Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2009

Mois de Mars

Les Echos du 12 Mars 2009

 

RETRAITS INTEMPESTIFS DE PARCELLES

Le maire Adama Sangaré, l’homme fort du régime

Fort de sa mesure de retrait de lots sur fond de spéculations foncières, le maire du district de Bamako n’a plus que faire des injonctions à lui faites par le gouverneur du district et le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités territoriales.

La parcelle JB/5 sise à l’Hippodrome en Commune II appartient à B. D. Ce dernier y a construit une chambre qui sert de magasin. De peur d’être touché par la grande campagne d’expropriation de bénéficiaires de lots à usage d’habitation non construits du maire du district, il se décide d’y bâtir une maison.

En début janvier, il se rend donc sur sa parcelle en compagnie de son architecte. Mais quelle ne fut sa surprise de rencontrer un individu en train de creuser les fondations d’un bâtiment sur son terrain après avoir démoli son magasin. Il tente de lui faire comprendre qu’il se trompe certainement de parcelle. Le quidam lui répond que c’est bel et bien la sienne et que c’est un agent de la mairie qui la lui aurait vendue. Pour le convaincre, B. D. lui montre une copie de sa lettre d’attribution et l’autorisation de construire. L’intrus réplique en affirmant que sa lettre d’attribution est dans le circuit.

Pour en savoir davantage, B. D. se rend au bureau spécialisé des domaines et du cadastre du district. Il tombe sur la décision n°0149-M-DB du 4 février 2009 signée d’Adama Sangaré, portant régularisation de la parcelle JB/5 dans le lotissement de l’Hippodrome en Commune II du district de Bamako au nom de Mohamed Traoré.

Ce cas remet une fois de plus sur le tapis la grande spéculation foncière lancée par le maire du district à la fin de son mandat pour alimenter son « butin » de campagne. Nous avions en son temps relaté la mésaventure de propriétaires de lots à usage d’habitation, expropriés par le maire du district sous prétexte qu’ils n’ont pas respecté le délai réglementaire de 5 ans pour mettre en valeur leurs terrains.

Mais, cette ré-attribution de la parcelle JB/5 du lotissement de l’Hippodrome viole le sursis à exécution fait à la mairie du district par le gouverneur et le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales dans l’opération de retrait de lots. Dans sa lettre confidentielle n°040/GDB-CAB-C du 21 novembre 2008, adressée à tous les maires des communes du district, le gouverneur du district leur demandait de « surseoir à cette pratique et d’annuler éventuellement toutes les dernières décisions se rapportant à de nouvelles attributions de parcelles retirées afin d’éviter tout contentieux pouvant être préjudiciable à la collectivité et à vous-même ».

Refus d’obtempérer

Ibrahima Féfé Koné avait rappelé que le retrait de lot « est en violation des textes fonciers et domaniaux en vigueur notamment le décret 02-112/PRM du 6 mars 2002 déterminant les formes et les conditions d’attribution des terrains du domaine privé immobilier des collectivités territoriales ». Cette mise en garde a été balayée d’un revers de la main par le tout puissant maire Adama Sangaré. Au cours d’un débat télévisé sur l’ORTM, il a fait un pied de nez au gouverneur en disant que ce dernier n’est pas « son autorité hiérarchique et qu’il relève du ministre de l’Administration territoriale ».

La même mise en garde faite par le ministre de l’Administration territoriale, le général Kafougouna Koné est restée sans suite. Celui-ci, parlant des dispositions des textes domaniaux, a rappelé les formes et conditions édictées par la loi pour procéder à un retrait de lot.

Selon le ministre, « l’administration communale est tenue de mettre en demeure par écrit le bénéficiaire de la parcelle de régulariser sa situation dans les trois mois qui suivent le constat de non-respect de ses obligations (…) Si la mise en demeure reste infructueuse, elle engage la procédure de retrait (…) La décision de retrait doit être notifiée au titulaire de la parcelle avant toute réattribution ».

Le maire du district a fait une sourde oreille au rappel à l’ordre du ministre et du gouverneur. Pis, il a foulé aux pieds les formes et conditions de retraits de lots. Il n’a pas non plus respecté le délai de trois mois qu’il s’était lui-même fixé pour permettre aux propriétaires fonciers de se mettre à jour.

Le président de la République, le dernier recours des citoyens désabusés, a laissé le maire du district bafouer l’autorité de l’Etat et spolier des pauvres au profit des nantis. ATT était le seul à pouvoir mettre fin à la chienlit. Mais il s’est contenté d’une simple plaisanterie, disant qu’il pouvait être lui aussi victime, il y a quelques années lorsque jeune lieutenant, il avait acquis une parcelle qu’il n’a construite que sur le tard.

Et dire qu’ATT était interpellé par des chefs religieux sur la question. Décidément, l’autorité de l’Etat a bien foulé le camp dans ce pays ?

Abdrahamane Dicko

Acceuil


 

 POLICE NATIONALE

L’unité syndicale retrouvée

La police nationale a décidé de tourner le dos à la division et au désordre à travers la signature mercredi d’un protocole d’accord devant aboutir à la mise en place d’un syndicat unique.

La police nationale depuis sa démilitarisation n’avait connu que la division syndicale. La scission du mouvement syndical n’a fait que fragiliser ce corps. C’est conscient du fait qu’aucune famille, aucune nation ne peut se développer dans la division, que les secrétaires généraux des différents syndicats de la police ont décidé en toute liberté d’unir leurs efforts pour poser les jalons d’un syndicat unique plus fort que jamais.

Un protocole d’entente a été signé dans ce sens mercredi à l’Ecole nationale de la police. Ont apposé leurs signatures au bas du document Ibrahima Diakité, Tidiani Coulibaly et Ibrim Maïga, respectivement secrétaire général de la section syndicale des commissaires de police, de la section syndicale de la police nationale et du syndicat des sous-officiers de la police.

La signature du document de 7 articles met fin à l’émiettement du mouvement syndical au sein de la police nationale. Les trois secrétaires généraux ont pris l’engagement solennel de tourner le dos à la division, au désordre, aux divergences de vue et d’opinions qui avaient constitué des obstacles à la défense des intérêts matériels et moraux des policiers.

La signature du protocole d’accord a été suivie d’une conférence de presse au cours de laquelle, il a été annoncé la tenue d’un congrès unitaire dans 6 mois. Et c’est de ce congrès que sortira l’instance dirigeante qui présidera aux destinées du syndicat unique de la police nationale.

En attendant, c’est une commission de 15 membres dirigée par le commissaire de police Ibrahima Diakité qui a été mise en place. Sa présidence sera tournante et elle aura une durée de 6 mois. La commission statuera sur toutes les questions intéressant la vie de la police nationale. Elle se réunira une fois par semaine.

En décidant d’aller à l’union, les secrétaires généraux des différents syndicats se replacent dans une logique de guider, de soutenir les actions de tous les jours en faveur de la police.

Ont été témoins de la réunification des syndicats de la police nationale, des représentants de la direction nationale de la police, de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), de la direction nationale de la protection civile et de la douane. L’échec de la tentative de réconciliation de 2006, faut-il le noter, était dû à des problèmes de leadership.

Mohamed Daou

 

[haut]

Acceuil


SITRAO

La révolution du transport en marche

Sous la présidence du président de la République, Amadou Toumani Touré, la 1re édition du Salon international des transports d’Afrique de l’Ouest (Sitrao) s’ouvre aujourd’hui au CICB.

Organisé par le département de l’Equipement et des Transports, le Sitrao est placé sous le parrainage de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

La rencontre de 4 jours a pour objet d’ouvrir le débat sur la problématique des transports dans la zone ouest-africaine afin que le secteur des transports puisse jouer le rôle qui devait être le sien dans le développement économique : création d’emplois et de revenus, développement des échanges, création de valeur ajoutée, incitation des opérateurs et hommes d’affaires à investir dans l’industrie et les services de transports dans l’espace ouest-africain.

La mise en place d’une veille technologique et commerciale en faveur de l’industrie des transports en Afrique de l’Ouest figure aussi dans les objectifs du Salon.

Les acteurs, en provenance des pays de l’Uémoa et autres, concernés par la problématique, se retrouvent pour échanger sur une plate-forme afin de finaliser une politique en matière de gestion de la problématique des transports, qui serait traduite par un plan d’action soutenu par une large adhésion des Etats, des institutions de financement, des professionnels du transports, des partenaires, des services techniques.

Le Salon, selon les organisateurs, est aussi l’occasion de mettre à jour et à disposition les informations nécessaires pour et entre tous les acteurs du secteur des transports d’une part, d’autre part d’ouvrir largement le débat au-delà des murs d’une consultation sectorielle. « Le Salon doit jouer plusieurs rôles : mise en relation, impulsion, sensibilisation », soutiennent-ils.

A. S.

 

[haut]

Acceuil


INCENDIE D’UNE CARTOUCHERIE A NIAMAKORO/CITE UNICEF

Un milliard de dégâts et le pire évité grâce à l’Asecna

Une unité de production de cartouches de fusil est comme une bombe prête à exploser. N’eût été l’intervention de l’Asecna, les Bamakois allaient longtemps se souvenir de l’incendie qui a touché la Carma-SARL, une unité de production de balles de fusil et de vente d’armes.

Carma-SARL est une unité de production de cartouches de fusil de chasse de calibre et de vente d’armes appartenant à Abdoul Aziz Mangané. Elle a pris feu dans la nuit de lundi à mardi dernier aux environs de 23 h. La cause de l’incendie, selon des sources policières, est due à l’explosion d'une amorce de cartouche par un employé et qui a fait un blessé.

Les autorités administratives et municipales (gouverneur, maire de la Commune VI) ont passé une bonne partie de la nuit aux cotés des soldats du feu qui, avec deux véhicules, n’ont pu maîtriser le feu. Il a été fait appel aux services de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), qui ont usé de tout leur savoir-faire pour maîtriser le sinistre aux environs de 12 h. L’incendie, selon le promoteur, a occasionné des dégâts importants, estimés à plus d’un milliard de F CFA.

La question qui taraude les esprits est de savoir comment une telle usine a pu être implantée en plein centre ville ? Le promoteur a-t-il respecté le cahier de charges d’une usine de fabrique de cartouches ? Pour M. Mangané, l’usine a été installée en 2002 sur autorisation des autorités compétentes : ministère de la Sécurité et de la Protection civile, de l’Industrie et du Commerce. Il ajoute qu’il a respecté toutes les instructions des services compétents. Et que son but est de mettre fin à la contrebande de munitions et des fusils de chasse vers notre pays. « A l’époque, il n’y avait pas d’habitation, l’espace était vide », poursuit M. Mangané.

A la mairie de la Commune VI, on affirme n’avoir jamais été associé à l’implantation d’une telle usine. « Ils sont allés chercher leur autorisation en haut lieu. Nous ne sommes pas en contact avec ces messieurs », martèle le 3e adjoint au maire, Lassine Coulibaly. Des propos plus tard corroborés par le maire Souleymane Dagnon.

La mairie impuissante

Pour les autorités municipales, le conseil communal a écrit à qui de droit pour lui demander d’éloigner l’usine du centre ville. « Mais depuis, c’est le silence radio. Le propriétaire continue d’exercer en dépit de nos injonctions ». L’usine, disent-elles, ne fait pas partie des sources de revenu de la Commune. « Nous l’avons boudée par souci de sécuriser la population ».

Selon M. Mangané, toutes les normes de sécurité sont quotidiennement appliquées. Ce qui a permis, à ses dires, de limiter les dégâts. Sans battre en brèche les propos du directeur de l’usine, des experts soutiennent le contraire. « Une unité contre les incendies devrait exister à côté d’une telle fabrique qui peut faire des dégâts si jamais elle explosait ou, à défaut, elle n’a pas sa place dans un tel endroit habité ».

Une autre source révèle qu’il n’y a pas longtemps un expert américain en armurerie a fait cas de la nécessité d’évacuer l’usine de munitions et d’armes du centre ville parce qu’elle ne respecte pas les normes internationales. Selon des témoins, dans les minutes qui ont suivi, les crépitements de munitions et les bruits assourdissants des explosions ont fait fuir beaucoup de personnes de leurs domiciles qui se trouvent à proximité de l’usine.

Quel deal y a-t-il entre les autorités et le promoteur de l’usine ? Seuls les ministres de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce pourront nous édifier.

En attendant, une certitude : dans ce pays, la notion de prévention n’est assurément pas la chose la mieux partagée par les décideurs.

Amadou Sidibé

 

[haut]

Acceuil


COOPERATION MALI-BANQUE MONDIALE

Eclairage sur les zones industrielles

Le groupe Banque mondiale/FIAS/IFC Pep-Africa a organisé mercredi à Bamako un atelier pour débattre des questions des zones industrielles au Mali. L’objectif est de parvenir à restituer la série d’études relatives aux zones industrielles au Mali afin de bénéficier des suggestions pour un enrichissement desdites études.

Le colonel Abdoulaye Sampana, représentant le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, a présidé, hier, l’ouverture de l’atelier sur les questions des zones industrielles au Mali.

Il s’agissait, pour les participants, d’engager des discussions sur les études relatives aux zones industrielles au Mali en vue de leur amélioration, de voir l’étude d’analyse comparative de marché/demande en matière de zones industrielles et sur l’attrait des investisseurs, les problème liés au cadre juridique et réglementaire des zones industrielles et les options institutionnelles.

Le colonel Sampana a rappelé qu’en 2008, le groupe Banque mondiale, à travers IFC/FIAS a lancé cette série d’études sur les zones industrielles dans notre pays afin d’offrir aux entreprises installées au Mali un environnement idoine et une infrastructure matérielle de meilleure qualité.

Il a ajouté que les différentes études soumises aux participants traitent des sujets comme l’analyse de la demande de terrains industriels au Mali, l’attrait ou le niveau d’intérêt des investisseurs internationaux par rapport à une éventuelle mise en concession des zones industrielles, notamment celle de l’aéroport de Bamako-Sénou ; le cadre juridique et réglementaire proposé pour les zones industrielles au Mali, les options institutionnelles de gestion des zones industrielles et les meilleures pratiques internationales en matière de zones industrielles.

« Nous souhaitons que des débats émergeront des points essentiels qui permettront à l’équipe IFC/FIAS du groupe Banque mondiale qui a initié cette démarche, de finaliser ces études qui seront transmises au gouvernement de la République » , a dit le représentant du ministre de l’Economie.

A noter que ces études serviront de support pour le gouvernement du Mali pour développer un cadre juridique, légal et réglementaire conforme aux meilleures pratiques internationales pour les zones industrielles et de mettre en œuvre une architecture institutionnelle cohérente pour la gestion des zones industrielles au Mali.

L’atelier qui a pris fin aux environs de 12 h 30 a enregistré la présence du représentant résidant de la Banque mondiale au Mali, des représentants des membres du gouvernement, du secteur privé et de la société civile. Nous y reviendrons

Idrissa Sako

[haut]

Acceuil


 

SANTE PUBLIQUE

La polyarthrite rhumathoïde progresse

L’Association malienne des polyarthrites rhumatoïdes (AMPR) a organisé mardi dernier à la Pyramide du souvenir un point de presse sur la polyarthrite rhumathoïde. Objectif : donner toutes les informations sur cette maladie qui prend de l’ampleur dans notre pays.

Dr. Idrissa Ahmadoun Cissé, rhumatologue, chef de service au Centre hospitalier universitaire (CHU) du Point G, a animé le 10 mars 2009 un point de presse sur la polyarthrite rhumathoïde.

Selon le praticien, l’arthrite rhumatoïde, comme toutes les arthrites, s’accompagne d’épanchement articulaire, mais s’individualise par le fait que les cellules de la membrane synoviale se multiplient, prolifèrent anormalement.

« Cette multiplication des cellules synoviales est responsable d’un épaississement de la membrane synoviale que l’on appelle le panus synovial  ». Celui-ci, dira-t-il, se caractérise par des synovites responsables de douleur et de gonflement articulaire et d’un épaississement synovial responsable de lésions ostéo-cartilagineuses et tendineuses de voisinage.

« Ce sont les femmes qui en souffrent plus que les hommes et la maladie se déclare généralement entre 35 et 40 ans » , a-t-il dit. Il a ajouté qu’on ne connaît pas d’agresseur pour la polyarthrite rhumatoïde. « Il pourrait s’agir d’un agent externe (virus par exemple) ou d’un agent interne. Habituellement, l’organisme ne réagit pas contre ses propres constituants, on dit qu’ils se tolèrent », a dit le conférencier.

A cause de la polyarthrite rhumatoïde et pour une raison inconnue, l’organisme ne reconnaît plus un des éléments de l’articulation comme étant sien et réagit contre elle. Mais elle n’est pas une maladie infectieuse, cancéreuse, contagieuse ou héréditaire.

« De nombreux travaux de recherche visant à trouver la cause de la maladie sont en cours. A ce jour, seule la notion de tabagisme est reconnue comme facteur prédictif, car sa suppression pourrait avoir un effet préventif » , a-t-il précisé.

L’Association malienne des polyarthrites rhumatoïdes (AMPR) est un organisme national composé de membres associés. Elle a été créée le 7 juillet 2008. Toutefois, tous les 30 membres actifs de son bureau ne souffrent pas d’arthrite.

Sètè Traoré et

Assétou Diarra (stagiaire)

 

[haut]

Acceuil


 

VU AU FESPACO

« Mascarades », les rêves utopiques d’une jeunesse tourmentée

Premier long-métrage du jeune réalisateur/interprète algérien, Lyes Salem, « Mascarades » était en compétition au 21e Fespaco. Dans un irrésistible humour, le réalisateur partage les tourments de sa génération en Algérie avec les cinéphiles du monde. Primé à Angoulême à l’unanimité du jury du 1er Festival du film francophone en France, « Mascarades », a aussi reçu l’Etalon de bronze du Yennenga.

« Mascarades » de Lyes Salem est une comédie dont la trame se déroule dans un bled algérien. Mounir Mekbel (Lyes Salem, le réalisateur) vit de larcins et de coups fourrés pour nourrir sa famille. Relégué au banc de la société villageoise, il n’a qu’un seul rêve : être reconnu à sa juste valeur ! Hélas Rym (Sarah Reguieg), sa sœur bien aimée, souffre d’une mystérieuse maladie qui fait qu’elle dort à tout bout de champ.

Un handicap sérieux qui la condamne certainement à mourir vieille fille. Sauf que, ce que tout le monde ignore, c’est que cette belle fille a un amoureux : Khliffa (Mohamed Bouchaïb) surnommé « Ringo », un autre « paria » de cette société qui ne fait point de la place pour ceux qui ne parviennent pas du tout à joindre les deux bouts dans cette misère.

Pour que sa sœur cadette ne soit plus la risée de ses concitoyens, Mounir lui invente un fiancé fortuné et découvre alors l’amant caché de cette dernière qui n’est autre que son meilleur copain. Soumis à des épreuves pour avoir le droit d’épouser la « Princesse » Rym, ce dernier a finalement le dernier mot.

Plein d’humour, tourné dans un pays paradoxalement austère mais pittoresque, et habillé par une musique qui donne une inexorable envie de bouger, cette œuvre embrasse plusieurs thèmes. Si l’amour en est le point saillant, force est de reconnaître que les messages véhiculés par les acteurs ont une connotation assez politisée dans une Algérie prise en otage par les « colonels » et les islamistes.

Ce jeune réalisateur met en scène les rêves, les souffrances, les tourments ainsi que les espérances de sa génération. Dans un environnement géographique et politique où tous les horizons sont fermés, les jeunes vivent sur des nuages avec une forte envie de s’évader à l’image de l’héroïne qui demande à son copain de lui promettre de la laisser beaucoup voyager. Oui, s’évader pour échapper au triste destin auquel ils semblent destinés. Mais, aussi déchirés entre ce désir de prendre le large et la crainte de l’inconnu.

Si dans la famille, les hommes ont toujours le dernier mot, dans l’Algérie de Lyes Salem, comme celle de nombreuses générations, ce sont les « colonels » qui font la loi dans une démocratie de façade. Une vraie mascarade ! Désarroi dans le regard de Mounir, en voyant son ami Khliffa prendre définitivement le large avec sa sœur adorée, traduit toute l’impuissance de ces ruraux perdus dans ce « trou pourri » dans un environnement austère qui leur ferme tout horizon et ne leur laisse aucun espoir de s’en sortir.

Une impuissance qu’on retrouve dans le geste des trois vieillards, au début et à la fin du film, qui n’ont que leurs mouchoirs pour se protéger de la poussière des luxueuses bolides qui forment le cortège de mariage des nantis. « L’amour est la victoire de l’homme qui se doit de chérir sa femme tout le temps », dit le marabout qui scelle le mariage de Khliffa et Rym.

C’est aussi celle de l’amour sur tous les autres sentiments. Malgré son caractère humoristique, cette œuvre est très engagée car reflète cette Algérie prise en étau entre une mascarade de démocratie, avec toujours les colonels qui ont toujours les rênes du pouvoir, et les tragédies de l’islamisme galopant.

Dans cette Algérie, comme le dénonce un acteur du film, « on rentre dans les rangs » ou on se fait descendre. Alors, la famille devient le seul refuge sûr, car on y a la consolation et l’affection des siens !

Alphaly

(envoyé spécial)

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

"Je ne suis pas fou "

Prix:2500f cfa

Droit civil

Tome 1: 4000f cfa

Tome 2: 6000f cfa

 

 

L'épopée shongoî

Prix:2500 cfa

La conjuration

Prix:4000f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org