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2009
Mois d'octobre
Les
Echos du 02 octobre
SCENE
INTERNATIONALE
Kadhafi le griot charmeur !
Le guide libyen Mouammar Kadhafi, que l’on ne connaîtra jamais assez,
a les caractéristiques d’un caméléon. Le révolutionnaire,
le féru de la tente s’est mué en véritable charmeur
de l’Occident dans sa tentative de relancer davantage son pays sur la scène
internationale et de se blanchir aux yeux de la communauté internationale.
C’était pendant son séjour la semaine dernière à New
York, à la faveur de la 64e Assemblée générale des
Nations unies.
Il y a de ces dirigeants qui ne passent pas inaperçus. Pas à cause
de leurs qualités exceptionnelles, mais de leurs caprices et de leur propension à vouloir
tout régenter sur le champ. Le guide de la Grande Jamahiriya arabe libyenne,
Mouammar Kadhafi fait partie de ce cercle de gouvernants. Ses tactiques et sa
bienfaisance aux desseins inavoués sont si influentes que des leaders
de certains pays africains trahissent les causes qui ont mené au changement
dans leur patrie, au profit de la seule volonté du "chef spirituel".
Le président en exercice de l’Union africaine n’est pas un
de ses hommes passifs qui écoutent sans avoir leurs propres méthodes
secrètes sous la main.
Depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1969 alors
qu’il n’avait que 27 ans, Mouammar Kadhafi n’avait jamais participé à une
assemblée générale des Nations unies. Ses "indélicatesses" vis-à-vis
des normes internationales en seraient l’une des principales raisons. La
64e session de l’AG de l’ONU, tenue la semaine dernière à New
York, a en effet été marquée par sa toute première
participation à une rencontre de l’organisme mondial. Un baptême
de feu qui restera longtemps dans les annales de l’ONU et dans la mémoire
de ceux qui ont suivi de près son séjour à New York.
Les journalistes n’ont pas manqué d’ingrédients pour
alimenter la controverse que représente la personnalité de Kadhafi.
D’ailleurs, pour la première fois depuis des années, il a
accepté de se prêter aux questions de deux journalistes animateurs
de deux émissions phares sur CNN : "Larry King Live" de Larry
King et "Global Public Square" de Fareed Zakaria. Cela ne parait-il
pas surprenant ? La réponse est oui au vu du caractère énigmatique
de Kadhafi, et non, considérant le fait que le "panafricaniste" veut
maintenant tendre la main à l’Occident.
Après plusieurs décennies d’isolement et de bras de fer avec
les Occidentaux, Mouammar Kadhafi a réalisé que la Libye ne tirera
rien de son isolement tant sur le plan politique qu’économique et
qu’au contraire, sa retraite internationale l’exposera à plus
de sanctions et d’attaques soudaines. Surtout en cette heure de chasse
aux dirigeants qualifiés de "despotes et de sponsors de réseaux
terroristes".
Le cas de Saddam Hussein et les qualifications virulentes à l'endroit
du régime iranien sont plus que révélateurs. Bravant les
messages de protestation des milliers de réfugiés politiques libyens
contre sa venue aux Etats-Unis, Kadhafi avait à cœur de continuer
son offensive de charme sur l’Occident, un point focal de son agenda. Et
le président Barack Obama a été la cible privilégiée
dans la mouvance de ses propos tendres.
" Tous pour Obama et contre le terrorisme"
" Obama est mon fils", a-t-il lancé du haut de la tribune des
Nations unies. Interrogé sur les raisons de cette appellation, il a affirmé qu'il
a le même âge qu’un de ses enfants. "Nous sommes tous
les deux Africains. L’aîné d’un Africain est le père
du jeune Africain. En plus, il est de la descendance arabe et je suis de ce fait
son père". A la question de savoir les probables effets négatifs
de ses éloges sur Obama, Kadhafi s’est lancé dans un cycle
de justifications au but clair.
" Je considère Obama comme le plus valable des présidents
américains parce qu’il sauvera l’Amérique des problèmes
du monde, des guerres, des dommages et pertes. Quel Américain souhaiterait
voir son fils ou son mari mourir dans les guerres sur les bords de l’Atlantique,
en Iraq, en Afghanistan, en Somalie ou au Panama ? La politique d’Obama
est que plus aucun Américain ne sera tué dans une guerre et que
l’Amérique ne s’interférera pas dans les problèmes
du monde. Il a invité chaque nation à assumer ses propres responsabilités",
a-t-il loué avec un air de conviction.
Comme le journaliste Fareed Zakaria l’a si bien fait remarquer, avant son
interview exclusive à CNN, Kadhafi avait dénoncé dans son
intervention de plus d’une heure aux Nations unies des politiques aujourd'hui
soutenues par Obama, en l’occurrence la gestion de la guerre en Afghanistan,
le nucléaire iranien, la guerre contre Al-Qaeda… Le guide libyen
qui avait sa méthode de séduction a simplement dévié la
pertinente remarque en réitérant que "nous supportons tous
Obama".
Le désir de l’homme aux habitudes vestimentaires exceptionnelles
d’intégrer davantage le cercle des nations "approuvées" par
l’Occident est indéniable. Et mieux que quiconque la plaidoirie
de Barack Obama portera fruit si jamais ce dernier s’engageait à appuyer
la Libye sur ce terrain. En tout cas, ni le locataire de la Maison Blanche, ni
ses proches n’ont commenté les largesses de l’"ennemi
d’hier".
Le dirigeant libyen, qui a jeté la charte de l’ONU pendant son intervention,
a aussi profité pour se blanchir de certains dossiers comme celui de Lockerbie.
Histoire de se montrer plus méritant de la considération internationale
et d'inciter la communauté internationale à oublier définitivement
les allégations le liant aux réseaux terroristes.
" J’ai rencontré les parents de certains des victimes des attentats
de Lockerbie et leur ai présenté mes condoléances. Ils m’ont
aussi présenté leurs condoléances pour ma fille qui a été tuée
pendant l’invasion américaine de 1986. C’était très émouvant.
Personne ne doit supporter des actes similaires à ceux de Lockerbie d'autant
que tout le monde en serait affecté. Que ce soit Lockerbie ou l’invasion
de 1986, nous sommes tous des victimes et parents de victimes. La violence résulte
toujours en la terreur, qui, dans toutes ses formes, est un ennemi commun",
a-t-il expliqué.
Propos pieux ? L’avenir nous en édifiera de toute façon et
le moins que l’on puisse dire est que Kadhafi a réussi à faire
passer ses messages de séduction de l’Occident. Sa présence à New
York, quoi qu’elle soit controversée pour certains, aura même été plus
lumineuse que celle de certains gouvernants du monde. Et ces sorties médiatiques
ont donné plus de tonus à son argumentaire.
Il lorgne indubitablement sur des réactions positives de ses pairs occidentaux,
mais d’ici là, c’est le statu quo dans sa "guerre" contre
la Suisse, coupable d’avoir arrêté et emprisonné deux
jours durant le benjamin de ses fils, Hannibal Kadhafi, qui, comme à son
habitude, aurait "maltraité" deux de ses serviteurs dans un
luxueux hôtel de Genève en 2008.
Ogopémo Ouologuem
(correspondant aux USA)
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CONSEIL
DES
MINISTRES
OMVS évalue le chemin parcouru
Les 61e session ordinaire et 51e session extraordinaire du conseil des ministres
de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal
(OMVS) se tiennent du 1er au 2 octobre à Bamako. Elles visent à consolider
les acquis de l’Organisation et dessiner des perspectives optimales.
L’objectif de la tenue, simultanément, des 61e session ordinaire
et 51e session extraordinaire du conseil des ministres de l’OMVS est de
traiter toutes les questions pendantes de l’Organisation pour donner une
impulsion dynamisante à l’ensemble de ses structures.
Au cours de la 61e session ordinaire, une réforme institutionnelle sera
mise en œuvre pour prendre en compte l'arrivée de la Guinée.
Les participants aborderont les préparatifs de la pose de la première
pierre de la centrale au fil de l’eau de Félou, du lancement des
travaux de stabilisation des bergers de Kayes et de l’opération
de protection de 9 millions de personnes vivant dans le bassin du fleuve contre
le paludisme.
Ils feront aussi le point de l’état d’avancement et de la
préparation de plusieurs tables rondes. La 51e session extraordinaire
sera axée sur la situation de la Sogem.
" Ces sessions sauront consolider nos acquis et dessiner des perspectives
optimales à la poursuite de notre démarche soutenue au service
du développement de notre sous-région", a dit Samuel Amète
Sarr, ministre de l’Energie et des Biocarburants du Sénégal,
président en exercice du conseil des ministres de l’OMVS.
Selon M. Sarr, l’évaluation du chemin parcouru de l’Organisation,
au cours des 9 premiers mois de l’année 2009, est fort encourageante
et mérite d’être salué.
" Les résultats obtenus nous auront permis de consolider davantage
l’avancement de certains projets structurants. En effet, dans quelques
jours, nous poserons la première pierre de l’aménagement
hydroélectrique de Félou avec un coût global de plus de 120
milliards de F CFA en même temps que le lancement des travaux de protection
et de restauration des berges dans le cercles de Kayes et d'éradication
des plantes aquatiques nuisibles dans les moyennes et basses vallées et
le delta avec un financement global de près de 13 milliards de F CFA",
a-t-il dit.
Pour Mamadou Diarra, le ministre de l’Energie et de l’Eau, "malgré les
difficultés inhérentes à cet exercice nous avons pu aboutir à des
résultats fort encourageants qui permettent d’envisager l’avenir
avec sérénité".
Le Mali a pris la tête de l’OMVS lors de la 14e conférence
des pays membres à Dakar, le mercredi 25 octobre 2006. Depuis, notre pays
a réussi à faire avancer le processus d’intégration à travers
la solidarité partagée sur le fleuve Sénégal.
Parmi les réussites de la présidence du Mali, on peut noter le
démarrage effectif du Programme de gestion intégrée des
ressources en eau (PGIRE), la finalisation du projet hydroélectrique régional
de Manantali.
Sidiki Doumbia
Acceuil
DJIBRILLA
MAIGA,
DGA
DE
LA
METEOROLOGIE
:
" Les pluies provoquées n’ont pas d'impact négatif sur
la santé"
L’opération "pluies provoquées" ou opération "Sanji" n’est
nullement responsable des inondations et n’a aucun impact négatif
sur la santé et l’environnement.
Les opérations "Sanji" suscitent beaucoup d’interrogations
et de controverses. Beaucoup attribuent des cas de grippes et autres inondations à ces
pluies dites "provoquées". Pour couper court aux rumeurs et
donner la vraie information, la direction nationale de la météorologie
a organisé une sortie sur le site abritant les installations de l’opération à la
direction de la météo, précédée d’un
point de presse.
Le directeur adjoint de la météo, Djibrilla Maïga, le coordonnateur
du programme "pluies provoquées", Mamadou Adama Diallo, ont
donné d’amples informations sur l’opération. Commencée
en 2006, l’opération "pluies provoquées" a été initiée
par les plus hautes autorités pour éviter à notre pays d’être
totalement dépendant du ciel.
Selon le directeur général adjoint, l’opération, qui
en est à sa 4e année, a contribué à réduire
de façon significative le déficit pluviométrique et à améliorer
la production agricole, de gestion et de maîtrise des ressources en eau.
Avec 68 sorties en 2006, 127 en 2007 et 205 en 2008, l’opération
s'est traduite, selon les conférenciers, par une augmentation moyenne
de 15 % par rapport à la normale sur l’ensemble des zones d'intervention
et a atteint par endroits 45 %.
Pour beaucoup de citoyens, si les initiateurs des pluies provoquées affirment
que l’opération a été une réussite, elle a
une part de responsabilité dans les récentes inondations que le
pays a connues. M. Maïga s’élève en faux sur de tels
propos. "Nous intervenons sur la base des données de nos équipes
sur le terrain et des données cartographiques du territoire en fonction
des réalités de terrain". A l’en croire, la météo
n’intervient jamais à tue-tête. "Nous déterminons
les zones à risques avant d'agir".
Quid des produits utilisés dans le bombardement des nuages sur la santé et
sur l’environnement ? Ils sont inoffensifs, répond la météo. "Les
produits utilisés dans la condensation des nuages (iodure d’argent
et chlorure de calcium) n’ont aucun impact sur la santé et sur l’environnement".
Au plan environnemental, les produits utilisés n'ont débouché sur
aucune conséquence négative détectée et prouvée,
assure de son côté le coordonnateur du programme.
" La technique de la pluie provoquée ou encore de l'augmentation
des précipitations par ensemencement des nuages, semble tout indiquée
pour un Sahel qui souffre de la raréfaction des précipitations".
Et M. Maïga d’ajouter que les recherches menées au Etats-Unis,
au Maroc, au Sénégal ont été négatives. Au
Mali, le Laboratoire national de la santé, dit-il, a fait des prélèvements,
mais n'a rien trouvé de négatif.
Les journalistes ont ensuite eu droit à une visite guidée des installations
de l’opération "Sanji" et des appareils de bombardement
des nuages à l’aéroport de Bamako-Sénou.
Amadou Sidibé
Acceuil
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