Les
Echos du 23 novembre
3e MANDAT POUR ATT
Le Mouvement citoyen ouvre la campagne à Paris
Le Mouvement citoyen sur qui le président de la République s’est appuyé pour mener sa campagne en 2007 a animé un meeting organisé à la dernière minute à Montreuil, fief de la communauté malienne à Paris. Objectif "faire le point sur le bilan d'ATT à mi-parcours à travers le PDES".
"Pourquoi vous devez croire à ce qui est dit dans le PDES ?" Le gourou de la communication à Koulouba ne cache pas que c’est là le fil rouge de son propos. Le vice-président du Mouvement citoyen qu’il est, est présenté à la salle comme le porte parole du président ATT dans la mission qui a fait déplacer Hamed Diané Séméga, président du même Mouvement citoyen et non moins ministre de l’Equipement et des Transports, Ousmane Thiam ancien ministre et président du conseil d’administration de la Sotelma, Ahmed Sow, ancien ministre, père du PDES et président d’une institution de financement à Dubaï, Oumar Hamadoun Dicko, ancien ministre et président du comité d’organisation du cinquantenaire de l’indépendance nationale, l’ambassadeur Mohamed Salia Sokhona, le consul général Waffi Cissé, Hamidou Traoré, président du Mouvement citoyen en France, et son premier vice-président Séga Doucouré, membre de la commission présidentielle française sur le cinquantenaire des indépendances africaines.
Il faut reconnaître que pour un meeting d’un mouvement politique, de mémoire de Malien dans la diaspora en France, on n’avait pas vu depuis bien longtemps un si beau rassemblement de personnalités. Ce qui fait dire à presque toute l’assistance qu’ils étaient venus pour soutenir ATT en toutes circonstances. Même Olivier Stirn, ancien ministre français, était là, mais s'est "gardé de se prononcer sur une affaire purement nationale".
"Les Maliens de la diaspora au cœur du PDES" . L’intitulé à lui seul suffisait pour démontrer l’offensive de charme en direction d’une couche électorale préoccupée par d’autres questions. Sékou Sissoko de l’Association des griots ne manquera pas l'occasion pour interpeller les conférenciers sur les retours forcés de dizaines de Maliens sans papiers en demandant si les autorités de Bamako se sont mises d’accord avec Paris dans ce sens. La question est restée sans réponse.
Pourtant le ministre président du Mouvement citoyen répondra en toute sincérité que la route Kayes-Sadiola-Kéniéba n’est pas inscrite dans le programme gouvernemental. "Notre pays est vaste, les besoins immenses et les ressources très limitées. Le PDES prévoit d’engager 700 milliards de F CFA pour réaliser les liaisons vitales. La prise en charge de la route Kayes-Sadiola-Kéniéba a été proposée aux sociétés minières de la région qui dépensent rien que pour l’entretien annuel du tronçon Kayes-Sadiola 500 millions de F CFA. Or la construction d’un kilomètre coûte 250 millions", dira le ministre de l'Equipement.
En attendant la déclaration solennelle…
Comme pour laisser entendre tout l’intérêt du financement par les entreprises minières de cette route en réponse au président de l’association Benkan, une des vingt et quelques associations qui forment la dynamique du Mouvement dans la diaspora en France.
Le porte-parole de la jeunesse du Mouvement interpellera sur l’état de l’éducation en demandant notamment quelles sont les chances d’un fils de paysan au Mali de faire de bonnes études afin de faire face aux défis du monde actuel pour son pays ? Combien de jeunes Maliens meurent sur les routes de l’immigration avant d’affirmer que si l’implication des jeunes et la promotion du genre constituent des socles solides pour un développement meilleur, "ceci ne se fera pas simplement par des nominations gadgets de jeunes et de femmes, pas non plus par une distribution d’enveloppes".
Moussa Sidibé conclura par une menace presque non voilée. "Si vous ne vous occupez pas de la jeunesse, c’est elle qui s’occupera de vous". La menace a été prise au sérieux par les différents conférenciers qui se relayeront à la tribune pour commenter tout le bienfait et le bien pensé du PDES. Hamed Diané Séméga dira qu’il faut s’occuper ensemble du Mali et que c’est dans la complémentarité des générations que les pays progressent.
"Le Mouvement citoyen étant un mouvement fort qui effraie les gens - qui ne le devraient pas d’ailleurs - ambitionne de construire un Mali débout. Notre credo 'retrouvons ce qui nous unit'fait de notre mouvement le partenaire de partis politiques qui veulent bien avec nous construire le Mali en soutenant la vision du président ATT pour notre pays. Aujourd’hui plus que jamais, le président, le gouvernement du Mali ont besoin de vous, de votre soutien. Notre ambition est claire, elle est simple, elle est saine. Parce qu’en politique, le bilan compte, notre ambition est de donner à la vision du président de la République une matérialité visible". Voilà qui est bien dit.
Mais dans la salle, on s'est chuchoté à l’oreille "si le Monsieur veut un 3e mandat, qu’il le dise clairement". Ce doute sera certainement ce qui marquera le plus l’assistance à laquelle l’animateur de la réunion demandera de porter dans les foyers, les familles le message que le PDES est le programme qu’il faut pour le Mali. Mais comme le fait remarquer cet homme : "Ses amis les enfants de 1991, ont grandi et possèdent aujourd’hui un esprit critique".
Oussouf Diagola
(Paris)
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IL FAUT LE DIRE
Différences et mépris
Pour qui se donne la peine d’analyser un peu l’actualité récente, il n’y a plus de doute : nous sommes dans un processus de différenciation sociale tellement prononcée que les autorités ont du mal à dissimuler leurs intentions réelles. Sinon comment comprendre que dans un pays qui n’a pas d’emploi pour les sortants de ses écoles puisse s’intéresser exclusivement à l’emploi des diplômés maliens de l’extérieur.
Vous croyiez que c’était pour les beaux yeux de la diaspora ? Et bien vous faisiez alors fausse route ! C’est une astuce, certes malhabile, mais imaginée et mise en pratique pour recruter à tour de bras les fistons, neveux et beaux-fils qui ont eu la chance d’étudier à l’extérieur plus à cause de leur position sociale qu’en raison de leurs bons résultats scolaires. On est mort.
C’est quoi d’autre si ce n’est une stratification forcée de la société quand l’Etat accepte d’un côté l’ouverture d’une école de médecine privée et de l’autre impose l’application du clausus numerus (clause du nombre) à la FMPOS. Une disposition qui laisse sur la paille les étudiants démunis alors que les fils à papa peuvent dormir tranquilles : sûrs d’obtenir, tôt au tard, le sésame nécessaire à la pratique médicale.
On n’est plus égaux dans ce pays. Désormais, c’est la devise de l'ex-Loterie nationale ("la chance sourit aux audacieux") qui est la clef de voûte de la réussite sociale. Mais, contrairement au jeu, les audacieux en l'occurrence sont les prédateurs et autres spécialistes de la dissimulation et leurs rejetons.
Non seulement elles nous bernent sur l'égalité de chance et de droit, mais les autorités nous tiennent aussi pour quantité négligeable. Voilà pourquoi un avion atterrit quelque part, décharge une cargaison suspecte, manque son envol, se fait détruire par ses occupants qui s’en tirent à bon compte à l’heure des Ntic et des GPS sophistiqués.
L’information fait le tour du monde, ici c'est un silence de mort qui l'accueille. Comme les Bambaras qui, pour ne pas se justifier sur une situation embarrassante, elles se disent que "si vous ajoutez de la soude à la marmite, vous en augmentez inutilement la quantité d’eau". Toutefois, il faut en convenir : cette loi du silence protège quelqu'un.
C’est quoi d’autre si ce n’est un mépris du peuple quand ses représentants somment toujours l’Etat de ramener (rapatrier ?) l’argent de la privatisation de la Sotelma. Pas du tout convaincue, l’Assemblée nationale, pour une fois qu'elle tient le bon bout, continuera de tirer à boulets rouges sur le gouvernement, car trop c'est trop.
On a beau leur démontrer par a + b que les logements sociaux ne peuvent pas se prévaloir du statut d’utilité publique pour exproprier des citoyens, rien à faire : on continue de créer des tonnes de problèmes fonciers à Tabakoro où c’est la foire de la mafia foncière, qui spolie au nom d’une raison d’Etat qu’elle manipule dans le sens de ses intérêts propres.
C’est par ce biais que sont nés les milliardaires de la terre. Ils sont plus dangereux que des tueurs à gage. Ils n’ont pitié ni de la veuve ni de l’orphelin, qu’ils regardent de haut. Et vous voulez toujours me convaincre qu'il n'y a aucune différence entre les Maliens, comme entre les albinos et les Noirs d'ébène ; que les autorités n'ont aucun mépris pour nous ? Allons donc !
Mais enfin qui peut honnêtement vouloir la perpétuation d'un tel système ?
A. M. T.
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ASSEMBLEE NATIONALE
Moctar Ouane devant les députés
Après le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget, ce sera le tour du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale d'aller s’expliquer cette semaine sur les difficultés que rencontrent nos compatriotes à l’étranger à l'Assemblée nationale.
Les députés n’entendent plus faire aucun cadeau au gouvernement et chacun des ministres, semble-t-il, passera devant eux pour s’expliquer sur des sujets ayant trait à son département. Après le ministre délégué Lassine Boiré, jeudi dernier, le tour revient à Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Moctar Ouane ira répondre aux questions orales de l’honorable Amadou Bouaré. Le député veut savoir ce que fait ce ministère en direction des Maliens qui éprouvent d’énormes difficultés dans des pays qui se disent pourtant "amis du Mali".
A en croire le député, les Maliens au Kenya seraient sur une "liste rouge". Idem en Angola, en Tanzanie, en RDC, en France. Le député veut être édifié sur les principaux accords de coopération qui lient notre pays et ces pays amis qui sont : la Libye, la France, l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Guinée Conakry…
Quelle réponse objective donne la nouvelle carte diplomatique du Mali aux attentes d’assistance et de sécurité des Maliens dans les pays d’accueil, l’attitude du gouvernement face au refus du visa d’entrée dans les pays tels le Kenya, la Tanzanie seront entre autres, des questions auxquelles M. Moctar répondra.
Denis Koné
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