résistance, ce qui faisait sa force. Je ne suis pas contre la multiplication des syndicats aujourd’hui, mais ils feront mieux d’unir leurs forces afin d’obtenir leur objectif »

Adama Cissé (infirmier) :
« Il n’y a plus de sérieux dans les luttes syndicales. L’argent a tout ramolli. Les leaders prennent de l’argent en pleine lutte et renoncent au combat. C’est pourquoi les syndicats ne sont plus respectés »
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia


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