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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 30 octobre
MORY
KANTE, DIRECTEUR DE L’AUTORITE ROUTIERE
DU MALI
" Le Mali n’a pas à rougir de l’état de son réseau
routier"
Pour l’usager bamakois en particulier, le Malien en général,
l’état de dégradation des routes ne saurait s’expliquer
eu égard à la présence d’au moins trois services et
des moyens de lever de fonds d’entretien sur les usagers. Mory Kanté,
directeur général de l’Autorité routière, qui
trouve que le Mali n’est pas le plus mal loti en matière d'infrastructures
routières dans la sous-région, a néanmoins décidé de
rompre le silence : mettant chacun face à ses responsabilités.
Interview.
Les Echos : Quel est au juste le rôle de l’Autorité routière
dans l’entretien routier ?
Mory Kanté : Le rôle de l’Autorité routière,
c’est de lever le financement des travaux programmés. Autrement
dit, l’Autorité n’est qu’un organisme de financement
de l’entretien routier. La loi qui l’a créé l’a
dotée de réserves. L’Autorité est issue de la réforme
de l’entretien routier. Cette réforme est intervenue parce que l’Etat était
le seul acteur aussi bien dans la construction que dans l’entretien.
Evidemment pour la construction, l’Etat s’appuie sur des partenaires
techniques et financiers comme la Banque mondiale, l’Union européenne
et les fonds arabes. Mais, pour l’entretien routier, c’est l’Etat
qui le faisait entièrement parce que les partenaires ne veulent plus financer
la construction et l’entretien. L’Etat ne pouvait pas seul. Alors,
on a essayé de commercialiser le service de la route : en créant
des redevances d’usage, c’est-à-dire que l’usager, pour
le service que la route lui rend, paye quelque chose qui peut l'entretenir, ce
qui est dans l’intérêt de l’Etat et de l’utilisateur.
C’est ce qu’on appelle les redevances d’usage de la route.
Au Mali, pour l’Autorité routière, c’est la redevance
sur les produits pétroliers, la redevance d’usage sur la charge à l’essieu
et puis le pesage. Et nous gérons ces fonds. Bien sûr, il y a des
dotations de l’Etat dans son budget. Mais, l’idéal, pour un
fonds d’entretien routier de deuxième génération,
est qu’il n’y ait pas de dotation de budget de l’Etat ; que
tout tourne sur les ressources propres.
Les Echos : Quels sont les différents acteurs et partenaires de l’entretien
routier ?
M. K. : Pour l’entretien routier, il y a 4 acteurs principaux. Le premier,
c’est le maître d’ouvrage, qui n’est autre que le ministre
chargé des Routes, qui délègue son pouvoir et ses prérogatives à la
direction nationale des routes, qui devient à ce moment maître d’ouvrage
délégué. Ensuite, il y a l’organisme de financement,
c’est-à-dire l’Autorité routière, qui est le
deuxième acteur. Le 3e acteur est l’Agence d’exécution
des travaux d’entretien routier (Ageroute). C’est elle qui est chargée
de mettre en pratique la réalisation des projets arrêtés
par le maître d’ouvrage et financés par l’organisme
de financement. Le 4e, ce sont nos entreprises, nos bureaux d’études
qui réalisent ou contrôlent les travaux.
C’est la direction nationale des routes qui fait le programme d’entretien
routier. C’est elle qui dit, au nom du ministre, nous allons faire telle
route, nous allons boucher tel trou ; nous allons programmer ceci à Koutiala,
Kidal, Sikasso sous forme de projets. Ce programme physique est confronté à la
disponibilité financière de l’Autorité routière.
Très souvent, les besoins exprimés dépassent les disponibilités,
les prévisions de ressources. Donc, on recadre le programme pour être
en phase avec le crédit disponible. Une fois que cela est fait, l’Autorité routière
et le maître d’ouvrage de la direction générale des
routes signent une convention de financement de l’entretien routier, qui
fixe les attributions des uns et des autres.
Une fois qu’on fait le contact de financement, le maître d’ouvrage
de la direction nationale des routes se retourne vers l’agence d’exécution
et fait des contrats de maîtrise d’ouvrage délégué.
Cela veut dire que le directeur national délègue ce qu’il
a reçu du ministre à l’Agence d’exécution qui
va lancer les appels d’offre, choisir les entreprises, charger les bureaux
de contrôle pour l’exécution sur le terrain. Il y a aussi
les bureaux d’études et les entreprises.
Ce sont les performances combinées de ces auteurs qui font que l’entretien
routier est efficace. Le maître d’ouvrage doit faire des programmes
cohérents, réalisables, le financement doit suivre aussitôt
parce que nos entreprises sont fragiles. Si elles travaillent et qu’elles
ne sont pas payées, ça ne marche pas. L’entreprise sur le
terrain doit être compétitive.
Les Echos : Est-ce que vous avez connaissance de bureaux de contrôle qui
ont été sanctionnés parce qu’ils n’ont pas fait
correctement leur travail ?
M. K. : Pour vous dire la vérité, les entreprises s’améliorent
d’année en année. La première année, c’était
des entreprises de bâtiments qui se sont converties sur la route. Les résultats étaient
mauvais. Nous en étions conscients et nous avons saisi nos partenaires
techniques qui ont même financé, à Ségou, des sessions
de formations de ces entreprises.
Cependant, il y a des entreprises et bureaux d’étude très
performants, surtout les bureaux d’études. Mais pour les entreprises,
elles ont à apprendre encore à part quelques-unes qui se détachent
du lot. En termes d’éligibilité et de capacité, nous
mettons dans les termes de référence des appels d’offres
ce qui est nécessaire pour qu’une entreprise puisse compétir.
Nous essayons de savoir quel est son niveau en équipement, tout ce système
va s'améliorant.
Dans tous les cas, les entreprises travaillant chez nous, l’argent reste
ici… Cela galvanise l’activité économique, crée
de l’emploi. Nous devons les soutenir pour qu’elles avancent. Voyez
nos bureaux d’études, ils décrochent des marchés partout
et s’internationalisent même à l’image de Cira. Soutenir
ces bureaux et entreprises fait partie des missions de la réforme de l’entretien
routier. On les soutient, mais sans complaisance.
Les Echos : Comment jugez-vous l’état de dégradation de nos
routes ? A qui la faute ?
M. K. : Ces deux dernières années, nous avons eu une pluviométrie
assez importante qui a occasionné des dégâts un peu partout.
Ce n’est pas pour nous disculper, mais tous les pays de l’Afrique
de l’Ouest ont des routes cassées. Je crois que le Mali n’a
pas du tout à rougir de l’état de son réseau routier,
on a fait des efforts. Certes, il reste beaucoup à faire, mais le problème
est que dans bien des cas, nos routes ont dépassé le seuil de l’entretien
courant. Et quand il y a des intempéries de ce genre, la dégradation
est fracassante.
Il y a beaucoup de routes que nous devrons réhabiliter aujourd’hui.
A la limite on perd de l’argent en les entretenant, mais on est obligé de
le faire pour que les gens circulent mieux. Souvent on fait une technique des
points noirs pourvu que les gens passent. Sinon le programme annuel est établi
depuis le mois de novembre, mais il y a toujours des aléas.
La dégradation des routes, c’est aussi la surcharge qui est un phénomène
connu de tout le monde. Les routes neuves se cassent à plus forte raison
les vieilles routes. Nous n’avons pas les moyens de mettre le réseau
de bétons bitumineux qui coûte cher. Pour une route Bamako-Dakar,
il faut compter 150 à 200 millions par km. Et comme nous n’avons
pas l’argent et que nous demandons à des partenaires, ils nous imposent
des clauses.
Si on devait faire Kayes-Bamako par exemple en béton bitumineux, on se
serait arrêté à Diéma. Une route comme la nôtre,
en respectant la surcharge et l’entretien, est faite pour 10 à 12
ans. Or, avec les surcharges, on commence à avoir des problèmes.
Les Echos : Est-ce cela qui vous a obligé à instaurer le pesage
et péage ? Est-ce que ces mesures effectives depuis plusieurs mois ont
amélioré le niveau de ressources de l'Autorité routière
?
M. K. : Le pesage est une mesure de protection de la route. Les pénalités
de pesage ne constituent pas des ressources pour l’Autorité routière.
Elles sont gérées comme des pénalités. Nous ne budgétisons
pas les ressources provenant du pesage parce que si l’Etat de droit s’affirme,
si la volonté politique s’affirme dans le temps, il doit disparaître.
Et si les directives de l’Uémoa sont appliquées, on est obligé de
l’appliquer au Mali. Parce que si les transporteurs sont en surcharge ici,
ils ne pourront pas rouler dans les autres pays. Donc, à terme, le pesage
va disparaître. On préfère qu’il y n’ait pas
de surcharge. Le peu qu’on prend sur la surcharge n’est rien comparé aux
dégâts causés.
L’application du pesage fait un gros problème aujourd’hui
au Mali parce que nous sommes un pays par tradition de gros-porteurs, parce que
nous sommes un pays enclavé. Nous n’avons pas les mêmes exigences
de transport que les pays côtiers. Donc on est obligé de prendre
en grande quantité. Mais quand vous prenez les capacités, il faut
suivre les règles aussi, multiplier l’essieu. L’effet de la
surcharge sur les routes est extraordinaire. Nous ne cesserons pas de sensibiliser
les gens. De toutes les façons, comme elle est devenue une question sous-régionale,
tout le monde doit s’appliquer à l’exécuter. En tout
cas, chacun y a intérêt. Quand vous voyez la route Kayes-Sandaré,
trois ans après seulement sa construction, elle est totalement dégradée.
Les Echos : Quels sont les efforts consentis par l’Etat dans l’entretien
routier ?
M. K. : L’Etat s’est beaucoup engagé pour qu’on soit
là où on est aujourd’hui, d’abord en acceptant la réforme.
C’est l’Etat volontairement qui a fait une déclaration de
politique générale dans le secteur des transports routiers pour
changer le mode d’exécution de l’entretien routier. C’est
sur la base de ce document que tout a commencé.
Secundo, comme on est dans un pays où l’on gère les choses
de façon consensuelle, jusqu’à cette année, les redevances
sur les produits pétroliers étaient de 3 F CFA/litre alors que
la moyenne dans la sous-région, c’est 25,27 F CFA. Mais, le manque à gagner était
compensé par l’Etat sur le budget spécial d’investissement
si bien que les dotations budgétaires de l’Etat représentaient
70 à 80 % de notre budget. Ce qui n’est pas normal dans le cadre
d’un fonds d’entretien routier de 2e génération qui
doit asseoir ses ressources sur des redevances d’usage.
Pendant 4 ans, l’Etat a fait des efforts. Nous avons pu mettre à terme
tous nos budgets. Mais avec les engagements de l’Etat avec les partenaires
financiers et compte tenu de la situation actuelle, il ne peut plus continuer.
A partir du mois d’avril de cette année, il a accepté qu’on
augmente nos redevances de 3 à 25 F CFA/litre et cela a totalement inversé la
tendance. Nous sommes devenus un véritable fonds de seconde génération,
les ressources constituent maintenant 80 % de notre budget. C’est un gros
effort de l’Etat. L’entretien routier ne peut pas réussir
sans une volonté de l’Etat.
Je m’empresserai aussi pour dire qu’il y a eu un accompagnement du
secteur des transporteurs. Ils ont adhéré, le péage est
entré dans les mœurs. On avait eu beaucoup peur, mais les gens payent
régulièrement et on n’a aucun problème pour le péage.
C’est au pesage qu’il y a des problèmes. Mais nous renforçons
la sensibilisation, nous rencontrons les transporteurs et nous essayons de les
préparer. Il ne faut pas oublier que c’est une décision de
la Cédéao. Si la décision est appliquée à partir
du 1er juillet 2010 sur tout le territoire de la Cédéao, les normes
seront en application.
Les Echos : Le Mali s’apprête à fêter le cinquantenaire
de son indépendance. Quelles sont les dispositions prises pour que les
routes soient en bon état d’ici l’événement
?
M. K. : Tout notre département est mobilisé pour cela. On a beaucoup
de projets routiers. On a par exemple des projets d’embellissement du pont
Fahd. L’Arabie saoudite va contribuer pour son embellissement et son éclairage.
Le 3e pont est en cours, le pont des martyrs, certainement c’est nous-mêmes
qui allons financer son embellissement. On va aménager des trottoirs,
faire des pavages. Notre programme routier 2010 accordera une grande part à l’embellissement.
En tout cas, nous ne serons pas les derniers de la classe dans cette affaire.
Propos recueillis par
Amadou Sidibé
Acceuil
COUR
D’ASSISES
L’assassin du maire de Yonogo condamné à mort
La Cours d’assises a condamné jeudi aux environs de 2 h du matin,
Soungalo Dembélé à la peine de mort pour l’assassinat
de Mme Maïga Salimata Dembélé, ex-maire de la Commune rurale
de Yonogo (cercle de Koutiala). Pour la même affaire, Boubacar Diarra a été condamné à 5
ans de réclusion pour complicité d’assassinat. La Cour a également
condamné les deux personnes à payer une amende de 20 millions de
F CFA au mari de la défunte à titre de dommages et intérêts.
La salle d’audience Boubacar Sidibé de la Cour d’appel de
Bamako a fait salle comble de mercredi 9 h du matin jusqu'à jeudi à 2
h du matin. C’était à l’occasion du procès de
Soungalo Dembélé, inculpé d’assassinat et Souleymane
Dembélé, Drissa dembélé, Adama Amadou Dembélé,
Oumar Dembélé, Hamidou Dembélé, Fousseyni Dembélé,
Siaka Dembélé, Boubacar Diarra, Yacouba Dembélé,
Salif Niamaféré Dembélé, Bacary Dembélé,
inculpés de complicité d’assassinat.
Après vérification des identités, Soungalo Dembélé,
l’accusé principal, a été le premier à être à la
barre. "J’ai exécuté ce crime seul. Personne ne m’a
aidé. J’ai agi seul au nom de Dieu et des deux seins de la mère",
a avoué Soungalo Dembélé au président de la Cour.
Il s’est ensuite mis à détailler de A à Z les raisons
et la scène du crime.
Né vers 1971 à Famoussasso (cercle de Koutiala), Soungalo a été recruté en
2002 par Mme Maïga Salimata Dembélé en qualité d'enseignant.
L’accusé a expliqué qu’il accusait plusieurs mois d’arriéré de
salaire que son employeur a refusé non seulement de payer mais aussi avait
décidé de le licencier. Ce qui l'a poussé à commettre
ce crime.
Dans la matinée du 10 août 2009, Mme Maïga dépêche
Sidi Békaye Diarra, le secrétaire de la mairie auprès de
Soungalo Dembélé pour lui notifier sa lettre de licenciement. Soungalo
rejoint Mme Maïga dans son bureau pour lui proférer des menaces en
ces termes : "Tu as fait pour toi, il reste pour moi". Il décide
alors d’attenter à la vie de Mme le maire. Pour ce faire, il prend
le fusil et une cartouche avec son petit frère Drissa Dembélé.
Il prend également un accoutrement, en l’occurrence un blouson,
une cagoule, des lunettes fumées et une paire de chaussures fermées.
Se sentant insuffisamment armé, il rallie Koutiala où il achète
5 cartouches avec une vendeuse de condiments. Après tous ces préparatifs,
il part monter le guet sous un arbre sur la route nationale n°13, à environ
16 km de Koutiala, sur le chemin que Mme Maïga emprunte habituellement.
Gêné par les rayons solaires quelque temps après, il change
de position pour se poster sous un hangar. C’est là, aux environs
de 15 h, qu’il aperçoit Mme le maire sur une moto conduite par Souleymane
Dembélé, son 1er adjoint.
Aussitôt qu’ils arrivent à son niveau, il surgit des buissons
pour leur demander de s’arrêter sous la menace de son arme. Lorsqu’ils
se sont arrêtés, il dit à Mme Maïga de descendre de
la moto avant de demander à Souleymane Dembélé de continuer
son chemin. Elle lui propose de prendre la moto et de l’argent.
Rien de politique
Soungalo refuse en lui montrant du doigt que c’est sa peau qu’il
veut. Elle s’est alors accrochée à Souleymane et ils sont
tournés en rond pendant quelques minutes. Lorsque Souleymane s’est
défait de l’étreinte de la victime, Soungalo tire à bout
portant sur la maire au niveau de l’abdomen. Elle titube en reculant avant
de s’écrouler.
Soungalo recharge le fusil pour tirer un second coup. Il recharge à nouveau
pour tirer un troisième et dernier coup. Après son forfait, Soungalo
se précipite dans les buissons pour prendre sa moto qu’il avait
cachée sous un arbre touffu à environ 60 m. Il s’est ensuite
dirigé vers le marigot, situé à 2 km du village de Famossasso
où il s’est débarrassé de ses déguisements. "J’ai
baptisé mon enfant le matin et à 15 h j’ai commis cet acte",
a dit Soungalo Dembélé, ajoutant qu’il a amèrement
regretté.
Après cette déclaration, la Cour a interrogé l’accusé sur
sa position politique. Il s’agissait, pour elle, de savoir si le crime
a été commis dans un contexte politique, car l'imputation des autres
inculpés, excepté Drissa Dembélé, le petit frère
de Soungalo, relevait de la question politique. "Les vrais motifs de ce
crime c'est l’humiliation et le licenciement", a expliqué l’accusé.
La Cour a toutefois interrogé un à un ses co-accusés. Ils
ont indiqué qu’ils n’ont ni de près ni de loin aidé Soungalo à commettre
cet acte. Drissa Dembélé, le petit frère de Soungalo qui était
accusé d’avoir donné l’arme à Soungolo, a expliqué que
Soungalo lui a seulement pris la clé de la maison afin de prendre l’arme.
Le ministère public dira que "ce crime a un caractère particulier.
J’ai rarement vu un procès comme le procès d’aujourd’hui.
Soungalo accepte tout. Je ne suis pas d’accord. C’est purement politique".
" Ce n'est pas un procès du siècle. Ce n'est pas un problème
politique. Ce crime n’a rien d’un crime politique. C’est un
crime d’espoir perdu. Je ne vois en rien la moindre preuve qui a été apportée
au cours de ce débat contre les inculpés de complicité de
l’assassinat. Il faut faire la part des choses. Pour ce qui concerne Soungalo,
nous plaidons coupable mais pour les autres il n’y a aucune preuve",
a plaidé un avocat de la défense.
Après avoir écouté tous les avocats de la partie civile
et de la défense, la Cour a déclaré coupables Soungalo Dembélé et
Boubacar Diarra, un animateur de radio qui incitait la population à la
révolte contre feu Mme Maïga Salimata Dembélé. Les
autres inculpés ont été déclarés non coupables.
Sidiki Doumbia
Acceuil
GRIPPE
A/H1N1
Démonstrations et suspense !
La déclaration d’urgence nationale américaine concernant
la grippe porcine et le renvoi à une date ultérieure du match au
sommet de la 10e journée de la Ligue 1 française le week-end dernier à cause
du virus A/H1N1 sont seulement deux facteurs indiquant que la maladie redoutée
est toujours présente, sinon plus effrayante. Pendant que les nations
soucieuses de la santé de leurs populations multiplient les mesures, d’autres
traînent habituellement les pieds avec la même politique du silence.
Le pèlerinage à La Mecque pourrait en être affecté.
La grippe porcine est encore sur le devant de la scène. Après avoir
connu moins de médiatisation que lors de son apparition brutale au printemps
dernier, la grippe A/H1N1 continue de semer la terreur à travers le monde.
Deux causes récentes ont contribué à la montée de
fièvre : "l’urgence nationale", déclarée
par le président Barack Obama des Etats-Unis et le report du clasico de
la Ligue 1 française qui devait opposer dimanche dernier l’Olympique
de Marseille au Paris Saint-Germain à cause de l’infection par la
grippe A de trois joueurs du club de la capitale.
Si l’ajournement du match entre les deux clubs de football les plus populaires
en France a été suivi de violents incidents dans la cité phocéenne,
la déclaration d’"urgence nationale" a davantage conscientisé les
Américains sur les causes et les effets de la grippe premièrement
apparue au Mexique il y a quelques mois.
Bien avant l’état d’urgence, le dispositif pour faire face à un éventuel
débordement de la situation en cette période propice à la
grippe était impressionnant aux Etats-Unis : messages de sensibilisation
dans les médias, explications sur les campus universitaires, fournitures
des centres de santé en doses de vaccin, etc.
Même si la grippe n’a pas été aussi mortelle que prévue,
elle a toutefois entraîné l’hospitalisation de 20 000 personnes
aux Etats-Unis et causé le décès de 1000 autres, dont 100
enfants dans 46 Etats du pays de l’Oncle Sam. Les autorités américaines
se devaient donc de communiquer plus avec les populations dans le but de les
assurer de l’engagement des pouvoirs publics à leurs côtés
dans la croisade contre le fléau. Et c’est dans ce contexte qu’il
faut placer la déclaration d’urgence nationale d’Obama, comme
la Maison Blanche l’a d’ailleurs souligné : "Pas pour
faire peur, mais pour renforcer les mesures déjà prises".
En tirant la sonnette d’alarme sur la grippe A/H1N1, les décideurs
politiques locaux entendent juste lever les obstacles légaux en vue de
permettre aux gouvernements des différents Etats américains et à leurs
hôpitaux de mieux répondre à toute éventualité de
propagation de la maladie. Par cet acte, Washington autorise ainsi les responsables
sanitaires étatiques à installer les équipements et les
sites nécessaires dans la gestion d’une possible montée en
puissance de la grippe porcine. Surtout que le Centre pour le contrôle
des maladies (CDC) s’est dit préoccupé par l’allure
prématurée que la saison habituelle de la grippe a prise.
Craintes sur pèlerinage musulman
Pendant qu’aux Etats-Unis l’on fait preuve de capacités de
prévention et de gestion des épidémies, dans d’autres
pays du monde, les citoyens sont suspendus aux lèvres de leurs autorités.
Beaucoup de pays africains comme le Mali se trouvent dans cette catégorie
de nations silencieuses face au danger qui n’est plus latent.
Après une léthargie communicationnelle suite à la peur généralisée
occasionnée par le déclenchement de la grippe A/H1N1, le ministère
de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche du Mali ont
finalement tenté de calmer les esprits en déclarant que l’Etat
suivait de près l’évolution de l’épidémie
A/H1N1 il y a plusieurs mois, mais depuis plus rien.
Peut-être parce que les médias parlaient moins de l'épidémie.
Or, au regard des spécificités de notre pays, notamment la porosité de
nos frontières, la mobilité de nos concitoyens, le nombre croissant
des visiteurs venant de l’étranger, notre aptitude bancale à réagir
efficacement à de simples épidémies comme la méningite,
les nombreux points d’ombre sur la situation du cheptel (la grippe émanant
du porc)… la communication et d’autres méthodes préventives
devraient être prises à travers le pays.
La nécessité de booster les mesures communicationnelles est également
valable pour les pays dont les populations ont une tradition de voyages, étant
entendu que le tourisme et les déplacements dans le cadre des cérémonies
sociales et religieuses occupent une place de choix dans le lot des raisons de
la migration.
Prévu en fin novembre, le pèlerinage à la Mecque, qui est
le 5e pilier de la religion musulmane, se fait cette année dans ce contexte
particulier de risques de contamination. En effet, réunir des millions
de fidèles pour un rituel religieux ne peut aller sans danger à cause
de la promiscuité favorable à l’expansion d’une épidémie
redoutable.
C’est ce qui explique l’attitude de certains pays qui ont pris la
décision d’annulation totale ou de restriction sensible du nombre
de leurs ressortissants voulant s’acquitter de leur devoir religieux. De
même, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé que
les fidèles musulmans âgés de moins de 12 ans et les adultes
de plus de 65 ans s’abstiennent cette année.
Ces mesures seront-elles suffisantes pour empêcher que le pèlerinage
soit émaillé de cas de contagion ? Rien n’est sûr dans
la mesure où certains pays n’ont pas de moyens fiables de contrôle
sanitaire des pèlerins. Aussi, dans les nations sous-développées,
l’intransigeance des musulmans "sanitairement" inaptes à marcher
sur les traces du prophète Mohamed (PSL) et les petites magouilles permanentes
sont susceptibles de faire courber l’échine des autorités
compétentes. Et si chacun était bien conscient des risques de contagion
de la grippe A ?
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
Acceuil
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