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2010

Mois d'août

Les Echos du 04 août

 

CONTRE LA CORRUPTION
L’exemple qui nous vient du Niger
Les autorités nigériennes ont engagé une lutte sans merci contre ceux qui ont abusé des biens et fonds publics. Les nôtres devaient en faire autant, ne serait-ce que par patriotisme.
Tous ceux qui ont suivi le journal télévisé de lundi soir ont pu observer un président de la transition du Niger déterminé à faire le ménage dans son pays : en s’attaquant à ceux qui ont pillé, volé ou détourné des fonds ou biens publics.
" Tant que ma tête demeure sur mes épaules, je lutterai contre le fléau (…). Tous ceux qui savent qu’ils doivent à l’Etat et que s’ils ont des choses à vendre, ils n’ont qu’à les vendre pour payer, sinon ils iront en prison ! Et ça ne fait que commencer. Hier, nous avons récupéré 2 milliards de F CFA", a lancé le président Djibo devant une foule de Nigériens.
Joignant la parole à l’acte, plusieurs personnes, même celles supposées "intouchables" et soupçonnées d’avoir détourné des fonds publics, se trouvent derrière les barreaux en attendant le jour de leur procès. Ceci devait servir de ligne conductrice pour nos autorités. Mais il semble qu’elles sont encore à des années lumières de cette vision patriotique nigérienne.
Il apparaît dans la pratique et dans les faits que le pouvoir qui nous gouverne encourage la gabegie, le détournement, le vol, l’usage abusif des biens de l’Etat. Pire, la promotion dans l’administration se fait à hauteur "des dégâts causés".
A l’image de la Commission de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, créée par l’ex-président Moussa Traoré dans les années 1980 pour, soit disant, lutter contre la corruption, le Bureau du Vérificateur général, une trouvaille du général ATT, demeure un outil inefficace dans la lutte contre la corruption.
La Commission de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite avait été créée à un moment où il manquait perpétuellement de liquidité dans les caisses du Trésor, alors que de l’autre côté, les agents de l’Etat étaient riches. Cette Commission a été dissoute sans qu’on dise les raisons de sa dissolution ni les résultats auxquels elle était parvenue.
Si elle a été inscrite dans le Programme de développement économique et social (PDES) sous la base duquel ATT a été élu en 2007, la lutte contre la corruption et le détournement des biens publics demeure timide. La plupart des Maliens continuent de voir au BVG une structure superflue, budgétivore qui n’est là que le prestige personnel de quelques affidés du régime.
A preuve, les nombreux cas d’irrégularités impunies signalés par Sidi Sosso Diarra, le Vérificateur général, dans ses rapports. Leurs auteurs continuent de se pavaner, si ce n’est de narguer la population comme au temps de l’UDPM.
Un haut cadre avait déclaré qu’il allait malgré tout terminer la construction de son château et y aménager contre vents et marées. Pour assurer les Maliens, le président ATT devra faire de son jeune frère du Niger son Pygmalion en la matière.
Denis Koné

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PRODUITS DE SAISON
Le maïs frais
Présentement, le maïs frais est beaucoup consommé à Bamako. Juteux, beaucoup de femmes s’élancent dans le commerce de cette céréale.

Au Mali, cette période d’hivernage correspond au cycle de maïs frais. Ainsi, les marchés bamakois sont actuellement bondés de maïs produit par des zones de cultures, notamment Sikasso, Garalo, le Wassoulou. Chaque jour des camions chargés du maïs en provenance de ces zones approvisionnent la capitale. Ces camions sont déchargés sur place par des femmes.
" J’achète 6 à 8 maïs à 200 F CFA. Je les grille et je les revends entre 75 et 100 F CFA l’unité. Mais, c’est la vente du maïs non grillé qui rapporte plus", fait savoir Mme Kéita Aminata Traoré, une revendeuse de maïs. "Quand j’achète pour 5000 F CFA de maïs, je peux faire plus de 5000 F CFA de bénéfice. Le marché est rapide", explique Fatoumata Diakité.
Mama Traoré ajoute : "Je peux acheter pour 5000 F CFA de maïs et les vendre en moins de deux heures. Je peux avoir comme bénéfice le montant de la mise initiale".
Il n’empêche, le maïs est cédé à tous les prix. Des femmes se frottent les mains dans le commerce de cette spéculation qui est, pour l’heure, beaucoup consommée par des Bamakois.
Cultivé partout dans le Sud du pays, le maïs est une céréale à haute potentialité et permet de résoudre les déficits vivriers. Les variétés précoces arrivent à maturité entre juillet-septembre, qui correspond à la période de soudure.
En zone rurale, le maïs occupe ainsi une place stratégique de culture de soudure avec d'autres cultures non céréalières qui permettent aux ménages de varier leur alimentation et d'obtenir un certain équilibre nutritionnel. Le maïs sec est surtout destiné, dans les campagnes, à l’autoconsommation et joue un rôle important pendant la soudure.

Culture commerciale
Avant, la culture du maïs n’occupait qu’une place négligeable en termes de superficie. Mais elle était connue et pratiquée par les exploitations agricoles dans les différentes zones du pays. Les superficies en zone sud du Mali étaient plus importantes, en raison des conditions climatiques plus favorables. Les cercles de Kadiolo et de Yanfolila (Wassoulou) par exemple sont assez bien connus pour la place accordée au maïs dans leurs systèmes de culture.
Les champs de maïs étaient de taille modeste, situés aux abords immédiats des villages. Ces champs, appelés champs de case, avaient la particularité d'être toujours fertilisés à partir des ordures ménagères ou des déjections d'animaux domestiques. C'est pourquoi ils n’étaient pas soumis au cycle de jachère, et leur exploitation était ininterrompue.
Convaincues de son rendement en zone rurale et urbaine, les autorités maliennes ont, depuis longtemps, décidé de promouvoir la production du maïs, d’où "l’Initiative riz, maïs, blé".
Ainsi, des paquets technologiques issus de la recherche agronomique, accompagnés d'un système de crédit sont proposés aux agriculteurs. Des dispositions ont également été prises pour acheter les surplus de production auprès des producteurs. Ces actions ont eu pour conséquence l'accroissement de la production et des superficies ainsi que des rendements.
Culture de soudure, le maïs est devenu une culture commerciale. Entre juillet et septembre, des paysans amassent des fortunes dans sa commercialisation. Après cette période, ils le revendent sec ou le consomment.
Sidiki Doumbia


Très utile pour la santé
Le maïs est une céréale originaire d’Amérique, qu’on utilise parfois comme un légume. Il y a le maïs jaune, le maïs blanc, le maïs bleu et le maïs pourpre. La céréale a plusieurs dérivés comme la farine, la semoule, l’huile, le son, la fécule et le sirop de maïs.
Le maïs sucré est une source de phosphore, magnésium, fer, zinc, cuivre, vitamine B1, B2, B3, d’acide pantothénique ou vitamine B5, vitamine B9, vitamine C. Des études épidémiologiques démontrent que la consommation de maïs serait reliée à un risque moindre de maladie cardiovasculaire, de diabète, de certains cancers, d’obésité. Ces effets bénéfiques seraient reliés à la synergie entre les nombreux composés contenus dans le produit céréalier comme les fibres, les antioxydants, les vitamines et les minéraux.
Une autre étude menée chez des hommes hypocholestérolémiants (cholestérol sanguin trop élevé) démontre que l’ajout de son de maïs finement moulu à une alimentation faible en gras avait plus d’effet sur la diminution du cholestérol sanguin que la diète faible en gras seulement.
S.D.

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TECHNOLAB-ISTA
La 8e promotion d’IMAS Afrique lancée
Pour son programme conjoint IMAS-Afrique (International Master of Advanced Studies) qu’il exécute en collaboration avec l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) de Genève, l’Institut supérieur de technologies appliquées (Technolab-ISTA) a lancé le mardi 2 juillet 2010 la 8e promotion dudit programme.
La cérémonie qui a réuni au siège de l’établissement les partenaires du programme, professeurs, étudiants et autorités universitaires a été mise à profit par le directeur de Technoloab-ISTA, Daouda Diakité, pour exprimer toute sa satisfaction.
Selon lui, au lancement d’IMAS, il y a 8 ans, l’issue était incertaine, mais ISTA a cependant su mettre en place des ressources humaines et matérielles nécessaires pour son exécution.
Cette année, ils sont 14 étudiants de cinq nationalités qui vont prendre part pendant 9 mois au programme. Ce groupe est constitué à part égale d’hommes et de femmes, ce qui constitue un motif de satisfaction du co-directeur IHEID, Michef Carton, qui a parlé du respect du genre.
Apres huit années d’exécution du programme d’IMAS, ses concepteurs pensent qu’il représente aujourd’hui un programme professionnalisant et un cursus de spécialisation en études du développement.
Le programme propose une vision et une compréhension globale des problèmes et phénomènes liés au développement en mettant l’accent sur l’approche inter disciplinaire, l’analyse critique, les relations inter culturelles. Il est délocalisé sur trois continents (Afrique, Asie et Amérique latine).
La responsable du programme, Dominique Rossier, a expliqué que le programme va se dérouler cette année en trois étapes. Une première partie de deux mois sera consacrée à l’introduction conceptuelle et théorique, appuyée par des cas pratiques au Mali.
La seconde étape consistera à des études de recherches sur le terrain en trois mois dans le pays d’origine de l’étudiant.
" La dernière étape se déroulera à Genève durant trois mois et portera sur la consolidation des acquis des deux premières séquences", a noté Mme. Elle a salué la capacité d’adaption des différents lauréats à bien conduire le programme.
L’expérience et le thème de recherche proposé par les candidats constituent les critères de sélection à l’IMAS.
Amadou Waïgalo

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OPERATION RAMADAN DE FONDATION PARTAGE
La 14e édition dans les banlieues
Cette année encore la Fondation Partage ne déroge pas à la tradition. Elle a repris l’exécution de son opération Ramadan qui permet chaque année à de milliers de fidèles musulmans de trouver de quoi couper le jeûne.
Le ramadan est un moment de partage et de solidarité entre tous les Maliens, principalement dans la communauté musulmane. Celle-ci s’apprête à entamer, dans quelques jours, le mois de Ramadan. Une occasion, pour la Fondation Partage d’Adame Ba Konaré, de se mobiliser encore pour apporter une aide alimentaire à des fidèles musulmans.
Cette année, la 14e édition connaîtra une sensible augmentation du nombre des sites. Les sites, de 24 en 2009, passent à 32 en 2010. Une autre particularité de l’opération de cette année réside dans la prise en compte des grandes banlieues de la capitale.
L’opération Ramadan de la Fondation Partage est aussi l’entraide et la communication entre fidèles à l’heure de la rupture du jeûne autour du même plat. Cette opération permet de renforcer la foi du fidèle, de l’inciter à observer son jeûne et à préserver les valeurs de partage et les liens spirituels qui unissent les fidèles de ce pays.
La bouillie à base de mil, est servie du lundi au jeudi et le riz gras les vendredis. Ils seront préparés par des femmes bénévoles sur place, dans les communes et banlieues de Bamako.
Djariatou Magassa
(stagiaire)

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INDUSTRIE DE LA MUSIQUE
Le piratage, un fléau persistant
Les produits culturels piratés ne manquent pas à Bamako. On retrouve quantité de cassettes, de disques compacts et de DVD dans les vitrines des commerçants, dans les marchés et dans les mains des vendeurs ambulants qui sillonnent la capitale, leur sac à dos plein de copies de plus ou moins bonne qualité.
Pour l’industrie de la musique, c’est un fléau qui frappe dur. Si le téléchargement illégal de chansons et d’albums sur Internet n’est pas aussi populaire au Mali qu’en Occident, l’accès à la technologie étant limité pour une grande partie de la population, le marché est inondé d’œuvres dupliquées illégalement.
Les consommateurs de cassettes et de disques compacts illicites sont convaincus par un argument majeur : leur coût. Ces copies sont habituellement vendues de deux à cinq fois moins cher que les originales, ce qui les rend très attrayantes. La loi du marché se fait sentir.
" C’est une question de mentalité. Si une copie coûte 500 F CFA, et que l’exemplaire légal coûte le double, le consommateur va préférer le produit le moins dispendieux. Il connaît la différence, mais c’est le portefeuille qui gagne", affirme le responsable technique du distributeur malien Mali Musique, Boubacar Traoré, qui explique que les albums piratés se vendent 300 F CFA au marché, alors qu’au magasin de Mali Musique, le prix est fixé à 1600 F CFA. Difficile de faire compétition à une telle aubaine.
Des pratiques qui frappent en plein cœur du secteur. "L’industrie de la musique commence à dégringoler de jour en jour. On lance un produit dans lequel ont été investis des millions de francs, et le lendemain, des copies piratées se retrouvent dans les marchés", déplore Boubacar Traoré.
En première ligne sur le champ de la lutte au piratage, on retrouve le Bureau malien des droits d’auteurs (Bumda). L’un des rôles de l’organisme gouvernemental est effectivement de veiller à la protection de la propriété intellectuelle. En plus de la sensibilisation et des actions normatives, le contrôle des marchés fait partie des stratégies concrètement mises en place sur le terrain.
Plus de 630 000 unités saisies
Selon les statistiques obtenues auprès du Bumda, 634 000 unités ont été saisies de 2000 à 2009, tous supports confondus. Les autorités de l’organisme affirment que le nombre de saisies a doublé en 2010 et a atteint le rythme de croisière d’une par semaine.
Les sorties de saisie nécessitent la participation de plusieurs acteurs, notamment celle des forces policières. Avec une équipe du Bumda, ils se rendent dans les marchés simultanément pour empêcher les pirates de déplacer la marchandise et leur filer entre les doigts.
" La méthode consiste à gérer le marché de façon générale. On saisit tout, le tri est effectué au bureau et les supports légaux sont remis aux commerçants", précise la chef du service communication et relations publiques du Bumda, Aïda Koné.
Les autocollants numérotés, que l’on retrouve sur les supports enregistrés auprès du Bumda, servent à identifier les copies légales. Selon Aïda Koné, depuis la mise en place du système, les "stickers" résistent toujours à la contrefaçon, les pirates n’ayant pas réussi à les reproduire.
Chez Mali Musique, on explique que le succès de la lutte contre le piratage revient à une question de moyens. Boubacar Traoré affirme qu’en 2005, l’entreprise a décidé de prendre les choses en main et est allée dans les marchés avec des artistes et des policiers pour procéder elle-même à la saisie d’œuvres piratées.
Des actions onéreuses, puisqu’il a fallu payer tous les gens impliqués, y compris la police. Selon lui, la facture pour 2005 s’est chiffré à 20 millions de F CFA. Une année féconde en actions également du côté du Bumda, qui a enregistré le plus grand nombre de supports saisis de la décennie, à 231 000. Mali Musique n’a pas répété l’expérience depuis, faute de moyens.
Au Bumda, Aïda Koné réplique que les frais de l’initiative de Mali Musique ont été remboursés, et que des saisies impliquant les artistes peuvent mettre la vie de ceux-ci en danger, puisqu’ils s’exposent à des représailles de la part des marchands de cassettes et disques compacts piratés qui tentent de défendre leur gagne-pain.
" Nous ne sommes pas contre l’idée des efforts collaboratifs, s’ils investissent dans la lutte et coopèrent avec nous. Il faut que les activités s’inscrivent dans un cadre légal, il faut une synergie de l’action", réagit Aïda Koné.
Pascal Raiche-Nogue
(stagiaire)

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CARNET DE VOYAGE
La joie dans la violence
Après le Mondial de l’Allemagne en 2006, j’ai eu la chance d’assister au 1er Mondial africain en Afrique du Sud sur trois stades, 17 matches dont l’ouverture et la finale. Et oui, du 11 juin au 11 juillet dernier, la plus prestigieuse compétition sportive majeure de la planète a eu lieu en Afrique.
La 19e édition de la Coupe du monde de football, une première sur le continent, 50 ans après les indépendances sur cette partie de la planète, a été une confirmation des acquis sportifs sur le continent noir.
J’ai quitté Bamako le dimanche 6 juin 2010 vers 21 h à bord de la compagnie Kenya Airways pour atterrir à l'aéroport Oliver Thambo de Johannesburg le lundi 7 juin aux environs de 13 h locale avec une brève escale à Nairobi, la capitale kenyane.
A l’aéroport, j’ai été accueilli et conduit par Mme Sangaré Balkissa, une Malienne et Abdoulaye Fofana, un Ivoirien, tous deux résidents en Afrique du Sud depuis plus d’une décennie et j'ai été conduit à ma villa dans le quartier Régents-Park dans la banlieue de Johannesburg.
C’est un bloc avec une chambre, des toilettes et une cuisine commune que je partage avec un couple ivoirien et un Nigérian. L’atmosphère était bon enfant. Le lendemain matin mardi direction stade Soccer City où a lieu le retrait de mon badge d’accréditation.
Le boulot a véritablement commencé pour moi par l’envoi au jour le jour des articles à mon journal à Bamako. Cela me permettait de rester en contact avec mon pays notamment ma famille et les amis dont je recevais les coups de fil d’encouragement.
Le reste du temps était consacré à des entretiens ou tables rondes sur la compétition surtout avec la presse locale. Pendant mon séjour, j’ai rencontré des personnalités en dehors du monde de foot dont l’ambassadeur du Brésil en Afrique du Sud.
Au soir d'un match de quart de finales Brésil/Pays-Bas au Centre de convention de Sandton situé dans le quartier des affaires de Johannesburg, j’ai rencontré l’archevêque du Cap, Mgr Desmond Tutu. "Comme vous êtes ici, dites pendant le tournoi tout ce que vous verrez sur le terrain", déclarait-t-il après notre rencontre avec d’autres confrères. Que dire des stars dont je rêvais de voir à l'œil nu comme l’Américaine Naomi Campbell, la Colombienne Shakira ou encore des personnages légendaires comme Nelson Mandela et autres prince Albert de Monaco.
Sur le terrain, le premier que j'ai approché pour discuter c’est bien Lionel Messi. Quelle sensation, car cela n'arrive pas tous les jours. Le contact avec lui, a été facilité par un officier de presse de la Fifa. J’ai vu d’autres stars du sport et de la culture, mais il était impossible de les approcher tant elles étaient envahies et gardées comme des œufs sur le feu.
Que dire aussi du vice-président, Joe Biden, et beaucoup de princes et princesses. Pendant le Mondial, j’ai côtoyé des fans du football sud-africain, mais aussi d’autres supporters venus du monde entier, des confrères et consœurs accrédités, des officiels, bref les faiseurs du Mondial.
C’est vrai que c’était ma 3e visite au pays de Madiba, mais la nouvelle configuration qu’affichaient les villes était nettement différente de celle que j’ai vue, il y a trois ou quatre ans. J’ai assisté aux fêtes du foot des villes et dans toutes les rues (festival Football for hope), au tournoi Mc Donald’s des jeunes accompagnateurs des joueurs sur la pelouse, au foot d’amitié des anciennes gloires du football africain et mondial, aux jeux de chevaux, de cricket, du rugby mais, aussi et surtout de golf.
A vu d’œil, pour cette première Coupe du monde en terre africaine d’Afrique du Sud, la capitale économique Johannesburg ainsi que les autres sites concernés par le Mondial, on sentait que le peuple sud-africain, était prêt à accueillir le monde entier…
Résistance
J’ai trouvé fantastique le sentiment qui se dégageait. Je sentais monter une douce euphorie. Un élan d’enthousiasme s’emparait des villes. L’agitation était palpable avec le son des vuvuzelas.
Tout semble mener au football et à la Coupe du monde. "Cela fait vingt ans que je vis ici et c’est la première fois que je vois les Sud-Africains s’emballer dans une telle frénésie", déclare Hoskin, Sud-Africaine de mère ougandaise. On sentait que les gens, sans en donner l’air, étaient prêts à faire la fête, que la moindre invite au partage trouve un écho favorable.
Johannesburg, Cap Town, Nelstruit, Durban, Pretoria… étaient devenus plus souriants que d’habitude et l’engouement suscité par le Mondial était perceptible sur tous les visages. Pouvait-on espérer une meilleure acceptation de la différence, dans une ville où la xénophobie gagnait du terrain, il y a une décennie ?
Non, je ne croyais pas. Constat, en pleine Coupe du monde, rien de fondamental n’avait changé aussi dans la mentalité de certaines personnes qui tiennent à exprimer leur différence et qui refusent de voir l’Afrique du Sud et le monde changer.
Johannesburg est certes une ville très cosmopolite, et les étrangers y sont généralement bien accueillis et acceptés, mais il demeure étrangement quelques poches de résistance, quelques franges qui gardent une vision réductrice et dépassée du monde. Et je ne crois pas que la Coupe du monde, malgré tous les messages de tolérance et d’acceptation de l’autre dans sa différence qu’elle draine, pouvait changer les gens.
Ceux qui pensent du mal des étrangers dont les Zimbabwéens, voire des Somaliens ou Mozambicains ne pouvaient pas changer à cause du football. Les xénophobes resteront des xénophobes. Ils ne représentent pas la majorité de Johannesburg où l’on aime les étrangers.
Qu’est-ce qui explique alors cette délimitation de "no go areas", ces quartiers où un étranger, plus précisément zimbabwéen serait prétendument non grata et même menacé de mort ? Ce jour a été un cauchemar pour les Somaliens et des Zimbabwéens.
" On nous a fait toutes sortes de misères et brûlé notre maison. Aujourd’hui il y a des zones, à Johannesburg où je ne peux pas aller, du moins seul. Et le pire serait l’après Mondial", soupire Shelton, un Zimbabwéen.
Il se plaignait d’avoir été insulté et molesté par un agent de sécurité. "Ça s’est passé le 23 juin au Park Eldorado, à l’entrée de la Fan Fest, lors du match Etats-unis-Algérie. Un garde m’a intercepté et jeté à terre. Je me suis évanoui, j’ai perdu mes lunettes".
C’est regrettable qu’un étranger comme Shelton, ne puisse pas aller partout dans sa ville d’accueil, juste parce qu’il a une tête de Mugabe. C’est vrai, Johannesburg souffre de ces attardés d’extrême droite, de ces couillons de xénophobes qui ne changeront jamais parce qu’ils ont raté le bon wagon de l’histoire. Il faut être incroyablement optimiste pour croire qu’une simple partie de football va sortir ces personnes de la bêtise.
Ici, on parle de la chasse à la sorcière après le Mondial. Des supporters ghanéens en ont déjà fait les frais avec leur interpellation et ils étaient nombreux le dimanche dernier à la gare routière de Brafontein à reprendre le chemin du retour au pays. "Ils ont décidé de nous chasser à la fin de la Coupe du monde", déclare une Zimbabwéenne.
A l’heure où la Fifa se penchait sur le premier bilan, c’est une autre scène qui se préparait, certaines vérités méritent d’être rappelées. Incendier des familles, ce n’est pas un jeu. Il ne s’agit plus de faire de l’idéologie, de la provocation, ou du populisme, dès lors qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour des personnes.
C’est ça aussi l’Afrique du Sud !
Boubacar Diakité Sarr

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LE FOOTBALL MALIEN EN DEUIL
Mad Coulou n’est plus
Mamadou Coulibaly dit Mad Coulou, cadre à la direction nationale des sports et de l’éducation physique et entraîneur national de football n’est plus. Il s’est éteint mardi à l’hôpital Gabriel Touré.
C'est au retour du Caire (Egypte) où il était invité par la Confédération africaine de football (Caf) pour faire l'évaluation de la Can "Angola-2010" par les techniciens des pays participants, qu'il avait piqué une crise à l'aéroport international de Casablanca (Maroc).
Hospitalisé depuis février 2010 dans un hôpital de Casablanca, Mamadou Coulibaly avait été récemment renvoyé au pays par les soins du gouvernement du Mali. Il avait été admis au service de réanimation de l’hôpital Gabriel Touré où il s’est éteint tôt hier matin.
Mad Coulou avait été de l'aventure des Aigles à la Can-2010. Médaillé de bronze à la Can juniors au Ghana et la même année, il fut 3e au Mondial de la même catégorie au Nigeria avec le soulier d’argent et le titre de meilleur joueur dans ses rangs.
Mamadou Coulibaly "Mad Coulou" était un entraîneur et cadre valeureux. Il s'est éteint à l'âge de 51 ans. Mad Coulou a également été un pilier des équipes nationales toutes catégories confondues.
Né en 1959 à Dioro (Ségou), Mad Coulou pour les intimes, a atterri dans la cour des entraîneurs en 1987, année où il fit ses premières armes à l’Usfas. Il a effectué plusieurs stages d’entraîneurs notamment en 2002 à Clairefontaine (France).
Avec sa disparition, le Mali et les dirigeants du football perdent un cadre valeureux, un entraîneur expérimenté et compétent qui avait la passion et l’amour du travail bien fait. Dors en paix coach !
La rédaction

 

 

IDRISSA TOURE "NANI", ANCIEN DU REAL
" C’est un nouveau départ"
Pour Idrissa Touré dit Nani, la victoire du Réal de Bamako à la 50e Coupe du Mali est un signe avant-coureur de la renaissance de ce club qui fut un grand avec le Djoliba et le Stade.
Les Echos : Quel sentiment vous anime après le sacre de l’AS Réal en Coupe du Mali ?
Idrissa Touré : Je suis encore très ému que le Réal remporte la Coupe du cinquantenaire, parce que je n’étais pas du tout tranquille au regard du classement de la Ligue 1 dans lequel le Réal occupe la 6e place contre la 3e pour le CSK. Vraiment j’avais peur, mais Dieu merci, les enfants ont eu la chance de gagner le match. Je crois que cette victoire galvanisera non seulement l’Amicale, mais aussi tout le Réal. Et je suis sûr et certain que c’est un nouveau départ maintenant pour le Réal, parce qu’avec cette coupe, nous allons prendre les dispositions utiles afin que l’équipe puisse aller de l’avant.
Les Echos : Le sacre est donc un signe du retour ?
I. T. : Vous savez, il fut un moment où le Réal était en décadence. Alors j’ai eu l’idée de créer une Amicale des anciens footballeurs du Réal. Depuis la création de cette Amicale, nous, les anciens, ont mis beaucoup de stratégie en place pour aider l’entraîneur et les joueurs en même temps. Et notre reconnaissance par le comité directeur nous a davantage galvanisés. Ainsi, à partir des quarts de finale contre le Sigui à Kayes, nous avons délégué Amadou Samaké "Vieux" au nom de l’Amicale. Le match s’est bien passé parce que nous avons gagné non seulement le championnat et la Coupe du Mali. Ces résultats ont donné confiance à l’Amicale. Nous avons continué toujours à aider l’entraîneur Dougoutigui et à supporter moralement les joueurs. Donc, véritablement, ce sacre est un signal fort.
Les Echos : Peut-on s’attendre à un nouveau départ du Réal ?
I. T. : C’est un départ définitif, d’abord nous allons faire le lancement de l’Amicale au Carrefour des Jeunes avec la participation des médias. Ensuite, nous avons décidé de fêter le cinquantenaire du club prévu le 18 septembre et qui coïncide avec les manifestations du cinquantenaire de notre pays. A ce titre, après le 22 septembre, nous allons organiser un concert géant au CICB avec les artistes que nous considérons comme les artistes du Réal tels que Adja Soumano, épouse d’Amadou Pathé Diallo, Fantani Touré qui est de Bozola et du Réal, Naini Diabaté, Djénéba Seck, que je connais depuis l’enfance et quand elle était jeune, elle supportait le Réal et son mari, Sékou Kouyaté, également supporter du Réal. Nous allons réunir ce beau monde pour lancer le Réal définitivement et aussi dans les perspectives de la saison prochaine.
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr

 

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