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2009
Mois de
septembre
Les
Echos du 07 septembre
IL
FAUT LE DIRE
Démissions
Que l’Etat oublie de rappeler à l’ordre des commerçants
indélicats, qui affament les populations, n’est plus une nouveauté au
Mali à cause de connexions mafieuses. Mais que des défenseurs des
consommateurs refusent de dénoncer seulement le fardeau de "l’exploitation
de l’homme par l’homme" laisse penser que notre sort est pour
le moment scellé ou en tout cas qu’elles trouvent leur compte dans
notre pillage. Maintenant, à l’approche des fêtes et surtout
de Ramadan, les prix des produits nécessaires grimpent sur la base d’explications
abracadabrantesques.
Cette année, c’est le prix élevé du sucre qui est
au centre des débats. Les Maliens, habitués à recevoir une
grande quantité de cette denrée par solidarité pendant le
mois de jeûne, en sont sevrés ; des donateurs ont du mal à s’y
approvisionner à un prix raisonnable parce que quelque part des hommes
se sont unis pour réaliser plus de profits sur le dos des populations.
Y a-t-il un défenseur des consommateurs ? Allo !
C'est sur le répondeur comme il y a 2 ans, à la veille de la Tabaski,
où il n’y avait plus de moutons à Bamako. Cette "pénurie" est
d’ailleurs devenue proverbiale, puisque des consommateurs ont été trompés
de nuit avec des béliers éclopés, bancals ou borgnes… c'est-à-dire
dire impropres au sacrifice d’Abraham. Il fallait, dans tous les cas, parcourir
des kilomètres pour payer 3 à 4 fois plus cher que d’ordinaire
n’importe quel ovin ou caprin pour ne pas être la risée de
la fête du mouton. N’est-ce pas le comble dans un pays à vocation
agro-pastorale ? Depuis, les associations de consommateurs se taisent.
Demain, si rien n’est fait, le thé, qui est la boisson la plus courante
après l’eau plate, sera le privilège des seuls nantis. Il
suffira de céder l’exclusivité de son importation à deux
ou trois Maliens, avides de gains faciles, pour que l’hypothèse évoquée
se transforme en réalité. Et croyez-moi, les associations de consommateurs
ne lèveront pas le petit doigt pour rien au monde depuis qu’elles
sont devenues sourdes-muettes après la flambée du prix des céréales.
Des promoteurs d’écoles privées aussi se plaisent à arnaquer
des parents d’élèves avec des taux de réussite de
complaisance, qui ne reflètent pas le niveau réel de leurs effectifs,
sans autre forme de procès. Il en est de même de centres de santé privés
dont les prestations coûtent les yeux de la tête, mais qui se révèlent
en deçà des attentes des patients. Vous avez dit associations de
consommateurs ? Ya Allah !
Mais enfin de quoi je me plains quand nos compatriotes, réputés
râleurs, s’en remettent aussitôt à Dieu après
quelques lamentations dans leurs salons, bureaux ou "grin" ? On est
devenu tellement égocentrique que personne n’ose lutter pour l’intérêt
commun. Alors qu’un homme doit être un loup pour l’homme dans
certaines circonstances, nous avons accepté d’être des agneaux
sacrificiels à la disposition de ceux qui ont décidé de
nous manger jusqu’à la moelle des os. "Chacun pour soi, Dieu
pour tous" ? N’est-ce pas le signe évident d’une démission
collective ?
A. M. T.
Acceuil
FETE
DE LA LIBYE
Quand ATT cherche à plaire à GMT
Le 1er septembre dernier, la Libye a célébré le
40e anniversaire de l’accession au pouvoir
de Mouammar Kadhafi. A cette fête, le
Guide a invité à Tripoli, ATT,
Alpha Oumar Konaré et… le général
Moussa Traoré. Tous les trois ont fait
le déplacement, contrairement à ce
qu’on aurait pu croire en écoutant
ATT, à son retour à la télé.
Quel invité incongru !
Ce qui fait notre indignation, c’est
la volonté d’ATT de banaliser
l’affaire, d’accepter d’être à la
même tribune et traiter sur le même
pied que GMT. A son retour de Tripoli, brandissant
la décoration de GMT, il a dit que la
République du Mali (qu’il représente
et incarne) allait se déplacer chez
GMT pour lui remettre sa distinction.
Que Mouammar Kadhafi invite en même temps
ATT, Alpha et GMT passe. Car, ce qui est sûr,
cet homme est connu pour ses excentricités
et sa propension à toujours mettre les
pieds dans le plat. Ce qui est sûr, c’est
que si Alpha savait, jamais il n’aurait
accepté d’être au même
sommet que notre geôlier, du reste un
condamné qui, même gracié,
reste un tortionnaire du peuple malien.
D’ailleurs, présent quand même à Tripoli,
Alpha Oumar Konaré, qui a su la présence
de Moussa Traoré à quelques heures
de l’ouverture des cérémonies,
n’a pas quitté son hôtel.
Il a boycotté toutes les cérémonies
du fait de la présence de GMT qui a
paradé partout aux côtés
d’ATT en Libye. Incroyable !
La question que l’on se pose est de savoir
qu’est-ce que le 26 mars pour ATT ? Est-ce
juste l’anniversaire de sa fille comme
il l’a déjà dit, lui, le
héros du 26 mars 1991 ? Devrons-nous,
comme lui a tendance à le faire, nier
les crimes commis sous Moussa ? Car, tous ceux
qui ont suivi l’allocution d’ATT à la
télé à son retour, parlant
de GMT, doivent se demander pourquoi ATT a
participé à la prise du pouvoir
en 1991 et pourquoi fournit-il tant d’efforts
pour plaire à GMT ?
Il y a décidément encore beaucoup
de choses à apprendre d’ATT…
Alexis Kalambry
Acceuil
CRISE
FINANCIERE
La théorie à rebours du Pr. Salin
Le club Perspectives et développement a organisé le samedi dernier,
une conférence sur "La mondialisation : quelles perspectives pour
les économies subsahariennes ?", avec comme principal animateur,
le Pr. Pascal Salin.
Pascal Salin (né le 16 mai 1939 à Paris) est un philosophe et économiste
français, professeur à l'Université de Paris IX Dauphine,
spécialiste de la finance publique et ancien président de la Société du
Mont Pèlerin (1994-1996).
D'inspiration libérale et libertarienne, son œuvre marche dans les
traces de Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek.
Il a pris position en faveur du projet de directive sur la libéralisation
des services dans l'Union européenne (directive Bolkestein) et en défaveur
du Traité de Rome de 2004.
Il a travaillé comme consultant, notamment, pour service d’études
du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement du Niger, l’Organisation
des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Harvard Institute
for International Development.
Il y a presque un an, l'économie mondiale frôlait la catastrophe.
En l'espace de trois jours, du 15 au 17 septembre 2008, Lehman Brothers déposait
le bilan, la méga compagnie d'assurances AIG était reprise par
le gouvernement américain, et la vacillante figure emblématique
de Wall Street, Merrill Lynch, était absorbée par la Bank of America
dans un accord négocié et financé par le gouvernement américain.
La panique a suivi et le crédit a cessé de circuler. Les sociétés
non financières ne pouvaient obtenir de fonds de roulement et encore moins
de financement pour des investissements de long terme. Une récession semblait
alors possible.
Aujourd'hui, l’orage a éclaté. Plusieurs mois de mesures
d'urgence prises par les grandes banques centrales ont empêché les
marchés financiers de s'effondrer. Quand les banques ont cessé de
fournir des liquidités à court terme à d'autres banques
et aux sociétés privées, les banques centrales ont comblé le
vide. Les grandes économies ont donc évité un effondrement
du crédit et de la production. Le sentiment de panique s’est dissipé.
Les banques recommencent à se prêter les unes aux autres.
Si le pire a été évité, une grande douleur persiste.
La crise a culminé avec une chute du prix des actifs fin 2008. Dans le
monde entier, les ménages aisés se sont sentis plus pauvres et
ont donc nettement réduit leurs dépenses. Le grand problème
qui se pose aujourd'hui, c'est de savoir, si pour des zones éloignées
de l’épicentre, comme l’Afrique subsaharienne, la crise est
passée ou le pire est à venir ?
La réponse du Pr. Salin n’est pas très rassurante. Mais pour
faire simple, disons qu’il y a toujours un risque que la crise financière
soit juste en phase d’hibernation, phase pendant laquelle elle se métamorphose
lentement en crise de la dette publique.
En effet, pour lui, contrairement aux solutions actuellement envisagées,
il fallait plus mettre l’accent sur l’épargne plutôt
que la consommation ; éviter toute politique monétaire ou prôner
sa stabilité, en tout cas, "restaurer l’épargne et mettre
en place un système qui inciterait l’individu à accumuler".
Une théorie difficilement défendable, qui s’apparente à de
la thésaurisation, dans un contexte, où c’est justement le
manque de liquidité et la faiblesse du flux de circulation monétaire
qui ont engendré la crise.
Pourtant, il n’en démord pas : "la crise monétaire découle
plus d’une politique monétaire trop expansionniste" et est
plus la raison, à son avis, de cette crise, que le marché. Et les
produits spéculatifs développés alors par le grand capital
? Là encore, M. Salin charge l’employé. "Le capitaliste
est moins responsable de la crise que le manager". Dur exercice que de dissocier
ses deux personnages ? Pascal Salin qui se revendique "capitaliste" s’y
essaie pourtant disant que si l’un apporte l’argent et s’attend
au retour sur investissement, l’autre… fructifie !
En plus, pour lui, la banque centrale est le bouc émissaire. Du fait de
son rôle de prêteur des banques en dernier ressort, la banque centrale
a encouragé l’érosion des fonds propres, incité aux
prêts et fait fi des ratios prudentiels à respecter !
Les USA prouvent que même une économie lourdement surendettée
peut, en théorie, au fil des années, mêmes sur des décennies,
avancer lentement mais sûrement. Tout se résume à la confiance
et à la coordination des attentes. C’est certainement ce qui manque
chez nous.
S’il défend au moins une morale, dont la place apparaît difficilement
dans ses explications, le Pr. Pascal Salin a une théorie sur la crise
qui nous obligerait à revisiter Marx et Keynes !
Alexis Kalambry
Mieux vaut tard que jamais
Cette conférence du club Perspectives et développement a fait salle
comble, signe que le débat d’idées est très demandé.
L’objet de ce débat de samedi était de faire connaître
la libéralisation, la mondialisation et le rôle de l’Etat
dans les pays sous-développés ; l’impact collatéral
de la crise financière sur les économies africaines.
En plus du Pr. Pascal Salin, le ministre du Budget, Lassine Bouaré, a
développé le thème de la globalisation. La rencontre a eu
lieu sous la présidence d’Hamed Diané Séméga,
le président du club Perspectives et développement, de diplomates
et du président ATT.
Alexis Kalambry
Acceuil
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