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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 08 octobre
ASSEMBLEE
NATIONALE/GOUVERNEMENT
Quatre points de discorde
Concédons à l’honorable président de l’AN l’inexistence
d’une crise institutionnelle après le renvoi du Code des personnes
et de la famille pour relecture. Mais sur les autres problèmes nationaux
et internationaux le fossé est loin d’être étroit entre
les différentes institutions que sont l’AN, le gouvernement et le
président de la République. Décryptage d’un discours
et des déphasages réels.
Dioncounda Traoré, le président de l’Assemblée nationale,
a soutenu lundi à la rentrée parlementaire que le Parlement était
en phase avec le président de la République et le gouvernement,
c’est-à-dire qu’il n’y a pas de crise entre ces institutions,
notamment sur le Code des personnes et de la famille. Soit. Mais, sur les autres
sujets de l’heure, le fossé qui sépare l’AN de l’exécutif
ainsi que le président est bien large.
" Modéré, réaliste, politiquement correct, complaisant à l’égard
du gouvernement", sont, entre autres, les impressions des uns et des autres
sur le discours prononcé par le président de l’Assemblée
nationale à l’occasion de la rentrée parlementaire. Moment
solennel de faire un bilan de l’activité parlementaire de la session écoulée,
la rentrée parlementaire a été choisie par Dioncounda Traoré pour évoquer
les grands problèmes de la nation et de l’étranger et singulièrement
de la Guinée-Conakry. Et même si les divergences avec le gouvernement
n’apparaissent de façon directe, elles sont nettes sur des sujets
et non pas des moindres.
Le premier sujet est le recours abusif du gouvernement aux ordonnances. Une ordonnance
est un acte pris par le gouvernement, avec l’autorisation du Parlement
dans des domaines qui relèvent normalement de la loi. Elles ont pour but
de permettre au gouvernement de faire face aux urgences dans certaines situations
durant les intersessions.
Mais, les autorisations de ratification d’ordonnances ont occupé une
part importante dans le lot de projets de lois votées par les députés à la
session précédente. Ce qui sous-entend que le gouvernement n’use
pas de cette prérogative, mais en abuse. En termes clairs, les ordonnances
sont devenues un moyen, pour l'exécutif, de contourner la procédure
législative classique. La peur de voir ces projets de lois renvoyés
? Possible.
Et le fait que Dioncounda Traoré demande au gouvernement de "s’organiser
en sorte que les projets de lois soient déposés à temps
sur la table de l’Assemblée nationale selon la procédure
législative orthodoxe" n’est pas une demande anodine. Elle
explique une certaine léthargie du gouvernement, de l’administration
d’Etat. L’ordonnance prive les députés de leur rôle
de législateur et de contrôleur de l’action gouvernementale.
Sous le vernis
Le second sujet est relatif à la vie chère et les exonérations.
Cette dernière mesure à laquelle le gouvernement a toujours recouru
pour, espère-t-il, contrer la hausse des prix des denrées n'a jamais
donné les résultats escomptés. Le panier de la ménagère
reste toujours vide au détriment de la marge bénéficiaire
des commerçants importateurs exonérés.
La preuve a été encore donnée aux mois d'août-septembre,
période du Ramadan. Malgré le rappel à l’ordre fait
par le ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce, le sucre
en particulier a été et est encore (le kg est cédé à 450
F CFA) une denrée chère. Sur le contrôle des prix et l’approvisionnement
du pays en denrées de premières nécessité, l’atténuation
des effets de la crise financière, gouvernement et Assemblée sont
bien divergents sur la méthode de gestion de ces problèmes sociaux.
Le troisième sujet se rapporte à la diplomatie particulièrement à la
situation politique et sociale en Guinée. Il semble que la position affichée
par l’Assemblée est bien loin de celle des plus hautes autorités
en l’occurrence, celles du président de la République.
Au moment où Dioncounda Traoré prône une rupture avec le
régime de Moussa Dadis Camara, nos autorités apparaissent comme
de simples spectatrices face au drame qui se joue en Guinée et dont nos
compatriotes sont d’ailleurs les victimes collatérales. Cette prise
de position du président de l’AN est différemment appréciée.
Certains y voient une immixtion de l’AN dans les affaires intérieures
de la Guinée et redoutent des représailles sur nos compatriotes
installés là-bas. "Ma conviction est que le dialogue avec
le capitaine Dadis Camara est désormais impossible. Il faut que chacun
le comprenne. Tout compromis avec la junte actuelle au pouvoir serait ni plus
ni moins que de la compromission", a déclaré Dioncounda Traoré.
Ces propos ont été tenus au moment où le président
Blaise Compaoré, probablement soutenu par Koulouba, était en pourparler
avec Dadis. Dioncounda Traoré n’a fait qu’exprimer la position
qui aurait dû être celle de l’Etat malien sur les événements
en Guinée et le coup de force de l’exécutif nigérien
contre les institutions qui a vu le forcing du président Tandja qui prolonge
son mandat de trois années supplémentaires.
Dans son discours, le président de l’AN n’a pas dit un seul
mot sur l’école malienne. Comment faut-il interpréter ce
silence ? En phase ou en déphasage ?
Denis Koné
Acceuil
PELERINAGE
2009
La peur de la grippe A s'empare des fidèles
La grippe A/H1 N1 continue de faire des ravages. A l’approche du pèlerinage à La
Mecque, beaucoup de pays musulmans ont annulé le déplacement de
leurs fidèles. En effet, le pèlerinage de cette année pourrait être
perturbé à cause de cette grippe.
Chaque année, des millions de personnes effectuent le pèlerinage à La
Mecque. Au-delà du bilan sanitaire déjà évalué à près
d’un millier de morts au niveau mondial, la grippe A/H1N1 a déjà un
coût spirituel et économique. Elle menace désormais sérieusement
l'accomplissement, par des fidèles musulmans, du 5e pilier de l'islam,
prévu cette année pour la fin de novembre.
Certains pays ont déjà confirmé leur absence comme l’Iran,
qui a décidé d’annuler le déplacement de ses ressortissants.
L’Egypte et la Tunisie ont invité les plus vulnérables (personnes âgées,
malades et femmes enceintes) à annuler cette année leur voyage.
Le pèlerinage est une obligation pour tout musulman qui en a les moyens.
Cependant, il se déroulera dans une promiscuité propice à la
propagation de maladies. Des appels à annulation pure et simple de l’événement
ont eu lieu au cours des dernières semaines dans le monde musulman.
S’appuyant sur les textes islamiques, le Pr. Khadim Mbacké rappelle
que tout candidat qui aspire à se rendre aux lieux saints de l’islam
doit être en bonne santé et avoir un moyen de locomotion sûr,
pouvant assurer son transport dans un environnement parfaitement sécurisé.
Mais, à son avis, cette année ces conditions risques de ne pas être
remplies. Et pour cause, la grippe est déjà présente sur
le territoire du pèlerinage avec ses effets.
" Le gouvernement saoudien appliquera des restrictions et les personnes
concernées n’obtiendront pas de visa" a averti Hussein Gezairi,
le directeur de l’OMS pour le Proche-Orient. Il y a déjà eu
14 décès en Arabie saoudite dus à la grippe A/H1N1. Les
autorités saoudiennes ont prévenu qu’elles pourraient interdire
cette année le pèlerinage aux personnes âgées et aux
enfants.
Les musulmans âgés de moins de 12 ans, de plus de 65 ans et ceux
qui souffrent d’une maladie chronique ne pourront pas participer cette
année au pèlerinage. C’est ce qu'a décidé les
ministres de la Santé des pays de la planète réunis au Caire,
en Egypte, en compagnie d’experts de l’Organisation mondiale de la
santé (OMS).
Anne-Marie Kéita
(stagiaire)
Acceuil
JOURNEE
MONDIALE
Le travail décent, combat de la CSTM
Le 7 octobre est décrété par l’Organisation internationale
du travail (OIT) Journée mondiale du travail décent. Pour commémorer
l’événement, la CSTM était face hier à la presse.
L’Organisation mondiale du travail (OIT) a décidé de célébrer
le 7 octobre Journée mondiale du travail décent (JMDT). Au Mali
où la journée est célébrée pour la deuxième
année consécutive, la Confédération syndicale des
travailleurs du Mali (CSTM) a initié une série d’événements
dont la conférence de presse tenue hier à son siège au quartier
du fleuve.
Le travail décent est défini comme le respect des normes de l’OIT
et la protection sociale. Il s’agit des conditions de bons salaires, d’hygiène,
de soins médicaux, d’épanouissement dont peut jouir un employé.
Aux dires du secrétaire général de la CSTM, Hammadoun Amion
Guindo, "l’emploi et la formation promotionnelle" sont les deux
thèmes retenus cette année dans le cadre des festivités
des JMDT. Il estime que le concept en lui est un objectif que les syndicats veulent
atteindre. Sa Confédération syndicale travaille déjà avec
des Espagnoles, des Allemands pour l’atteinte du travail décent
dans notre pays. La crise économique ne doit pas servir de prétexte
ou être un frein aux conditions d'épanouissement des travailleurs.
Dans sa déclaration liminaire, Hammadoun Amion Guindo a fait savoir que
l'idée de surmonter la crise se manifeste par l’adoption "d’un
pacte mondial pour l’emploi". Il a en outre fait le constat selon
lequel, "la crise économique touche un nombre important de travailleurs
sur le marché du travail, y compris beaucoup qui avaient un emploi stable".
Parlant des rapports entre le BIT et notre pays, le patron de la CSTM a fait
remarquer que le Mali jouit d’une certaine préférence dans
la sous-région. Il a parlé de formation, d’équipement
de l’exécution du dialogue social, dans lesquels intervient le BIT
au Mali.
La CSTM affiliée à la Confédération syndicale internationale
(CSI), à l'instar d'autres organisations syndicales mondiales se fait
le devoir de sensibilisation des autorités et travailleurs à l’occasion
de la présente journée pour mobiliser le soutien public pour une
reforme sociale. L’occasion est mise à profit pour dire aux gouvernants
leur responsabilité à diriger au profit du plus grand nombre au
lieu de renouer avec une politique de libre marché basée sur la
déréglementation.
Dans le programme des manifestations, la CSTM avait prévu un panel sur
l’ORTM entre travailleurs, employeurs et représentants du BIT sur
la réalisation du travail décent et les différents programmes
du BIT au Mali. Ce débat n’ayant pu avoir lieu, elle s’en
est tenue à la conférence de presse et à une autre manifestation
syndicale prévue aujourd’hui.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
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