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2009

Mois de septembre

Les Echos du 04 septembre

 

ARRETES AVEC DES ARMES DE GUERRE A BAMAKO
Cinq personnes placées sous mandat de dépôt
Cinq personnes arrêtées en possession d'armes de guerre à Bamako ont été auditionnés mercredi par le juge d’instruction de la Commune V. Elles ont été placées sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako-Coura.
Selon nos informations, cinq Touaregs viennent d'être arrêtés avec en leur possession des armes de guerre de type pistolets mitrailleurs (PM) et un important stock de munitions. Ils ont été appréhendés par des éléments du 11e arrondissement et présentés mercredi 2 septembre 2009 au juge d’instruction du Tribunal de première instance de la Commune V, Koké Coulibaly.
Après une audition de courte durée, ils ont été immédiatement conduits à la Maison centrale d’arrêt de Bamako où ils ont été placés sous mandat de dépôt.
En attendant d’en savoir plus, l’on peut se poser des questions : Comment sont-ils rentrés avec ses armes ? Pour quel dessein ? Etaient-ils seulement en transit à Bamako ? S'agit-il d'éléments de l'AQMI. Pourtant, Bamako est loin du théâtre des opérations d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. S’ils avaient été arrêtés dans la bande saharienne, le lien allait vite être fait.
Toujours est-il que nos sources rapportent que dans l’affaire, les cinq inculpés auraient cité des noms de certaines personnalités aussi bien du Mali que du Niger. C’est dire que le problème doit être pris au sérieux en vue de faire toute la lumière.
Nul doute que leur plan a échoué. Autrement, ils auraient pu s’acharner sur de paisibles citoyens à travers des actes de cambriolages et de braquages. Ces derniers temps, l’insécurité va grandissant dans le district avec des attaques à main armée, des braquages, etc. Peut-être qu’avec l’arrestation de ces cinq Touaregs, il faut s'attendre à un déballage.
Mohamed Daou

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INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE
Tous se couchent devant le général
Une image choquante pour ceux qui ont suivi la télévision nationale le mercredi dernier et la longue tirade d’ATT à son retour de Tripoli : sur notre tapis rouge, un gamin derrière lui. Dans la République, les rôles sont partagés, chaque institution avec ses prérogatives. Le gamin à côté du président faisait penser à un régent à côté du monarque, apprenant déjà sa mission future.
Qu’ATT ne le sache pas ou ose enfreindre la "règle", normalement, il existe un service chargé de cette question qui aurait dû jouer son rôle. Même Mme Touré Lobbo n’a jamais osé emprunter le tapis rouge, pourquoi laisser un enfant, innocent, en treillis parader comme s’il était la relève ? Car, au-delà de la personne du président, c’est l’image du Mali qui est ainsi véhiculée, écornée. Ce fait est synonyme de laisser aller dans les institutions de la République.
La séparation des pouvoirs signifie que, pour une bonne partition, chacun se cantonne dans son rôle, mais, joue également tout son rôle. Dans ce cadre précis, si un commis des protocoles avait fait savoir que cet enfant ne doit pas se trouver là, il n’aurait pas perdu sa place pour autant.
Malheureusement, chez nous, les réflexions et les attitudes sont guidées plus par la volonté de "garder sa place" que de jouer pleinement sa fonction. Et c’est la République qui en pâtit !
Alexis Kalambry

 

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ASSEMBLEE NATIONALE
Et si les Maliens "ouvraient" bien les yeux…
Nos compatriotes devront inclure des critères essentiels dans leurs choix aux élections législatives, sous peine de manifester constamment leur amertume dans la rue. Rien n’indique qu’après la controverse née du nouveau code des personnes et de la famille, l'Assemblée nationale ne va pas encore heurter la conscience collective.
Certaines personnes se plairaient à affirmer que la demande de relecture du nouveau Code de la famille et de la personne par le président de la République marque une accalmie définitive sur le front social malien, du moins sur le Code. Bien au contraire, d’autres "codes" et contestations sont encore possibles dans la mesure où des responsables de la controverse sociale sont encore confortablement en place. Le renvoi pour une seconde lecture du nouveau Code, largement voté par les élus de la nation, soulève encore la problématique de l’identité d’un député, qui doit l’être et qui ne doit pas l’être.
Considérée comme une mission aux effets ignorés par les Maliens dont plus de la majorité sont illettrés, la fonction de député est assez stratégique et peut entraîner des frictions dans une nation à cause des votes non judicieux et accomplis sans l’agrément des mandants. Inutile alors de dire qu’un élu de la nation doit être une personne lucide, ouverte, dévouée et un fin communicateur.
A travers ses actes, il peut faire la loi et participer à l’enracinement de la démocratie. Mais force est de reconnaître qu’au Mali, la fonction n’a pas encore acquis, aux yeux de la plupart des citoyens, tout le rôle et la place qui lui reviennent. Peut-être que les échauffourées sur le Code vont changer cette donne.
C’est pourquoi nous rencontrons toutes sortes de députés, pourvu que le candidat distribue de l’argent, quelques cartons de thé et des T-shirts même s’il faut reconnaître au passage que les votes des citoyens sont souvent détournés pour servir des intérêts sordides particuliers en écartant les plus méritants.
Face à cette réalité, l’ancien ministre de la Fonction publique et membre de la "Commission Daba Diawara", Modibo Diakité a sonné la sonnette d’alarme en ces termes : "L’Assemblée nationale ne doit pas être un refuge de bandits, un repaire pour n'importe". Désormais célèbre au sein de l’institution parlementaire qui ouvre ses portes à des citoyens incriminés dans des affaires sombres, le banditisme (particulièrement financier) a été par la trahison des mandants, au nom d’un unanimisme caduc.
L’on a beau lier les bavures des députés à des raisons à la teneur faible, les Maliens doivent se rendre à l’évidence qu’un élu de la nation doit faire preuve d’analyses critiques en usant de toutes ses capacités intellectuelles et relationnelles. Par conséquent, les citoyens ne doivent plus voter pour ceux qui considèrent la noble fonction comme un investissement qu'il faut rentabiliser et dont on doit profiter pour faire plaisir à un individu et son clan au détriment du bonheur commun, car ces gens ne sont pas prêts à défendre leurs intérêts légaux.
Combien sont-ils à l’hémicycle juste pour collecter les indemnités et autres avantages ? Combien sont-ils à lever seulement le doigt sans pour autant savoir de quoi il est vraiment question ?
Le handicap de la langue
En avouant que "nous avons été victimes d’une paresse intellectuelle", Me Mountaga Tall sous-entend que nombreux parmi ses pairs qui font juste de la figuration, au lieu d'un travail de fond basé sur le sens critique et une lecture attentive des propositions de loi. Et l’on se rend à l’évidence que des élus n’ont aucune véritable notion de leur fonction. Cela implique aussi que les sessions d’initiation organisées à leur intention en début de législature n’ont été qu’un gouffre financier.
Le cas des élus qui ne savent pas lire est pire. Le français, la langue officielle du pays, constitue un obstacle dans le déchiffrage des projets de loi. Parmi ceux-ci, certains semblent seulement agir en fonction de la ligne directrice édictée par leurs collègues, qui peuvent être tout de même sur la mauvaise piste. De plus, les traductions ne reflètent pas parfois l’idée des documents soumis à leur approbation.
L’on se souvient que lors de la législature passée, un député de Koutiala, Yacouba Y. Bakayogo, avait interpellé le ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko sur la piraterie rampante, un traducteur, incapable d’interpréter les propos de l’orateur, avait suscité l’ire du président de la séance, l’honorable Ibrahim Boubacar Kéita.
Que serait-il advenu si IBK n’avait pas arrêté la mauvaise prestation du traducteur ? Si les députés concernés étaient eux-mêmes assez instruits pour cerner le message du ministre Sissoko, la communication aurait été plus efficace. C’est donc mettre un élu de la nation sur le boulevard de l’échec quand on lui remet un document dans une langue qu’il ne maîtrise pas.
Sans remettre en cause le droit de nos compatriotes non alphabétisés à se porter candidat à une élection législative, il paraît bien clair que les élus, ne maîtrisant pas la langue de Molière, sont plus prompts à se fourvoyer. Ils ne bénéficient pas de préjugés favorables dans l’accomplissement de leur mission. Tout comme ceux qui sont pris par "la paresse intellectuelle" que le président du Cnid a citée et par le mépris de la position de leurs mandants au profit des souhaits du prince du jour.
Le Comite de réflexion sur le processus démocratique au Mali a beau faire des suggestions, il appartient aux citoyens de faire le bon choix en incluant des critères essentiels au moment décisif.
Ogopémo Ouologuem
(USA)

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CODE
Ne jetez pas la pierre à Mme Fatoumata Guindo !
La communication gouvernementale pêche beaucoup. Certainement, également du fait de Mme Fatoumata Guindo, le ministre porte-parole du gouvernement. Mais, dans le cas précis des insuffisances constatées dans la communication sur le code, son département n’y est pour rien.

ATT est un monarque. Le constat général fait par ses collaborateurs, c’est qu’il centralise tout, donnant l’impression qu’il ne fait pas confiance à ses commis ou doutant de leur capacité. Le problème du code qui a été renvoyé devant les députés pour une seconde lecture, c’est qu’il y a eu un passage en force.
Le débat réel a été imposé par la rue ou disons les milieux islamisant, milieux dans lesquels une poignée avait lu pour la majorité, s’indignait et parvenait à rendre contagieuse cette indignation a une multitude.
C’est à peine si le gouvernement a été associé à la tâche. Le ministère de la Communication, comme tout le monde du reste, a été tenu à l’écart de tout le débat et le fait que le texte ait été adopté à la veille des vacances gouvernementales n’est pas anodin d’ailleurs. Ce ministère aurait dû organiser sur la chaîne de la passion du service public de vrais débats, mais…
Il est cependant regrettable de constater que des intellectuels opportunistes, plutôt que de tenter une lecture à froid, font tout pour complaire aux musulmans, car dans ce cadre, il ne s’agit pas de chercher à savoir pour ou contre qui le code est fait, mais, vraisemblablement, qu’est-ce qu’il a de novateur en termes d’acquis et d’avancée pour le Mali, si, bien sûr, il y en a. On peut aisément mettre dans ce lot Mme Aminata D. Traoré, l’alter-mondialiste, ancien ministre de la Culture
C’est plutôt les services de communication d’ATT qui n’ont pas joué leur rôle. Le code n’est ni diabolique, ni satanique. Comme toute œuvre humaine, il a ses imperfections, mais comme à chaque fois que le président est en première ligne, il ne se trouve jamais quelqu’un pour aller au charbon à sa place, malgré la multitude des clubs et autres structures de soutien.
Alexis Kalambry

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ECHOS DES REGIONS
CONTRE LE PALUDISME
Bla s'engage dans la pulvérisation intra-domiciliaire
En vue de capitaliser les leçons apprises et de partager les points forts pour une réussite des prochaines campagnes anti-paludismes, l’équipe de Research Triangle Institute (RTI) et le PNLP ont organisé le 1er septembre 2009 une journée de restitution pour partager avec tous les acteurs les résultats de la campagne de pulvérisation intra-domiciliaire dans les districts sanitaires de Bla.
La journée de restitution de RTI et du PNLP à Bla avait pour objectif d’informer les bénéficiaires du déroulement et des résultats de la campagne de lutte contre le paludisme et de promouvoir les activités de prévention de lutte anti-paludique.
La rencontre a été l'occasion, pour les participants, de se féliciter des résultats obtenus et de signaler les difficultés rencontrées. La campagne, dont l'objectif est de couvrir le maximum de structures et de populations à pulvériser, a enregistré des résultats satisfaisants malgré les difficultés rencontrées par les agents sur le terrain.
Aux dires des participants et agents, ils sont confrontés à plusieurs problèmes comme la faible implication de certaines autorités, le mauvais fonctionnement du système d’information, le problème de supervision, le dosage de l’insecticide et la réticence des populations à vider leurs maisons.
Sur ces différents points, les équipes organisatrices ont apporté des éclaircissements. Aux dires du directeur national de RTI, Elie Bankineza, des efforts ont été déployés pour l’implication des autorités pour la bonne marche de PID. Il n’a pas manqué de féliciter les agents et équipes ainsi que les autorités administratives et sanitaires.
Il faut dire que malgré les difficultés rencontrées, la campagne a enregistré des résultats satisfaisants par rapport à 2008. Sur 85 652 structures recensées, 79 059 ont été pulvérisées, soit un taux de 92,3 %. Sur 11 500 femmes enceintes recensées, 11 062 ont reçu une protection, soit un taux de 96,2 %. Sur 49 893 d’enfant de moins de 5 ans recensés, 48 287 ont bénéficié d’une protection, soit un taux de 96,8 %.
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)
SEGOU

L’assainissement en point de mire
Assainir les cercles de Bla, Macina, Niono et Ségou : c'est l’objectif que s’est assigné l’Association libre pour la promotion de l’habitat et du logement (Alphalog) à travers son deuxième programme de développement urbain (Issue-II). Elle vient de procéder à l’évaluation à mi-parcours de ce programme 2008-2011 au cours d’une rencontre à son siège à Angoulême.
La rencontre a regroupé les ONG, les maires, les GIE, les chefs de quartier, les institutions de micro crédit ainsi que les médias. Il s’agissait d’analyser et de faire des commentaires sur les performances et les contre-performances du démarrage du programme à ce jour.
La phase II du programme d’assainissement d'Alphalog vise à promouvoir un environnement propice et des conditions favorables à l’assainissement dans les quatre cercles, notamment l’amélioration de la gestion de l’environnement, la bonne gouvernance, la cohérence et l’Empowerment des partenaires. Il s'agit aussi de faciliter l’accès d’au moins 5000 ménages et établissements publics (écoles, centres de santé, marché….) à des services d’assainissement à faible coût ; de soutenir la valorisation des sous-produits dans l’assainissement et les autres secteurs et de renforcer le financement du secteur de l’assainissement.
L’évolution actuelle du programme est satisfaisant eu égard à la performance d’une vingtaine de GIE dont 11 à Niono et Macina et 9 à Ségou, l’application d’une réglementation locale adaptée aux communes d’intervention, l’existence d’un cadre de concertation entre tous les partenaires techniques et financiers et l’existence de financement de l’assainissement par des institutions de micro crédit.
A l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été faites parmi lesquelles on peut citer : la tenue régulière des rencontres des plates formes, l’harmonisation des interventions des partenaires et la recherche des ressources humaines et financières pour la capitalisation des acquis.
Daouda Coulibaly
(correspondant régional)

TOMBOUCTOU
La Cité Mystérieuse les pieds dans l'eau
La ville de Tombouctou a enregistré de fortes pluies dans la nuit du mardi 25 août. Les précipitations ont atteint entre 50 et 60 mm par endroits. Ces pluies diluviennes ont créé une psychose au sein de la population à cause des dégâts matériels. Il pleut rarement à Tombouctou.
Le mercredi 26 août le maire, les responsables politiques, administratifs, les services techniques, les forces de sécurité se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts. Le bilan est lourd, 50 familles sans abri et 30 maisons inondées. Le gouverneur a aussi effectué le déplacement en compagnie d’une délégation le jeudi 27 août pour s’enquérir de la situation.
Le bilan s’est alourdi ces derniers jours, car plus de 90 maisons en banco ou en calcaire se sont écroulées sous les eaux, des quartiers en grande partie sont inondés, certaines rues sont inaccessibles. La voie principale qui traverse la ville est partiellement submergée par l’eau, mais aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.
Néanmoins, le bilan est toujours provisoire parce qu'il est difficile d'évaluer avec précision le nombre d'habitations frappées par cette catastrophe. L'humidité étant présente les maisons continuent de s'effondrer.
Les autorités ont pris des mesures pour faire face à la situation. C'est ainsi qu'une commission a été mise en place pour aider les sinistrés.
Abdou Maïga
(correspondant régional) DOSSIER

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INFRASTRUCTURES RURALES
L'association Agetier a tenu sa 14e AG

L’Association pour la gestion des travaux d’infrastructures et d’équipements ruraux (Agetier) a organisé le lundi 31 août sa 14e assemblée générale.

L’ordre du jour de la 14e assemblée générale de l’association Agetier a porté sur trois points essentiels. Il s’agit de la synthèse de la dernière session qui s’est tenue à Ségou, le programme d’activités pour les six mois à venir et la sanction des membres de l’association qui ne s’acquittent pas de leurs cotisations. Au cours de l’assemblée, certains membres ont estimé que des textes de l’Association ne sont pas respectés.
Le président de l’association, Bakary Togola, a insisté sur l’importance que peut avoir une rencontre de ce genre dans le but d’assurer la poursuite des objectifs que l’association s’est fixés. Il a indiqué qu’une session extraordinaire se tiendra sur la relecture des textes de l’association.
M. Togola soulignera leur engagement auprès des autorités dans la lutte contre la pauvreté dans notre pays qui, dit-il, n’est pas une utopie mais dépend d’une manière générale de la bonne gestion des réalisations.
" Tous les pays voisins viennent s’inspirer de nos bonnes initiatives. Malheureusement, ces pays finissent par nous devancer. Cela est souvent dû à la mauvaise gestion", a ajouté Bakary Togola. Pour Tiécoura Coulibaly, le directeur général de l’Agetier, l’assemblée générale est un cadre idéal de rencontre entre les membres de l’association.
Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, le gouvernement du Mali, avec le soutien de ses partenaires financiers, a décidé d’accorder une attention particulière aux moyens mis en œuvre pour la réalisation de travaux d’infrastructures et d’équipements ruraux, d’instituer un partenariat actif entre les populations bénéficiaires, l’administration, les structures décentralisées, les ONG et le secteur privé.
C’est ainsi qu’en conformité avec les politiques de désengagement de l’Etat et de décentralisation, la maîtrise d’ouvrage des équipements et des infrastructures ruraux a été confiée à une structure associative précisément Association pour la gestion des travaux d’infrastructures et d’équipement ruraux (Agetier).
L’Agetier a vu le jour le 13 août 1999 dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national d’infrastructures rurales (Pnir). En accord avec ses partenaires financiers, le gouvernement a appuyé l’association Agetier à mettre sur pied une agence d’exécution du même sigle (Agetier) pour assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée sur toute l’étendue du territoire national. Le siège de l’Association Agetier est à Bamako tandis que l’Agence est basée à Ségou en conformité avec sa vocation rurale.
Sidiki Doumbia
Abdoulaye Diarra
(stagiaire)

Malgré la crise financière
L’année 2008 a été une année particulièrement difficile à tout point de vue aussi bien aux plans national qu’international. Contrairement aux prévisions des puissances économiques, la crise a touché non seulement les pays développés mais aussi les pays émergents dont le dynamisme a été jusqu’ici soutenu par les investissements des bailleurs et partenaires au développement. Dans ce contexte économique difficile, Agetier, grâce à la confiance sans cesse renouvelée de ses partenaires, s’en est sortie au cours du 1er semestre 2009 avec 3 180 000 000 de F CFA de conventions signées contre 7,11 milliards de F CFA pour le 1er semestre de l’année écoulé. Ce qui porte le cumul du montant des conventions signées par l’Agence à 172,65 milliards de F CFA, dont 95,2 milliards exécutés.

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DOSSIER

RICHESSES CULTURELLES
Les "seko et donko" maliens
Le Mali est classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Toutefois il est l’un des pays dont la richesse culturelle est vantée tant à l’intérieur qu'à l’extérieur. Il est surtout l'héritier de grands empires comme le Ghana, le Mali et le Songhoi.
Pour Bakoroba Diabaté, griot et ancien membre de l’Ensemble instrumental du Mali de 1978 à 1991, le Mali dispose d'un répertoire musical incomparable. Pour cela, dit-il, plusieurs artistes maliens rayonnent sur la scène internationale. Ce foisonnement musical s’explique par la richesse de nos peuples. Chaque ethnie est reconnue à travers ses instruments et composition musicaux, son rythme et ses pas de danse.
Dans l’histoire, les premiers "foliw" ou musiques que l’on jouait étaient aussi différents, selon les régions, poursuit M. Diabaté. Il y avait le bara, le bondjalan, le tjèkalakari, le balani, qui précisément revêt plusieurs formes : "tourouka", "bala", "n'goussou bala" au Bélédougou ; "djéliw ka bala" au Mandé. Il y a également le "sokou", le "ngoni", les musiques "donso", le "kamalen ngoni", le "djembé", le "mbolon", le "n'tamani", le "dounouba", et le "koté".
" De nos jours, ces richesses musicales sont toujours d’actualité aussi bien dans les villages qu'à Bamako même si ces musiques et chants ont tendance à disparaître avec les nouveaux genres musicaux d’aujourd’hui", reconnaît l'artiste.
Des potentialités culturelles
" Dans le temps quand j’étais dans l’ensemble instrumental, il y avait un représentant de tous les genres musicaux des ethnies du Mali. On sortait pour l’étranger, dans divers pays, on chantait nos chansons historiques qui étaient acclamées. En 1987, lors d’un festival de musique en plein air en Libye avec des musiciens de 85 pays, le Mali est sorti glorieux avec l’intérêt accordé à sa musique, à son habillement. En tant que griot j’ai visité des pays ou le Mali n’est pas connu comme pays qu'à travers Tombouctou".
La teinture aussi fait partie des richesses nationales. Elle existe depuis très longtemps. Avant, les habits étaient teints avec des décoctions d’arbre qu’on appelait "gala yiri" ou "zoroblen" mélangés à d’autres produits, etc. La boue de certaines mares servait à faire le bogolan.
La sculpture malienne constitue également un patrimoine culturel avec des masques pour les rites ou folklores dans toutes les ethnies. Le Mali s’attache à valoriser cette culture à travers la Biennale qui regroupe toutes les cultures du Mali.
Selon Modibo Kouyaté, un griot musicien et membre de l’orchestre "Kanaga" de Mopti entre 1967 à 1976, il ne peut y avoir au Mali d’autres richesses plus importantes que le patrimoine culturel. "Et qui dit art dit musique, danse, sculpture, pratiques traditionnelles, artistes et griots, etc. Ce sont eux qui peuvent amener nos savoirs culturels à l’extérieur pour les faire connaître et aider le pays".
Aminata Traoré
(stagiaire)

MALI
Riches potentialités, populations pauvres
Le Mali est un pays à grandes potentialités agricoles, minières, halieutiques, pastorales… Cependant la majeure partie de sa population vit en dessous du seuil de la pauvreté, soit moins d’un dollar par jour.
En termes économiques, le Mali est un pays riche, explique Boubacar Touré, économiste et agent de perception de la Commune VI, parce que, dit-il, il regorge d’immenses ressources naturelles comme l’or, des produits halieutiques et un cheptel important…
Vu sous cet angle, le Mali est un pays riche et ne devrait pas être dans cette situation d’éternel assisté de la part des bailleurs de fonds et autres sociétés ou compagnies à but humanitaire. L’or, le bétail et le poisson sont des ressources qui apportent beaucoup de richesses au pays en termes de masse monétaire.
Le pays occupe le 3e rang après la RSA et le Ghana dans la production d’or. Les contributions en termes financiers de l’or dans le budget d’Etat sont importantes. Selon Dr. Mark Bristov directeur de la mine d’or de Morila, cette mine a contribué en 2007 à hauteur de 50 milliards au budget d’Etat.
Le directeur Madani Diallo d’Anglogold Ashanti lui indique que sa société a contribué pour plus de 120 milliards de F CFA sans compter les royalties payées à l’Etat, plus de 500 millions de nos francs. Globalement le secteur minier reste l’un des plus grands pourvoyeurs du budget national.
Cependant, ses retombées sont insignifiantes du moins ne sont pas visibles même dans les localités où les mines sont implantées comme Sadiola, Morila, Yatela, Yaléa. La majorité de la population de ces localités vivent dans des conditions précaires nonobstant les quelques réalisations en matière d’eau potable, de construction de centre de santé, d’aides aux organisations féminines locales dans le domaine maraîcher et de transformation des produits locaux.
Le Mali dispose aussi d’un important cheptel composé de bovins, d’ovins et de caprins estimé à plus de 22 millions de têtes. Notre pays est exportateur de viande et de bétail sur pied en direction de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Ghana. Ces exportations et ventes de bétail rapportent bon an mal an plus de 100 milliards de F CFA. Selon l’économiste Touré, ce chiffre peut atteindre 200 milliards de F CFA si des dispositions efficaces sont prises pour davantage moderniser la filière bétail/viande.
Au plan de la pêche 15 000 tonnes de poisson fumé sont produites chaque année dont une partie est exportée. La valeur ajoutée de l’ensemble de la filière de la pêche est estimée à 90 milliards de F CFA, soit environ 4, 2 % du produit intérieur brut. En 2007, l’exportation du poisson à elle seule a été estimée à 549,8 tonnes de poisson.
Malgré toutes ces ressources naturelles variées, les populations du Mali demeurent pauvres. L’impact de l’or a été si insignifiant que le gouvernement a jugé utile, la création d’un compte d’affectation spéciale de l’or. Le projet de loi portant création de ce compté a été adopté par les députés en juillet dernier, précédé d’une interpellation du ministre des Mines sur les profits que tire le Mali de son or.
Les ressources du compte spécial seront destinées, selon le vœu du président de la République Amadou Toumani Touré, à des projets de développement à travers tout le pays.
A en croire notre interlocuteur, la pauvreté ne devrait pas avoir droit de cité au Mali eu égard aux terres arables dont il dispose particulièrement dans la zone Office du Niger. Mais, sur un million d’hectares de terres irrigables, le pays n'a même pas encore atteint le tiers, déplore-t-il, ajoutant qu’il n’y a pas meilleures richesses que la terre.
Denis Koné

TIEMAN COULIBALY, SOCIOLOGUE A L'ISH
" Nos ancêtres se sont méfiés de la richesse"
Pour bien comprendre le sens de la richesse, nous avons recueilli le point de vue d’un sociologue de l’Institut des sciences humaines (ISH), qui aborde la question sous toutes ses coutures. Interview.
Les Echos : Qu’est-ce que c’est que la richesse ?
Tiéman Coulibaly : La richesse est tout ce que l’on met de côté, tout ce qu’on épargne comme biens après avoir bien mangé et satisfait à ses besoins fondamentaux. J’entends par besoins fondamentaux, la nourriture, le logement, l’habillement, la santé, entre autres. Après tout cela, l’homme met quelque chose de côté pour préparer ses vieux jours ou faire face aux cas urgents.
Les Echos : Y a-t-il une conception traditionnelle de la richesse ?
T. C. : Ce n’est pas seulement la société traditionnelle bamanan, mais toutes les sociétés intègrent le concept de la richesse. La richesse est l’une des valeurs cardinales de la société traditionnelle. Nos ancêtres se sont toujours méfiés de la richesse.
Les Echos : La richesse du point de vue du sociologue que vous êtes et dans son sens étymologique est-elle l’argent, les biens culturels ou quoi ?
T. C. : Etymologiquement parlant, c’est-à-dire le mot dans son sens premier signifie chez les Bamanans les biens issus de la terre ou biens agricoles. Ce que le Bamanan prenait pour richesse, c’est bien les fruits de ses propres efforts agricoles.
Les Echos : L’argent ne faisait-il pas partie de ces biens ?
T. C. : Bien sûr que oui. Je n’ai donné que la définition étymologique qui vous intéresse. Mais avec l’évolution et le choc des civilisations d’autres choses sont venues. L’histoire nous apprend que Kankoun Moussa, l’empereur du Mali, a effectué un pèlerinage à La Mecque où il a amené des tonnes d’or en échange de ses frais de séjour. On nous apprend aussi que cela a fait même tomber le cours du métal précieux à La Mecque. C’est pour vous dire que l’or existait bien à l’époque. Mais, il n’était utilisé que par quelques rares personnes comme les colporteurs, les commerçants dioulas ou soninké. Le Bamanan dans ses transactions et sa vie de tous les jours ne gérait pas l’or. L’un de ses biens le plus précieux était surtout l’homme. Un patriarche ne gérait pas que ses enfants ou sa famille, mais toute la communauté.
Les Echos : Qu'est-ce qui faisait la fierté du Bamanan ?
T. C. : Comme je l’ai dit au début, la récolte vient en première position. Un chef de famille qui voyait son grenier rempli était satisfait. Le "mansan" (ou chef) était le grand cultivateur. La glorieuse chanson "ciwara" n’était dédiée qu’aux hommes qui ont su dompter la terre et non ceux qui ont de l’or ou de l’argent. Par contre, le "cimansa" était une appellation péjorative destinée à celui qui a thésaurisé la richesse sans égard pour les autres. "Le bana" ou richard est celui qui a tout, mais qui refuse d’aider les autres. Le riche en argent ou en or n’était pas le bien aimé parce que ce concept n’était pas intégré dans nos valeurs.
Les Echos : Quels sont les atouts du Mali en termes de richesse ?
T. C. : Le Mali doit tout intégrer dans son développement que ce soit le sport, la culture, l’éducation, entre autres. Mais tout repose sur l’éducation. Un homme bien formé est apte à percer dans tous les domaines plus qu’un inculte. Le développement n’est pas une question de secteur, mais une question de qualité humaine. L’essentiel n’est pas de parler de nos potentialités agropastorales, minières. L’important est de développer l’homme. Donner à l’homme la qualité qu’il faut pour créer.
Toutes les richesses du monde ne peuvent rien servir si ce sont des hommes incultes qui les possèdent. J’entends par là des gens sans formation intellectuelle, sans vison pour l’avenir et sans ambition pour leur pays. Le pilier du développement est la formation des hommes. Leur inculquer les vraies valeurs universelles comme l’école pour le maximum de Maliens. Je ne parle pas d’une école où l'on apprend qu’à lire et à écrire, mais d’une école performante, qui vise une bonne formation académique de l’homme.
Propos recueillis par
Abdrahamane Dicko

MICRO-TROTTOIR
Des Bamakois se prononcent sur la richesse
Etre en bonne santé et vivre en communauté, avoir beaucoup d’argent ou être responsable sont, entre autres, selon des Bamakois, des preuves de richesse. Réactions.

Samba Kanté (responsable de l’Adéma à Lafiabougou) :
" La richesse au Mali est d’abord culturelle. Quand tu as toute ta famille autour de toi et que tu es en bonne santé, tu es riche. Par exemple je suis l'aîné de ma famille ; le jour où je n’arrive pas à combler les besoins de la famille, mon jeune frère me vient en aide. Le fait de vivre en communauté, dans l’entente et dans la convivialité, c’est ça la richesse au Mali. Sinon, il n’y a pas de richesse matérielle au Mali, car nos ressources sont limitées".
Aminata Kéita (ménagère) :
" Auparavant, avoir beaucoup de parents était une richesse. Maintenant, quand on n’a pas d’argent, on n’a pas de parent, on n’a même pas de dignité. Aujourd’hui, être riche, c’est avoir beaucoup d’argent".
Sékou Coulibaly (mendiant) :
" Pour moi, il n’y a plus de riches au Mali. Tous ceux que l’on considère riches ont l’argent de l’Etat. C’est avec l’argent de l’Etat ou des banques qu’ils achètent de belles voitures, construisent de belles maisons et mènent la belle vie. On a perdu nos valeurs culturelles, car l’amour entre les frères a diminué et les gens qu’on envie, croyant qu’ils ont de l'argent sont les plus pauvres, car ils sont les plus endettés. Pour moi, il n’y a plus de richesse au Mali".
Kolon Niambélé (ouvrier) :
" La richesse au Mali aujourd’hui c’est d’occuper un poste de responsabilité. Du temps de Modibo Kéita, les responsables n’avaient rien. Présentement, ce sont eux qui ont tout. Ce n’est pas pour rien qu’on se s'entre-tue pour être responsable. C’est pour tout simplement accéder à l’argent public afin de renflouer ses poches".
Abdoulaye Bouaré (commerçant détaillant) :
" La richesse au Mali, c’est posséder le savoir. Celui qui est cultivé peut tout avoir".
Propos recueillis par
Sidiki Doumbia

ALY FARKA, SALIF KEITA, OUMOU SANGARE…
Des créateurs de richesses
Trop souvent, la jeunesse malienne dénigre le pays. Par manque de débouchés et de ressources, nous entendons trop souvent qu’"il n’y a rien au Mali". On peut dire que ce stéréotype ne tient pas la route lorsque l’on regarde la force qui se dégage des mouvements culturels du pays. Pour preuve, les musiciens maliens sont parmi les plus engagés et les plus reconnus de la planète.
Martin Scorsese, l’un des plus grands réalisateurs de film de ces cinquante dernières années ne se serait pas trompé. En explorant les influences de la musique d’Afrique de l’Ouest sur le blues nord-américain dans un documentaire intitulé "From Mali to Mississipi" en 2003, le réalisateur virtuose a prouvé que la "base" de la musique noir américaine ; jazz, blues, soul, R’n’B et rap, se trouve au Mali et plus précisément dans le delta du Niger.
Martin Scorsese confie : "J'ai toujours ressenti une profonde affinité pour le blues. La culture qui raconte des histoires par la musique me fascine et me séduit énormément. Le blues a une grande résonance émotionnelle, cette musique est le fondement de la musique populaire américaine". Ce voyage musical allant des rives du fleuve Niger à Chicago aux Etats-Unis - hommage aux rois du blues africain - démontre qu’il existe un lien entre l’Afrique occidental et le blues base de toutes musiques modernes.
Ali Farka Touré est présent dans ce film aux côtés de Taj Mahal, John Lee Hooker et Salif Kéita. Notre musique découle de nos traditions et son exportation justifie l’influence internationale du Mali dans ce domaine. Bien des artistes perpétuent nos valeurs et ont en plus de ça une très grande renommée internationale.
Nous citions Ali Farka Touré ; rappelons que né le 31 octobre 1939, il est originaire de Kanau, un village proche du fleuve Niger, à environ 65 km de Tombouctou. Il appartient à une famille noble de l’ethnie djerma, elle-même issue de l’ethnie songhaï. Sa famille s’installe à Niafunké. Pendant son enfance, comme beaucoup de jeunes Maliens, il ne fréquente pas l’école, il passe ses journées à travailler aux champs.
Déjà, il s’intéresse à la musique, et plus particulièrement à certains instruments : le gurkel, petite guitare traditionnelle, le njarka, violon populaire, la flûte peule ou le luth ngoni à quatre cordes. Ce formidable auteur ne doit sa renommée qu’à sa volonté et sa passion pour la musique.
Faiseur de bien, il fut élu maire de la ville de Niafunké sur une liste de l’Union pour la République et la démocratie (URD) tout en continuant la musique. En 2005, il fait un album, "In the Hearth of the Moon" avec le maître de la kora Toumani Diabaté - né dans une famille de griots et fils de Sidiki Diabaté - ce qui leur vaudra le Grammy Awards du meilleur album traditionnel de musique du monde.
Salif Kéita descendant en ligne directe du fondateur de l’Empire du Mali, Soundiata Kéita, fait partie de ces artistes mondialement reconnus. C’est en jouant un répertoire composé d’airs traditionnels joués de façon moderne qu’il acquiert sa renommée. Installé en France, il fonde un studio d’enregistrement à Bamako pour aider de jeunes artistes comme Rokia Traoré. Défenseur de la paix, il a également eu plusieurs récompenses dont le Kora Awards en 2004 à Johannesburg (Afrique du Sud) pour l’ensemble de sa carrière.
Autre artiste de qualité et non des moindres, Oumou Sangaré, la diva malienne "reine du Wassoulou", sa musique inspirée de chants traditionnels de la région fait fureur. Elle écrit et compose des chansons qui s’appuient sur une forte critique sociale, notamment sur la place des femmes et des indigents. Elle se produit sur les plus grandes scènes mondiales depuis 1990, elle a été nommée ambassadrice de la FAO en 2003, elle a reçu le prix de l’Unesco en 2001 et est commandeur des arts et lettres de la République française depuis 1998. Oumou Sangaré s’est également lancée dans l’hôtellerie, l’agriculture et la vente de voitures pour créer des emplois dans son pays. Valeur culturelle, la musique sert aussi au développement du pays grâce à ses artistes.
Amadou et Mariam n’hésitent pas eux aussi à "construire" le pays. Aujourd’hui installés en France, ils permettent grâce à leurs chansons de mieux connaître le Mali. Ils ont démarré une collaboration avec le chanteur-producteur Manu Chao (artiste pop rock français) il y a quelque temps.
Aujourd’hui, dans notre pays, les nouvelles générations continuent la démarche entreprise par les "grands" et s’investissent de plus en plus tôt dans la chanson. L’émission Mini Star qui fait un tabac sur la chaîne Africable réunit des enfants et de jeunes adolescents dans un concours où ils imitent leurs modèles.
Kaourou Magassa
(stagiaire)

RICHESSES
Quid de la politique et des réformes ?
Sans posséder une masse d'argent, le Mali, à travers le multipartisme et les réformes institutionnelles peut se vanter d'être un pays riche.
Le renvoi pour relecture à l’Assemblée nationale du Code des personnes et de la famille, contesté par une frange importante de la population, prouve si besoin est que la démocratie est une réalité au Mali. Sous d’autres cieux, en régime totalitaire par exemple, l’autorité pouvait décréter la chasse aux contestataires et imposer, par la force, sa loi.
Heureusement, qu’ici les libertés d’opinion et de manifester (pour une des rares fois depuis quelque temps) ont permis de désamorcer une bombe sociale. La sagesse des associations musulmanes, qui ont exprimé leur colère dans le respect de la légalité, et la clairvoyance du chef de l’Etat ont été les clés de sortie de cette crise à la suite d’un ultime dialogue fécond.
Vu sous cet angle, la démocratie n'est finalement pas un luxe mais plutôt une richesse pour un pays en développement comme le Mali à condition que les uns et les autres comprennent et intègrent dans leur démarche de tous les jours que nulle part il n’y a de liberté totale. "La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres", a dit le philosophe.
Toujours est-il que depuis le 26 mars 1991, le Mali s’est engagé dans un processus de réformes qui, menées à bien, peuvent faire décoller le pays. Le multipartisme, la décentralisation, les programmes de réformes de la justice, de l’éducation et de la santé, etc. sont autant de richesses entre nos mains que peu de pays sur le continent peuvent se targuer de posséder. Ce sont donc des essais à transformer.
Grâce à la tenue régulière d'élections, à une première alternance au pouvoir en 2002 et à une opposition parlementaire plus ou moins dynamique, le Mali fait partie du club sélect des pays démocrates en Afrique. Le pays est cité en exemple un peu partout et suscite l’envie des peuples opprimés et la sympathie des défenseurs des droits humains.
La décentralisation, qui a fini de faire ses premiers pas, n’attend que le transfert réel des compétences et des ressources pour être opérationnelle et impulser le développement à la base, puisque les communes sont d’ores et déjà les seules à décider de la marche à suivre et par conséquent les seules responsables de leur succès ou échec.
Certes, la justice reste au centre de la controverse, mais l’Espace d’interpellation démocratique (EID), initié par l’ancien président Alpha Oumar Konaré et repris par le Centre Djoliba dans certaines communes, reste une expérience inédite en Afrique.
Il permet aux citoyens les plus humbles d’interpeller, le jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les plus hautes autorités et de se faire répondre directement sur les dysfonctionnements de la justice, des administrations civiles et militaires. Avec l’EID, beaucoup de conflits difficiles ont été gérés au mieux des intérêts des parties.
Il serait pourtant illusoire de dormir sur nos lauriers, car la principale richesse d’un pays doit être des ressources humaines bien formées. Dans ce domaine, on doit à l’honnêteté de reconnaître que le Mali n’en mène pas large avec un système éducatif qui s'enfonce dans le gouffre chaque année un peu plus.
Malgré sa dédicace à l’intégration et à la compétition sous-régionale, le pays n’arrive pas à adapter son enseignement et sa formation aux exigences de l’heure. Hormis quelques petites retouches (le système LMD par exemple), ce sont les mêmes filières que l’on rencontre à l’Université de Bamako depuis qu’elle a été créée, il y a plus de 10 ans.
Comme on le voit avec beaucoup de patience et surtout d'abnégation il est possible de transformer qualitativement ce pays par l'application rigoureuse de politiques somme toute généreuses.
A. M. Thiam

LE MALI
La richesse naturelle face à la pauvreté mentale
Dans ce monde dit globalisé, chaque individu, chaque nation ou Etat se bat pour survivre d'abord et pour ensuite tenir tête aux autres. La compétition apparaît très rude, mais pas aussi rude que ça, vu les potentialités du Mali très souvent inexploitées.
Le Mali est un pays en développement, avec un territoire à 65 % désertique ou semi désertique. Notre pays dépend largement de l’aide étrangère et reste très vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux pour ses principaux produits d’exportation surtout agricoles. Cependant, le Mali regorge d’énormes potentialités économiques non encore exploitées.
Souleymane Dienta, gestionnaire, soutient que "le Mali n’est pas un pays pauvre". Il pense que la "pauvreté malienne" réside surtout dans le mental de nos compatriotes et découle très souvent de la comparaison avec certaines nations dites "développées".
Mais, M. Dienta invite les uns et les autres à jeter un aperçu sur les potentialités naturelles, touristiques, agricoles et animalières. L'élevage extensif ou intensif a, selon lui, une contribution qui avoisine les 12 % du produit intérieur brut (PIB). Ce qui le place au 3e rang après l'or et le coton en termes de richesse nationale.
Malgré cette situation, l'exploitation du secteur de l'élevage reste en dessous des potentialités. Aujourd'hui, avec 60 tonnes d'or produites en 2002 et 700 tonnes de réserves identifiées, le Mali est le 3e producteur africain, après l'Afrique du Sud et le Ghana. Avec l'arrivée des sociétés étrangères, la production d'or a connu un véritable boom, "de l'ordre de 350 % en cinq ans, mais l'Etat a dû abandonner une part de sa souveraineté sur cette manne", regrette-t-il.
Et d’ajouter que : "Le précieux minerais constitue la première ressource en devises de notre pays qui compte parmi les plus pauvres". Il poursuit : "La contribution des sociétés minières au développement local est laissée au bon vouloir des multinationales. A Sadiola par exemple, la société Anglogold, qui exploite la mine, n'a toujours pas fait goudronner la piste reliant cette localité à Kayes, que ses camions empruntent pourtant tous les jours. Et du côté de l'Etat, l'argent prélevé sur l'or sert surtout à payer les salaires des fonctionnaires et autres frais de fonctionnement du gouvernement, au risque de laisser de côté le développement d'une filière minière à part entière", dénonce M. Dienta.
Le désert, dit-il, abrite une faune particulièrement adaptée et variée. Il souligne que le parc national de la boucle du Baoulé sur 170000 hectares, abrite des réserves du Finna et du Bandingo, et celles de Wattagouna abritent de gros herbivores (éléphants, buffles, antilopes, phacochères, élans de Derbi, girafes, de grands fauves : lions, panthères, hyènes, guépards).
Notre interlocuteur est convaincu qu’on ne peut pas citer de manière exhaustive les richesses du Mali qui est par ailleurs arrosé par les fleuves Niger et Sénégal, riches en poisons et en faunes aquatiques.
" Le fleuve Niger et les grandes plaines qu’il inonde sont essentiels pour l’économie de la nation tout entière, ainsi que pour l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires", souligne notre gestionnaire.
Amadou Waïgalo

SPORTIFS EXPATRIES
Un investissement salutaire pour le pays
De plus en plus indispensables à leurs clubs, nos footballeurs expatriés se rendent aussi très utiles à la nation en s’investissant notamment dans l’humanitaire pour les couches vulnérables ou défavorisées. Sans compter que nombreux sont nos joueurs qui s’investissent aussi pour préparer l’après-football.

" Nos expatriés ont évité à beaucoup de jeunes le calvaire et la déchéance du chômage" ! C’est ce qu’affirmait récemment un observateur averti du football malien. Il faisait ainsi allusion aux multiples réalisations au pays des professionnels maliens en Europe et dans certains pays africains comme l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Soudan...
L’attaquant du FC Séville, Frédéric Oumar Kanouté, est connu pour ses engagements humanitaires. Le Sévillan soutient en effet un projet éducatif en faveur des enfants du Mali. C’est ainsi que l’attaquant vedette des Aigles du Mali a créé une fondation en 2006 afin d’aider les orphelins du Mali. Auparavant, il avait sauvé une mosquée de la destruction dans la cité andalouse en déboursant des millions d'euros.
Le milieu offensif du FC Barcelone et des Aigles du Mali, Seydou Kéita, s’investit aussi dans l’humanitaire. Ainsi, le 24 mars 2009, il a procédé à la coupure du ruban symbolique du nouveau complexe scolaire construit par la Fondation du FC Barcelone. Pour la circonstance, il était accompagné du président Joan Laporta du FC Barcelone. "Nous sommes heureux et fiers de l'avoir au Barça. C'est un homme sensible aux valeurs sociales que le Barça a toujours défendues", avait alors affirmé le président Joan Laporta.
L'objectif principal du Centre est le développement du quartier Sans-fil de Bamako. Le centre viendra en aide à une centaine d'enfants en situation de vulnérabilité dans le quartier. Il fournira de l'appui scolaire, de l'aide psychosociale, sanitaire, nutritionnelle.
L’international malien pilote d’autres projets en faveur des couches vulnérables. En outre, Seydoublen a beaucoup investi dans l’immobilier. En effet, plusieurs édifices, dont le bâtiment abritant le siège de la Banque malienne de la solidarité (BMS-SA) appartiennent au joueur de Barcelone.
Des expatriés comme le portier Mahamadou Sidibé "Maha", Mahamadou Diarra "Djilla", Soumaïla Coulibaly, Adama Coulibaly… disposent eux aussi de nombreuses propriétés immobilières.
Beaucoup de nos professionnels figurent aujourd’hui dans la nouvelle classe bourgeoise du pays. Cela est compréhensif d’autant plus que le sport professionnel nourrit son homme. Les joueurs professionnels maliens bénéficient d'un salaire, de prime en cas de victoire ou de résultat positif, d'une prime à la signature du contrat...
Sans compter les droits d’image, le régime d'assurance et de sécurité sociale. Le salaire est bien entendu variable d'une équipe à l'autre, selon les disponibilités budgétaires du club. Mais, une chose est sûre : le footballeur malien expatrié est à l’abri du besoin et peut facilement s’assurer un avenir après sa carrière.
Boubacar Diakité Sarr

EPILOGUE
Pauvreté et pauvreté
Selon plusieurs documents économiques des organisations internationales, le Mali est l’un des pays les plus pauvres au monde, mais on n’explique pas assez souvent que les critères ayant conduit à ces conclusions calamiteuses sont ceux des pays dits développés d’Occident pour lesquels la richesse est matérielle avant d’être autre chose.
La pauvreté est un terme ambigu qui divise les sociologues et les anthropologues qui ne sont pas d’accord sur les paramètres aidant à la mesurer et qui dans l’embarras parlent de pauvreté économique, de pauvreté sociale, de pauvreté culturelle, etc. L’on aura compris que suivant ce point de vue, un pays ne peut être pauvre dans tous les domaines de la vie sociale et qu’ainsi comprise, la pauvreté est relativement l’une des choses les mieux partagées au monde.
La plupart des grandes nations industrialisées d’Occident sont classées parmi les pays les plus riches au monde alors que leur sous-sol est d’une pauvreté désolante. C’est le cas des pays d’Europe occidentale qui au cours des siècles se sont servi des autres pour se développer et s’enrichir. Ils ont notamment profité amplement de la traite négrière et de la colonisation pour piller les richesses de l’Afrique et de l’Asie avant de se retirer de ces pays et de les qualifier de sous-développés.
Les USA, eux, doivent une grande partie de leur prospérité économique à l’exploitation féroce à laquelle les fermiers blancs ont soumis les esclaves noirs transplantés d’Afrique avant l’ère industrielle qui a commencé en Amérique à la fin du XIXe siècle.
En réalité, en expliquant la pauvreté, les experts occidentaux savent pertinemment que les critères qu’ils choisissent sont des critères relatifs comme le PIB, le niveau de mécanisation de l’agriculture, l’espérance de vie, le revenu par tête d’habitant et maintenant le fait de posséder un ordinateur ou un téléphone portable. Ce ne sont là que des critères valables pour les sociétés occidentales qui sont arrivées à les réunir en pillant et en brigandant d’autres.
Cela semble dire qu’un pays peut être riche même étant complètement dépourvu de matières premières et de richesses minières. La plupart des pays d’Europe occidentale (France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, etc.) ne possèdent aucune richesse dans leur sous-sol, mais commandent quand même à une partie de l’humanité grâce à leurs usines, leurs finances et leurs armées super-équipées.
En revanche, des pays d’Afrique comme l’ex-Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) et de la Guinée-Conakry disposent de sous-sol scandaleusement remplis de richesses minières, mais figurent parmi les pays qui crèvent de faim. Notre voisine, la Guinée, aux dires de certains analystes n’est ni plus ni moins qu’un "scandale géologique et géographique" à cause de ses énormes potentialités agricoles et de sous-sol regorgeant de minerais convoités par les pays riches d’Occident, mais qui, malgré tous ces atouts, reste à la traîne, incapable de se nourrir elle-même.
Mais, on peut en dire autant de beaucoup de pays d’Afrique qui ont des potentialités de développement énormes, mais n’en font rien et se reposent sur l’aide au développement. Telle semble être la raison pour laquelle les Occidentaux disent que la pauvreté chez nous est voulue et entretenue par nos gouvernements et beaucoup leur donnent raison en songeant aux grands fleuves et aux immenses superficies cultivables dont nous disposons, mais qui ne servent presque à rien.
On cite assez souvent l’exemple du Mali (l’ancien Soudan français) qui, sous la colonisation, était appelé le grenier de l’AOF, mais qui a perdu cette qualité dans les années 1974-1975 sous le régime militaire et rejoint la tête du peloton des pays les plus malfamés au monde.
En matière de pauvreté, il est évident que si l’on prend les critères occidentaux pour évaluer le niveau de la richesse des pays du Tiers-monde, beaucoup tomberont sous le coup de la pauvreté sans l’être vraiment. Il est tout aussi évident que même un pays comme l’ex-Zaïre, déclaré mondialement pauvre, mais dont les immenses richesses minières et agricoles lui ont valu de multiples guerres dont celle du Katanga et la dernière qui a fait partir Mobutu, n’est pas aussi pauvre comme d’aucuns semblent le faire croire. Le Mali est dans ce cas comme la plupart des pays d’Afrique occidentale : Niger, Burkina Faso, Sénégal, etc.
Depuis l’époque coloniale, outre ses potentialités agricoles résumées dans l’Office du Niger, le Mali est connu pour ses richesses artistiques et culturelles qui ont attiré et continuent d’attirer les touristes et les voyageurs étrangers. Il n’y a pas une seule région de ce pays qui ne possède de riches sites archéologiques et touristiques capables de retenir l’attraction de l’étranger. Il en va aussi du plateau Dogon, des monts Manding chargés d’histoire et des villes historiques de Djenné, de Tombouctou et de Gao.
Malheureusement, ces trésors culturels ne sont pas suffisamment exploités pour en faire des sources de revenus pour les populations et les autorités nationales d'en parler, à la fin de leurs discours comme si elles n’y croyaient pas elles-mêmes.
Tout comme la beauté ou l’élégance, la richesse répond à des critères variables qui non seulement ne sont pas absolus, mais également ne sont pas les mêmes pour tous les pays. Mais la tendance de l’Occident d’imposer ses propres critères de la richesse et de la pauvreté découle de la même idéologie de domination et de puissance qu’il s’est donné depuis la fin de la 2e Guerre mondiale.
Facoh Donki Diarra

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