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2009

Mois de novembre

Les Echos du 11 novembre

 

FINANCES PUBLIQUES

Le Trésor : l’arrière poche d’ATT ?

Le Mali a vendu sa société des télécommunications aux Marocains. L’orthodoxie financière et la séparation des pouvoirs en République voudraient que le gouvernement informe les députés de la destination de ce pactole. C’est contraint et forcé qu’ATT s’est risqué à des explications.

Au Mali, les scandales se suivent sans certes se ressembler, mais tournent tous autour de l’argent, de sa gestion et des comptes et mécomptes du régime d’ATT. Le dernier en date est sans doute cette question de vente de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) qui n’a pas fini de faire couler les salives.

Les services du Trésor public remplissent trois fonctions : caissier  : ils gèrent le compte de l’Etat auprès de la Banque centrale (principe de l’unité de caisse) ; recouvrent la plupart des impôts et des recettes ; paient les dépenses qui sont "ordonnancées" (prescrites) par les autres services de l’Etat (principe de séparation de l’ordonnateur et du comptable) et en contrôlent la régularité comptable.

Ils jouent un second rôle qui est d’établir la comptabilité de toutes les personnes morales de droit public (Etat, collectivités territoriales). Ils peuvent jouer un dernier rôle qui est celui de financier de l’Etat. Dans ce cas, ils émettent des emprunts ou mobilisent les dépôts effectués par les "correspondants du Trésor" (ensemble des personnes ou organismes publics et parapublics qui ont la faculté ou l’obligation de déposer des fonds auprès du Trésor public).

C’est donc au Trésor, la banque de l’Etat, qu’il revenait de garder notre argent, les 180 milliards F CFA issus de la vente de la Sotelma. Mais, bien malin qui peut dire si l’argent est à ce niveau. En effet, le jour de la vente, il a été dit que les Marocains ont viré l’argent "qui se trouve à la Bcéao". Mais, depuis, plusieurs autres versions nous ont été servies…

Tout se passe comme si ATT a fait le coup de feu pour "attraper" les Maliens. Mais, dans tous les cas, si le scandale a éclaté avec la vente de la Sotelma, ce cas n’est pas du tout isolé dans le manque de transparence des autorités actuelles, dans leur déni de bonne gouvernance, frisant en des occasions la désinvolture. Les multitudes cas que l’on peut aligner viennent nous rappeler combien ATT a en estime nos institutions.

Une pétaudière

La Constitution malienne dit expressément qu’ATT et ses ministres doivent présenter publiquement l’état de leur bien. La Constitution ajoute que cette déclaration est publique. Depuis que le général est au pouvoir, combien de fois l’a-t-il fait publiquement ? Une seule fois en bientôt dix ans. La Cour suprême, qui doit le rappeler à ses obligations constitutionnelles, l’a-t-elle fait ? Il faudrait certainement interroger les cauris pour le savoir…

Que pense ATT du 26-Mars ? Il lui rappelle juste l’anniversaire de sa fille. Quels sont ses desseins pour nous les pauvres administrés ? "Bè b’i ba bolo"… On peut multiplier à l’infini les cas de déni des principes républicains. Certes la tâche lui est facilitée par une administration qui a longtemps démissionné, qui préfère créer des proconsuls et adorer des veaux d’or. Sombé Théra en est la figure personnifiée.

Nos remparts sont tombés depuis longtemps : ATT est devenu notre Constitution et on est peu ou prou gouverné selon qu’il se lève du pied gauche ou du pied droit.

En fait, pour ce qui concerne la vente de la Sotelma, le débat est moins l’usage qui sera fait de l’argent que la transparence. En effet, le gouvernement a le droit de ne pas inscrire au budget les 180 milliards F CFA s’ils ne seront pas dépensés cette année, mais il devrait au moins y inscrire ce qui est programmé qu'ATT a tenté d’expliquer sous la pression.

L’orthodoxie comptable et financière veut que l’argent transparaisse quelque part. Mais encore, et si les députés disaient "plutôt que de faire ce qu’ATT a prévu, pourquoi ne pas affecter l’argent à d’autres usages ?" Scénario certes improbable à cause du consensus et de l’accompagnement, mais tout à fait envisageable.

Dans ce cas, les deux camps n’auraient pas pu éviter l’affrontement. Dans la séparation des pouvoirs, normalement, le gouvernement propose à l’Assemblée, qui décide. Dans le cas d’espèce, ATT l'a juste informée, contraint et forcé.

"Bè b’i ba bolo" .

Alexis Kalambry

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POUR LA SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS

Les travailleurs de Huicoma squattent la Bourse du travail

Les travailleurs des 3 unités de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), sont depuis hier les hôtes de la Bourse du travail. Avec bagages et ustensiles de cuisine, ils ont déménagé dans la cour de la Bourse du travail, où ils n’envisagent pas de vider les lieux jusqu'à satisfaction de leurs doléances. Le SG de l’UNTM a du pain sur la planche.

Après les marches du 24 septembre à Koulikoro, du 6 octobre à Koutiala et le meeting du 24 octobre 2009 à Koulikoro et après avoir transmis les revendications à qui de droit, les travailleurs de Huicoma se disent toujours ignorés.

Hier, ils ont mis en pratique une nouvelle forme de lutte : le squat des locaux de la Bourse du travail jusqu'à la satisfaction de leurs doléances. Les travailleurs de toutes les unités Huicoma (Koutiala, Koulikoro, Kita) et les licenciés de Bamako ont emménagé avec armes et bagages au siège de l’UNTM. "Nous sommes de retour pour montrer notre volonté et notre détermination à réclamer l’implication de tous les acteurs". Tel est le message des "ex-travailleurs".

La mine serrée des uns et des autres suffisait à sentir leur colère. Assises sur des nattes, pour les vieilles personnes, à même le sol pour d’autres, les femmes sur des escabeaux s'affairaient autour de la préparation du déjeuner. A côté d’elles étaient érigées des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Plan social égal mission primordiale de l’UNTM", ou "La privatisation de Huicoma est la pire sanction infligée au peuple malien".

Plus loin, des groupes de jeunes très remontés discutaient de l’avenir de la société et de la suite à réserver. "Ce n’est que le coup d’envoi d’une série d’actions directes que nous projetons jusqu’à ce que Tomota et l’Etat malien se plient et honorent leurs engagements vis-à-vis des travailleurs…"

Le président Bakary Berté de la Commission des travailleurs de Huicoma-SA catégorique, est revenu de long en large sur le calvaire vécu par les travailleurs. Pour lui, le "sit-in" (en réalité le squat), n’est que la suite de leur action menée depuis bientôt 5 ans contre Tomota qui a arraché 84 % des actions de Huicoma des mains de l’Etat, suite au protocole d’accord de cession signé le 16 mai avec prise d’effet le 2 juin 2005.

Pour les travailleurs, le groupe Tomota n’a jamais respecté un seul article du cahier de charges au grand dam du gouvernement et ce, malgré les multiples avantages accordés. "Tomota et son groupe sont-ils au-dessus de la loi ?"

Enfonçant le clou, M. Berté a fait savoir que le gros du problème est imputé à Tomota, qui n’aurait aucun respect pour le gouvernement et les travailleurs. "Le gouvernement a montré sa bonne volonté en invitant à la table de négociation, toutes les parties". Et de regretter que "le repreneur ne s’est pas donné la peine de répondre à la dite invitation".

"Gouvernement fantôme"

Unanimement, les travailleurs et leur collectif de soutien, dans une déclaration qu’ils ont une fois de plus déposée sur la table de Siaka Diakité, SG de l'Union nationale des travailleurs du Mali, exigent : la reprise sans délai et sans condition de l’Huicoma par l’Etat au groupe Tomota, le paiement sans délai et sans condition du plan social 2003 de la CMDT amélioré, adopté pour les travailleurs de la CMDT et les mesures d’accompagnement à partir de la date du rachat (le 16 mai 2005), la reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise.

Ouverts au dialogue et toute initiative visant à résoudre cette question, les travailleurs en appellent au chef de l’Etat pour qu'il s’implique personnellement pour que justice soit faite. "Tomota doit rendre compte de ses actes devant la justice et l’Etat doit prendre ses responsabilités pour signifier la fin de l’impunité, du laxisme, du clientélisme", ont-ils conclu.

Le SG de l’UNTM Siaka Diakité, qui s’est dit surpris de voir ses "protégés" dans la cour de la Bourse a, au cours d’un rassemblement, tenté d’apaiser les esprits en donnant des informations sur les efforts consentis par l’UNTM et l’état des points de négociations entre sa structure et le gouvernement.

Pour lui, l’UNTM, s’est toujours opposée à la privatisation de Huicoma. Mais, "face à un gouvernement fantôme qui ne respecte pas ses engagements, il faut négocier". Et d’ajouter qu’ils ont fait du plan social leur cheval de bataille jusqu’au moment de la cession. "Le plan social ne figurait pas au moment de la cession de Huicoma. Nous l’avons exigé".

Le SG a laissé entendre que l’UNTM ne reconnaît pas Tomota dans le plan social et que les négociations avec le gouvernement sont en cours. Demain jeudi, une rencontre entre l’UNTM et le gouvernement est prévue pour statuer sur les différentes doléances soumises. Les départements concernés à ses dires vont donner suite aux revendications des travailleurs de la poste, d'Azalaï Tombouctou, des partants volontaires à la retraite… Toutefois, Siaka Diakité a demandé à ses militants de la patience. "Nous sommes à la dernière phase de la conclusion de ce plan social avant d’engager d’autres actions".

Malgré ces propos rassurants, les travailleurs n’entendent pas vider la cour de la Bourse du travail. "Nous sommes ici jusqu'à ce qu’on dise une réponse qui nous agrée".

Wait and see !

Amadou Sidibé

 

"Je ne suis pas corrompu"

Au cours de la séance d’explication avec les travailleurs de Huicoma qui sont depuis hier logés dans la cour de la Bourse du travail, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, s’est blanchi des accusations que certains portent à son encontre, le traitant de corrompu. Il a dit ceci : "Le jour où vous avez des preuves certaines que je vous vend au profit de quelqu’un, amenez-les moi et je m’en irai". Et de regretter "que quand on affaire à des fantômes, on est traité de tous les noms d’oiseaux et l'on prend tous les coups". Une sorte de défi lancé à ses détracteurs.

A. S.

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KALABANCORO

Des kiosques à eau pour faire face à la pénurie

Pour pallier le manque d’eau potable à Kalabancoro et créer des emplois, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle a offert lundi 6 kiosques à eau aux autorités communales de Kalabancoro au profit des populations.

Les populations de Kalabancoro, notamment celles qui vivent à proximité de la mairie, étaient en liesse le lundi 10 novembre 2009. L’eau potable, une denrée précieuse dans cette partie de la Commune, est, depuis ce jour-là, à portée de main avec le lancement de 6 kiosques à eau (4 à Kalabancoro et 2 à Kabala) par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Ibrahima Ndiaye.

Un kiosque à eau est une mini-adduction d’eau composée d’une cuve en polyéthylène de 2 m3 fixé à 2 m de hauteur permettant le stockage de l’eau, d’une pompe refoulante à main et d’une rampe de 3 robinets permettant la distribution d’eau simultanée à trois personnes. Il comprend également un dispositif d’assainissement composé d’une dalle anti-bourbier et d’un puisard collecteur des eaux de ruissellement.

Les kiosques à eau s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des offres faites au cours de la Bourse de l’emploi et de la formation par le Programme national d’action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA/ERP). Ils serviront à améliorer la qualité de vie dans les zones urbaines et périurbaines de réduire les maladies liées à l’absorption d’une eau de qualité douteuse.

"En offrant ces 6 kiosques à eau d’une valeur de 26,479 millions F CFA, le MEFP met entre vos mains plus qu’une opportunité, un véritable instrument de lutte contre la pauvreté" , a dit Ibrahim Ndiaye. Il a invité les autorités des collectivités locales, les partenaires, leaders et chefs coutumiers à se joindre à l’Etat et à son département pour remporter la bataille contre le "péril du bidon jaune".

L’installation de 4 kiosques à eau à Kalabancoro et 2 à Kabala vise le double objectif de remédier au manque d’eau dans ces localités et la création d’emplois pour les jeunes. En effet, bien gérés, les kiosques à eau sont pourvoyeurs d’emplois et de revenus substantiels pour leurs gestionnaires.

Selon un jeune gestionnaire d’un de ces kiosques, son revenu journalier se situe entre 2000 à 3000 F CFA. En période chaude, il augmente. Le projet est un test et s’il réussit, il va s’étendre à tout le pays. "Ce n’est pas l’argent qui manque, mais les bons projets", a dit Ibrahima Ndiaye.

Denis Koné

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OUALI DIAWARA, COMMISSION DES FINANCES DE L'A. N.

"Les 180 milliards sont sécurisés"

Dans un entretien qu'il nous a accordé, le président de la Commission des finances, de l'économie, du plan et de la promotion du secteur privé de l'Assemblée nationale, l'honorable Ouali Diawara, tout en démontrant que des zones d'ombre existent sur l'utilisation des fonds de la privatisation de la BIM-SA, estime que l'argent issu de celle de la Sotelma est sécurisé et qu'il sera géré au mieux des intérêts du peuple. Explications détaillées sur le mécanisme de vote de la loi des finances.

Les Echos : Des informations font croire que l'Assemblée nationale menace de boycotter le vote du budget d’Etat 2010. Qu'en dites-vous ?

Ouali Diawara : Je ne le confirme pas. L’Assemblée nationale ne peut pas boycotter le vote du budget d’Etat. Nous sommes dans les travaux en commissions. Et L’opposition, pour ce qui est de notre commission, participe très bien aux travaux.

Les Echos : Que contient le budget d’Etat 2010 soumis à l’Assemblée nationale ?

O. D. : C’est un budget qui a des recettes en hausse parce que nous sommes toujours sur la barre de 1000 milliards de F CFA. Ce budget a essayé de maîtriser beaucoup plus les dépenses. Les ambitions des dépenses sont revues avec une certaine austérité. Beaucoup de crédits ont été retenus sur les montants qui étaient déjà inscrits en 2009. Donc, les augmentations de cette recette n’ont pas comme contre partie des augmentations équivalentes de dépenses. Ce qui augure d’un niveau de déficit beaucoup plus soutenable. Le déficit de cette année se situe autour de 95 milliards de F CFA contre 127 milliards pour le budget 2009. Ce qui fait, à ce niveau, une économie de près de 20 %. Bref, les recettes augmentent de 9 %, dépenses maîtrisées qui augmentent autour de 1 à 2 % et le déficit qui diminue autour de 20 %.

Les Echos : A quand le vote du budget d’Etat 2010 ?

O. D. : Le vote d’un budget est tout un processus. La commission des finances est saisie au fond, mais toutes les autres commissions sont aussi saisies pour avis. Dans la programmation actuelle de l’Assemblée nationale, le budget va être voté entre le 15 et le 18 décembre. Ce sera les vrais débats en plénière et le budget sera voté pendant cette période.

Les Echos : Le sujet qui alimente aujourd’hui les débats, c’est l’absence dans ce budget d’Etat des 180 milliards issus de la privatisation de la Sotelma. Pourquoi ce montant n’a-t-il pas figuré dans le budget 2010 ?

O. D. : Nous sommes encore dans les débats. Nous avons vu la liasse budgétaire. Pour le moment, nous ne pouvons pas dire que les 180 milliards sont totalement absents du budget d’Etat parce qu’il y a une inscription en ce qui concerne les recettes de privatisation. Il y a 25 milliards inscrits à ce niveau. Donc, qui sont dans les 180 milliards. Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que les 180 milliards ne sont pas totalement inscrits au budget 2010, mais il y a 25 milliards d’inscrits. Le reste, ce sont les explications qu’on a commencées à avoir. Pour le moment, le gouvernement indique que 25 milliards des 180 seront utilisés en 2010. Dans tous les cas, il n’y a pas feu à la case : les 180 milliards sont sécurisés. De toute façon, il n'y a aucune disposition constitutionnelle qui nous empêche d’examiner le budget d’Etat et de le soumettre à l’Assemblée nationale.

Les Echos : L’opposition parlementaire a-t-elle raison de demander des comptes à propos de ces 180 milliards de F CFA ?

O. D. : Vous dites l’opposition ? A mon sens, ce n’est pas l’opposition. Mais avant celle-ci, c’est toute l’Assemblée nationale en réalité qui a demandé des explications. Nous avons des démarches déontologiques, des démarches pédagogiques, des démarches politiques par rapport à cette demande. Un budget, c’est beaucoup d’étapes. Nous sommes en contact avec les techniciens, avec les politiques qui sont les ministres…

Tout Malien doit se dire qu'il y a une recette de l'Etat qui est connue. S'il n’y a pas de trace de cette recette, chacun se pose des questions. Mais de question en réponse, nous comprenons qu’il y a une inscription par rapport à 2010. Je dis que ce sont les débats qui nous permettent d'être édifiés.

A mon sens, si les traitements sont conformes aux déclarations, il n’y a pas de problèmes sur l’utilisation des 180 milliards. Nous, Assemblée nationale, les présidents des institutions, les bailleurs de fonds… étaient vendredi à une réunion au cours de laquelle le président de la République a introduit le sujet qui a encore été détaillé par le ministre chargé du Budget, qui a expliqué l’utilisation des 180 milliards. C'est une utilisation pluriannuelle qui commence en 2009 pour finir en 2012.

Les Echos : Les explications vous semblent convaincantes…

O. D. : Oui ! Les explications fournies sont convaincantes. L’explication fondamentale du gouvernement est qu’on a vendu un joyau du peuple qu’on ne peut pas mettre tout ça dans le fonctionnement mais qu’il faut faire des investissements visibles. Donc, les chapitres et les programmes, qui ont été présentés, sont des vrais programmes de développement. Ils vont de l’éducation à la santé, en passant par les infrastructures et le paiement de la dette intérieure.

Les Echos : Le fait de ne pas présenter l’intégralité de l’argent de la privatisation de la Sotelma est-il une violation de la Loi des finances ?

O. D. : C’est ce que je vous ai dit. Nous sommes en situation exceptionnelle. Si c’était absent totalement, ce n’est pas bien. En l’absence de toute explication, autrement dit avant le vendredi dernier où nous avons eu ces explications, le jeudi pour nous, c’était 25 milliards inscrits au budget 2010 sans autre information. Ce n’était pas normal parce que nous avons 180 milliards qui sont constatés en 2009. Maintenant, nous avons des explications venant des plus hautes autorités pour dire que les 180 milliards seront utilisés du premier au dernier centime selon tel plan et selon tel chronogramme et que les parties concernant 2009 feront l’objet d’un collectif, la partie de 2010 étant déjà dans le budget d’Etat, les parties 2011 et 2012 devant faire l’objet de rentrée progressive. Cela est une procédure bien admise pour les recettes exceptionnelles, à condition que la représentation nationale en soit informée ; qu’elle apprécie, qu’elle fasse des amendements si cela est nécessaire au regard de ce qui est dit.

Les Echos : Il n’y a donc aucune raison de s’agiter ?

O. D. : Non, après ce qui s’est passé vendredi. Pour le moment les projets visés cadrent avec les objectifs de développement de notre pays. La Loi des finances 2010 est pour le moment bien respectée.

Les Echos : Le président de la République a donné des explications sur l’utilisation qui sera faite de ce fonds. Est-ce pour répondre à une préoccupation de l’Assemblée nationale ?

O. D. : Chacun a sa façon, son rythme et sa méthode de communication. C’était une de nos préoccupations. Nous le lui avions fait savoir. Si le président de la République réagit comme ça, c’est peut-être une réponse à cela. Des gens avaient même pensé que l’argent a été utilisé. Nous, nous n’étions pas à ce niveau. Nous savons qu’on ne peut pas prendre 180 milliards et les utiliser dans le désordre. Mais, nous avons demandé qu’on nous explique comment on veut faire, qu’on échange là-dessus et que nous donnions notre point de vue. Même si ce n’est pas par écrit, quand le président de la République s’engage sur une situation, nous pensons que cela engage tout le gouvernement. Je ne ferais pas de commentaires sur la communication du chef de l’Etat, mais je dis que c’est un signe de respect pour le peuple malien et pour la représentation nationale en leur disant que l'argent sera utilisé au franc près dans l'intérêt du pays.

Les Echos : Est-ce que c'est la première fois que des fonds issus de la privatisation d'une entreprise publique ne figurent pas de façon exhaustive dans le budget d’Etat ?

O. D. : Ce n’est pas la première fois. La même situation s’était présentée l’année dernière avec les recettes de la BIM-SA. On parlait encore de 39 milliards, soit moins de 40 % du montant actuel. Mais c’est là honnêtement que nous n’avons pas été d’accord avec le gouvernement par rapport à la façon de le traiter. Quoi que des projets bien ciblés me soient présentés et bien expliqués, il y avait des montants résiduels que le gouvernement a dit avoir mis en dépôt. Mais quand ils seront utilisés, ils feront l’objet d’un collectif. Ça n’est pas des éléments pour lesquels nous voudrons plus d’explications. Donc, ce n’est pas la première fois. Je pense que cette fois-ci en termes de communication, de l’utilisation, l’explication est beaucoup plus nette que pour la privatisation de la BIM.

Les Echos : Un fonds issu d’une privatisation mais non-inscrit dans le budget d’Etat peut-il être vu comme un fait du prince non ?

O. D. : Quand les procédures ne sont pas respectées, c’est une faute. Mais quand c’est expliqué, il y a des rattrapages possibles. Pour les 180 milliards, le tableau d’utilisation qui nous a été présenté est exhaustif. Nous avons suivi le traitement. Si comme on l’a dit, on ne le fait pas comme ça, c’est à ce moment-là que la faute va être consommée. L’Assemblée nationale doit se donner les moyens de suivre, de contrôler et de rendre compte au peuple malien.

Les Echos : Etes-vous en mesure de nous dire si le collectif budgétaire a été déposé à telle date ? S’il n’est pas déposé, quelles sont les conséquences qui peuvent en résulter ?

O. D. : A ce jour, le collectif budgétaire n’est pas déposé devant l’Assemblée nationale. Un manque de collectif n’a pas de conséquences directes pour le vote du budget d'Etat 2010. Ils ne sont pas tout à fait liés. L’étude des différentes inscriptions est indépendante d’un collectif qui doit arriver. L’idéal aurait voulu que le collectif soit là en même temps que le budget. Ce serait très bien dans la mesure où ça pouvait aider la commission et les députés dans beaucoup d’analyses. Mais, ils ne sont pas obligatoirement liés. Toutefois, nous voulons un collectif à temps.

Propos recueillis par

Mohamed Daou

 

 

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VALORISATION DES RESSOURCES MINIERES

A la quête de stratégies novatrices

Cadre d’échanges et de partage d’expériences entre les différents acteurs, la 13e édition de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) doit déboucher sur des stratégies novatrices mieux adaptées au financement des ressources minières.

Les industries extractives peuvent et doivent contribuer à la croissance économique des nations. Dans de nombreux pays africains, elles constituent une source de revenus. Cependant, il y a un paradoxe. Malgré que l’Afrique soit riche en ressources minières, moins de 10 % de ses habitants ont accès à l’électricité.

C’est dans ce contexte que se tient la 13e conférence de la Cnuced dont l’ouverture a été présidée hier au CICB par le président de la République, Amadou Toumani Touré en présence de son homologue de Sao Tomé et Principes, Fradique de Menzes, des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement et un grand nombre de professionnels des mines et des hydrocarbures.

Pendant 4 jours, les participants venus de divers horizons se réuniront autour du thème central "développement des ressources naturelles : valorisation par l’information".

Cette 13e édition de la conférence exposition sur le financement et le négoce du pétrole, du gaz et des mines doit déboucher sur des stratégies novatrices mieux adaptées au financement des industries extractives. Pour arriver là, les participants au forum de Bamako procéderont à des partages d’expériences et de visions à travers l’information sur les ressources naturelles : comment les exploiter au bénéfice des communautés… Ils se pencheront aussi sur des questions de transparence dans la gestion des ressources minières, les énergies renouvelables et leur diversification.

Se félicitant du choix porté sur notre pays pour abriter cette importante rencontre, le président ATT a indiqué que les thèmes au programme sont conformes aux ambitions du Mali. "Au regard de nombreuses potentialités qui s’offrent à notre pays, le thème de la conférence sera un début de réponse aux difficultésque nous vivons". Il a annoncé que le Mali dispose d’un compte d’affectation des ressources de l’or.

"Je suis venu pour témoigner notre engagement à la Cnuced, la féliciter pour l’organisation de cette conférence" , a déclaré le président de Sao Tomé et Principe. Il a fait part de la disponibilité de son pays à abriter la 14e édition de la conférence de la Cnuced.

Au Mali, la stratégie de croissance accélérée, conçue pour réaliser les objectifs du Projet de développement économique et social, selon le ministre des Mines, Abou-Bakar Traoré, a retenu l’amélioration de la contribution du secteur minier à l’économie.

Mohamed Daou


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7e FESTIVAL ONDES DE LIBERTE

Jamana honoré

La 7e édition du festival Ondes de liberté dont le thème portant sur la lutte contre le trafic des enfants a été clôturée le 4 novembre dernier à Bamako. A la proclamation des résultats du concours, Jamana, à travers son réseau des radios, a été honoré.

Pour les œuvres en bamanankan, le grand prix, "Prix 26-Mars" a été enlevé par la Radio Ouaga FM de Bobo-Dioulasso. Le prix de l’originalité est revenu à Radio Jamana de Diéma, celui de la créativité à Radio Kounari de Mopti. La radio Shiinyen de Yorosso a reçu le prix d’encouragement.

Dans la catégorie des œuvres en français, le grand prix, "Prix 26-Mars", a été remporté par Star radio de Monrovia. Soleil FM de Conakry a enlevé le prix de l’originalité et la Radio Jamana de Tombouctou s’est adjugée le prix d’encouragement.

Le directeur de la Coopérative Culturelle Jamana, qui a félicité les lauréats, a laissé entendre que Jamana pouvait mieux faire. "Nous avons été honorés, mais nous devons nous inscrire dans la voie de l’excellence", a dit M. Konaté pour qui, les radios Jamana sont et demeurent des outils de développement.

Pour l’organisation de la fête des radios, le ministère de la Communication et des Nouvelles technologies a bénéficié du concours de nombreux partenaires comme l’Urtel, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), l’Unicef, l’USAID, l’Amap, l’ORTM et le Cespa.

Trente-sept radios maliennes sur plus de 200 que compte le pays ont participé au concours sur 51 stations. C’est le constat amer établi par le jury, présidé par Baba Djourté, jeudi à l’occasion de la cérémonie de clôture qui a eu lieu au CICB.

L’ambition des initiateurs de la manifestation est de voir le festival Ondes de liberté devenir un véritable événement régional de l’envergure du Fespaco. Il s’agit de l’ouvrir à d’autres aires linguistiques (anglophone et lusophone), de l’inscrire dans la durée en y associant les acteurs non maliens.

Le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, qui présidait la clôture a promis de s’employer pour la mise en place d’une structure autonome et pérenne d’organisation qui sera dotée de ressources humaines, matérielles et financières.

Idrissa Sako

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ECHOS DES REGIONS

JUSTICE DE PAIX DE MARKALA

Une détention préventive qui dure 4 mois

La justice de paix à compétence étendue de Markala se singularise par des détentions préventives de longue durée. Le cas d’un chauffeur, arrêté, pour accident de la circulation avec mort d’homme est édifiant.

Abdoulaye Allaye Belème, chauffeur de camion a été mis sous mandat de dépôt par le juge de paix à compétence étendue de Markala depuis le 3 août 2009. Il est accusé d’homicide involontaire sur deux de ses passagers qui ont accidentellement trouvé la mort dans son camion survenu aux environs du carrefour entre Niono et Markala. Depuis cette date, M. Belème est détenu provisoirement à la Maison d’arrêt de Markala. Il est à son 4e mois de prévention sans avoir bénéficié de la liberté provisoire demandée par ses parents.

Selon un parent du chauffeur résidant à Bamako et qui a effectué le déplacement de Markala, le juge de cette ville n’a voulu rien entendre sur la liberté provisoire à lui demandée quand bien même il s’est personnellement porté garant de la libération provisoire du chauffeur à charge pour lui de fournir au juge toutes les pièces qu’il faut à cet effet.

Avant d’en arriver là, une notabilité de Markala du nom de Chaka Coulibaly s’était présentée comme le logeur du chauffeur. Mais, il aurait été intimidé par le juge qui lui aurait tenu des propos du genre "si tu prends la responsabilité d’être son logeur au cas où on ne le retrouvera pas, c’est toi qui sera arrêté à sa place". Aux dires des parents de Belème, durant tout ce temps, les parents des deux passagers tués ne se sont pas présentés a fortiori porter plainte.

Le juge de paix de Markala, Kassoum Koné, que nous avons joint au téléphone, hier mardi dans la matinée, s’est inscrit en faux contre ces allégations. Il a tout d’abord mis la longue durée de détention au compte de la vacance judiciaire au cours de laquelle les cours et tribunaux marchent au ralenti.

Pour le cas spécifique du chauffeur, il a expliqué qu’il n’a fait que suivre à la lettre les conditions légales de mise en liberté provisoire dont le fondement est l’élection de domicile. Selon lui, à l’audience du 6 août 2009 sur la demande de mise en liberté provisoire, le prévenu a donné le nom de Chaka Coulibaly comme son logeur à Markala. Toujours selon lui, M. Coulibaly qui a comparu à l’audience du 4 novembre a dit qu’il n’a pas de lien de parenté avec le chauffeur, mais qu’il a appris que celui-ci habite à Sabalibougou, à Bamako où il n’est jamais venu.

A en croire le juge, il est difficile d’accorder la liberté provisoire à quelqu’un sans une élection de domicile au risque d’en faire les frais aux cas où les parents de la victime se présentent et que le tribunal n’est plus en mesure de retrouver le prévenu. Il nous a confirmé que les parents des victimes se sont bien manifestés et qu’un d’entre eux a affirmé être en traitement médical.

Aux dires du juge Koné, le désistement de la Cnar désignée par Belème comme étant sa compagnie d’assurance est un nouvel élément qui a retardé le traitement du dossier. Il dit s’être retrouvé dans une situation où il fallait chercher à savoir si le camion était assuré.

La compagnie d’assurance "Sabuyuman" a été plus tard reconnue comme son assureur. Sur ce point, les parents de Belème s’étonnent de l’erreur qui a pu se passer dans le dossier sur le nom de l’assureur alors que c’est le nom de "Sabuyuman" qui a été donné sur le PV d’accident au lieu de la Cnar.

Au moment de notre entretien téléphonique hier, une audience était prévue dans la matinée à la justice de paix de Markala. A la question de savoir quel sera le sort de Belème, le juge Koné nous a répondu que sa mise en liberté provisoire ne tient qu’à l’élection de domicile, qui se fait dans le ressort judiciaire du lieu de l’accident, qui n’est autre que Markala. "C’est là le plus important dans cette affaire", a-t-il expliqué.

Abdrahamane Dicko

 

TOMBOUCTOU

Un plan régional de lutte contre la cécité

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet santé communautaire de Goundam et de lutte contre la cécité dans la région de Tombouctou (PSC-G/LC-RT) se tient du 9 au 12 novembre 2009 un atelier sur l’élaboration du plan stratégique régional de lutte contre la cécité .

L’atelier, organisé par la direction régionale de la santé en partenariat avec les Croix-Rouge malienne et suisse se tient du 9 au 12 novembre 2009. La cérémonie d’ouverture était présidée par le vice-président de l’Assemblée régionale, assisté du directeur régional de la santé, Boureima Pléa.

L’objectif de l’atelier est de produire au moins une esquisse de plan quinquennal pour la lutte contre la cécité dans la région. "Nous allons nous inspirer de l’expérience des régions de Sikasso et de Mopti pour bâtir notre plan sur des données de référence qui sont issues des études notamment l’étude sur la préférence et l’étude des besoins", a expliqué le directeur régional de la santé.

L'atelier est une initiative du projet santé communautaire de Goundam et de lutte contre la cécité dans la région de Tombouctou (PSC-G/LC-RT), et vient en appoint à l’étude de la préférence de la cécité dans la région.

Cette activité de planification vient en appoint à l’amélioration de la santé oculaire et s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de la vision 20/20 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans laquelle notre pays s’est engagé.

"Nous espérons qu’il sortira de cet atelier un plan régional de lutte contre la cécité qui sera certainement un plan consensuel pour les interventions futures notamment le jeu de santé publique" , a dit le directeur régional de la santé.

Notre souci constant doit être l’amélioration et l’efficacité au service de la réévaluation de l’enquête de préférence de lutte contre la cécité. Et grâce à une offre de soins extrêmement réduite beaucoup de personnes ont réussi à se faire opérer, a conclu M. Pléa.

Abdou Maïga

(correspondant régional)

 

ELECTION MISS SEGOU

Alimata Sissoko, la plus belle de Ségou

La 11e édition de l’élection miss ORTM de Ségou a vu le triomphe de Alimata Sissoko. Elle représentera la région de Ségou lors de la joute nationale.

C’est dans une salle Cientiguiba Danté pleine à craquer que s’est déroulée, samedi dernier, l’élection de la plus belle jeune fille de Ségou. C’était sous la présidence du gouverneur par intérim de la région, Yaya Dolo, en présence du président de l’Assemblée régionale, Chaka Dembélé, ainsi que d’une pléiade de responsables locaux.

Avant la compétition des filles, le directeur de l’ORTM, Dougoufana Traoré, a mis un accent particulier sur les innovations de l’édition 2009. D’abord le choix du Super Biton National pour animer la soirée, rentre dans le cadre de la valorisation de cette formation musicale qui demeure un fleuron de notre patrimoine culturel.

Autre innovation : c’est la mise en jeu du prix spécial de la communication pour récompenser la meilleure expression vocale. Ce prix de 50 000 F CFA, offert par Dougoufana Traoré, a été attribué à Awa Ly, élève de 11e année au lycée Michelle Allaire de Ségou.

Le jury de 9 membres a porté son choix sur Alimata Sissoko (n°6) Miss ORTM Ségou. Agée de 19 ans, la nouvelle Miss de Ségou mesure 1,75 m pour 40 kg. Elle est élève en classe de 12e au lycée Luc Sangaré de Bamako. Saran Touré (n°7) a été élue 1re dauphine et Awa Diakité (n°5) a été couronnée 2e dauphine.

La plus belle de Ségou a reçu 400 000 F CFA tandis que ses dauphines ont reçu respectivement 250 000 F CFA et 150 000 F CFA.

Daouda Coulibaly

(correspondant régional)

 

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