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2009

Mois d'octobre

Les Echos du 29 octobre

 

LE PRIX DU SUCRE EN HAUSSE
Où sont parties les 55 000 tonnes exonérées ?
Pour les besoins du Ramadan et de la période de soudure, le ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce a accordé 55 000 tonnes de sucre exonérées de taxe conjoncturelle d'importation (TCI) à Ben Moctar, Oumar Niangadou dit Petit Barou et Bakary Cissé dit Batex-CI. Le prix du sucre, qui avait baissé un moment, connaît encore une augmentation, passant de 19 500 à 21 500 F CFA le sac de 50 kilos.
Ben Moctar de la SMA-SA, Oumar Niangadou dit Petit Barou de la Sodima-SA et Bakary Cissé dit Batex-CI, qui ont bénéficié des 55 000 tonnes exonérées, se sont engagés à approvisionner les populations pendant le mois de Ramadan et la période de soudure en tirant vers le bas les prix, mais à condition d’avoir une exonération sur la taxe conjoncturelle d’importation (TCI) qui s’élève à 47,28 %. Leur demande a été satisfaite par le ministre en charge du Commerce et celui chargé de l’Economie et des Finances.
L’exonération portait sur 25 000 tonnes à la Sodima-SA et à la SMA-SA et 5000 tonnes à Batex-CI. Le deal entre Ahmadou Abdoulaye Diallo de l’Industrie, des Investissements et du Commerce et les opérateurs économiques concernés portait sur la baisse du kilo à 400 F CFA (20 000 F CFA le sac) et à la vente qui devait entrer en vigueur le 10 septembre 2009. Ce deal a été bien respecté pendant quelques semaines, car le sucre, qui avait atteint 500 à 600 F le kilo (25 000 à 30 000 F CFA le sac), avait baissé jusqu’à 390 F CFA ou 19 500 F CFA le sac.
Mais à peine le mois de Ramadan terminé et quoique la période de soudure bat son plein, le prix de la précieuse denrée a grimpé une fois de plus. Sur les différents marchés de la capitale, le prix au détail du sucre atteint 430 F CFA le kilo, soit 21 500 F CFA le sac.
Moins du tiers des 55 000 tonnes importé
Le constat fait auprès de certains commerçants détaillants prouve que le marché n’est pas bien approvisionné en sucre. Selon certaines indiscrétions, les 55 000 tonnes exonérées qui constituent la moitié de la consommation annuelle au Mali n’ont pas été importées au tiers. Au 23 octobre 2009, les commerçants bénéficiaires de l’exo n’avaient pas encore importé 5000 tonnes. Bakary Cissé, Batex-CI, propriétaire de l’ex-Itema, n’a pu rien faire avec son quota de 5000 tonnes. Il a même eu des problèmes avec un de ses camions à la douane du Burkina, qui l’a soupçonné de fraude.
A partir du moment où l'Etat s'est privé de certaines de ses taxes (47,28 % de TCI), il est du devoir et même une obligation pour les ministères en charge du Commerce et celui de l'Economie et des Finances d'enquêter sur l'utilisation de ces exonérations.
Sur le marché international, le prix du sucre a fortement augmenté à cause de sa forte demande. Selon les dernières nouvelles économiques, l'Inde, l'un des plus gros producteurs et consommateurs, a acheté récemment 8 millions de tonnes de sucre pour faire face à sa mauvaise récolte de la campagne précédente.
Mais, la pression des prix n'est pas une excuse dans le contexte malien. Nos prix ne doivent pas connaître cette envolée avec les 55 000 tonnes exonérées le 10 septembre 2009 et qui représentent la moitié de la consommation nationale. Il y a lieu de se demander où est parti notre sucre exonéré ?
Tout comme il urge de lutter contre les monopoles de fait, il est temps aussi de moraliser une fois pour toutes, les exonérations données de manière fantaisiste et qui profitent plus aux bénéficiaires et à leurs protecteurs qu'aux consommateurs.
Abdrahamane Dicko

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SECURITE ROUTIERE
Le Paaser à la pointe de la sensibilisation
Dans le cadre de sa politique nationale de lutte contre l’insécurité routière au Mali, le gouvernement a obtenu un financement de l’Union européenne pour la mise en place d’actions visant à réduire l’insécurité routière. C’est ainsi que le Projet d’appui à l’amélioration de la sécurité routière (Paaser) et bien d’autres ONG ont été retenus pour mener des activités de sensibilisation.
Pour sa part, le Paaser a réalisé des sketches, des campagnes d’information, d’éducation et de communication ; le tout à travers des caravanes de la sécurité, des émissions radio. En outre, il a organisé des ateliers pédagogiques dans une cinquantaine d’écoles. De même, 21 gares routières ont été identifiées par l’ONG, en collaboration avec les syndicats des transporteurs, les syndicats des chauffeurs et leurs démembrements dans les régions.
A ce jour, le Paaser a produit 4000 cahiers d’exercices, dont 200 au profit des chauffeurs et apprentis chauffeurs et 2000 destinés aux élèves des écoles cibles. Ces cahiers comportent une cinquantaine de pages d’exercices illustrés, faisant référence à des points précis du code de la route (panneaux de signalisation, comportement en circulation, éléments de sécurité…)
Les solutions de chaque exercice sont données à la fin du cahier sur la dernière page permettant aux élèves de se familiariser avec certaines dispositions du code de la route. Un suivi a été réalisé par l’équipe du Paaser afin de s’assurer non seulement de la bonne distribution mais aussi de l’utilisation faite de ces outils pédagogiques.
Mohamed Daou

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L’EXCES D’ENSEIGNANTS CONTRACTUELS
Plaie du système scolaire africain
La multiplication des enseignants contractuels, non-fonctionnaires et peu coûteux, affaiblit à terme la qualité des savoirs dispensés dans les écoles primaires et secondaires africaines. Un problème majeur sur lequel se penchent, depuis mardi, les experts internationaux de l’éducation en Afrique réunis au Mali pour la Conférence sur les enseignants contractuels Bamako +5 prévue jusqu’à ce 29 octobre.
Plus que 4 millions d’enseignants supplémentaires en Afrique, et on arrivera à atteindre le seuil d’Education pour tous (EPT) d’ici à 2015. Depuis 2000, date à laquelle ont été énoncés les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et ceux de l’EPT, les gouvernements africains essaient de rattraper à grands pas leur retard pour approcher au mieux les impératifs onusiens, allant jusqu’à sortir l’artillerie lourde pour multiplier leurs effectifs d’enseignants. Au centre de ce stakhanovisme de l’éducation en marche, le processus de contractualisation des enseignants s’est développé dans l’ensemble des pays du continent depuis une dizaine d’années.
Au lieu de passer les concours organisés par les ministères de l’Education, il a été octroyé aux candidats au métier d’enseignant le droit de se présenter directement aux écoles, pour être embauchés par elles, sous condition de détenir au moins un diplôme, bac, brevet ou Cap. Destiné au départ à enrayer les disparités territoriales liées au manque d’instituteurs dans les localités rurales reculées, le recrutement de contractuels est vite devenu affaire courante dans les villes et les capitales africaines.
Formation de courte durée, rémunérations au rabais et recrutement aléatoire, ces enseignants, ne coûtant presque rien aux Etats, se sont multipliés. A tel point qu’aujourd’hui, le nombre d’enseignants contractuels viendrait à dépasser le nombre d’enseignants fonctionnaires dans plusieurs pays comme le Mali et le Sénégal, deux pays habitués chacun aux grèves récurrentes de leurs professeurs.
Réunis depuis ce mardi à Bamako, des experts internationaux du système éducatif africain entendent trouver une solution aux effets pervers de cette contractualisation effrénée qui, en dépit de la multiplication du nombre des enseignants, a entraîné une diminution de la qualité du savoir dispensé aux élèves des écoles primaires et secondaires. A l’échelle du pays, ces enseignants contractuels, de niveau d’études différent ont accru les disparités de programme et de contenu entre les écoles.
" Le problème majeur de ces enseignants contractuels est leur formation, explique l’administrateur de programme de l’Union africaine Mohamed Chérif Diarra. Ils n’ont pas été formés à l’Ecole normale [établissement de formation des maîtres], ils ont suivi des programmes spéciaux de quelques semaines pas plus. Le niveau de ces enseignants est donc très faible et le savoir qu’ils inculquent à nos élèves l’est tout autant ! Il nous faut réagir !".
Les politiques d’ajustement structurel en cause
Opérées dans les années 1990, les réformes institutionnelles de décentralisation et déconcentration en Afrique ont engendré des transferts de compétences concernant le recrutement des maîtres, passé du niveau national à celui des localités. En 2003, le Mali a entamé sa politique de décentralisation. Or, le transfert de certaines compétences de l’Etat aux collectivités locales, dont fait partie la formation des enseignants, ne s’est pas accompagné d’un transfert de ressources financières suffisantes, entraînant la précarisation installée de ces enseignants contractuels. "Les contractuels vivent dans des conditions de travail difficiles, ils ne savent pas de quoi sera fait l’année scolaire qui suit. Ils sont en outre nettement moins bien payés que leurs collègues fonctionnaires", note Mohamed Chérif Diarra.
Selon cet expert, la situation des pays africains francophones, anglophones et lusophones concernant les enseignants contractuels varierait en fonction des niveaux de déconcentration et décentralisation des Etats. Un pays fortement centralisé ayant à ce jour un nombre d’enseignants contractualisés moindre qu’un pays où la décentralisation est forte comme au Nigeria, fondé sur un système fédéral.
" Ce sont les politiques d’ajustement structurel (Pas) imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui sont à l’origine de ces problématiques. En coupant les financements aux ministères de l’Education de nos pays africains, en imposant une réduction drastique des écoles normales, et, effet cynique, en mettant à la retraite anticipée les enseignants qualifiés, ils nous ont fait perdre un réservoir important de savoirs et ont provoqué cette situation", souligne Mohamed Chérif Diarra.
Renouveler le recrutement des enseignants, une nécessité
Organisée par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adéa), la Conférence Bamako +5, la deuxième du genre après celle de 2004 sur le même thème, devrait se focaliser en cette édition sur les moyens de renouveler le recrutement des enseignants contractuels. "Ces enseignants doivent être suffisamment formés afin d’être en mesure de dispenser un enseignement de qualité. C’est ce défi majeur que cherche à relever cette conférence", précise Ousmane Saïd Cissé, conseiller technique du ministère de l’Education du Mali, co-organisateur.
A la nécessité d’un recrutement de qualité, il faut ajouter la titularisation des enseignants, gage d’une pérennité de leur statut et par là même, d’un intérêt plus vif pour leur métier. Depuis le début de l’année, le Mali a entamé une réforme du statut des enseignants contractuels qui a abouti à l’intégration des contractuels dans le corps des fonctionnaires des collectivités locales. Une idée qui devrait fortement intéresser la vingtaine de représentants de gouvernements africains venus assister à la Conférence.
La titularisation des enseignants contractuels demeure la solution la plus appropriée pour répondre actuellement à leurs problèmes. Mais c’est une solution onéreuse qui pourrait coûter jusqu’à 8 milliards de dollars par an, selon l’Unesco. "Une nécessité absolue", estime Mohamed Chérif Diarra.
Lola Simonet

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COUR D’ASSISES
L’assassin condamné à la peine de mort
La Cour d’assises a condamné lundi dernier Bane Kéita, vendeur de journaux, inculpé pour assassinat et vol qualifié, à la peine de mort.
En 2007, le nommé Bane Kéita donne volontairement la mort à Seydou Sacko, vendeur de journaux. Les deux personnes entretenaient des relations professionnelles dans le cadre de la mise en vente de journaux. De temps à autre, ils composaient également des numéros du PMU-Mali ensemble.
Soudainement, Seydou Sacko achète une moto Jakarta. Aussi, une rumeur a circulé selon laquelle il aurait été l’un des heureux gagnants d’une course PMU-Mali, payée à 12 millions de F CFA l'ordre. Ainsi, Bane Kéita projette d’attenter à la vie de son camarade. Pour ce faire, il achète un couteau neuf.
Le 17 octobre 2007, il demande à Seydou de l’accompagner à Kati pour y vendre des journaux. Ils empruntent la moto de Seydou. A mi-chemin, au niveau du centre émetteur de Kati, Bane annonce à son compagnon que son père a une maison en chantier à ce lieu-ci qu’il a envie de visiter.
Une fois au lieu indiqué, Bané montre un chantier à Seydou. Ils le visitent ensemble. Quand ils arrivent aux abords d’une fosse septique en construction, il demande d’en mesurer l’ouverture. Il remet le bout d’une corde à son compagnon tenant lui-même l’autre bout.
Profitant de l’inattention de Seydou qui ne se doutait de rien, Bane le surprend en lui assenant deux coups de couteau à la poitrine, transperçant son cœur. Seydou succombe à ses blessures.
Deux jours plus tard, les parents de la victime l’ayant recherché en vain portent plainte au commissariat de police du 3e arrondissement. Sa sœur donne son numéro de portable aux enquêteurs. Les investigations menées aboutissent à l’arrestation de Bane dont le numéro a été repéré parmi les derniers appels émis par le téléphone de feu Sacko.
Interpellé sur les faits, Bane reconnaît qu’il a effectivement donné la mort à Sacko. Il précise qu’il a jeté l’arme de crime dans le fleuve.
Le jugement de Bane Kéita n’a pas pris assez de temps parce que le crime est flagrant. Son avocat a même plaidé coupable. Mais, il a sollicité des circonstances atténuantes. Mais, la Cour n’a pas tenu compte de cette demande. Elle a condamné Bane à la peine de mort.
Sidiki Doumbia

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CIMENTERIE DE HOMBORI
Mandé Construction planche sur 500 000 tonnes
Mandé Construction Immobilière (MCI), une société anonyme de droit malien, se lance dans la production de ciment. Cette société s’oriente vers l’industrie minière à travers la signature, le 27 octobre 2009 d’une convention d’implantation d’une cimenterie à Hombori en 5e région. Les documents ont été paraphés par le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, et le PDG de MCI, Djibril Camara.
Le coût d’investissement du projet est estimé à 54,120 milliards de F CFA pour une production prévue en 2012 avec une capacité de 500 000 tonnes par an. Pour les besoins de la cause, MCI a signé un accord de partenariat financier avec une entreprise sud-coréenne, qui intervient aussi comme actionnaire.
La cimenterie de Hombori est de type intégré et dispose des réserves de calcaire de 45 millions de tonnes. La qualité du gisement de calcaire permet de fabriquer du ciment CEM1 32,5, du CEM1 42,5 et du CEM1 52,5 ainsi que des ciments spéciaux à haute résistance.
Le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo s’est félicité de l’opportunité offerte à notre pays d’être bientôt autosuffisant en ciment avec la production en vue de 1,5 million de tonnes de ciment par an, dont 1 million de tonnes de Wacem, prévues en 2011. Il a aussi fait cas des retombées économiques pour la région de Mopti et ses environs avec les 100 emplois permanents et les 750 emplois temporaires qui seront créés par la Cimenterie de Hombori.
Abdrahamane Dicko


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SEYDOU ZOUMANA DIARRA, FEDERATION APE DE SIKASSO
" Je me demande si l'Etat fait de l'école son affaire"
Estimant que l'Etat ne fait plus suffisamment d'efforts pour soutenir l'éducation, Seydou Zoumana Diarra, président de la Fédération des Associations de parents d'élèves ne désespère pas pour autant, à condition que chacun joue son rôle et respecte le cahier des charges. Dans l'interview ci-dessous, il décortique la situation de l'école en 3e région, qui n'est qu'un reflet de la situation d'ensemble. Edifiant à plus d'un titre sur la déliquescence de l'école malienne.
Les Echos : Est-ce que la rentrée 2009-2010 est effective à Sikasso ?
Seydou Zoumana Diarra : Nous l’avons préparé de commun accord avec les autorités scolaires et avec tous les partenaires de l’école, lors de la rencontre du 23 septembre dernier. Nous avons débattu des modalités de la rentrée scolaire pour une école apaisée. Nous n’avons pas d’inquiétude quant au bon déroulement de l’année scolaire si toutes les doléances sont respectées. Les problèmes autour de l’école se situent au niveau des prises de décision de la part des partenaires. Nous demandons que chacun joue pleinement son rôle, que l’Etat tienne ses promesses et aux enseignants d’accepter le sacrifice d’encadrer les enfants. Nous avons un défi à relever, celui de l’intégration sous-régionale. Si nos enfants restent à la traîne parce que les revendications sont trop grandes ou au-dessus des moyens de l’Etat, comparaison n’est pas raison, les corporations diffèrent, la profession d’éducateur est avant tout un sacrifice, on ne pourra jamais se satisfaire dans ce métier, mais il faut le maximum de conditions pour l’exercer.
Les Echos : Etes-vous impliqué dans la création des établissements et le recrutement d’enseignants ?
S. Z. D. : Autrefois, nous l'étions. Mais, ces derniers temps, il y a eu relâchement. Avec l’éducation en mode décentralisé, les maires et les conseillers de cercle font fi de la décision et nous ne sommes pas informés du recrutement. Cela a toujours été décrié. Seule l’Assemblée régionale nous associe à ce jour. Nous déplorons la manière de recrutement des enseignants surtout dans les écoles communautaires. Il se fait par "favoritisme", certains enseignent au 1er cycle sans le niveau de DEF. Pour ce qui est des écoles communautaires ou publiques, la région de Sikasso se félicite, l’APE et ses partenaires ont construit les 80 à 85 % des infrastructures, mais c'est leur gestion qui pose problème. L’Etat doit faire quelque chose, sinon tôt ou tard certaines écoles vont fermer. Le coton est notre matière qui nous permet de financer beaucoup de choses, il a chuté, les parents ne parviennent plus à faire face aux différentes dépenses scolaires. Le ministère de l’Education avait décidé de régulariser les écoles communautaires en écoles publiques, mais cela est resté lettre morte. C’est regrettable.
Sikasso avait de très bons résultats au niveau national, mais aujourd’hui nous régressons en terme de qualité d’enseignement ; nous avons le maximum d’écoles, le maximum d’élèves, mais nos enfants ne sont plus performants. C’est une grande inquiétude en 3e région. D’autre part, le slogan "ne politisons pas l’école" est devenu un slogan creux. Je suis membre de la commission de mutation des enseignants, les D. Cap ont la pression politique sur les épaules lors des mutations, ils subissent pour ne pas perdre leur place, une situation très déplorable en 3e région. L’une de nos doléances régulière et récurrente est la création d'établissements répondant aux normes, j’ai toujours posé ce problème à qui de droit. Je me suis souvent demandé si l’Etat malien fait de l’école son problème. A Sikasso, la plupart des établissements privés ne répondent pas aux normes. Pis, des villas sont démolies pour faire des classes à côté des places publiques, des hôtels, ou tout autre endroit non requis à l’éducation. La création d’une école est soumise à un cahier de charges qu’il faut respecter, cela ne l’est pas aujourd’hui. Le cahier de charges est clair, au moins 50 % des enseignants doivent être recruté au nom de l’établissement privé. L’autorisation de création et celle d’ouverture sont conditionnées, les promoteurs doivent être régulièrement suivis dans leur tâche par la commission mise en place. Malheureusement, les élèves sont recrutés ou orientés dans ces établissements sans l’avis de ladite commission. Je n’accuse personne, mais il me semble qu’il suffit d’avoir un parent au ministère et vous avez la facilité de créer une école en faisant fi du cahier de charges. Depuis 2007, nous attirons l’attention des autorités régionales qu’il y a des écoles privées qui ne respectent pas le programme national, les promoteurs ne s’en tiennent qu’aux matières au bac. Une autre préoccupation des parents d’élèves en ce début d’année : c'est le lycée Zanga. Nous avons mené des investigations, le promoteur de l’hôtel Zanga a décidé de fermer l’hôtel pour l’ériger en lycée, il a procédé à des aménagements internes pour en faire des salles de classes.
Les Echos : Que pensez-vous du sort des élèves non orientés ?
S. Z. D. : L’Etat a fixé les critères d’orientation pour les titulaires du DEF après plusieurs constats. D’abord les moyennes de classe des élèves souvent gonflées grâce à des petits jeux de bassesse pour que les enfants aillent au DEF avec de forte moyenne. Oui il faut prendre des mesures contre cela ! Mais il faut faire quelque chose pour recaser ces élèves non orientés. On peut le faire. Il suffit de prendre ses responsabilités. L’Assemblée régionale est en train de réfléchir sur la situation des "élèves non orientés". L’ex-Car (Centre d’animation rurale, Ndlr) de Zamblara est opérationnel depuis l’année dernière, il reçoit des élèves non orientés, d’autres vont suivre. Dans le cadre de la promotion de la scolarisation des filles, des centres seront opérationnels à Bougouni, Koutiala et Sikasso pour accueillir des filles admises au DEF et non orientées. Et pour décongestionner les classes, un 2e lycée public ouvrira ses portes sous peu.

Les Echos : Les frais d’inscription font l’objet de discorde, seront-ils au rabais ?
S. Z. D. : Pour ce qui est des frais d’inscription, c’est l’APE qui les ont initiés en son temps. Ils nous ont permis de faire beaucoup de réalisations, notamment dans plusieurs quartiers de Sikasso (Wayerma, Hamdallaye, Kaboïla II, Médine). Mais avec l’arrivée de l’école en mode décentralisé, nous n’avons pas tellement la main mise là-dessus. A Sikasso, les frais varient entre 300 F CFA à 500 F CFA au fondamental, la part de l’APE est de 1000 F CFA/élève/an, le reste est alloué aux besoins : eau, éclairage, frais de gardiennage et autres. Les collectivités doivent donner les fournitures de l’administration scolaire, mais elles ne peuvent pas subvenir à cela.
Sincèrement parlant, il faut que chacun joue son rôle dans la gestion de l’école sinon l’avenir de nos enfants et du Mali va sombrer. La paix à l'école est l'affaire de tous. Nous avons de très bons rapports avec tout le monde, ne politisons pas l’école. La tenue est la bienvenue à l’école, unissons nos efforts pour relever la qualité de l’enseignement.
Propos recueillis par
B. Y. Cissé
(correspondant régional)

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APRES LES INCIDENTS DE LA COUPE DU PAA
Le Djoliba et le Stade exclus des coupes de la Ligue
Le bureau de la Ligue de football de Bamako a tranché : le Djoliba et le Stade sont exclus de toutes les coupes de la Ligue.
Le bureau de la Ligue de football de Bamako, réuni en urgence le lundi dernier, a estimé que les incidents survenus lors du match Djoliba-Stade comptant pour la 3e journée de la Coupe du Port autonome d’Abidjan (PAA) jouée le samedi 24 octobre s'étant produits, il était logique de prendre des sanctions. Après analyse des documents et témoignages, la Ligue condamne avec la dernière énergie les agressions et propos injurieux à l’encontre des joueurs, des arbitres et des responsables de la Ligue. Selon le communiqué de la Ligue déposé à notre rédaction, il a été établi que les supporters du Stade sont à l’origine des incidents ayant conduit à l’arrêt prématuré du match et que ceux du Djoliba ont répliqué. De tels incidents entachent profondément l’image de notre football. Et dans le but de voir un climat plus apaisé sur les stades, le bureau de la Ligue a pris des sanctions.
Le Stade a été condamné au paiement d’une amende d’un million de F CFA et le Djoliba à 500 000 F CFA. Le non-paiement de ces amendes dans le délai d’un mois entraînerait d’autres sanctions, poursuit le communiqué de la Ligue. Les deux clubs sont exclus de toutes les compétions de la Ligue.
La Ligue a certes réagi mais pour combien de temps ? s'interrogent certains observateurs du football malien eu égard à l'apport financier de ces deux clubs dans la vie de l’instance suprême du football de la capitale.
Affaire à suivre.
Boubacar Diakité Sarr


SPORT ET SOLIDARITE
700 élèves Saint-Girons courent pour le Mali
Saint-Girons est une commune française située dans le département de l’Ariège et la région de Midi-Pyrénées qui est très dynamique dans la coopération décentralisée avec les pays africains comme le Mali. Ainsi, depuis quelques années, les élèves saint-gironnais organisent un cross afin de mobiliser des fonds pour les villages maliens.
C'est à l'initiative de Sylvie Surguet et François Paumier, respectivement professeur de sport et conseiller pédagogique d'éducation que cette compétition est annuellement organisée pour manifester la solidarité de cette commune avec les villages défavorisés du Mali.
Ce cross permet de récolter des fonds pour apporter des fournitures scolaires, financer un moulin à grains, acheter des machines à coudre ou financer d’autres activités génératrices de revenus pour des localités maliennes.
Le côté sportif de cette manifestation a été géré par les élèves de l'Union nationale du sport scolaire et les lycéens de la section sciences et techniques sanitaires et sociales sous la direction de Caroline Arribas et Véronique Massat. Celles-ci ont fabriqué des crêpes, des gâteaux ou du pop-corn vendus pendant la course.
Les boissons vendues ont été en partie offertes par un parent d'élève. Pour une utilisation judicieuse et transparente de l'argent récolté, Sylvie Surguet et François Paumier se déplacent à leurs frais au Mali pour surveiller les achats afin qu'il n'y ait pas de gaspillage ou de détournement.
Les actions de solidarité de la section ST2S, qui ont un lien avec leur programme scolaire et leur futur travail, s'étalent sur toute l'année : en décembre, en partenariat avec les "Restos du cœur", les terminales effectueront une collecte de jouets et de livres et, en février, ils recueilleront des bonnets et des gants pour d’autres bonnes causes.
Alphaly
(avec LaDepeche.fr)

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