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2009

Mois de novembre

Les Echos du 24 novembre

 

CONSEIL MUNICIPAL DE DUGUWOLOWILA

Le pacte d’entente violé

Les difficultés nées dans la mise en place du Conseil municipal de Duguwolowila résultent plus de la violation d’un protocole d’accord signé entre partis politiques et indépendants à la veille des élections municipales que d’autre chose.

A la veille des élections municipales du 26 avril 2009, les partis Cnid/Faso yiriwa ton, l’URD, l’Adéma, le Parena, le RPM et les indépendants du Mouvement citoyen ont convenu de sceller une entente historique. Les responsables de ces partis ont apposé leurs signatures au bas d’un protocole d’accord pour gérer à l’amiable tout différend né desdites élections.

Les signataires du document ont voulu perpétuer l’héritage de modèle de ville sainte, de croyance, d’entente, de respect de la parole donnée, d’entraide, etc. qui leur a été légué par leurs aïeux. Cette alliance leur a été aussi inspirée par les députés de Banamba qui ont signé ce genre de protocole d’accord au 2e tour des législatives de 2007, dans le sens de l’union sacrée de tous les acteurs politiques du cercle de Banamba.

Le protocole d’accord a pour objectif une alliance politique de longue durée où la concertation est la règle d’or aux échéances électorales, la tenue d’élections apaisées sans embûche dans les 9 communes de Banamba. Le point d’orgue du protocole est la désignation, de façon consensuelle entre les différents acteurs de chaque commune si possible les partis membres, voire les personnes qui seront membres du bureau communal (le maire et ses adjoints) ainsi que ceux qui seront les présidents des commissions dans les 9 communes.

A défaut, les postes sont à repartir en fonction des suffrages obtenus par chaque parti ou regroupement. Le poste de maire revient au parti ou regroupement ayant obtenu le suffrage le plus élevé. Les autres postes sont attribués au prorata des scores des différentes listes.

Quant aux représentants dans le bureau du Conseil de cercle, à l’Assemblée régionale, au Haut conseil des collectivités territoriales, au Sénat, etc. leur désignation se fait de façon consensuelle et ou en appliquant le critère de la majorité.

Le protocole d’accord se veut aussi le moteur du développement de Banamba en s’impliquant pour la promotion de ses cadres, ses jeunes diplômés à la recherche d’emploi, la consolidation de la coexistence pacifique, entre autres. Un directoire avec présidence tournante tous les 6 mois, pilote la mise en place de ce protocole et toutes les décisions relatives aux élections sont prises de commun accord et en application des critères retenus.

Les hommes font et défont les pactes et même les lois et règlements des pays. C’est ce qui explique sans doute, le contentieux électoral de Duguwolowila qui ne serait pas arrivé si chacun avait tenu ses engagements.

Les hommes font et défaut les pactes

Les représentants de la section Adéma de Banamba, Moctar Simpara et Mohamed Ouédraogo avaient signé le protocole d’accord engageant leur parti et Mamadou dit Salikou Simpara avait agi au nom de l’URD. Pourtant ce sont ces deux partis qui sont à l’origine des contestations qui avaient retardé l’installation du Conseil municipal de Duguwolowila.

L’équipe municipale désormais dirigée par Amara Sylla, un sexagénaire, n’aurait pu voir le jour le 17 novembre 2009, sans la détermination du préfet Yoro Mamadou Traoré à mettre fin au vide juridique qui a duré près de 8 mois.

L’Adéma et ses alliés URD et Parena se sentant battus ont dans un premier temps contesté les résultats issus des urnes en introduisant une plainte en annulation au Tribunal administratif. Le Mouvement citoyen a répliqué.

L’arrêt n°118 de la Cour suprême, conforté par le jugement n°001 du 28 mai 2009 du Tribunal administratif a procédé à un réaménagement à l’issue duquel, les indépendants du Mouvement citoyen ont obtenu 12 conseillers contre 11 dans les urnes. L’Adéma, qui avait obtenu 8 conseillers, a chuté à 6. Le Parena et le Cnid, qui avaient 0 conseiller, en ont eu chacun 1. L’URD est resté avec ses 3 conseillers. Le conseiller du Cnid a fait défection pour le Mouvement citoyen. Le décompte donnait le Mouvement citoyen majoritaire avec 13 conseillers contre 10 pour les partis politiques.

Le candidat Adéma, Mamadou Sy Savané dit Bakoré, qui lorgnait le fauteuil de maire de Duguwolowila a fait de cette affaire un cas d'orgueil personnel. Son premier coup remonte au 29 mai 2009 où il a embarqué l’ancien préfet Moussa Sangaré pour l’installer dans ses fonctions de maire en faisant fi de l’arrêt de la Cour suprême et de la décision du Tribunal administratif.

Il a fallu le rappel à l’ordre du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales au préfet pour qu’il dissolve le même jour le conseil municipal présidé par Mamadou Sy Savané dit Bakoré. Le même homme d’affaires qui s’est économiquement ruiné dans ces élections est accusé d’être à l’origine des échauffourées ayant précédé la cérémonie d’installation du Conseil municipal le mardi 17 novembre.

Nous avons été témoins de cette journée noire de Touba pour avoir échappé à la colère des jeunes manifestants commis à la tâche par leurs mentors. Un confrère a été battu à sang et son matériel de travail dont une caméra brisée.

Abdrahamane Dicko

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BRUITS SOURDS

Mandats électifs : comme Tandja

Les partisans d'un 3e mandat pour ATT auraient plus d'un tour dans leur sac. Ils auraient échafaudé plusieurs plans. Les plans A (un déverrouillage pur et simple) ne rencontrant pas l'assentiment des "sondés" et B (un forcing à la Tandja) étant presque suicidaire, ils entreprendraient, dans ce qu'il convient d'appeler leur plan "C", la Commission Daba Diawara afin qu'elle suggère l'harmonisation des mandats électifs.

Autrement dit, de suggérer une prolongation des mandats du président de la République et de l'Assemblée nationale jusqu'en 2014, terme du mandat des mairies. Pourquoi ne pas écourter les maires pour aller à des élections générales en 2012 ? Certains, apparemment, ont décidé de ne sortir du pouvoir que les deux pieds devant.

Le Végal à la Daf de la Primature

A la demande de Modibo Sidibé, Premier ministre, le Vérificateur général a débarqué hier à la direction administrative et financière de la Primature. Cette vérification, qui s’étend à tous les services financiers de l’Etat, a pour objet de voir comment nos deniers publics sont utilisés.

On se souvient que cette vérification avait commencé (toujours à la demande du PM), au Trésor public, où elle avait fait des victimes. Cependant, en dehors de ce cas (le Trésor), personne ne peut dire ce que ces vérifications ont donné comme résultat.

Huicoma proposée en garantie

Au moment où la polémique enfle avec les ex-travailleurs de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) au sujet de primes et salaires, où est remise en cause la vente de l’Huilerie au Groupe Aliou Tomota, on apprend que le nouvel acquéreur est en train de chercher à mettre l’usine en garantie auprès d'une banque.

En effet, le Groupe est sur le point de donner les papiers de l’usine à une banque de la place pour avoir un prêt. Pour payer les deux mois promis aux travailleurs ?

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CONTROLE SANITAIRE A BAMAKO-SENOU

Commerce ou lutte contre les maladies ?

Avec un billet de 10 000 F CFA n'importe quel porteur de n'importe quelle pathologie est la bienvenue au service de contrôle sanitaire de l'aéroport de Bamako-Sénou où c'est la foire à la corruption.

Avec l’apparition d'épizooties comme la grippe aviaire (H5N1) ou grippe A/H1N1, les mesures de contrôle sanitaire sont renforcées au niveau des frontières dans beaucoup de pays, notamment aux aéroports.

Le Mali n’est pas encore confronté à ces maladies ravageuses, car aucun cas de maladie liée aux grippes n’a encore été détecté. Cependant, des contrôles sont faits tant bien que mal à l’aéroport international de Bamako-Sénou.

Le samedi 21 novembre 2009 quand nous avons débarqué à Sénou deux agents du contrôle sanitaire nous ont reçu dans la salle d’accueil, les passagers devaient présenter leur carnet de vaccination. Comme plusieurs d’entre nous, deux jeunes Maliens vivant aux Etats-Unis qui n’avaient pas le document ont été invités à attendre dans une salle à côté. Habituellement, il est proposé aux personnes qui n’ont pas la preuve qu’elles sont vaccinées contre la fièvre jaune, le tétanos… de recevoir sur place leur dose auprès des agents de santé installés dans une salle.

Mais, bizarrement à l’aéroport international de Bamako le contrôle sanitaire semble ne pas être une priorité à cause de la spéculation qui y prévaut. A leur sortie, les deux jeunes nous ont confirmé n’avoir pas fait la vaccination ; en lieu et place ils ont payé 10 000 F CFA chacun. Cette pratique a indigné plusieurs voyageurs, car elle représente, selon eux, un mépris pour la santé publique.

En effet, de nombreuses personnes qui détestent les vaccins sont prêtes à débourser pour ne pas se faire "piquer". La pratique représente une menace pour la sécurité sanitaire des personnes. Le jour où notre pays sera confronté à une situation de la nature de celle qui prévaut en Europe ou aux Etats-Unis, ce sera la catastrophe assurée.

Au Mali, la corruption a fini de gangrener tous les domaines d’activité. Cependant, il faut reconnaître aussi que certains passagers en règle oublient de voyager avec leur carnet.

Amadou Waïgalo

 

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22 SEPTEMBRE 1970 ET 28 SEPTEMBRE 2009 EN GUINEE

"Deux événements et les mêmes commanditaires"

L’attaque du 22 novembre 1970 que la Guinée a subie serait indissociable des événements du 28 septembre 2009. C’est ce que pensent des "héritiers" et défenseurs du premier président de Guinée, Ahmed Sékou Touré, qui étaient face à la presse dimanche 22 novembre à Bamako.

Dans la nuit du 22 novembre 1970, la République de Guinée faisait l’objet d’une agression armée de la part de mercenaires étrangers et nationaux. L’attaque a été marquée par le débarquement à Conakry d’un contingent de 400 mercenaires dont 200 commandos et fusiliers marins de l’armée coloniale portugaise. En outre, un groupe d’environ 200 guinéens de Conakry auraient pris part à l’expédition.

Les Guinéens venus avec les assaillants de l’armée portugaise seraient tous membres du Front national de libération Guinéen (FNLG), "un mouvement hostile au régime du Parti démocratique de Guinée (PDG) et son leader Ahmed Sékou Touré" alors au pouvoir en Guinée. Cette invasion s’inscrivait dans le cadre de l’opération militaire qui portait le nom de code "Mar Verde".

Trente-neuf ans après, l’association "Repère", le "Club Ahmed Sékou Touré", "l’Association pour la paix en Guinée" se souviennent de l’agression portugaise de 1970, "qui a laissé de profonds stigmates dans la mémoire des Guinéens,etquivisait uniquement le renversement du régime du PDG".

Une conférence de presse s’est tenue au Centre Aoua Kéita dimanche 22 novembre. Au cours de la rencontre, Amadou Traoré, président de l’Association "Repère", Me Mariam Diawara, présidente du Club Ahmed Sekou Touré du Mali, sont longuement revenus sur ces événements du 22 novembre 1970 avant de faire un rapprochement avec ceux du 28 septembre 2009.

Pour le président de "Repère", Amadou Djicoroni, les mêmes opposants qui ont été à la solde des Occidentaux pour faire partir Ahmed Sékou Touré sont toujours membres de l’actuelle opposition et ne veulent que le pouvoir "quelle que soit la manière". "Ce sont certains opposants du 22 novembre 1970 qui sont les instigateurs du meeting du 28 septembre 2009", a révélé Me Diawara. A preuve à ses dires, ces opposants exigent de la France de l’argent pour le service rendu.

Divergences

Amadou "Djicoroni" d’ajouter que "ces opposants n’attendaient que les Portugais chassent Ahmed Sékou Touré pour prendre le pouvoir". Pour M. Traoré, il est facile de faire le parallèle entre le 22 novembre 1970 où il y a eu des dizaines de morts, des casses et les événements du 28 septembre 2009 avec des dizaines de tués aussi "avec toujours certains de l’opposition aujourd’hui".

Le problème actuel que les Guinéens vivent s’est invité à la conférence de presse. Les deux associations ont d’emblée fait connaître leurs positions sur la crise guinéenne. "Nous ne sommes ni avec Dadis ni avec l’opposition. Nous sommes pour la paix, la reconstruction, l’amour entre les peuples de Guinée".

Si les deux associations pensent que le peuple guinéen est mûr pour décider de son sort sans diktat extérieur, la présidente du Club Sékou Touré Me Diawara affirme que le chef de la junte militaire, le capitaine Dadis doit partir après une transition.

"Si la présentation de Dadis à l’élection présidentielle occasionnera des problèmes qui entraveront la quiétude, il est bon qu'il s’en aille. Mais de la façon dont l’opposition guinéenne se comporte, elle ne peut pas diriger le pays. Ils ne vont pas s’entendre et le pays sera de nouveau dans le chaos" , analyse Me Diawara.

Après avoir dit la solidarité de son association avec le peuple guinéen, Amadou "Djicoroni" a lancé un message de paix et d’entente. Pour lui, le problème guinéen interpelle tous les Africains soucieux de l’indépendance africaine et de la dignité africaine, de l’honneur de l’Afrique. Et de demander que : "Chacun apporte sa pierre pour le retour de la paix en Guinée".

Amadou Sidibé

 

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FSJP

L’administration provisoire contestée

Moins d’un an après sa nomination pour mettre sur pied la Faculté des sciences juridiques et politique (FSJP), les efforts déployés par l’administration provisoire de la FSJP doivent êtres soutenus au profit du Mali.

La FSJP va-t-elle renouer avec les contestations ? C’est la question que les Maliens se posent depuis quelques jours à la veille de la session de l’assemblée de Faculté.

Transformé précédemment en champ de violence, le calme et la quiétude sont de retour dans l’ex-Ecole nationale d’administration (ENA). La preuve, les examens de fin d’année à la FSJP se sont déroulés cette année dans les meilleures conditions. Et contrairement aux années précédentes, la Faculté a terminé l’organisation des examens et procédé à la publication des résultats avant presque tous les autres établissements d’enseignement supérieur.

La lettre de félicitation adressée récemment à l’administrateur provisoire de la FSJP par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et à son équipe constitue la preuve de la satisfaction des autorités.

Déjà, la rentrée universitaire 2009-2010 à la FSJP est prévue pour le 7 décembre 2009. Au-delà de ces notes de satisfaction, l’inquiétude persiste. Selon les informations, la tenue de la prochaine assemblée de Faculté risque de réveiller les vieux démons avec les dissensions syndicales et estudiantines.

En cas d’élection, une tendance, dit-on, envisagerait de déterrer la hache de guerre ce qui risque de réduire à néant les résultats encourageants enregistrés par la nouvelle administration. Il n’est dans l’intérêt de personne de perturber le climat de paix au niveau des nos écoles, principalement à la FSJP. Une fois encore, la réussite de la mise en œuvre des recommandations du forum national pour l’éducation dépend surtout de la responsabilité des enseignants qui doivent cultiver l’esprit d’entente et de solidarité.

Il faut rappeler que c’est suite aux constations que l’ex-doyen de la FSJP, Harouna Dembelé conduit presque à la porte que les autorités maliennes ont nommé, il y a bientôt une année, un administrateur provisoire en la personne de Bandiougou Gakou, un professeur reconnu pour ses expériences professionnelles.

Amadou Waïgalo


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CODE DES PERSONNES ET DE LA FAMILLE

Le Médiateur de la République s’implique

Le Médiateur de la République en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) organise du 23 au 25 novembre, dans ses locaux, une session de formation des formateurs sur le Code des personnes et de la famille.

Le Code des personnes et de la famille de 2009, voté par l’Assemblée nationale date de plusieurs années et est le fruit de plusieurs concertations. Mais, son adoption a provoqué des tensions d’ordre religieux sur certains points, ce qui a valu son renvoi pour une deuxième lecture.

C’est dans ce cadre que le bureau du Médiateur de la République organise une campagne d’information et de sensibilisation. La session a pour objectif principal la formation des formateurs. Elle vise aussi à amener les citoyens à s’approprier du nouveau texte, d'en comprendre le contenu, de développer le dialogue entre les différentes institutions et les couches sociales…

Durant trois jours, les participants seront formés par le professeur Amadou Tiéoulé Diarra, avocat et professeur à la FSJP, conférencier, sur le code du mariage et de la tutelle de 1962, le mariage et sa dissolution, la tutelle, les tentatives de réforme, le droit des personnes et de la famille, le code des personnes et de la famille de 2009, les régimes matrimoniaux, la filiation la parenté, la majorité, l’émancipation, la succession et les donations entre vifs et le testament.

Anne-Marie Kéita

(stagiaire)

 

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CAN "ANGOLA-2010"

Le Mali en outsider dans la poule A

Ca y est ! Depuis le vendredi dernier à 16 h 30, tous les pays participants à la 27e Can, qui débute le 10 janvier 2010 en Angola savent à quelle sauce ils seront mangés.

Le tirage au sort pour la constitution des poules de la Can 2010, a placé le Mali dans le groupe A avec l’Angola, pays organisateur, le Malawi et l’Algérie. Comme si cela ne suffisait pas, le sort a voulu que les Aigles du Mali affrontent, le 10 janvier 2010, les Palangas Negras de l’Angola en match d’ouverture. Ce n’est pas une première, dira-t-on, les Aigles sont déjà passés par cette épreuve en 1994 à Tunis.

Mais nous ne devons pas ignorer que ce n’est ni la même génération ni le même adversaire. Les réalités ont changé. A priori, sur papier et selon les réalités du moment, le Mali fait figure d’outsider dans ce groupe A qui sera basé à Luanda, la capitale angolaise. L’Angola et l’Algérie sont les favoris.

Qu’on ne se méprenne pas, comme ce fut le cas lors des tirages des éliminatoires Can 2008 et ceux combinés Can/Mondial-2010. Nous avons été nombreux à penser que les Aigles étaient favoris dans leur groupe respectif. Nos porte-drapeaux ont réussi la prouesse de terminer 3e, derrière de très teigneux Ecureuils du Bénin.

Pendant que toutes les grandes nations de football, à l’exception près du Maroc et du Mali, se sont fait respecter et ont confirmé leur statut de favoris. Les cas de la Côte d’Ivoire et surtout du Cameroun sont assez édifiants.

 

Que dire de ce match d’ouverture ?

Un nul ne serait pas peu pour le Mali, une victoire du Mali sera un grave faux-pas lourd de conséquence pour l’hôte de la compétition même si nous avons encore en tête la victoire des Aigles (4-1) sur les Palangas Negras, lors d’un récent match amical en France.

Alors méfiance et sachons raison garder. La partie se jouera à fond et les Aigles auront besoin, plus que d’habitude, de leur solidité dans tous les compartiments. Beaucoup plus dans le bastion défensif pour sortir entier de ce match aussi important pour la suite de la compétition. Mais avec les Aigles, on peut jurer de rien : ils marquent et conservent difficilement un but.

Si certains joueurs sont conscients qu’ils joueront la Can de leur survie en sélection nationale, c’est déjà un pas vers le succès. Le public sportif malien se lasse à présent de joueurs de renommée, évoluant dans les grands clubs du monde à la prestation médiocre en équipe nationale.

Après le tirage au sort, le 1er vice président de la Fémafoot, Boukary Sidibé, a révélé le plan de préparation des Aigles que la Fédération est en train de peaufiner avec le département des Sports. Il a parlé de match en Espagne, contre la Bosnie-Herzégovine et de la participation des Aigles à un tournoi qui se déroulera au Qatar.

 

Et la préparation ?

Ce qui a paru important, intéressant parce que pertinent, de notre point de vue, c’est le match amical que les Aigles joueront ici à Bamako avant d’aller en Angola. Contre qui ? Il ne l’a pas dit. Mais si c’était contre une équipe africaine, qualifiée ou pas, ce serait l’idéal. Les professionnels ne nous contrediront pas, le football africain a ses spécificités (puissantes et athlétiques…) auxquelles tout joueur devant jouer une compétition africaine doit se frotter sans cesse pour tenir le coup.

Que ceux qui ne sont pas prêts se retirent de la course. Si les joueurs veulent ce que leur public veut, alors il n’y a pas de temps à perdre, comme l’a si bien dit le premier président du Mali indépendant, Modibo Kéita, dans son discours historique annonçant l’indépendance du Mali. Il n’y a plus de temps à perdre, le Mali doit aller à la Can pour le sacre. Si ce n’est pas claire dans la tête de certains joueurs qu’ils sachent que le Mali ne peut plus se glorifier d’une simple participation à la Can.

Le Mali ne joue pas pour le maintien dans ce championnat africain, même une quatrième place devra être une humiliation pour les Aigles. Car, nous avons connu, à deux fois, ce sort. Les Aigles de la cuvée des Kanouté, Djilla, Seydou… doivent faire mieux que le contingent de 1972. En 72, ce n’était pas un exploit, mais une prestation à la hauteur des talents. Aujourd’hui, on dit que les talents existent. Ces talents ont rarement répondu aux attentes du public.

Badri

 

REACTIONS APRES LE TIRAGE AU SORT

Des sportifs heureux mais prudents

A peine la composition des différentes poules de la phase finale de la Can Orange-Angola-2010 connue, nous avons joint quelques dirigeants, techniciens et observateurs maliens. De l’avis général, ils trouvent la poule des Aigles abordable. Mais, ils évitent de tomber dans un excès de confiance.

Mpa Sylla (président du CSD)  : "Je fais Confiance aux jeunes"

"Sincèrement, je trouve notre poule abordable. Notre qualification dépendra de nous-mêmes. Si on est rigoureux et sérieux, je vois mal l’Angola, l’Algérie ou le Malawi nous empêcher de nous qualifier pour le 2e tour. Ce sont des équipes que je respecte, mais elles ne me font pas peur. On ne peut pas se plaindre de notre sort. Je souhaiterais que, pour cette joute, l’encadrement fasse confiance aux jeunes par rapport aux expatriés. Sinon un 50-50 serait mieux".

 

Boubacar M. Traoré (Ligue de foot de Bamako)  : "C’est jouable"

"Je pense que c’est jouable. On se répétera toujours pour dire qu’il n’y a pas de poule facile à ce stade de la compétition. Au sein de notre groupe, nous avons des adversaires redoutables comme l’Angola, l’Algérie ou même le Malawi. Nous devons nous préparer et ne pas sous-estimer un seul adversaire. Nous avons les moyens de passer le 1er tour et même avec un peu de baraka aller plus loin ou même en finale".

Djibril Traoré (Commission média Caf)  : "Cravacher dur"

"Il faut dire que contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, notre poule est assez difficile. Et les Aigles a priori ne font pas partie de deux favoris, cela va peut-être faire mal aux gens, mais c’est surtout pour inciter les jeunes à cravacher dur pour qu'ils fassent partie des deux équipes qualifiées au second tour. Parce qu’aujourd’hui qu’on le veut ou non, l’Algérie est l’un des pays qui représentera le continent à la prochaine phase finale de la Coupe du monde. Et ce qu’il faut savoir, c’est que cette jeune équipe algérienne avait battu (3-2) le Mali en amical. Ensuite, l’Angola, qui jouera à domicile, aura le soutien de son public comme ce fut le cas des Aigles en 2002. Elle peut ne pas avoir peur de quelqu’un et avoir son mot à dire. Le Malawi on ne le connaît pas, mais c’est une équipe qui peut jouer les trouble-fête. Donc, dans cette poule il y a beaucoup d’indécis et je crois que les Aigles ont intérêt à se remettre au travail pour prétendre à l’une des deux places qualificatives. Je crois que ça ne va pas être facile".

Mory Goïta (instructeur Caf)  : "Avoir la dynamique"

"A priori, j'évite de qualifier un tirage de facile ou de difficile. Mais je pense que notre groupe est aussi relevé avec un mondialiste, l’Algérie, et le pays organisateur, l’Angola. Les enjeux sont différents et le jeu va être aussi engagé. Nous avons une équipe capable de décevoir toujours, donc il faut qu’elle trouve les moyens de créer une dynamique de victoire. Et c’est cette dynamique qui pourra faire que les joueurs se surpasseront pour faire un résultat".

 

Paulo Duarté (entraîneur des Etalons du Burkina)  : "Faire attention au Malawi"

"Pour avoir affronté cette équipe à deux reprises et toutes soldées par des victoires, je vous avoue que le Malawi n’est pas facile. Nous étions la seule équipe à nous imposer chez elle. Chose que ni l’Egypte ou même la Côte d’Ivoire n’a réussie. La prudence s’impose au Mali dans ce groupe composé également du pays organisateur et d’un mondialiste".

Joachim Fickert (DTN de Malifoot) : "Le sort nous a épargné"

"La première impression est que cette poule est aussi relevée. Le sort nous a un peu épargné cette fois-ci d’une poule plus difficile. Nous avons les joueurs qu’il faut pour arracher notre qualification pour le second tour. Mais, rien n’est gagné d’avance. Il faut se méfier des autres équipes. Le Malawi s’est très bien comporté lors du tour précédent, l’Angola, on connaît la qualité de ses joueurs. L’Algérie s'est récemment qualifiée pour le Mondial. Ça ne va pas être facile mais non plus impossible".

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

 

 

 

 

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