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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 21 octobre
CIMENTERIE
Le bout du tunnel n’est pas pour demain
Depuis la fermeture de Diamou il y a plus de 20 ans, notre pays rêve d’une
cimenterie pour faire face à ses besoins de consommation qui sont dans
l’ordre de 1,5 million de tonnes par an. Deux projets de cimenterie sont
actuellement en chantier. Mais force est de constater que celui que le gouvernement
projette de mettre en activité en 2011 aura bien du mal à respecter
ses échéances, à cause de contraintes techniques combinées à des
problèmes financiers. L’unité intégrée projetée
par des opérateurs privés en partenariat avec le Groupe Vicat,
n’attend que des formalités administratives, après avoir
mobilisé une vingtaine de milliards de F CFA.
Le Mali en chantier est l’un des plus gros consommateurs de ciment. Malgré d’énormes
potentialités en matières premières, notamment le calcaire
dont les réserves sont estimées à des dizaines de millions
de tonnes, le Mali est fortement dépendant des pays voisins en ciment.
Selon des statistiques, notre pays importe plus d’un million de tonnes
de ciment artificiel du Sénégal, de la Côte d’Ivoire,
du Togo et de l’Ukraine et de la Tunisie pour le ciment blanc. Ce qui est
loin de couvrir les besoins estimés à plus de 1,5 million de tonnes.
Fortes de ce constat, les autorités ont lancé le pari de la réouverture
de la cimenterie de Diamou. Un accord a été signé, il y
a quelques mois entre le ministère de l’Industrie, des Investissements
et du Commerce et un groupe indien dénommé West African Cement
(Wacem) pour l’installation d’une cimenterie intégrée à Diamou.
Wacem, une société de droit indien ambitionne de produire 1 million
de tonnes de ciment par an, avec la réduction du prix de la tonne à 80
000 F CFA contre 120 000 à 150 000 F CFA pratiqués sur le marché à certaines
périodes de l’année. Un objectif salutaire certes, mais dont
la réalisation reste un vrai parcours du combattant.
En effet, le projet bien qu’étant louable est truffé d’incertitudes
et de non-dits. Wacem dispose d’un droit d’exploitation des gisements
de calcaire d’Astro à Gangontéri dans le cercle de Bafoulabé.
L’usine dans sa configuration technique, va exploiter le calcaire à Gangontéri,
l’acheminer au centre de broyage nouvellement créé à Dio
dans le cercle de Kati, soit à des centaines de kilomètres de l’usine
de Diamou. Où devra alors se dérouler la phase de cuisson du calcaire
pour obtenir le clinker à broyer à Dio ? Mystère et boule
de gomme !
Le calcaire transformé en clinker va être ré acheminé à l’usine
pour sa transformation en ciment et son ensachage. Ce mécanisme complexe,
nécessite une consommation d’électricité énorme.
Le processus de fabrication de ciment est vorace en énergie et si Wacem
devra utiliser du vieil outillage comme ceux très polluants rencontrés
en Inde, le Mali n’est pas encore sorti de l’auberge.
En effet, Wacem attend du Mali la résolution de ce problème énergétique,
car il faut au moins une puissance de 20 mégawatts pour faire fonctionner
l’usine. C’est trop demander à un partenaire qui compte trouver
une solution à une équation déjà bien posée.
D’un autre côté, les problèmes de financement constituent
actuellement l’entrave majeure à l’évolution correcte
du projet. Il n’est pas facile de trouver 66 milliards de F CFA surtout
s’il s’agit de se rabattre sur les banques locales.
Coup de bluff pour 2011
En consultant le site web de l’ICF, organisme de financement de projets
de la Banque mondiale, tous les projets agréés y sont référencés.
Point de trace du projet de cimenterie du Mali, contrairement à des informations
distillées depuis quelque temps. Des banques étrangères,
sollicitées pour un concours à hauteur de 60 milliards de nos francs,
rechignent à s’exécuter. Les promoteurs sont obligés
de se retourner vers les banques locales qui traînent à leur tour
les pieds. L’éventuel pool bancaire devrait injecter 44 milliards
de F CFA.
Curieux procédé pour un partenaire qui se contente de mobiliser
l’épargne locale au lieu d’apporter un apport extérieur
enrichissant pour le Mali. A ce rythme, l’échéance de 2011
pour le ciment "made in Mali" est un grand coup de bluff et il est
souhaitable que le tir soit rectifié rapidement pour que le projet indo-malien
puisse aboutir.
Il est souhaitable que le projet indo-malien aboutisse pour se combiner avec
un autre projet déjà très avancé, concocté avec
le groupe Vicat, du nom de celui qui a inventé le ciment artificiel, il
y a plus d’un siècle en 1817. Ce projet attend de la part des autorités
la mise à disposition de réserves afin de monter un centre de production
de 400 000 tonnes.
Le Groupe français Vicat, fabriquant historique de ciment artificiel de
renommée internationale, présent sut tous les continents (France,
Suisse, USA, Inde, Kazakhstan, Egypte, Sénégal et le Mali) a déjà posé les
premiers jalons de son usine intégrée de production de ciment au
Mali. En effet, en créant, la société Ciments et matériaux
du Mali (CMM), depuis 2004, il a déjà abouti à la mise en
place de la structure d’ensachage de Korofina.
Actuellement, toutes les études sont terminées pour l’implantation
d’un centre de production de 400 000 tonnes sur le même site. Avec
cette production, cette usine serait un bon complément du projet de Wacem
pour, enfin, donner à notre pays son autonomie en matière de ciment.
A la différence du projet avec l’Inde qui compte ponctionner les
finances de nos banques locales, le groupe Vicat a déjà mobilisé,
sur fonds propres, 20 milliards de F CFA pour l’implantation complète
de son usine qui offrira plus de 150 emplois permanents, sans compter les emplois
saisonniers et indirects. Ce détail est plus qu’important, dans
la mesure où il s’agit d’un investissement étranger
direct. Car ce qui sera mobilisé pour Wacem sur le marché bancaire
local ne sera plus disponible pour les autres projets locaux. Dieu sait qu’il
y en a.
Il est alors étonnant que les portes soient fermées au nez de Vicat
qui tarde à voir son projet aboutir alors que le Mali en a vraiment besoin.
On aurait pensé que quelques malveillants trouvent leur compte soit, dans
l’absence de ciment "made in Mali", ou alors dans un projet de
monopolisation du secteur.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
MONEY-GRAM
Escroquerie à la Arsène Lupin
Trompant la vigilance des payeurs de Money-Gram, un escroc du nom de Mohamed
Dao, qui se fait passer pour le destinataire des sous, est parvenu à soutirer
une somme de 6 175 000 F CFA à Money-Gram. Il est dans le collimateur
de la police.
Mohamed Dao est domicilié à Hamdallaye. Jusqu’au 11 octobre
2009, il était parvenu à se procurer des codes confidentiels et à se
munir de vraies fausses cartes d’identité avant d'entrer en possession
de l'argent transféré pour d'autres dans les agences Money-Gram à Bamako.
Le 11 octobre 2009, Mohamed Dao a été démasqué dans
l'agence Money-Gram du Badialan, grâce à la clairvoyance de l’agent
payeur.
Comme cela se doit dans les agences Money-Gram, et conformément aux textes,
lorsqu'un client se présente dans une agence, muni du code confidentiel
et de sa pièce d’identité, il rentre aussitôt en possession
de son dû. Mohamed Dao, a profité de ce système "universel" pour
escroquer trois semaines durant, Money-Gram. Il avait pris l’habitude de
se présenter toujours le premier aux guichets avant que les vrais destinataires
ne se signalent.
Sa dernière victime s'appelle Adama Traoré, un Malien du Gabon
qui a déposé 3 millions de F CFA dans une agence Money-Gram de
Libreville, espérant retirer lui-même son argent une fois de retour à Bamako.
Spécialiste des coups fourrés, Mohamed Dao se présente sous
le nom d’Adama Traoré et avec le code confidentiel de ce dernier.
Le guichetier avait été déjà alerté par ses
supérieurs hiérarchiques sur les nombreux cas d’escroquerie
perpétrés à Money-Gram par le faussaire. Le portrait robot
de M. Dao avait été affiché auprès des opérateurs
réseau de Money-Gram.
Muni de toutes ces informations, l’agent de guichet du Badialan a eu le
réflexe de passer un coup de fil à l’assistant du chef de
service nouveau produit Money-Gram, lui indiquant un cas suspect. Mohamed Dao
qui s'est présenté sous l’identité d’Adama Traoré a
dès lors compris qu’il venait d’être démasqué.
Il s’est aussitôt retiré, arguant qu’il va garer son
véhicule à l’ombre, laissant la vraie fausse pièce
d’identité avec le guichetier. Après avoir filé à l'anglaise,
il ne cessait d'appeler le guichetier en lui disant qu’il enverrait un
ami prendre ces 3 millions de F CFA.
Vraie fausse pièce d’identité
Il est même parvenu à mettre en contact son "ami" avec
l’opérateur de Money-Gram et lui fixer rendez-vous devant le GMS à N'tomikorobougou
pour que celui-ci soit en possession de l’argent. L’agent refusera
et demandera conseil à son supérieur. Ce dernier ne le lui autorisera
que dans l'objectif de mettre le grappin sur le "complice". Grande
fût la surprise des agents Money-Gram, l’"ami" en question
n’était autre qu’un policier du nom de Cheick O. T. Diarra,
sergent en stage au GMS.
Ironie du sort, le directeur général de la police tombe sur la
scène. Après les explications de l’assistant Money-Gram,
qui a effectué le déplacement et du guichetier, Niamé Kéita
a tenu à vérifier la pièce d’identité. Aussitôt
en contact avec la pièce, le DG de la police, selon nos sources, a immédiatement
réagi affirmant que la carte d’identité est un faux document.
D’abord, elle comporte des fautes et surcharges. Autre anomalie : le commissaire
signataire de la carte, Boubacar Konaté, n’est plus en service à ce
poste depuis plus de 4 ans. Or, la carte a été établie le
2 octobre 2008.
Aussitôt les agents Money-Gram ont porté plainte contre le commanditaire
et son complice policier. Quelques jours après, le sergent Cheick O. T.
Diarra, a été interpellé par le commissariat du 5e arrondissement
et "mis en confiance". Les recherches pour retrouver le principal suspect
ont été engagées à travers la ville, mais sans succès.
Money-Gram et les autorités policières veulent savoir comment Mohamed
Dao a pu se procurer le code confidentiel d’Adama Traoré ? Ils avancent
plusieurs scénarios.
Mais ce qu’il faut savoir, c'est que Mohamed Dao n’est pas à son
premier coup. Il est parvenu à chiper 1 005 000 de F CFA d’Adama
Coulibaly, un expatrié au Gabon, Boubacar Sow des USA, Yaya Kéita
de l’Italie, Mohamed Kéita de l’Espagne… Le cumul des
montants escroqués par cet Arsène Lupin des tropiques est estimé à 6
175 000 de F CFA par la direction de Money-Gram.
En attendant de mettre la main sur Mohamed Dao, les responsables de la société de
transfert d’argent affirment décliner toute responsabilité dans
cette affaire. Toutefois, ils ont mis les victimes dans leurs droits en payant
intégralement leur argent dans le seul souci de préserver l’image
de l'entreprise. "Nous allons continuer les enquêtes jusqu’à démanteler
le réseau", ont-ils promis.
Amadou Sidibé
" Nous ne payons pas avec les pièces périmées"
Selon l’assistant du chef de service nouveau produit de Money-Gram, M.
Coulibaly, aucun transfert dans les guichets Money-Gram ne peut se faire avec
des pièces périmées, à plus forte raison toucher
les sous à destination. "On a jamais connu ce cas de péremption
des cartes d’identité. Bien que détenant les cartes d’autrui,
les documents avec lesquels Mohamed Dao, a pu enlever les sous des victimes, étaient à jour".
Et d’ajouter que sur aucune de nos pièces d’identité,
ne figurent la date de péremption des cartes. "Aucune pièce
ne dépassait plus de deux ans". Comme pour dire qu’à Money-Gram,
on tient au respect des textes.
A. S.
Acceuil
CINQUANTENAIRE
DES INDEPENDANCES
Mémoire Afrique répond à Toubon
" A ces Etats, la France et le général de Gaulle ont accordé les
indépendances en 1960" : Jacques Toubon donne-t-il le ton des célébrations
du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises
?
Les pays africains et malgache, anciennement sous administration française,
ainsi que la France s’apprêtent à fêter le cinquantenaire
des indépendances politiques de ces pays en 2010. C’est l’occasion
de s’interroger notamment sur les modalités de cette indépendance
et sur les rapports de fraternité et de méfiance qu’ils ont
entretenus avec l’ancienne puissance coloniale à partir de 1960.
Il est également utile de rappeler certaines vérités historiques
aux hommes politiques justement chargés d’organiser les manifestations
du cinquantenaire en question et dont les propos sont pour le moins en contradiction
avec les faits. Il en est ainsi de Jacques Toubon, ancien ministre français
de la Culture et de la Francophonie et actuel président de la Mission
interministérielle Afrique-2010.
En mission au Burkina Faso le 21 juillet 2009 et lors d’un entretien accordé à Ali
Traoré, journaliste au quotidien gouvernemental burkinabé "Sidwaya",
Jaques Toubon a déclaré que la France avait octroyé l’indépendance à ses
colonies au cours de l’année 1960 : "A ces Etats, la France
et le général de Gaulle ont accordé les indépendances
en 1960. Le président Sarkozy a pensé que cette année 2010
marquant le cinquantenaire des indépendances serait une bonne occasion
pour s’interroger sur les relations entre la France et l’Afrique
noire et pour refonder ces relations".
Tout se passe comme si les Africains n’avaient pas été acteurs
de leur indépendance. Tout d’abord, tous les pays n’accédèrent
pas à ce statut en 1960 puisque la Guinée a opté pour l’indépendance
immédiate après le référendum proposé par
le général de Gaulle sur la Communauté franco-africaine
le 28 septembre 1958. Cette indépendance auquel le général
préférait d’ailleurs le terme d’"accession à la
souveraineté internationale" a aussi été conquise par
les autres pays.
Ensuite, le président de la mission interministérielle Afrique
2010 passe sous silence les combats des colonisés contre la répression
coloniale et pour la marche vers l’indépendance de 1946 à 1960,
qu’il s’agisse d’insurrections ouvertes ou de conduites politiques
négociées : ainsi l’insurrection malgache de 1947 ou celle
animée par Ruben Um Nyobe au Cameroun, mais aussi des multiples grèves,
manifestations, boycotts, ou encore les luttes des dirigeants africains pour
l’adoption de lois à l’Assemblée nationale française
assouplissant le régime colonial (abolition du travail forcé et
de l’indigénat en 1946…) et instaurant des rapports décentralisés
avec la métropole (décentralisation administrative par la loi-cadre,
obtenue en 1956 sous la pression des jeunes Africains issus du boom démographique
amorcé depuis les années 1945, autonomie interne en 1958).
Certes, à l’exclusion de la Guinée et en accord avec la métropole,
les colonies françaises d’Afrique subsaharienne devinrent indépendantes
en 1960, mais Paris eut à prendre en compte le rapport de force imposé par
les Africains en métropole et dans les colonies.
Association Mémoire Afrique
(BPE : 5582 - Bamako, site web : www.memoireafrique.com)
Acceuil
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