Les
Echos du 11 novembre
FINANCES PUBLIQUES
Le Trésor : l’arrière poche d’ATT ?
Le Mali a vendu sa société des télécommunications aux Marocains. L’orthodoxie financière et la séparation des pouvoirs en République voudraient que le gouvernement informe les députés de la destination de ce pactole. C’est contraint et forcé qu’ATT s’est risqué à des explications.
Au Mali, les scandales se suivent sans certes se ressembler, mais tournent tous autour de l’argent, de sa gestion et des comptes et mécomptes du régime d’ATT. Le dernier en date est sans doute cette question de vente de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) qui n’a pas fini de faire couler les salives.
Les services du Trésor public remplissent trois fonctions : caissier : ils gèrent le compte de l’Etat auprès de la Banque centrale (principe de l’unité de caisse) ; recouvrent la plupart des impôts et des recettes ; paient les dépenses qui sont "ordonnancées" (prescrites) par les autres services de l’Etat (principe de séparation de l’ordonnateur et du comptable) et en contrôlent la régularité comptable.
Ils jouent un second rôle qui est d’établir la comptabilité de toutes les personnes morales de droit public (Etat, collectivités territoriales). Ils peuvent jouer un dernier rôle qui est celui de financier de l’Etat. Dans ce cas, ils émettent des emprunts ou mobilisent les dépôts effectués par les "correspondants du Trésor" (ensemble des personnes ou organismes publics et parapublics qui ont la faculté ou l’obligation de déposer des fonds auprès du Trésor public).
C’est donc au Trésor, la banque de l’Etat, qu’il revenait de garder notre argent, les 180 milliards F CFA issus de la vente de la Sotelma. Mais, bien malin qui peut dire si l’argent est à ce niveau. En effet, le jour de la vente, il a été dit que les Marocains ont viré l’argent "qui se trouve à la Bcéao". Mais, depuis, plusieurs autres versions nous ont été servies…
Tout se passe comme si ATT a fait le coup de feu pour "attraper" les Maliens. Mais, dans tous les cas, si le scandale a éclaté avec la vente de la Sotelma, ce cas n’est pas du tout isolé dans le manque de transparence des autorités actuelles, dans leur déni de bonne gouvernance, frisant en des occasions la désinvolture. Les multitudes cas que l’on peut aligner viennent nous rappeler combien ATT a en estime nos institutions.
Une pétaudière
La Constitution malienne dit expressément qu’ATT et ses ministres doivent présenter publiquement l’état de leur bien. La Constitution ajoute que cette déclaration est publique. Depuis que le général est au pouvoir, combien de fois l’a-t-il fait publiquement ? Une seule fois en bientôt dix ans. La Cour suprême, qui doit le rappeler à ses obligations constitutionnelles, l’a-t-elle fait ? Il faudrait certainement interroger les cauris pour le savoir…
Que pense ATT du 26-Mars ? Il lui rappelle juste l’anniversaire de sa fille. Quels sont ses desseins pour nous les pauvres administrés ? "Bè b’i ba bolo"… On peut multiplier à l’infini les cas de déni des principes républicains. Certes la tâche lui est facilitée par une administration qui a longtemps démissionné, qui préfère créer des proconsuls et adorer des veaux d’or. Sombé Théra en est la figure personnifiée.
Nos remparts sont tombés depuis longtemps : ATT est devenu notre Constitution et on est peu ou prou gouverné selon qu’il se lève du pied gauche ou du pied droit.
En fait, pour ce qui concerne la vente de la Sotelma, le débat est moins l’usage qui sera fait de l’argent que la transparence. En effet, le gouvernement a le droit de ne pas inscrire au budget les 180 milliards F CFA s’ils ne seront pas dépensés cette année, mais il devrait au moins y inscrire ce qui est programmé qu'ATT a tenté d’expliquer sous la pression.
L’orthodoxie comptable et financière veut que l’argent transparaisse quelque part. Mais encore, et si les députés disaient "plutôt que de faire ce qu’ATT a prévu, pourquoi ne pas affecter l’argent à d’autres usages ?" Scénario certes improbable à cause du consensus et de l’accompagnement, mais tout à fait envisageable.
Dans ce cas, les deux camps n’auraient pas pu éviter l’affrontement. Dans la séparation des pouvoirs, normalement, le gouvernement propose à l’Assemblée, qui décide. Dans le cas d’espèce, ATT l'a juste informée, contraint et forcé.
"Bè b’i ba bolo" .
Alexis Kalambry
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POUR LA SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS
Les travailleurs de Huicoma squattent la Bourse du travail
Les travailleurs des 3 unités de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), sont depuis hier les hôtes de la Bourse du travail. Avec bagages et ustensiles de cuisine, ils ont déménagé dans la cour de la Bourse du travail, où ils n’envisagent pas de vider les lieux jusqu'à satisfaction de leurs doléances. Le SG de l’UNTM a du pain sur la planche.
Après les marches du 24 septembre à Koulikoro, du 6 octobre à Koutiala et le meeting du 24 octobre 2009 à Koulikoro et après avoir transmis les revendications à qui de droit, les travailleurs de Huicoma se disent toujours ignorés.
Hier, ils ont mis en pratique une nouvelle forme de lutte : le squat des locaux de la Bourse du travail jusqu'à la satisfaction de leurs doléances. Les travailleurs de toutes les unités Huicoma (Koutiala, Koulikoro, Kita) et les licenciés de Bamako ont emménagé avec armes et bagages au siège de l’UNTM. "Nous sommes de retour pour montrer notre volonté et notre détermination à réclamer l’implication de tous les acteurs". Tel est le message des "ex-travailleurs".
La mine serrée des uns et des autres suffisait à sentir leur colère. Assises sur des nattes, pour les vieilles personnes, à même le sol pour d’autres, les femmes sur des escabeaux s'affairaient autour de la préparation du déjeuner. A côté d’elles étaient érigées des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Plan social égal mission primordiale de l’UNTM", ou "La privatisation de Huicoma est la pire sanction infligée au peuple malien".
Plus loin, des groupes de jeunes très remontés discutaient de l’avenir de la société et de la suite à réserver. "Ce n’est que le coup d’envoi d’une série d’actions directes que nous projetons jusqu’à ce que Tomota et l’Etat malien se plient et honorent leurs engagements vis-à-vis des travailleurs…"
Le président Bakary Berté de la Commission des travailleurs de Huicoma-SA catégorique, est revenu de long en large sur le calvaire vécu par les travailleurs. Pour lui, le "sit-in" (en réalité le squat), n’est que la suite de leur action menée depuis bientôt 5 ans contre Tomota qui a arraché 84 % des actions de Huicoma des mains de l’Etat, suite au protocole d’accord de cession signé le 16 mai avec prise d’effet le 2 juin 2005.
Pour les travailleurs, le groupe Tomota n’a jamais respecté un seul article du cahier de charges au grand dam du gouvernement et ce, malgré les multiples avantages accordés. "Tomota et son groupe sont-ils au-dessus de la loi ?"
Enfonçant le clou, M. Berté a fait savoir que le gros du problème est imputé à Tomota, qui n’aurait aucun respect pour le gouvernement et les travailleurs. "Le gouvernement a montré sa bonne volonté en invitant à la table de négociation, toutes les parties". Et de regretter que "le repreneur ne s’est pas donné la peine de répondre à la dite invitation".
"Gouvernement fantôme"
Unanimement, les travailleurs et leur collectif de soutien, dans une déclaration qu’ils ont une fois de plus déposée sur la table de Siaka Diakité, SG de l'Union nationale des travailleurs du Mali, exigent : la reprise sans délai et sans condition de l’Huicoma par l’Etat au groupe Tomota, le paiement sans délai et sans condition du plan social 2003 de la CMDT amélioré, adopté pour les travailleurs de la CMDT et les mesures d’accompagnement à partir de la date du rachat (le 16 mai 2005), la reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise.
Ouverts au dialogue et toute initiative visant à résoudre cette question, les travailleurs en appellent au chef de l’Etat pour qu'il s’implique personnellement pour que justice soit faite. "Tomota doit rendre compte de ses actes devant la justice et l’Etat doit prendre ses responsabilités pour signifier la fin de l’impunité, du laxisme, du clientélisme", ont-ils conclu.
Le SG de l’UNTM Siaka Diakité, qui s’est dit surpris de voir ses "protégés" dans la cour de la Bourse a, au cours d’un rassemblement, tenté d’apaiser les esprits en donnant des informations sur les efforts consentis par l’UNTM et l’état des points de négociations entre sa structure et le gouvernement.
Pour lui, l’UNTM, s’est toujours opposée à la privatisation de Huicoma. Mais, "face à un gouvernement fantôme qui ne respecte pas ses engagements, il faut négocier". Et d’ajouter qu’ils ont fait du plan social leur cheval de bataille jusqu’au moment de la cession. "Le plan social ne figurait pas au moment de la cession de Huicoma. Nous l’avons exigé".
Le SG a laissé entendre que l’UNTM ne reconnaît pas Tomota dans le plan social et que les négociations avec le gouvernement sont en cours. Demain jeudi, une rencontre entre l’UNTM et le gouvernement est prévue pour statuer sur les différentes doléances soumises. Les départements concernés à ses dires vont donner suite aux revendications des travailleurs de la poste, d'Azalaï Tombouctou, des partants volontaires à la retraite… Toutefois, Siaka Diakité a demandé à ses militants de la patience. "Nous sommes à la dernière phase de la conclusion de ce plan social avant d’engager d’autres actions".
Malgré ces propos rassurants, les travailleurs n’entendent pas vider la cour de la Bourse du travail. "Nous sommes ici jusqu'à ce qu’on dise une réponse qui nous agrée".
Wait and see !
Amadou Sidibé
"Je ne suis pas corrompu"
Au cours de la séance d’explication avec les travailleurs de Huicoma qui sont depuis hier logés dans la cour de la Bourse du travail, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, s’est blanchi des accusations que certains portent à son encontre, le traitant de corrompu. Il a dit ceci : "Le jour où vous avez des preuves certaines que je vous vend au profit de quelqu’un, amenez-les moi et je m’en irai". Et de regretter "que quand on affaire à des fantômes, on est traité de tous les noms d’oiseaux et l'on prend tous les coups". Une sorte de défi lancé à ses détracteurs.
A. S.
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KALABANCORO
Des kiosques à eau pour faire face à la pénurie
Pour pallier le manque d’eau potable à Kalabancoro et créer des emplois, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle a offert lundi 6 kiosques à eau aux autorités communales de Kalabancoro au profit des populations.
Les populations de Kalabancoro, notamment celles qui vivent à proximité de la mairie, étaient en liesse le lundi 10 novembre 2009. L’eau potable, une denrée précieuse dans cette partie de la Commune, est, depuis ce jour-là, à portée de main avec le lancement de 6 kiosques à eau (4 à Kalabancoro et 2 à Kabala) par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Ibrahima Ndiaye.
Un kiosque à eau est une mini-adduction d’eau composée d’une cuve en polyéthylène de 2 m3 fixé à 2 m de hauteur permettant le stockage de l’eau, d’une pompe refoulante à main et d’une rampe de 3 robinets permettant la distribution d’eau simultanée à trois personnes. Il comprend également un dispositif d’assainissement composé d’une dalle anti-bourbier et d’un puisard collecteur des eaux de ruissellement.
Les kiosques à eau s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des offres faites au cours de la Bourse de l’emploi et de la formation par le Programme national d’action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA/ERP). Ils serviront à améliorer la qualité de vie dans les zones urbaines et périurbaines de réduire les maladies liées à l’absorption d’une eau de qualité douteuse.
"En offrant ces 6 kiosques à eau d’une valeur de 26,479 millions F CFA, le MEFP met entre vos mains plus qu’une opportunité, un véritable instrument de lutte contre la pauvreté" , a dit Ibrahim Ndiaye. Il a invité les autorités des collectivités locales, les partenaires, leaders et chefs coutumiers à se joindre à l’Etat et à son département pour remporter la bataille contre le "péril du bidon jaune".
L’installation de 4 kiosques à eau à Kalabancoro et 2 à Kabala vise le double objectif de remédier au manque d’eau dans ces localités et la création d’emplois pour les jeunes. En effet, bien gérés, les kiosques à eau sont pourvoyeurs d’emplois et de revenus substantiels pour leurs gestionnaires.
Selon un jeune gestionnaire d’un de ces kiosques, son revenu journalier se situe entre 2000 à 3000 F CFA. En période chaude, il augmente. Le projet est un test et s’il réussit, il va s’étendre à tout le pays. "Ce n’est pas l’argent qui manque, mais les bons projets", a dit Ibrahima Ndiaye.
Denis Koné
Acceuil