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2009
Mois de
septembre
Les
Echos du 04 septembre
ARRETES
AVEC DES ARMES DE GUERRE A BAMAKO
Cinq personnes placées sous mandat de dépôt
Cinq personnes arrêtées en possession d'armes de guerre à Bamako
ont été auditionnés mercredi par le juge d’instruction
de la Commune V. Elles ont été placées sous mandat de dépôt à la
Maison centrale d’arrêt de Bamako-Coura.
Selon nos informations, cinq Touaregs viennent d'être arrêtés
avec en leur possession des armes de guerre de type pistolets mitrailleurs (PM)
et un important stock de munitions. Ils ont été appréhendés
par des éléments du 11e arrondissement et présentés
mercredi 2 septembre 2009 au juge d’instruction du Tribunal de première
instance de la Commune V, Koké Coulibaly.
Après une audition de courte durée, ils ont été immédiatement
conduits à la Maison centrale d’arrêt de Bamako où ils
ont été placés sous mandat de dépôt.
En attendant d’en savoir plus, l’on peut se poser des questions :
Comment sont-ils rentrés avec ses armes ? Pour quel dessein ? Etaient-ils
seulement en transit à Bamako ? S'agit-il d'éléments de
l'AQMI. Pourtant, Bamako est loin du théâtre des opérations
d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. S’ils avaient été arrêtés
dans la bande saharienne, le lien allait vite être fait.
Toujours est-il que nos sources rapportent que dans l’affaire, les cinq
inculpés auraient cité des noms de certaines personnalités
aussi bien du Mali que du Niger. C’est dire que le problème doit être
pris au sérieux en vue de faire toute la lumière.
Nul doute que leur plan a échoué. Autrement, ils auraient pu s’acharner
sur de paisibles citoyens à travers des actes de cambriolages et de braquages.
Ces derniers temps, l’insécurité va grandissant dans le district
avec des attaques à main armée, des braquages, etc. Peut-être
qu’avec l’arrestation de ces cinq Touaregs, il faut s'attendre à un
déballage.
Mohamed Daou
Acceuil
INSTITUTIONS
DE LA REPUBLIQUE
Tous se couchent devant le général
Une image choquante pour ceux qui ont suivi la télévision nationale
le mercredi dernier et la longue tirade d’ATT à son retour de Tripoli
: sur notre tapis rouge, un gamin derrière lui. Dans la République,
les rôles sont partagés, chaque institution avec ses prérogatives.
Le gamin à côté du président faisait penser à un
régent à côté du monarque, apprenant déjà sa
mission future.
Qu’ATT ne le sache pas ou ose enfreindre la "règle", normalement,
il existe un service chargé de cette question qui aurait dû jouer
son rôle. Même Mme Touré Lobbo n’a jamais osé emprunter
le tapis rouge, pourquoi laisser un enfant, innocent, en treillis parader comme
s’il était la relève ? Car, au-delà de la personne
du président, c’est l’image du Mali qui est ainsi véhiculée, écornée.
Ce fait est synonyme de laisser aller dans les institutions de la République.
La séparation des pouvoirs signifie que, pour une bonne partition, chacun
se cantonne dans son rôle, mais, joue également tout son rôle.
Dans ce cadre précis, si un commis des protocoles avait fait savoir que
cet enfant ne doit pas se trouver là, il n’aurait pas perdu sa place
pour autant.
Malheureusement, chez nous, les réflexions et les attitudes sont guidées
plus par la volonté de "garder sa place" que de jouer pleinement
sa fonction. Et c’est la République qui en pâtit !
Alexis Kalambry
Acceuil
ASSEMBLEE
NATIONALE
Et si les Maliens "ouvraient" bien les yeux…
Nos compatriotes devront inclure des critères essentiels dans leurs choix
aux élections législatives, sous peine de manifester constamment
leur amertume dans la rue. Rien n’indique qu’après la controverse
née du nouveau code des personnes et de la famille, l'Assemblée
nationale ne va pas encore heurter la conscience collective.
Certaines personnes se plairaient à affirmer que la demande de relecture
du nouveau Code de la famille et de la personne par le président de la
République marque une accalmie définitive sur le front social malien,
du moins sur le Code. Bien au contraire, d’autres "codes" et
contestations sont encore possibles dans la mesure où des responsables
de la controverse sociale sont encore confortablement en place. Le renvoi pour
une seconde lecture du nouveau Code, largement voté par les élus
de la nation, soulève encore la problématique de l’identité d’un
député, qui doit l’être et qui ne doit pas l’être.
Considérée comme une mission aux effets ignorés par les
Maliens dont plus de la majorité sont illettrés, la fonction de
député est assez stratégique et peut entraîner des
frictions dans une nation à cause des votes non judicieux et accomplis
sans l’agrément des mandants. Inutile alors de dire qu’un élu
de la nation doit être une personne lucide, ouverte, dévouée
et un fin communicateur.
A travers ses actes, il peut faire la loi et participer à l’enracinement
de la démocratie. Mais force est de reconnaître qu’au Mali,
la fonction n’a pas encore acquis, aux yeux de la plupart des citoyens,
tout le rôle et la place qui lui reviennent. Peut-être que les échauffourées
sur le Code vont changer cette donne.
C’est pourquoi nous rencontrons toutes sortes de députés,
pourvu que le candidat distribue de l’argent, quelques cartons de thé et
des T-shirts même s’il faut reconnaître au passage que les
votes des citoyens sont souvent détournés pour servir des intérêts
sordides particuliers en écartant les plus méritants.
Face à cette réalité, l’ancien ministre de la Fonction
publique et membre de la "Commission Daba Diawara", Modibo Diakité a
sonné la sonnette d’alarme en ces termes : "L’Assemblée
nationale ne doit pas être un refuge de bandits, un repaire pour n'importe".
Désormais célèbre au sein de l’institution parlementaire
qui ouvre ses portes à des citoyens incriminés dans des affaires
sombres, le banditisme (particulièrement financier) a été par
la trahison des mandants, au nom d’un unanimisme caduc.
L’on a beau lier les bavures des députés à des raisons à la
teneur faible, les Maliens doivent se rendre à l’évidence
qu’un élu de la nation doit faire preuve d’analyses critiques
en usant de toutes ses capacités intellectuelles et relationnelles. Par
conséquent, les citoyens ne doivent plus voter pour ceux qui considèrent
la noble fonction comme un investissement qu'il faut rentabiliser et dont on
doit profiter pour faire plaisir à un individu et son clan au détriment
du bonheur commun, car ces gens ne sont pas prêts à défendre
leurs intérêts légaux.
Combien sont-ils à l’hémicycle juste pour collecter les indemnités
et autres avantages ? Combien sont-ils à lever seulement le doigt sans
pour autant savoir de quoi il est vraiment question ?
Le handicap de la langue
En avouant que "nous avons été victimes d’une paresse
intellectuelle", Me Mountaga Tall sous-entend que nombreux parmi ses pairs
qui font juste de la figuration, au lieu d'un travail de fond basé sur
le sens critique et une lecture attentive des propositions de loi. Et l’on
se rend à l’évidence que des élus n’ont aucune
véritable notion de leur fonction. Cela implique aussi que les sessions
d’initiation organisées à leur intention en début
de législature n’ont été qu’un gouffre financier.
Le cas des élus qui ne savent pas lire est pire. Le français, la
langue officielle du pays, constitue un obstacle dans le déchiffrage des
projets de loi. Parmi ceux-ci, certains semblent seulement agir en fonction de
la ligne directrice édictée par leurs collègues, qui peuvent être
tout de même sur la mauvaise piste. De plus, les traductions ne reflètent
pas parfois l’idée des documents soumis à leur approbation.
L’on se souvient que lors de la législature passée, un député de
Koutiala, Yacouba Y. Bakayogo, avait interpellé le ministre de la Culture
Cheick Oumar Sissoko sur la piraterie rampante, un traducteur, incapable d’interpréter
les propos de l’orateur, avait suscité l’ire du président
de la séance, l’honorable Ibrahim Boubacar Kéita.
Que serait-il advenu si IBK n’avait pas arrêté la mauvaise
prestation du traducteur ? Si les députés concernés étaient
eux-mêmes assez instruits pour cerner le message du ministre Sissoko, la
communication aurait été plus efficace. C’est donc mettre
un élu de la nation sur le boulevard de l’échec quand on
lui remet un document dans une langue qu’il ne maîtrise pas.
Sans remettre en cause le droit de nos compatriotes non alphabétisés à se
porter candidat à une élection législative, il paraît
bien clair que les élus, ne maîtrisant pas la langue de Molière,
sont plus prompts à se fourvoyer. Ils ne bénéficient pas
de préjugés favorables dans l’accomplissement de leur mission.
Tout comme ceux qui sont pris par "la paresse intellectuelle" que le
président du Cnid a citée et par le mépris de la position
de leurs mandants au profit des souhaits du prince du jour.
Le Comite de réflexion sur le processus démocratique au Mali a
beau faire des suggestions, il appartient aux citoyens de faire le bon choix
en incluant des critères essentiels au moment décisif.
Ogopémo Ouologuem
(USA)
Acceuil
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