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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 06 octobre
TRAQUE
DES BANDITS A BAMAKO
Les agents de police se plaignent de leurs conditions de travail
Loin d’être liée à un manque de policiers, la montée
de l’insécurité à Bamako, de source sécuritaire,
est due à des difficultés logistiques. Des policiers pointent un
doigt accusateur sur le département de la Sécurité intérieure
et de la Protection civile.
Dans une de nos parutions, nous faisions cas de la montée de l’insécurité sur
des axes routiers et même dans nos quartiers, malgré l’existence
de 15 commissariats de police et de certains postes et brigades de gendarmerie
aux alentours de Bamako.
Des policiers rejettent leurs responsabilités et l’attribuent aux
autorités en charge de la Sécurité intérieure. Aux
dires d'officiers ou sous-officiers, la recrudescence du banditisme n’est
pas liée à un problème d’effectif, mais de logistique.
Un commissaire de police, qui a gardé l’anonymat, s’insurge
contre cet état de fait.
Pour lui, on ne peut pas exiger des résultats et ne pas mettre les moyens à la
disposition des policiers. Ces moyens, a-t-il dit, tournent autour de la dotation
en véhicules de patrouilles, motos, munitions et surtout de carburant.
" Nous sommes toujours à court de carburant pour les patrouilles
et même certaines missions du service. Les mairies, qui doivent nous doter,
n’en font pas leur problème. Elles n'interviennent que quand il
y a un problème spécifique". Et d’ajouter que ce phénomène
d’appauvrissement des commissariats continu "malgré la dotation
en véhicules et motos de certains services de maintien de l’ordre
comme le Groupement mobile de sécurité (GMS) et le GIGM".
Il n’est un secret pour personne que ce sont les chefs des commissariats
et brigades qui mettent le plus souvent la main à la poche pour payer
le carburant. Dès lors, est-il possible de traquer les bandits ?
Equiper davantage les commissariats
Les patrouilles nocturnes qui tombent sur des bandits n’arrivent pas le
plus souvent à mener à bien leurs opérations. "Les
bandits sont mieux armés que nous. Généralement, nous n’avons
que quelques armes et des munitions très limitées", martèle
un sous-officier.
Pour nos interlocuteurs, les forces de sécurité, nonobstant leurs
conditions donnent le meilleur d’elles-mêmes dans la traque des bandits.
Et de citer quelques succès remportés ces derniers temps.
Il ne se passe pas de jour sans que des paisibles citoyens ne soient victimes
d'attaques à mains armées. Des fois, les auteurs de ces attaques
n’hésitent même pas à tirer sur leurs victimes. Il
est temps que le département Sécurité s’attelle à équiper
les commissariats et brigades en logistiques.
Il est temps que le directeur général de la police fasse un réaménagement
de sa politique de dotation des commissariats comme l’a souhaité le
président de la République lors d’une de ses sorties. ATT
disait qu’"il est temps que chacun joue sa partition, que les moyens
soient mis à la disposition de nos forces de sécurité afin
qu’elles organisent des patrouilles pour traquer les bandits".
Amadou Sidibé
Acceuil
ENSEIGNEMENT
SECONDAIRE
Rentrée des classes sur papier
La rentrée scolaire 2009-2010 a été annoncée en pompe,
comme à l’accoutumée, avec un grand discours du Premier ministre
lors d’une cérémonie à 140 km de Bamako et de grandes
déclarations par le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation
et des Langues nationales dans une conférence de presse organisée à la
Maison de la presse pour la circonstance. La réalité sur le terrain,
en tout cas sur celui du secondaire, est triste et inquiétante.
Dans la cour, il est 8 h. Les élèves, soit moins de la moitié de
l’effectif, sont regroupés pour la montée des couleurs, certains,
indifféremment, étaient en rang pour récupérer leur
fourniture, d’autres déambulaient devant les quelques salles de
classes ouvertes. Un manœuvre, qui peut-être joue aussi le rôle
de gardien, s’affairait, trousseau de clés en main, à ouvrir
les salles.
Spectacle désolant, les salles de classes ne sont pas préparées
pour recevoir des cours. L’entretien de la salle se résume à noircir
le tableau. La classe que nous avons vue ne contenait pas suffisamment de chaises,
le mobilier était crasseux et la salle non balayée. Moins de 10 élèves
attendaient leur professeur devant cette salle.
Pourtant, le premier cours devait être consacré à la citoyenneté,
c'est-à-dire la connaissance du Mali depuis l’indépendance
jusqu'à nos jours. C’était une école technique publique.
Au privé, la situation est plus que désolante. Les promoteurs parlent
de "rentrée scolaire boiteuse", c'est-à-dire qu’une
réunion de leur association a demandé à ses membres de faire
la rentrée autant qu’ils peuvent.
Ce qui s’est résumé à une ouverture sans cours. Les écoles
secondaires privées triplent, voire quadruplent le nombre des écoles
du même ordre, surtout à Bamako. S’il n’y a pas cours
dans ces écoles pour raison de non-paiement des subventions de l’Etat,
autant dire qu’il n’y a pas eu de rentrée.
La rentrée 2009-2010 au secondaire n’est effective que sur papier.
Les subventions ne sont pas tombées et les fournitures ne sont pas encore
disponibles pour tous. Ajouter à ce lot d’insuffisance la non-orientation
des nouveaux titulaires du DEF, vous avez un bon cocktail d’une rentrée
scolaire en panne au niveau secondaire.
Dénis Koné
Acceuil
RENTREE
DES
CLASSES
DE
11e
ET
12e
A l’assaut du bac
Après les élèves des 1er et second cycles de l’enseignement
fondamental, c’était le tour des élèves des classes
de 11e et 12e des établissements secondaires de reprendre hier le chemin
de l’école.
Dans les établissements, conformément au chronogramme fixé par
les autorités, les cours ont démarré hier dans les classes
de 11e et de terminale. Les lycées Mamadou Sarr et Prosper Kamara ont
fait siens l’adage qui dit que "rien ne sert de courir, il faut partir à point".
Dans ces établissements en effet, les cours ont démarré.
Selon le proviseur Bekaye Kanouté, les cours ont commencé par des
leçons modèles sur le cinquantenaire de l’indépendance
du Mali. Il faut d’ailleurs noter que la rentrée 2009 est placée
sous le signe du cinquantenaire que les autorités souhaitent grandiose.
" Après les leçons modèles, nous sommes entrés
de plain-pied dans les cours", explique Yoro Sidibé, professeur de
sciences biologiques. Pour lui, mieux vaut commencer très tôt pour épuiser
le programme et augmenter ainsi les chances de réussite des élèves
au baccalauréat.
L’année dernière, le lycée Mamadou Sarr a fait un
taux de réussite de 34 % au bac et la série SB a été la
plus défavorisée avec seulement 19 %, indique M. Sidibé.
Quant à M. Kanouté, il espère que ce taux sera amélioré cette
année eu égard aux dispositions prises au sein de l’établissement.
Au Lycée Prosper Kamara, le ton a été donné dès
cette première journée affirme Fidèle Coulibaly, le censeur. "Il
faut changer de comportement, les vacances sont finies", conseille-t-il
aux élèves venus enlever leur relevé de notes.
Comme à Mamadou Sarr, au LPK, les cours ont démarré par
la leçon modèle sur le cinquantenaire de l’indépendance
suivie des leçons classiques. En LL par exemple, les élèves
avaient un cours d’anglais consacré à la révision
des différents temps en conjugaison. M. Coulibaly pense qu’il est
préférable de ne pas perdre de temps et tout mettre en œuvre
pour que l’année scolaire se déroule normalement.
Les performances de l’établissement n’ont pas été si
mauvaises au bac avec 43 % de réussite, mais M. Coulibaly souhaite voir
ce taux amélioré. A ses dires, la rétention des notes par
la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), l'année
dernière a beaucoup défavorisé son établissement.
Denis Koné
Acceuil
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