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2009

Mois d'octobre

Les Echos du 21 octobre

 

CIMENTERIE
Le bout du tunnel n’est pas pour demain

Depuis la fermeture de Diamou il y a plus de 20 ans, notre pays rêve d’une cimenterie pour faire face à ses besoins de consommation qui sont dans l’ordre de 1,5 million de tonnes par an. Deux projets de cimenterie sont actuellement en chantier. Mais force est de constater que celui que le gouvernement projette de mettre en activité en 2011 aura bien du mal à respecter ses échéances, à cause de contraintes techniques combinées à des problèmes financiers. L’unité intégrée projetée par des opérateurs privés en partenariat avec le Groupe Vicat, n’attend que des formalités administratives, après avoir mobilisé une vingtaine de milliards de F CFA.
Le Mali en chantier est l’un des plus gros consommateurs de ciment. Malgré d’énormes potentialités en matières premières, notamment le calcaire dont les réserves sont estimées à des dizaines de millions de tonnes, le Mali est fortement dépendant des pays voisins en ciment. Selon des statistiques, notre pays importe plus d’un million de tonnes de ciment artificiel du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo et de l’Ukraine et de la Tunisie pour le ciment blanc. Ce qui est loin de couvrir les besoins estimés à plus de 1,5 million de tonnes.
Fortes de ce constat, les autorités ont lancé le pari de la réouverture de la cimenterie de Diamou. Un accord a été signé, il y a quelques mois entre le ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce et un groupe indien dénommé West African Cement (Wacem) pour l’installation d’une cimenterie intégrée à Diamou.
Wacem, une société de droit indien ambitionne de produire 1 million de tonnes de ciment par an, avec la réduction du prix de la tonne à 80 000 F CFA contre 120 000 à 150 000 F CFA pratiqués sur le marché à certaines périodes de l’année. Un objectif salutaire certes, mais dont la réalisation reste un vrai parcours du combattant.
En effet, le projet bien qu’étant louable est truffé d’incertitudes et de non-dits. Wacem dispose d’un droit d’exploitation des gisements de calcaire d’Astro à Gangontéri dans le cercle de Bafoulabé. L’usine dans sa configuration technique, va exploiter le calcaire à Gangontéri, l’acheminer au centre de broyage nouvellement créé à Dio dans le cercle de Kati, soit à des centaines de kilomètres de l’usine de Diamou. Où devra alors se dérouler la phase de cuisson du calcaire pour obtenir le clinker à broyer à Dio ? Mystère et boule de gomme !
Le calcaire transformé en clinker va être ré acheminé à l’usine pour sa transformation en ciment et son ensachage. Ce mécanisme complexe, nécessite une consommation d’électricité énorme. Le processus de fabrication de ciment est vorace en énergie et si Wacem devra utiliser du vieil outillage comme ceux très polluants rencontrés en Inde, le Mali n’est pas encore sorti de l’auberge.
En effet, Wacem attend du Mali la résolution de ce problème énergétique, car il faut au moins une puissance de 20 mégawatts pour faire fonctionner l’usine. C’est trop demander à un partenaire qui compte trouver une solution à une équation déjà bien posée.
D’un autre côté, les problèmes de financement constituent actuellement l’entrave majeure à l’évolution correcte du projet. Il n’est pas facile de trouver 66 milliards de F CFA surtout s’il s’agit de se rabattre sur les banques locales.
Coup de bluff pour 2011
En consultant le site web de l’ICF, organisme de financement de projets de la Banque mondiale, tous les projets agréés y sont référencés. Point de trace du projet de cimenterie du Mali, contrairement à des informations distillées depuis quelque temps. Des banques étrangères, sollicitées pour un concours à hauteur de 60 milliards de nos francs, rechignent à s’exécuter. Les promoteurs sont obligés de se retourner vers les banques locales qui traînent à leur tour les pieds. L’éventuel pool bancaire devrait injecter 44 milliards de F CFA.
Curieux procédé pour un partenaire qui se contente de mobiliser l’épargne locale au lieu d’apporter un apport extérieur enrichissant pour le Mali. A ce rythme, l’échéance de 2011 pour le ciment "made in Mali" est un grand coup de bluff et il est souhaitable que le tir soit rectifié rapidement pour que le projet indo-malien puisse aboutir.
Il est souhaitable que le projet indo-malien aboutisse pour se combiner avec un autre projet déjà très avancé, concocté avec le groupe Vicat, du nom de celui qui a inventé le ciment artificiel, il y a plus d’un siècle en 1817. Ce projet attend de la part des autorités la mise à disposition de réserves afin de monter un centre de production de 400 000 tonnes.
Le Groupe français Vicat, fabriquant historique de ciment artificiel de renommée internationale, présent sut tous les continents (France, Suisse, USA, Inde, Kazakhstan, Egypte, Sénégal et le Mali) a déjà posé les premiers jalons de son usine intégrée de production de ciment au Mali. En effet, en créant, la société Ciments et matériaux du Mali (CMM), depuis 2004, il a déjà abouti à la mise en place de la structure d’ensachage de Korofina.
Actuellement, toutes les études sont terminées pour l’implantation d’un centre de production de 400 000 tonnes sur le même site. Avec cette production, cette usine serait un bon complément du projet de Wacem pour, enfin, donner à notre pays son autonomie en matière de ciment.
A la différence du projet avec l’Inde qui compte ponctionner les finances de nos banques locales, le groupe Vicat a déjà mobilisé, sur fonds propres, 20 milliards de F CFA pour l’implantation complète de son usine qui offrira plus de 150 emplois permanents, sans compter les emplois saisonniers et indirects. Ce détail est plus qu’important, dans la mesure où il s’agit d’un investissement étranger direct. Car ce qui sera mobilisé pour Wacem sur le marché bancaire local ne sera plus disponible pour les autres projets locaux. Dieu sait qu’il y en a.
Il est alors étonnant que les portes soient fermées au nez de Vicat qui tarde à voir son projet aboutir alors que le Mali en a vraiment besoin. On aurait pensé que quelques malveillants trouvent leur compte soit, dans l’absence de ciment "made in Mali", ou alors dans un projet de monopolisation du secteur.
Abdrahamane Dicko

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MONEY-GRAM
Escroquerie à la Arsène Lupin
Trompant la vigilance des payeurs de Money-Gram, un escroc du nom de Mohamed Dao, qui se fait passer pour le destinataire des sous, est parvenu à soutirer une somme de 6 175 000 F CFA à Money-Gram. Il est dans le collimateur de la police.
Mohamed Dao est domicilié à Hamdallaye. Jusqu’au 11 octobre 2009, il était parvenu à se procurer des codes confidentiels et à se munir de vraies fausses cartes d’identité avant d'entrer en possession de l'argent transféré pour d'autres dans les agences Money-Gram à Bamako. Le 11 octobre 2009, Mohamed Dao a été démasqué dans l'agence Money-Gram du Badialan, grâce à la clairvoyance de l’agent payeur.
Comme cela se doit dans les agences Money-Gram, et conformément aux textes, lorsqu'un client se présente dans une agence, muni du code confidentiel et de sa pièce d’identité, il rentre aussitôt en possession de son dû. Mohamed Dao, a profité de ce système "universel" pour escroquer trois semaines durant, Money-Gram. Il avait pris l’habitude de se présenter toujours le premier aux guichets avant que les vrais destinataires ne se signalent.
Sa dernière victime s'appelle Adama Traoré, un Malien du Gabon qui a déposé 3 millions de F CFA dans une agence Money-Gram de Libreville, espérant retirer lui-même son argent une fois de retour à Bamako.
Spécialiste des coups fourrés, Mohamed Dao se présente sous le nom d’Adama Traoré et avec le code confidentiel de ce dernier. Le guichetier avait été déjà alerté par ses supérieurs hiérarchiques sur les nombreux cas d’escroquerie perpétrés à Money-Gram par le faussaire. Le portrait robot de M. Dao avait été affiché auprès des opérateurs réseau de Money-Gram.
Muni de toutes ces informations, l’agent de guichet du Badialan a eu le réflexe de passer un coup de fil à l’assistant du chef de service nouveau produit Money-Gram, lui indiquant un cas suspect. Mohamed Dao qui s'est présenté sous l’identité d’Adama Traoré a dès lors compris qu’il venait d’être démasqué. Il s’est aussitôt retiré, arguant qu’il va garer son véhicule à l’ombre, laissant la vraie fausse pièce d’identité avec le guichetier. Après avoir filé à l'anglaise, il ne cessait d'appeler le guichetier en lui disant qu’il enverrait un ami prendre ces 3 millions de F CFA.
Vraie fausse pièce d’identité
Il est même parvenu à mettre en contact son "ami" avec l’opérateur de Money-Gram et lui fixer rendez-vous devant le GMS à N'tomikorobougou pour que celui-ci soit en possession de l’argent. L’agent refusera et demandera conseil à son supérieur. Ce dernier ne le lui autorisera que dans l'objectif de mettre le grappin sur le "complice". Grande fût la surprise des agents Money-Gram, l’"ami" en question n’était autre qu’un policier du nom de Cheick O. T. Diarra, sergent en stage au GMS.
Ironie du sort, le directeur général de la police tombe sur la scène. Après les explications de l’assistant Money-Gram, qui a effectué le déplacement et du guichetier, Niamé Kéita a tenu à vérifier la pièce d’identité. Aussitôt en contact avec la pièce, le DG de la police, selon nos sources, a immédiatement réagi affirmant que la carte d’identité est un faux document. D’abord, elle comporte des fautes et surcharges. Autre anomalie : le commissaire signataire de la carte, Boubacar Konaté, n’est plus en service à ce poste depuis plus de 4 ans. Or, la carte a été établie le 2 octobre 2008.
Aussitôt les agents Money-Gram ont porté plainte contre le commanditaire et son complice policier. Quelques jours après, le sergent Cheick O. T. Diarra, a été interpellé par le commissariat du 5e arrondissement et "mis en confiance". Les recherches pour retrouver le principal suspect ont été engagées à travers la ville, mais sans succès.
Money-Gram et les autorités policières veulent savoir comment Mohamed Dao a pu se procurer le code confidentiel d’Adama Traoré ? Ils avancent plusieurs scénarios.
Mais ce qu’il faut savoir, c'est que Mohamed Dao n’est pas à son premier coup. Il est parvenu à chiper 1 005 000 de F CFA d’Adama Coulibaly, un expatrié au Gabon, Boubacar Sow des USA, Yaya Kéita de l’Italie, Mohamed Kéita de l’Espagne… Le cumul des montants escroqués par cet Arsène Lupin des tropiques est estimé à 6 175 000 de F CFA par la direction de Money-Gram.
En attendant de mettre la main sur Mohamed Dao, les responsables de la société de transfert d’argent affirment décliner toute responsabilité dans cette affaire. Toutefois, ils ont mis les victimes dans leurs droits en payant intégralement leur argent dans le seul souci de préserver l’image de l'entreprise. "Nous allons continuer les enquêtes jusqu’à démanteler le réseau", ont-ils promis.
Amadou Sidibé

" Nous ne payons pas avec les pièces périmées"
Selon l’assistant du chef de service nouveau produit de Money-Gram, M. Coulibaly, aucun transfert dans les guichets Money-Gram ne peut se faire avec des pièces périmées, à plus forte raison toucher les sous à destination. "On a jamais connu ce cas de péremption des cartes d’identité. Bien que détenant les cartes d’autrui, les documents avec lesquels Mohamed Dao, a pu enlever les sous des victimes, étaient à jour". Et d’ajouter que sur aucune de nos pièces d’identité, ne figurent la date de péremption des cartes. "Aucune pièce ne dépassait plus de deux ans". Comme pour dire qu’à Money-Gram, on tient au respect des textes.
A. S.

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CINQUANTENAIRE DES INDEPENDANCES
Mémoire Afrique répond à Toubon
" A ces Etats, la France et le général de Gaulle ont accordé les indépendances en 1960" : Jacques Toubon donne-t-il le ton des célébrations du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises ?
Les pays africains et malgache, anciennement sous administration française, ainsi que la France s’apprêtent à fêter le cinquantenaire des indépendances politiques de ces pays en 2010. C’est l’occasion de s’interroger notamment sur les modalités de cette indépendance et sur les rapports de fraternité et de méfiance qu’ils ont entretenus avec l’ancienne puissance coloniale à partir de 1960.
Il est également utile de rappeler certaines vérités historiques aux hommes politiques justement chargés d’organiser les manifestations du cinquantenaire en question et dont les propos sont pour le moins en contradiction avec les faits. Il en est ainsi de Jacques Toubon, ancien ministre français de la Culture et de la Francophonie et actuel président de la Mission interministérielle Afrique-2010.
En mission au Burkina Faso le 21 juillet 2009 et lors d’un entretien accordé à Ali Traoré, journaliste au quotidien gouvernemental burkinabé "Sidwaya", Jaques Toubon a déclaré que la France avait octroyé l’indépendance à ses colonies au cours de l’année 1960 : "A ces Etats, la France et le général de Gaulle ont accordé les indépendances en 1960. Le président Sarkozy a pensé que cette année 2010 marquant le cinquantenaire des indépendances serait une bonne occasion pour s’interroger sur les relations entre la France et l’Afrique noire et pour refonder ces relations".
Tout se passe comme si les Africains n’avaient pas été acteurs de leur indépendance. Tout d’abord, tous les pays n’accédèrent pas à ce statut en 1960 puisque la Guinée a opté pour l’indépendance immédiate après le référendum proposé par le général de Gaulle sur la Communauté franco-africaine le 28 septembre 1958. Cette indépendance auquel le général préférait d’ailleurs le terme d’"accession à la souveraineté internationale" a aussi été conquise par les autres pays.
Ensuite, le président de la mission interministérielle Afrique 2010 passe sous silence les combats des colonisés contre la répression coloniale et pour la marche vers l’indépendance de 1946 à 1960, qu’il s’agisse d’insurrections ouvertes ou de conduites politiques négociées : ainsi l’insurrection malgache de 1947 ou celle animée par Ruben Um Nyobe au Cameroun, mais aussi des multiples grèves, manifestations, boycotts, ou encore les luttes des dirigeants africains pour l’adoption de lois à l’Assemblée nationale française assouplissant le régime colonial (abolition du travail forcé et de l’indigénat en 1946…) et instaurant des rapports décentralisés avec la métropole (décentralisation administrative par la loi-cadre, obtenue en 1956 sous la pression des jeunes Africains issus du boom démographique amorcé depuis les années 1945, autonomie interne en 1958).
Certes, à l’exclusion de la Guinée et en accord avec la métropole, les colonies françaises d’Afrique subsaharienne devinrent indépendantes en 1960, mais Paris eut à prendre en compte le rapport de force imposé par les Africains en métropole et dans les colonies.
Association Mémoire Afrique
(BPE : 5582 - Bamako, site web : www.memoireafrique.com)

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GRANDES ECOLES A L’UNIVERSITE
Le fonctionnariat et l’enseignement au supérieur
Avancement par la voie syndicale ou ordination versus consécration des pairs : l’Université du Mali, rebaptisée plus tard l’Université de Bamako, a été créée avec l’existant. Toutes ses structures sont redevables des anciennes grandes écoles supérieures d’alors. S’agissant plus spécifiquement de la Flash, elle emploie à ce jour 138 enseignants dont 11 professeurs, 17 maîtres de conférence, 26 maîtres-assistants, 83 assistants, 3 contractuels et un conventionnaire. Parmi les assistants, nous avons des titulaires de doctorat, de DEA et de maîtrise.
A première vue, la hiérarchisation du corps enseignant ne doit pas être perçue comme une volonté manifeste des universitaires de participer à la culture d’audit permettant de mesurer et de gérer leurs performances. Ceci renvoie directement à leur durée de service, ainsi qu’à leur statut supposé et effectif dans la profession, différent de celui occupé sur le lieu de travail. Ainsi, la distinction entre les catégorisations administratives et professionnelles a été l’objet d’une grande frustration.
A l’Université de Bamako, il y eut deux vagues d’avancement. Un avancement qui a beaucoup à voir avec la détention d’une thèse de doctorat et la durée de service en tant que fonctionnaire. Une telle modalité d’avancement se trouve à mille lieues des réalités de l’université. Le Mali, en intégrant le Cames en 1986, a voulu faire fi des procédures d’avancement des enseignants du supérieur.
Ainsi, il lui substitua une approche nationale qui n’a de pertinence ou de validité qu’à l’intérieur de ses frontières. Cela ne semble pas participer au renouvellement des élites enseignantes. A ce propos, May (2004 : 64) note : "Ceux qui bénéficient des dispositions actuelles chercheront à défendre l’orthodoxie, lorsque celle-ci est en leur faveur, afin de restaurer la 'normalité". S’il est dit que l’Université devrait démarrer, même avec une hiérarchisation nationale, pour les anciens, la voie nationale ne devrait pas être un frein ou un blocage pour la nouvelle génération qui semble familière aux batailles épiques. En plus, les pourfendeurs de la hiérarchisation "locale" se recrutent dans la 3e génération. Paradoxalement, dans cette même génération, ils sont nombreux à ne pas s’opposer à la titularisation des assistants.
" Lorsque j’ai été recruté comme assistant stagiaire, je n’ai pas vu quelque chose qui, dans la façon dont l’Université fonctionne, m’a empêché de progresser. Si on se dit qu’on n’a pas d’autre solution que de progresser, on fait le maximum pour progresser (...)" remarque un promu du Cames au grade de maître-assistant.
Pour lui, la titularisation des assistants par arrêté non seulement n’est pas une solution pertinente, mais encore est "une bêtise : la pire des réponses qu’on pourrait apporter à un problème réel". Sur l’espace universitaire malien, nous pouvons observer dans les Facultés et dans les DER des enseignants qui sont là depuis de très longues années et qui n’avancent pas - principalement, ils sont titulaires de maîtrise ou de DEA -.
Alors, la réponse la plus tentante est de dire que ces enseignants n’avancent pas parce que le statut qu’on leur a fait - n’être pas titularisé - les met en situation d’insécurité et que cela les démotive. Pour que cet argument soit valable, il faudrait, premièrement, que l’on compare le rythme de la promotion des assistants depuis l’adoption du décret n°92-167/PRM du 19 octobre 1992 à ce qui se passait avant. Une petite comparaison montre qu’à la Flash, les enseignants n’avancent pas moins, depuis qu’on a instauré ce décret. Sans exception, ces enseignants consentent, aujourd’hui, tous à soutenir une thèse ou sont à la recherche d’une bourse doctorale.
L’insécurité ne peut pas être alléguée pour expliquer un blocage qui, à notre connaissance dans cette Faculté, n’est pas non plus évidente. Deuxièmement, il faudrait prouver que la sécurité crée forcément une motivation. Là aussi, il faudrait comparer pour savoir si, quand on sécurisait, il y avait plus d’assistants qui passaient maîtres-assistants que maintenant. Il peut arriver également que quelqu’un, qui a la sécurité de son statut et qui, précisément parce qu’il a cette sécurité, a des moyens autres pour améliorer sa situation. Il n’est pas rare de voir des enseignants de l’Université aller dispenser des cours dans les écoles supérieures privées qui se multiplient.
Ils ont dans ce cas la sécurité et de meilleures conditions. Ce mouvement est aussi valable dans le secondaire et dans le fondamental, dans tous les cas, c’est l’enseignement public qui en pâtit. Au regard de cette situation, une majorité d'enseignants s’adonnent à cette pratique et ne perdent rien à le faire, puisqu’ils ont déjà acquis leur titularisation. De surcroît, ils y gagnent de quoi arrondir les fins de mois. Pour autant, est-ce gratifiant cette usure physique et intellectuelle ?
Donc, la sécurité n’est pas forcément un facteur de motivation et l’insécurité n’est pas également un facteur de démotivation. Au moins, toutes les générations conviennent à soutenir qu’il faut d’abord créer les conditions pour tous ceux qui veulent effectivement progresser : car, à l’Université, "on est obligé de progresser sinon on est largué par le savoir qui, lui, progresse".
Pour ce faire, les enseignants pensent qu’un accent particulier doit être mis sur l’environnement de travail à travers l’accès à une documentation fraîche et récente ; la révision des charges horaires en termes de servitudes, de contraintes d’enseignement pour leur permettre de consacrer le maximum de temps à la recherche. Ce qui exige un encadrement adéquat, c’est-à-dire que les enseignants de rang magistral doivent être mis en situation, et parfois obligés ou contraints à faire leur travail d’encadrement. Si cela peut poser quelquefois un problème, les assistants doivent accepter d’être encadrés.
Telle est, semble-t-il, l’une des raisons du blocage ou de la non-fonctionnalité de la hiérarchisation au Mali. C’est là, également, une des limites de la hiérarchisation à la malienne et de la fonctionnarisation des cadres de l’Université. Le budget de l’Université n’étant pas extensible à l’infini, si des enseignants stagnent déjà dans les niveaux de début, alors que le recrutement s’avère difficile et que la retraite à l’Université est longue, 65 ans, le blocage à l’entrée des jeunes serait consacré de fait. Ainsi, il ne serait plus question de soutenir : "Je suis libre, si je veux rester éternellement assistant, pourquoi on veut me faire changer".
La chosification de l’enseignement supérieur en l’absence de paradigmes
En Afrique subsaharienne notamment, les difficultés économiques, mais aussi la mondialisation du marché ont mis en pièces les appareils de recherche nationaux bâtis depuis l’indépendance, réduisant les chercheurs à la misère ou à des travaux de commande pour des organisations non-gouvernementales.
Le regain d’intérêt pour le continent africain repose aussi sur la certitude qu’il s’y trouve un vivier de savoirs menacés de disparition et dont les sciences humaines et sociales ont besoin. Un discours à produire sans support (bibliothèque et voyage d’études) qui se transforme en matraquage des brochures ou la dictée des supports de cours ; des cours privés suscités par les enseignants sont légions.
Les quotidien de l’universitaire et les pièges de la syndicalisation à outrance
Depuis les années 1980, l’agenda néo-libéral, caractérisé par la prééminence de l’idéologie du marché et la redéfinition du rôle de l’Etat, domine la réflexion sur l’orientation de la politique et de l’action économiques. Cet agenda implique la privatisation de services essentiels dont la santé, l’éducation dans beaucoup de pays.
Ironie du sort, c’est que dans le domaine de l’enseignement supérieur en particulier, les politiques mises en œuvre influent sur sa capacité à satisfaire la demande croissante actuelle. Ainsi, l’espoir de voir les diplômés et autres spécialistes rester au pays et permettre ainsi d’élever le niveau de vie des populations ou augmenter la compétitivité nationale est souvent déçu, du fait des occasions que sont offertes d’émigrer pour gagner des salaires et jouir d’une meilleure qualité de vie dans l’économie mondialisée du savoir (Manub, 2002 : 48).
La 3e génération paraissait la plus prompte à renoncer à la hiérarchisation locale. Elle a pourtant participé massivement aux grèves et manifestations. Sans doute, l’ampleur des discussions passionnées qu’elles ont suscitées ont-elles favorisé une prise de conscience très rapide de leurs probables conséquences inégalitaires, et de l’absence d’intérêt pour les enseignants à les accepter.
C’est la même protestation contre des conditions de travail usantes, génératrices de stress et d’angoisse, parfois privées de sens, qui conduit ici à remettre en question la hiérarchisation locale, et là à refuser des réformes susceptibles d’aggraver encore la pénibilité du travail et les doutes concernant la possibilité de recevoir tous les bacheliers réguliers.
Ces doutes ne reflètent pas nécessairement une hostilité a priori à l’Université et une posture politiquement conservatrice. Les inquiétudes et les protestations vis-à-vis de l’arrivée d’élèves jugés insuffisamment armés pour suivre une scolarité normale se font nombreuses. L’attachement au principe de l’égalité de traitement des étudiants a longtemps conduit à mettre ces réticences en sourdine, avant que ces inquiétudes finissent par s’affirmer sous la forme d’un rejet de la hiérarchisation locale.
Que la 3e génération l’ait exprimé plus fortement résulte de la convergence de plusieurs phénomènes : une expérience politique différente de leurs aînés et, enfin, le déroulement des carrières, qui concentre les nouveaux enseignants, ceux donc qui maîtrisent le moins bien encore leur métier, dans les établissements publics où ils sont particulièrement exposés à la faiblesse des acquis et à la démotivation des étudiants.
Bien de questions posées aux enseignants, qui ne se satisfont ni de ce qu’ils ont, ni de ce qu’on leur propose, restent du même coup ouvertes. La qualité de leur métier, le plaisir ou la souffrance que son exercice suscite, tiennent à la disposition des étudiants à écouter et à leur capacité à comprendre. Ils le reconnaissent eux-mêmes en inscrivant, au premier rang des maux de l’école actuelle, le niveau insuffisant des acquisitions. Or, cette dernière indique le plus souvent un processus de décrochage intellectuel. On doit alors admettre que l’atteinte la plus fondamentale portée à la qualité du métier d’enseignant tient à l’existence de l’échec massif, donc à l’existence des inégalités, dont on sait le caractère pas exclusivement mais massivement social.
Le mal essentiel dont souffre l’Université, et du même coup les enseignants, est là : plus de quatre décennies d’école républicaine, très peu d'élèves ont décroché un bac d’enseignement général. Le paradoxe est qu’au Mali, l’écrasante majorité du corps professoral est d’origine paysanne ou rurale.
A suivre.
Naffet Kéita
(socio-anthropologue)

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2e TOUR DES LEGISLATIVES PARTIELLES DE KATI
Modibo Doumbia de l'URD passe !
Modibo Doumbia de l’URD a remporté les élections législatives partielles de Kati avec 61,57 % contre 38, 43 % à Mme Oumou Traoré du RPM.
Sous réserve de la confirmation de la Cour constitutionnelle, c’est le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Modibo Doumbia, qui succédera à Alou Bathily à l’Hémicycle.
La commission locale de proclamation des résultats, logée à la préfecture de Kati, a rendu publics les résultats des élections législatives partielles de dimanche dernier dans le cercle de Kati. Modibo Doumbia, conseiller à la mairie de Sanankoroba, est élu avec 61,57 % contre 38,43 % à son challenger, Mme Oumou Traoré du Rassemblement pour le Mali (RPM).
Selon les chiffres en provenance de la commission, ils étaient 421 165 inscrits pour ce scrutin. Le nombre de votants après dépouillement est de 71 723. Les suffrages annulés sont de 1887 voix. Les suffrages valablement exprimés sont de 69 836, soit un taux de participation de 17,3 %. L’URD s’en sortie avec 43 001 votants, soit 61,57 %, le RPM (26 835), soit 38,43 %.
Comme au 1er tour, c’est le village de Sodra dans la Commune du Mandé qui a enregistré le plus grand nombre de votants avec 3790 voix contre 4626 inscrits, soit un taux de participation de 79 %. Le plus faible taux est enregistré à Sangarébougou avec 248 votants, soit un taux de 1 %.
Pour ce scrutin, l’URD a eu un soutien de taille en l’Adéma et de petites formations, tandis que le RPM avait les faveurs du Cnid, de la Codem.
Au 1er tour, l’URD était arrivé en tête avec 46,51 % des suffrages exprimés, le RPM, 26,80 %. Le taux de participation était de 16,04 %.
Amadou Sidibé

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PAUVRETE
La nécessité d'un super ministère de Lutte contre la pauvreté
Chaque jour, dans l’urgence, Maliens et Maliennes se battent pour joindre les deux bouts et subvenir à leurs besoins les plus élémentaires : se nourrir, s’habiller, se soigner et espérer un avenir meilleur pour leurs enfants. Pendant ce temps, le gouvernement se plaît à peindre une image positive de la situation sociale du pays aux bailleurs de fonds en mettant l’accent sur la solidarité et l’engagement politique en faveur des plus démunis.
Le gouvernement affiche certes sa bonne volonté de lutter contre la pauvreté, mais faut-il rappeler qu’au 21e siècle, la bonne volonté ne suffit pas pour endiguer ce fléau qui met à genoux toute perspective de développement ? Au-delà de ses conséquences sur ses sujets, la pauvreté est désormais une question de survie nationale. En l’absence des statistiques fiables, nous pouvons légitimement affirmer que les 2/3 de la population malienne vivent au-dessous du seuil de pauvreté.
Malgré cette écrasante majorité, il est pourtant difficile de mobiliser les efforts gouvernementaux sur le sujet de la pauvreté. Le Mali est désormais une société à tendance individualiste où chacun s’occupe avant tout de son propre destin et de celui de sa progéniture. Mais que dire du futur d’une nation dont 75 % des bras valides sont absents du circuit économique, car dépourvu de tout outil susceptible de leur faire jouer pleinement leurs rôles dans la société ? Comment comprendre que 25 % des Maliens aisés acceptent voir se développer à côté d’eux une misère indescriptible qu’aucune action publique n’est jusqu’ici parvenue à contrecarrer sérieusement ? La raison est d’abord politique.
Les pauvres ne représentent une base électorale pour personne. Dès lors qu’ils ne peuvent sanctionner, ni un gouvernement ni un quelconque parti politique (inscrits sur aucun fichier électoral), ils sont assujettis à l’exploitation de la classe politique : tantôt ils constituent un élément clé des bains de foule lors des sorties gouvernementales, tantôt ils sont victimes des sorties intempestives des soi-disant humanitaires, avec enveloppe et cash en mains. Les pauvres méritent mieux que cela.
Mieux que de créer un Fonds de solidarité nationale, le gouvernement servira l’intérêt général en créant un ministère de la Lutte contre la pauvreté, ou du moins en transformant le ministère du Développement social en un super ministère de la Lutte contre la pauvreté. Cette action aura le double avantage de coordonner tous les efforts et toutes les ressources, mais aussi d’éviter la duplication des projets et programmes. Les pauvres, qui constituent la plus importante frange de notre pays, ont besoin d’un responsable de haut niveau qui a un seul objectif : réduire de façon substantielle et mesurable la pauvreté au Mali.
Malgré la croissance économique des dernières années, les conditions d’accès de la population à la santé, à l’éducation et à d’autres services de base restent médiocres. Les privatisations en masse et l’affaiblissement du tissu industriel privent un nombre croissant de Maliens de leur travail et donc de leur base d’existence. Bien que les entreprises vendues et les multinationales présentent au Mali engrangent des bénéfices records dans toute l’histoire du Mali, la destruction de la sécurité sociale devient une réalité quotidienne.
La pauvreté ne tombe pas du ciel, elle est le résultat de l’activité humaine. Les pouvoirs publics doivent aiguiller les facteurs de ce drame national afin de limiter les dommages et de faciliter l’émergence d’un Mali plus juste et équitable pour tous. La création d’un super ministère de la Lutte contre la pauvreté en sera un premier pas.
Soya Djigué
(économiste Bamako)







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ECHOS DES REGIONS

KAYES
L'hommage de la nation à Oumar Samba Diallo
Oumar Samba Diallo s’est employé, toute son existence, à servir de repère parce qu’il était persuadé que le triomphe des vertus passe par l’attachement à l’honneur et à la dignité, dans un monde perverti par les basses convoitises. "A mon âge, rien ne m’importe tant les honneurs", confiait-il souvent à ses proches.
Oumar Samba Diallo, décédé le 14 octobre 2009 à Paris, a été inhumé le lundi 19 octobre 2009. C’était en présence de plusieurs personnalités dont Younoussi Touré président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et 1er vice-président de l’Assemblée nationale du Mali, Ibrahima Ndiaye, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et plusieurs autres personnalités politiques et administratives. Marié et père de 9 enfants, Oumar Samba Diallo repose pour l'éternité au cimetière de Kayes Ndi.
Né en 1938 à Khasso, fils de Samba Ouley et de Penda Adja Diallo, Oumar Samba Diallo est un produit de la première Medersa de Kayes. Il fut longtemps employé de l’administration, successivement au Tub (Transport urbain de Bamako) puis à la Sonéa, avant de regagner temporairement sa ville natale, au début des années 1970, comme gérant de la salle Cinéma du quartier Légal Ségou.
Il a été un grand acteur du monde footbalistique. Les connaisseurs de son parcours retiennent de lui le talentueux défenseur de l’Union sportive de Kayes avec laquelle il a disputé, en 1954, les éliminatoires de la Coupe de l’AOF contre le Racing club de Bamako. Selon un de ses amis d’enfance l’ancien maire de la ville, Adama Mariko, "nous avons évolué l’un contre l’autre, il fut un grand footballeur que nous appréciions tous".
Après un premier contrat rompu avec le COB pour le Djoliba, il finit par raccrocher au profit de ses activités. C’est ainsi qu’il deviendra dirigeant de la Ligue régionale de Kayes, avant d’intégrer le directoire du Djoliba dont il est demeuré un influent décideur jusqu'à sa disparition.
Le président de l’URD Younoussi Touré dira qu’"à l’Adéma comme à l’URD, l’Homme est demeuré le même dans la perception de ses prochains". Il joue depuis 2003 le rôle de président d’honneur très actif dans les stratégies électorales et d’alliance de son deuxième parti.
Les Kayesiens retiennent aussi de lui l'image d'un turfiste. Oumar Samba Diallo a occupé des responsabilités au sein de la Ligue régionale d’hippisme de Kayes. Son nom est associé à une célèbre écurie au palmarès riche du Grand prix de la nation et du Grand prix de la marraine. Il a été premier actionnaire privé et vice-président du conseil d’administration du Pari mutuel urbain du Mali.
Il fit donc ses premières armes de militantisme à l’Adéma/PASJ, parti sous lequel il fut élu par deux fois député.
Le plus célèbre parlementaire de Kayes de tous les temps a également assuré diverses responsabilités au sein des instances de son 1er parti. A la fois président des opérateurs économiques et de la commission centrale de discipline du PASJ, il lui est arrivé de jouer un rôle déterminant aux périodes tumultueuses que ce parti a traversées durant sa décennie au pouvoir.
Dors en paix Oumar !
Issa Bathily
(correspondant régional)

BERGES DU NIGER A GAO
Le corps d'un inconnu repêché
Le vendredi 15 octobre dernier, un enfant de 7 ans a été porté disparu, noyé dans le Niger. La noyade a eu lieu à proximité du pont colonial, non loin du jardin public. Ce pont est le lieu de rendez-vous de tous les enfants de la Cité des Askia. En période de hautes eaux, ils y vont pour des plongeons avec toutes sortes de démonstrations.
C’est un de ces jeunes qui, après un plongeon, dira qu’il est tombé sur un corps mou. Il informera des lavandiers qui étaient à côté et qui ont remonté à la surface le corps sans vie d’un jeune enfant. Le lieu étant à proximité d’un camp militaire, les militaires furent les premiers avisés. A leur tour, ils informèrent la protection civile qui a conduit le corps à la morgue de l'hôpital. Mais, à ce jour, la victime n’est pas identifiée. Aux dires de certains, ce serait le corps d'un talibé. Beaucoup de maîtres coraniques ne veillent pas sur les talibés ; ils les exploitent à fond d’une manière et d’une autre.
Toujours est-il que la Cité des Askia enregistre chaque année des noyades en période de crue. Les populations qui utilisent le fleuve devront alors faire preuve de plus de vigilance.
Ramata Diarra
(correspondante régionale)






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