La section syndicale du ministère des Finances et de l’administration des biens de l’Etat observera dès demain une grève de 72 h. Une grève que le ministre des Finances Abou-Bakar Traoré aurait pu éviter s’il avait tenu compte de l’appel de son collègue de la Fonction publique, Me Abdoul Wahab Berthé, visant à réexaminer les doléances des syndicalistes.
En l’espace de quatre mois, les sections syndicales du ministère des Finances et de la direction générale de l’administration des biens de l’Etat vont observer deux grèves de suite. Après leur grève conjointe de 48 h (des 18 et 19 décembre 2008), un autre préavis de 72 h (des 1er, 2 et 3 avril 2009) a été déposé sur la table du ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.
La section syndicale des Finances, affiliée au Syndicat national des travailleurs de l’administration d’Etat (Syntade) membre de l’UNTM, a déposé en 2005 un mémorandum en 13 points dont 3 jugés fondamentaux. Il s’agit de l’octroi d’une prime de rendement au taux de 18 % du traitement indiciaire ou du salaire de base ; l’octroi d’une prime spéciale de fonction mensuelle en compensation du fonds commun et autres avantages accordés aux agents des régies financières et l’attribution d’un local à la section syndicale des Finances.
Le ministre des Finances, aux dires du secrétaire général de la section syndicale, Alassane Dougoumalé Cissé , « s’est montré très ouvert et compréhensif » au départ au cours des différentes rencontres. C’est sous ce climat d’entente cordiale qu’une mission paritaire de collecte d’information, composée de deux syndicalistes dont le secrétaire général et deux membres du cabinet, s’est rendue en 2006 dans quatre pays voisins (Burkina Faso, Bénin, Niger, Sénégal). La section syndicale a en outre fait partie de quatre autres missions paritaires. Les rapports de leurs missions ont été soigneusement rangés dans les tiroirs alors que la première mission a coûté au contribuable malien plus de 20 millions de F CFA.
Abou-Bakar par la suite s’est rétracté, refusant de reconnaître le bien-fondé des revendications arguant des difficultés budgétaires de l’Etat. Il a plus tard étalé au grand jour sa mauvaise foi en déplaçant la doléance du syndicat sur un terrain de querelle de personne, pensant que « le syndicat en veut à sa personne » .
La grève des 1er, 2 et 3 avril 2009 est désormais inévitable. La commission de conciliation a échoué dans sa tentative de faire accepter un minimum de concession au ministre Abou-Bakar Traoré. Ce dernier n’a non plus daigné réserver une suite favorable à la demande de son collègue du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Me Abdoul Wahab Berthé. Dans une correspondance en date du 23 mars 2009 à lui envoyée, Me Berthé lui a fait une proposition allant dans le sens de « réexaminer les doléances afin de formuler de nouvelles propositions en vue d’un dénouement heureux du litige » .
Pour M. Cissé, leurs revendications « sont loin d’être maximalistes » . Il s’agit de « la correction des inégalités de traitement entre les agents d’assiette (impôt et douane, trésor et ceux des dépenses (agent du budget) » . Les primes de rendements sont payées aux services d’assiette et de recouvrement depuis sous la colonisation.
Le ministère des Finances est composé de 15 sections, soit 900 agents. Selon des projections faites par le syndicat, les primes de rendement à payer sont estimées à 358 millions de F CFA par an et la prime spéciale à 664,200 millions de F CFA par an. Ce qui fait au total 1,22 milliard de F CFA par an alors que la douane et les impôts se partagent entre 1,22 et 1,77 milliard de F CFA par an de primes de rendement.
JOURNEES MINIERES ET PETROLIERES
Une vitrine des possibilités d’investissement
De l’avis des autorités minières les constats faits aujourd’hui sur le secteur minier sont plutôt satisfaisants. Au terme de l’année 2008, la contribution de l’or au budget de l’Etat a dépassé le seuil de 100 milliards de F CFA participant à hauteur de 15 % à la formation du PIB et représentant 70 % de nos recettes d’exploitation.
La 3e édition des Journées minières et pétrolières (JMP), qui a ouvert ses portes le lundi 30 mars au CICB sous la présidence du Premier ministre Modibo Sidibé, vise, conforment à la politique minière, à mieux faire connaître les opportunités d’investissement dans le secteur.
Au cours de ces journées, il s’agira, à travers une dizaine de sessions animées par des professionnels du secteur minier du Mali et des pays amis, de tirer à la lumière des débats des enseignements du climat actuel des investissements au Mali au plan financier, juridique et environnemental, identifier de nouvelles sources de financement de la recherche minière et de l’exploitation en invitant dans le secteur notre propre système financier…
Les JMP, selon le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Mamadou Diarra, soit une vitrine pour mieux faire connaître les multiples richesses du sous-sol malien. « En plus de l’or, éternelle valeur-refuge, ancrée dans nos traditions, notre sous-sol renferme de multiples gisements de bauxite, de fer, uranium, de manganèse, de phosphate, de calcaire, de pierres précieuses, etc. », a avoué M. Diarra qui s’est félicité des résultats prometteurs enregistrés sur les cinq grands bassins pétroliers suite aux études de prospections. Il s’agit des bassins du Nara, Taoudéni, Lullemeden, Tamesna et Gao.
Après l’or, le pétrole ?
Mamadou Diarra a noté que des avancées notoires enregistrées dans la recherche pétrolière et surtout les résultats obtenus sur certains permis de recherche, permettent un réel espoir pour la découverte imminente du pétrole au Mali.
A la cérémonie d’ouverture animée par l’Ensemble instrumental tous les intervenants (le Premier ministre, le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau et le chef de la Délégation de la Commission de l’Union européenne) ont invité les participants à mettre à profit les journées pour réfléchir sur la question du développement local des zones minières. Ils ont insisté sur la nécessité d’assurer la bonne gouvernance de revenus tirés de l’exploitation des ressources minières et une grande transparence dans l’utilisation de ces revenus.
Tout en se réjouissant de la 3e place qu’occupe le Mali dans le concert des nations africaines productrices d’or, les présentes journées, grâce aux rencontres entre professionnels, politiques, experts et public, permettront, selon le chef du gouvernement, Modibo Sidibé, à une meilleure compréhension par le plus grand nombre des questions minières quant à l’avenir du secteur.
Amadou Waïgalo
Acceuil
LE PREMIER MINISTRE AUX CADRES DE KAYES
« N’acceptez pas que l’autorité de l’Etat soit bafouée »
Au cours d’une conférence des cadres de Kayes qu’il a présidée, le Premier ministre, Modibo Sidibé s’est davantage imprégné des préoccupations des populations de la Cité du Rail. Des éléments de réponse ont été apportés aux problèmes posés.
La visite du chef du gouvernement vendredi dans la 1re région n’a pas été de tout repos. Profitant du lancement de la Foire d’exposition internationale de Kayes, (Fekay), Modibo Sidibé a tenu à partager les préoccupations des populations de Kayes. C’était à la faveur de la conférence des cadres tenue samedi 28 mars 2009 au conseil de cercle.
Une intervention préalable du chef du gouvernement sur la restauration de l’autorité de l’Etat et la nécessité de combler le déficit de communication entre gouvernants et gouvernés a donné le ton de la conférence. « Chaque fois que vous posez un acte, il faut qu’il soit en conformité avec les textes et lois. Faites tout pour que l’autorité de l’Etat soit restaurée. Chacun de vous est interpellé sur le devenir et l’avenir de ce pays », a rappelé le Premier ministre.
De la campagne agricole au Recensement administratif à caractère d’état civil, à celui de l’habitat en passant par les préparatifs des prochaines élections municipales, l’insécurité routière, la crise scolaire, la cherté du prix des denrées de première nécessité, les difficultés d’approvisionnement en riz… tout a été dit par le chef de l’exécutif régional, le colonel d’aviation, Mahamadou Maïga.
Mais le sujet qui a le plus retenu l’attention des participants a porté sur l’épineuse question du prix du riz, jugé élevé par la population. En effet, à Kayes, malgré la bonne campagne agricole 2008 caractérisée par un excédent céréalier, la situation du riz reste déficitaire. La question, aux dires du gouverneur, préoccupe la population, qui craint la période de soudure.
Entre fermeté et espoir
A propos des difficultés d’accès au riz, le Premier ministre a fait savoir qu’il est difficile pour l’instant de faire encore baisser les prix, car « l’année dernière à la même époque, le prix du riz était à 40 % de celui de cette année. Il est difficile en si peu de temps de revenir aux prix souhaités », ajoutant néanmoins que des dispositions sont en train d’être prises à travers le Programme d’aide au développement durable de Yélimané (Paddy) pour alléger la souffrance des Kayésiens.
Pour le chef du gouvernement, les deux dernières années ont été particulièrement difficiles à cause de la crise alimentaire, la chute du dollar et la montée du prix du pétrole. A ses dires, pour juguler la crise, l’Etat a consenti des sacrifices. Il s’agit de l’exonération sur les prix du lait, du riz, du pétrole, du gaz. S’y ajoute l’augmentation du salaire des travailleurs, qui a coûté plus de 10 milliards à l’Etat.
De plus, l’Etat, à en croire M. Sidibé, va à côté des grands aménagements agricoles, aménager plus de 5000 mares dans la région afin de prendre en compte les préoccupations des populations en matière d’eau, mais aussi de cultures vivrières, notamment du riz.
Le chef du gouvernement a enfin effleuré la crise scolaire. A ce propos, il a demandé plus de retenue de la part des acteurs de l’école avant de dire que certaines préoccupations des enseignants trouveront leurs solutions lorsque leur statut particulier sera révisé.
Amadou Sidibé
Acceuil