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2010

Mois d'août

Les Echos du 13 août

 

KIDAL
Le président de l’Assemblée régionale sème la terreur
Abdoul Salam, le président de l’Assemblée régionale de Kidal et président de la délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie, fait parler de lui. Il terrorise la population de Kidal et fait emprisonner qui il veut en ayant sous ses ordres les forces de sécurité et la justice.
La paix est revenue à Kidal depuis la signature de l’accord d’Alger qui a mis un terme à la rébellion de l’Alliance du 23-Mai. Mais un malaise social est en train de s’installer dans l’Adrar des Ifoghas. Des enlèvements tous azimuts aux arrestations de personnes innocentes sur fond de règlements de comptes sont monnaies courantes dans cette ville. Des fractions et tribus sont sur le point d’en découdre.
Le président de l’Assemblée régionale, allié du Mouvement citoyen, qui a fait fortune dans le commerce transsaharien est le plus craint et décrié des Kidalois. Abdoul Salam se croit en territoire conquis. Il doit sa toute puissance à l’argent mais aussi au soutien des plus hautes autorités. Le revers de la médaille est qu’il n’hésite plus à s’attaquer à ces mêmes autorités qui l’ont installé sur un piédestal.
Les populations de Kidal sont en train d’endurer une souffrance morale et physique qu’elles n’ont pas vécue sous la dictature. Pour un oui ou un non, Abdoul Salam emprisonne de pauvres citoyens. Des enfants d’Oyifan, un commerçant réputé de Gao, comptent parmi ses nombreuses victimes.
Pour une affaire de succession du vieux Oyifam, ses enfants dont une est mariée à Abdoul Salam ont passé deux jours en prison. Leur bourreau avait dissimulé un pistolet dans leur véhicule avant de les convoquer pour port illégal d’arme à feu pour des raisons douteuses.
Cheick Ag Aoussa, cadre de l’Alliance du 23-Mai et neveu d’Ag Intallah, notabilité et chef de tribu de Kidal a fait les frais de l’injustice d’Abdoul Salam.
Sa mésaventure remonte à une dizaine de jours. A l’occasion de l’arrivée à Kidal le 31 juillet 2010, des ministres de l’Elevage et de la Pêche et de son collègue de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, M. Ag Aoussa a commis le péché de refuser de serrer la main à M. Salam. Celui-ci avait accompagné la délégation ministérielle en visite dans la famille Intallah où Cheick Ag Aoussa était l’organisateur de la cérémonie. Il aurait dit à Abdoul Salam : "foli ta an tiè" (pas de salutation entre nous). Il a ajouté : "Tu ne peux pas continuer à insulter la famille Intallah sur le Net et dans la presse et te présenter dans cette même famille. J’aurai bien réfléchi si j’étais à ta place".
Proconsul du Nord
Abdoul Salam a pris cette remarque comme une offense. Dans l’après-midi, Cheick Ag Aoussa a reçu une convocation de la gendarmerie pour menace de mort proférée contre Abdoul Salam avec deux balles dans la tête. Il est sommairement entendu par le commandant, menotté comme un criminel et écroué à la Maison d’arrêt de Kidal pendant deux jours.
La ville en effervescence a frôlé l’émeute. Les populations déchaînées ont manifesté leur ras-le-bol devant la prison et la justice. Le lendemain, il a été embarqué en direction de Gao, menottes aux poings, les yeux bandés. Arrivé dans la Cité des Askias, Cheick a eu la chance d’être élargi par le procureur de Gao après deux jours de prison, faute de preuves.
Au fond, les deux protagonistes ont un contentieux politique. Les adversaires politiques d’Abdoul Salam l’accusent d’avoir été élu conseiller municipal et président de l’Assemblée régionale sous les couleurs du Mouvement citoyen avec l’appui de l’administration locale.
Il a gagné au détriment du maire RPM d’Anefis, chef de la tribu des Kounta, victime lui aussi d’un enlèvement, il y a quelques mois, mais libéré plus tard. Cheick Ag Aoussa, petit-fils du maire d’Anefis et militant Adéma et les siens, se sont sentis humiliés dans cet imbroglio politique. Le courant ne passe plus depuis lors entre eux.
Les populations de Kidal parlent de plus en plus de l’absence d’Etat à cause des errements du président de l’Assemblée régionale. Ce dernier aurait promis aux autorités de résoudre les questions sécuritaires et de faire régner l’ordre et la paix dans l’Adrar des Ifoghas. La complaisance de l’Etat a donné un passe-droit au président de l’Assemblée régionale.
Pour certains, ses règlements de comptes politiques risquent de se transformer en problèmes ethniques entre la fraction des Ifoghas et celle des Imrad du colonel Gamou, le chef des opérations "Jiguitugu", chargé de ramener la paix à Kidal en traquant le banditisme résiduel. Le colonel est accusé d’être du même bord ethnique qu’Abdoul Salam.
Du fait de son comportement, il est à la fois la gendarmerie, la police, la justice devant lesquelles il traîne des gens qui ne sont pas de la même fraction que lui et souvent pour régler des comptes personnels.
Pour ses manquements graves aux droits de la personne, le juge de Kidal a adressé un rapport à sa hiérarchie.
Abdrahamane Dicko

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INSERTION DES ENFANTS HANDICAPES
Le projet d’un centre d’accueil bloqué
Confronté à des problèmes d’ordre administratif, le projet d’insertion pour enfants handicapés risque de ne pas voir le jour. Sa promotrice, Mme Sissoko Habibatou, était face à la presse jeudi à la Maison du partenariat Bamako-Angers pour s’expliquer. Elle a lancé un appel aux autorités à l’accompagner sincèrement.
Un Centre d’accueil, d’insertion, d’hébergement pour enfants c’est que la promotrice, Mme Sissoko Habibatou, veut réaliser au Mali avec le soutien financier "Via le Monde", le partenaire financier du projet.
Depuis trois ans que des correspondances ont été envoyées aux autorités administratives (département de la Santé, mairie de la Commune VI - commune qui va abriter les locaux -, gouvernorat du district de Bamako, présidence de la République pour une autorisation). Elles demeurent sans suite.
" En 2007, j’ai écrit à qui de droit pour avoir l’autorisation d’ouvrir un centre d’accueil d’insertion pour handicapés. Je suis confrontée à des difficultés…" Cette complainte est de la présidente de l’association "Hadia Mariama", nom qui sera donné au futur centre en hommage à sa mère qui s’est investie pour les enfants en situation difficile.
Pour Mme Sissoko, tous les documents pour l’ouverture du centre ont été réunis et envoyés aux autorités maliennes. "Jusqu’ici, je n’ai pas reçu de réponse. On me dit qu’on va m’appeler, mais plus rien". Déterminée à se rendre utile pour son pays d’origine, Mme Sissoko affirme avoir effectué à trois reprises sole voyage Paris-Bamako pour que les blocages soient levés. "J’ai frappé à toutes les portes sans succès".
Mme Sissoko est surtout déçue par la mairie de la Commune VI, qui doit rédiger une lettre de partenariat entre elle et le projet. "Nous n’avons pas pu avoir la lettre de notification qui est un document important aux yeux de notre partenaire financier, Via le Monde".
Qu’est-ce qui bloque alors le projet ? Celle qui intervient dans le milieu de l’insertion des enfants en France, dit n’avoir pas de réponse. Toutefois, elle dit ne pas désespérer. "Je lance un appel aux autorités pour que le centre voit le jour avec leur autorisation".
A ses dires, la présidente de la Fondation pour l’Enfance, Mme Touré Lobbo Traoré, a promis de la rencontrer. "Je compte sur le soutien de la première Dame pour pousser les choses", espère-t-elle.
Pour Mme Sissoko, l’ouverture du centre n’a d’autre but que de venir en aide aux nombreux enfants handicapés en situation difficile. "Nous voulons jouer notre partition dans le combat que mènent les structures privées et l’Etat dans ce domaine".
Amadou Sidibé

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COMPARAISON OBAMA-BUSH
Ç a chauffe au sommet
Les critiques à l’encontre du président des Etats-Unis, Barack Obama, se multiplient et ses opposants n’hésitent plus à comparer ses débuts à la Maison Blanche aux deux mandats catastrophiques de son prédécesseur Georges Bush. Mais les adeptes du chef de l’Etat américain n’entendent point abdiquer. Une vraie guerre politique.
La tension monte visiblement entre l’administration Obama et ses détracteurs. Ces derniers ne ménagent aucun effort pour critiquer le moindre geste du président des Etats-Unis. Cela n’est certainement pas du goût de l’homme fort du pays dont les partisans et collaborateurs n’entendent pas rester inactifs face à ceux qui sont désormais vus comme les "détracteurs" de l’ancien sénateur de l’Illinois.
Le comble a été atteint avec les sorties médiatiques de l’attaché de presse de la Maison Blanche ces derniers jours. Robert Gibbs est agacé de constater dans des médias que son boss n’est pas choyé par des politiciens et de simples citoyens américains. A tel point que certains parmi ceux-ci comparent Barack Obama à son prédécesseur Georges W. Bush, en abordant les dossiers relatifs à la guerre contre le terrorisme, la justice, l’économie, la santé…
L’attaché de presse a sorti l’artillerie lourde en qualifiant de "folles" ces critiques. "J’entends ces gens (Ndlr les démocrates libéraux et la gauche) dire qu’Obama est comme Bush. C’est fou. Ils doivent être testés pour voir s’ils ne sont pas sous l’impulsion d’une substance", a fulminé R. Gibbs dans une interview publiée mardi par le journal de Washington DC "The Hill". M. Gibbs poursuit dans le même journal que les accusateurs ne seraient satisfaits que sauf si l’un de leurs chefs de file, le représentant au Congrès américain "Dennis Kucinich était président".
Comme conséquence de ses déclarations, M. Gibbs essuie les critiques de divers fronts. En outre, son absence au briefing habituel de la presse de mardi dernier alors qu’il devait l’animer conformément au programme initial communiqué par la Maison Blanche a été plus que révélatrice de la volonté de l’administration démocrate de ne pas livrer au public un officiel sous les feux des critiques.
Toutefois, Gibbs, un des fidèles lieutenants d’Obama, persiste et signe qu’il y a "101 choses que nous avons faites" en 18 mois. Il fait notamment allusion aux réformes concernant les systèmes sanitaire et financier, l’avancée sur le chronogramme du retrait d’Irak, la loi sur l’équité de paiement pour les femmes, la touche de la diversité culturelle à la Cour suprême…
Perpétuation
Toutes choses qui, de l’entendement de l’attaché de presse, méritent "reconnaissance". Surtout qu’il y a seulement quelques jours, le président hybride défendait devant des concitoyens à Las Vegas (Nevada) dont le moral était en berne que "j’espère que vous avez pris quelque temps pour apprécier tout ce que nous avons accompli jusqu’ici. Nous n’avons pas encore fini".
Convaincus de la pertinence des points soulignés et minorant le contexte socio-économique exceptionnel pendant ce 1er mandat d’Obama, les dénonciateurs, particulièrement les libéraux, maintiennent que la gouvernance actuelle est loin de ce qu’on avait espéré au moment de l’accession du 44e président des Etats-Unis à la magistrature suprême.
Dans leur ligne de mire se trouvent la "réforme bâclée" du système de santé, l’économie, la lenteur dans la fermeture de la prison de Guantanamo, le service militaire et l’interdiction du mariage entre homosexuels. Sur ce dernier point, une journaliste de la chaîne de télévision MSNBC appelait "Bretzel humain" un conseiller du président américain à cause de ses éclaircissements sur la position de son mentor sur le mariage homosexuel. Le conseiller David Axelrold avait expliqué qu’Obama était contre le mariage homosexuel, mais pour l’équité en termes de revenus pour les partenaires d’une relation entre gays.
Avec la multiplication des critiques, l’administration démocrate a donc du pain sur la planche et l’issue des élections sénatoriales de novembre prochain pourraient changer beaucoup de choses. Tant du côté des démocrates que de celui des républicains ou autres libéraux, de grands noms ne sont pas assurés de tenir leur place au Congrès. C’est pourquoi, l’attaché de presse d’Obama a invité ses partenaires démocrates à resserrer davantage les rangs. "Les démocrates, ma personne incluse, doivent arrêter de lutter les uns contre les autres et débattre plutôt nos différences sur certaines politiques. Ils doivent être solidaires pour que chacun sache ce qui est en jeu", a-t-il souligné. En attendant, Bush fils pourrait bien se marrer des débuts de son successeur à la présidence des Etats-Unis.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)

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PRODUITS DE PREMIERE NECESSITE
Disparités de prix sur les marchés
Si les prix aux producteurs des céréales sèches, de la farine et de la viande avec os sont restés quasi stables, il n’en est pas de même pour l’huile alimentaire et le lait en poudre.
Selon une note relative aux prix des produits de première nécessité du ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, la tendance générale des prix aux producteurs était à la stabilité pendant la période du 2 au 8 août 2010 pour toutes les céréales sèches. Par contre, le prix aux producteurs du riz local a enregistré une légère évolution.
Ainsi, révèle la note du ministère du Commerce, dans les zones Office riz Ségou et Office du Niger, les prix aux producteurs du riz ont été compris entre 220 F CFA le kg et 260 F CFA le kg contre 215 F CFA et 250 F CFA le kg la semaine passée. Sur les marchés de consommation, les catégories de riz importé sont vendues entre 325 F CFA le kg et 400 F CFA. Le prix moyen du riz toutes catégories confondues est resté quasi stable à 346 F CFA le kg, indique la note.
Quant aux céréales sèches, le ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce rapporte que le prix aux producteurs du mil a été compris entre 112 F CFA le kg à Monimpébougou et 175 F CFA le kg à Kita et Badingo contre 113 F CFA et 165 F CFA le kg la semaine dernière.
Toujours selon la note technique, les prix du sucre sont restés compris entre 550 F CFA le kg et 600 F CFA. Le prix moyen du sucre a augmenté de 5 F CFA le kg par rapport à la semaine dernière. La quantité disponible sur le territoire national est évaluée à plus de 31 000 tonnes.
Parlant du lait en poudre, la note technique évoque que les prix pratiqués sur les marchés ont varié entre 2200 F CFA et 2750 F CFA le kg. Sur les marchés de Gao, le prix du lait en poudre a augmenté de 250 F CFA le kg. Le prix de l’huile est resté stable entre 700 et 900 F CFA le litre. S’il est resté stable sur tous les marchés des capitales régionales, il a connu une augmentation dans les régions de Gao et de Koulikoro. Le kilo de la farine a été cédé entre 300 et 400 F CFA.
Le prix moyen de la viande avec os qui a oscillé entre 1400 F CFA et 1750 F CFA est resté stable sur les marchés des capitales régionales. De même, les prix aux consommateurs du poisson ont été stables même si la note technique précise que des hausses ont été observées sur les marchés de Bamako.
Mohamed Daou
(source MIC)

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DRAME MARIAM DIALLO, PRESIDENTE D’AFLED
" La confiance d’Obama en la jeunesse africaine est sincère"
Ancienne présidente du Parlement national des enfants du Mali, Mme Dramé Mariam Diallo est aujourd’hui la coordinatrice régionale Afrique du Réseau international de connaissances sur les femmes en politique (iKnow Politics). Elle préside également l’Association femmes leadership et développement (Afled). Elle vient d’avoir l’honneur de représenter le Mali à la rencontre (du 3 au 6 août 2010) du président Barack Obama des Etats-Unis et 115 jeunes Africains à la Maison Blanche. Dans cet entretien, cette jeune mère de deux enfants engagée parle de cette expérience.
Les Echos : Comment avez-vous été choisie pour représenter le Mali à la rencontre entre Barack Obama et des jeunes Africains ?
Mme Dramé : L’ambassade des Etats-Unis au Mali a annoncé le forum et a fait un appel à candidature. J’ai déposé mon CV qui a été retenu pour mon engagement dans la société civile.
Les Echos : Pouvez-vous nous présenter la structure que vous représentiez à cette rencontre ?
Mme Dramé : Je suis allée en tant que présidente de l’Association femmes leadership et développement (Afled). Il s’agit d’une organisation qui fait la promotion des jeunes femmes dans la vie publique et qui met l’accent sur l’importance de la citoyenneté.
Les Echos : Qui étaient vos compagnons de voyage au compte du Mali ?
Mme Dramé : J’étais avec Fatimata Traore qui est vice-présidente de Bamako Elite à la Jeune chambre internationale (JCI) du Mali. Nous étions aussi avec Fatoumata Sangho, présidente de l’Association pour le développement de l’Afrique (Ada).
Les Echos : Qu’avez-vous ressenti en rencontrant Obama ?
Mme Dramé : Il est passé juste devant moi en entrant dans la salle et j’étais très émue de le voir debout faisant son discours et nous tendre ensuite le micro pour répondre à nos questions. C’était un message très fort d’humilité pour dire à la jeunesse africaine que tout est possible quand on y croit. Et il nous a dit que lorsqu’on a une idée, qu’on doit se dire : "pourquoi pas" ?
Les Echos : Quelles étaient vos attentes par rapport à cette rencontre ?
Mme Dramé : J’étais très émue à l’idée de rencontrer le président Obama qui est l’idole de la jeunesse un peu partout dans le monde. En plus de ce leader charismatique, nous avons aussi vu Hillary Clinton ainsi que de nombreux officiels. Tous avaient le même message d’encouragement pour nous dire que l’Afrique doit se construire avec sa jeunesse et que nous nous ne sommes pas les leaders de demain, mais d’aujourd’hui. A travers cette rencontre, je voulais parler de mon pays et des avancées dans la promotion de la femme et la protection des enfants ainsi que les opportunités qui s’offrent à la jeunesse. J’ai eu l’occasion de le faire dans les discussions et j’ai mis l’accent sur les défis à relever en termes de création d’emplois, d’entreprenariat des jeunes et de leur engagement dans les processus de prises de décision. Mes attentes ont donc été comblées.
Les Echos : Qu’avez-vous retenu du débat avec le président des Etats-Unis ?
Mme Dramé : Avec le président Obama, j’ai appris l’humilité et aussi l’importance de défendre sa vision. C’est ce qu’il a fait en nous invitant à la Maison Blanche. J’ai aussi compris que sa confiance en la jeunesse africaine n’a rien de démagogique. C’est un homme de conviction qui croit en ce qu’il dit. Le président Obama nous a clairement dit que les Etats-Unis sont les amis de la jeunesse africaine et qu’ils veulent établir un partenariat gagnant-gagnant. Et je suis convaincue qu’il le pense sincèrement.
Les Echos : Etes-vous satisfaite de ce voyage ?
Mme Dramé : Je suis revenue très heureuse et motivée, je veux donner le meilleur de moi-même et me dire : Oui la jeunesse est confrontée à des difficultés, mais seuls le travail et l’abnégation pourront nous permettre de réussir !
Les Echos : Vous étiez trois jeunes dames à représenter votre pays. Est-ce à dire que la promotion féminine profite réellement à votre génération au Mali ?
Mme Dramé : Le fait que nous soyons 3 jeunes dames a été remarqué. Le Niger aussi était représenté par 3 magnifiques dames que je salue. Le Mali a fait beaucoup de progrès sur le plan de la promotion de la femme. Toutefois, il est important que, parallèlement à cette émancipation de la femme, des dispositions soient prises pour permettre aux jeunes dames de concilier vies active et familiale. Par exemple, le congé de maternité au Mali dure seulement 98 jours, ce qui est peu. Je profite de cette occasion pour interpeller les autorités afin qu’ils prennent en compte cet aspect, car la femme africaine est, pour la plupart, une mère et/ou une épouse qui doit remplir de nombreuses responsabilités.
Les Echos : Qu’avez-vous appris au contact des autres jeunes du continent ?
Mme Dramé : J’ai beaucoup appris, notamment d’une certaine Lin du Swaziland qui fait la même chose que moi dans son association. J’ai aussi appris de Gloria, la Burundaise, l’importance de l’agriculture dans son pays et le volontariat des membres de son groupe des jeunes filles guides du Burundi. Celles-ci contribuent énormément à l’épanouissement économique, politique et social des femmes de toute une province. En outre, Sengooba de l’Ouganda nous a interpellés sur l’importance d’impliquer les personnes handicapées dans nos activités. C’est un aspect très important que nous oublions parfois. J’ai surtout retenu les similitudes dans nos aspirations à travers l’Afrique. Les jeunes Africains ont presque les mêmes préoccupations et aspirations.
Les Echos : Comment comptez-vous exploiter l’expérience acquise lors de ce voyage ?
Mme Dramé : Il faut beaucoup communiquer autour de ce forum pour prouver aux jeunes que l’espoir est permis et que les autorités américaines veulent nous aider. Je ne peux donc que remercier Les Echos pour me donner pareille opportunité. C’est à nous de prendre en main notre développement et c’est maintenant qu’il faut travailler. Je compte beaucoup échanger avec les jeunes au Mali, mais aussi travailler avec ceux que j’ai rencontrés à Washington pour apprendre leurs meilleures pratiques.
Les Echos : Quel appel lancez-vous aux jeunes du Mali, notamment les filles ?
Mme Dramé : Aux filles je dis : étude, étude, étude ! Faites les études les plus longues possibles, peu importe les conditions dans lesquelles vous étudiez, mettez-y du cœur et de la volonté. Lisez surtout, car la lecture est très importante dans la formation d’une personne. Soyez aussi curieuse de l’histoire de l’Afrique ! Il est temps que nous cessons de ressasser nos problèmes. Agissons chacune à notre niveau pour le développement du Mali et de l’Afrique !
Propos recueillis par
Alphaly

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DOSSIER
LA PRESSE ET L’INDÉPENDANCE DU MALI

DE RADIO SOUDAN A L’ORTM
Mme Aïssata Cissé ou la voix qui nous manque

Ses qualités dans le domaine de l'audiovisuel, depuis Radio Soudan jusqu'à l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) en passant par Radio Mali, ne sont cachées à personne. Aïssata Cissé, la doyenne de la presse malienne, s’est dédiée à la tâche. Son professionnalisme est reconnu en dehors des frontières du Mali.

Elle fait partie de ceux qui ont fait la Radio-Mali. Elle, c’est Aïssata Cissé, la doyenne de la presse malienne. Arrivée très jeune à Radio Soudan en 1959, la Nyéleni a vécu tous les changements de la seule chaîne publique du Mali (Radio Soudan, Radio Mali, Radio diffusion télévision du Mali et Office de Radiodiffusion télévision du Mali). Malgré la retraite, Mme Aïssata Cissé anime encore avec Boncana Maïga, une émission coproduite par l’ORTM et Mæstro Sound.
La dame à la voix captivante, s’est spécialisée dans la séduction des auditeurs surtout quand elle présente le journal parlé à la radio nationale ou à la télé. Pour de nombreux fans des émissions de l’ORTM, Aïssata est unique dans sa présentation. "C’est surtout sa voix qui me poussait à écouter la radio même si j’avais pas envie", témoigne un auditeur de Radio Mali.
Avec 45 ans au service de la nation, Aïssata Cissé, selon les témoignages de ses anciens collaborateurs, a été un des piliers sinon la cheville ouvrière de Bozola. "Si ce n’est pas le travail, le courage, mais surtout l’ambition de vaincre, il est rare de rencontrer dans le milieu de la presse des femmes tenir pendant tout ce temps", concède un des anciens collaborateurs.
On se rappelle qu’au cours de la cérémonie organisée le 19 avril 2007 qui a consacré le départ des anciens de l’ORTM, le directeur général de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, a lâché : "Aïssata est une véritable bibliothèque ambulante et le témoin vivant de l’histoire des médias au Mali". Pour lui, Aïssata est "cette battante qui a ouvert la voix à la promotion de la femme dans les médias".
Les autorités ont aussi reconnu sa valeur en la décorant. Les autorités de la Radio nationale ont tenu à immortaliser la citoyenne qui continue à être très active. La salle de rédaction du journal parlé porte son nom. Quoique retraitée, Aïssata n’a rien perdu de son talent. On le croirait toujours à ses vingt ans. De nombreux jeunes journalistes gagneraient à aller à son école.
Amadou Sidibé

 

UN PAN DE L’HISTOIRE
De Radio Soudan à l’ORTM
Instrument privilégié pour l’information, la sensibilisation, l’éducation des masses populaires, la radio est un moyen puissant de communication. Au Mali, Radio Mali a été de tous les combats pour l’avènement de l’indépendance et la construction d’une société démocratique.
De 1957 à nos jours, l’Office de radio diffusion télévision du Mali a connu une histoire riche et tumultueuse en événements, en hommes qui y ont travaillé.
Radio Soudan a commencé à diffuser le 1er juin 1957 sous la responsabilité du premier président du Mali, Modibo Kéita, alors maire de Bamako qui a procédé à son inauguration. La radio qui n’avait qu’une puissance de quelques kilowatts était appelée Radio Soudan.
Après l'indépendance en 1960, Radio Soudan devient la Radio nationale du Mali (Radio-Mali). Elle va emménager dans les locaux de "La Maison de la Radio" dans le quartier de Bozola à Bamako. Ses capacités techniques ont été renforcées avec des émetteurs tchèques de 18 à 30 kilowatts. Ses missions sont : sensibiliser la population, l’informer et véhiculer les idées de l’US-RDA pour une indépendance totale du pays.
En 1968, une page sera tournée dans l’histoire de Radio Mali. Le coup d’Etat militaire de Moussa Traoré et de ses compagnons du Comité militaire de libération nationale (CLMN) met fin au régime socialiste de l’US-RDA.
Radio Mali suit des mutations sociales au rythme de la population. La station bénéficie de l’appui du gouvernement. Ainsi, en 1970, le gouvernement construit quatre émetteurs de 50 kW à environ six km de Bamako, précisément à Kati. Cela permet à Radio Mali d’atteindre une grande partie de l'Afrique occidentale. La portée des ondes étant estimée à environ 2500 km en ondes courtes, moyennes sans modulation de fréquence (FM).
En 1983, La Libye accepte de financer un centre de diffusion à Bamako, ce qui permet de diffuser RTM en chaîne de télévision en couleurs. Plus tard, les Allemands et les Français subventionnent des programmes (1984 et 1990). Ce qui permet d'étendre le réseau intérieur, avec l’ouverture des stations régionales de Ségou (1986), Koulikoro (1989), Sikasso (1990) et Mopti (1993). En 1992, un second réseau de diffusion radio nationale (Chaîne II) est créé.
Le 5 octobre 1992, le gouvernement malien se sépare de la RTM. Par la loi 92-021, la station, du contrôle direct du gouvernement, devient une entité à financement public, mais gérée de manière indépendante. La Radio télévision du Mali est transformée en un établissement public administratif à caractère administratif (EPA). Cela faisait partie du processus de libéralisation nationale, l’avènement de la IIIe République.
Les radiodiffuseurs privés ont été légalisés, et la RTM a été réorganisée en Office de radiotélévision du Mali (ORTM) le 1er janvier 1993. De la "radio coloniale" à celle qui a aujourd’hui "La passion du service public", l’ORTM aura été de tous les combats pour la construction d’une nation juste solidaire, unie et éprise de paix.
L’ORTM, qui a célébré son cinquantenaire en 2007, avait réaffirmé cette ligne directrice dans les différents reportages, témoignages, interviews, entretiens, portes ouvertes de jouer sa partition dans la construction de la nation : en ayant toujours la passion de servir.
Denis Koné

 

ANCRAGE DEMOCRATIQUE
Des Bamakois parlent de l’apport de l’ORTM
Dans le micro trottoir ci-dessous, des citoyens reconnaissent que Radio Mali a joué un rôle important dans l’ancrage démocratique, mais qu’elle doit et peut mieux faire.
Oumar Diarra (juriste) :
" La chaîne nationale est écoutée dans les localités les plus reculées du pays. Son apport dans l’ancrage démocratique a été très grand. Malheureusement, il se trouve qu’elle ne joue pas pleinement son rôle. Elle doit faire plus de place aux débats démocratiques".
Moussa Fofana (société civile) :
" Radio Mali fait des efforts dans la sensibilisation des citoyens. Mais, elle n’est pas toujours capable d’exprimer certaines souffrances et aspirations des populations. La première radio libre ‘Bamakan’ a vu le jour en disant tout haut ce qu’on pensait tout bas. Présentement, les informations ne sont pas données à tous les niveaux, il y a certaines informations qui ne sont pas diffusées sur les bandes de Radio Mali qu’on trouve sur des radios privées".
Mamadou Diarra (artiste) :
" Radio Mali a beaucoup fait dans le renforcement de la démocratie à travers la sensibilisation de la population non alphabétisée par la diffusion d’émissions et des sketches sur la démocratie. A travers certaines émissions, elle a véhiculé des messages de sensibilisation faisant comprendre les réalités du pays aux couches les plus défavorisées et mis le peuple malien au même niveau d’information".
Aïchata Dembélé (ménagère) :
" Radio Mali joue un rôle important dans l’approfondissement de la démocratie. Elle a initié plusieurs émissions pour la compréhension et la consolidation de la démocratie. Mais, elle doit aujourd’hui faire mieux que ça".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia
et Aminita Traoré
(stagiaire)

 

L’ORTM ET L’INDEPENDANCE
Ils ont fait résonner la voix de Radio Mali
Les anciens de Radio Mali comme Oumar Cissé, Amadou Thiam, Papa Oumar Sylla, Fatim Sidibé, Baba Dagamaïssa, Lamine Coulibaly sont des références pour la jeune génération.
De Radio Soudan en 1957, à l’ORTM maintenant que de chemin parcouru ! Si le parcours de Radio Mali s’est prêté à des controverses, la mission est restée intacte : servir le Mali.
Sortie des profondeurs de la nuit coloniale, Radio Mali a soufflé le 7 décembre 2007 ses 50 bougies. De la radio coloniale à la radio de service public en passant par la radio de libération nationale et d’édification, l’histoire de Radio Mali a eu ses pages de gloire mais aussi ses feuillets.
En réalité, les bâtisseurs de Radio Mali l’ont érigée les mains nues avec conviction et patriotisme. Et des présentateurs vedettes ont fait résonner la voix de la station nationale partout au Mali et au-delà des frontières. Il s’agit des anciens comme Abdoul Sy, Abdoul Karim Dravé, Oumar Cissé "OC", Amadou Thiam, Tiémoko Macalou, Tiona Mathieu Koné, Lamine Coulibaly, Aïssata Cissé, Fatim Sidibé, Baba Daga, Baba Djourté, Daba Sérémé, Daouda Ndiaye, Grand Jules… Certains de ceux-ci ont élaboré et présenté un journal spécial à 13 h le 7 septembre 2007 à l’occasion des 50 ans de Radio Mali.
L’édition spéciale a été l’occasion pour de nombreux Maliens qui se demandaient qu’étaient devenues ces icônes du micro. C’était une façon de raviver de vieux souvenirs. Certes, ils ne sont plus à Radio Mali, mais ils sont encore pour la plupart en activité. C’est le cas par exemple de Tiona Mathieu Koné qui est présentement à l’EDM, Lamine Coulibaly, qui s’occupait à l’époque de la communication d’IBK, président de l’Assemblée nationale d’alors, Baba Daga qui était à la primature, Fatim Sidibé au Cespa… Ils n’ont rien perdu de leur voix.
Ce jour-là, c’était de beaux souvenirs pour inspirer l’avenir. Ils ont écrit à leur façon les pages glorieuses et passionnantes de l’histoire de l’ORTM. Ils constituent des références pour la jeune génération.
Mohamed Daou

 

AMADOU THIAM, ANCIEN CADRE DE RADIO MALI
" L’apport de Radio Mali dans la démocratie est réel"
Retraçant l’historique de la station nationale, Amadou Thiam, un cadre de la Radio Mali à la retraite depuis 15 ans, affirme dans un entretien qu’il nous a accordé que l’apport de la Radio dans la démocratie est réel.
Créée en 1957 sous le vocable Radio Soudan, la chaîne nationale a œuvré pour le développement du pays et le renforcement de la démocratie depuis les premières de l’indépendance.
Se rappelant des missions de son ancien service employeur, Amadou Thiam explique que le 22 septembre 1960 le président Modibo Kéita a proclamé l’indépendance du Mali sur les ondes de Radio Mali.
" La puissance de Radio Mali à l’époque était très faible. Elle était 4 kilowatts qui n’arrivaient pas à inonder les 2/3 du territoire national. Malgré ces limites, Radio Mali a servi d’instrument de combat pour le développement et le renforcement de la démocratie", ajoute ce journaliste de la première heure, ancien DGA, ex-conseiller technique au MIPT, ancien ambassadeur du Mali aux Emirats arabes unis (Abu-Dhabi). Et d’indiquer qu’à l’époque "L’Essor" et Radio Mali étaient des monopoles d’Etat.
La principale mission de Radio Mali est la formation de l’homme nouveau, c’est-à-dire l’homme de demain pour le développement du pays. Aux dires de notre interlocuteur, c’est à partir de la révolution de 1991 que l’Etat s’est dessaisi du monopole de la radio. Ce qui a permis la floraison des stations privées. "Chaque radio s’est insérée dans la démocratisation".
Aujourd’hui avec la diffusion d’émissions comme l’Espace d’interpellation démocratique, le rôle de la Radio Mali, selon Amadou Thiam, ne peut être que bénéfique pour la démocratie.
La communication occupe une place centrale dans l’ancrage démocratique, ajoute-t-il. Aujourd’hui, Radio Mali aussi bien que les radios privées jouent un rôle important dans la démocratisation. "L’apport de chaque radio dans la démocratie a été réel", conclut M. Thiam.
Sidiki Doumbia

 

LA PRESSE ECRITE ET LE MALI
Histoire d’un amour difficile
De l’indépendance à nos jours, la presse écrite malienne a connu des fortunes diverses. Difficile de développer cette industrie dans un pays qui boude la lecture… Pourtant, nous avons eu des plumes célèbres !
Il arrive souvent, dans les moments de doute et d’interrogation, que l’on se pose souvent une question toute simple : pourquoi les Maliennes et les Maliens ne lisent pas ? Question toute naïve en apparence mais qui, au fond, est liée à une réponse qui nous désespère.
Les citoyens de ce pays ne lisent pas parce que jamais, avant, pendant et après notre indépendance, nous n’avons collectivement senti le besoin permanent de nous instruire, de nous former, de nous informer. De 1960 à 1968, nous avions, pour ce Mali, un rêve de destin collectif, de commun vouloir de vie commune et des ambitions de nous hisser parmi les meilleurs d’Afrique.
Hélas ! Le coup d’Etat du 19 novembre 1968 et venu détruire toute la base, détruire le métier d’enseignant et instaurer une maladie qui ravage encore la patrie. A la place de l’instruction, de l’éducation, de la lecture, de la culture, nous avons vu naître d’autres valeurs, deux obsessions qui sont : devenir porteur d’uniforme ou "grand commerçant riche".
A quoi sert l’école est devenu le credo. Et nous avons ce résultat. Aujourd’hui, au Mali, aucun journal ne vend 5000 exemplaires par jour. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire, certains en vendent 40 000 ! Au Burkina, ils sont au moins trois à vendre 15 000 exemplaires.
Et le gouvernement ne fait rien pour encourager la circulation de la presse. A cause de la TVA et des taxes, du refus d’exonérer la matière première qui entre dans l’impression des titres et aussi de l’électricité la plus chère de la sous-région par rapport au niveau de vie, nous aurons encore pour longtemps les journaux les plus coûteux.
Et pourtant, le Mali a su produire, même sous le régime militaire, des plumes qui ont fait notre fierté dans la Francophonie. Nous pouvons citer les Cheick Mouktari Diarra, Bandiougou Bidia Doucouré, Mamadou Kaba, Soumeylou Boubèye Maïga et d’autres pour ce qui concerne la presse écrite. Qui ne se souvient des articles iconoclastes publiés par la revue gouvernementale Sunjata que des journalistes intelligents et téméraires avaient créé pour contourner astucieusement la censure ?
Même dans les pires moments de la dictature sauvage de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), les frères Drabo, Souleymane et Gaoussou arrivaient, en prenant des sujets apparemment légers, à nous épater par leur plume et leur culture.
Comment peut-on évoquer ce parcours de la presse malienne sans citer feu le doyen Boubacar Kéita qui, seul, produisait et diffusait sur papier ronéotypé son cinglant canard "La Roue" ? A toutes les étapes de la vie politique nationale, des journalistes ont osé rompre les rangs pour mettre le doigt sur la plaie de l’infamie qui détruisait tranquillement ce pays.
Cheick Mouktari, Bandiougou Bidia (qui était aussi syndicaliste), S. B. Maïga ont publié des textes qui ont attiré l’attention de l’opinion et secoué la tranquillité des dictateurs.
On ne peut cependant que regretter, en observant ce qui se passe ailleurs dans le monde, que le débat d’idées, la confrontation d’arguments solides entre protagonistes ne soient pas une culture au Mali. Les rares "débats" tournent vite à l’inquisition ou à l’invective.
Pour les jeunes de notre génération de Dakar, rares sont ceux qui oublieront les échanges (intellectuellement) musclées entre les professeurs de droit Kader Boye et Jacques M. Zouenkeu, de l’Université locale. C’était dans les colonnes de Sud-Hebdo. Un vrai régal mais quasi impossible.
Ousmane Sow

 

EPILOGUE
Le combat de la presse
La presse au Mali a joué un rôle déterminant dans la marche vers la démocratie et donc dans l’amélioration des conditions de vie et de travail des masses laborieuses. Son combat pour plus de liberté ne fut pas facile parce qu’en face les gouvernants, pourtant comprenant des hommes issus du peuple et même de la médina, s’accrochaient à leurs privilèges et bloquaient l’évolution du pays. Dès le début, de façon timide toutefois, la presse prit le parti du peuple et s’attira la méfiance des pouvoirs politiques.
Sous la Ire République qui avait mis au pouvoir un parti unique de fait, elle fut complètement étatique et au service du parti et du gouvernement. En dépit de cette orientation, elle fut de qualité même si elle était animée par des gens qui n’étaient pas des professionnels de la presse, mais de cadres passionnés pour ce métier.
Le nationalisme de l’époque et la ferveur militante suscitée par le contexte politique permirent de combler partiellement le manque de formation et de donner la bonne information sans tomber dans la flagornerie et l’apologie. Mais incontestablement, le dirigisme imposé par l’Etat ne lui permit pas de s’épanouir pleinement, ce qui explique à suffisance le nombre réduit de journaux et de revues de cette époque.
Qu’il s’agisse de la presse écrite ou de la presse parlée, l’époque est surtout caractérisée par l’éloquence des animateurs de radios et par le style presque parfait des rédacteurs. Cette presse avait un rôle d’éducation qu’elle assuma tant bien que mal malgré l’insuffisance des moyens mis à la disposition des acteurs du secteur et leur faible niveau de formation.
La période du CMLN et de l’UDPM fut celle de la descente aux enfers de la presse. Toutes les libertés ayant été confisquées, à commencer par celles relatives à la presse, celle-ci fut sans voix 23 ans durant. Le seul quotidien autorisé "L’Essor" fut aux ordres du régime et ne parlait que de ce que les militaires et leurs acolytes civils voulaient bien entendre. La radio nationale fut presque réduite aux avis et communiqués et aux pages nécrologiques lorsque des groupes de griottes, chantant les louanges des militaires, ne l’accaparaient pas.
Ce bâillonnement de la presse eut des conséquences désastreuses sur la qualité des informations diffusées et l’édition des revues à caractère culturel. En 23 ans de règne, le régime, très méfiant vis-à-vis des lettrés en général, ne produisit qu’un nombre dérisoire de journaux et de revues. Il faut d’ailleurs souligner que ces parutions étaient presque toutes au service des barons du régime et à leurs amis civils.
Non seulement, elles étaient de qualité médiocre, mais également développaient des thèmes enfantins qui n’avaient rien à voir avec le développement économique du pays. Dans le domaine de la presse, cette période est surtout caractérisée par la léthargie, la médiocrité et l’infantilisme visant à faire l’éloge du chef, de son épouse et de son clan. La presse croulait sous le poids de la censure et des autres moyens de répression. Dans les années 1980-1989, la presse redevint courageuse et passe pour ainsi dire dans l’opposition politique. Il était alors apparu, avec l’installation du parti unique constitutionnel, que toute collaboration avec le régime était impossible et qu’il fallait œuvrer à sa chute.
Les hommes de presse n’hésitaient plus à dénoncer les maux qui rongeaient la société et la corruption installée dans les rangs de la classe politique officielle. Les différentes luttes entreprises dans ce cadre mirent le régime aux abois et finalement aboutirent à sa chute en mars 1991. Dans cette lutte contre l’autocratie, deux titres se manifestèrent de façon précoce : "Les Echos" et "Aurore", mais il peut y en avoir d’autres. Alors que jusque-là, la presse était d’Etat, après mars 1991, elle fut libéralisée, ce qui permit une floraison étonnante de titres et de revues.
Le paysage médiatique, au lendemain de mars 1991, était riche de plusieurs titres dont les 3/4 travaillaient dans le sens de l’approfondissement et de la consolidation de la démocratie. Mais dans le tas, il y avait aussi quelques-uns qui œuvraient pour le régime tombé, donc dans le sens de la restauration. Les gouvernements de la IIIe République les tolérèrent ou décidèrent de les ignorer pour bien faire voir que la démocratie, c’était aussi la pluralité de la presse.
A côté de cette presse privée, il y avait la presse d’Etat qui travaillait pour le gouvernement et défendait la ligne officielle de celui-ci. De cette période à maintenant, des titres continuent de paraître dans tous les domaines de la vie socio-économique, mais force est aussi de reconnaître que tous ne sont pas de qualité.
Le recrutement de jeunes diplômés sans emploi dans le métier de journalisme sans contrôle, a contribué à faire baisser certainement le niveau de certaines publications. Il faut aussi noter l’accaparement de certains organes par des politiciens ou par des opérateurs économiques. Toutes choses qui conduisent à des orientations dangereuses.
La presse a donc joué son rôle de 4e pouvoir depuis 1991 avec des hauts et des bas, mais il n’y a aucune comparaison facile avec la période antérieure tant du point de la qualité que de la quantité.
Facoh Donki Diarra


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MALI-GUINEE : 0-2
Une autre déception
En match amical international disputé le mercredi dernier à Marignane (France), la Guinée l'a emporté (2-0) sur le Mali.
Les matches amicaux pour préparer les prochaines éliminatoires de la Can-2012, se sont disputés mardi et mercredi derniers. Le Mali a joué à Marignane son premier match sous la direction d’Alain Giresse. Conséquence du parcours sans gloire à la dernière Can, cette rencontre amicale était l’occasion pour les nouvelles têtes de se montrer. Le Syli National, désormais coaché par Michel Dessuyer, a trouvé l'ouverture avant la pause (34e) par Kamil Zayatte. C'est Constant Kevin (52e) qui a marqué le but du break.
Depuis l’élimination des Aigles dans la Can-2010, les signes de faiblesse étaient au rendez-vous. Encore une fois le public sportif malien est déçu des joueurs de l’équipe nationale. On ne peut que constater que ces joueurs manquent de fierté, de courage pour défendre le drapeau national, à l’inverse des Ghanéens, Zambiens. Pourquoi les Aigles ne peuvent-ils pas nous faire pleurer de joie ? Il faut reconnaître l’échec parfois et se dire qu’ils n’ont pas joué du tout.
Boubacar Diakité Sarr

HAMMADOUN K. CISSE, PRESIDENT MALIFOOT
" Notre championnat est très élevé"
Le Stade malien de Bamako a été sacré champion du Mali de la saison 2009-2010. Mercredi dernier, les Blancs ont reçu le trophée à l’occasion de la cérémonie de clôture de la saison au stade Modibo Kéita. Le bilan de celle-ci est jugé satisfaisant par le comité exécutif de la Fédération malienne de football. Hammadoun Kolado Cissé, le président du bureau fédéral l’a affirmé à l’issue du dernier match CSK-Réal (3-0). Entretien.
Les Echos : Quel jugement portez-vous sur la saison 2009-2010 ?
Hammadoun Kolado Cissé : Cette saison est une saison de satisfaction parce que pour la première fois, la compétition a eu un sponsor officiel. On est également satisfait du niveau du jeu. Le niveau du football malien a progressé et la Caf l’a reconnu. C’est pour cela que nous sommes rentrés dans le Top 12. Il faut que le niveau du championnat soit élevé pour rentrer dans le Top 12 et au Mali, aujourd’hui, le niveau de notre championnat est très élevé. La preuve est que le champion a été connu seulement à l’issue de l’ultime journée, de même que les équipes relégables. Donc il y a un nivellement de valeurs dans le football malien.
Les Echos : A quoi attribuez-vous ce progrès ?
H. K. C. : Je profite de l’occasion pour remercier tout le monde : nos partenaires, nos sponsors, les sponsors des clubs, les journalistes. Bref, c’est la victoire de tout ce groupe parce que le football ne peut pas avancer sans leur apport. On remercie particulièrement notre sponsor officiel, Orange-Mali, et notre partenaire, l’ORTM. L’ORTM, c’est un partenaire qui nous a accompagné et le championnat est sur le petit écran. C’est un grand effort que l’ORTM a déployé pour que le Mali profond puisse voir le championnat.
Les Echos : Y aura-t-il d’autres retouches la saison prochaine ?
H. K. C. : Chaque année, nous comptons faire quelque chose. Cette année, on n’a pas pu donner beaucoup d’argent aux clubs, le champion a eu 7 millions de F CFA et c’est une première au Mali. Le vice-champion 6 millions et tous les autres clubs ont perçu quelque chose. L’année prochaine, nous ferons en sorte que les clubs bénéficient d’une manne financière conséquente parce que sans eux, le football ne peut pas progresser.
Les Echos : Et sur le terrain ?
H. K. C. : Il y a eu des matchs serrés avec un faible taux de buts inscrits par rapport à la dernière saison où nous étions à 400 contre 300 cette année. Cela veut dire que les clubs sont au même niveau. Aujourd’hui, il est difficile de pronostiquer les rencontres. On vient au terrain, on ne sait pas qui gagne. C’est ça la beauté d’un championnat.
Les Echos : Que pensez-vous de la grève des clubs ?
H. K. C. : Je suis très satisfait malgré des problèmes au début du championnat parce que entre les clubs et la Fédération il y a eu malentendu. Heureusement, tout le monde a fait un effort pour que le championnat puisse continuer et aller à terme. Dieu merci, tout est bien fini aujourd’hui.
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr

 


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