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2009

Mois de Mars

Les Echos du 31 Mars 2009

 

MINISTERE DES FINANCES

L’inévitable grève de 72 h du syndicat

La section syndicale du ministère des Finances et de l’administration des biens de l’Etat observera dès demain une grève de 72 h. Une grève que le ministre des Finances Abou-Bakar Traoré aurait pu éviter s’il avait tenu compte de l’appel de son collègue de la Fonction publique, Me Abdoul Wahab Berthé, visant à réexaminer les doléances des syndicalistes.

En l’espace de quatre mois, les sections syndicales du ministère des Finances et de la direction générale de l’administration des biens de l’Etat vont observer deux grèves de suite. Après leur grève conjointe de 48 h (des 18 et 19 décembre 2008), un autre préavis de 72 h (des 1er, 2 et 3 avril 2009) a été déposé sur la table du ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.

La section syndicale des Finances, affiliée au Syndicat national des travailleurs de l’administration d’Etat (Syntade) membre de l’UNTM, a déposé en 2005 un mémorandum en 13 points dont 3 jugés fondamentaux. Il s’agit de l’octroi d’une prime de rendement au taux de 18 % du traitement indiciaire ou du salaire de base ; l’octroi d’une prime spéciale de fonction mensuelle en compensation du fonds commun et autres avantages accordés aux agents des régies financières et l’attribution d’un local à la section syndicale des Finances.

Le ministre des Finances, aux dires du secrétaire général de la section syndicale, Alassane Dougoumalé Cissé , « s’est montré très ouvert et compréhensif » au départ au cours des différentes rencontres. C’est sous ce climat d’entente cordiale qu’une mission paritaire de collecte d’information, composée de deux syndicalistes dont le secrétaire général et deux membres du cabinet, s’est rendue en 2006 dans quatre pays voisins (Burkina Faso, Bénin, Niger, Sénégal). La section syndicale a en outre fait partie de quatre autres missions paritaires. Les rapports de leurs missions ont été soigneusement rangés dans les tiroirs alors que la première mission a coûté au contribuable malien plus de 20 millions de F CFA.

Malgré Me Wahab

Abou-Bakar par la suite s’est rétracté, refusant de reconnaître le bien-fondé des revendications arguant des difficultés budgétaires de l’Etat. Il a plus tard étalé au grand jour sa mauvaise foi en déplaçant la doléance du syndicat sur un terrain de querelle de personne, pensant que « le syndicat en veut à sa personne » .

La grève des 1er, 2 et 3 avril 2009 est désormais inévitable. La commission de conciliation a échoué dans sa tentative de faire accepter un minimum de concession au ministre Abou-Bakar Traoré. Ce dernier n’a non plus daigné réserver une suite favorable à la demande de son collègue du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Me Abdoul Wahab Berthé. Dans une correspondance en date du 23 mars 2009 à lui envoyée, Me Berthé lui a fait une proposition allant dans le sens de « réexaminer les doléances afin de formuler de nouvelles propositions en vue d’un dénouement heureux du litige » .

Pour M. Cissé, leurs revendications « sont loin d’être maximalistes » . Il s’agit de « la correction des inégalités de traitement entre les agents d’assiette (impôt et douane, trésor et ceux des dépenses (agent du budget) » . Les primes de rendements sont payées aux services d’assiette et de recouvrement depuis sous la colonisation.

Le ministère des Finances est composé de 15 sections, soit 900 agents. Selon des projections faites par le syndicat, les primes de rendement à payer sont estimées à 358 millions de F CFA par an et la prime spéciale à 664,200 millions de F CFA par an. Ce qui fait au total 1,22 milliard de F CFA par an alors que la douane et les impôts se partagent entre 1,22 et 1,77 milliard de F CFA par an de primes de rendement.

Abdrahamane Dicko

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 JOURNEES MINIERES ET PETROLIERES

Une vitrine des possibilités d’investissement

De l’avis des autorités minières les constats faits aujourd’hui sur le secteur minier sont plutôt satisfaisants. Au terme de l’année 2008, la contribution de l’or au budget de l’Etat a dépassé le seuil de 100 milliards de F CFA participant à hauteur de 15 % à la formation du PIB et représentant 70 % de nos recettes d’exploitation.

La 3e édition des Journées minières et pétrolières (JMP), qui a ouvert ses portes le lundi 30 mars au CICB sous la présidence du Premier ministre Modibo Sidibé, vise, conforment à la politique minière, à mieux faire connaître les opportunités d’investissement dans le secteur.

Au cours de ces journées, il s’agira, à travers une dizaine de sessions animées par des professionnels du secteur minier du Mali et des pays amis, de tirer à la lumière des débats des enseignements du climat actuel des investissements au Mali au plan financier, juridique et environnemental, identifier de nouvelles sources de financement de la recherche minière et de l’exploitation en invitant dans le secteur notre propre système financier…

Les JMP, selon le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Mamadou Diarra, soit une vitrine pour mieux faire connaître les multiples richesses du sous-sol malien. « En plus de l’or, éternelle valeur-refuge, ancrée dans nos traditions, notre sous-sol renferme de multiples gisements de bauxite, de fer, uranium, de manganèse, de phosphate, de calcaire, de pierres précieuses, etc. », a avoué M. Diarra qui s’est félicité des résultats prometteurs enregistrés sur les cinq grands bassins pétroliers suite aux études de prospections. Il s’agit des bassins du Nara, Taoudéni, Lullemeden, Tamesna et Gao.

Après l’or, le pétrole ?

Mamadou Diarra a noté que des avancées notoires enregistrées dans la recherche pétrolière et surtout les résultats obtenus sur certains permis de recherche, permettent un réel espoir pour la découverte imminente du pétrole au Mali.

A la cérémonie d’ouverture animée par l’Ensemble instrumental tous les intervenants (le Premier ministre, le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau et le chef de la Délégation de la Commission de l’Union européenne) ont invité les participants à mettre à profit les journées pour réfléchir sur la question du développement local des zones minières. Ils ont insisté sur la nécessité d’assurer la bonne gouvernance de revenus tirés de l’exploitation des ressources minières et une grande transparence dans l’utilisation de ces revenus.

Tout en se réjouissant de la 3e place qu’occupe le Mali dans le concert des nations africaines productrices d’or, les présentes journées, grâce aux rencontres entre professionnels, politiques, experts et public, permettront, selon le chef du gouvernement, Modibo Sidibé, à une meilleure compréhension par le plus grand nombre des questions minières quant à l’avenir du secteur.

Amadou Waïgalo

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LE PREMIER MINISTRE AUX CADRES DE KAYES

« N’acceptez pas que l’autorité de l’Etat soit bafouée »

Au cours d’une conférence des cadres de Kayes qu’il a présidée, le Premier ministre, Modibo Sidibé s’est davantage imprégné des préoccupations des populations de la Cité du Rail. Des éléments de réponse ont été apportés aux problèmes posés.

La visite du chef du gouvernement vendredi dans la 1re région n’a pas été de tout repos. Profitant du lancement de la Foire d’exposition internationale de Kayes, (Fekay), Modibo Sidibé a tenu à partager les préoccupations des populations de Kayes. C’était à la faveur de la conférence des cadres tenue samedi 28 mars 2009 au conseil de cercle.

Une intervention préalable du chef du gouvernement sur la restauration de l’autorité de l’Etat et la nécessité de combler le déficit de communication entre gouvernants et gouvernés a donné le ton de la conférence. « Chaque fois que vous posez un acte, il faut qu’il soit en conformité avec les textes et lois. Faites tout pour que l’autorité de l’Etat soit restaurée. Chacun de vous est interpellé sur le devenir et l’avenir de ce pays », a rappelé le Premier ministre.

De la campagne agricole au Recensement administratif à caractère d’état civil, à celui de l’habitat en passant par les préparatifs des prochaines élections municipales, l’insécurité routière, la crise scolaire, la cherté du prix des denrées de première nécessité, les difficultés d’approvisionnement en riz… tout a été dit par le chef de l’exécutif régional, le colonel d’aviation, Mahamadou Maïga.

Mais le sujet qui a le plus retenu l’attention des participants a porté sur l’épineuse question du prix du riz, jugé élevé par la population. En effet, à Kayes, malgré la bonne campagne agricole 2008 caractérisée par un excédent céréalier, la situation du riz reste déficitaire. La question, aux dires du gouverneur, préoccupe la population, qui craint la période de soudure.

Entre fermeté et espoir

A propos des difficultés d’accès au riz, le Premier ministre a fait savoir qu’il est difficile pour l’instant de faire encore baisser les prix, car « l’année dernière à la même époque, le prix du riz était à 40 % de celui de cette année. Il est difficile en si peu de temps de revenir aux prix souhaités », ajoutant néanmoins que des dispositions sont en train d’être prises à travers le Programme d’aide au développement durable de Yélimané (Paddy) pour alléger la souffrance des Kayésiens.

Pour le chef du gouvernement, les deux dernières années ont été particulièrement difficiles à cause de la crise alimentaire, la chute du dollar et la montée du prix du pétrole. A ses dires, pour juguler la crise, l’Etat a consenti des sacrifices. Il s’agit de l’exonération sur les prix du lait, du riz, du pétrole, du gaz. S’y ajoute l’augmentation du salaire des travailleurs, qui a coûté plus de 10 milliards à l’Etat.

De plus, l’Etat, à en croire M. Sidibé, va à côté des grands aménagements agricoles, aménager plus de 5000 mares dans la région afin de prendre en compte les préoccupations des populations en matière d’eau, mais aussi de cultures vivrières, notamment du riz.

Le chef du gouvernement a enfin effleuré la crise scolaire. A ce propos, il a demandé plus de retenue de la part des acteurs de l’école avant de dire que certaines préoccupations des enseignants trouveront leurs solutions lorsque leur statut particulier sera révisé.

Amadou Sidibé

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PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU MALI

La classe politique demeure le talon d’Achille

Le 26 mars 1991 marque l’avènement de la démocratie au Mali. C’est aussi le couronnement d’une longue et farouche lutte pour la liberté pour laquelle de nombreuses générations se sont sacrifiées. Même si la nôtre a payé le prix fort. On n’a pas besoin de faire un tour au « Carré des Martyrs » pour s’en convaincre.

Comme le disait le regretté bourlingueur Jean-Pierre Ndiaye (Afrique, passion et résistance, Harmattan), « les combattants de la liberté, de la liberté tranquille, silencieuse et respectueuse ne peuvent pas perdre ». Certes, le long combat a payé et les Maliens croient toujours profondément à la démocratie malgré les lendemains déchanteurs. Mais, le processus n’a pas encore atteint un niveau irréversible à partir du moment où la classe politique ne remplit pas toujours sa mission.

Au Mali, le cheminement vers la démocratie a été une longue et difficile quête, le plus souvent parsemé de violences répressives. Des pénitenciers de Taoudenit et de Kidal à l’assassinat de Cabral, du meurtre de Modibo Kéita à la couronne de feu qui s’est abattue sur les femmes et les enfants entre janvier et mars 1991, les Maliens ont toujours payé le prix fort pour se libérer des serres étouffantes de la dictature des militaires et du parti unique au nom bien inspiré : Union démocratique du peuple malien (UDPM).

Le 26 mars 1991 a donc été le couronnement d’une longue lutte contre la dictature et l’injustice. A partir de cette date, le pays s’est engagé dans la voie démocratique. Et depuis 1992, le Mali est une « République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale ». Toutefois, la démocratie malienne répond-elle réellement aux aspirations du peuple malien ? Dix-huit ans après la révolution populaire qui a balayé le parti unique, quelles sont les nouvelles orientations qui s’imposent aujourd’hui ?

Autant de questions qui traversent les esprits au moment où les Maliens célèbrent le 18e anniversaire de la démocratie. Un anniversaire sur fonds de crise sociale avec une école qui n’a jamais retrouvé la quiétude malgré la succession des fora, une pauvreté accentuée par la crise financière aux effets dévastateurs.

Selon de récentes études, « la démocratie est le régime politique souhaité par la majorité des Maliens ». En effet, 75 à 80 % d’entre eux y croient comme le meilleur des régimes politiques. Et la majeure partie de la population reconnaît l’amélioration de la démocratie au Mali depuis les années 1990. Tout comme le niveau de militantisme est de plus en plus élevé avec 54 % de Maliens qui se sentent proches d’un parti politique.

Le hic, c’est que le taux de participation aux élections demeure faible. Une faiblesse que des spécialistes expliquent généralement par le faible niveau d’inscription sur les listes électorales (36 % de non inscrits), des lacunes dans la procédure de distribution des cartes électorales, le difficile accès aux bureaux de vote, etc. Ce qui fait dire à un politologue que « la démocratie malienne se met sur un pied ». Mais, elle se construit très laborieusement avec une faible contribution du principal maçon : la classe politique.

En effet, selon Pr. Gaoussou Kéita, « le comportement des hommes politiques maliens est de nature à détourner le peuple du jeu démocratique. Les populations semblent aujourd’hui égarées dans le tourbillon des intrigues politiques au seul profit des hommes et des femmes qui animent la scène politique. Le réveil du peuple se révèle toujours fatal ».

Selon « Gouvernance en Afrique », nos politiques défendent le principe de la conquête du pouvoir par des élections libres et régulières. Mais, pour gagner des suffrages, ils ont recours, sans état d’âme, à des pratiques répréhensibles comme l’achat de conscience, le trafic d’influence, les votes multiples, la création de bureaux de vote fictifs, les manipulations frauduleuses des résultats chiffrés des votes.

Même, une compétition interne comme la primaire est caractérisée par l’achat de conscience et le trafic d’influence. Ainsi, pour la plupart des politiques maliens, la fin justifie les moyens dans la conquête du pouvoir. Ce comportement paradoxal des politiques est un obstacle majeur au renforcement de la démocratie malienne.

Le maillon faible

Cela d’autant plus grave que ce sont les politiques qui doivent commander le respect des pouvoirs et prérogatives constitutionnelles du président de la République et du gouvernement. Ils se doivent de pousser le régime en place à faire de ses promesses électorales un programme de développement profitable à tous sans exclusif et sans état d’âme. Absent sur le front de la formation politique de leurs militants, donc de l’éveil démocratique et citoyen des populations (une mission de plus en plus abandonnée à la société civile), les partis politiques continuent d’être la talon d’Achille de la démocratie malienne.

« La démocratie est une construction délicate, jalonnée de tentatives avortées qu’il faut reprendre sans se décourager » . C’est ce que dit Béchir Ben Yahmed (BBY) dans sa chronique, « Ce que je crois » (JA n°2515 du 22 au 28 mars 2009). Pour lui, « la politique d’un pays vaut ce que vaut sa classe dirigeante » en terme de cohésion, de sérieux dans le travail d’éveil démocratique, d’options et d’orientations politique. Malheureusement, la classe dirigeante malienne se distingue par son manque de courage, la fuite des responsabilités, la mégalomanie et la cupidité.

Dans le cas malien, on ne perçoit pas d’orientation politique claire de la part des partis politiques qui se contentent de slogans et de devises creux sans aucune philosophie constructive. Les options politiques ne restent que dans les textes. Dans la réalité, les partis disent la même chose et, faute de mieux, tombent tous dans la démagogie et la délation pour appâter un électorat volontairement maintenu dans l’ignorance pour mieux l’asservir.

Comme le disait notre chroniqueur de « Jeune Afrique », beaucoup de pays se débattent aujourd’hui dans l’instabilité et soumis aux soubresauts des interventions des militaires dans la vie politique parce que la classe politique n’est pas à la hauteur. La façon dont la nôtre s’enfonce dans la médiocrité et l’insipidité, le Mali n’est pas à l’abri, tôt ou tard, des scénarios à la malgache ou à la mauritanienne avec le trou d’air qui s’annonce par la réforme constitutionnelle envisagée.

En réalité, les politiciens maliens sont des amuseurs de galerie qui cherchent à distraire pour mieux se servir à la soupe populaire. Naturellement, qu’ils aspirent à conquérir le pouvoir. Mais, pour quoi faire ? La réponse est aujourd’hui évidente pour le commun des Maliens : « concrétiser des ambitions personnelles ». Diriger autrement pour combler les fortes attentes du peuple n’est plus une lueur, mais un leurre démocratique. Avec à une classe dirigeante incapable de s’assumer, les fondements de la démocratie sont sans cesse remis en cause.

L’alternance compromise

Au point que l’alternance politique est « menacée ». En effet, on prêterait (permettez-nous d’en douter) au locataire de Koulouba la volonté de vouloir « tripatouiller » la Constitution pour se cramponner au pouvoir. Une bien triste tradition en Afrique à laquelle le Mali avait échappé depuis l’avènement de la démocratie. Surtout que notre transition démocratique a été l’une de plus courtes en Afrique.

Même si l’alternance de 2002 ressemble étrangement à « un renvoi d’ascenseur », toujours est-il que cela a permis au Mali d’éviter bien de zones de turbulences et de retrouver un semblant de crédibilité et de stabilité aux yeux de l’opinion internationale. Une situation consolidée par l’expérience inédite de la gestion consensuelle du pouvoir avant que celle-ci ne montre ses limites suite à l’usage abusif qui en a été fait dans la pratique.

Il est pourtant clair que, dans une démocratie, « l’opposition est une composante majeure. L’Assemblée nationale du Mali a d’ailleurs par un texte de loi doté cette opposition d’un statut propre. L’opposition assume une fonction de veille, de contrôle, de proposition d’alternative ». Ainsi, majorité et opposition sont les deux mamelles nourricières de la démocratie. Supprimer l’une, c’est remettre gravement en cause tout le système. Une situation, malheureusement, nous vivons au Mali depuis quelques années.

Ce qui fait que, citée comme une référence en Afrique, la démocratie malienne vit des moments assez tourmentés depuis l’élection présidentielle de 2007. Elle a du plomb dans l’aile par la faute d’une classe politique dans la totale confusion. Le Front pour la démocratie et la République (FDR) et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont disparu d’eux-mêmes parce que créés pour des causes circonstancielles. Et l’Adéma symbolise à elle seule la déconfiture de la classe politique malienne. En effet, le parti majoritaire, qui a assuré la gestion politique du pays pendant 10 ans, connaît de profondes dissensions internes dues beaucoup plus à des options hasardeuses qu’à l’usure du pouvoir.

Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, difficile de distinguer l’opposition de la majorité car les politiciens maliens ont une peur bleue de se retrouver au banc du pouvoir, donc dans l’opposition. Les agitations du RPM, du parti Sadi et du Parena ressemblent beaucoup plus à des tempêtes dans un verre d’eau qu’à une vraie contestation.

Difficile donc de ne pas partager l’analyse pertinente de ce politologue pour qui, « la configuration politique proposée au peuple malien par les partis politiques manque de lisibilité et de visibilité. Une démocratie sans opposition déroge aux principes qui fondent ce système de gouvernance. Une démocratie, c’est une majorité et une opposition, chacune des composantes ayant des fonctions importantes à assumer en son sein ».

Une situation, hélas, qui s’explique largement par l’option faite par certains barons de rester aux basques du pouvoir pour masquer les manquements dont ils se sont rendus coupables dans l’exercice de leurs fonctions quand ils étaient aux affaires. La Real politik aurait voulu que, depuis 2002, le RPM et l’Adéma fissent fi de ce qui les sépare pour former une opposition crédible capable d’influence la gestion des affaires publiques et de maintenir le pays sur la voie de la vraie alternance. Cela aurait totalement changé la façon chaotique dont le pays a été souvent géré.

Il est évident qu’il urge de mettre en place un programme de renforcement des capacités des acteurs politiques maliens. Ce qui ne signifie pas qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais que les leaders politiques maliens comprennent que les démocraties dépendent de la participation active des populations informées, disposées et capables de participer aux prises de décisions publiques qui affectent leurs vies.

Alphaly

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DETOURNÉE PAR UN COLONEL DE GENDARMERIE

Elle dépouille son mari de tous ses biens

Au Mali, un colonel peut vous cocufier, amener votre épouse à demander le divorce et s’emparer de tous vos biens les yeux dans les yeux. La preuve…

Disposant de preuves suffisantes que sa 2e femme, A. S., vit avec un colonel de gendarmerie, F. I., un inspecteur des impôts, âgé de près de 60 ans, s’est résolu à engager une action en divorce. A sa grande surprise, un beau jour, A. S. qui avait abandonné le foyer conjugal, accompagné d’un huissier, d’un avocat et d’un groupe de gendarmes, s’est rendue à son domicile et enlevé en force tout ce qui était dans la maison, y compris la volaille.

F. I. fréquentait le même « grin » que le colonel. A. S. qui se rendait chaque vendredi et samedi au « grin » va faire la connaissance du colonel. Un jour, la dame a été convoquée par un usager de son service au Camp I de la gendarmerie pour une affaire de trafic de terrain. Se sachant impliquée dans cette affaire, elle fit appel, à l’insu de son mari, au colonel qui l’aide à sortir de cette impasse. F. I., n’a été informé de l’affaire que lorsqu’un jour au « grin », le colonel l’a appelé de côté pour lui remettre des documents appartenant à sa femme.

Ce service rendu est-il à la base d’une relation amoureuse entre Mme F. et le colonel ? Toujours est-il qu’après cette action du colonel, F. I. remarque des comportements étranges chez son épouse : des coups de fil intempestifs et des sorties douteuses pendant des journées.

C’est en ce moment que F. I. entreprend une enquête. Le 31 décembre 2006, A. S. est sortie du domicile conjugal prétextant des courses en ville. Non convaincu, son époux la suit. Mme s’est dirigée chez le colonel où elle gare sa voiture devant la porte. F. I. vient également se garer à la porte pendant que sa femme est à l’intérieur.

Arrêté à la porte avec son huissier qu’il a fait venir après avoir pris sa femme en filature, M. F. appelle sa femme sur son portable. Elle lui fait comprendre qu’elle est chez un de ses parents. Après deux heures, elle sort avec le colonel divorcé de son épouse. C’est ainsi que F. I. fait établir un procès-verbal de constat et engage une action en divorce.

Désemparée, A. S. abandonne le domicile conjugal. Par la suite, elle prend les devants en initiant une procédure en divorce. En même temps, elle porte plainte au parquet du Tribunal de la Commune VI contre son époux pour répudiation et injures. F. I. a été entendu dans le cadre de cette procédure le mardi 16 janvier 2007.

Classé sans suite

F. I. a porté plainte contre le colonel. Dans le procès-verbal d’enquête préliminaire de la gendarmerie, le colonel explique que « la femme de F. I. est ma cousine. F. I. est d’une jalousie qui frise l’hystérie par rapport à elle. Pour cette raison, il suit et fait suivre la dame lorsqu’elle part au travail ou sort de chez elle pour des courses en ville. C’est ainsi que le dimanche 31 décembre 2006, au lendemain de la fête de Tabaski lorsqu’elle est sortie pour des présentations de vœux… que bien remonté contre moi, F. I. a attendu que ma cousine arrive chez moi (sachant bien qu’elle y viendra) pour provoquer un scandale qui heureusement n’en sera pas un grâce à la grande maîtrise de soi dont madame et moi nous avions fait preuve » .

Il ajoute que « F. I. reste sur sa décision de répudier sa femme qui se résolut à aller enlever ses bagages. J’ai demandé et obtenu officiellement un véhicule de la direction générale de la gendarmerie pour aider ma cousine à transporter ses bagages » .

Le procureur de la République près le Tribunal de 1re instance de la Commune VI de Bamako a classé la plainte de I. F. sans suite au parquet. Impuissant, I. F. écrit le 11 mars 2009 au ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile pour demander son secours.

« Excellence, c’est un véhicule de la gendarmerie qui est venu me dépouiller de tous les biens que j’ai acquis à la sueur de mon front au seul motif qu’un colonel de la gendarmerie voulait mon épouse dont il prétend être sa cousine. Excellence, je vous prie de me faire restituer mes biens qui m’ont été soustraits par le colonel… Je sais que par vous, justice me sera rendue car plusieurs vaillants officiers m’ont dit que soit vous n’avez pas été informé, soit vous avez été mal briefé sur cette scabreuse affaire » , explique-t-il dans sa lettre .

Affaire à suivre.

Sidiki Doumbia

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BRUITS SOURDS DE BAMAKO

Listes invalidées : les avocats de Mara interjettent appel 

Pour les élections communales du 26 avril 2009, les candidatures indépendantes de Kaoural et de Moussa Mara ont été invalidées par le Tribunal de la Commune IV. Leur validation pouvait être dérangeante pour le maire sortant, Issa Guindo. Leur rejet par le tribunal fait suite à une plainte du RPM. Selon un avocat proche du dossier, cette invalidation n’est pas fondée, d’autant plus que, dit-il, pour les élections communales, les recours contre les candidatures doivent intervenir au plus tard 48 h après la date limite de dépôt (14 mars 2009). Aux termes de cette loi, les recours devaient être introduits au plus tard le 16 mars. Ce qui revient à dire qu’à partir de minuit de cette même date, les recours devaient être déclarés irrecevables. Or, c’est le 17 mars que le RPM a saisi le juge. Malgré les dispositions de la loi électorale, qui fixe le délai de recours au plus tard 48 h après les dépôts, le président du Tribunal de la Commune IV a reçu le recours du RPM le 17 mars 2009 et a invalidé malgré tout les candidatures de Kaoural et de Moussa Mara. Vendredi dernier, les avocats de ceux-ci ont relevé appel de cette décision.

Mairie de la Commune II : des cartes d’électeurs volatilisées

A l’approche des élections communales, tous les moyens sont bons pour certains maires ou certaines formations politiques pour ratisser large. Participe de cette stratégie, le bourrage des urnes et le vol des cartes d’électeurs. A peine leur distribution commencée, déjà la Commune II se signale par le vol des cartes électorales. Selon certaines informations en provenance de la mairie de cette commune, de nombreuses cartes d’électeurs ont disparu samedi dernier. Le constat de l’absence de beaucoup de cartes a été établi dimanche par certains agents de distribution qui ont constaté après décompte une différence entre le nombre de cartes disponibles la veille (samedi) et celles réelles le dimanche 29 mars 2009. L’on ignore pour l’heure le nombre de cartes disparues. Toujours est-il que l’affaire a fait grand bruit. Le président de la Commission de distribution est fortement soupçonné.

Des anciennes cartes d’électeurs circulent  

En plus de la disparition des cartes d’électeurs nouvellement conçues, les anciennes circulent dans certaines communes. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) aurait diligenté une enquête pour mettre la main sur les artisans d’une telle œuvre. Ce qui corrobore aujourd’hui les inquiétudes de la Délégation générale aux élections (DGE), qui a récemment mené une étude sur le processus électoral dans notre pays. L’étude note qu’il existe plus d’un million de cartes d’électeurs non enlevées. Ce qui avait conduit le délégué général aux élections à proposer la radiation des listes électorales des personnes n’ayant pas retiré les leurs. Au motif que les intéressés ne seraient pas au Mali ou ne seraient pas vivants. Diversement interprétée à l’époque, la proposition a rencontré l’adhésion des autorités. Sa mise en œuvre aura non seulement l’avantage de diminuer les fraudes électorales mais aussi d’avoir une idée exacte du taux de participation.

Recensement général : des agents démissionnent

C’est en principe aujourd’hui que doit débuter le recensement général de la population et de l’habitat. Avant même le démarrage de l’opération, des agents qui avaient reçu une formation d’une semaine auraient démissionné à travers le pays. Après avoir perçu les 30 000 F CFA de frais de formation, ils auraient mis en avant l’insuffisance des matériels de travail et l’insuffisance des ressources humaines. D’aucuns parient sur l’échec de l’opération. Il faut dire que la plupart des agents recenseurs sont des enseignants. Ce sont les 15 jours de congés de Pâques qu’ils entendaient mettre à profit pour faire le travail. Ce qui paraît être un délai relativement court pour faire un travail d’une telle envergure. Les démissionnaires auraient-ils accepté la formation pour juste empocher les per diem avant de tourner casaque ? Une certitude : le départ des agents recenseurs sera préjudiciable au bon déroulement de l’opération .

Sénou : des agents techniques rackettent

Le lotissement du quartier de Sénou serait un fonds de commerce pour des agents techniques. Ils se promènent présentement de famille en famille pour réclamer incognito 5000 F CFA pour les travaux de réhabilitation. Le hic, c’est que le montant versé n’est pas accompagné de reçu. Il n’est pas versé non plus à la caisse de la municipalité de la commune. N’est-ce pas là une vraie escroquerie orchestrée par des agents techniques sur le dos de paisibles citoyens qui courent toujours derrière leur pitance. A quand la fin de ce phénomène qui agace les habitants de Sénou ?

Ex-volontaires de l’Apej : la Cathédrale s’oppose à leur expulsion

Les anciens volontaires de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) observaient depuis le mardi 24 mars 2009 une grève de la faim. Pour se faire entendre, ils ont élu domicile à la Cathédrale de Bamako. Le vendredi 27 mars, des éléments de forces de sécurité ont fait irruption dans l’enceinte de l’Eglise pour déloger les grévistes. Les autorités de la Cathédrale se sont poliment mais fermement opposées à cette décision des forces de l’ordre. Jusqu’à samedi, les grévistes occupaient les lieux.

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MARCHE DE CAREME

« Jeune chrétien, soit témoin passionné de Jésus »

Chaque année, à l’approche de Pâques, la jeunesse chrétienne effectue une marche sur le trajet Bamako-Kati. Les 28 et 29 mars 2009, la procession est partie de l’église Notre Dame des Champs de Missira à la Mission catholique de Kati.

Tout au long du trajet les jeunes ont réfléchi sur le thème « comme Saint-Paul, jeune chrétien, soit témoin passionné de Jésus Christ ». A l’instar de Saint-Paul, les jeunes, par cette marche, voulaient vivre l’expérience des 40 jours de Jésus dans le désert, supportant les souffrances.

Ce même thème sera développé à leur arrivée par Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako, qui avant de le décortiquer, fera un petit rappel sur la vie de Saint-Paul lequel avant sa conversion, était un pécheur, un meurtrier, un acteur passif et un persécuteur actif dont le comportement s’expliquait par les convictions religieuses qui le dominaient.

Mais, après la manifestation du Seigneur sur le chemin de la persécution, Saint-Paul connaîtra une nouvelle vie et une nouvelle mission qui portent sur le nom de Jésus. Par sa conversion, Paul a appris à connaître Jésus, à l’aimer et à l’annoncer.

Aujourd’hui, la jeunesse chrétienne est confrontée aux difficultés sociales, religieuses d’annoncer Jésus ; elle emprunte des chemins qui, au lieu de la conduire à Dieu, la mène vers le mal. « Tout jeune doit connaître Jésus, l’aimer et l’imiter afin de l’annoncer », enseignera de nouveau Mgr Jean Zerbo.

Cependant, pour l’aimer, il faut avoir l’amour de la parole de Dieu qui est Jésus lui-même. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » dit Jésus. « Nous sommes l’héritage que Dieu a fourni à Jésus, la parole de Dieu introduit entre nous une large dimension de fraternité. A nous de le mettre en pratique en apprenant à le connaître, à l’aimer, à l’imiter et à l’annoncer enfin d’être ses témoins passionnés », a poursuivi l’archevêque de Bamako.

Plus de 2000 jeunes ont fait le déplacement. Au cours de la célébration, plus de 18 jeunes ont aussi fait leurs premiers pas vers le baptême. A l’issue de l’eucharistie, l’archevêque a renouvelé son soutien spirituel à la jeunesse et a dit attendre d’elle d’être le témoin fidèle à l’image de Saint-Paul.

Anne-Marie Kéita

(stagiaire)

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