Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2010

Mois d'août

Les Echos du 12 août

 

SIDY SOSSO DIARRA, VERIFICATEUR GENERAL
" Le Mali reste un pays très corrompu"
Avec plus de 112 milliards de F CFA de manque à gagner pour le Trésor public, le rapport 2009 du Bureau du vérificateur général a été révélé à la presse hier. Sidy Sosso Diarra a en conclu que nous sommes dans un Etat corrompu même s’il estime que des solutions politiques de lutte sont engagées.
De 2006 à 2008, les caisses de l’Etat et de certaines structures ont été soulagées de 112,37 milliards de F CFA. Cette révélation est faite dans le rapport 2009 du BVG dont la presse a pris connaissance au cours de la traditionnelle conférence de presse qui suit la publication et la remise officielle dudit rapport aux institutions de la République.
Le rapport, qui révèle plus d’une centaine de milliards qui manquent à l’appel des caisses de l’Etat, a été rédigé à la suite de 43 rapports émis sur 22 structures. L’argent détourné ou dilapidé est imputé à la fraude (17 %) pour 19,32 milliards de F CFA et la mauvaise gestion pour 93,05 milliards de F CFA (83 %). L’espoir reste permis de recouvrer 48,41 milliards dans ce montant, soit 43 %.
Au vu de cette saignée financière, Sidy Sosso Diarra répondant à une question de la presse a affirmé que "nous sommes un pays corrompu". Mais pour lui, à la différence de beaucoup de pays de la sous-région, nous sommes en train de régler le problème. "C’est une volonté et un courage politique de traquer la délinquance financière. C’est déjà un début de solution. Le Mali reste un pays corrompu, il est en voie de l’éradiquer. Il ne faut pas se faire d’illusion, ce n’est pas en 5 ou 10 ans que la solution va être trouvée", a affirmé le Végal.
Les services de l’assiette et du recouvrement (douanes, impôts, trésor) sont les plus concernés par cette perte financière pour l’Etat. Quatre directions régionales de l’Agence centrale comptable du trésor (ACCT) sont épinglées pour 86 milliards de F CFA. Cette hémorragie financière résulte de 21,47 milliards de F CFA de chèques non présentés à l’encaissement et de chèques sans provision et 18,51 milliards de F CFA de restes à recouvrer.
Trente milliards recouvrables
Le rapport parle de l’"Initiative riz" dans le cadre de laquelle un marché d’engrais de 12 milliards de F CFA a été octroyé de gré à gré sans enregistrement au domaine. Pis, l’Etat a été amené à se porter garant auprès d’une banque pour 500 millions de F CFA. Même si après le conseil des ministres a régularisé le marché, le rapport a décelé une perte de 1,5 milliard de droits compromis de TVA.
Moumouni Guindo, magistrat et vérificateur, a affirmé que cette régularisation n’était pas la faute commise dans le respect du code des marchés publics et les dilapidations de fonds. Il s’est toutefois gardé de dire si une action judiciaire sera enclenchée et qui devra en répondre.
Sidy Sosso Diarra s’est félicité d’avoir permis au Trésor public de recouvrer au cours de son mandat environ 370 milliards de F CFA de droits compromis. Il a aussi indiqué que 30 milliards sont en train d’être recouvrés dans des banques au compte de l’Etat dont 8 milliards de F CFA à la BDM-SA. Selon lui, des services comme les impôts, la douane et la société de vérification Bivac n’ont pas facilité le travail au BVG en lui fermant la porte au nez ou en refusant de livrer aux vérificateurs les informations de base sur les importations et les exonérations.
Le Végal fait le constat d’une régression de la lutte contre la corruption, malgré la volonté politique et les débuts de solutions apparentes si des structures pourvoyeuses de sous à l’Etat rechignent à donner leurs bases de données.
Le projet de vérification de 2010 portent sur les ambassades particulièrement celle de Genève, a précisé Sidy Sosso Diarra. La vérification attend 8 ambassades cette année.
Abdrahamane Dcko

Acceuil


INSECURITE DANS LA BANDE SAHELO-SAHARIENNE
Des réflexions pour des stratégies nouvelles
Les efforts ne cessent d’être déployés contre l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne. Un forum sur le rôle et la place de la société civile dans la consolidation de la paix dans la bande sahélo-saharienne se tient du 10 au 12 à l’Ecole de maintien de la paix.
Les journées de réflexion sur le rôle et place de la société civile dans la consolidation de la paix, de la sécurité et du développement dans la bande sahélo-saharienne regroupent des experts de la paix, des acteurs de la société civile à l’Ecole de maintien de la paix. Présidée par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, l’ouverture des journées a eu lieu le mardi.
Le forum vise à approfondir et à dégager les meilleures stratégies devant servir de base à la consolidation de la paix et de la sécurité dans la bande sahélo-saharienne.
Saluant l’engagement de la société civile dans la lutte pour la paix et la sécurité, le ministre Kafougouna Koné dira que le président de la République, préoccupé de la paix dans la bande sahélo-saharienne, s’implique personnellement auprès de ses pairs pour qu’ils conjuguent leurs efforts afin de garantir la paix et la sécurité dans la sous-région.
Le ministre indiquera que nous devons conjuguer nos efforts pour traquer les bandes de narcotrafiquants, dont la zone sahélo-saharienne est devenue le lieu de prédilection.
" Nous devons conjuguer nos efforts tant sur le plan humain que matériel et financier pour endiguer le phénomène de l’insécurité à caractère transnational qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes", a ajouté le directeur du Programme de contrôle des armes légères de la Cédéao (Ecosap).
Les vulnérabilités des frontiières dans la bande sahélo-saharienne constituent aujourd’hui une source d’insécurité régionale favorisant le trafic d’êtres humains, d’armes, de cigarettes et de voitures volées. L’ampleur de cette insécurité justifie la multiplication des efforts en faveur de la paix dans la zone.
Sidiki Doumbia

[haut]

Acceuil


GILLES DE KERCHOVE, RESPONSABLE ANTI-TERRORISME DE L'UE
" AQMI est à Kidal à cause du désinvestissement de l’Etat du Mali"
Ce poste a été créé en 2005 par l’ancien haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne et confirmée par le Conseil européen. Il contribue à une meilleure intégration de toutes les politiques vouées à mieux prévenir et à mieux lutter contre le terrorisme, veiller à ce que toutes les institutions européennes mettent en œuvre la stratégie contre le terrorisme, adoptée en 2005. Depuis sa nomination, il est parvenu à mobiliser des fonds européens et de l’expertise nationale sur des pays ou des régions comme le Pakistan, le Yémen, le Sahel, le Bangladesh, bientôt l’Afghanistan, la Somalie et l’Asie centrale. Sa mission est de créer des ponts entre des mondes, entre l’UE et les Etats membres, en étant le visage de l’Union européenne dans la lutte contre le terrorisme. Dans l’interview qui suit, il situe le rôle de l’UE dans "la crise du Sahel".
Les Echos : Il y a quelques semaines la France et la Mauritanie ont mené une opération militaire conjointe au Mali contre Al-Qaïda au Maghreb qui n’a pas eu les résultats escomptés. Que pense l’Union européenne de cette intervention française ? Pensez-vous qu’elle peut aider à lutter contre cet ennemi invisible ou, qu’au contraire, elle va provoquer une escalade dans la région ?
De Kerchove : Je me garderais de tout commentaire concernant cette intervention militaire et sa réussite ou pas. Là où je peux saluer l’opération c’est qu’elle traduit un effort de la part des autorités mauritaniennes à prendre des mesures fortes pour lutter avec des moyens militaires contre les katibat de l’AQMI. Ceci s’inscrit dans un cadre plus général dans lequel l’Union européenne s’est engagée depuis un an et demi à travers la formulation d’une stratégie "sécurité et développement" pour aider les pays du Sahel, et plus particulièrement la Mauritanie, le Mali et le Niger, à renforcer leur dispositif de prévention et de lutte contre le terrorisme, ainsi que contre d’autres facteurs d’instabilité comme le trafic de drogue, le trafic d’armes ou l’immigration illégale.
Les Echos : Malgré les menaces terroristes qui pèsent sur les pays de la sous-région, l’UE est inscrite aux abonnés absents. Qu’attendez-vous pour venir en aide à ces pays comme le font les USA par exemple ?
De Kerchove : Ce n’est pas du tout exact. L’Union européenne fait déjà beaucoup, en tout cas plus que les Etats-Unis au niveau de l’assistance. La stratégie "sécurité et développement" que je viens de mentionner s’inscrit dans cette volonté de repenser notre aide au développement et d’intensifier notre soutien au renforcement des dispositifs de sécurité, et ce de manière intégrée. L’engagement de l’UE présuppose une détermination de la part des autorités nationales des pays du Sahel d’investir dans les dispositifs de sécurité et l’identification de projets adéquats.
Dans le cadre de la reprogrammation du 10e Fed, l’UE compte mettre des accents particuliers dans des projets de développement au sein de zones géographiques qui connaissent une forte insécurité. A titre d’exemple, au nord du Mali, dans la région de Kidal, il est clair que l’absence de l’Etat et des services publics, l’absence de perspectives économiques pour les jeunes constituent un facteur d’instabilité qui peut conduire ces derniers à rejoindre des groupes criminels. Il nous faut donc redéployer l’Etat dans ces régions.
Au Mali c’est ce que nous faisons dans le cadre du Programme d’intervention d’urgence pour la réduction, voire l’éradication de l’insécurité au Nord-Mali (Pirin) lancé par les autorités maliennes. Par ailleurs, je tiens à rappeler qu’avec les appuis budgétaires, l’UE soutient financièrement les défis majeurs des pays concernés comme la construction de routes, indispensable pour désenclaver la région ou bien l’aide à la formation pour la sécurité et la justice. Cela dit, nous comptons augmenter nos efforts dans chacun des pays du Sahel menacés par le terrorisme et favoriser des initiatives régionales.
Les Echos : À moyen terme, quel appui peut-on attendre de l’Europe ?
De Kerchove : Il y a d’un côté l’appui technique à travers la mobilisation de fonds communautaires avec par exemple l’envoi d’experts chargés de former la police et de la justice. De l’autre, il y a la dimension politique, plus complexe évidemment, dans laquelle l’UE cherche à créer un climat de confiance entre les partenaires de la région. Malheureusement force est de constater que cette confiance n’est pas toujours au rendez-vous. Cette dimension politique s’inscrit dans le cadre de l’initiative avec l’Algérie, qui a réuni les ministres des Affaires étrangères et les chefs des services de renseignement, et mis en place un Etat-major à Tamanrasset.
En règle générale, nous sommes ouverts à toutes formes d’initiatives régionales, car compte tenu de la géographie de la région, on ne peut pas envisager des actions isolées. Nous sommes donc favorables à la création de centres de formations régionaux pour faciliter le cadre légal de la coopération régionale ou à favoriser des actions militaires conjointes.
Concrètement, il y a un exercice d’identification qui est en cours pour des projets particuliers. Dans le cadre de "l’instrument instabilité" nous avons mobilisé 5 millions d’euros au Mali et en Mauritanie. A titre d’exemple, en Mauritanie une partie des fonds est dédiée au renforcement des contrôles aux frontières à travers une vingtaine de postes frontières, dont sept sont prises en charge par la France tandis que les treize autres seront soldés par l’Union européenne.
Il faut ajouter à cela la constitution de bases de données, la création à Nouakchott d’un pôle de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, un peu sur le modèle de l’Audience nationale en Espagne ou de la Galerie Saint-Elois en France. A Bamako, nous ouvrirons un bureau d’appui pour aider les autorités de sécurité maliennes et mauritaniennes ainsi que les autorités judiciaires à traiter les dossiers de terrorisme avec plus de compétences et d’expertise. Comme je l’ai par ailleurs indiqué, tant au titre du 10e Fed que de "l’instrument instabilité" nous allons soutenir le plan Pirin du Mali.
Ce fut en tout cas un des thèmes de discussion de la rencontre que j’ai eue en juillet dernier à Bamako avec le président malien Amadou Toumani Touré. Nos représentants sont en train de négocier sur place avec la Communauté internationale à Bamako pour élaborer une feuille de route dans laquelle tous les donateurs et les autorités maliennes vont programmer l’installation de pôles de sécurité et de développement.
Les Echos : Installé à Tamanrasset le 21 avril dernier, le comité d’état-major opérationnel conjoint entre l’Algérie, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso ne semble pas encore en mesure d’être à la hauteur des défis qu’il s’est fixé ; à savoir : multiplier la coopération militaire et sécuritaire dans le cadre de la lutte commune contre la criminalité et le terrorisme dans les bandes frontalières. Qu’attend l’Union européenne de ce comité ?
De Kerchove : Il est trop tôt pour juger l’efficacité de ce comité. L’échange d’informations dans le domaine du renseignement nécessite un niveau de confiance qui ne s’atteint pas en quelques mois. C’est un travail de longue haleine. Nous, Européens en savons quelque chose. Je devrais me rendre prochainement à Alger pour rencontrer les autorités algériennes et discuter, entre autres, de l’évolution du comité et d’un appui éventuel de l’UE. Lors de mon séjour à Niamey, le président par intérim, ainsi que le Premier ministre et le ministre de la Défense m’ont fait part de leur grande disponibilité par rapport au comité d’état-major.
Les Echos : Dans les deux dernières années, les tentatives de coordination entre les pays du Sahel pour combattre Al-Qaïda ont été mises à mal par des divergences de fond quant à la stratégie à adopter. D’un côté nous avons l’Algérie et la Mauritanie adeptes d’une stratégie agressive, de l’autre le président Amadou Toumani Touré contre les opérations militaires. Est-ce que l’opération franco-mauritanienne sur le territoire malien marque un tournant ?
De Kerchove : Je n’ai pas les informations suffisantes pour dire s’il s’agit d’un tournant ou pas. En tout cas, c’est peut-être le signe que les choses changent dans la bonne direction. Lors de mon entretien avec le président malien, j’ai eu le sentiment que ce dernier était déterminé à prendre les mesures nécessaires pour renforcer les dispositifs de sécurité. J’ai noté également un début de collaboration efficace entre le Mali et le Niger avec des opérations conjointes non loin de Niamey. En ce qui concerne les rapports entre le Mali et la Mauritanie, des améliorations sont nécessaires. Je pense que la prise de conscience augmente dans l’ensemble de la région, sûrement du côté de la Mauritanie, dont le président affiche une volonté très claire de combattre le terrorisme. Le moment est peut-être venu pour passer à une phase plus active.
Les Echos : Pourquoi le terrorisme se déplace-t-il dans la bande sahélienne ?
De Kerchove : La fermeté et l’efficacité de l’action des autorités algériennes a fortement contribué au déplacement des activités d’Al-Qaïda au Maghreb dans la bande du Sahel. Ce n’est pas un hasard si les deux katibat sont organisés autour d’un commandement algérien. Celles-ci ont cherché et trouvé un sanctuaire dans des pays dont les services de sécurité sont par nature moins efficaces. Donc à la fois pour des raisons géographiques et pour des raisons liées aussi au désinvestissement de l’Etat du Mali dans le Nord du pays à la suite des accords avec les Touaregs, Al-Qaïda au Maghreb a su occuper la région de Kidal.
Les Echos : Le fait que les pays européens paient des rançons ou contraints nos Etats à des échanges n’encourage-t-il pas les terroristes ?
De Kerchove : Indubitablement, les rançons qui auraient pu être payées à la suite d’enlèvements sont un facteur important de financements. Ce sont des sommes considérables pour une région dont les gens sont très pauvres. Il n’est pas très cher de s’adjoindre la complicité ou le concours actif des habitants du Nord du Sahel. Ceci permet aux deux katibat de disposer de véhicules, de relais d’approvisionnement et d’une bonne connaissance du terrain. Aujourd’hui, la grande difficulté est de bien analyser les relations entre les trafiquants, les katibat et les Touaregs.
Les Echos : Quels sont les moyens dont on dispose en termes de prévention pour contrecarrer l’AQMI ?
De Kerchove : Il y a du renseignement électronique avec des observations satellitaires, il y a aussi les capacités algériennes qui sont loin d’être négligeables, il y a l’effort européen pour renforcer les moyens des pays du Sahel. Je pense à la France, l’Allemagne et l’Espagne au Mali, à l’Italie au Niger, au Danemark et à la Grande-Bretagne qui vient d’ouvrir une ambassade à Bamako et qui à partir d’Alger envoie de plus en plus de diplomates et d’experts dans la région.
Les Echos : Pensez-vous que des responsables politiques locaux sont ou peuvent être impliqués ou complices ?
De Kerchove : Les différents accords qui ont été conclus dans la région, soit avec l’aide des Algériens au Mali ou des Libyens au Niger, tardent à être mis en œuvre. Ce retard crée du ressentiment, qui, à son tour, constitue un facteur d’insécurité dans lequel s’engouffrent les Touaregs. Je n’ai pas d’informations spécifiques sur le rôle que peuvent jouer les autorités locales, mais la capacité des katibat de l’AQMI à évoluer dans cet environnement laisse à penser qu’il y a certainement des complicités ou pour le moins des tolérances. J’en reviens donc au point central de ma réflexion, c’est-à-dire à la nécessité de promouvoir des capacités de développement alternatives pour réduire les tentations des populations locales de laisser se développer des filières criminelles.
Les Echos : Quelles sont les marges financières dont dispose l’UE pour promouvoir ces capacités de développement alternatives lorsque l’on sait que pour faire face à la crise économique de nombreux pays européens procèdent à des coupes budgétaires très sévères dans les domaines de la coopération au développement et de la défense ?
De Kerchove : C’est exactement le message que je ne cesse de répéter aux différents responsables politiques de la région. Il y a tellement de sollicitations, tellement de défis à relever dans le monde que le Sahel n’est pas au sommet de l’agenda politique international de l’UE. Il le devient si des responsables politiques maliens, nigériens ou mauritaniens portent ce dossier à Bruxelles, le soutiennent suffisamment pour le pousser en haut de la liste des priorités de l’UE, tout en démontrant une volonté affichée de faire bouger les choses et de passer à l’action.
Si au contraire, il y a de la passivité, au moment des choix il y aura la tentation de mobiliser plus de ressources vers des pays ou des régions dans lesquels des efforts se traduisent dans des résultats plus convaincants. A Bruxelles, il y a une volonté réelle d’intensifier l’aide dans le Sahel, une région proche de l’Union européenne. C’est important pour les pays de la région et les intérêts européens qui y sont présents. A terme, on peut aussi s’interroger sur les liens entre l’AQMI et certaines cellules de support en Europe.
Nous avons eu la difficile expérience du GIA dans les années 90, où il y avait des cellules logistiques qui au départ se limitaient à collecter de l’argent ou à assurer des faux papier, pour ensuite devenir des cellules actives qui ont été à l’origine des attentats commis en France en 1995. Dans les services de renseignement européens, on suit tout cela de très près, car il en va aussi de la sécurité du territoire européen ainsi que des ressortissants UE présents dans les pays du Sahel.
Les Echos : Quel va être l’impact du nouveau Service extérieur de l’Union européenne sur l’action de l’UE dans la région ?
De Kerchove : Il n’y aura pas de changement radical, mais ce service va sûrement renforcer l’approche intégrée que j’ai mentionnée à plusieurs reprises dans cette interview. Nous avons là un cas d’école intéressant dans lequel il faudra insérer une coordination entre les efforts assurés au niveau intérieur de l’espace européen par les ministères de l’Intérieur et ceux extérieurs par les ministres des Affaires étrangères.
Propos recueillis à Bruxelles par
Joshua Massarenti
Le Calame
Les Echos
(avec la collaboration www.afronline.org)

[haut]

Acceuil


ACCIDENTS DE LA ROUTE
Danger des gros-porteurs et laxisme de l’Etat
Les gros-porteurs continuent de semer la terreur à Bamako malgré l’existence de texte qui limite pourtant leur circulation dans le temps et dans l’espace.
Le bilan des deux accidents de la route survenus, il y a une dizaine de jours sur la RN 6 (route de Ségou) et à Bamako au niveau du passerelle des piétons du Quartier-Mali a été lourd : il y a eu plus d’une vingtaine de morts et plusieurs blessés. Ces drames ont remis sur le tapis le débat sur l’insécurité routière dont la responsabilité, au-delà de l’indiscipline des usagers de la route, incombe surtout à l’Etat.
Le commandant adjoint de la Compagnie de circulation routière (CCR), le commissaire Modibo Kéita, qui a coordonné l’opération de secours aux victimes de l’accident du dimanche 1er août 2010 au Quartier-Mali, a levé la voile sur le laxisme de l’Etat à propos de la circulation des gros-porteurs dans la ville de Bamako.
Sur le ton de colère, il a rappelé que réglementairement les gros-porteurs ne sont autorisés à circuler dans la ville qu’entre minuit et 6 h du matin les jours ouvrables. Par contre, le week-end, ils sont autorisés de 10 à 16 h.
Le policier venait de jeter une pierre dans le jardin des autorités qui, face aux pressions des syndicats de transporteurs, ont fermé les yeux sur les mesures de restrictions qu’elles avaient édictées.
Et pourtant les pauvres innocents continuent de mourir à cause de la faiblesse des autorités du district à imposer un règlement qui fera certainement le salut des bamakois confrontés au casse-tête des gros-porteurs.
Dissuasion
" La dernière fois, lorsque la mesure est entrée en vigueur, les gros-porteurs ont fait la grève. J'ai écrit au maire pour lui demander de surseoir à son application. Mais, ces derniers temps les gros-porteurs ont causé plusieurs accidents. Face à cette situation, nous avons décidé de lever la suspension car il s'agit de préserver la vie des citoyens". Ces propos sont du gouverneur de Bamako Ibrahim Féfé Koné. Ils témoignent tout le laxisme qui prévaut dans la limitation de la circulation des gros-porteurs.
L’adjudant de police Bréhima Sissoko du commissariat du 4e arrondissement, qui a fait le constat de l’accident mortel du 1er août de Quartier-Mali, confirme que la cause du drame est liée à une défaillance du système de freinage du gros-porteur impliqué. Celui-ci après avoir été à la base d’un carambolage a tué sur le coup deux personnes.
Le laxisme de l’Etat est palpable également au niveau de la visite technique des véhicules assurée par un établissement privé : Mali Technique Système (MTS).
Les automobilistes démentiront difficilement la pratique frauduleuse qui prévaut au MTS ou il suffit souvent de glisser un billet de 2000 F CFA pour que des agents déclarent votre engin en bon état de marche. Des milliers de voitures défaillantes continuent d’emprunter nos routes.
Les policiers font de leur mieux malgré tout ce que l’on peut leur reprocher en matière de racket. Car, imaginons un instant la circulation de Bamako sans agent : ce serait la chienlit totale. Or, leur seule présence a un effet dissuasif sur le comportement des usagers de la route.
" Il nous faut trouver la bonne formule pour les empêcher de faire autant de dégâts qu’ils le font présentement", suggère, dépité, le commissaire Kéita convaincu qu’il urge d’appliquer l’arrêté n°25/M-DB du maire du district portant réglementation de la circulation et du stationnement des gros-porteurs dans le district de Bamako.
Amadou Waïgalo

[haut]

Acceuil


C’EST ARRIVE HIER A NIAMANA
Un car de Bittar immobilisé faute de pièces
Se croyant tout permis au Mali, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali ne se donne plus la peine de mettre en règle ses cars. L’un d’eux en provenance de Ségou a été arrêté hier au poste de contrôle de Niamana.
Le car V-4910-MD de la compagnie Bittar Trans avait quitté hier mercredi à 5 h du matin Ségou pour Bamako, avec à son bord, environ 70 passagers. Si le car en question a franchi les postes de contrôle de Ségou et de Fana sans problème, il n’en a pas été de même pour celui de Niamana.
Arrivé à ce poste aux environs de 9 h, l’autobus a été immobilisé pour défaut de documents. Selon nos informations, le véhicule ne disposait pas de papiers relatifs à la visite technique, l’assurance, la carte de transport…
Il était presque connu que les cars de la compagnie Bittar Trans tombaient fréquemment en panne sèche en cours de voyage. Mais l’on ne savait pas que certains de ses cars n’étaient pas en règle vis-à-vis de l’administration d’Etat et du fisc. Le cas du V-4910-MD est assez révélateur. Désabusés puisque abandonnés à leur sort, les passagers étaient obligés d’emprunter soit un taxi ou une Sotrama pour rallier le centre ville.
Le soutien du régime au président controversé de la CCIM de surcroît président du Conseil économique, social et culturel et tout récemment 1er vice-président du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) semble faire perdre à Jeamille Bittar le Nord. Au point qu’il refuse de mettre à jour ses cars. Dans le pays de l’impunité, il est l’adjoint au président de ce parti Hamed Diane Séméga qui n’est autre que le ministre de l’Equipement et des Transports. Bittar sait que rien de si grave ne pourra arriver au car en faute. Il saura faire jouer ses relations sans coup férir.
Quel crédit faudrait-il accorder à de telles personnes qui prétendent être les futurs responsables de demain alors qu’ils sont quotidiennement pris en faute ? En tant que président d’une institution de la République, cette situation ne lui sied guère.
Bittar devait donner le bon exemple. Hélas !
Mohamed Daou

[haut]

Acceuil


 

LABORATOIRE NATIONAL DES EAUX
Pour la santé des populations
L’eau est la principale denrée de la vie. Sans eau, il n’y a pas de vie. Et sans une eau de bonne qualité, il n’y a pas une bonne qualité de vie. C’est ce que pense Almoustapha Fofana, le directeur du Laboratoire national des eaux. Il l’a fait savoir le mercredi 4 août 2010 au siège de son service à Magnambougou lors d’une rencontre avec les sociétés qui produisent de l’eau potable ou qui traitent les eaux usées et d’autres acteurs intervenant dans le secteur de l’eau.
La rencontre a regroupé autour du directeur et de ses proches collaborateurs, la direction nationale de l’hydraulique, la direction nationale des industries, la direction nationale de la pollution et des nuisances, EDM-SA, NBB, Diago, Embal-Mali…
L’objectif de la rencontre, selon Almoustapha Fofana, était de sceller un partenariat fécond entre le Laboratoire national des eaux et les sociétés étatiques et privées qui produisent de l’eau potable dans le but de produire une eau de bonne qualité pour la santé des populations. "On ne peut pas travailler sans établir un cadre synergique de travail avec vous", a-t-il laissé entendre. Le directeur du Laboratoire national des eaux a saisi l’occasion pour rappeler toute l’importance de l’eau dans tous les domaines d’activités de l’homme et souligner les dangers liés à une mauvaise production d’une eau de mauvaise qualité. M. Fofana n’a pas manqué de faire un rappel succinct des missions de son service
Les échanges ont permis aux différentes parties d’évoquer les conditions de leur collaboration et de faire des propositions comme l’adoption par notre pays des normes nationales de la qualité d’eau potable et l’information des populations par rapport aux catégories d’eau sur le marché.
Crée en 2008, le Laboratoire national des eaux est un établissement public à caractère scientifique et technologique qui a pour missions d’analyser et de contrôler les ressources en eau, faire l’échantillonnage et l’analyse physico-chimique, bactériologique, toxicologique et micro biologique des eaux naturelles (eau de surface, eau souterraine), promouvoir la recherche et la formation en matière de l’eau, etc.
Moussa Camara
(stagiaire)

[haut]

Acceuil


 

LE STADE SACRE CHAMPION 2009-2010
Manque de réalisme fatal pour le Djoliba
Avec neuf occasions de but dont quatre nettes, le Djoliba AC a largement dominé l’AS Police. Mais le club du président Karounga Kéita est retombé dans ses travers, le défaut qui l’a caractérisé depuis plusieurs saisons déjà, le manque de réussite devant les buts adverses.
" A la fin d’un match, on ne demande pas qui a dominé mais qui a gagné", disait un confrère ivoirien. Cette vérité, les Rouges de Hèrèmakono se doivent de la faire sienne. Car dans la rencontre qui les a opposé à l’AS Police, le mardi 10 août dernier au stade municipale de Bougouni, comptant pour la 26e et dernière journée du championnat national L1/Orange, match qualificatif pour le titre, le Djoliba AC a réussi tout sauf l’essentiel. Il s’est contenté d’un nul inutile d’un but partout contre l’AS Police, restée égale à elle-même.
Avec 8 corners, une quinzaine de coups francs pour et environ neuf occasions de but dont quatre nettes, le Djoliba AC a largement dominé l’AS Police. Mais le club du président Karounga Kéita est retombé dans ses travers, le défaut qui l’a caractérisé depuis plusieurs saisons déjà, le manque de réussite devant les buts adverses.
Pourtant, le public rouge a fait en grand nombre le déplacement à Bougouni. Quelques centaines de supporters partis en bus, en véhicules personnels et même en motos avaient cru à la qualification de leur équipe fétiche. Mais c’était sans compter avec la vision de Diofolo Traoré, coach de l’AS Police, qui connaît mieux que qui que ce soit le jeu du Djoliba.
Au bonheur des dirigeants de l’AS Police, les joueurs ont été respectueux des consignes et la maladresse des attaquants du Djoliba les ont aidés. Après l’échec d’Alou Bagayoko du Djoliba devant Boubacar Kéita, gardien de l’AS Police, à la 8e et la balade des Rouges dans le camp de l’AS Police, les protégés de Djofolo Traoré vont planter un but sur coup franc, tiré par Alain Claude, à la 14e.
Rien ne changera ce résultat, même la descente de Kéké, apparemment mal en point, dans les vestiaires. Ce n’est que dans les arrêts de jeu que Mintou Doucouré égalise mais dans l’indifférence totale des supporters du Djoliba. Le glas avait été sonné à Ségou où le Stade malien de Bamako avait remonté les deux buts du COB et marqué un troisième but victorieux et qualificatif pour le titre.
Une fois de plus, le Djoliba ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Les staffs étant à l’écoute de l’information sur les deux stades, si le Djoliba avait réussi a marquer deux buts sur les quatre occasions ratées en première mi-temps, le camp stadiste n’allait plus croire à sa chance de qualification.
Au lieu de faire basculer la situation à leur avantage, Ousmane Cissé, Yahaya Coulibaly et ceux qui les ont remplacés ont étalé toute leur médiocrité devant les buts.
Badri


Une équipe à double visage ?
Si cette question n’est pas répondue par l’affirmative, on serait tenté de dire que le Djoliba n’a pas sa place dans une compétition africaine surtout dans sa phase de poule qui regroupe les meilleurs des phases préliminaires. Une équipe qui ne marque pas de but ne peut prétendre à la victoire encore moins à la qualification.
Aucun compartiment du Djoliba n’est exempt de reproche mais l’attaque est la plaie de l’équipe. Le Djoliba doit présenter un autre visage dans la phase de poule de la coupe Caf, à commencer par son match aller contre l’AS FAN à Niamey ce week-end. Une préparation individuelle s’impose aux attaquants du Djoliba et aux milieux offensifs pour aiguiser leur sens du but.

[haut

Acceuil


DU NOUVEAU AUX EDITIONS JAMANA

PETIT PRECIS DE REMISE A NIVEAU

SUR L'HISTOIRE AFRICAINE...

Prix:6500 f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org