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2009

Mois de novembre

Les Echos du 10 novembre

 

EDITORIAL

Paradoxes

Il est du devoir d’un président de la République de s’indigner lorsque, pour une prime de 10 000 F CFA que l’Etat ne peut pas assurer pour tous, des enseignants abandonnent les salles de classes. La vocation enseignante impose des sacrifices inimaginables. Il est légitime que le président Touré tape du poing sur la table, car 20 ans de crise scolaire, ça suffit !

Nous croyons sincèrement que le chef de l’Etat n’est ni corruptible ni corrupteur. De plus, son engagement pour le Mali ne fait pas l’ombre d’un doute, en témoignent les actes qu’il a posés de la Transition à nos jours et qui tournent autour de la satisfaction des besoins sociaux de ses concitoyens (logements sociaux, lutte contre les endémies et les épidémies, construction de centres de santé, aide au développement agricole, routes, accès à l’eau potable…)

Mais il y a un hic. Il y a comme un malentendu que le président de tous les Maliens semble minimiser. Certes, l’Etat ne peut pas payer 10 000 F CFA de prime mensuelle à chacun des enseignants, et pourtant il mène un train de vie qui laisse penser qu’il y a maldonne et que le manque de liquidité argué par les pouvoirs publics n’est qu’un prétexte pour remettre aux calendes grecques une revendication somme toute légitime.

Pendant que les éducateurs n’ont en tout et pour tout que deux bâtons de craie, qui n’ont aucune valeur substantielle sur le marché noir à supposer qu’ils soient tentés de vendre leurs instruments de travail pour joindre les deux bouts, d’autres cadres, qui roulent carrosses, qui sont logés aux frais du contribuable, manipulent l’argent public à leur guise, octroient des marchés de l’Etat à qui ils veulent, pourvu qu’ils en tirent des subsides. Le fossé est abyssal entre agents de même niveau de la fonction publique.

Et chaque fois qu’un scandale est révélé, les présumés coupables sont sans autre forme de procès promus à des postes supérieurs, voire conseillers en haut lieu. C’est cette pratique en cours dans la République qui révolte silencieusement l’opinion et conduit souvent à la radicalisation des positions.

N’est-ce pas les enseignants - qui n’ont que leurs salaires comme revenus - qui souffrent le plus des actes de "banditisme" orchestrés par des agents de l’Administration de commun accord avec des opérateurs économiques chaque fois que le président accorde des exonérations pour tirer vers le bas le prix des produits de première nécessité ?

Quel autre corps de métiers plus que celui-ci se démène comme un beau diable pour assurer ses obligations sociales ? Pourquoi les rapports des services de contrôle et du Vérificateur général qui portent sur des milliards carottés à cause du détournement, de la corruption, de la gabegie… ne produisent que l’effet d’un coup d’épée dans l’eau ? Autant de questions qui hantent l’esprit de tous ceux qui revendiquent et qui pensent à juste raison que le Mali n’est pas ce pays si pauvre et qu’il faille tirer sur la corde.

L’enseignement est un sacerdoce, rétorqueront certains. Mais n’a-t-on pas décidé de le dévaloriser en quelque sorte en acceptant le tout-venant ? Des sortants des instituts de formation des maîtres sont délaissés pour d’autres profils de formation, pour contenter un frère, un neveu, un cousin ou un ami qui n’arrive à trouver sa voie réelle.

Si l’appel du président de la République est patriotique et nécessaire, il faut néanmoins convenir de la nécessité d’instaurer plus de justice sociale et d’équité dans ce pays. Il faut que le président Touré annonce enfin la fin des paradoxes en nettoyant toutes les écuries maliennes. Il faut qu’il accepte de consacrer les quelque deux années qui lui restent à la présidence à la rédemption de l’école malienne et donc au sauvetage de la nation.

A ce moment-là, ATT aura réussi son pari, c’est-à-dire réconcilier le Mali avec lui-même.

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ECHIQUIER POLITIQUE MALIEN

L’opposition malienne à bout de souffle ?

La démocratie malienne a besoin d’une opposition politique organisatrice, créatrice d’initiatives et d’idées, assez mature pour accompagner le gouvernement quand cela s’avère nécessaire pour l’intérêt public, mais assez responsable pour défendre les valeurs qui sont les siennes. Or, actuellement, les partis d’opposition ne répondent pas à ce besoin. Ils ne représentent pas une opposition crédible et forte, capable de prétendre à l’alternance et gagner des élections.

La démocratie malienne reste fragile. Le climat politique actuel accélère les divisions et accentue la faiblesse de nos institutions qui prendront certainement des années à y remédier. Le gouvernement renforce ce risque en divisant les partis politiques pour mieux régner, et les partis politiques partagent le blâme en ayant à leurs directions des individus qui n’ont ni idées ni projets et qui marchandent valeurs et convictions contre n’importe quel poste ou autorité qui leur permet, eux aussi, de partager le gâteau malien.

L’opposition malienne a plus que jamais besoin d’être sur l’offensive. Les arguments ne manquent pas pour épingler le gouvernement et l’efforcer aux débats d’idées et à la concertation quant à la recherche de solutions à nos problèmes.

Avec des services publics quasi-inexistants, des marges de manœuvres de nos finances réduites à zéro, la création d’institutions budgétivores qui ne sont ni nécessaires ni souhaitables, le gaspillage de l’argent du contribuable dans les dépenses non prioritaires qui n’ont aucun rendement (les centaines de Land Cruiser GX Prado par exemple), une justice aux enchères qui se vend sur le lieu public, au su et au vu de tout le monde, une politique publique qui se décharge de ses responsabilités (éducation par exemple), il y a lieu de contraindre le gouvernement à changer de politique et de méthode.

La politique gouvernementale a besoin de réformes, et qui peut mieux axer le débat sur les alternatives et orienter les choix publics qu’une opposition qui provoque, initie et propose ? Mais sur l’essentiel que fait-elle ? Rien.

Paradoxalement, les partis politiques ont en leur sein des ressources considérables, en premier lieu les ressources humaines. Mais elles ont toutes un prix : un poste juteux et ils changent de veste aussitôt. A cause de ce comportement irresponsable, la confiance placée aux partis politiques est aux plus bas depuis l’avènement de la démocratie. Leur capacité à bâtir un projet de société est mise en doute et la qualité morale de leurs leaders demeure le principal obstacle au développement de notre démocratie.

L’opposition malienne a besoin de changement, de renouvellement, de rajeunissement et surtout de travail. Elle a besoin de confier de vraies responsabilités à la nouvelle génération, fonctionnant comme un vrai contre-pouvoir au gouvernement. Elle a aussi besoin des responsables compétents et désintéressés. A la base, elle a besoin de militants qui débattent, amendent et votent dans la transparence.

Cette responsabilité d’agir et de sauvegarder une opposition forte s’impose à nous tous, y compris le gouvernement. Pour jouer pleinement son rôle, le gouvernement doit être attaché à la diversité, au débat, et surtout à l’autocritique. Après tout, que vaut une démocratie sans une opposition forte et crédible ?

Soya Djigué

(économiste à Bamako)

 

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BRUITS SOURDS

Koulouba : la caméra surprend Séméga et Mariam Flantié

Vendredi dernier à Koulouba,personne n’a rien compris dans les gestes du ministre de l’Equipement et des Transports, Hamed Diane Séméga et son collègue de la Communication, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo. Les deux ont été surpris par la caméra la mine grise suite aux interventions du ministre délégué au Budget Lassine Bouaré. C’était à l’occasion de la séance d'explication sur la clé de répartition des 180 milliards de F CFA issus de la privatisation à 51 % de la Sotelma. Ceux qui n’étaient pas dans la salle mais qui ont eu la chance de suivre la cérémonie à la télévision ont noté la mine défaite des deux membres du gouvernement. Ce comportement à l’endroit de leur collègue du Budget fait dire à l’opinion publique que soit ils n’étaient pas d’accord avec M. Bouaré soit ils ne comprenaient rien dans ce qu’il disait. Après quoi on a vu le président de la République donner des explications plus potables sur la gestion des ressources générées.

PDES : le ministre du Commerce futur champion

Il s’occupe du Commerce et a développé la seconde phase du Projet d’appui aux commerçants détaillants. Ce qui lui a donné des ailes. Le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne connaît plus de limites à ses domaines de compétence. Veut-il autre chose que le département du Commerce ? Où s’est-il dopé pour battre le champion national du Programme de développement économique et social (PDES), son collègue de l’Equipement et des Transports ? En tout cas, de nos jours, le ministre Diallo s’accapare de tout, même ce qui ne lui appartient pas pour se donner une image.

Expulsions à Tabacoro : l'A. N. prend en main le dossier

Puisqu’ils n’ont pas bénéficié d’oreille attentive auprès du ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Salamata Gakou, les propriétaires de parcelles et concessions rurales de Tabacoro qui ont fait l’objet d’expropriation pour cause d’utilité publique ont saisi des leaders d’opinion en l’occurrence le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré qui n’a pas mis du temps pour saisir la Commission des affaires sociales et travaux publics à l’Assemblée nationale pour tirer au clair l'affaire. En attendant, l’avis de cette commission, les travaux continuent sur le site de Tabacoro (route de Ségou). Sur les 420 hectares, plus de 300 ont fait l’objet de morcellement dans le cadre de l’extension des logements sociaux sur le site.

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RENOVATION DU PONT FAHD

L’Arabie saoudite pose ses conditions

Pour financer les travaux de rénovation du pont "Roi Fahd" de Bamako (2e pont), à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, prévu en 2010, les autorités saoudiennes ont exigé que la partie malienne abolisse l'appellation "2e pont de Bamako" pour ne retenir que le nom du généreux donateur. Dans les départements, on commence à bûcher pont "Roi Fahd".

L’année 2010 marquera les 50 ans de l’indépendance du Mali. Les autorités prévoient l’organisation de plusieurs activités à travers le pays. La tenue d’un tel événement demande un budget très important. Une commission d’organisation a été mise en place pour piloter les activités.

Les sous-commissions sont animées par un département ministériel responsable assisté des représentants de ministères impliqués dans la mise en œuvre des activités pour leur planification dans le temps avec un budget de réalisation.

Le département de l’Equipement et des Transports qui entend jouer pleinement son rôle dans la rénovation de certaines infrastructures et réfection, a introduit auprès de certains de ses partenaires des demandes "d’appui". Présent aux côtés du Mali depuis les premières années de l’indépendance, le Royaume d’Arabie saoudite, a répondu à l’appel. C’est ainsi qu’il a promis de mettre d’importantes sommes d’argent dans la rénovation du second pont de Bamako, appelé officiellement "Pont Fahd", qu’ils ont eux-mêmes financé sous forme de don sous la IIe République.

Mais, pour qu’un centime soit injecté dans les travaux de rénovation qui concerne le pont et ses infrastructures connexes, les amis saoudiens, de sources concordantes en provenance du cabinet du ministère de l’Equipement et des Transports, ont posé leur condition.

A César ce qui lui appartient…

Mécontente des plus hautes autorités, l’Arabie saoudite, affirment nos sources, exige que les autorités maliennes, rectifient le tir, en ne disant plus jamais dans les discours officiels "2e pont de Bamako", mais d’appeler l'ouvrage du nom du généreux donateur, c'est-à-dire "Pont du Roi Fahd". Les autorités du Mali avaient pris l'habitude d’appeler le pont "2e pont", sans autre référence au défunt gardien des Lieux Saints de l'islam. Chose qui a suscité l'émoi chez le bailleur.

Pour se conformer aux vœux des Saoudiens, nos sources révèlent que "depuis cette petite remarque des Saoudiens, un exercice de  buching de l’expression : pont du Roi Fahd, est sur les lèvres des cadres dans bien de départements ministériels". "La responsabilité de préserver le patrimoine islamique".

L’Arabie saoudite, un des tout premiers pays à reconnaître le Mali après son accession à la souveraineté nationale et internationale, a aussitôt noué avec notre pays des relations de coopération très fécondes, matérialisées, entre autres, par la visite de Sa Majesté le roi Fayçal Ibn Abdel Aziz en 1966 à Bamako.

En plus du "pont du Roi Fahd", le Royaume a participé de façon significative au financement des barrages de Manantali et de Sélingué. Aujourd’hui, le Royaume d’Arabie saoudite, selon ses représentants, est tout disposé à renforcer et à booster ces relations.

Amadou Sidibé

 

 

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CINQUANTENAIRE DU MALI

Le logo dévoilé

La commission d’organisation du cinquantenaire de l’indépendance du Mali a présenté le 9 novembre à Koulouba le logo du cinquantenaire, œuvre d’une demoiselle sélectionnée sur plus de 186 postulants.

Le logo primé est celui de Melle Jacqueline Rébecca Kamaté, étudiante en analyse économique en fin de cycle à la Fseg de l’Université du Mali. Selon la description faite par Melle Kamaté elle-même, l’œuvre est composée de quatre éléments.

Le premier élément est le chiffre 50 écrit en couleur or symbolisant l’âge du Mali et encastré dans la carte du Mali aux couleurs nationales comme deuxième élément. Un arc constituant la 3e partie aux couleurs vert, or et rouge pour signifier la marche en avant du Mali. En bas de l’arc du logo est inscrit le nom "Mali" en gros caractères avec la date de l’indépendance (1960-2010). Ce qui constitue la 4e et dernière partie de ce logo qui rivalise de simplicité et d'originalité.

Selon le président de la commission d’organisation du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, Oumar Hammadoun Dicko, ce sont 186 dossiers qui ont été reçus des régions, du district de Bamako et de l’extérieur du pays et plus de 460 projets de logos examinés. La possibilité avait été donnée aux postulants de déposer jusqu’à 3 propositions de logos.

Dix logos ont été présélectionnés sur lesquels les 5 meilleurs ont été retenus. Une autre phase de sélection a été faite par les plus hautes autorités du pays sur les 3 meilleurs logos à retenir. Il a fallu déterminer parmi ces 3 logos le gagnant et les 2e et 3e places.

Choix de la simplicité

Aux dires de M. Dicko, "le choix de la simplicité du logo, de son originalité, de son caractère unique, de l’usage de symboles forts concernant tout le Mali, de son usage multimédia, de sa facilité d’impression et de son approche visuelle ont été les critères déterminants qui ont motivé les choix du groupe d’appui technique et du comité de dépouillement". Il se propose de remettre les prix aux différents lauréats aux cours d’une prochaine cérémonie avec exposition de tous les logos au siège de la commission dans l’immeuble ACI-2000.

Le président de la commission du cinquantenaire a aussi indiqué dans son allocution que "le logo dévoilé constituera un symbole fort du cinquantenaire de notre pays. Il incarnera la vision du Mali d’hier et d’aujourd’hui et exprimera l’importance de l’héritage que nous voulons léguer à la génération des 50 prochaines années…"

Le public dont le président de la République, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le gouverneur et le maire du district, entre autres, ont eu droit à la projection d’un documentaire de 5 minutes sur la marche du Mali pour son développement économique.

Les pionniers et l’ensemble instrumental national ont chanté l’hymne national du Mali en français pour les premiers et en bamanan pour le second.

Abdrahamane Dicko

 


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CONTRE LE TERRORISME NUCLEAIRE

Le Mali entre dans la danse

En adoptant le projet de loi portant autorisation de l’adhésion de notre pays à la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, les députés ont mis le Mali sur le même niveau que la Communauté internationale en matière de répression des actes terroristes.

Le terrorisme constitue de nos jours un phénomène transnational. La preuve en est qu'au Mali avec la vulnérabilité des régions du Nord et la présence de groupes. Notre pays à lui seul ne peut le combattre sans l’appui d’autres pays ; le tout soutenu par un arsenal juridique reconnu par tous les Etats.

C’est dans ce cadre que, jeudi dernier, les députés ont adopté en plénière, le projet de loi portant autorisation de l’adhésion du Mali à la Convention internationale pour la répression des actes terroristes nucléaires, adoptée par les Nations unies le 13 avril 2005.

Cette convention vise à assurer une protection efficace contre les actes terroristes aux dimensions nucléaires. Elle complète les 16 autres instruments juridiques internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme dont le Mali a ratifié 12 qui ne prenaient pas en compte la dimension nucléaire.

La Convention qualifie d’infractions terroristes : la détention illégale de matières radioactives, la fabrication ou la détention d’engins dans le but d’entraîner la mort d’une personne ou de lui causer des dommages corporels graves dans l’intention de causer des dégâts substantiels à des biens ou à l’environnement ; l’emploi de quelque manière que ce soit des matières ou engins radioactifs et l’utilisation ou l’endommagement d’une installation nucléaire de façon à libérer ou risque de libérer des manières radioactives.

En plus de ces infractions, la Convention préconise une étroite collaboration judiciaire entre les Etats dans les cas de poursuites des infractions établies.

Denis Koné

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6e EDITION DU TRIANGLE DU BALAFON

Le sacre du groupe "Parisi" du Burkina Faso

Conférences débats et projections de documentaires sur le balafon, expositions, visites de sites touristiques, lutte contre la désertification à travers l’aménagement d’un espace vert… sont des temps forts de l’édition 2009 du festival international "Triangle du balafon" au cours de laquelle des troupes g uinéennes ont côtoyé celles du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Burkina, donnant à la manifestation une dimension africaine.

La salle Lamissa Bengaly de Sikasso a servi dimanche 8 novembre de cadre à la cérémonie de clôture de la 6e édition du festival Triangle du balafon. Présidée par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang, représentant le ministre de la Culture, la cérémonie a enregistré la présence de Tiémoko Sangaré, ministre de l’Environnement, d'Adepo Yapo, représentant le ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, Jean-Baptiste Williams, représentant le ministre de la Culture de la Guinée Conakry, Bitchibaly Dansa, représentant le ministre de la Culture du Burkina Faso, du gouverneur de Sikasso, du président de l’Assemblée régionale de Sikasso…

Le festival s’inscrit dans l’esprit de la déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle. Sa conception a été mûrie par ceux-là mêmes qui croient en cette déclaration et qui ont compris que la culture est un facteur de paix, de stabilité et de cohésion sociale. Cette conviction a favorisé sa mise en œuvre par l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali auxquels s'est ajoutée la Guinée Conakry

Le triangle du balafon vise des objectifs globaux et des objectifs spécifiques. Les objectifs globaux sont : établir entre pays africains voisins des relations culturelles fondées sur l’échange d’expériences, la connaissance et le respect réciproque ; contribuer à la consolidation de l’intégration et de la paix entre les populations du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali ; valoriser le patrimoine culturel de la sous-région.

Capitale mondiale du balafon

Quant aux objectifs spécifiques, ils visent à promouvoir le balafon en tant que forme d’expression culturelle ; à faire mieux connaître le balafon dans son historique, sa diversité et son rôle d’élément intégrateur ; à promouvoir la diversité culturelle à travers le balafon… et faire de Sikasso la capitale du balafon en Afrique de l’Ouest.

Les groupes qui ont rivalisé sont les troupes Parisi et Kanouya du Houët (Bobo-Dioulasso, Burkina Faso), Koni Djose Buanzan de Bamako, Karim Dembélé de Dougan Karagasso (Koutiala), les ensembles Kalaha de Korhogo et KBL-Katana club de Bouaké (Côte d’Ivoire), Manden Balla et Djely de la Guinée Conakry.

Après deux nuits de compétitions dans la salle de spectacles "Lamissa Bengaly", c’est la troupe burkinabé "Parisi" qui a régné en maître absolu. Le jury, présidé par Aboubacar Dembélé du Mali, a travaillé sur des critères comme la maîtrise individuelle du jeu de l’instrument et les efforts de recherche et de créativité musicale.

C’est ainsi que le 3e prix, dénommé "prix de l’Union européenne" (750 000 F CFA) a été décerné au groupe "Djéli Guinée". Le 2e prix, dénommé "prix de l’intégration" (1 million de F CFA) est allé au groupe KBL Katana. Le 1er prix, dénommé "prix Lamissa Bengaly" (1,5 million de F CFA) a été remporté par le groupe "Parisi" du Burkina Faso. Ce prix porte le nom d’un célèbre balafoniste malien décédé en 1992 à l’âge de 75 ans.

Le prix "Alkaly Camara" (virtuose guinéen du balafon), a été attribué au groupe Buanzan du Mali (300 000 F CFA), le prix "Balaba", d'une valeur de 200 000 F CFA a été attribué à Dougakoro Diarra, artiste malien âgé de 76 ans.

En marge du Triangle balafon, un concours en chorégraphie a été organisé entre les établissements scolaires. C’est l’Institut de formation professionnelle (IFP) de Sikasso qui a enlevé le 1er prix .

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

 

Ils ont dit...

Hamane Niang(ministre de la Jeunesse et des Sports):

Le festival Triangle du Balafon créé en 2003 pour promouvoir l’intégration sous-régionale est un espace d’échanges d’expériences et de brassage culturel pour nos populations autour du balafon, instrument mystique et fédérateur. Le thème de cette 6e édition est un thème évocateur qui nous interpelle tous à plus d’un titre autour du raffermissement des liens séculaires qui unissent nos peuples ".

Mando Nanta Goïta(secrétaire permanent du festival) :

" Le Triangle balafon est une occasion de rendre un vibrant hommage aux artistes qui ont œuvré pour la valorisation du balafon comme Néba Solo, Lamissa Bengaly n°1, Rokia Traoré, Mariam Bagayoko, etc. Grâce à eux, le balafon a quitté la place publique du village pour entrer dans la World musique. Cet acquis devient, pour les Sikassois, un défi dont il faut s’approprier pour le rayonnement du festival et du balafon tout court".

Nèba Solo  (artiste malien) :

"L’introduction des instruments modernes dans le balafon n’est pas grave. Je suis très satisfait de cette 6e édition. Le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ont gagné chacun. C'est tant mieux si la Guinée aussi participe. Il y aura certainement d’autres pays, rien n’est perdu encore. Côté organisation, cette 6e édition a été meilleure aux précédentes, parce qu’il y a eu beaucoup de progrès. Je souhaite qu'il en soit ainsi à chaque édition. Je souhaite bon vent au festival".

 

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