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2009

Mois de Mars

Les Echos du 10 Mars 2009

 

FACULTES DE L’UNIVERSITE DE BAMAKO

Le rectorat plongé dans un scandale de livres obsolètes

Rien ne va plus entre le rectorat et certains libraires. Des Facultés attendent en vain des livres achetés par le rectorat et dont certains ne seraient pas conformes à leurs programmes. Ça sent le brûlé pour les autorités du rectorat de l’Université de Bamako.

Dans son rapport d’activités 2005-2008, le rectorat de l’Université de Bamako a mentionné qu’il a payé des livres pour des Facultés dont le montant s’élève à 192 575 909 F CFA hors taxe. Ces documents étaient normalement destinés à la Flash, à la Fast, à la FSJE (les actuelles Fseg et FSJP), la FMPOS et l’IUG.

N’ayant rien reçu, la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) a envoyé une lettre à Mme le recteur qui à son tour a envoyé une correspondance à Afric Diffusion (l’attributaire du marché), dans laquelle elle l’invitait à « prendre toutes les dispositions utiles et urgentes pour livrer les fournitures, sinon recourait une pénalité s’élevant à 34 817 724 F CFA ». Comme réponse à cette correspondance de Mme le recteur en date du 17 janvier 2008, Afric Diffusion affirme que « après notre inventaire qui prend fin le 8 février 2008, nous livrerons les documents destinés à la FMPOS ».

Mais à ce jour, la FMPOS ainsi que les autres Facultés n’ont reçu aucun livre. Seule la Flash a reçu sa part. Mais la plupart de ces documents correspondent plus au programme de l’enseignement secondaire qu’à celui de la Flash.

La question que l’on se pose est de savoir pourquoi après que le rectorat eut été avisé de la situation en 2006, il n’a fait aucune pression sur Afric Diffusion jusqu’à ce jour afin qu’il s’acquitte de sa part du contrat ? Toujours dans le même ordre d’idée, à l’occasion du concours d’agrégation des médecins en novembre 2006 qui a vu l’agrandissement de la bibliothèque de la FMPOS, une somme de 46 788 280 F CFA TTC avait été engagée pour son équipement. Quid de l’utilisation ?

Le marché qui avait été confié à « Entreprise Batimali » reste également non exécuté et cela, malgré les injonctions du rectorat et la pénalité infligée à l’entreprise à la date du 1er avril 2008 qui s’élevait à 1 478 510 F CFA. Pourquoi depuis « Entreprise Batimali » ne s’est pas exécutée ?

Au moment où le président de la République se bat pour créer une Bibliothèque centrale universitaire au Mali, certaines entreprises maliennes se plaisent à bloquer le peu que l’Etat malien veut mettre à la disposition de ses étudiants qui manquent cruellement de documents.

La responsabilité du rectorat dans cette affaire est entière. Et un coup de pied dans cette fourmilière s’avère d’autant plus nécessaire que les principales revendications de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) portent sur l’amélioration des conditions d’études.

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

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NOTE ZERO

Au ministre de l’Equipement

Il est entré en politique comme un rot du hasard. Ses partisans répliqueront peut-être qu’il n’a pas à rougir de cet état de fait au motif que bien des Maliens aujourd’hui connaissent, eux aussi, les délices du parachutage doré.

Ebloui par l’ambition (suivez mon regard), il prétend que son mentor « a tout donné à son pays ». Même si nous ne sommes pas de cet avis, on peut aussi passer l’éponge là-dessus par les temps qui courent où des griots perdraient leur « latin » face à des nobles « oreilles rouges » qui devront leur maintien à leur dédicace à l’éloge dithyrambique.

Ce qui nous paraît par contre inacceptable de la part de notre ministre de l’Equipement et des Transports, c’est quand il dit le petit doigt sur la couture du pantalon, que son ambition à la tête de ce département est de diminuer les accidents de la circulation alors qu’il n’en est rien.

Pendant que des mesures impopulaires s’imposent aux détenteurs de deux-roues, l’épée de Damoclès des accidents reste toujours suspendue sur leurs têtes, car aucun préalable n’est satisfait ou presque.

De fait, la circulation des motos sur les « pistes cyclables » (puisqu’il faut les appeler ainsi), décidée par les agents aux heures de pointe, est devenue une foire aux accidents. En raison de leur état défectueux, des nids-de-poule et de leur occupation illicite, ce sont des tête-à-queue, embardées et carambolages à n’en plus finir. Les bilans sont identiques : crânes traumatisés, jambes fracturées, bras cassés… Casque, immatriculation, permis ? Mon œil !

Et dire que les postes de péage devaient servir à l’entretien courant des routes. Où partent alors les millions collectés à ces niveaux ? A quoi servent l’Ageroute, l’Autorité routière et l’Agence de sécurité routière en vue, si ce n’est des gouffres financiers pour le contribuable ?

L’enseignement à tirer, c’est qu’en matière de circulation, on est en train de nous bluffer. En s’essayant à la mystification, le ministre de l’Equipement justifie la présente « note zéro » qu’il a cherchée.

Bayer

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8 MARS

Une héroïne très ordinaire

Le 8 mars, des femmes sans problèmes parlent au nom de celles qui souffrent, des usurpatrices se font porte-parole. Et si l’on changeait d’approche ?

Chaque année, et c’est très malheureux, la même antienne nous est servie. Célébration de la femme ou des femmes, en tout cas du genre féminin. Du secrétaire général des Nations unies au chef du village de Fongolimbi, de la patronne du plus puissant mouvement féministe du monde à la présidente d’une ONG bidon de Diapaga, le discours est le même : la moitié de l’humanité mérite égard et considération, il faut plus de justice, plus d’égalité entre les sexes et tutti quanti.

Les « parleuses » sont toujours les mêmes : dodues, joufflues, bien habillées, intellectuelles à la verve incontrôlable, femme de tête qui ne sera jamais battue par son mari, etc. elles se prétendent porte-voix de la cause, bien engoncées dans un fauteuil moelleux ou barricadées derrière les vitres teintées de leur 4x4. Alors, pour 2009, j’ai décidé de parler d’une héroïne ordinaire, d’une femme dont vous n’entendrez jamais la voix à l’ORTM ou sur les ondes de CNN. Je veux parler d’une femme morte il y a près de 30 ans, mais qui, pour moi, est de la race des amazones méconnues.

Nous sommes vers la moitié de l’année 1975, à Sendegué, petite bourgade perdue dans les bourgoutières du Bani, à environ une trentaine de kilomètres de Konna. A l’extrémité ouest de Sendegué se trouve le poste vétérinaire, là où chaque année, les éleveurs peuls viennent faire vacciner leur bétail. Cent mètres plus en hauteur sur les terres, vivait une vieille dame que l’on appelait Inna Fatouma (maman Fatouma, en peul).

La légende courait dans le village que cette aïeule était une sorcière. Tellement sorcière qu’elle avait mangé ses trois enfants, morts tous en bas âge. Abandonnée par son mari, ses frères et sœurs et tout le voisinage, chaque jour qui passait était un miracle pour elle. Naturellement, comme les autres enfants endoctrinés par la méchanceté gratuite et la superstition, j’avais peur d’Inna Fatouma.

Puis, un jour, avec mes copains Ali Bâ, Oumar Diowro, Bara Landouré et Kola Sambourou, nous sommes allés à la pêche. A l’époque, le fleuve regorgeait de poissons. Au moment de retourner à la maison, Inna Fatouma qui portait son canari sur la tête nous a trouvés sur place. Ali Bâ et Oumar Diowro, à sa vue, se sont enfuis. Elle nous a demandé, le regard vide (je reprends de mémoire les échanges, pas exactement les mêmes mots ou le même ordonnancement) : « Pouvez-vous me donner un poisson ? Je vais le bouillir pour le manger. J’ai faim et je n’ai personne pour m’aider ».

Il ne lui restait que 4 ou 5 dents dans la bouche. Bara, Kola et moi, lui avons remis tous nos poissons. Bara étant le plus costaud d’entre nous, a transporté le canari rempli d’eau jusqu’à la demeure d’Inna Fatouma, une paillote vieillie, rapiécée, pleine de trous. Pour tout bien, elle avait une natte à moitié pourrie par terre et un baluchon de pagnes. Nous sommes repartis à la maison sans mot dire après ses remerciements et ses bénédictions. Je suis resté obsédé par cette image de détresse, de souffrance et surtout par cette cruauté innommable des citoyens qui pouvaient croire qu’une femme, si méchante soit elle, pouvait tuer ses propres enfants.

Le lendemain matin, j’ai dit à notre domestique, Antandou Djiguiba, que je voulais prendre du lait en poudre, des dattes, des biscuits et de l’huile dans notre magasin pour les rapporter à la vieille que l’on appelle Inna Fatouma. Il m’a donné l’autorisation en disant seulement : « Fais attention que personne ne te voie ! » Avec Kola Sambourou et Bara Landouré, je suis entré dans le magasin familial et nous avons pris le nécessaire. En sortant de la cour, nous avons été surpris par feu Boubacar Barry, originaire de Timé (que Dieu le Tout-Puissant l’accueille dans son paradis), ami et collègue de travail de mon père.

Il m’a regardé avec un sourire complice et m’a demandé ce que je voulais faire de ce stock. « Je m’en vais le donner à la vieille Inna Fatouma ». Il m’a fait signe de partir en ajoutant un avertissement : « Si tes parents te voient, tu auras chaud ! » Mon père ne m’a jamais frappé de toute sa vie, quant à ma mère, je savais comment l’éviter. De tous les enfants de mon père, j’étais celui que le vieux Boubacar Barry aimait le plus et il a fermé les yeux sur moult incartades dont j’ai été l’auteur. Nous sommes allés remettre le stock de nourriture à Inna Fatouma. Avec mes mots d’enfants, je lui ai fait une promesse : « Tant que je serai vivant, tu n’auras plus jamais faim. Je t’apporterai de la nourriture chaque semaine ! Elle a murmuré : Que Dieu t’entende !Il veille sur moi et aujourd’hui, c’est par ton intermédiaire qu’il me nourrit ».

Nous sommes restés un temps avec elle. Je lui ai posé ma question d’enfant, directement : « Est-ce vrai ce qu’on dit ? Es-tu une sorcière qui mange des enfants ? » Elle n’a pas évité la question, elle a répondu : « Je suis vieille, je suis pauvre et je suis laide. Dieu, le seul Roi de cette Terre m’a donné trois enfants qu’il a repris. Lui seul sait pourquoi. Je n’ai jamais fait de mal à autrui. Je fais confiance au jugement de Dieu, ceux qui m’accusent répondront devant Lui. Je ne suis pas une sorcière et je ne crois pas en la sorcellerie. Mais les gens sont ainsi dans ce monde, on ne peut rien contre la méchanceté ».

Naïvement, j’ai riposté : « Il faut leur dire que tu n’es pas une sorcière ! Nous sommes là et tu ne nous as pas mangés ! » Elle m’a répondu par une phrase qui, 34 ans après, se répète encore en échos dans ma mémoire : « Oussouwel am, missikina wala hala ! » (Mon petit Oussou, la parole du pauvre n’a aucune valeur). Cette phrase, je l’entendrai encore en plusieurs autres occasions de la bouche de femmes sur lesquelles le sort et la société s’acharnaient sans arrêt. « Missikina wala hala ! » Exactement ce pour quoi des milliers de femmes ont vu leur vie détruite.

Elle nous a raconté que son calvaire durait depuis « nanguè lawali », ce que l’on peut traduire par « le soleil de Lawali », donc au moment de l’occupation de la France par les nazis et l’intermède du général Laval. Nous sommes au début des années 1940. Plus de 35 ans qu’Inna Fatouma était devenue une pestiférée dans sa propre communauté. Quand elle avait encore la jeunesse et la vigueur, elle a « vendu du lait caillé au marché de Samataka, Dera, Barkanelbi et même Konna », ajoute-t-elle avec une pointe de fierté. « J’ai marché des distances incroyables avec ma calebasse sur la tasse, criant kossam kadam, kossam kadam. J’ai récolté du riz à Samataka, du raisin sauvage à Barkanelbi, participé à la vente du poisson à Dera après la descente annuelle des filets ».

Elle parlait sans cesse de ses souvenirs. Nous étions des enfants, mais je comprendrais plus tard que ces moments étaient, pour elle, l’équivalent de la thérapie qu’elle n’a jamais eue, l’exorcisme de cette vie de rigueur et d’injustice. Elle répétait sans arrêt : « C’est Dieu qui en a décidé ainsi, Il sait ce qu’Il fait ». Il n’y avait aucune rancune dans sa voix, peut-être seulement le regret d’avoir été stigmatisée avec autant de violence alors qu’elle a souffert dans sa chair et son âme de la perte de ses enfants en des périodes où les maladies infantiles étaient impitoyables et les structures sanitaires inexistantes.

Inna Fatouma n’en voulait à personne et ne nommait jamais un coupable de ses malheurs. Le dos voûté par le poids des âges, les membres meurtris par l’activité physique, elle ne pouvait espérer aucun repos, jusqu’à sa tombe. Même morte, elle savait que sa dépouille n’aurait eu droit à aucun respect. Ne l’a-t-on pas cataloguée « sorcière mangeuse d’enfants ». Et pourtant, dans son attitude, ses gestes, ses pensées et ses propos, Inna Fatouma dégageait plus de dignité, d’honneur et de loyauté envers Dieu et la société que celles qui parlent en son nom et ignorent ce genre de souffrances.

Les 8 mars sur la tribune officielle à Bamako, Ségou, Sikasso ou Kidal, vous ne verrez jamais des femmes comme Inna Fatouma. L’ORTM ne vous rapportera pas leur histoire. On vous parlera des femmes ministres, mécaniciens, pilotes de ligne, médecins ou ingénieurs. On vous parlera de la lutte pour la parité à l’Assemblée nationale. Des femmes comme Inna Fatouma sont trop pauvres pour être respectables et présentables. En ces temps modernes, la pauvreté est devenue une maladie honteuse. Je me reconnais pourtant en elle. Car, pour moi, c’est une vraie héroïne, une battante, un exemple de courage et de constance face à l’adversité. Malgré le mépris, la haine et l’acharnement, elle n’a jamais courbé l’échine et mendié la charité.

Inna Fatouma n’a pas de boubous basin brodés à Dakar par Diouma Diakhaté, elle n’a jamais vu un avion de sa vie, elle a vaguement entendu parler de la France et de Paris. Elle est née à Sendegué et y est morte. Avec un pagne, une camisole, une case en paille et une chandelle à beurre de karité comme tout bien. Avec mille tonnes de dignité, d’honneur et de bravoure, ce qui ne se vend pas au marché. Non, vous n’entendrez jamais parler de femmes comme Inna Fatouma le 8 mars.

Et pourtant, comprenez-moi bien, je ne reconnais ni Marie Curie, ni Simone de Beauvoir, ni Wangari Matai ou Fama Djénépo, ma vraie héroïne du 8 mars, c’est avant tout Inna Fatouma et ces millions de femmes, veuves, orphelines (souvent orphelines et veuves) rejetées, abandonnées, méprisées, violées, répudiées, avec ou sans enfants sur les bras, qui se réveillent chaque matin en regardant le ciel, en regardant leurs enfants, en regardant la société pour dire ensuite : « Dieu Tout-Puissant, Tu es là, et cela suffit à apaiser mon cœur. C’est à Ton souvenir que mon cœur s’apaise ! »

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

 

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AFFAIRE DU TRAFIC DE VISAS

Nouhoun Kéita de nouveau arrêté

Décider à démasquer les vrais auteurs de la falsification de son passeport, Nouhoun K éita, journaliste, qui avait été blanchi par l’inspection de la police, vient d’être à nouveau mis aux arrêts par le juge d’instruction de la Commune V. Pour quel motif ?

« Ce n’est pas l’intimidation qui me fera changer ma position de faire toute la lumière sur cette affaire qui souille mon honneur et ma dignité » . Ces mots sont de celui qui séjourne depuis le 26 février à la Maison centrale d’arrêt de Bamako pour « complicité d’escroquerie » dans une ténébreuse affaire de trafic de visa.

C’est la deuxième fois que notre confrère est arrêté dans une affaire pour laquelle il a porté plainte au niveau des autorités policières qui, dans un premier temps l’avaient libéré avant qu’il ne soit de nouveau embastillé par le « tout puissant juge » de la Commune V. Le motif avancé par le parquet est que Nouhoun est incarcéré pour une procédure judiciaire qui suit son cours normal.

Les faits. Le vendredi 11 juillet 2008 aux environs de 17 h, une connaissance à Nouhoum Kéita, du nom de Mamoudou Touré, qui se dit commerçant, vient le voir à son service. Il l’informe qu’un de ses partenaires d’affaires d’origine indienne du nom d’Azeez Arambathickal qui serait par ailleurs président de la Chambre de commerce indo-malgache a été escroqué par des individus à hauteur de plus de 14,8 millions de F CFA.

M. Arambathickal exhibe la photocopie du passeport censé appartenir à un certain Abdoulaye Sissoko. Ayant vu la photo de Nouhoum Kéita, qui ne correspond ni à son nom, ni à sa filiation et le connaissant pour avoir été un de ses camarades de promotion d’école et ressortissant de la même ville (Keniéba), M. Touré l’informe aussitôt de la situation.

Mamoudou Touré dit à Nouhoun que M. Arambathickal se trouve dans un hôtel. Immédiatement, en compagnie d’un de ses collaborateurs, Nouhoun se rend à l’hôtel pour rencontrer Azeez Arambathickal. Muni de la photocopie du passeport. Sur place M. Touré lui demande s’il le connaît. L’Indien Azeez Arambathickal répond qu’il ne l’a jamais rencontré et que Nouhoum Kéita n’est pas le nommé Abdoulaye Sissoko qui faisait l’intermédiaire entre lui et un certain Alfa Koné.

Nouhoun a expliqué à l’Indien qu’il n’était pas un homme d’affaires, mais un journaliste. Il lui a encore indiqué qu’à part le nom, ainsi que la profession et l’année de naissance, tous les autres renseignements contenus dans le passeport correspondent avec le passeport qu’il détient et qu’il est tétanisé par ce qui lui arrive.

Il informe aussitôt Mamoudou Touré de sa volonté de mener une enquête sérieuse au niveau des autorités compétentes pour faire la lumière sur cette affaire d’une extrême gravité. Sur sa demande, il obtient de lui une copie du document et se rend au 3e arrondissement pour faire une déclaration au commissaire.

Le 14 juillet 2008, il porte plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune II. C’est dans cette attente que le 11 août 2008 il reçoit une convocation du 4e arrondissement datée du 6 août 2008, sur plainte de Me Haïdara auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune V.

Dans sa plainte, il accuse Nouhoun Kéita d’escroquerie, puisque sa photo a été identifiée sur la photocopie du passeport censé lui appartenir.

Après de minutieuses vérifications et de contrôle sur le passeport détenu par notre confrère et après confrontations avec les photocopies, les conclusions du service de l’inspection de la police révèlent que Nouhoun n’est ni de près, ni de loin mêlé dans cette affaire. Il a été par la suite blanchi.

Curieusement voilà que l’affaire refait surface. Notre confrère vient d’être de nouveau arrêté. Selon nos sources le dossier sera instruit jeudi 12 mars.

Amadou Sidibé

 

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AFFAIRE DU BŒUF TUE A KATI

Le boucher Sakalbé Dicko relaxé

Le boucher Sakalbé Dicko poursuivi par le Tribunal de Kati pour « vol de bœufs » et dont l’affaire a occasionné la démission et la radiation du substitut du procureur de Kati, Malick Coulibaly, vient de connaître son dénouement par la relaxe du boucher.

Le 19 février 2009, le Tribunal de Kati a vidé son délibéré dans l’affaire du « vol de bœuf » à Kati, qui avait défrayé la chronique puisqu’elle est à l’origine de la démission suivie de la radiation du corps de la magistrature, par décret présidentiel en date du 12 novembre 2008, du substitut du procureur de la République près le Tribunal de Kati, Malick Coulibaly. Le boucher Sakalbé Dicko a été déclaré non-coupable des poursuites sans peine ni dépens des charges qui pesaient sur lui.

Flash-back. Tout est parti du traitement qui a été réservé à une affaire concernant un veau victime d’un accident sur la route de Néguéla. Suite à un accident de la circulation, un veau du troupeau de Dondou Daou a eu le dos fracturé. Le berger a décidé de vendre le veau accidenté à 10 000 F CFA à Sakalbé Dicko, boucher de son état. Ce qui n’a pas été du goût du propriétaire de l’animal.

Un des frères du propriétaire du troupeau s’est opposé à la transaction. Le boucher, qui n’avait pas encore égorgé le veau, a été informé de cette opposition. Il a transporté le veau accidenté dans une charrette pour le remettre à ses propriétaires.

Arrivé dans le parc de Dondou Daou, il se verra intimer l’ordre de payer la somme de 300 000 F CFA sous peine de poursuites judiciaires pour complicité de vol et recel d’animal. Suite à une négociation à l’amiable, le propriétaire du veau aurait accepté la somme de 185 000 F CFA contre l’enlèvement par le boucher Sakaldé Dicko de la carcasse de l’animal, sûrement à charge pour lui de verser le reliquat des 300 000 F CFA à une échéance convenue.

Sakaldé Dicko a été plus tard convoqué par Dondou Daou à la gendarmerie de Kati, après avoir abattu et vendu le produit du veau. A la gendarmerie, le propriétaire, aux dires du procureur Sarr Samba du Tribunal de Kati dans un entretien accordé à la presse, « a décidé de reverser les 185 000 F CFA au boucher et souhaité sa poursuite judiciaire ».

Sarr Samba avait révélé que son substitut a reçu des instructions écrites du parquet général pour rechercher le boucher Sakaldé Dicko et le conduire en prison, chose qu’il a faite. Après un mois de détention, le boucher a demandé la liberté provisoire, comme la loi l’y autorise. Le Tribunal a suivi le substitut Malick Coulibaly qui était monté à l’audience ce jour-là. Il a accordé au boucher sa mise en liberté provisoire. C’est cette décision qui n’a pas du tout plu à Dondou Daou.

Dans les minutes qui ont suivi la décision de son substitut, le procureur Sarr Samba a reçu des instructions pour faire appel. La décision de mise en liberté provisoire prononcée par le substitut Malick Coulibaly a été annulée. Le boucher est resté en prison en attendant que la Cour d’ a ppel statue sur l’affaire.

Le substitut Malick Coulibaly, contrarié dans ses fonctions, a démissionné. « Je l’ai fait quand bien même que je n’étais pas d’accord avec l’instruction. Ma fonction de parquetier m’y oblige », a martelé M. Coulibaly. Il y voyait un acharnement manifeste qui frisait l’injustice contre le boucher.

Amadou Sidibé

 

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COMMUNALES

Démissions en cascades et accords de principe

A 24 h de la date butoir du dépôt des listes de candidatures (fixée au mercredi 11 mars), le consensus vol en éclat dans des sections. En communes III, IV et VI du district de Bamako, l’Adéma/PASJ, l’URD et le RPM ont trouvé un accord sur l’essentiel.

L’élaboration des listes de candidatures aux élections communales du 26 avril 2009 a donné lieu à des anicroches dans beaucoup de partis politiques avec des démissions enregistrées dans certains rangs. C’est le cas depuis la semaine dernière dans la section Adéma de la Commune II où Mme Coulibaly Alimata Traoré, sœur cadette du président de l’Adéma et de l’Assemblée nationale (Dioncounda Traoré) et présidente des femmes du parti de l’Abeille, a claqué la porte pour protester contre son inscription en queue de liste.

Le samedi 8 mars à Sikasso, des informations persistantes faisaient état des difficultés pour la section Codem à mettre en place sa liste. Les discussions ont continué jusque tard dans la nuit avec l’implication de l’honorable Ousseinou Guindo, président du parti mais sans résultat. Le non maintien comme tête de liste du maire sortant de Sikasso, Mama Sylla, en est la pomme de discorde. M. Sylla qui avait rallié la Codem dès sa création, il y a environ un an, au détriment du Mouvement citoyen est donné démissionnaire depuis le 7 mars. Il serait prêt, à tenter seul, sa chance à ces élections de proximité.

Les démissions en cascades sont légion dans la plupart des partis politiques tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays. Ces départs sont tous motivés par des mécontentements enregistrés çà et là à l’occasion de l’établissement des listes de candidatures pour les élections pour le 26 avril 2009.

En Commune VI, l’Adéma et l’URD font exception à cette règle généralement établie. Ils ont, à chacun qui le concerne, confectionné sans problème majeur leurs listes.

La sous-section Adéma en Commune VI, qui connaissait de vives tensions, a lavé le linge sale en famille. Au cours d’une réunion présidée, le jeudi 5 mars dans la nuit par le secrétaire général de la section, Yacouba Diallo, les démons de la dissidence ont été éloignés. Le samedi, une liste consensuelle de 47 membres a été constituée avec à sa tête le maire sortant Souleymane Dagnon.

L’URD a réalisé le même travail de conciliation à l’interne. La liste du parti de la Poignée de mains est conduite par Me Demba Traoré, transfuge du Cnid/Fyt.

En Commune III et IV également le consensus a prévalu au RPM et à l’Adéma. Ces trois partis semblent aussi échapper à la tempête électorale. La semaine dernière, la Commune III a rendu publique sa liste dirigée par le maire du district, Adama Sangaré, l’initiateur des expropriations forcées de terrains.

Le samedi 7 mars, la section RPM de la Commune IV a jeté son dévolu sur le maire sortant Issa Guindo tandis que l’Adéma a constitué sa liste conduite par un certain Maïga, un illustre inconnu dans le marigot politique bamakois.

Abdrahamane Dicko

 

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FESPACO 2009

L’arrivée en force de l’Afrique du Sud

Les rideaux sont tombés sur la 21e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco, du 28 février au 7 mars 2009). Dédié au regretté Semb ène Ousmane, l’événement était placé sous le thème « Cinéma africain, tourisme et patrimoines culturel ».

La cérémonie de clôture, riche en son et lumière au stade du 4-Août de Ouagadougou, était présidée par le président du Faso, Blaise Compaoré. Il avait à ses côtés d’éminentes personnalités comme notre compatriote Cheick Modibo Diarra, parrain de cette 21e édition. Même si la biennale du 7e art s’est distinguée cette année par beaucoup de lacunes et de failles dans l’organisation, de grandes réalisations étaient au rendez-vous dans la capitale du pays des Hommes intègres.

Le jury n’a pas eu l’embarras du choix pour attribuer le trophée le plus convoité : l’Etalon d’or de Yennenga (10 millions de F CFA et un trophée) qui est allé à « Teza » (Rosée) de l’Ethiopien Haïlé Gérima, une première au palmarès de ce pays au Fespaco. Prix de la critique, ce film est une fresque poétique de l’Ethiopie des 30 dernières années couronnée un peu partout dans le monde, notamment à Carthage (Tunisie) et à Venise (Italie).

L’Etalon d’argent de Yennenga a été attribué au Sud-Africain John Kani pour « Nothing but the Truth » (Rien que la vérité) qui a aussi reçu le prix Ecobank pour avoir reflété la meilleure image de l’Afrique. Quant à l’Etalon de bronze, il est revenu à l’Algérien Lyem Salem pour son premier long-métrage, « Mascarades ».

Mais, ce qu’on retient de cette 21e édition, c’est que l’Afrique du Sud arrive en force dans le Fespaco. La nation Arc-en-ciel a fait sensation avec non seulement « Nothing but the Truth », mais aussi et surtout « Jerusalema » de Ziman Ralph. Une œuvre qui a eu au moins trois prix (meilleure image, meilleur montage et meilleure interprétation masculine). Ce qui ne surprend guère puisque l’industrie cinématographique sud-africaine est aujourd’hui l’une des plus prospères et des plus dynamiques du continent. Dans les années à venir, il faut s’attendre à des razzias des cinéastes de ce pays dans les festivals de cinéma en Afrique.

Le Burkina Faso n’est pas sorti bredouille de cette édition 2009. En plus de nombreux prix spéciaux, « Le Fauteuil » de Missa Hébié a eu deux prix majeurs dont celui du public attribué par Radio France Internationale (RFI).

Il faut enfin souligner que les trois prix en compétition au niveau des documentaires sont revenus à des femmes. Ce qui démontre une certaine féminisation de l’engagement dans les documentaires. Avec un seul prix spécial, le Mali cherche encore à se repositionner dans cette compétition. « Fantan Fanga » a été beaucoup apprécié par les cinéphiles et des critiques. Il a eu la « Mention spéciale du jury » de la compétition des longs-métrages présidé par le Burkinabé Gaston Kaboré.

Hélas, cela est loin de l’ambition de ses deux réalisateurs, Adama Drabo et Ladji Diakité, qui rêvaient de la plus haute marche de cette édition symbolique marquant les 40 ans du Fespaco. Toutefois, le Mali détient toujours le record des Etalons de Yennenga, avec trois trophées, même s’il est de plus en plus menacé par le Burkina Faso (deux Etalons) très prolifique en matière de productions cinématographiques.

Pour cette 21e édition, le Fespaco a remis 128 récompenses au total. Le festival, pour son 40e anniversaire, a présenté un nombre record de films. En effet, 374 œuvres avaient été sélectionnées parmi les 664 productions qui avaient été envoyées au comité de sélection. Ce qui témoigne du dynamisme du cinéma africain. La 22e édition est programmée du 26 février au 5 mars 2011. Et, déjà, les critiques sont pressés d’y découvrir le prochain long-métrage de notre compatriote Souleymane Cissé, adulé à Ouagadougou.

Alphaly

(envoyé spécial)

 

Palmarès du Fespaco 2009

Catégorie long-métrage :

- Etalon d'or de Yennenga : Teza de Haïlé Gerima (Ethiopie)

- Etalon d'argent de Yennenga : Nothing but the Truth de John

Kani (Afrique du Sud).

- Etalon de bronze de Yennenga : Mascarades de Lyes Salem (Algérie).

- Prix du jury, prix Oumarou Ganda : Le fauteuil de Missa Hébié (Burkina Faso).

- Prix RFI du public : Le fauteuil de Missa Hébié (Burkina Faso)
- Prix de l'Union européenne : Cœur de lion de Boubacar Diallo (Burkina Faso).

- Mention spéciale du jury : Fantan Fanga de Adama Drabo et Ladji Diakité (Mali).

- Meilleure interprétation féminine ou meilleure actrice : Mousiane Sana dans Les jardins de Samira de Lahlou Latif (Algérie).

- Meilleure interprétation masculine : Rapulana Seiphmo dans Jerusalema de Rufth Ziman (Afrique du Sud).

- Meilleur scénario : L'Absence de Mama Kéita (Guinée).

- Meilleure image : Nick Hofmeyr dans Jerusalema de Rufth Ziman (Afrique du Sud).

- Meilleur son : Mohamed Hassib dans Les démons du Caire d’Ahmed Atef (Maroc).

- Meilleure musique : Kamal Kamal dans Adieu mères de Ismaïl Mohamed (Maroc).

- Meilleur décor : Abdelkarim Akallach dans Adieu mères de Ismaïl Mohamed (Maroc).

- Meilleur montage : David Helfand dans Jerusalema de Rufth Ziman (Afrique du sud).

- Meilleure affiche de film : Les feux de Mansaré de Mansour Sora Wade (Sénégal).

Catégorie court-métrage :

- Poulain d'or : Sektou (Ils se sont tus...) de Benaïssa Khaled (Algérie).
- Poulain d'argent : C'est dimanche de Guesmi Samir (Algérie).

-Poulain de bronze : Waramutseho (Bonjour) de Bernard Auguste Kouemo Yanghu (Cameroun).

Mention spéciale du jury :

- Le poisson noyé (Imout el hout) de Malik Amara (Tunisie).
- Chant funèbre de Mohamed Mouftakir (Egypte).

Diaspora :

-Prix Paul Robeson : Jacques Roumain, La passion d'un pays d’Antonin Arnold (Haïti).

-Mention spéciale du jury : A winter tale de Frances Anne.
Solomon (Trinidad et Tobago).

Catégorie documentaire :

- Nos lieux interdits de Kilani Leila (Maroc).

- Behind the rainbow (le pouvoir détruit-il le rêve ?) de Jihan El-Tahri (Egypte).

- Une affaire de nègres (Black business) de Lewat Osvalde (Cameroun)

TV/Vidéo :
- Une femme pas comme les autres d’Abdoulaye Dabo (Burkina Faso).

- Paris à tout prix de Joséphine Ndangou (Cameroun)

Séries/sitcom :
- L'as du lycée de Missa Hébié (Burkina Faso)

- Prix spécial du jury : When we were black de Khalo Matabane (Afrique du Sud).

 

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