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2009

Mois de novembre

Les Echos du 09 novembre

 

AFFAIRE DES 180 MILLIARDS DE LA SOTELMA

Les autorités mal à l’aise

C'est inédit ! ATT n’avait jamais auparavant donné des explications sur des fonds publics encore moins leur mode de répartition. Mais avec la polémique sur les 180 milliards de F CFA issus de la privatisation à 51 % de la Sotelma, il s’est livré le week-end dernier à cet exercice. Pourquoi ?

Jamais une vente de société et entreprise d’Etat comme celle de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) n’a fait couler autant d’encre et de salive dans notre pays. En fait, dans le budget 2010 devant être voté par les élus de la nation à la faveur de la session budgétaire en cours, les 180 milliards de F CFA représentant le coût de cession de la Sotelma n’ont pas répondu à l’appel.

N’ayant pas compris cette absence qui ne se justifie sous aucun prétexte, les députés auraient brandi la menace de ne pas adopter le projet de budget. Après les explications cafouillées du ministre de l’Economie et des Finances, Sanoussi Touré sur les antennes de la télévision nationale, c’est le président de la République en personne qui a rencontré vendredi à Koulouba, les présidents des institutions de la République, les partenaires techniques et financiers… pour les entretenir du mode de répartition des fonds issus de la cession de la Sotelma.

Sans le dire ouvertement, ATT a prouvé aux yeux de l’opinion que les explications du ministre Touré n’ont pas éclairé la lanterne de l'opinion. A entendre le chef de l’Etat, les fonds de la cession seront destinés aux secteurs sociaux comme les infrastructures, l’éducation, la santé, les ressources humaines, etc.

Sans être exhaustif, nous notons que 40 milliards de F CFA seront dédiés aux instances de paiement au Trésor dont 24 milliards pour les opérateurs économiques. Dans le domaine de la jeunesse et des secteurs sociaux, l’Etat a promis de consacrer 17,58 milliards de F CFA pendant que 5,4 milliards seront affectés à la construction de lycées d’enseignement général.

Jurisprudence

Dans le domaine de la santé, 2 milliards sont prévus pour combler le gap de financement de la construction de l’hôpital de Sikasso. Par ailleurs, l’Etat s’engage à consacrer 6,9 milliards de F CFA à l’amélioration de la bonne gouvernance. Et 15 autres milliards de F CFA seront investis dans le domaine agricole au cours de la période 2010-2012…

La démarche du chef de l’Etat paraît nouvelle d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une logique de transparence dans la gestion des fonds publics. Mais ce que l’opinion malienne dans sa majorité aujourd’hui n’a pas compris et qui est vrai, c’est que de la transition à son premier mandat jusqu’au 6 novembre 2009, personne n’avait vu ATT donner des explications sur des fonds publics, leur origine et leur mode de répartition.

Ce qu’il faut dire et savoir, c’est que l’histoire récente des ventes des sociétés et entreprises publiques n’a pas commencé avec la Sotelma. Il y a eu par exemple la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA, Huicoma, entre autres). Pourquoi n’a-t-il pas détaillé le mode de répartition des fonds de ces cessions ? De plus, le montant de cession de la Sotelma ne constitue pas les sous les plus importants. Du moins, il n’est pas plus important que le Millénium Challenge qui fait normalement plus de 300 milliards de F CFA. Motus et bouche cousue.

Il n’est même pas évident que l’argent ira réellement à sa destination. Sinon pourquoi ne pas l’inscrire directement dans le budget après le paiement du plan social des travailleurs de la Sotelma qui s’élèverait à environ 16 milliards de F CFA ? Le chef de l’Etat n’en a pas fait cas alors que c’est une exigence du groupe Parena-Sadi.

La sortie du président de la République n’a pas et ne pouvait pas passer inaperçue. Certainement, les autorités se reprochent quelque chose ou alors elles ont mangé à satiété et estiment qu’il est temps d’associer le peuple à sa chose.

Nul doute que la démarche de Koulouba ne vise qu’à répondre dans le feu de l’action l’opposition parlementaire qui exige des éclaircissements sur la cession de la Sotelma et de la BIM. Ce qui n’a commencé que vendredi fera-t-il désormais jurisprudence au Mali ?

Mohamed Daou

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MODIBO KADJOKE, DG DE L'APEJ

"L'Apej est une grande chance à saisir par les jeunes"

Le Programme pour l'emploi des jeunes, 2e génération (Pej-II) est en gestation. Le directeur général de l'Agence pour la promotion de l'emploi des jeunes (Apej), Modibo Kadjoké, dans un entretien qu'il nous a accordé, parle de ce que l'Apej a pu faire au cours du Pej-I en termes de formation et d'employabilité des jeunes, la situation des anciens volontaires, les perspectives… Il dit tout.

Les Echos : Y a-t-il en cours, un programme de recrutement de jeunes volontaires de l'Apej dans les services publics et parapublics ?

Modibo Kadjoké : Oui. Il y a un programme de recrutement de jeunes volontaires de l'Apej dans les services publics et parapublics, mais surtout dans des ONG. Le volontariat est un programme qui a commencé dans notre pays depuis assez longtemps. Nous en sommes à la 3e vague. Dans un premier temps, c'était exclusivement les services publics et parapublics. L'année dernière, nous avons fait un glissement vers les collectivités territoriales. Nous avons mis 100 jeunes volontaires dans les services publics et parapublics et 1400 dans les collectivités territoriales.

Nous avons vu dans les collectivités territoriales de grands gisements en termes de création d'emplois et d'opportunités pour les jeunes. Je pense qu'on ne s'est pas trompé parce que nous avons des cas assez intéressants dans certaines collectivités territoriales. Nous nous sommes dit cette année qu'il vaut mieux laisser des jeunes continuer avec certaines des collectivités et choisir un autre secteur. C'est ce qui détermine notre choix des ONG cette année. Nous sommes aussi convaincus que les ONG constituent un grand vivier en terme d'emplois et qu'elles constituent surtout une grande école en ce sens que le volontariat est une école de formation.

Les Echos : Quels sont à ce jour, les points saillants de vos activités ?

M. K. : Parmi les points saillants des activités de l'Apej, il y a bien sûr ce programme-là qui est assez important et qui fait partie de la composante renforcement de l'employabilité des jeunes, qui est toujours accompagné de stage de qualification dans les entreprises privées. Le volontariat est pris en charge à 100 % par l'Etat, à travers l'Apej, mais le stage de qualification est pris en charge à 50 % par l'Apej et 50 % par le service d'accueil. En plus de ce programme, il y a celui qui est consacré à l'incitation des jeunes vers la création de petites et moyennes entreprises. Nous le faisons avec des services financiers et non financiers. Les services non financiers, c'est tout ce qu'il y a comme appui à la création d'entreprise, assistance/conseil, formation à l'esprit d'entreprise, suivi des jeunes.

Pour ce qui est des services financiers, nous avons le Fonds national pour l'emploi jeune (Fnej), qui permet de financer des projets de jeunes. Nous avons choisi le financement indirect où nous passons par les banques. Celles-ci financent les projets et l'Apej apporte la garantie.

Le 3e point saillant, qui nous paraît le plus important, c'est tout ce que vous voyez en matière de Haute intensité de main d'œuvre (Himo). Himo est une méthode de travail que nous avons priorisée pour créer beaucoup d'emplois s'il s'agit de construire des routes dans une ville ou des pistes rurales. Ce système Himo est à proposer aux élus communaux, aux autorités administratives, à tous les décideurs et investisseurs comme un chantier école.

Le 4e point saillant, c'est tout ce qui concerne l'emploi rural. L'Apej a un vaste programme d'aménagements hydroagricoles sous forme de chantiers école-là aussi et d'aménagement de mares en Himo, d'installation de jeunes, d'équipement de jeunes et de financement de crédits de campagne.

Les Echos : Peut-on savoir le coût du programme Himo qui vous tient à cœur pour son double intérêt de coût moins élevé et de chantier école ?

M. K. : Il faut d'abord dire que ça vient dans le cadre d'un grand programme de l'Apej que nous réalisons avec l'assistance technique du BIT, financée par le Grand Duché du Luxembourg. C'est un chantier école dont les investissements sont à la charge de l'Etat malien, l'assistance technique est offerte par le BIT et financé par le Grand Duché du Luxembourg. Si nous avons choisi cette méthode, c'est parce qu'elle est moins coûteuse et elle crée beaucoup d'emplois. Ce qui est le plus important, Himo fait sortir le moins de devise parce que les matériaux (pierre) sont d'origine locale ainsi que la main-d'œuvre. Si nous faisons une piste rurale, 1 km nous revient à 5 millions de F CFA. Mais si elle est faite en Haute intensité d'équipement (HIEQ), le coût se situe entre 15 et 20 millions de F CFA.

L'avantage de Himo, c'est que c'est une école de formation que les jeunes s'approprient. La route pavée des logements sociaux de Tabacoro a coûté en pavé de roche 156 millions de F CFA pour 1,4 km alors qu'en revêtement ou bitume, elle atteindrait 266 millions de nos francs. Ce qui veut dire qu'avec le montant en bitume, on peut faire le double en pavé de roche, qui vient de chez nous et qui est facile à entretenir et à réaliser. C'est une technique adaptée à la grande masse de jeunes qui n'ont pas un bon niveau, mais qui peuvent apprendre des choses. C'est un peu la philosophie de la méthode Himo, c'est-à-dire : moins coûteuse et créant plus d'emplois.

Les Echos : Croyez-vous en la pérennité de l'Apej ?

M. K. : Bien sûr que oui. Plusieurs évaluations ont été faites sur l'Apej et toutes les évaluations sont allées dans le même sens ; à savoir : la pertinence de la création de la structure. Les objectifs ont été jugés pertinents. Toutes les composantes du Pej répondent à des soucis précis des jeunes. Un jeune qui finit ses études n'a pas d'expérience de travail. C'est parce qu'il n'a pas d'expérience qu'il n'a pas d'emploi. C'est un cercle vicieux.

Le renforcement de l'employabilité permet de résoudre cette équation. L'apprentissage permet à ce jeune qui n'est pas allé à l'école et qui n'a pas une qualification d'en avoir une. Le volet financement permet d'amener les jeunes à créer leur entreprise. L'auto-emploi partout dans le monde est le remède essentiel au problème d'emploi des jeunes. Nous avons beaucoup de partenaires dans les Himo.

Nous avons reçu l'Agetier qui était avec nous sur le chantier de Tabacoro, qui a envoyé des cadres en formation en Himo à Madagascar et à Turin (Italie). Il en est de même pour le génie rural. Des engagements ont été pris par les ministères du Logement, de l'Urbanisme et des Affaires foncières, de l'Emploi et de la Formation professionnelle et de l'Equipement et des Transports. Les collectivités territoriales sont en train de nous emboîter le pas. A Sikasso, elles ont 1600 km de piste rurale à aménager. Les collectivités territoriales de Sikasso se sont organisées à mobiliser 500 millions de F CFA avec la Coopération suisse pour faire ces pistes.

Koulikoro est venue nous voir sur le même sujet. Nous lui avons dit qu'elle a la matière première, qui est la pierre parce que la ville jouxte la colline. Donc, Koulikoro n'a pas besoin de bitume pour ne pas gaspiller ses ressources financières. Tout est à portée de main que ce soit les aménagements hydroagricoles, les forêts, les pistes, entre autres. L'espoir est permis.

Les Echos :L'Apej à vous entendre a même atteint sa vitesse de croisière…

M. K. : Je le pense même si cette appréciation aurait été mieux si elle venait des autres. J'ai parlé tantôt des évaluations qui ont été faites par des personnalités indépendantes et celles-ci sont allées dans le sens indiqué. Nos actions ont contribué à réduire le chômage et à former des jeunes. Le volontariat, c'est 2000 jeunes chaque année. Dans l'évaluation que nous avons faite à l'interne, il y a eu en tout 19 977 jeunes formés de la création de l'Apej à maintenant. Le compte-rendu a été fait au conseil des ministres.

Les emplois directs créés sont de l'ordre de 8943 et les emplois indirects sont environ 30 929. Ce qui a conduit le gouvernement à aller vers un Programme emploi jeune 2e génération (Pej-II). Le Pej-II est en phase de gestation. Nous sommes à la phase de conception, on est sur les termes de références qui vont être validés avec les partenaires du ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Le premier Pej s'est étendu de 2004 à 2008.

Les Echos :Où en êtes-vous avec les anciens volontaires qui étaient fâchés avec vous et l'Etat un moment ?

M. K. : Les anciens volontaires avaient demandé un certain nombre de choses. Il y en a qu'on pouvait gérer. Ce qu'on ne pouvait pas régler a été porté à leur connaissance. Ce programme, il faut toujours le préciser, est basé sur la formation pour donner une première expérience professionnelle aux jeunes. Le jeune qui sort du programme de volontariat n'est plus le même. Il a acquis de l'expérience. Les anciens volontaires ont travaillé pendant 3 ans. Pendant ces 3 ans, l'Apej a investi dans leur formation chaque fois qu'il y avait un concours de recrutement dans la fonction publique. Ce qui a permis à beaucoup d'entre eux d'être intégrés dans la fonction publique d'Etat et dans la fonction publique des collectivités territoriales.

L'Apej a proposé son partenariat à ceux d'entre eux qui voulaient ouvrir leur entreprise. Un certain nombre d'entre, environ 147 jeunes ont déposé des dossiers qui ont requis une grande indulgence de notre part. Tous les projets ont été approuvés du côté du comité de crédit de l'Apej. Seulement une quinzaine ont des difficultés à apporter leurs fonds. Pour tout le reste, le processus est mis en branle. C'est cela que nous avons proposé aux anciens volontaires.

Nous leur avons donné la priorité sur tous nos programmes, c'est le cas de Money-Gram avec la BMS. Dans le cadre de la Bourse de l'emploi du ministère de l'Emploi, l'exclusivité des kits de l'Apej a été donnée aux anciens volontaires. Des jeunes ont été également installés à Siengo, dans la zone Office du Niger avec 171 hectares à leur disposition, soit 3 hectares par jeune et des équipements.

Les Echos : Est-ce que la crise est éteinte avec ces jeunes volontaires ?

M. K. : Je ne saurais le dire, parce que leur problème est l'intégration à la fonction publique sans concours, sans test. Cela n'est pas de notre compétence. Ce qu'il faut ajouter, il y a eu un autre programme de volontariat après celui-ci. Les jeunes ont, pour l'occasion, organisé une grande fête. Ils ont compris que le programme dure une année et ont écrit à tous les volontaires pour leur dire que le programme est terminé. Les jeunes ont même décerné des diplômés de reconnaissance à leurs partenaires qui les ont soutenus.

Nous sommes en train d'aller à une deuxième phase et c'est cela tout le sens du Pej. Je veux dire aux jeunes de croire en l'entreprenariat. La fonction publique a une capacité d'absorption limitée. Ce n'est pas que le pays n'a pas besoin de tous ses fils, mais il faut avoir des ressources pour prendre le maximum d'agents en charge. Les jeunes doivent s'inscrire dans la dynamique de la petite et moyenne entreprise pour se créer des emplois et employer d'autres. Nous avons tout le dispositif pour le faire. Il faut que les jeunes se laissent aller dans cette aventure avec nous. L'Apej est une grande chance que les jeunes doivent saisir.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

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EXPROPRIATION DE PARCELLES A TABACORO

Le silence coupable du ministre du Logement

L’extension de la construction des logements sociaux à Tabacoro (route de Ségou) a empiété sur des parcelles, obstrué la servitude commune, dévasté des arbres sans consultation des propriétaires. Le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme se confine dans un silence total.

Le 8 juin dernier, le président de la République a annoncé "qu’on ne chassera jamais un Malien de sa parcelle au profit d’un autre". Mais quelle ne fut la surprise des propriétaires de parcelles et concessions rurales de Tabacoro d’apprendre par voie de presse que leur site a fait l’objet d’expropriation pour cause d’utilité publique dans le cadre de l’extension des logements sociaux.

L’extension des logements sociaux a causé du tort aux propriétaires de parcelles et concessions rurales de Tabacoro dans la mesure où les constructions ont empiété sur des terrains, obstrué la servitude commune et dévasté des arbres. Les correspondances envoyées au ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Gakou Salamata Fofana sont restées sans suite. Les techniciens et les géomètres continuent d’opérer sur des parcelles.

C’est le cœur lourd que l’Association des propriétaires de parcelles et concessions rurales de Tabacoro a rencontré samedi la presse à la Maison de la presse afin de donner des éclairages sur la question.

Evoquant le décret qui a déclaré d’utilité publique les travaux de réalisation des logements sociaux, Me Amadou T. Diarra, avocat des victimes de l’expropriation, indique que l’article 228 du code domanial et foncier du Mali énonce que "l’utilité publique est déclarée : dans l’acte qui autorise les travaux d’intérêt public projetés, tels que construction de routes, chemins de fer, ports, travaux urbains, travaux militaires, aménagements et conservation des forêts, protection de sites ou de monuments historiques, aménagements d’hydraulique et distribution d’énergie, installations de services publics, création ou entretien du domaine public, travaux d’assainissement, d’irrigation et de drainage".

Du point de vue du conseil des victimes, les logements sociaux n’entrent pas dans ce catalogue bien qu’ils sont considérés comme des droits sociaux, humains, économiques et culturels. "De bons conseils ne sont pas donnés aux autorités. Si l’Etat veut que les logements sociaux soient dans ce catalogue, il faut réviser l’article 228 du code domanial et foncier. En incluant par décret les logements sociaux dans le champ d’application de l’article 228 du code domanial et foncier, l’auteur de l’acte a péché par excès de pouvoir", a soutenu Me Diarra.

Selon lui, seul le tribunal civil est habilité à prononcer l’expropriation pour cause d’utilité publique après quoi un décret est pris pour sa mise en œuvre. Mais pour le cas spécifique de Tabacoro, le décret a été pris avant que le tribunal civil compétent en la matière ne se prononce. "Sur le plan de la forme, la procédure n’a pas été respectée. Pour arriver à les exproprier, il y a des procédures à suivre". Les nombreux recours formulés par l’association pour attaquer le décret n’ont pas abouti, mais l’affaire reste pendante devant la Section administrative de la Cour suprême.

Toutefois, estiment les responsables de l’association, ils ne sont pas contre la construction des logements sociaux mais encore faudrait-il que les droits à la propriété privée soient respectés. Néanmoins, préfèrent-ils leurs parcelles à toute indemnisation. "Aucune indemnisation ne saurait combler des années d’énergie, de privation, d’angoisse, d’investissements. Nous sommes des morts vivants", a affirmé Mme Diop Binta Diallo, présidente de l’association. Et d’ajouter : "Nous n’avons été associés ni de près ni de loin à cette expropriation. Nous n’acceptons pas cela. Il y a des procédures à suivre avant que l’Etat ne se tape la poitrine pour dire que la loi lui appartient", a-t-elle fustigé.

Ce sont au total, 320 ha qui ont fait l’objet d’expropriation pour cause d’utilité publique contre 240 ha annoncés par l’Etat. Les propriétaires de parcelles et concessions rurales de Tabacoro clament qu’ils ne sont pas des usurpateurs de parcelles, mais des détenteurs de titres régulièrement acquis.

Mohamed Daou

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IL FAUT LE DIRE

Discrimination ?

On croyait que le titre de champion du monde faisait à lui seul son bonheur. Les succès et les accueils populaires ne suffisant pas, il veut de l’argent. On lui donne 5 millions de F CFA du contribuable par ces temps de crise, il en veut davantage. On ajoute une villa, il veut en plus une salle d’entraînement à la mesure de sa renommée.

Pourquoi diable s’arrêter en si bon chemin quand les enseignants, pour une prime de 10 000 F CFA, se font rappeler à "l’ordre", au sens du don de soi par la voix la plus autorisée ? Ah les pauvres ! Pourquoi ne pas demander plus dans un pays où les fonds de souveraineté sont de l’ordre de 25 millions de F CFA par mois pour le président de l’Assemblée nationale par exemple ? Daba Modibo Kéita, puisqu’il faut le nommer, ne se met pas martel en tête. Il veut encore et toujours plus pour lui tout seul.

Il pose, entre autres exigences, que le Mali lui accorde une prime à vie, à l’image des résidences d’Etat à la disposition des anciens présidents de la République jusqu’à leur rappel à Dieu. Ça dépasse l’entendement ? Mais à considérer la situation avec sérénité, on ne saurait en vouloir à l’athlète. Il faut plutôt voir du côté de celui qui l’a sorti d’un anonymat relatif pour le porter au pinacle. Dans quel but ?

Toujours est-il que notre taekwondoka démontre qu’il n’est pas un enfant de chœur ; il défend ses intérêts, en vendant son image. Il ignore d’un pied hautain le patriotisme qui, pense-t-il, ne peut être ici que l’apanage de ceux qui ne demandent que des miettes.

Waye ! On est loin du temps du boxeur Soungalo Bagayogo, qui accumulait les titres de champions d’Afrique et qui rentrait discrètement au pays. Avant lui, Lamine Touré (judo), Namacoro Niaré (javelot) et bien d’autres dans divers domaines avaient fait la fierté des Maliens sans demander quoi que ce soit à qui que ce soit.

Aujourd’hui, Frédéric Oumar Kanouté, Seydou Kéita et leurs coéquipiers, même s’ils n’ont pas encore l’heur de monter sur un podium vêtus des couleurs nationales, font au moins preuve de grandeur d’âme. Une partie de l’argent gagné à la sueur de leur front va dans des œuvres de charité. En témoigne leur don à la Pouponnière comme contribution des Aigles au Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion à la veille de Mali-Soudan.

Qui a déjà vu Daba Modibo Kéita sur ce terrain-là ? Est-ce à dire que le taekwondo ne nourrit pas son homme au point qu’il ne puisse pas songer aux autres ? Pourquoi ce qui est accepté de la part de Daba Modibo ne peut l’être pour ces milliers d’anonymes qui sont pourtant autant de champions puisqu’ils forment la relève de demain ? Vous avez dit discrimination ?

A. M. T.

 

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MOHAMED SALEM MERZOUG, HAUT COMMISSAIRE DE L’OMVS

"Nous sommes sur la bonne voie pour réaliser nos rêves"

Dans le cadre des échanges périodiques avec la presse de l’espace OMVS, le haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le Mauritanien Mohamed Salem Ould Merzoug, a animé une conférence de presse le mercredi 4 novembre à Dakar. La rencontre, a permis à M. Ould Merzoug, de faire un bilan rétrospectif de son organisation, ses forces, ses failles et les projets.

A la tête de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS, qui regroupe la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et la Guinée) depuis sept ans, Mohamed Salem Ould Merzoug, dont le bilan positif a été salué par le chef de l’Etat du Mali, lors de la pose de la première pierre du barrage de Félou, était face à la presse jeudi 4 novembre à Dakar.

Le conférencier a dit sa fierté avec les progrès réalisés par l’OMVS depuis quelques années. "L’OMVS est le seul organisme de bassin d’Afrique qui dispose d’un bilan concret honorable. Et c’est aussi l’unique organisme de bassin qui, en termes de perspectives, que rien ne peut empêcher de continuer le cheminement laborieux certes, salvateur sans doute".

Avec des journalistes sénégalais et maliens, le haut-commissaire a débattu des grands chantiers, les perspectives, les relations avec les partenaires. Mais aussi de l’après-barrage de Félou et de ses répercussions sur les populations. Un accent particulier a été mis sur le développement communautaire des villages du bassin.

Selon M. Merzoug, l’OMVS vient de très loin grâce à la volonté politique des chefs d’Etat, qui depuis la "Déclaration de Nouakchott" en 2003, ont vu la nécessité "d’impulser tout le système OMVS". Et de revenir sur les réflexions et les démarches menées qui ont donné corps à cette "Déclaration de Nouakchott"

Il convient de préciser que celle-ci a permis d’élaborer le cadre inclusif du bassin du fleuve Sénégal, qui a abouti d’une part, au traité d’adhésion de la République de Guinée devenue membre à part entière de l’OMVS le 17 mars 2006, et d’autre part à l’adoption du Programme régional de développement partagé. Celui-ci décline les nouveaux choix et les priorités de valorisation des potentialités et ressources du bassin du fleuve pour les 4 Etats membres.

Après avoir décortiqué et touché du doigt les aspects de l’intégration, la dimension environnementale, hydro agricole, pêche traditionnelle, santé dans les activités du Pgire, M. Ould Merzoug, a évoqué les projets en cours d’exécution et les perspectives. Pour lui, nonobstant les difficultés rencontrées, l’Organisation a franchi des pas positifs et dispose aujourd’hui d’un capital d’expérience inestimable dans le domaine des aménagements fluviaux à buts multiples.

"Aujourd’hui, après la construction, commence le temps de la gestion caractérisée par la mise en application des dispositions de la charte des eaux. Les avancées positives enregistrées par notre Organisation dans sa marche vers le progrès social et économique de nos pays doivent être consolidées par le balisage du chemin à parcourir au cours des prochaines années" .

Plus proche des peuples

Ainsi, l’Organisation va poursuivre ses efforts pour parachever le projet navigation, qui constitue un volet prioritaire pour les 4 Etats tout en insistant sur la priorisation du secteur des transports avec un accès particulier sur le Programme de transport multimodal, qui à ses dires, "va préserver la cohérence du programme intégré de développement du bassin du fleuve Sénégal, en contribuant à l’utilisation optimale des importants investissements déjà réalisés et la mise en place au niveau sous-régional, d’un système de transport intégrant tous les modes terrestres et ayant comme dorsale principale le chenal navigable du fleuve avec des coûts compétitifs et une meilleure préservation de l’environnement".

L’orateur a levé toute équivoque sur ce volet navigabilité fluviale. Pour lui, la navigation fluviale ne concerne pas seulement le Mali, "mais va contribuer à désenclaver l’ensemble des pays, car certaines régions restent toujours inaccessibles". Cependant, pour que ce vaste projet soit mis sur les rails, assure-t-il, l’OMVS n’a pas attendu ses partenaires. "Si on continuait à suivre les bailleurs de fonds, il n’y aurait pas de navigation. Le fleuve a été balisé sans l’apport d'un seul bailleur de fonds".

Pour la navigation, un premier lot de 20 bateaux est attendu des Chinois et 10 de ces bateaux entreront aussitôt en activité. "Il est attendu un transport fluvial compétitif et s’intégrant harmonieusement avec les autres modes terrestres qui l’avaient détrôné, dans des systèmes de transport coordonnés et harmonisés".

L’adhésion de la Guinée à l’OMVS s’est invitée dans le débat. L’élargissement du pacte de solidarité à la Guinée, dira le haut-commissaire de l’OMVS, "est un processus nécessaire, naturel, légitime et conforme aux ambitions collectives. Donc, il ne saurait être soumis à une appréciation factuelle, matérielle ou financière. Cela s’intègre dans une démarche globale pour faire de notre Organisation une vraie locomotive de développement et un exemple d’un africanisme solidaire constructif au service de l’intégration régionale".

Depuis plusieurs années l'OMVS travaille pour donner corps à cette vision à travers le Réseau africain des organismes de bassin (RAOB) qui est aujourd’hui un cadre d’échanges et d’éclosion d’une philosophie générale de gestion concertée d’un bassin transfrontalier.

"Compte tenu de notre conception selon laquelle, il n’est de gestion intégrée de notre bassin partagée sans implication de tous les acteurs, l’adhésion de la République de Guinée devient nécessaire au sens physique du terme. Donc, il s’agit d’un choix stratégique qui épouse les contours de la Gire ainsi que l’exercice fonctionnel de la solidarité"

La partie guinéenne du bassin avec des sites comme Koukoutamba, Boureya, Badoumbé et Balassa abrite l’essentiel du potentiel hydraulique et hydroélectrique qui fait le tiers de tout ce que l’OMVS a réalisé. La réalisation programmée de ces aménagements augmentera la production.

Née en mars 1972 à Nouakchott, l’OMVS est une organisation dont les principaux objectifs sont la gouvernance dans les secteurs macro-économiques, hydroélectriques et énergétiques des pays membres que sont le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée qui a fait son retour.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial à Dakar)

 

Haro sur l'insécurité alimentaire et la pauvreté

Ould Merzoug a soulevé la question de la sécurité alimentaire et du développement de l’agriculture. Pour lui, nonobstant des investissements l’agriculture est confrontée à des difficultés. Toutefois, l’espoir est permis. En vue de redresser la situation, un plan d’action visant à promouvoir ce domaine en général dans les quatre pays membres est en vue. Il a promis que dans les 4 pays, l’agroforesterie, la pêche artisanale, l’aménagement des bas-fonds seront effectués pour assurer une autosuffisance alimentaire dans la zone de l'OMVS. "Constatant la faiblesse du rythme d’aménagement, l’Organisation a pris deux initiatives couronnées de succès : une à l’échelle macroéconomique et l’autre communautaire et villageoise".

Pour la réalisation de Félou, aucun village, n’a été déplacé. Toutefois, l’OMVS a pensé aux communautés locales. D’importants projets sont programmés par les populations des villages environnants du futur barrage. Il est prévu l’électrification d’une dizaine de villages avoisinants. Il est également prévu de financer à hauteur de 3 milliards des activités génératrices de revenus qui seront identifiées dans les domaines clefs. "L’OMVS, a dit l’écrivain (il a fait publier une livre sur l’OMVS), est plus que jamais proche des peuples et le processus est enclenché".

A. S.


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MAIRIE DE DUGUWOLOWILA

Place à la guerre des nerfs

Le contentieux électoral de Duguwolowila vidé par l’arrêt n°118 de la Cour suprême, qui a donné la victoire aux indépendants, se transforme en guerre psychologique.

L’installation du conseil municipal après la tentative ratée du vendredi 29 mai 2008 du préfet Moussa Sangaré, qui avait fait fi de l’arrêt de la Cour suprême pour mettre en place un conseil municipal dirigé par Mamadou Sy Savané dit Bakoré, n’attend plus qu’une nouvelle décision du gouverneur de la région de Koulikoro. D’ici là, la guerre psychologique bat son plein et qui vise à donner à Touba l’image d’une ville déchirée par les querelles politiciennes.

Les 34 villages de Duguwolowila refusent de se laisser embastiller par les politiques au motif que Touba, le chef-lieu de préfecture, est une ville bénie et unie par des grands érudits dont ils sont les descendants et disciples. Pour se démarquer de la division dans leurs rangs, Touba et ses 34 villages n’ont pas fait mieux que de bouder la réunion du 1er octobre 2009 organisée dans une station d’essence à Touba et qui fait office de siège d’un parti politique. Un bus affrété et qui devait conduire les ressortissants de Touba à Bamako est rentré quasiment vide. La rencontre n’a pas enregistré la présence d’une cinquantaine de personnes.

Les ressortissants de Duguwolowila n’entendent pas se laisser divertir par quoi que ce soit et veulent que force reste à la loi. Ils ont marqué une fois de plus leur union des cœurs et des esprits en participant massivement à la cérémonie traditionnelle de lecture du Saint Coran au mois de juillet 2009 et qui vise à faire des bénédictions pour la ville et la mémoire de leurs ancêtres.

Réaménagements de voix

Le retard dans l’installation du conseil municipal dont les affaires courantes sont liquidées par son secrétaire général est imputé au contentieux électoral du 26 avril 2009. Les partis politiques (Adéma, Parena, URD et Cnid) et les indépendants du Mouvement citoyen se sont traînés devant le Tribunal administratif puis à la Section administrative de la Cour suprême avec comme accusations : violation de la loi n°06-044 du 4 septembre 2006 portant loi électorale, irrégularités dans le déroulement du vote, prolongation de l’heure du vote jusqu’à 21 h, entre autres.

Le lundi 6 juillet 2009, la Section administrative de la Cour suprême a rendu l’arrêt n°118 Demba Sylla et autres contre le jugement n°001 du 28 mai 2009 Amara Sylla et Mamadou Sy Savané dit Bakoré. L’appel interjeté par les conseillers municipaux Demba Sylla, Kandioura Doucouré et Cheickna Sylla, a été déclaré irrecevable en sa forme. Les plaignants qui ont pour conseils Mes Alou Diarra, Aïssata Tembely et Simon S. Bagayoko ont été frappés par le délai de forclusion dans le dépôt de leur mémoire en défense.

L’arrêt n°118 de la Cour suprême a rendu de ce fait valable le jugement n°001 du 28 mai 2009 du Tribunal administratif. Le jugement en question avait fait des réaménagements de voix qui ont bénéficié aux indépendants du Mouvement citoyen qui ont obtenu 12 voix (contre 11gagnées dans les urnes). L’Adéma, qui avait obtenu 8 voix dans les urnes, a chuté à 6 voix. Le Parena et le Cnid, qui avaient 0 voix dans les urnes, ont eu chacune 1 voix. L’URD est restée avec ses 3 voix. Sur la base de ce verdict, la mairie revenait aux indépendants.

Abdrahamane Dicko

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TRIANGLE DU BALAFON

Une 6e édition riche en couleur

Placée sous le signe de l’ouverture (la compétition est désormais élargie à la Guinée-Conakry), la 6e édition du festival Triangle du balafon, ouverte vendredi dernier, a clos ses portes hier dimanche en début de soirée sur une note de satisfaction des organisateurs.

Après deux nuits de compétitions très relevées dans la salle de spectacles "Lamissa Bengaly" de Sikasso, investie pour la circonstance par un public qui a massivement répondu à l’appel des organisateurs, la manifestation a pris fin hier en début de soirée.

Pour cette édition, des troupes de balafon de quatre pays : Mali, Guinée, Burkina et Côte d’Ivoire ont vibré dans la Capitale du Kénédougou. Dans la salle Lamissa Bengaly, lieu de la compétition, les troupes de danses ont entraîné les convives dans un rythme africain.

Les joueurs de balafon ont donné un récital de balafon, symbole d’une Afrique qui noue des liens entre ses différentes populations. Bref, une standing-ovation pour les musiciens et une symphonie de balafon ont caractérisé ses moments de joie.

La cérémonie d’ouverture tenue au stade omnisports de la ville a été surtout l’occasion pour les différents intervenants de revenir sur l’initiative du festival et surtout sur son objet qu’est le balafon, instrument de musique traditionnelle très usité en Afrique de l’Ouest.

Selon les spécialistes, l’édition 2009, comparativement à celle de l’année dernière, a connu une nette amélioration des compétiteurs. "Il y a eu une certaine cohésion entre les instrumentalistes qu’il faut véritablement louer", affirme Boubacar Dembelé, grand connaisseur de balafon à Sikasso.

Ce qu’il faut dire, c’est que pour ce festival, il n’y a ni vainqueur ni vaincu : c’est tout simplement la victoire de l’intégration sous-régionale, car il contribue à raffermir davantage les liens de fraternité légendaire entre nos populations.

Toutefois, à l’issue des compétitions des prix ont été décernés à des groupes qui se sont fait remarquer. Le premier aura le premier prix "Lamissa Bengaly" d’une valeur de 1,5 million de F CFA. Son second a reçu le prix de "l’intégration" d’un million et le 3e prix : "le prix de la ville de Sikasso", d'une valeur de 750 000 F CFA est allé au 3e. S’y ajoute une prime de participation de 400 000 F CFA décernée à chaque groupe compétiteur.

Le festival vise à établir entre pays africains voisins des relations culturelles fondées sur les échanges d’expériences, la connaissance mutuelle et le respect réciproque ; contribuer à la consolidation de l’intégration et de la paix entre les populations frontalières du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et bien sûr du Mali.

Nous y reviendrons.

Amadou Sidibé

 

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