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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 29 octobre
LE
PRIX DU SUCRE EN HAUSSE
Où sont parties les 55 000 tonnes exonérées ?
Pour les besoins du Ramadan et de la période de soudure, le ministère
de l’Industrie, des Investissements et du Commerce a accordé 55
000 tonnes de sucre exonérées de taxe conjoncturelle d'importation
(TCI) à Ben Moctar, Oumar Niangadou dit Petit Barou et Bakary Cissé dit
Batex-CI. Le prix du sucre, qui avait baissé un moment, connaît
encore une augmentation, passant de 19 500 à 21 500 F CFA le sac de 50
kilos.
Ben Moctar de la SMA-SA, Oumar Niangadou dit Petit Barou de la Sodima-SA et Bakary
Cissé dit Batex-CI, qui ont bénéficié des 55 000
tonnes exonérées, se sont engagés à approvisionner
les populations pendant le mois de Ramadan et la période de soudure en
tirant vers le bas les prix, mais à condition d’avoir une exonération
sur la taxe conjoncturelle d’importation (TCI) qui s’élève à 47,28
%. Leur demande a été satisfaite par le ministre en charge du Commerce
et celui chargé de l’Economie et des Finances.
L’exonération portait sur 25 000 tonnes à la Sodima-SA et à la
SMA-SA et 5000 tonnes à Batex-CI. Le deal entre Ahmadou Abdoulaye Diallo
de l’Industrie, des Investissements et du Commerce et les opérateurs économiques
concernés portait sur la baisse du kilo à 400 F CFA (20 000 F CFA
le sac) et à la vente qui devait entrer en vigueur le 10 septembre 2009.
Ce deal a été bien respecté pendant quelques semaines, car
le sucre, qui avait atteint 500 à 600 F le kilo (25 000 à 30 000
F CFA le sac), avait baissé jusqu’à 390 F CFA ou 19 500 F
CFA le sac.
Mais à peine le mois de Ramadan terminé et quoique la période
de soudure bat son plein, le prix de la précieuse denrée a grimpé une
fois de plus. Sur les différents marchés de la capitale, le prix
au détail du sucre atteint 430 F CFA le kilo, soit 21 500 F CFA le sac.
Moins du tiers des 55 000 tonnes importé
Le constat fait auprès de certains commerçants détaillants
prouve que le marché n’est pas bien approvisionné en sucre.
Selon certaines indiscrétions, les 55 000 tonnes exonérées
qui constituent la moitié de la consommation annuelle au Mali n’ont
pas été importées au tiers. Au 23 octobre 2009, les commerçants
bénéficiaires de l’exo n’avaient pas encore importé 5000
tonnes. Bakary Cissé, Batex-CI, propriétaire de l’ex-Itema,
n’a pu rien faire avec son quota de 5000 tonnes. Il a même eu des
problèmes avec un de ses camions à la douane du Burkina, qui l’a
soupçonné de fraude.
A partir du moment où l'Etat s'est privé de certaines de ses taxes
(47,28 % de TCI), il est du devoir et même une obligation pour les ministères
en charge du Commerce et celui de l'Economie et des Finances d'enquêter
sur l'utilisation de ces exonérations.
Sur le marché international, le prix du sucre a fortement augmenté à cause
de sa forte demande. Selon les dernières nouvelles économiques,
l'Inde, l'un des plus gros producteurs et consommateurs, a acheté récemment
8 millions de tonnes de sucre pour faire face à sa mauvaise récolte
de la campagne précédente.
Mais, la pression des prix n'est pas une excuse dans le contexte malien. Nos
prix ne doivent pas connaître cette envolée avec les 55 000 tonnes
exonérées le 10 septembre 2009 et qui représentent la moitié de
la consommation nationale. Il y a lieu de se demander où est parti notre
sucre exonéré ?
Tout comme il urge de lutter contre les monopoles de fait, il est temps aussi
de moraliser une fois pour toutes, les exonérations données de
manière fantaisiste et qui profitent plus aux bénéficiaires
et à leurs protecteurs qu'aux consommateurs.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
SECURITE
ROUTIERE
Le Paaser à la pointe de la sensibilisation
Dans le cadre de sa politique nationale de lutte contre l’insécurité routière
au Mali, le gouvernement a obtenu un financement de l’Union européenne
pour la mise en place d’actions visant à réduire l’insécurité routière.
C’est ainsi que le Projet d’appui à l’amélioration
de la sécurité routière (Paaser) et bien d’autres
ONG ont été retenus pour mener des activités de sensibilisation.
Pour sa part, le Paaser a réalisé des sketches, des campagnes d’information,
d’éducation et de communication ; le tout à travers des caravanes
de la sécurité, des émissions radio. En outre, il a organisé des
ateliers pédagogiques dans une cinquantaine d’écoles. De
même, 21 gares routières ont été identifiées
par l’ONG, en collaboration avec les syndicats des transporteurs, les syndicats
des chauffeurs et leurs démembrements dans les régions.
A ce jour, le Paaser a produit 4000 cahiers d’exercices, dont 200 au profit
des chauffeurs et apprentis chauffeurs et 2000 destinés aux élèves
des écoles cibles. Ces cahiers comportent une cinquantaine de pages d’exercices
illustrés, faisant référence à des points précis
du code de la route (panneaux de signalisation, comportement en circulation, éléments
de sécurité…)
Les solutions de chaque exercice sont données à la fin du cahier
sur la dernière page permettant aux élèves de se familiariser
avec certaines dispositions du code de la route. Un suivi a été réalisé par
l’équipe du Paaser afin de s’assurer non seulement de la bonne
distribution mais aussi de l’utilisation faite de ces outils pédagogiques.
Mohamed Daou
Acceuil
L’EXCES
D’ENSEIGNANTS
CONTRACTUELS
Plaie du système scolaire africain
La multiplication des enseignants contractuels, non-fonctionnaires et peu coûteux,
affaiblit à terme la qualité des savoirs dispensés dans
les écoles primaires et secondaires africaines. Un problème majeur
sur lequel se penchent, depuis mardi, les experts internationaux de l’éducation
en Afrique réunis au Mali pour la Conférence sur les enseignants
contractuels Bamako +5 prévue jusqu’à ce 29 octobre.
Plus que 4 millions d’enseignants supplémentaires en Afrique, et
on arrivera à atteindre le seuil d’Education pour tous (EPT) d’ici à 2015.
Depuis 2000, date à laquelle ont été énoncés
les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et ceux
de l’EPT, les gouvernements africains essaient de rattraper à grands
pas leur retard pour approcher au mieux les impératifs onusiens, allant
jusqu’à sortir l’artillerie lourde pour multiplier leurs effectifs
d’enseignants. Au centre de ce stakhanovisme de l’éducation
en marche, le processus de contractualisation des enseignants s’est développé dans
l’ensemble des pays du continent depuis une dizaine d’années.
Au lieu de passer les concours organisés par les ministères de
l’Education, il a été octroyé aux candidats au métier
d’enseignant le droit de se présenter directement aux écoles,
pour être embauchés par elles, sous condition de détenir
au moins un diplôme, bac, brevet ou Cap. Destiné au départ à enrayer
les disparités territoriales liées au manque d’instituteurs
dans les localités rurales reculées, le recrutement de contractuels
est vite devenu affaire courante dans les villes et les capitales africaines.
Formation de courte durée, rémunérations au rabais et recrutement
aléatoire, ces enseignants, ne coûtant presque rien aux Etats, se
sont multipliés. A tel point qu’aujourd’hui, le nombre d’enseignants
contractuels viendrait à dépasser le nombre d’enseignants
fonctionnaires dans plusieurs pays comme le Mali et le Sénégal,
deux pays habitués chacun aux grèves récurrentes de leurs
professeurs.
Réunis depuis ce mardi à Bamako, des experts internationaux du
système éducatif africain entendent trouver une solution aux effets
pervers de cette contractualisation effrénée qui, en dépit
de la multiplication du nombre des enseignants, a entraîné une diminution
de la qualité du savoir dispensé aux élèves des écoles
primaires et secondaires. A l’échelle du pays, ces enseignants contractuels,
de niveau d’études différent ont accru les disparités
de programme et de contenu entre les écoles.
" Le problème majeur de ces enseignants contractuels est leur formation,
explique l’administrateur de programme de l’Union africaine Mohamed
Chérif Diarra. Ils n’ont pas été formés à l’Ecole
normale [établissement de formation des maîtres], ils ont suivi
des programmes spéciaux de quelques semaines pas plus. Le niveau de ces
enseignants est donc très faible et le savoir qu’ils inculquent à nos élèves
l’est tout autant ! Il nous faut réagir !".
Les politiques d’ajustement structurel en cause
Opérées dans les années 1990, les réformes institutionnelles
de décentralisation et déconcentration en Afrique ont engendré des
transferts de compétences concernant le recrutement des maîtres,
passé du niveau national à celui des localités. En 2003,
le Mali a entamé sa politique de décentralisation. Or, le transfert
de certaines compétences de l’Etat aux collectivités locales,
dont fait partie la formation des enseignants, ne s’est pas accompagné d’un
transfert de ressources financières suffisantes, entraînant la précarisation
installée de ces enseignants contractuels. "Les contractuels vivent
dans des conditions de travail difficiles, ils ne savent pas de quoi sera fait
l’année scolaire qui suit. Ils sont en outre nettement moins bien
payés que leurs collègues fonctionnaires", note Mohamed Chérif
Diarra.
Selon cet expert, la situation des pays africains francophones, anglophones et
lusophones concernant les enseignants contractuels varierait en fonction des
niveaux de déconcentration et décentralisation des Etats. Un pays
fortement centralisé ayant à ce jour un nombre d’enseignants
contractualisés moindre qu’un pays où la décentralisation
est forte comme au Nigeria, fondé sur un système fédéral.
" Ce sont les politiques d’ajustement structurel (Pas) imposées
par
la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui sont à l’origine
de ces problématiques. En coupant les financements aux ministères
de l’Education de nos pays africains, en imposant une réduction
drastique des écoles normales, et, effet cynique, en mettant à la
retraite anticipée les enseignants qualifiés, ils nous ont fait
perdre un réservoir important de savoirs et ont provoqué cette
situation", souligne Mohamed Chérif Diarra.
Renouveler le recrutement des enseignants, une nécessité
Organisée par l’Association pour le développement de l’éducation
en Afrique (Adéa), la Conférence Bamako +5, la deuxième
du genre après celle de 2004 sur le même thème, devrait se
focaliser en cette édition sur les moyens de renouveler le recrutement
des enseignants contractuels. "Ces enseignants doivent être suffisamment
formés afin d’être en mesure de dispenser un enseignement
de qualité. C’est ce défi majeur que cherche à relever
cette conférence", précise Ousmane Saïd Cissé,
conseiller technique du ministère de l’Education du Mali, co-organisateur.
A la nécessité d’un recrutement de qualité, il faut
ajouter la titularisation des enseignants, gage d’une pérennité de
leur statut et par là même, d’un intérêt plus
vif pour leur métier. Depuis le début de l’année,
le Mali a entamé une réforme du statut des enseignants contractuels
qui a abouti à l’intégration des contractuels dans le corps
des fonctionnaires des collectivités locales. Une idée qui devrait
fortement intéresser la vingtaine de représentants de gouvernements
africains venus assister à la Conférence.
La titularisation des enseignants contractuels demeure la solution la plus appropriée
pour répondre actuellement à leurs problèmes. Mais c’est
une solution onéreuse qui pourrait coûter jusqu’à 8
milliards de dollars par an, selon l’Unesco. "Une nécessité absolue",
estime Mohamed Chérif Diarra.
Lola Simonet
Acceuil
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