Les Echos du 28 Mai 2009
PRIVATISATION RATEE DE LA SOTELMA
Le rêve brisé des travailleurs
La privatisation de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma) a été annoncée à grand renfort de publicité et annulée sine die. Les agents, séduits par des primes mirobolantes, ont vu leurs espoirs fondre comme beurre au soleil.
Par expérience, les privatisations au Mali sont craintes par les travailleurs. Ces derniers sont échaudés par les précédentes privatisations imposées par les institutions de Bretton Woods et d’autres bailleurs de fonds à cause de leur échec et surtout des montants de primes dérisoires versées aux agents compressés.
Mais, à la Sotelma, l’annonce de la privatisation a été bien accueillie par l’ensemble des travailleurs. Et pour cause : le plan social négocié par le syndicat et qui coûte 14,5 milliards de F CFA intéresse l’ensemble des agents. Mêmes ceux qui n’étaient pas visiblement concernés par la déflation sont tentés par un départ anticipé à la retraite.
Non seulement les montants des indemnités de départ proposés, selon des critères (la catégorie, le niveau de diplôme, la durée de service, entre autres) sont alléchants, mais le paiement était aussi imminent. Le syndicat, en accord avec la direction, avait pris la précaution d’indexer sur les bulletins de salaires de chaque agent, le montant de prime correspondant à son départ. Ces montants vont de 30 à 60 millions de F CFA. Sur le bulletin, il était dit que « le partant trouverait dans son compte, sa prime le 20 décembre 2009 ».
Beaucoup d’agents ont commencé à faire des plans sur la comète et à bâtir des châteaux en Espagne. Pour garantir leurs vieux jours, certains se sont engagés dans des projets immobiliers pour ceux qui n’ont pas de toit, d’autres dans le foncier rural pour les besoins de l’agriculture ou encore dans le négoce.
Blocage
L’annulation de l’appel d’offres, par le gouvernement, fait fondre les rêves des uns et des autres comme beurre au soleil et nul ne sait à la Sotelma de quoi demain sera fait.
L’Etat planchait sur un prix plafond de 200 milliards de F CFA dans la privatisation de la Sotelma. Maroc Telecom, qui a été le mieux disant en offre financière parmi la flopée de soumissionnaires, a proposé environ 165 milliards de F CFA. Le gouvernement, qui avait 60 jours pour décider de l’attribution du marché, s’est finalement résolu à renvoyer les soumissionnaires dos-à-dos. L’appel d’offres est ainsi jugée infructueux.
Au cours d’une assemblée générale tenue hier mercredi par le syndicat de la Sotelma à la direction générale, syndicalistes et travailleurs ont fait le constat du blocage du processus de privatisation.
Le syndicat qui a été étroitement associé a estimé que le dossier n’est plus au niveau du département de la Communication, mais plutôt à la Primature et même à un niveau plus élevé, à la présidence de la République. Le plan social qui demeure le nerf de la guerre et qui concerne environ 620 agents, reste valable jusqu’à preuve du contraire, aux dires du secrétaire général du syndicat, Youssouf Sangaré.
La privatisation devait aboutir le 31 décembre 2008. Cinq mois plus tard, ceux qui sont sur la liste de départ continuent de toucher leurs salaires. Avec des situations d’imprévus budgétaires de ce genre, les finances publiques ne peuvent que sombrer.
Abdrahamane Dicko
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MINISTRES INTERPELLES A L’A. N.
Kafougouna, Macalou et Séméga… à la barre !
Après leur interpellation avortée de jeudi dernier, les cinq membres du gouvernement seront de nouveau ce matin devant les députés pour répondre des questions orales à eux adressées par les députés Oumar Mariko, Tidiane Guindo et Alatji Sidibé.
Les députés entament ce jeudi les travaux de leur 2e plénière de la session d’avril 2009. En plus des projets de lois inscrits à l’ordre du jour, cette séance porte sur l’interpellation de 5 ministres. Il s’agit de Kafougouna Koné (Administration territoriale et Collectivités locales), Sanoussi Touré (Economie et Finances), Abou-Bakar Traoré (Mines), Dr. Badra Alou Macalou (Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine) et Hamed Diané Séméga (Equipement et Transports).
A la plénière du 21 mai 2009, ces cinq membres du gouvernement n’avaient pas pu répondre aux questions orales des députés parce que le secrétariat de l’Assemblée nationale ne leur avait pas transmis à temps les questions. Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale avait critiqué ce comportement irresponsable de son secrétariat et donné des instructions afin que les questions orales des députés parviennent le plus tôt possible à leurs destinataires.
De sources proches du bureau de l’Assemblée nationale, les ministres ont pris connaissance de leurs questions. Le ministre Abou-Bakar Traoré est interpellé sur les conditions d’exploitation des mines au Mali. Pour Oumar Mariko, rédacteur de la question orale au ministre des Mines, l’Etat malien ne contrôle pas les sociétés minières sur le respect des quantités d’extraction.
Il serait floué par les multinationales dont la stratégie consisterait à exploiter le maximum d’or, de réduire la durée d’exploitation en surexploitant durant les années d’exonération, ce qui aboutirait à une diminution des taxes. L’honorable élu à Kolondiéba voulait également s’enquérir des conditions de travail des Maliens engagés dans ces sociétés minières.
Quant aux ministres de l’Equipement et des Transports, de l’Economie et des Finances qui auront à répondre au député Tidiane Guindo, leurs questions orales portent sur l’immatriculation des motos, précisément la magouille qui semblerait s’organiser autour. L’honorable Guindo qui prend l’exemple de Bankass affirme que là-bas « le guichet a été installé dans les locaux de la Brigade mobile d’intervention (BIM). Le chef de la BIM en a profité pour augmenter unilatéralement les frais de dédouanement. Cette augmentation allait de 2000 F CFA à 18 000 F CFA par engin et à Bankass il y a eu plus de 1200 motos ».
Kafougouna Koné est interpellé sur les opérations de renouvellement des conseillers de villages, fraction et quartier du cercle de Youwarou notamment dans les communes rurales de Dirma et Dongo. Le renouvellement des conseillers de villages, fraction et quartier s’est déroulé du 15 juin au 15 juillet 2008 sur l’ensemble du territoire national.
Dans les villages de Tanga (Commune rurale de Dirma) et Owa (Commune rurale de Dongo), soutient le député Alatji Sidibé, le renouvellement a été entaché d’irrégularités au point que le Tribunal administratif de Mopti a annulé la décision du sous-préfet qui, cependant, refuse de reprendre les élections.
S’agissant du ministre Macalou, il aura comme « plat », le brûlot des expulsés maliens avec en toile de fond un engagement devant les députés à ne pas signer les Accords sur la gestion concertée des flux migratoires avec la France.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes ces questions sont d’actualité et préoccupent les Maliens qui attendent des réponses de leurs gouvernants. Les questions orales de ce matin devraient être une tribune pour le gouvernement de démontrer qu’il est en phase avec son peuple. Dans cette série de questions orales, les ministres Kafougouna, Macalou et Hamed Diané Séméga n’auront pas la partie facile eu égard à la sensibilité des questions.
Denis Koné
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CONDAMNE A PERPETUITE
Non-lieu pour l’ex-PDG de la BHM
L’ancien PDG de la Banque de l’habitat du Mali (BHM), Mamadou Baba Diawara, a recouvré mercredi la liberté totale après un arrêt de non lieu rendu par la Cour suprême.
Mamadou Baba Diawara, ex-PDG de la BHM, et Ismaïla Haïdara, homme d’affaires malien œuvrant dans l’immobilier et qui a monté un projet immobilier appelé « WAIC » et financé par la BHM avait été condamnés par la Cour d’assises en transport à Ségou en 2008.
M. Diawara avait écopé d’une condamnation à perpétuité et Ismaïla Haïdara d’une peine de 15 ans de prison ferme. Le préjudice causé à la BHM et qui porte à présent les séquelles de l’hémorragie financière était estimé à sept milliards de F CFA.
MM. Diawara et Haïdara, qui ont passé quelques mois de détention à la Maison d’arrêt de Ségou, étaient déjà en liberté provisoire. L’ancien PDG sur lequel pèse la responsabilité de la faillite de la BHM au moment où il la dirigeait est définitivement blanchi par la Cour suprême.
L’institution judiciaire suprême du Mali a cassé l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation, les arrêts de condamnation pénale et civile.
Abdrahamane Dicko
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