Les Echos du 11 Mars 2009
MUNICIPALES D’AVRIL
Des élections « camisole de force » !
Le 26 avril 2009, les Maliens se rendront aux urnes pour élire leurs conseillers municipaux. Pourtant, pour bon nombre d’observateurs de la scène politique, ces scrutins de proximité ressemblent à une camisole de force.
De l’imposition du 26 avril 2009 comme date des élections municipales par le président de la République, à la détermination du département de l’Administration territoriale d’organiser le scrutin par le système de bulletin unique, jusqu’aux listes des candidats concoctées par les états-majors des partis politiques ou des regroupements politiques, les élections du 26 avril paraissent comme des échéances qui s’imposent aux électeurs.
Le lundi 23 février 2009, au cours de la rencontre entre le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales (MATCL) et les partis politiques, il a été fait cas de la volonté du gouvernement de maintenir coûte que coûte le système de bulletin unique.
Mais, pour les formations politiques, le bulletin unique entraîne le pays dans un cafouillage avec son cortège de contentieux post-électoraux ou tout simplement de découragement des électeurs avec comme conséquence un faible taux de participation aux élections.
Apparemment, cette inquiétude des formations politiques n’est pas prise en compte par le gouvernement qui, selon le ministre de l’Administration territoriale, est en train de prendre toutes les dispositions pour aller à une élection transparente et crédible.
Quant à la date du 26 avril, selon certaines sources, normalement, les municipales au Mali devraient avoir lieu en fin mai. ATT aurait été trompé et a parlé d’avril. Toute l’administration a suivi. Sinon à l’Administration territoriale, la date des échéances était fixée au 24 mai, qui coïncide avec la fin effective des mandats des équipes en place. On apprend aussi que le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités Locales avait établi un chronogramme et avait même programmé ses activités dans ce sens.
Dans les états-majors des partis, ce qui se passe n’est pas de nature à maintenir l’unité et la cohésion au sein des formations. Des candidats têtes de listes sont imposés au grand dam des bases. En effet, l’élaboration des listes de candidatures aux élections communales donne lieu à des frictions dans beaucoup de partis politiques avec des démissions enregistrées dans certains rangs.
C’est le cas depuis la semaine dernière dans la section Adéma de la Commune II où Mme Coulibaly Alimata Traoré, sœur cadette du président de l’Adéma et de l’Assemblée nationale (Dioncounda Traoré) et présidente des femmes du parti de l’Abeille, a claqué la porte pour protester contre son inscription en queue de liste.
En Commune III, des électeurs, qui se disent scandalisés par l’attitude de l’actuel maire du district de Bamako, Adama Sangaré, et du maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon, conduiront les listes devant représenter la Ruche dans ces deux circonscriptions.
Amadou Sidibé
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4e RGPH
Quinze jours pour chiffrer la population du Mali
Pour un coût de plus 5 milliards de F CFA, le 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) s’étendra du 1er au 14 avril 2009 sur l’ensemble du territoire national. L’opération servira à mieux connaître la situation démographique du pays.
Afin de donner toutes les informations relatives au 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), la direction nationale de la statistique et de l’information (DNSI) a animé lundi à la Maison de la presse une conférence de presse.
Les trois précédents RGPH ont eu lieu en 1976, 1987 et 1998. Mais depuis le dernier recensement, la population a connu d’importantes évolutions. Et comme l’exigent les Nations unies, il est donc opportun que le gouvernement réalise un nouveau RGPH afin de disposer de données actualisées et fiables pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des programmes de développement économique.
Selon Seydou Moussa Traoré, le directeur national de la DNSI, conférencier, tous les aspects environnementaux ont été examinés pour le bon déroulement du RGPH. « Tous les calculs sont faits pour que nous puissions réaliser l’opération. C’est dans ce cadre que le Ravec sera suspendu du 1er au 14 avril », a-t-il souligné.
Le budget du 4e RGPH s’élève à un peu plus de 5,6 milliards de F CFA. Le gouvernement du Mali contribue à hauteur de 1 milliard 150 millions de F CFA et les partenaires techniques (Pays-Bas et Coopération canadienne) a hauteur de 4,47 milliards. Pour sa réalisation, plus de 24 000 personnes notamment des enseignants seront déployées.
Le conférencier a ajouté qu’à l’instar des recensements précédents, « nous allons nous appuyer sur le corps enseignant parce que c’est le corps le mieux reparti sur le territoire national. Cela nous permettra aussi d’économiser ».
Le RGPH consistera à collecter, évaluer, analyser, publier et diffuser des données démographiques, économiques, sociales et culturelles se rapportant à tous les habitants du pays.
Selon le représentant du ministre de l’Economie, l’Industrie et du Commerce, « le recensement constitue la source de données statistiques la plus importante, la plus complète et a pour objet de fournir des informations détaillées, fiables sur la situation démographique et les conditions socioéconomique du pays ».
Sidiki Doumbia
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APRES LES COUPS DE SEMONCE DE « DOING BUSINESS »
Le Mali s’engage à améliorer l’environnement des affaires
Le dernier rapport de « Doing Business » n’est pas très favorablement à notre pays pour ce qui est du climat des affaires. Un plan d’action à court et moyen termes (2009-2010) vient d’être validé.
Le plan d’action proposé par le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce et qui a été validé en réunion interministérielle le 27 février 2009 est relatif à l’amélioration de l’environnement des affaires au Mali et l’opérationnalisation du guichet unique.
Le rapport « Doing Business », qui est une sorte de classement des pays en matière de climat assaini des affaires, attribue un mauvais rang au Mali. Les enquêtes effectuées sur le Mali démontrent que notre pays a perdu 5 places dans le classement des économies en matière de facilité dans les affaires. Un pied de nez au gouvernement et au Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI), qui misaient sur les efforts fournis dans ce sens et qui entendent faire du secteur privé le moteur de la croissance.
En termes de reformes initiées dans notre pays, le rapport 2009 n’a tenu compte que de celle faite dans le domaine du commerce transfrontalier. Pour le reste, des remarques ont été faites selon lesquelles « le climat des affaires n’a pas connu d’améliorations significatives, du fait de l’insuffisance des réformes mises en place ».
Sur la base de cette interpellation, le ministère Ahmadou Abdoulaye Diallo a recensé les points négatifs et les différents reproches faits au Mali dans le rapport. Une dizaine d’objectifs qui doivent être déclinés dans un délai raisonnable en actions ont été identifiés. L’objectif est de trouver des remèdes aux contraintes soulignées.
Le plan d’action porte sur deux types de mesures : les mesures dites rapides d’ordre législatif et réglementaire à mettre en place d’une part, et les mesures de renforcement des capacités institutionnelles pour finaliser les réformes déjà en cours (le guichet unique de création d’entreprise, le permis de construire, etc.)
Le document conçu par le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce et adopté en réunion interministérielle avait fait l’objet de rencontres préalables avec les partenaires techniques de la Banque mondiale. Le résultat des travaux a été disséminé au cours d’un atelier qui a regroupé les acteurs de l’administration d’Etat, des entrepreneurs, notaires, géomètres pour situer les responsabilités.
Chacun des départements ministériels a été renvoyé à sa mission par le Premier ministre pour que notre pays remonte la pente dans le classement de « Doing Business » 2010. Pour la bonne tenue de la feuille de route dressée à cet effet, il est envisagé d’organiser une fois par mois une réunion entre l’Etat et le secteur privé afin de s’assurer que tout ce qui est prévu dans le plan de bataille est en train d’être mis en œuvre.
Abdrahamane Dicko
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