|
|
| |
| |
2009
Mois de
septembre
Les
Echos du 02 septembre
NIANIA
Y. DIALLO, DIRECTEUR POLICE DES
FRONTIERES
" L'établissement d'un passeport peut prendre 21 jours"
L’entrée dans le bâtiment commence par une mise en garde affichée
au-dessus de la porte : "Le passeport malien est un document national, il
ne doit être délivré qu’aux seuls nationaux, tout auteur
ou complice de la délivrance de passeport malien à un étranger,
sera puni". Le directeur de ce service chargé de la police des frontières,
le contrôleur général de police Niania Youssouf Diallo, a
bien voulu répondre à nos questions. Interview.
Les Echos : Quelles sont les prérogatives de votre service ?
Niania Youssouf Diallo : La direction de la police des frontières est
chargée de l’élaboration de tout document relatif au voyage.
Le passeport, le sauf-conduit réservé aux étrangers sur
le sol malien ayant perdu leur document, il leur facilite la reconduite dans
leur pays d’origine ; le titre de voyage uniquement valable dans la Cédéao
(Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest)
pour les enfants âgés de 0 à 18 ans, il permet d’éviter
le trafic et l’esclavage des enfants ; les visas et les laissez-passer
pour les Maliens ayant la double nationalité et dont les documents auraient
expiré.
Les Echos : Le passeport est un document très demandé au Mali.
Quelles sont les pièces à présenter pour en disposer ?
N. Y. D. : Au Mali, le passeport est unipersonnel. L’intéressé remplit
une demande accompagnée de quatre photos d’identité, de la
photocopie du dernier passeport ou de sa carte d’identité et de
la photocopie de son acte de naissance. La demande peut se faire à l’étranger
dans les consulats et à l’intérieur dans les chefs-lieux
de direction de la police.
Les Echos : Combien de documents "sortent" de vos services ?
N. Y. D. : Présentement avec l’approche du pèlerinage, nous
sommes à 350 demandes de passeports par jour en comptant les demandes émanant
des ambassades et des consulats. Ici, nous sommes le seul centre de production
des passeports. Les demandes sont régies par deux procédés
: via Internet en collaboration avec la délégation générale
des Maliens de l’extérieur (DGME) affilié à son ministère,
pour Paris, Djeddah, Washington et Libreville. Les consulats basés dans
ces capitales peuvent à tout moment suivre l’état du traitement
des demandes. Le passeport est aussi établi via bordereaux transmis à la
DGME qui nous les renvoie pour toutes demandes émanant d’autres
pays.
Les Echos : Le temps d’attente pour bénéficier de ces documents
est-il si long que ce que l’on dit ?
N. Y. D. : Dans notre pays, beaucoup de gens n’ont pas de passeport, ils
viennent nous voir lorsqu’ils en ont un besoin urgent. Un ressortissant
malien peut théoriquement avoir son passeport en un jour mais avec toutes
les vérifications, le temps d’attente ne dépasse pas 21 jours.
Le problème qui se pose lorsqu’il y a des retards et que pour les
demandes venues par bordereaux, nous les renvoyons à la DGME qui les renvoie
par valise diplomatique.
Les Echos : Qu’en est-il du projet de passeport commun à la Cédéao, émis
sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré ?
N. Y. D. : C’est une question qui relève des hautes autorités
de l’Etat. Je suis un exécutant, lorsque l’on me donne des
ordres, j’exécute. Ce n’est pas le Mali seulement qui est
concerné, peut être que pour des problèmes sécuritaires,
les gens se sont "ramollis". De plus, je pense qu’aujourd’hui
rares sont les pays de la Cédéao désirant réellement
un passeport commun pour des raisons sécuritaires.
Propos recueillis par
Kaourou Magassa (stagiaire)
Acceuil
UNE
MATINEE A…
La police des frontières
Le service de police des frontières tourne à plein régime.
En cette période de l’année, plus de 350 demandes de passeport
sont reçues chaque jour. Moins d’une dizaine de personnes étaient
présentes hier matin pour retirer ou faire la demande d’un passeport.
Fousseyni Kanté était de cela.
Nous savons les Maliens, sociables, serviables et débrouillards, Fousseyni
Kanté fait partie de ceux-là. Tout d’abord assis dans la
salle d’attente du service de délivrance des passeports de la police
des frontières, c’est avec amabilité qu’il accepte
de répondre à quelques questions.
Habillé d’une chemise rose à rayure et d’un pantalon
noir, montre dorée au poignet, ce Malien type est venu pour le renouvellement
du passeport de son frère parti quelques mois plus tôt au Mozambique.
Cela fait plus d’un mois "que la question du passeport est posée",
mais le dossier de renouvellement a été déposé jeudi
dernier ce qui fait dire à Fousseyni que "ça ne prend pas
beaucoup de temps".
Pourquoi être venu chercher le passeport à la place de son frère
? Il nous avoue que par manque d’informations, il ne "sait même
pas si il y a un consulat du Mali là-bas". Il est de toute façon
plus simple et plus rapide de s’adresser directement aux autorités
administratives du pays. Nous savons que pour les demandes émanant de
l’étranger, les documents sont envoyés à la DGME (Délégation
générale des Maliens de l’étranger) qui s’occupe
de les envoyer par valise diplomatique dans les consulats, cela peut prendre
du temps. Pour Fousseyni, c’est le système D qui prime : "Un
collègue part au Mozambique, il pourra lui donner". Pour lui, aucun
danger "c’est quelqu’un de confiance, on fait partie de la même
famille".
" Ceux qui ont envie de voyager prennent des passeports, tout le monde n'en
n'a pas"
Fousseyni Kanté a un passeport "pour lui-même" depuis
quatre mois, c’est son premier. La demande avait été faite
pour voyager, mais dans les conditions actuelles, cela n’a pas pu se faire.
Etant dans ses premières années "au village", les possibilités
pour faire un passeport n’étaient pas réunies. A quoi cela
servirait ? Par contre, le jeune Malien nous déclare avoir une carte d’identité "depuis
longtemps". Il a renouvelé cette carte valable 3 ans trois ou quatre
fois. Dans son entourage, notamment dans son village, seuls "ceux qui ont
envie de voyager prennent des passeports. Tout le monde n'en n'a pas".
Il est vrai que beaucoup de Maliens n’ont pas de passeport ni de carte
d’identité. On comprend à travers ce cas que les personnes
se déplaçant pour ces documents en ont "réellement
besoin", les autres ne voient aucun intérêt à les posséder.
La question du prix se pose également dans un pays où la majorité des
habitants vivent avec moins d'un dollar par jour, consacrer 50 000 F CFA à un
passeport n’est pas permis à tout le monde. Les plus pauvres ne
se posent donc même pas la question d’en avoir un. Mais selon Fousseyni "si
on peut payer, vaut mieux venir le chercher".
Kaourou Magassa
(stagiaire)
Pratique anormale ?
Dans la cour de la police des frontières lundi matin, un homme nous fait
part de son ressenti : "Je ne rencontre pas de problème au niveau
du service, je viens récupérer mon premier passeport déposé jeudi".
Cinq minutes plus tard, c’est un homme en noir qui vient le lui remettre,
bizarrement, la transaction se fait à l’écart, l’agent
sort le passeport de sa poche.
L’Observatoire des pratiques anormales sur les corridors de la Communauté économique
des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a publié un
rapport (en 2007) épinglant la police des frontières du Mali comme étant
celle qui a le plus de "pratiques anormales sur les routes" visiblement
aussi à Bamako. Pour un "œil étranger", cet événement
est douteux. Je ne sais pas ce qu’il en est du pays, mais les personnes
sont censées "récupérer leurs documents là où ils
en ont fait la demande, non ?"
K. M.
Acceuil
CAP
ET BT
Les résultats jugés satisfaisants
Les résultats des brevets de technicien (BT1 et BT2) et du Certificat
d’aptitude professionnel (Cap) ont été publiés le
samedi 29 août 2009. Selon le directeur national des examens et concours,
Sahaloum Ould Youba, les taux de réussite à ces examens ont connu
une croissance par rapport à l’année dernière.
Sur 10 523 candidats inscrits cette année au BT2, 7299 ont été déclarés
admis, soit un taux de réussite de 69,36 %. A ce niveau, c’est surtout
les candidats des filières de l’industrie qui ont enregistré le
plus fort taux avec 1665 admis sur les 1775 présentés, soit 93,80
% contre 64,40 % pour les filières tertiaires. Dans le tertiaire, sur
les 8748 candidats, 5634 ont obtenu leur BT2.
En BT1, les résultats sont moins reluisants, car à ce niveau sur
les 22 635 candidats présentés, seuls 9190 ont pu décrocher
le sésame pour un taux de réussite de 40,60 %.
Comparés aux résultats du BT, les résultats du Cap, sont
relativement faibles. Sur les 12 653 en lice 6199 ont obtenu leur Certificat
d’aptitude professionnel. Une fois encore, ce sont les candidats des filières
de l’industrie qui ont enregistré le plus fort taux (84,43 %) de
réussite et dépassent de loin leurs camarades du tertiaire qui
n’ont obtenu que 36,81 %.
La publication des résultats du Cap et du BT met ainsi fin à l’organisation
des examens de fin d’année 2008-2009 pour le compte des enseignements
fondamental, secondaire technique et professionnel.
Amadou Waïgalo
Acceuil
| | |