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2010

Mois d'août

Les Echos du 05 août

 

SANOUSSI TOURE, MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
" La stabilité macroéconomique est le phare de la croissance"
Pour le ministre de l’Economie et des Finances, le Mali, grâce à ses réformes structurelles et sa gouvernance, a tracé les sillons de sa croissance, ce qui explique les bons points qu’il ne cesse d’engranger auprès des institutions financières et des PTF. Sanoussi Touré, se faisant le chantre de la stabilité macroéconomique, a accepté de nous entretenir sur les relations entre le Mali et les institutions financières, la dette intérieure, les privatisations. Il parle aussi de l’avenir… Sans tabou.
Les Echos : Selon le rapport de surveillance multilatéral de l’Uémoa de 2009, le Mali serait le seul pays de l’Union à avoir respecté les 4 critères de premier ordre que sont le solde budgétaire global, le taux d’inflation, le taux d’endettement et la non-accumulation d’arriérés de dettes. Il est aussi, avec le Sénégal, le seul à avoir respecté 6 des 8 critères de premier ordre de l’Uémoa. Quelles explications donnez-vous à cela ?
Sanoussi Touré : L’Uémoa fait ce qu’on appelle l’exercice de surveillance multilatérale dans tous les Etats. Cet exercice de surveillance fait l’objet d’un rapport qui est publié tous les six mois et validé par le conseil des ministres. Le dernier conseil des ministres, tenu en fin juin 2010, a admis que le Mali est le seul pays de l’Uémoa qui a respecté quatre critères clé de convergence. Je ne reviendrais pas sur ces critères dont l’essentiel est le taux d’inflation, mais le respect de ces critères est lié à une bonne gestion de notre budget. Nous avons une gestion rigoureuse de notre budget en termes de qualité des dépenses, en termes de mobilisation de ressources. Voilà toutes choses qui ont aidé le Mali, année après année, à réduire ses déficits, à augmenter ses ressources, à avoir un appui et tout cela couronné par ce solde budgétaire, qui est un solde clé. Le respect de ces critères clé et les deux autres qui sont des critères de second rang prouvent à suffisance la rigueur du budget de l’Etat du Mali.
Les Echos : Comment, selon vous, le citoyen lambda récent-il cette croissance ?
La croissance est indispensable pour conduire une bonne économie. Les gens ne voient pas toujours l’utilité d’une stabilité macroéconomique puisque tout simplement c’est une notion qui est dans le domaine de la réflexion de la stratégie que l’apport quotidien. En réalité, vous ne pouvez pas réussir à bâtir une économie forte sans une véritable croissance. C’est la croissance qui permet d’accumuler et c’est cette accumulation qui permet d’investir et d’aller de l’avant.
Maintenant quand vous me dites qu’est-ce que tout cela apporte au quotidien des populations, je dirais que le pays maintient tout d’abord une situation économique correcte. Le pays maintient des prix à la limite du supportable, comparés aux moyens monétaires qui sont dégagés. Ça permet aussi un dialogue constructif. Dans le secteur privé, si vous êtes dans une économie qui ne croît pas, cela veut dire que vous produisez et que vous ne pouvez pas vendre.
La croissance donne à l’économie cette marge de progression, qui lui permet d’investir, de redistribuer des ressources en termes de salaires, d’appuis sanitaires, de politiques éducatives, entre autres. Ne mesurez pas la croissance sur le plan purement individuel ou avantage personnel ! C’est plutôt un avantage collectif.
Les Echos : Quelles explications donnez-vous au fait que le Mali et d’autres pays de l’Uémoa ne parviennent pas à appliquer la réforme fiscale proposée qui est de 7 %, (le Mali est à 14,8 %) et maîtriser le taux d’inflation préconisé par l’Union à 1 % au lieu de 2 % pour le Mali ?
S. T. : Je pense que vous vous trompez sur les chiffres. La norme du taux d’inflation est de 3 %. Le Mali a toujours respecté cela jusqu’en 2008. A cette date, le taux d’inflation était de 9 %. Cela a une explication. L’année 2008 était l’année de la crise alimentaire qui a provoqué une flambée des prix. Le Mali n’était pas le seul à être dans cet ordre de grandeur en 2008.
En plus de la crise alimentaire, il y a eu la crise énergétique avec la flambée des prix des hydrocarbures. Voilà des éléments extrêmement importants qui ont joué contre l’inflation au cours de cette période. Par contre, le Mali s’est très bien comporté en 2009. Le taux d’inflation est revenu dans l’ordre de 2 %. Les normes étant de 3 %, cela veut dire qu’on était bien dans les normes. Nous avons enregistré le même taux en 2010.
Pour ce qui est de la pression fiscale, il y a un taux qui est fixé à l’horizon 2012 à 17 %. Le Mali est aujourd’hui à 14,8 %. Le calcul du taux de pression fiscale amène des éléments qu’il faut apprécier au fur et à mesure. L’Uémoa a des références pour la détermination de ces taux, qui portent un peu préjudice aux méthodes maliennes, il faut le reconnaître. Ces références portent préjudice parce que l’Uémoa calcule ses taux sur la base d’un budget général stricto sensu. Alors que quand on prend la plupart des pays développés, le taux de pression fiscale se calcule par rapport à l’ensemble des prélèvements effectués sur les revenus des populations. Au Mali, si l’on calcule stricto sensu ce qui est dans le budget général, cela nous a amené lors de nos dernières discussions à l’Uémoa de demander d’harmoniser les bases de calcul dans un contexte de décentralisation dans lequel le Mali se trouve.
Ce mode de calcul va nous ramener à 15 ou 16 %. Il y a des efforts à faire même s’il y a des pays qui ont des taux plus élevés que les 14,8 % que nous avons. D’autres sont à 15 ou 16 %. Nous avons le souci d’aller à ce taux parce que nous sommes dans une Union, nous allons respecter les règles. Nous avons toute une programmation. L’horizon 2012-2013 est visé pour l’amélioration progressive de nos recettes fiscales et pour aller à ce taux.
Les Echos : Quel est l’état de mise en œuvre des réformes économiques et leur impact réel sur l’économie et les populations ?
S. T. : Les réformes économiques du Mali entrent dans un cadre plus global de réforme structurelle. Cela est fait pour que l’économie s’ouvre à l’extérieur, pour qu’elle soit plus compétitive et qu’elle ait des bases plus solides. C’est cela le sens des réformes structurelles. L’Etat a engagé des réformes depuis fort longtemps, mais ces dernières années il y a une accélération de ces réformes structurelles. Nous avons obtenu des résultats très positifs.
Le premier de ces efforts s’est opéré en 2008 avec la privatisation de la BIM-SA à Watijifira Bank, du Maroc. Cette privatisation a rapporté à l’Etat malien des ressources de plus de 40 milliards de F CFA. Peut-être qu’il y a eu dans la sous-région d’autres privatisations de banques avant la nôtre, mais qui n’ont pas donné le même bon résultat. La BIM est déjà une privatisation réussie en termes de ressources financières mais aussi en terme social. Elle est une réussite puisqu’elle s’est opérée sans licenciement au sein du personnels. La banque a non seulement repris le personnel existant, mais elle a aussi procédé à des recrutements. Depuis, la banque a amélioré ses résultats en 2008 et 2009.
Il y a eu la vente de 51 % des actions de la Sotelma. Celle-ci a connu un grand succès l’année dernière. Cette privatisation a donné à l’Etat 180 milliards de F CFA. Ce n’est que les 51 %, les 49 % restent encore dans le portefeuille de l’Etat. Il y a les ressources financières, mais il y a aussi toutes les mesures d’investissements. Sur le plan social, il n’y a que le nombre d’employés convenus avec l’Etat, le repreneur et les travailleurs, qui ont été compressés et indemnisés.
La privatisation de la CMDT a été lancée pour pallier les problèmes de la filière cotonnière. Tout le dossier a été acheté et les repreneurs se bousculent au portillon. Il y a de fortes chances que cette privatisation avec quatre filiales nous procure des ressources importantes et aussi apporte plus de dynamisme dans le secteur coton, qui est un secteur vital pour notre économie.
Ces trois exemples sont certainement les plus récents et qui marquent beaucoup les esprits tant du point de vue de l’importance de ces structures que de ressources financières qui sont en jeu. Ces réformes institutionnelles ont apporté des ressources à l’Etat et du dynamisme à l’économie nationale.
Les Echos : Il est dit que le Mali attend de ses partenaires 210 milliards de F CFA en 2010. Cela est-il certain ?
S. T. : C’est sûr, parce que si on vous parle comme ça, il s’agit des accords déjà signés qui attendent d’être ratifiés avant d’être mis dans le processus de décaissement. Cette question me ramène une fois de plus à cette confiance de nos partenaires. J’avais parlé d’appuis budgétaires, mais je n’avais pas fait cas des d’engagements. Le Mali a bénéficié d’engagements dans des projets comme le seuil de Djenné, le barrage de Taoussa, les infrastructures routières.
Il faut citer les accords de financements de la Socimar, à Markala. J’étais à Tunis il y a trois semaines pour négocier ce financement d’un montant de 500 millions de dollars. Nous avons pu obtenir cette somme colossale des bailleurs de fonds. Ce projet comprend deux volets : un volet industriel et un volet agricole. Ce sont des ressources acquises. Le reste ne sera que formalité dans le reste de la procédure.
Les Echos : La Banque mondiale signe depuis quelque temps son retour dans les projets agricoles. Est-ce qu’elle va se limiter à ce projet-là seulement ?
S. T. : Pas du tout. La Banque mondiale vit aujourd’hui un tournant dans sa modalité d’intervention. Depuis la crise alimentaire mondiale, la Banque mondiale a décidé de consacrer l’essentiel de ses financements au secteur agricole. Ce qui correspond à notre politique déjà. Je peux dire que la Banque mondiale a pratiquement couru derrière ce projet de la Socimar. Je le dis sincèrement. La Banque mondiale voit en ce projet, un projet bien monté avec des objectifs clairement définis. Ce n’est pas seulement la Banque mondiale qui voit les choses de cette façon mais tous les partenaires y compris la Bad.
Nous sommes en train de préparer un financement de la Bad qui va tomber dans le secteur agricole et qui sera extrêmement important. Nous aurons la chance de l’avoir d’ici la fin de l’année. A la différence de la Banque, ce financement pourrait être un don. L’Etat malien a fait un choix judicieux d’orienter son développement vers l’agriculture et d’en faire le moteur de sa croissance. Les partenaires, convaincus de la pertinence de ce choix, ont décidé de le financer.
Tant les banques que les partenaires bilatéraux et multinationaux sont prêts à mettre la main dans la poche.
Les Echos : Vous avez mis les performances macroéconomiques au compte des ressources issues de la privatisation. Avez-vous des perspectives pour 2010 avec l’espoir qu’il y aura du pétrole ?
S. T. : J’ai mis les perspectives économiques d’abord sous l’angle de la bonne gestion macroéconomique. Je ne cesserai jamais de le dire et ce serait le point fondamental. Il y a certaines sources de croissance identifiées comme l’agriculture. Les fonds de la Sotelma et de la BIM sont des réformes institutionnelles qui ont pesé dans la balance. Je fais confiance à la stabilité macroéconomique pour les années à venir. Il ne peut y avoir de bonne gestion sans stabilité macroéconomique. Elle n’est pas suffisante mais elle est indispensable pour conduire une bonne politique économique. Il faut accompagner la stabilité macroéconomique de politique d’investissement très clair pour soutenir la croissance.
Nous avons une politique d’investissement dans le domaine des infrastructures routières, agricoles, etc. Si nous restons dans cette voie, en 2011 ou 2012, je ne dirai pas qu’on sera riche mais nous vivrons une redistribution de revenus comme les pays producteurs de pétrole. Evidemment, si des ressources exceptionnelles apparaissent, je ne sais pas si le Mali a du pétrole, des recherches sont en cours, nous prions Dieu qu’il nous en donne, ça ne fera qu’augmenter les conditions de vie des Maliens pour peu que ce soit dans le cadre d’une bonne gestion toujours.
Le pétrole produit n’a toujours pas apporté le bonheur. Les exemples ne manquent pas. Je suis convaincu que ce ne serait pas le cas du Mali, parce que nous avons notre façon de gérer et notre gouvernance propre. En tout cas, c’est ce qui va nous permettre de sécuriser tout ce qu’on aura plus tard. La gouvernance a un rôle extrêmement important.
Les Echos : Quel est l’état de paiement de la dette intérieure, si l’on sait que l’argent de la Sotelma devait servir à éponger la dette des fournisseurs de l’Etat ?
S. T. : Nous avons fait beaucoup d’efforts pour atténuer les instances de paiement. Plus qu’on ne s’y attendait. On a bénéficié des ressources d’une part des partenaires pour ça, on a bénéficié des ressources exceptionnelles de 40 milliards de F CFA que le président de la République a prévus sur les ressources de la Sotelma, il y a aussi les efforts que nous avons faits sur le recouvrement des recettes. Les dernières situations quand le FMI passait en juin sont de 40 milliards de F CFA. Ce qui est un grand progrès si l’on sait que la dette intérieure se chiffrait, il y a un an à 150 milliards de F CFA. Les instances de paiement ne dépassent pas trois mois. La dernière revue de nos instances date du mois de juin 2010. Nous sommes dans les normes en matière de dette. Une autre remarque, c’est que nous avons la meilleure signature de la sous-région. En mars 2009, nous avons demandé 20 milliards de bons de trésor et le taux de couverture a été de 105 % avec le taux d’intérêt le moins élevé.
En octobre 2009, on a demandé 21 milliards pour un taux de couverture de 220 %. Les banques ont couru vers nous. On était obligé de dire non, que l’on ne veut pas de tout ça. Dans le même temps, il y a des pays qui lançaient leurs bons et n’arrivaient même pas à les couvrir. En avril 2010, on a lancé 43 milliards pour 232 % de taux de couverture. Le taux moyen inférieur était de 4,9 %. Des pays en ont demandé un montant inférieur avec des taux de plus de 6 %. A la suite de cela, l’Uémoa a tenu une réunion invitant les pays à harmoniser leurs bons du trésor pour éviter la concurrence entre nous quand bien même on ne vient pas pour se concurrencer. C’est cela aussi la qualité de la gestion macroéconomique.
Les Echos : La lutte contre la corruption a-t-elle eu une incidence sur les recettes, si l’on sait que le Mali a organisé en 2008 les Etats généraux de la corruption et la délinquance financière ? Qu’est-ce que l’ouverture du capital de la Sotelma attend ?
S. T. : Je qualifie personnellement ces Etats généraux de la corruption et la délinquance financière de décision politique courageuse. Ce genre d’assises ne voit pas tous les jours dans tous les pays. C’est une décision politique forte que de convoquer de personnalités pour venir parler de la corruption et de la délinquance financière. Des recommandations ont fait l’objet de plan d’action dont l’application est en œuvre. Les recettes publiques ne se sont jamais bien tenues malgré la crise internationale et le gouvernement se réjouit d’avoir pris cette décision politique. En 2008, le budget d’Etat était de 540,6 milliards de F CFA. En 2009, on a encaissé plus de 654 milliards de F CFA. En 2010, nous sommes à 701 milliards de F CFA. A ce jour, on a fait plus que la moitié. Tous les services de l’assiette comme la douane et les impôts ont réalisé à la fin de l’année plus de 103 % de leurs prévisions budgétaires. J’ai adressé aux différents directeurs une lettre pour féliciter le personnel. Les Etats généraux de la corruption ont fait leurs effets, car la qualité de la gestion du budget s’est améliorée.
Pour ce qui concerne la Sotelma, les 51 % des actions ont été vendues. Il y a la part réservée au personnel et 19 % est réservé aux privés sous forme d’actionnariat. Nous sommes en train de préparer le dossier avec des institutions d’intermédiation financières. Le processus est en cours.
Les Echos : Il y a un paradoxe. Le marché est approvisionné, mais les consommateurs n’ont pas de ressources pour acheter le riz. Qu’est-ce que le ministre de l’Economie et des Finances entend faire pour corriger ce déséquilibre ?
S. T. : Il faut être objectif. Quand le riz coûte au Mali 300 F CFA le kilo, et dans des pays voisins aux conditions économiques comparables, ce riz coûte entre 450 et 500 F CFA le kilo, est-ce qu’il faut dire que ce riz est cher au Mali ? Quand vous avez le riz de qualité "gambiaka" à 350 F CFA le kg, qui n’a rien à envier au riz importé et que le riz de moindre qualité coûte dans ces pays 500 F CFA, est-ce qu’on peut dire en toute objectivité que le consommateur malien paie cher le riz ?
Je dirais qu’il faut être objectif et admettre que ce riz n’est pas cher. Je ne veux pas dire par là que le consommateur malien est toujours heureux. Loin s’en faut. Je ramène les choses à leurs justes proportions. Aujourd’hui, nous ne sommes pas producteurs de sucre parce le sucre de Sukala ne couvre pas trois mois de consommation nationale. Savez-vous que le sucre coûte moins cher ici que dans tous nos pays voisins ? On ne se croirait pas dans un pays enclavé. L’Etat a fait des efforts pour la maîtrise des prix des produits de première nécessité. Quelque part, c’est l’Etat qui paie à la place du consommateur la différentielle de prix. Dans les comparaisons, il est toujours bon d’aller jusqu’au bout.
Les Echos : Pensez-vous que l’Initiative riz a été une initiative salutaire pour le Mali ?
S. T. : Il n’y a pas de doute. Je le dis très sincèrement, c’est un indice irréfutable. En 2008, le pays était à un taux d’inflation de plus de 9 %. Mais en 2009, on est passé à 2,2 %. C’était la preuve de l’approvisionnement correcte en céréales notamment en riz. Cette baisse de l’inflation est le résultat incontestable de l’Initiative riz. Cette Initiative riz a permis au Mali d’avoir la compréhension de certains partenaires qui ont apporté les ressources pour contribuer à son financement. Nous avons un accroissement de 50 % de la production de riz. Cette forte production de riz a fait que le marché a été correctement approvisionné. Cela a joué en faveur de notre économie en diminuant l’inflation. Ce n’est pas l’Initiative riz qui a maintenu l’inflation à 2,2 %, mais elle occupe une place prépondérante.
La plus haute pression sur l’économie alimentaire qu’est le riz a baissé. Nous sommes dans un marché ouvert dans un espace ouvert, ce qui a fait que le riz du Mali s’est retrouvé dans des pays voisins. Ce qui a été le revers pour l’Etat même si les producteurs se sont aussi enrichis. Un des avantages de l’Initiative riz est qu’en économie il faut être imaginatif. Le Premier ministre, qui a tiré les leçons du déficit et des difficultés de produits alimentaires que l’on connaissait ici a lancé cette Initiative riz. On ne peut pas dire qu’on va être une puissance agricole sans prendre des initiatives dans ce sens. Le fait d’avoir subventionné les intrants agricoles a augmenté les productions. Les résultats ont été tels, qu’on a renouvelé à la campagne 2009-2010. La subvention a été étendue à toutes les céréales.
Les Echos : Quelle est la qualité de vos relations avec les partenaires techniques et financiers ?
S. T. : La qualité des rapports du Mali avec ses partenaires techniques et financiers (PTF), découle d’abord de la qualité de ses institutions. Je me plais d’insister sur ceci ayant fait l’expérience dans bien d’autres pays, je sais ce que ça peut apporter que d’avoir de bonnes institutions. Nous avons la chance au Mali d’avoir des institutions très fortes. En parlant d’institution, sur le plan purement politique, la première de ces institutions est le président de la République. Celui-ci a des rapports de qualité sur le plan politique avec ses voisins, la communauté internationale. La gestion politique, institutionnelle est bien appréciée. Partant de là, nous membres du gouvernement devons accompagner cela d’une gestion macroéconomique stable. Cette gestion macroéconomique stable dépend des gestions rigoureuses dont j’ai parlé plus haut. Il faut également des politiques budgétaires qui favorisent une bonne exécution du budget avec des recettes qui vont croissantes avec des déficits de moins en moins élevés.
Ce qui fait d’ailleurs que le 1er partenaire, le Fonds monétaire international (FMI), celui qui peut faciliter ce genre de dialogue avec les autres sur le plan international a jugé la dernière revue concluante. Vous l’avez entendu, le représentant du FMI au Mali a affirmé que nos programmes s’exécutent dans des conditions plus que satisfaisantes. Quand l’administrateur du Fonds nous écrit pour dire que le conseil d’administration du Fonds a loué la gestion exceptionnelle du cadre macroéconomique cela sous-entend qu’il y a des politiques économiques saines conduites par le gouvernement et qui sont appréciées des partenaires. Cette appréciation donne un certain nombre d’atouts.
C’est d’abord du point de vue des ressources dont nous pouvons bénéficier. Le Mali a bénéficié en 2008 de ses partenaires 108 milliards de F CFA dont 79 milliards en dons. En 2009, nous avons reçu 188 milliards de F CFA dont 97 milliards en dons. En 2010, à la date d’aujourd’hui, nous avons 142 milliards de F CFA dont 103,9 milliards en dons. Une autre manifestation du bon partenariat avec les PTF est que les pays qui étaient en appui budgétaire général en 2009 étaient de 5. Aujourd’hui, ils sont 12. Nous avons plus que doublé le nombre de pays en faisant passer l’appui budgétaire en appui budgétaire général.
L’appui budgétaire général a une signification politique profonde. Ce sont des partenaires qui mettent des ressources à votre disposition parce que nous dépensons bien. Cela est extrêmement important. Donc la qualité de nos rapports avec nos partenaires est sans équivoque. La Banque mondiale a tenu dans notre pays en début juillet, la réunion de l’Ida. Une première qu’elle se tienne en Afrique francophone. Cela est très important en termes de facilitation de dialogue, de leadership. Au cours de cette seule réunion de l’Ida, le Mali a bénéficié de plus de 70 millions de dollars d’appui budgétaire que la Banque mondiale nous a accordés.
Les accords sont signés et dans quelque temps nous allons avoir ces ressources. Je suis convaincu que la semaine prochaine nous allons avoir ces ressources au Trésor. Sans compter ce programme ambitieux que nous avons signé avec la Banque mondiale dans le domaine agricole et qui fait 162 millions de dollars. Objectivement, dans la sous-région, il n’y a pas de pays qui bénéficie d’autant de compréhension que le Mali sur le plan de l’appui budgétaire général. Il y a la qualité de nos rapports avec les PTF mais aussi la bonne gestion macroéconomique.
Les Echos : Quel peut-être, selon vous, notre principal atout économique pour les 50 prochaines années ?
S. T. : Il y a quelques années, nous avions des difficultés à financer les campagnes agricoles, les intrants. Entre 2008 et 2009, la collecte de l’épargne a augmenté de 24 %. Le crédit à l’économie a augmenté de 10,9 % en 2009. Le volume du crédit distribué en 2008 était dans l’ordre de 671 milliards de F CFA. Toutes les banques aujourd’hui ont eu leurs dépôts augmentés, leurs résultats nets progressés dans des proportions importantes sans compter que le nombre des banques a augmenté. Il y en a même dont les résultats ont progressé de 80 %.
Notre politique de financement agricole a créé un engouement dans le secteur qui fait que toutes les banques s’y intéressent. Notre balance de paiement se porte à merveille. Nous sommes le 2e pays exportateur de l’Uémoa avec l’or, le bétail, les fruits et légume, le coton. Nous avions été longtemps la 3e économie. Nous sommes le seul qui a respecté tous les critères, il n’y a pas de quoi courber l’échine. Nous savons qu’il y a toujours des défis devant nous comme la santé, l’école, etc., malgré les efforts faits dans ces domaines.
Il n’y a pas une définition politique ou étymologique du pays émergent. Si un pays émergent veut dire le pays qui se distingue, va de l’avant, qui a des caractéristiques favorables au développement, le Mali a un taux de croissance en 2010 estimé à 5 % et en 2011 de plus de 5 %.
On a des potentialités énormes comme les 2,5 millions d’ha de terres irrigables à l’Office du Niger avec des possibilités d’élevage et de filières agricoles, le Mali a assurément beaucoup d’atouts pour aller loin, être un pays émergent. Aucune économie ne s’est faite en un jour comme nous l’enseigne l’histoire de l’économie. Mais avec nos atouts et les dirigeants que nous avons, le Mali est en train d’émerger. On parle de cinquantenaire, mais je ne donne pas encore 50 ans au Mali pour émerger au rythme où vont les choses.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko
et Abdoul M. Thiam

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DERNIER RAPPORT DU VEGAL
Tempête dans un verre d’eau
Le Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, a remis mardi son rapport annuel de vérification au président de la République. Contrairement à ce qu’il soutenait précédemment, à savoir qu’il ferait trembler la République, le Végal n’a finalement brassé que du vent.
Le rapport annuel de 2009 du Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, remis mardi au président de la République Amadou Toumani Touré, fait la synthèse de 43 rapports relatifs à ses missions de vérification effectuées dans 40 services publics.
Neuf secteurs ont intéressé le Végal : développement rural, infrastructures, assiette et recouvrement, santé, solidarité, recherche scientifique, emploi et formation professionnelle, finances publiques, élections et justice. En tout, 39 missions ont été effectuées à l’initiative même du BVG et 4 autres suite à des saisines en application de l’article 11 de la loi qui le crée.
En remettant son rapport au président ATT, M. Diarra a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour une gestion transparente et efficiente des ressources, la bonne gouvernance tout court. Et de conclure que le gouvernement "peut mieux faire".
Sur les 40 structures vérifiées, le rapport indique que 22 ont fait ressortir "des préjudices financiers importants causés à l’Etat, dont certains, fort heureusement, peuvent être immédiatement réparés". Ces préjudices seraient-ils dus à la mauvaise conservation des documents comptables ou à des dysfonctionnements des verrous de sécurité de l’application informatique comme le prétend le BVG ?
Sidi Sosso Diarra recommande l’audit du système d’information de la chaîne des dépenses publiques dans lequel il dit "constater de nombreuses faiblesses". Est cela le rapport explosif du Végal ?
Dans notre édition du mercredi 7 juillet 2010 nous écrivions que : "Sidi Sosso Diarra promet un rapport explosif". Le Vérificateur général avait, en effet, accordé une interview à Jeune Afrique dans laquelle il effleurait certains dossiers comme l’Initiative riz, un projet piloté par la Primature, la privatisation des Huileries cotonnières du Mali (Huicoma).
Des dossiers tous connus du Malien lambda. Il y a lieu de s’interroger sur la sincérité de ce rapport vu les circonstances qui ont par ailleurs entouré sa remise au président de la République. Jamais une remise du rapport du BVG n’a été aussi peu médiatisée. Seuls trois médias dont deux publics (Essor et ORTM, cela se comprend) ont pu assister à la cérémonie de remise.
Et le chiffre de 112 milliards de manque à gagner par l’Etat aurait été avancé par certains agents du BVG. En effet, pour celui qui a lu le discours du Végal disponible sur son site, il a constaté qu’aucun chiffre en termes de perte économique pour l’Etat n’est avancé. Sidi Sosso a-t-il été dissuadé dans son entreprise de tout déballer sur la place publique ? Où réserve-t-il ses "révélations" à la conférence de presse qu’il doit en principe animer mardi prochain après avoir remis leurs copies aux présidents de l’Assemblée nationale et la Cour suprême ?
Attendons de voir ! Mais à un an de la fin de sa mission, le Vérificateur général voulait bien partir la tête haute, et fier d’avoir accompli du mieux qu’il pouvait la mission que le chef de l’Etat lui a confiée. A-t-il déjà raté le coche ?
Denis Koné

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MALI
Blanchiment d’argent et crime économique

Selon le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en Afrique de l'Ouest (Giaba), une organisation spécialisée de la Cédéao basée à Dakar, dans son rapport annuel 2009, "les risques de blanchiment d’argent au Mali sont principalement dus au niveau élevé de la corruption dans le pays".
Dans le rapport 2009 de Transparancy International, notre pays est classé 111e sur 180 pays évalués. "En outre, note le rapport, il est apparu ces dernières années à partir de divers rapports (en particulier de l’ONUDC et Interpol) que de grandes quantités de drogue en provenance d’Amérique du Sud passent par la région du Nord du Mali vers l’Europe. Par exemple, un Boeing transportant environ 30 tonnes de cocaïne a été découvert au milieu du désert malien dans la région de Gao en novembre 2009".
Le rapport déplore également le fait que la zone soit devenue un refuge pour Al-Qaeda et "un eldorado" pour les opérateurs du trafic de drogue à la recherche de nouvelles voies de transit. "Plusieurs autres formes illicites de trafic encouragent la criminalité au Mali et produisent de l’argent pour le blanchiment… comme l’industrie de l’immobilier en plein essor, ce qui rend la zone vulnérable au blanchiment d’argent".
Il existe au ministère des Finances une cellule spécialisée sur les délits liés aux transactions financières (Centif), qui a recensé quelques cas pour 2009, comme : des tentatives d’escroquerie pour encaisser un chèque ; une tentative de fraude sur des comptes domiciliés, l’un dans une banque française et l’autre dans une banque allemande. La signature des clients des banques européennes aurait été imitée sur les ordres de virement au profit de la banque déclarante au Mali.
De janvier à décembre 2009, 14 trafiquants de drogues ont été arrêtés au Mali. Sur ce total, le plus jeune avait 19 ans et le plus âgé, 43 ans. La quantité saisie est de 16 kg de cocaïne, 809 kg de cannabis avec d’autres psychotropes comme les Diazépan et autres Ephédrines. Sur les 14 personnes arrêtées, 5 avaient pour destination le Mali, 1 la France, le Sénégal ou le Maroc. Onze étaient des Maliens, un Nigérian, un Guinéen, un Français.
C’est pour mieux informer les journalistes que le Giaba organise les 4 et 5 courant à Abidjan, un séminaire pour les journalistes d’investigation sur l’investigation sur les crimes économiques et financiers.
Alexis Kalambry
(envoyé spécial)

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MINES, OHVN ET INPS…
L’UNTM s’oppose à l’audit de fonds sociaux
Avec la caution des directions des mines, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) refuse la proposition de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) d’auditer les fonds collectés auprès des travailleurs.
Les fonds sociaux collectés sur la base du salaire des travailleurs dans les mines semblent dilapidés. Cela paraît d’autant plus vraisemblable que l’UNTM n’a jamais accepté leur audit comme souhaité par la CSTM. Si la première ne veut plus entendre parler de l’audit, c’est la troisième année que la seconde sollicite cet exercice. Mais en vain.
Selon nos informations, l’audit tant réclamé par la CSTM n’a pu être réalisé jusqu’à ce jour parce que l’UNTM a la bénédiction des directions des mines qui ont une part de responsabilité dans la gestion des fonds en question. Toujours est-il qu’un mystère entoure la gestion des fonds sociaux dans les mines de Sadiola et de Morila. Normalement ce sont les directions qui diligentent l’enquête. Mais celles-ci et l’UNTM regardent aujourd’hui dans la même direction.
Pourquoi cette opposition de l’UNTM avec la complicité des directions des mines ? Les directions concernées disent qu’elles n’ont rien à voir avec la gestion des fonds sociaux. Pourtant, sur chaque prix de cession d’un baril, la direction octroie une part à la Commune rurale où se trouve le site minier, une partie est engagée dans les actions sociales : écoles, santé etc. Et 1/3 des fonds revient au fonds social.
Indépendamment de cela, les travailleurs versent entre 500 et 1000 F CFA par mois. Mais ils ne savent pas l’utilisation qui est faite de leurs cotisations mensuelles. L’attitude de l’UNTM, qui consiste à s’opposer à l’audit des fonds sociaux ne concerne pas que des mines.
Il y a aussi l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN), l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). A tous ces niveaux, il est impossible d’auditer. En ce qui concerne les mines, des cabinets d’avocats auraient été engagés pour voir clair dans le compte.
Mohamed Daou

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CNPM
Un nouveau siège
Le président de la République a inauguré mardi après-midi le nouveau siège du Conseil national du patronat du Mali (CNPM).
Depuis mardi 4 août, un immeuble R+4 abrite l’institution que dirige Moussa Balla Coulibaly. La coupure du ruban symbolique a été faite par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré en présence des membres du gouvernement et de plusieurs autres invités dont des leaders des patronats des pays de la sous-région et le directeur régional de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour l’Afrique de l’Ouest, Charles Dan.
L’imposant immeuble a vu le jour après trois années de travaux. La première pierre avait été posée par le chef de l’Etat le 8 septembre 2007. Situé à l’ACI-2000 à Hamdallaye, l’édifice, aux dires de Moussa Balla Coulibaly, est un haut lieu pour le secteur privé et le CNPM en particulier pour franchir le seuil de la modernité avec des salles multifonctionnelles qui "offrent toutes les commodités". Il a été réalisé grâce au soutien du président ATT.
Moussa Balla a profité de l’occasion pour annoncer sa retraite du CNPM. Le directeur régional de l’OIT a exprimé toute sa satisfaction pour la réalisation de l’immeuble, qui participera, selon lui, au développement du secteur privé malien.
Amadou Sidibé

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POUR LE CINQUANTENAIRE
Kati se donne un coup de balai
L’Union des sociétés coopératives de construction immobilière du Mali (Ucoocima) a organisé, en collaboration avec l’Association Adalpe, une journée d’assainissement à Kati, le mercredi 4 août.
La journée d’assainissement hier à Kati a marqué le démarrage du programme d’assainissement 2010 de l’Ucoocima. Cette activité a démarré à la "rue jumelage Kati-Puteaux" en présence du chef de cabinet du ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, du préfet de Kati, des autorités municipales de Kati.
Des jeunes de l’Ucoocima et de la ville de Kati ont pendant des heures assaini des routes goudronnées et rues de Kati.
Cette action vise, selon ses organisateurs, à encourager les populations de Kati et les autres villes du pays à entretenir la culture d’assainissement.
" Kati assainit" à l’échelle nationale, dira Moussa Koné, le président de l’Ucoocima, permettra à d’autres villes du pays de s’en inspirer.
Indiquant que la problématique de l’assainissement nous concerne tous, il ajoutera qu’"il s’agit de mieux affronter le défi lié à l’accès de nos populations, particulièrement les plus pauvres à des systèmes d’assainissement adéquats".
Ibrahima Sylla, le préfet de Kati, a invité les populations de Kati à pérenniser l’action.
Sidiki Doumbia

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AS REAL
Est-ce la fin de la traversée du désert ?
Créée le l9 septembre 1960, l’AS Réal de Bamako ne pouvait mieux célébrer son demi-siècle d’existence qu’en remportant le trophée du cinquantenaire de la Coupe du Mali de football. Une performance que le club a réalisée le 31 juillet face au Centre Salif Kéita (CSK), presque sorti de ses entrailles, battu par 1-0. Et pourtant, en début de saison, peu de gens pouvaient parier sur une telle prouesse des Réalistes à cause d’une très longue traversée du désert. Cette nouvelle consécration tourne-t-elle cette page peu glorieuse ?
" Patient comme un supporter du Réal" ! C’est l’adage ironique que les supporters de l’AS Réal ont longtemps supporté de la part de leurs rivaux. Mais, l’ironie n’a jamais réussi à les déconcerter parce qu’ils étaient convaincus aussi que "la patience est un chemin d’or". Après près de deux décennies de traversée du désert, le club a visiblement vaincu le signe indien.
Comme l’écrivait un confrère en début de semaine, "les Scorpions ont fait preuve d’engagement et de réalisme" pour s’adjuger le trophée du cinquantenaire de la Coupe du Mali de football. En plus des talents, les jeunes joueurs ont fait prévaloir "un collectif rôdé" et ont fait preuve d’une très grande solidarité dans l’effort et surtout d’un réalisme épatant. C’est ce qui a le plus manqué à l’adversaire, le CSK, qui a mis près de 65 minutes à retrouver son jeu pour essayer d’acculer les Noirs et blancs.
Depuis le début de cette compétition, on a senti de la détermination chez Moriba Diop et ses coéquipiers. Remporter la Coupe du Mali cette année était un objectif des dirigeants. Ils l’ont planifié et se sont donné les moyens de l’atteindre. "Nous sommes très heureux de remporter la Coupe du Mali. Nous l’avons préparée depuis le début de la saison. C’est une consécration", a confié le président de la section football, Seydou Sow, à notre reporter. Et le choix de Moussa Kéita dit Dougoutigui, le dernier capitaine de l’AS Réal à brandir la Coupe du Mali avant Moriba Diop, a été très judicieux dans l’atteinte de cet objectif. En effet, le "Chef du village" figure aujourd’hui parmi les meilleurs coachs du pays avec, en plus, un tempérament de gagneur.
Audace et cohésion
Cette performance historique est aussi le fruit d’une audacieuse politique axée sur le rajeunissement de l’ossature. En effet, depuis quelques années, le comité directeur du club a planifié son retour sur la scène nationale sur le long terme en misant sur la formation des jeunes. Une politique à laquelle toute la famille réaliste n’avait pas adhéré, mais qui commence à porter ses fruits. Ces jeunes talentueux commencent à atteindre la maturité.
Le défi aujourd’hui, c’est de conserver cet effectif pendant encore quelques années. Même s’il doit être étoffé en vue de la Coupe de la Confédération (Caf), il convient néanmoins de garder l’essence. Sans oublier de motiver ces enfants pour leur donner le temps de mûrir dans la famille.
Cette victoire est aussi le fruit de l’unité, de la cohésion et de la réconciliation. Le navire noir et blanc avait longtemps tangué et le club s’est souvent retrouvé au bord du précipice, c’est-à-dire de la relégation en seconde division. Les conflits stériles avaient divisé la famille obligeant certaines compétences à se mettre à l’écart. Mais, petit à petit, les Réalistes se sont réconciliés avec eux-mêmes en ayant conscience qu’aucun d’entre eux ne pouvait réaliser ses ambitions pour le club sans l’unité, la cohésion et la synergie d’actions.
Le football n’est pas seulement collectif dans sa pratique, mais dans sa gestion aujourd’hui qui fait appel à toutes les compétences pour bâtir une équipe qui gagne. Et comme l’a souligné Dougoutigui à notre reporter, "nous nous sommes donné la main en travaillant dans la même direction. Supporters, dirigeants, joueurs, étaient tous dans la même direction pour atteindre cet objectif. Et je crois que c’est mérité" !
Ce trophée du cinquantenaire est le meilleur symbole de la réconciliation réussie au sein de la famille des Noirs et blancs. Il faut consolider cette ambiance pour tourner définitivement tourner la triste page des années passées. C’est l’une des conditions sine qua non pour permettre à la nouvelle génération de dirigeants, de supporters, et surtout de joueurs du Réal de bâtir la grande équipe dont ils rêvent pour l’avenir. Déjà, dès la saison prochaine, il faut aussi faire un retour remarquable sur la scène africaine.
" On se préparera à temps pour la grande échéance africaine", promet Seydou Sow certainement conscient que qui veut aller loin ménage sa monture. Le retour de l’AS Réal sur la scène footbalistique nationale est visiblement une réalité. Le défi, pour les dirigeants, joueurs et supporters, c’est d’éviter un retour catastrophique à la case départ. A eux de prouver que les grands clubs ne meurent jamais !
Alphaly

Dr. MAMADOU BOUARE, DIRECTOIRE AS REAL
" Le trophée est dédié à Abdoulaye Inza Diallo"
Les Echos : C’est un ouf de soulagement avec ce trophée plein de signification ?
Mamadou Bouaré : Ce sacre de la finale de la Coupe du Mali n’est pas une surprise. Je pense que c’est le résultat d’un grand travail du directoire, de tous les Réalistes. La clé de la réussite a été surtout l’entente dans la grande famille du Réal. Le résultat le prouve. Depuis 19 ans, le Réal n’avait pas remporté une Coupe du Mali. L’occasion est bonne pour remercier les hautes autorités du Mali pour nous avoir accompagné dans cette campagne.
Les Echos : Quelles sont les perspectives avec ce trophée ?
M. B. : Je pense que ce n’était pas le Réal seulement, quatre équipes vont sortir l’année prochaine. L’équipe a joué pour sortir dans la campagne africaine. Pour cela, il y a un travail à faire. Nous sommes conscients et savons que pour jouer une telle compétition, il faut être prêt, nous savons qu’il y a des failles qu’il faut combler et je pense que ce n’est pas seulement le Réal mais tous nos représentants. Des retouches sont à apporter pour être au top du rendez-vous africain.
Les Echos : A qui dédiez-vous précisément cette coupe ?
M. B. : Il faut rendre hommage aux jeunes, notamment à Abdoulaye Inza Diallo, un junior, qui nous a quittés la veille d’un match du Réal en championnat. Nous lui dédions et à toute sa famille ce trophée du cinquantenaire.
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr

BREVES
Montée : ASB et CASS en Ligue 1
L’Association sportive de Bamako (ASB) et le Centre d’animation sportif de Sévaré (Cass) joueront la saison prochaine en Ligue 1. Lors de la 3e et dernière journée du tournoi de montée à Ségou, l’ASB s’est imposée (2-0) devant le Balanzan AC de Ségou, l'équipe hôte. Les Bamakois ont réalisé un sans faute (4 matches, 4 victoires). A Mopti, le Centre d’animation sportif de Sévaré (Cass) a terminé 1er devant le Sahel de Gao, Al Farouk de Tombouctou et Attar club de Kidal. L’équipe de la Venise malienne a pris la 1re place du groupe avec 9 points en 3 rencontres. Ce sera une première expérience en Ligue 1 pour le Cass qui représentera la Ligue régionale de Mopti.

Sport-air : un bureau ce samedi
La Fédération malienne de sport air (FMSA) et le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), installeront le bureau de la Ligue de sport air de Bamako ce samedi, à Olympe Hôtel. Au programme, l’installation du bureau le matin, un show aérien en début d’après-midi au stade Modibo Kéita, suivi d’un concert avec Iba One, Bouba, Kpolongo Danfo Driver, Flavor Ashawo. Pour les organisateurs et les sponsors, dont l’usine Stone et Diawara Solar, tout est fin prêt pour le succès de l’événement, qui est sponsorisé par Malitel et Amnesty International/Mali.
Coupe Caf : les Rouges fixés
Depuis le week-end dernier, le Djoliba connaît le nom de ses trois adversaires de la phase de poule qui démarre la semaine prochaine. Logé dans la poule A, le Djoliba croisera l’Association sportive des forces armées nigériennes (Asfan), Al Ittihad de Libye et Al-Hilal du Soudan. La poule B, elle, comprend le Fus du Maroc, tombeur du Stade malien de Bamako, Zanaco de Zambie, Haras el Hoddoud d’Egypte et le CS sfaxien de Tunisie. Comme lors des précédentes éditions, les deux 1ers de chaque poule se qualifient pour les demi-finales qui se disputent en aller-retour. Le Djoliba entrera en lice contre l’Asfan le 13 août à Niamey.
Rassemblés par
B. D. S.

 

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