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2010

Mois d'août

Les Echos du 16 août

 

IL FAUT LE DIRE
Doutes
Annoncées presque sur le ton de la menace, les mesures draconiennes comme l’interdiction du téléphone portable au volant, l’immatriculation des motos, le port du casque et le permis de conduire pour motocyclistes…, censées apporter plus de sécurité en circulation, sont comme par enchantement tombées dans les oubliettes.
Aujourd’hui, il est loisible de voir encore des automobilistes téléphoner sans tenir compte de la sécurité des autres au nez et à la barbe d’agents de la circulation. Mille motos sans plaque passent comme lettre à la poste. La ceinture de sécurité et le contrôle technique ? Des habitudes de "gawa" constipé waye ! Résultat : des Maliens meurent comme des mouches à longueur… de trajet.
Vous avez peut-être entendu parler des drames qui ont fait plus de 20 morts aux environs de Baguinéda et de l’échangeur du Quartier-Mali un certain dimanche 25 juillet 2010 ? L’émotion passée, eh bien c’est le silence radio sur cette tuerie. Les Bambaras le disent souvent : seul le défunt est perdant, car c’est lui qui est privé de la vie !
Maintes fois reporté, il est probable que le contrôle vrai ait déjà reçu un bel enterrement, les autorités chargées de l’appliquer étant présentement occupées à fouetter d’autres chats.
Le ministre de l’Equipement et des Transports et le directeur national des transports, théoriciens de la sécurité routière, devenus têtes de proue du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), sont à présent plus occupés à trouver des militants qu’à assumer la responsabilité de mesures qui les en priveraient à coup sûr.
Du coup, c’est la mise en veilleuse d’un engagement qu’ils qualifiaient pourtant de "mesure de salubrité publique". En réalité, dans ce pays, on continue de se jouer des citoyens, qu’on prend pour des pintades sauvages.
Dans cette affaire, je suis de ceux qui ont senti le coup fourré, les relents du gain facile. Pour l’avoir soutenu, je me suis fait réprimander. Malheureusement, je dois à l’honnêteté de reconnaître que j’ai toujours raison parce que tout le chamboulement annoncé a néanmoins fait le bonheur d’une minorité d’opérateurs économiques alors que les accidents vont crescendo.
Je doute de la portée réelle de ces décisions parce que l’essentiel de ce que constitue mon épanouissement physique et moral est rarement assuré. Alors que mes droits constitutionnels en matière d’éducation, de santé, d’alimentation, etc. sont bafoués, l’on me demande de porter un casque qui me sauve d’un traumatisme crânien. Mais enfin à quoi cela sert-il d’avoir une tête assurée et le ventre vide ? Allons donc !
A supposer que contrôle il y aura, qui arrêtera, nom de Dieu, un véhicule aux vitres teintées appartenant à un "haut d’en-haut" ? Et pourtant des citoyens ordinaires seront verbalisés. Qui va coller une contravention à un porteur d’uniforme pour défaut de casque ? Or, les usagers sans carnet d’adresses boiront la tasse. Il faudra, on le voit, préalablement rétablir l’équité, ce qui n’est pas une mince affaire dans un pays devenu le terrain de prédilection du népotisme et du favoritisme…
Bref, ce ne sont là que des élucubrations d’un mec journaleux cinglé, car il y aura "foyi".
A. M. T.

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OUSMANE SY, SECRETAIRE POLITIQUE DE L’ADEMA/PASJ
" Le PDES est un manque de reconnaissance a l’ADP"
Pour Ousmane Sy, le secrétaire politique de l’Adéma/PASJ, ceux qui ont laissé faire ou inspiré la création du Parti pour le développement économique et la solidarité (ex-Mouvement citoyen qui se réclame du président ATT) ont payé en monnaie de singe les partis membres de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, regroupement qui a soutenu la réélection du chef de l’Etat). Tout en fustigeant la création de partis politiques à tous vents à la mode aujourd’hui, M. Sy parle aussi de la candidature de l’Adéma à la présidentielle de 2012 et de l’ambiance au sein de la Ruche, du Nord et du blanchiment d’argent, de l’école… Sans détour.
Les Echos : Les amis d’ATT viennent de lancer le PDES parti. Comment vous avez accueilli cela à l’Adéma ?

 

Ousmane Sy : Pour le moment, nous n’avons pas eu d’échanges approfondis sur la naissance du PDES au sein de notre parti. La direction du parti n’a pas encore fait une analyse d’ensemble à ce sujet. Ce que je vous dis est vraiment ma pensée personnelle : si je vous dis que je me réjouis de la création de ce parti, je vous aurai menti.
J’ai trois fortes interrogations pour lesquelles je n’ai pas encore de réponses. La première interrogation n’est pas liée à la seule naissance du PDES. En tant que démocrate, chaque fois que j’entends parler de création d’un nouveau parti politique, j’éprouve une espèce de gêne parce que le multipartisme intégral pour lequel nous avons opté à la Conférence nationale est en train de devenir un problème pour notre démocratie.
Quand j’étais le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, chaque fois que je recevais un dossier de création d’un nouveau parti, je me demandais si nous ne sommes pas en train de créer les conditions de l’échec du pluralisme politique. Dans un pays comme le Mali, plus d’une centaine de partis est signe de crise et non de vitalité. J’aurai préféré la démarche inverse de rapprochement des partis ou même de fusion.
Tous les promoteurs de partis nouveaux qui prétendent faire la politique autrement ont été vite rattrapés par les travers qu’ils condamnent. A mon avis, ceux qui veulent changer les mauvaises pratiques politiques en cours doivent plutôt se retrouver dans les partis qui existent pour les changer. Mais, dans notre pays, la pratique courante est que chacun préfère être dans sa petite "chapelle" plutôt que d’être avec les autres dans une grande "chapelle".
Deuxièmement, la création du PDES me laisse un sentiment de manque de reconnaissance vis-à-vis des partis de l’ADP qui soutiennent avec constance et fidélité le président ATT. Il met ainsi ses lieutenants et ses hommes de troupe en ordre de bataille. Même si je n’ai jamais été d’accord avec le soutien sans condition de mon parti au président actuel, avec beaucoup de naïveté, je m’attendais qu’il confortât au moment de son retrait les partis politiques qui l’ont accompagné. Quel est le projet qui est derrière la création de ce parti ? Je n’en sais rien pour le moment. Dans tous les cas, on finira par le savoir.
Troisièmement, le PDES (programme) est avant tout une œuvre et la réalisation d’un collectif composé de tous ceux qui ont accompagné le président Amadou Toumani Touré. Je trouve inconcevable, comme l’a dit le député Assarid Ag Imbarcawane, qu’un parti, nouveau venu de surcroît, veuille s’approprier seul au final ce programme et un bilan collectif. Mais en tant que politique, j’attends de voir la suite. A l’Adéma/PASJ, nous allons continuer à observer et à analyser, car, pour le moment, nous n’avons vu que la tête de ce parti. Nous attendons le corps et nous aviserons. Pour l’heure, nous nous occupons du renforcement de notre parti.

 

Les Echos : Est-ce que ce parti ne risque pas de créer une hémorragie au sein de votre parti ?

 

O. S. : C’est possible parce que ce parti ira bien chercher ses militants et ses cadres quelque part. Ils ont déjà annoncé la couleur avec le Cnid. Ils essayeront donc de puiser dans les partis qui existent, mais nous nous battrons pour que nos militants restent ancrés dans leur parti. Maintenant, ceux qui espèrent trouver leur bonheur dans un autre parti, nous ne pourrons pas les empêcher de partir.
L’Adéma/PASJ, au regard de son histoire, a résisté à beaucoup de départs. Je me souviens encore quand certains camarades partaient au Miria, ils étaient convaincus que l’Adéma était finie ; la plupart sont revenus. Quand nos camarades du RPM partaient, ils étaient convaincus aussi que l’Adéma connaîtrait le naufrage. Enfin quand les camarades de l’URD partaient, ils étaient eux aussi convaincus que l’Adéma/PASJ était définitivement enterrée, mais nous sommes toujours là et malgré tout premier parti du pays. Ce parcours nous donne une grande confiance.
Notre parti n’est pas un parti conjoncturel, il n’a pas été construit sur l’émotion. Il est le fruit d’un processus politique long et continu. Nous allons résister et nous battre pour sortir de nos problèmes et re-mériter la confiance de la majorité des populations du pays.

 

Les Echos : Pourtant, il se dit que le candidat de l’Adéma en 2012 sera celui du PDES ?

 

O. S. : Nous ne pouvons pas empêcher les gens de dire ce qu’ils pensent, mais je vois difficilement notre candidat être celui du PDES. A moins que le PDES ne décide de soutenir notre candidat, car en politique, même dans les cas les plus difficiles, si les gens se parlent, tout devient possible. Pour le moment, la réponse à votre question est venue depuis plus d’un an d’une voix plus autorisée que la mienne. Le président Dioncounda Traoré n’arrête pas de dire partout que notre parti aura en 2012 son candidat et que ce dernier sera issu de nos rangs. Cette parole n’est pas la parole de notre président seul, c’est la parole de toutes nos instances et c’est l’attente des militantes et des militants.
Les Echos : On ne vous a pas beaucoup entendu malgré les grèves des enseignants qui n’en finissent pas. Quelle est la position de l’Adéma sur l’école ?

 

O. S. : L’école est une question sur laquelle nous réfléchissons beaucoup, car, malgré tout, nous sommes associés à la gestion actuelle, donc la gestion de l’école nous interpelle. Je ne suis pas spécialiste de l’école, mais je suis persuadé que l’école malienne se trouve aujourd’hui dans une situation très délicate. Il faut que l’Etat et l’ensemble de la population malienne fassent de l’école la priorité absolue.
Je crois que le niveau national avec les moyens que nous avons, doit mettre la priorité sur l’éducation de base et l’enseignement normal, technique et professionnel. En ce qui concerne l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, je les mettrais au niveau inter-pays dans le cadre de la politique d’intégration régionale. Aucun de nos pays, individuellement pris, ne peut tenir la compétition mondiale dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Ce ne sont pas nos petites universités nationales handicapées en terme de professeurs, de laboratoires et de matériels pédagogiques, etc. qui peuvent contribuer aujourd’hui à former l’élite dont notre pays à besoin. Je suis persuadé que si l’intégration sous-régionale africaine a un sens, il faut faire comme avant les indépendances où il y avait de grands pôles universitaires en Afrique de l’Ouest.
Dakar était le pôle universitaire pour l’Afrique francophone en Afrique de l’Ouest. Le Ghana et le Nigeria abritaient les pôles universitaires anglophones. Si nos pays mettent leurs moyens ensemble, nous pouvons former des enseignants qui vont former des chercheurs qui peuvent donner un sens à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique dans nos pays.

 

Les Echos : C’est une crise qui a commencé sous l’Adéma et que vous n’avez pas pu sublimer en son temps. N’est-ce pas ?

 

O. S. : Je ne pense pas que la crise du système éducatif ait commencé sous l’Adéma. Je fais une analyse différente. Quand j’observe l’évolution de la situation de l’école malienne, je situerai le début de la crise après le coup d’Etat de 1968 quand le CMLN a pris le pouvoir. Quand les militaires sont arrivés, la seule couche de la société malienne qui a commencé à leur résister est le milieu scolaire, les étudiants et les syndicats d’enseignants.
Ils se sont attaqués sévèrement à tout ce qui symbolisait le savoir et la connaissance. C’est à ce moment-là que l’école a commencé à connaître ses premières graves crises. Cette période est symbolisée par une répression féroce qui s’est abattue sur le milieu enseignant et scolaire. Les martyrs de Bernard Sissoko, Kary Dembélé et Abdoul Karim Camara dit Cabral sont les tristes témoignages de cette époque.
Plus tard, en voulant réduire les dépenses là où il y a le plus de monde, ce sont les secteurs de la santé et de l’éducation qui ont été les cibles des programmes d’ajustement structurel. Les programmes de départ volontaire des années 1980 ont contribué à vider l’école malienne de ses enseignants.
Il faut aussi reconnaître qu’au sortir des événements du 26 mars 1991, le Mouvement démocratique n’a pas été très clairvoyant. Toutes les organisations démocratiques qui le composaient n’ont pas eu le courage de dire aux scolaires et aux étudiants de l’AEEM qu’ils n’ont pas à s’impliquer dans la gestion du pouvoir d’Etat. Ce n’était pas leur rôle et leur place.
Malheureusement, par manque de courage ou par calcul politicien, les élèves et les étudiants ont été mêlés à la gestion du pouvoir et nous n’en sommes pas encore sortis. L’ensemble des composantes de la société malienne devrait faire de la question de l’école une préoccupation majeure et urgente à résoudre.

 

Les Echos : Quelle peut être votre réaction au dernier raid franco-mauritanien au nord du Mali ?

 

O. S. : Une révolte, parce que l’intégrité de notre territoire nationale n’a pas été respectée. Je ne peux pas admettre que des pays étrangers quels qu’ils soient violent notre territoire. Je pense que leur intervention aurait pu se faire dans le cadre d’un partenariat régional que le président de la République réclame depuis plusieurs mois. Donc, je réaffirme que je condamne cette intervention et mon parti aussi.

 

Les Echos : Le fait que notre Nord soit devenu un no man’s land ne nous met-il pas en danger ?

 

O. S. : Evidemment, j’ai l’habitude de le dire et je le répète encore : le Nord est une "des parties sensibles" de notre pays et toute fragilisation du Nord fragilise tout le pays. Nous sommes un pays de transition entre l’Afrique noire et l’Afrique blanche. En d’autres termes, tout ce qui se passe au nord de notre pays mérite une attention particulière. Il s’agit de trouver la réponse à la question suivante : comment mettre en place un système de gestion qui respecte les spécificités humaines et géographiques de cette partie de notre pays et de notre nation ?
Je pense aussi que nous devons sortir de la gestion exclusivement sécuritaire et bureaucratique de la crise du Nord-Mali. Les forces armées et de sécurité ont certes un rôle majeur à jouer, mais les partis politiques et les organisations de la société civile ont aussi leur rôle à jouer.
La solution à ce problème viendra aussi de notre capacité d’organiser une concertation nationale pour que toutes des populations maliennes du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest parlent et discutent de ce problème et proposent des solutions pour que l’on trouve une réponse adaptée. La démarche exclusivement militaro-sécuritaire paraît insuffisante et même sans issue à terme.

 

Les Echos : L’autre phénomène qui découle de cette insécurité, c’est tout le blanchissement qu’il y a. Est-ce qu’à terme ça ne nous menace pas ?

 

O. S. : Certainement, le grand danger est que le Nord devient aujourd’hui une voie de passage de la drogue qui vient s’ajouter à tous les trafics antérieurs. Ce trafic apporte une masse énorme d’argent qui ne créé pas de la valeur ajoutée nationale dans l’économie et cela peut avoir une conséquence désastreuse sur notre système économique.
Le blanchiment tue l’économie. Aujourd’hui, il n’est caché à personne que l’argent de la drogue est dans l’administration publique et dans les institutions, dans les partis politiques, dans les forces armées et de sécurité et dans le circuit économique. Il suffit de comprendre que nous sommes en plein dans le blanchissement d’argent pour percevoir les dangers qui guettent notre pays. Cela a donné une image exécrable à notre pays et expose les institutions de la République qui peuvent être prises en otage comme dans des pays qui ne sont pas loin de nous.

 

Les Echos : Les dernières élections à l’Association des municipalités ont révélé des problèmes au sein de l’Adéma. Comment tout cela a pu se passer ?

 

O. S. : Je croyais que vous alliez dire que l’Adéma est en train de guérir de ses problèmes… Vous savez que notre parti a été beaucoup secoué depuis 2002. Comme toute organisation, il a connu des moments de santé et des moments de maladie. Nous avons vécu des crises profondes que nous sommes en train de surmonter progressivement. Aujourd’hui, la cohésion reste une question à laquelle nous accordons une grande importance au sein du parti.
Le problème de l’AMM doit être mis dans le cadre des derniers soubresauts des difficultés que nous avons connues par le passé. Il est un peu le reflet des difficultés liées à la cohésion et à la discipline. L’AMM est certes une organisation de la société civile, mais les élus qui l’animent sont avant tout et en majorité issus des partis politiques et sont donc des militants des partis. Que l’on ne vienne pas nous dire que les partis n’ont pas à se mêler du congrès de l’AMM. C’est mal connaître ou feindre de mal connaître l’objet même de cette organisation.
Quand le problème de candidature au poste de président de l’AMM s’est posé, trois de nos camarades et non moins membres de la direction nationale du parti se sont portés candidats. Le parti ne pouvait pas accepter que trois de ses cadres et de surcroît des responsables nationaux s’affrontent dans une élection hors du parti. Le vœu de la direction était alors que tout le parti s’engage derrière un candidat qui sera notre porte flambeau. Malheureusement, quand le parti, dans sa majorité, s’est mobilisé derrière un candidat en la personne de Boubacar Bah dit Bill, les deux autres camarades se sont opposés à ce choix qui est celui du parti en entier et pas seulement celui du président Dioncounda Traoré. Ce choix a été approuvé par le comité exécutif et la conférence nationale du parti.
Or, les textes de notre parti disent que quand un militant ou un cadre du parti se présente ou soutient à une élection un candidat contre celui qui est investi par le parti, il est exclu d’office. Les textes ont donc été appliqués après que le comité exécutif ait fait le constat de la violation des textes.
Maintenant, je crois que ce sont des questions humaines. Le jour où ces camarades présenteront des excuses et reconnaîtront leur faute, ils pourront rejoindre le parti. Mais souvent pour un parti comme le notre ce geste politique de respect des textes est important. Au moins, les gens diront qu’à l’Adéma on a commencé à faire respecter les textes.

 

Les Echos : A ce jour, on ne connaît pas le candidat de l’Adéma pour 2012. Est-ce que vous attendez des instructions de Koulouba ?

 

O. S. : Koulouba n’est pas le siège de l’Adéma, Koulouba n’est pas la direction de l’Adéma, nous accompagnons juste le président de la République parce que nous sommes des républicains et avons souci de la stabilité de notre pays qui reste fragile. Je crois que la question du candidat de l’Adéma en 2012 se discute et se décidera dans les instances et au niveau de la direction du parti et nos textes sont clairs à ce sujet. En ma qualité de secrétaire politique, je me battrai de toutes mes forces pour que nos textes soient respectés en la matière.
Notre parti n’a pas de candidat naturel et n’acceptera même pas le principe de candidat naturel, c’est notre spécificité et nous en sommes fiers. Tout cadre du parti qui estime qu’il peut valablement accomplir cette mission dans l’intérêt du pays, a le droit de déclarer sa candidature. Nous avons tenté dans le passé l’expérience des primaires jusqu’à la base du parti malheureusement ça nous a coûté ce que ça coûté.
Avec les enseignements tirés de cette expérience, c’est la direction du parti qui se réunira pour choisir le candidat à proposer à la conférence nationale qui l’investira. Nous veillerons, une fois le choix fait, que le parti se mobilise derrière ce candidat comme un seul homme.

 

Les Echos : Donc, il n’y aura pas de primaire…

 

O. S. : Il n’y aura pas de primaire jusqu’à la base comme cela a été le cas en 2002. Avec nos textes actuels, quand les candidatures vont s’exprimer, c’est la direction du parti qui examinera et proposera un candidat à la conférence nationale. Enfin, il est reconnu dans toutes les composantes du parti qu’en 2012, notre parti aura un candidat issu de ses rangs. Donc, je ne vois pas Koulouba dans ce dispositif.
Propos recueillis par
Alexis Kalambry

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GESTION DE LA CCIM
Plus d’un milliard de F CFA carotté par Bittar
Le rapport 2009 du Végal note un manque d’orthodoxie et la gabegie financière à la Chambre de commerce et d’industrie (CCIM). Il y a eu 1,35 milliard de F CFA englouti dans la fraude.
Le contrôle diligenté par le Bureau du Vérificateur général découle d’une saisine. Elle porte sur les opérations de recettes de 2007, 2008 et 2009.
Les vérificateurs ont relevé des manquements graves de gestion. Il est par exemple fait une distorsion à l’arrêté n°005/053/MEF-SG, qui fixe la nomenclature budgétaire et comptable des établissements publics. Au regard de ce dispositif, l’un des faits constatés est que la CCIM change de règle de comptabilité d’année en année. Elle ne dispose pas de manuel de procédures administratives, comptables et financières. Les employés ne sont pas informés des tâches qui leur sont dévolues et ne contribuent pas efficacement à la maîtrise des activités.
Les vérificateurs ont constaté que la CCIM a payé des immeubles sans titre de propriété établi en son nom et sans pièces justificatives. Le montant est estimé à un total de 292,44 millions de F CFA. La représentation nationale des commerçants du Mali a versé 277,44 millions de F CFA pour acquérir un immeuble qui sert de siège à sa délégation régionale de Kidal.
Selon les documents disponibles, l'immeuble bâti n'a aucun acte de vente et le titre de propriété est demeuré au nom du vendeur, qui n'est autre que le président de la délégation régionale, Abdoul Salam. Le montant total a été payé et comptabilisé en charges au lieu d’être porté en immobilisations.
Pis, il n’y a aucune pièce justificative pour l’acquisition de la parcelle de terrain sur laquelle a été érigé le siège de la délégation régionale de Mopti. Le paiement de 15 millions de F CFA au titre du prix du terrain n’est supporté par aucune pièce justificative. La CCIM a retenu, mais n’a pas reversé au service des impôts la TVA pour un total de 66,17 millions de F CFA.
Les délégations régionales ont été dotées de la somme de 487,08 millions de F CFA pour leur fonctionnement mais sans contre partie de pièce pour justifier les dépenses qu’elles ont faites avec ces sommes d’argent. Certains membres bénéficient de frais de téléphone non justifiés pour 37,85 millions de F CFA. Les frais de représentation versés au titre de 2008 s'élèvent à 143 millions de F CA.
Jeamille Bittar en sa qualité de président de l'institution consulaire touche par an 50 millions de F CFA de frais de représentation. L'ensemble des présidents des 8 délégations régionales perçoivent annuellement 40 millions de F CFA. L'ensemble des membres du bureau consulaire empoche 21 millions de F CFA. Ces frais de représentation et autres avantages ne sont autorisés par aucune loi ni règlement.
La CCIM a effectué des dépenses à hauteur de 121,19 millions de F CFA sans pièces justificatives. Ces dépenses ont été faites sur la régie. Il n’existe aucun dispositif de contrôle de la gestion des montants mis en régie.
L’agent comptable, auquel incombe cette tâche, est en même temps le gestionnaire desdits fonds. Il n’existe pas de registre pour la gestion de la régie, ni d’état récapitulatif des dépenses engagées en régie. Celles-ci ne sont pas comptabilisées et les pièces justificatives ne sont ni classées ni numérotées. Aucun rapprochement ne peut être effectué pour analyser et évaluer les montants dépensés en régie.
La CCIM est épinglée pour avoir effectué des achats sans mise en concurrence préalable des fournisseurs. Des cas de marché douteux portent sur des contrats passés en 2009 avec la société Bittar Impression pour 3,35 millions de F CFA et la société Euro Décor pour 1,21 million de F CFA. En l’occurrence, le contrat passé avec Bittar Impression relève d’un conflit d’intérêts.
Des faits de cumuls de fonctions sont décriés. Des travailleurs assurent des fonctions incompatibles. La régie est gérée par l’agent comptable, qui est aussi l’ordonnateur délégué de la CCIM. De même, le directeur de l’Institut consulaire d’études et de formation (Incef) est à la fois ordonnateur des dépenses et caissier.
Le magasinier fait, quant à lui, office de caissier pour le produit des imprimés vendus à la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC). Les recettes issues de cette vente ne sont pas comptabilisées. Les foires et les expositions organisées par la CCIM se font en dehors de toute comptabilité. Des carnets de plusieurs types ont été utilisés pendant les foires de 2007 et 2008 pour encaisser les recettes.
Ces pratiques de mauvaise gestion avérées se sont soldées par un manque à gagner de 1,35 milliard de F CFA à la CCIM que les vérificateurs mettent au compte de la fraude. Selon les nombreuses recommandations de pratique de bonne gouvernance à la CCIM, il lui est demandé de recouvrer le milliard de F CFA perdu dans la fraude.
Mais ces recommandations resteront sans suite quand on sait que Bittar, qui n'a jamais été ébranlé pour sa gestion, a assuré ses arrières avec son entrée comme 1er vice-président du PDES. Sans compter qu'il se prévaut de ses amitiés avec le couple présidentiel.
Abdrahamane Dicko

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KALABANCORO-ADEKEN
Des tueurs imposent leur diktat
Des bandits munis d’armes à feu sèment la terreur à Kalabancoro-Adéken. Le choix de la personne à abattre est fait en fonction du seul vouloir du tueur. Les populations, laissées à elles-mêmes, envisagent d’assurer leur propre défense.
On ne saurait dire qui ils sont, mais ils ont un dénominateur commun : ils opèrent tous avec des armes à feu de fabrication artisanale. Ils sèment depuis quelques semaines la terreur à Kalabancoro-Adéken. Loin d’être de simples voleurs, ils abattent de paisibles citoyens. Leurs faits et gestes défraient aujourd’hui la chronique à Kalaban-Adéken. Ces bandits, selon les témoignages de résidents, n’ont pas d’heure d’opération.
Dans la nuit du 12 au 13 juillet dernier, un homme encagoulé, s’est introduit dans une cour habitée par des locataires. Il s’est dès lors conduit en James Bond, tirant sur tout ce qui bougeait. Selon certaines sources, plusieurs personnes ont été blessées par balles. Un enseignant, qui a reçu plusieurs plombs, a été tué sur le coup.
Cette nuit, le bruit des coups de feu a réveillé les familles voisines qui sont restées malheureusement impuissantes. "Quand il y a coup de feu, personne ne veut prendre le risque de sortir de sa chambre", avoue un chef de famille.
Dans la nuit du 8 au 9 août dernier, M. T. et sa fiancée ont été attaqués par un homme armé qui s’était posté devant la famille des beaux-parents de M. T. Le délinquant, dans un premier temps, avait exigé la clef de la moto du jeune homme. Il a fini par renoncer à la moto, pour tirer à bout portant sur la jeune fille, qui ne devra la vie sauve qu’à son fiancé.
Celui-ci malheureusement a pris plus de 50 plombs dans le dos et à l’épaule. Alerté par les cris, un frère de la jeune fille qui venait juste d’ouvrir le portail de la famille, a été la cible du bandit armé, mais sans être touché. Dans sa fuite, le tueur a continué à tirer quelques salves.
Selon les témoignages de familles du secteur, il ne passe plus deux nuits de suite sans "échanges de coups de feu" dans le quartier. Approché, un agent de la gendarmerie de Kalabancoro, affirme être conscient de la montée du banditisme armé dans le secteur. Mais il regrette que les moyens de la gendarmerie soient limités "pour sillonner ce grand quartier avec un seul véhicule qui est très souvent à court de carburant".
Face à l’incapacité de l’autorité à protéger les citoyens sans défense, des jeunes ont organisé les "moyens qui s’imposent" pour se prémunir des agresseurs. "Nous ne pouvons plus attendre qu’on vienne nous tuer jusque dans nos chambres. En attendant que les autorités ne prennent les dispositions, on fera ce qu’on peut", avertissent-ils.
Amadou Sidibé

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OPERATION RAMADAN DE LA FONDATION PARTAGE
Soulager les plus démunis
A travers l’Opération ramadan de la Fondation Partage qui a démarré jeudi, il s’agit de servir de la bouillie tous les jours du mois sacré et du riz au gras tous les vendredis aux fidèles musulmans à l’heure de la rupture du jeûne.
Démarrée avec 4 sites, l’Opération ramadan de la Fondation Partage concerne cette année 32 sites contre 24 l’année dernière. Cette extension s’explique par le fait que chaque année la Fondation Partage reçoit des sollicitations de diverses personnes ou mosquées pour la couverture de leur zone.
Pour cette 14e édition de l’Opération ramadan de la Fondation Partage qui a débuté le 11 août 2010, 29 mosquées et 3 hôpitaux sont ciblés. L’une des spécificités de l’édition 2010 réside dans le fait que l’Opération va au-delà du district de Bamako. En effet, elle touche des banlieues de la capitale comme Tienfala, Kasséla, etc.
La Fondation Partage que dirige Mme Adame Ba Konaré n’écarte pas l’hypothèse d’élargir progressivement son opération à d’autres localités du pays. En initiant l’Opération Ramadan, la Fondation, à travers sa présidente, a voulu soulager les nécessiteux qui n’ont pas de quoi rompre leur jeûne.
Au total, ce sont 31,9 tonnes de mil, 12,7 tonnes de sucre, 6,8 tonnes de riz, 96 bidons de 20 litres d’huile, 32 cartons de savons, 32 bœufs qui seront distribués sur financement de Mme Adame Ba Konaré, présidente de la Fondation Partage, pour un montant de près de 40 millions de F CFA.
Avec l’Opération ramadan, il s’agit de servir du lundi au jeudi de la bouillie durant tout le mois sacré aux fidèles musulmans dans des mosquées à l’heure de la rupture du jeûne. Un plat de résistance ; à savoir : le riz au gras leur est servi tous les vendredis. Ce faisant, la présidente de l’institution caritative, Mme Adame Ba Konaré respecte la tradition et témoigne sa solidarité vis-à-vis de ses coreligionnaires. Dans des mosquées visitées jeudi par la commission d’organisation de la Fondation Partage, l’on s’est aperçu que la joie est grande chez les bénéficiaires.
C’est le cas à la 7e mosquée de Sikoroni où Youma Sininta témoigne qu’ils ont bénéficié l’année dernière d’une opération similaire. "C’est la 2e année consécutive que la Fondation Partage nous apporte aide et assistance. Quand nous avons formulé la demande de soutien adressée à sa présidente, Mme Adame Ba Konaré, elle n’a pas mis du temps pour nous répondre. Nous la remercions infiniment et nous formulons des vœux de réussite pour sa Fondation".
A la 7e mosquée de Sikoroni, les femmes étaient réunies autour d’une grosse marmite de plus de 20 kg pour la préparation de la bouillie. Selon les explications fournies par Abdoulaye Yacouba Maïga, organisateur de ladite mosquée, "du début à la fin du mois de ramadan 25 kg de mil, seront mis à la disposition des femmes chaque jour pour la préparation de la bouillie. Pendant que les vendredis, elles recevront 50 kg de riz pour la préparation du riz au gras. Nous souhaitons bonne chance à la Fondation Partage et à sa présidente".
A la mosquée de Daoudabougou, un autre site bénéficiaire, l’on reconnaît que cette initiative de Mme Konaré cadre bien avec le ramadan qui, explique-t-on, doit être un moment privilégié d’entraide et de pardon entre les frères musulmans.
Selon Yacouba Doumbia, ce geste de la présidente de la Fondation Partage est très important et a son sens. "Le ramadan, c’est un mois béni, pendant lequel Dieu nous demande d’assister nos prochains en situation difficile. Et c’est ce qu’a fait la Fondation Partage".
Sur les autres sites visités : Kalabancoro et Kalabancoura, le constat qui se dégage est l’effectivité de l’Opération qui présente à la fois un impact social et psychologique dans la mesure où elle permet aux fidèles de se retrouver dans la communion autour d’un même plat.
Mohamed Daou

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REMPLISSAGE DU LIT DU FLEUVE A BAMAKO
Où sont les défenseurs de l’environnement ?
Les autorités maliennes n’ont trouvé rien de mieux que de remplir le lit du fleuve Niger pour aménager un espace et un monument dit du cinquantenaire. Une mauvaise nouvelle pour les environnementalistes qui n’ont malheureusement rien vu ou entendu.
S’ils avaient fait une sortie "musclée" pour dénoncer, voire empêcher le remplissage du lit du fleuve Niger par les autorités du Mali, qui sont en train d’ériger un monument, il est certain qu’ils seraient soutenus par le peuple. Du moins, l’Histoire allait retenir qu’ils ont joué leur rôle dans le combat contre les prédateurs de l’environnement. Hélas ! Les défenseurs de l’environnement semblent indifférents sur le sort aujourd’hui réservé au fleuve Niger.
Tous ceux qui empruntent la corniche du côté de l’EN Sup ont dû constater la présence de camions, Caterpillar et autres engins versant des dizaines de tonnes de terre dans le lit du fleuve avec son corollaire de conséquences selon des spécialistes. La flore et l’écosystème subissent durement les conséquences de cette "pollution".
Sans être contre la construction d’un tel monument (une bonne chose d’ailleurs), c’est sa réalisation dans le lit du fleuve qui intrigue plus d’un. Pour de nombreux Bamakois, il était loisible de trouver d’autres sites mieux indiqués que le lit du fleuve. Ils désapprouvent le remblayage du Djoliba pour les besoins d’un monument.
Ironie du sort, ces travaux interviennent au lendemain de la tenue à Bamako en juin de la 13e conférence ministérielle africaine sur l’environnement et la remise au chef de l’Etat d’un prix spécial par le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner "pour ses efforts consentis en faveur de l’environnement". La rencontre de Bamako avait au centre de ses préoccupations la question brûlante de la protection de l’environnement.
A travers cet acte, ATT démontre que M. Steiner s’est visiblement trompé de personne pour le prix. Que dire du département de l’Environnement et de l’Assainissement et qui ne cesse de tirer la sonnette d’alarme pour le Niger considéré comme l’artère nourricière du pays, voire de l’Afrique occidentale ?
Les autorités viennent une fois de plus démontrer qu’elles font pire que ceux qui polluent le fleuve avec des quantités considérables de déchets industriels, hospitaliers et domestiques. Selon les statistiques, le fleuve reçoit une bonne partie des 2000 m3 d’ordures ménagères et 2200 m3 d’eaux usées que produit quotidiennement Bamako. "La flore, la faune et l’écosystème subissent durement les conséquences de cette pollution", avait constaté le directeur de l’Agence du bassin du fleuve Niger.
Outre les problèmes de pollution, le Djoliba est menacé par l’ensablement, la vallée du fleuve étant soumise à des sécheresses périodiques, déficits pluviométriques et autres diminutions des débits. "Nous avons notamment l’avancée des dunes dans le lit majeur du fleuve, l’assèchement des lacs, la dégradation de la végétation et la raréfaction de certaines espèces animales..."
Décidément, le cinquantenaire a le dos large !
Amadou Sidibé

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DELEGATION SPECIALE DE LA COMMUNE IV
En attendant le second mandat
A un jour de la fin officielle de son premier mandat de six mois, la délégation spéciale de la Commune IV imprime son rythme dans la marche de la mairie et ménage sa monture dans la perspective d’un second mandat qui s’annonce imminent.
La partie n’est pas de tout repos pour la délégation spéciale de la Commune IV du district de Bamako. Depuis sa prise de fonction officielle le 17 février 2010, elle s’attelle à la tâche pour ne pas faire attendre les populations. Première réunion le lendemain de la prise de fonction du président soit le 19 février, premier acte : la répartition des centres secondaires d’état-civil entre les officiers d’état-civil.
Selon le président de la délégation spéciale, Karim Togola, la seule difficulté rencontrée est liée à la taille de la délégation qui compte sept membres (comme le stipule la loi) au lieu de plus de quarante naguère pour le conseil communal. Les sept "gladiateurs" doivent faire face aux douze centres d’état-civil que compte la Commune. Sans compter les multiples occupations et autres sollicitations de la mairie. Conséquence : les membres de la délégation sont obligés "de fournir des efforts exceptionnels".
C’est ainsi que tous les six autres membres de la délégation, à l’exception de Matoumany Baba Traoré, qui tient les rênes du centre principal, assurent au moins deux centres secondaires d’état-civil. Le plus gros lot revenant au plus jeune d’entre eux qui assure à lui seul les centres secondaires d’état-civil de Taliko, Lassa et de Kalabambougou.
Pour éviter des désagréments ou incompréhensions des populations, la délégation, assure son président, a rencontré les chefs des huit quartiers de la Commune et les différents services de la mairie pour leur expliquer les difficultés et contraintes liées à la taille de la délégation.
C’est pourquoi, se félicite le président, les populations comprennent aisément les éventuels petits problèmes comme les retards qui interviennent souvent dans la célébration des mariages. Un seul maire ne pouvant pas célébrer deux mariages en deux lieux différents à la même heure.
L’administrateur civil de carrière affirme ne point souffrir ni de la méconnaissance de la Commune, ni du manque de cohésion du groupe, encore moins du manque de collaboration avec les autres services de la mairie. D’ailleurs, il se dit loin d’être un novice en matière de gestion communale. "J’ai déjà géré, comme certains de mes collègues, une délégation spéciale. Et en ma qualité d’administrateur civil, je connais très bien la Commune IV", assure-t-il.
Répondant aux accusations relatives au retard dans la signature d’actes comme les extraits d’acte de naissance, le président de la délégation spéciale est on ne peut plus clair : "On ne signe pas les papiers sans vérifier au préalable leur authenticité. C’est tout le problème qu’on a avec certaines personnes enclines à fabriquer des faux documents à tout bout de champ. Sinon on signe très vite les documents authentiques".
A propos des faux documents M. Togola se montre prolixe en anecdotes aussi croustillantes que burlesques. Matoumany Baba Traoré, le doyen des membres de la délégation et maire signataire, de confirmer qu’il passe toute la journée à faire des signatures.
A quelques encablures de la fin de son mandat de six mois (ce mandat doit en principe prendre fin ce 17 août et est renouvelable une fois), la délégation spéciale affiche ses ambitions pour la Commune dans la perspective d’un second round. A en croire Karim Togola, la priorité de l’équipe est la santé. A ce niveau, dans les mois à venir - pendant sûrement son second mandat - la délégation envisage de construire une salle pour les enfants malades dans le Centre de référence de Lafiabougou, une salle pour la sage-femme et une salle pour les femmes accouchées à Lassa, un magasin et la clôture du centre de santé communautaire de Taliko. Elle envisage aussi de réhabiliter la maternité de Hamdallaye…
En plus, la délégation spéciale, de l’aveu de son président, va s’atteler, entre autres, à achever la Maison des jeunes de Lafiabougou et remblayer la cour du centre secondaire d’état-civil de Djicoroni Para I. La "bande des 7" met un point d’honneur à rendre fonctionnel un 13e centre secondaire d’état-civil à Lafiabougou. Côté assainissement, M. Togola dit avoir donné l’ordre de débarrasser la Commune des 87 dépôts anarchiques d’ordures. Quid de la gestion du foncier en Commune IV ?
M. Togola avoue accepter la gestion de ce dossier après moult tergiversations tant le foncier dans la Commune est entaché d’irrégularités. "Pas un seul mettre carré de terrain n’est exempt de problème", lâche-il, dépité.
Moussa Camara
(stagiaire)

CONSEIL COMMUNAL DE LA JEUNESSE DE LA COMMUNE IV
La place et le rôle des jeunes en débats
Le Conseil communal de la jeunesse de la Commune IV a organisé samedi dernier dans la salle de conférence de la mairie de la Commune IV une conférence débat. "Historique et rôle du CNJ dans le développement local" était le thème débattu par Dr. Abdoulaye Sall de Cri-2002, Dr. Modibo Soumaré, ancien responsable la jeunesse de la Commune IV, Dr. Abdoulaye Doucouré, président du CLS de la Commune IV, et Bakary Woyo Doumbia.
La salle de conférence de la mairie de la Commune IV était prise d’assaut par une foule nombreuse qui a répondu, le 14 août 2010 à l’appel des responsables de la Jeunesse de la Commune IV. Il s’agissait, pour les jeunes, de mettre en exergue leur rôle dans le développement local. L’occasion a été saisie par Dr. Modibo Soumaré de faire l’historique du Conseil national de la jeunesse du Mali (CNJ-Mali).
Pour lui, c’est après les événements de mars 1991 où les jeunes à travers l’AEEM, l’AJDP ont joué un rôle de premier plan que l’idée d’une structure fédérative pour les associations de jeunes est venue. L’objectif, à ses dires, était de rassembler les jeunes à prendre conscience de leur situation, à lutter contre le chômage, les problèmes éducatifs, la pandémie du Sida et la délinquance… Bref, à jouer leur partition dans le processus de développement de la nation.
Les différentes étapes qui ont conduit à sa création, son fonctionnement, les incompréhensions des inspecteurs de la jeunesse qui voyaient mal le CNJ, le problème d’un siège et la dotation du CNJ d’un budget de fonctionnement ont été, selon le conférencier, les principaux défis que le CNJ se devait de relever.
" Grâce au président de la République d’alors, Alpha Oumar Konaré, le CNJ a eu un véhicule de liaison, a été l’interlocuteur du gouvernement malgré la réticence de certains", a ajouté Dr. Soumaré qui a reconnu que c’est sous ATT que les jeunes ont eu un représentant au sein de l’appareil gouvernemental en la personne de Moussa Balla Diakité. "Aujourd’hui, nous sommes visibles, car le CNJ a ses représentants au sein de l’ANPE, de l’Apej, etc."
" Nous faisons des propositions après l'identification des problèmes aux pouvoirs publics, des propositions susceptibles d'apporter des solutions. Mais au-delà de ce rôle consultatif, le Conseil œuvre à travers ses associations membres, à assurer le plein épanouissement de la jeunesse malienne".
Bakary Doumbia, ancien président du CNJ, et M. Doucouré se sont appesantis sur la nécessité pour les jeunes à s’unir et à parler un même langage. "Unis pour bâtir", a dit M. Doumbia, qui a dénoncé les tentatives de bicéphalisme et de division qui planent sur les jeunes et qui hypothèquent leur avenir.
Le déficit d'esprit citoyen en milieu jeune, la perte des repères pour la jeunesse, le manque d’ambition ou de goût de l’aventure ont été les points sur lesquels Dr. Sall est longuement revenu.
" II faut revoir l'éducation familiale, l’éducation préscolaire, amener les jeunes à comprendre le sens de la patrie, à comprendre qu’ils ont un rôle important à jouer et qu’ils sont des citoyens appelés à conduire les destinées de ce pays et que personne ne peut faire ce pays à leur place", a-t-il instruit.
La passivité des jeunes face aux problèmes du pays, le choix des hommes, le problème de formation des jeunes, la manipulation de la jeunesse, etc. ont été les questions soulevées par l’assistance auxquelles les conférenciers ont donné des réponses apparemment satisfaisantes.
Idrissa Sako


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