Les
Echos du 24 novembre
CONSEIL MUNICIPAL DE DUGUWOLOWILA
Le pacte d’entente violé
Les difficultés nées dans la mise en place du Conseil municipal de Duguwolowila résultent plus de la violation d’un protocole d’accord signé entre partis politiques et indépendants à la veille des élections municipales que d’autre chose.
A la veille des élections municipales du 26 avril 2009, les partis Cnid/Faso yiriwa ton, l’URD, l’Adéma, le Parena, le RPM et les indépendants du Mouvement citoyen ont convenu de sceller une entente historique. Les responsables de ces partis ont apposé leurs signatures au bas d’un protocole d’accord pour gérer à l’amiable tout différend né desdites élections.
Les signataires du document ont voulu perpétuer l’héritage de modèle de ville sainte, de croyance, d’entente, de respect de la parole donnée, d’entraide, etc. qui leur a été légué par leurs aïeux. Cette alliance leur a été aussi inspirée par les députés de Banamba qui ont signé ce genre de protocole d’accord au 2e tour des législatives de 2007, dans le sens de l’union sacrée de tous les acteurs politiques du cercle de Banamba.
Le protocole d’accord a pour objectif une alliance politique de longue durée où la concertation est la règle d’or aux échéances électorales, la tenue d’élections apaisées sans embûche dans les 9 communes de Banamba. Le point d’orgue du protocole est la désignation, de façon consensuelle entre les différents acteurs de chaque commune si possible les partis membres, voire les personnes qui seront membres du bureau communal (le maire et ses adjoints) ainsi que ceux qui seront les présidents des commissions dans les 9 communes.
A défaut, les postes sont à repartir en fonction des suffrages obtenus par chaque parti ou regroupement. Le poste de maire revient au parti ou regroupement ayant obtenu le suffrage le plus élevé. Les autres postes sont attribués au prorata des scores des différentes listes.
Quant aux représentants dans le bureau du Conseil de cercle, à l’Assemblée régionale, au Haut conseil des collectivités territoriales, au Sénat, etc. leur désignation se fait de façon consensuelle et ou en appliquant le critère de la majorité.
Le protocole d’accord se veut aussi le moteur du développement de Banamba en s’impliquant pour la promotion de ses cadres, ses jeunes diplômés à la recherche d’emploi, la consolidation de la coexistence pacifique, entre autres. Un directoire avec présidence tournante tous les 6 mois, pilote la mise en place de ce protocole et toutes les décisions relatives aux élections sont prises de commun accord et en application des critères retenus.
Les hommes font et défont les pactes et même les lois et règlements des pays. C’est ce qui explique sans doute, le contentieux électoral de Duguwolowila qui ne serait pas arrivé si chacun avait tenu ses engagements.
Les hommes font et défaut les pactes
Les représentants de la section Adéma de Banamba, Moctar Simpara et Mohamed Ouédraogo avaient signé le protocole d’accord engageant leur parti et Mamadou dit Salikou Simpara avait agi au nom de l’URD. Pourtant ce sont ces deux partis qui sont à l’origine des contestations qui avaient retardé l’installation du Conseil municipal de Duguwolowila.
L’équipe municipale désormais dirigée par Amara Sylla, un sexagénaire, n’aurait pu voir le jour le 17 novembre 2009, sans la détermination du préfet Yoro Mamadou Traoré à mettre fin au vide juridique qui a duré près de 8 mois.
L’Adéma et ses alliés URD et Parena se sentant battus ont dans un premier temps contesté les résultats issus des urnes en introduisant une plainte en annulation au Tribunal administratif. Le Mouvement citoyen a répliqué.
L’arrêt n°118 de la Cour suprême, conforté par le jugement n°001 du 28 mai 2009 du Tribunal administratif a procédé à un réaménagement à l’issue duquel, les indépendants du Mouvement citoyen ont obtenu 12 conseillers contre 11 dans les urnes. L’Adéma, qui avait obtenu 8 conseillers, a chuté à 6. Le Parena et le Cnid, qui avaient 0 conseiller, en ont eu chacun 1. L’URD est resté avec ses 3 conseillers. Le conseiller du Cnid a fait défection pour le Mouvement citoyen. Le décompte donnait le Mouvement citoyen majoritaire avec 13 conseillers contre 10 pour les partis politiques.
Le candidat Adéma, Mamadou Sy Savané dit Bakoré, qui lorgnait le fauteuil de maire de Duguwolowila a fait de cette affaire un cas d'orgueil personnel. Son premier coup remonte au 29 mai 2009 où il a embarqué l’ancien préfet Moussa Sangaré pour l’installer dans ses fonctions de maire en faisant fi de l’arrêt de la Cour suprême et de la décision du Tribunal administratif.
Il a fallu le rappel à l’ordre du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales au préfet pour qu’il dissolve le même jour le conseil municipal présidé par Mamadou Sy Savané dit Bakoré. Le même homme d’affaires qui s’est économiquement ruiné dans ces élections est accusé d’être à l’origine des échauffourées ayant précédé la cérémonie d’installation du Conseil municipal le mardi 17 novembre.
Nous avons été témoins de cette journée noire de Touba pour avoir échappé à la colère des jeunes manifestants commis à la tâche par leurs mentors. Un confrère a été battu à sang et son matériel de travail dont une caméra brisée.
Abdrahamane Dicko
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BRUITS SOURDS
Mandats électifs : comme Tandja
Les partisans d'un 3e mandat pour ATT auraient plus d'un tour dans leur sac. Ils auraient échafaudé plusieurs plans. Les plans A (un déverrouillage pur et simple) ne rencontrant pas l'assentiment des "sondés" et B (un forcing à la Tandja) étant presque suicidaire, ils entreprendraient, dans ce qu'il convient d'appeler leur plan "C", la Commission Daba Diawara afin qu'elle suggère l'harmonisation des mandats électifs.
Autrement dit, de suggérer une prolongation des mandats du président de la République et de l'Assemblée nationale jusqu'en 2014, terme du mandat des mairies. Pourquoi ne pas écourter les maires pour aller à des élections générales en 2012 ? Certains, apparemment, ont décidé de ne sortir du pouvoir que les deux pieds devant.
Le Végal à la Daf de la Primature
A la demande de Modibo Sidibé, Premier ministre, le Vérificateur général a débarqué hier à la direction administrative et financière de la Primature. Cette vérification, qui s’étend à tous les services financiers de l’Etat, a pour objet de voir comment nos deniers publics sont utilisés.
On se souvient que cette vérification avait commencé (toujours à la demande du PM), au Trésor public, où elle avait fait des victimes. Cependant, en dehors de ce cas (le Trésor), personne ne peut dire ce que ces vérifications ont donné comme résultat.
Huicoma proposée en garantie
Au moment où la polémique enfle avec les ex-travailleurs de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) au sujet de primes et salaires, où est remise en cause la vente de l’Huilerie au Groupe Aliou Tomota, on apprend que le nouvel acquéreur est en train de chercher à mettre l’usine en garantie auprès d'une banque.
En effet, le Groupe est sur le point de donner les papiers de l’usine à une banque de la place pour avoir un prêt. Pour payer les deux mois promis aux travailleurs ?
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CONTROLE SANITAIRE A BAMAKO-SENOU
Commerce ou lutte contre les maladies ?
Avec un billet de 10 000 F CFA n'importe quel porteur de n'importe quelle pathologie est la bienvenue au service de contrôle sanitaire de l'aéroport de Bamako-Sénou où c'est la foire à la corruption.
Avec l’apparition d'épizooties comme la grippe aviaire (H5N1) ou grippe A/H1N1, les mesures de contrôle sanitaire sont renforcées au niveau des frontières dans beaucoup de pays, notamment aux aéroports.
Le Mali n’est pas encore confronté à ces maladies ravageuses, car aucun cas de maladie liée aux grippes n’a encore été détecté. Cependant, des contrôles sont faits tant bien que mal à l’aéroport international de Bamako-Sénou.
Le samedi 21 novembre 2009 quand nous avons débarqué à Sénou deux agents du contrôle sanitaire nous ont reçu dans la salle d’accueil, les passagers devaient présenter leur carnet de vaccination. Comme plusieurs d’entre nous, deux jeunes Maliens vivant aux Etats-Unis qui n’avaient pas le document ont été invités à attendre dans une salle à côté. Habituellement, il est proposé aux personnes qui n’ont pas la preuve qu’elles sont vaccinées contre la fièvre jaune, le tétanos… de recevoir sur place leur dose auprès des agents de santé installés dans une salle.
Mais, bizarrement à l’aéroport international de Bamako le contrôle sanitaire semble ne pas être une priorité à cause de la spéculation qui y prévaut. A leur sortie, les deux jeunes nous ont confirmé n’avoir pas fait la vaccination ; en lieu et place ils ont payé 10 000 F CFA chacun. Cette pratique a indigné plusieurs voyageurs, car elle représente, selon eux, un mépris pour la santé publique.
En effet, de nombreuses personnes qui détestent les vaccins sont prêtes à débourser pour ne pas se faire "piquer". La pratique représente une menace pour la sécurité sanitaire des personnes. Le jour où notre pays sera confronté à une situation de la nature de celle qui prévaut en Europe ou aux Etats-Unis, ce sera la catastrophe assurée.
Au Mali, la corruption a fini de gangrener tous les domaines d’activité. Cependant, il faut reconnaître aussi que certains passagers en règle oublient de voyager avec leur carnet.
Amadou Waïgalo
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