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2009

Mois de Mai

Les Echos du 22 Mai 2009

 

BUREAU DU VEGAL

ATT-Sidi Sosso Diarra : un même combat

Quand quelqu’un veut lutter contre la corruption, il devient un héros, et c’est cette image que le Vérificateur général s’est donné, usant des énormes moyens financiers mis à sa disposition par le contribuable malien et ATT serait son seul soutien.

« Quand le désordre est partout, la prospérité n’est nulle part » , explicite une antique sagesse chinoise. Tel est le cas du Mali d’ATT et de son compère Sidi Sosso Diarra. Dans l’affaire dite du Végal, la cruelle vérité vient de paraître au grand jour. Derrière toute la mise en scène, se profile en fait l’ombre portée du chef de l’Etat qui, dans un de ses tours de passe-passe favoris, a tenté de prêcher le faux pour avoir le vrai.

Sinon comment comprendre les déclarations du président de la République : « la justice a annulé mon décret et je me suis plié ». Mais le Végal, lui est au-dessus du président et se moque impunément des décisions de justice, sans conséquence parce que fort de l’appui de son mentor, ATT. Le président, après avoir reçu les protagonistes, a demandé la fin du contentieux. Sidi Sosso Diarra n’en a cure, persuadé qu’entre les lignes des déclarations du président, il faut lire, « mon pote Sidi, fais selon ta tête, les Maliens se fichent du respect de la loi ».

Alors que des preuves tangibles ont été produites incriminant sa gestion et que le procureur anti-corruption l’a auditionné durant 9 h, comme si de rien n’était, le Végal vaque à ses occupations. Contre toute logique, placé sous mandat de dépôt, il est sur le champ ressortit, selon le président lui-même, suivant ses propres injonctions. Quid de l’Etat de droit, des règles fondatrices de la République ? Quid du sacro-saint principe de l’égalité des citoyens devant la loi ? Toutes choses qui imposent la conclusion suivante : ATT et Sidi Sosso Diarra, c’est le même combat.

Manifestement, ils trompent le peuple malien, n’ayant jamais eu la volonté de lutter contre la délinquance économique et financière et la corruption. Selon des confessions du Végal à plusieurs de ces agents, il ne veut pas de problème avec ATT, lequel serait son seul soutien. Si Sidi Sosso Diarra est le Zorro anti-corruption, qu’il explique au peuple malien quelques faits dont les preuves ont été abondamment relayées par la presse : comment en un mois, il a pu téléphoner pour 4 120 000 F CFA ?

Comme des charmeurs de serpents

Pourquoi et comment il fait garder sa maison à plus de 500 000 F CFA par mois, alors que nulle part il n’en a droit ? Pourquoi il se fait accompagner d’une escorte qu’il paye à plus de 2 millions de F CFA, alors qu’il n’en a pas droit, la loi l’autorisant à avoir un seul agent d’accompagnement ? Comment et pourquoi, il fait payer sa maison à 850 000 F CFA par mois sur le budget de l’Etat ? Alors qu’il a une indemnité de 500 000 F CFA et qu’il perçoit en plus, diluant frauduleusement cette manœuvre sous la rubrique frais de location du bureau du Végal, dont la location est prise en charge par le service de logement.

Aussi, comment et pourquoi en pleine mission, il a accepté de prendre avec l’Office du Niger conformément à la lettre n°1826 du 27 novembre 2008 du PDG de l’Office du Niger, 50 hectares et un autre lopin de terre de 50 hectares à M’Béwani ? Autant de questions auxquelles nous n’aurons jamais de réponse. Mais, dans tout ça où se situe la responsabilité d’ATT ?

En créant l’outil de vérification, il a cru en faire une simple opération de marketing vis-à-vis des bailleurs de fonds. Sous sa main, il trouve un homme de paille, Sidi Sosso Diarra, prêt à tout pour le servir. La preuve, comment un Végal peut-il accepter des mains du président de la République plusieurs millions pour aller, dit-il, se soigner alors qu’il lui suffit uniquement de demander une évacuation sanitaire.

Il s’agit bien là d’une forme très marquée de corruption. L’autre forme de corruption est son loyer que le président paye ou complète, selon ses propres avocats. Où est alors l’indépendance de ce monsieur chargé d’assainir la gestion des affaires publiques ? Amadou Hampâté Bâ, le sage ne disait-il pas : « La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Elle peut frapper à tout moment ». Sans nul doute, le Végal est dans la main d’ATT comme un jouet.

Si Sidi Sosso Diarra, disqualifié à tout jamais devant l’Eternel peut démontrer par une seule preuve que les cadres dont il réclame la tête ont commis des actes attentatoires aux ressources publiques, qu’il l’exhibe devant le peuple malien, qui ne veut plus être le dindon de la farce. Et depuis janvier 2009, ils ne sont pas payés. En complicité avec ATT au service duquel il foule au pied les décisions de justice.

Il est prouvé que les demandes de détachement ont été bel et bien formulées par le Végal. En se dédiant, il se décrédite et en le soutenant, ATT démontre une fois de plus ce que tout le monde dit de lui, son incapacité à décider et sa propension à tout régler par des compromissions de très mauvais aloi.

Mohamed Daou

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LA MAITRESSE DU PRESIDENTIABLE

Le triomphe du débat démocratique

Les affaires de maîtresses de personnalités politiques sont-elles éternelles ? Tout laisse croire une réponse positive tant ces révélations cassent beaucoup de pots, avec notamment la fin prématurée de carrières politiques. L'infidélité de l'ancien candidat à la vice-présidence des Etats-Unis en 2004 et postulant à l'investiture démocrate dans l'optique de la présidentielle de 2008, John Edwards vient de s'éterniser avec la publication par sa femme d'un livre, partiellement consacré au sujet. Une vraie démonstration de l'esprit démocratique.

Les histoires de fesses n’épargnent décidément pas les personnalités politiques. Celles-ci se retrouvent souvent embourbées dans de secondes relations intimes ou peu commodes. L’aventure et le suspense ont beau durer, le calvaire commence après la divulgation de ce qui n’avait cessé d’être susurré aux oreilles. Les Etats-Unis ont été secoués par la révélation de l’infidélité de l’un des candidats à l’investiture démocrate en 2008 et colistier de John Kerry sous les couleurs du même parti lors de la présidentielle de 2004.

John Edwards avait d’abord nié toute relation extraconjugale avant d’admettre le 8 août 2008 en pleine campagne présidentielle avoir eu une relation adultère avec Rielle Hunter, une cinéaste de 42 ans alors que sa femme se soignait d’un cancer de sein. L’affaire a fait des vagues et occasionné d’intenses débats puisque la quadragénaire avait laisser entendre que l’enfant qu’elle a eu en février 2008 est de John Edwards.

Comme pour prouver que quand certaines personnes rentrent dans votre vie par la porte, le bonheur sort par la fenêtre, John Edwards, une des personnalités populaires de son parti, n’a pas pu prendre part aux dernières conventions démocrates à Denver, où il devait pourtant intervenir. L’ancien sénateur de Caroline du Nord semble même adopter un profil bas sur la scène politique américaine dans la mesure où on ne l’entend plus s’exprimer depuis l’éclosion de son infidélité.

Cependant, l’affaire refait surface avec la publication par son épouse Elizabeth Edwards d’un livre intitulé " La Résistance : réflexions sur les charges et les cadeaux de la vie face à l’adversité". Le livre n’arrête pas d’attirer les citoyens puisqu’à première vue, le sentiment qui anime le lecteur est la suite des révélations de la tromperie scandaleuse de John Edwards. Des commentateurs vont jusqu'à dire que l’épouse déçue a voulu se débarrasser de ses chagrins en écrivant un livre.

Interrogée par un journaliste de CNN, l’écrivaine précise que "seulement 5 % du contenu de mon livre parle de cette indiscrétion de John. Pour être honnête, je ne pouvais pas écrire un livre sans parler de cette affaire".

Affaires fatales

Elle alimente tout de même le débat, en étalant sur la place publique ses réactions face au scandale. "J’ai été naïve et je pense que c’est une trahison comme mon mari le sait. C’est tellement pénible que ça obscurcit tout ce qu’on a eu à faire ensemble", a-t-elle déclaré sur CNN.

Sur les toutes premières révélations de l’affaire dans les médias, Elizabeth Edwards dit les avoir ignorées avant de se rendre à l’évidence. "J’avais d’abord écarté les informations publiées à cet effet par un journal sur une histoire que, à mon avis, CNN et ABC ne pouvaient manquer de révéler". La confiance étant un ingrédient à la fois indispensable et affectable dans tout rapport humain durable, Elizabeth Edwards affirme qu’il faudra encore du temps pour qu’elle regagne le même niveau de confiance en son mari qu’auparavant. "C’était dévastateur. Je devais affronter le fait qu’il n’avait pas été honnête avec moi. Les efforts de regain de confiance ont connu beaucoup de retard. Nous travaillons toujours sur ça".

L’on se souvient qu’au Canada voisin des Etats-Unis, une étrange affaire de fesses avait mis fin à la carrière politique du tout puissant Maxime Bernier, ancien ministre des Affaires étrangères. Dans sa quête d’idylle pour âme esseulée, M. Bernier était tombée sur une plantureuse blonde du nom de Julie Couillard.

Difficile de passer inaperçue, l’âme sœur qui accompagnait le jeune ministre dans la quasi-totalité des cérémonies ou des visites officielles à l’extérieur avait fini par susciter des questions dans les médias canadiens. Résultat : les journalistes ont découvert que la maîtresse foudroyante est l’ancienne conjointe d’un magnat de la drogue, du blanchiment d’argent et de la liquidation des rivaux.

Pis, M. Bernier laissait traîner des documents ultra confidentiels du gouvernement sur la table de sa compagne. Il n’en fallait pas plus pour que le Premier ministre Stephen Harper, acculé par l’opinion publique et les interrogations des députés, soit contraint de le congédier du gouvernement et de mettre fin, en toute vraisemblance, à une carrière politique prometteuse.

Pourquoi les affaires de maîtresse sont donc nuisibles aux illustres personnalités ? En tout cas, de telles révélations représentent une victoire pour la démocratie, dont la libre expression est l’un des piliers. Toutefois, il faudrait pouvoir faire la différence entre le réel et l’irréel. Surtout que dans certains pays "démocratiques", des journalistes ont été victimes de règlements de comptes avec le pouvoir à cause de simples histoires fictives.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

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INTERPELLATION AVORTEE DE CINQ MINISTRES

Le secrétariat de l’Assemblée nationale en cause

Ils étaient cinq ministres du gouvernement à répondre aux questions orales des députés jeudi 21 mai 2008. Leur interpellation a été reportée à la prochaine plénière. Motif : le secrétariat de l’Assemblée nationale n’a pas fait parvenir les questions orales à temps aux interpellés.

Général Kafougouna Koné (Administration territoriale et Collectivités locales), Dr. Badra Alou Macalou (Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine), Abou-Bakar Traoré, (Mines), Sanoussi Touré (Economie et Finances), Hamed Diané Séméga (Equipement et Transports) étaient les cinq membres du gouvernement à qui les honorables députés Hamadoun Alatji, député Adéma élu à Youwarou, Oumar Mariko député Sadi élu à Kolondiéba et Tidiane Guindo, député URD élu à Bankass avaient adressé des questions orales.

Ces questions orales inscrites à l’ordre du jour de la plénière ont été renvoyées à la prochaine plénière qui devrait avoir lieu le 28 mai prochain. Ce renvoi des questions orales est consécutif au fait qu’elles n’ont pas été adressées à temps par le secrétariat de l’Assemblée nationale aux différents ministres pour que ces derniers aient suffisamment du temps pour les examiner et préparer par conséquent leurs réponses. Un fait que le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré a reconnu et fustigé.

L’honorable président de l’A. N. a indiqué avoir instruit à son secrétariat d’envoyer, dorénavant, illico les questions orales à leurs destinataires dès leur réception. Un message qui ne devrait pas tomber dans des oreilles sourdes puisque les questions orales restent le seul moyen, pour le citoyen lambda d’accéder aux informations sur la vie de la nation.

Selon Dioncounda Traoré, les ministres n’ont reçu les questions orales que le mercredi 20 mai. Un conseil des ministres s’étant tenu ce même mercredi, il est évident que les membres du gouvernement n’avaient pas le temps matériel pour préparer leurs réponses et venir devant les députés pour répondre à leurs sollicitations. Cet argument a été réfuté par l’honorable Oumar Mariko. A en croire l’élu de Kolondiéba, ses questions orales ont été déposées depuis décembre 2008.

Il ne comprend donc pas qu’elles soient renvoyées à une autre plénière, d’autant plus, a avancé l’honorable Mariko « les ministres disposent de plus de moyens à travers leur cabinet pour satisfaire leurs questions orales préparées dans de conditions plus difficiles ». Oumar Mariko voulait profiter de la brèche que lui offre l’article 90 du règlement intérieur qui permet au député de déposer au cours de la séance plénière pour déposer de nouveau sa question orale sur les fraudes électorales. Cette requête à été acceptée par le président de l’A. N. qui a encore une fois de plus reconnu que la faute incombe au secrétariat et non pas aux députés interpellateurs.

L’on ne sait pas les raisons qui ont fait que le secrétariat de l’Assemblée nationale n’a pas pu envoyer les questions orales à temps à leurs destinataires, mais toujours est-il que ce genre de comportement est courant dans l’administration malienne. Alors président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéita, n’aurait permis un tel impair, tout comme il ne cessait de rappeler les députés à l’ordre lorsque pendant les plénières les sièges vident se faisaient de plus en plus nombreux.

Sûr que ce report pourrait avoir pour conséquence un prolongement de la session ou tout simplement la non-disponibilité d’un ministre ou du député interpellateur remettant aux Calendes grecques les questions orales d’où l’impression pour certains concitoyens que nos députés ne travaillent pas ou disent à juste titre que l’A. N. est une caisse de résonance.

Denis Koné

 

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CONCERTATION REGIONALE DE LA JEUNESSE A TOMBOUCTOU

Les problèmes de la jeunesse débattus

Les concertations régionales lancées à Tombouctou par le Premier ministre, Modibo Sidibé, devront faire un diagnostic de la "problématique jeunesse", en identifiant les contraintes qui entravent les efforts de promotion de cette couche sociale.

En prélude aux assises nationales sur "la problématique de la jeunesse" dans notre pays, les concertations régionales sont organisées. Mercredi après-midi, au siège de l’Assemblée régionale de la Cité des 333 Saints, le Premier ministre, Modibo Sidibé, accompagné de membres du gouvernement, a donné le coup d’envoi des travaux des concertations régionales sur la jeunesse à Tombouctou. L’objectif visé est de faire un diagnostic véritable de la "problématique jeunesse", en identifiant les contraintes qui entravent les efforts de promotion de la jeunesse.

Le Premier ministre a exhorté les participants aux concertations à s’impliquer véritablement dans l’analyse des handicaps qui affectent notre jeunesse mais aussi des formidables atouts dont elle dispose afin de trouver, avec elle, des solutions appropriées. M. Sidibé a mis l’accent sur les efforts que le gouvernement a consentis en faveur de l’emploi des jeunes. "L’une des principales préoccupations du gouvernement demeure la question de l’emploi des jeunes".

Et le chef de l’Etat, depuis 2003 a adopté une déclaration en faveur de l’emploi des jeunes, a-t-il ajouté. C’est ainsi que l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) a été mise en place avec une dotation initiale de 2,5 milliards de CFA. Et depuis, a-t-il souligné, le gouvernement n’a cessé de multiplier les initiatives en faveur de la promotion de l’emploi des jeunes.

Dans la Déclaration de politique générale du gouvernement, les engagements pris dans ce sens ont porté essentiellement sur l’augmentation de ressources du Fonds national pour l’emploi des jeunes par l’affectation de 2 % de contribution forfaitaire des employeurs, l’instruction faite par ATT de réserver 10 % des aménagements aux jeunes, pour leur faciliter l’accès à la terre, le soutien aux nouvelles formes d’emploi personnel, les très petites entreprises personnelles…

Dans cette voie, a ajouté le PM, le gouvernement, ces dernières années, a multiplié les opportunités offertes aux jeunes. Il s’agit, entre autres, la marche vers l’emploi rural, la bourse de l’emploi, les salons des opportunités qui se sont multipliés.

Confiance en soi

Pour le PM, la jeunesse, malgré les conditions économiques difficiles croissantes, reste un atout pour notre pays, le Mali, "contrairement à ce que beaucoup pourraient croire". Pour le chef du gouvernement, l’espoir est permis, car la très grande jeunesse de notre population (plus de 50 %) représente en plus une très grande richesse et une opportunité.

"Elle constitue aussi un challenge, un défi à notre capacité de trouver et de proposer, ensemble avec la jeunesse, des solutions innovantes. Il nous faut donc accepter d’aller au-delà de certaines solutions classiques, pour établir avec la jeunesse des rapports de confiance et d’écoute, pour créer les conditions d’un vrai diagnostic seul susceptible de nous fournir les nouvelles pistes" . Toutefois, selon M. Sidibé, "nous devons nous convaincre que les meilleures solutions ne viendront que de nous-mêmes, de notre volonté à surmonter les obstacles, de notre capacité à faire fac à nos difficultés".

Le président du Conseil national des jeunes du Mali, Siriman Traoré, s’est félicité de cette attention des autorités. Il a profité de la tribune pour lancer un appel aux autorités afin qu’elles prêtent plus d’attention aux préoccupations des syndicats d’enseignants. Il s’est en outre félicité de l’organisation du forum sur l’éducation, des récentes mesures prises pour lutter contre l’insécurité routière et du retour de la paix dans le nord de notre pays.

Il faut rappeler que sur demande du président du CNJ, le présidium et l’assistance ont chanté l’hymne national du Mali, histoire de dire que l’amour de sa patrie commence par savoir chanter l’hymne national.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

 

Main tendue du PM aux enseignants

Dans le bras de fer qui oppose le gouvernement aux syndicats d’enseignants à propos de la satisfaction de leurs doléances, le Premier ministre, Modibo Sidibé, du haut de la tribune du lancement des concertations régionales à Tombouctou, a été on ne peut plus clair. S’adressant aux enseignants pour lesquels il dit avoir beaucoup de considération, mais qui retiennent les notes des élèves depuis le début de l’année académique, le chef du gouvernement leur a demandé de mettre la pédale douce : en remettant les résultats des évaluations à l’administration.

Pour lui, rien ne justifie cette rétention de note étant donné que des efforts ont été faits dans le sens de la satisfaction de certaines revendications. Et que des discussions sont en cours pour trouver une solution. Sans rompre le dialogue M. Sidibé, a fait savoir que le gouvernement va travailler sur la révision du statut des enseignants. Depuis 2 ans, des enseignants n’ont trouvé rien de mieux que de retenir les notes des élèves.

A. S.

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MAIRIE DE LA COMMUNE IV

Mara suscite l’espoir par sa jeunesse et son indépendance

Le suspense dans les six communes du district a pris fin avec la mise en place des conseils communaux ce 19 mai 2009. Et contrairement aux communales de 2004, celles de 2009 auront révélé un parti Adema requinqué à bloc et qui n’a donc eu aucun mal à s’imposer à la tête de 5 des 6 communes du district de Bamako et l’arrivée d’un indépendant aux commandes d’une commune : Moussa Mara.

On retiendra que Moussa Mara est le seul maire indépendant à diriger une commune de la capitale. Certainement une première de l’ère démocratique. Mais, cela ne surprend personne pour qui connaît ce jeune loup qui a pris ses distances des chapelles politiques afin de pouvoir gérer autrement.

A l'issue du vote du 19 mai 2009, en Commune IV, Moussa Mara a été élu avec une majorité écrasante de 24 voix contre 17 voix pour son adversaire Issa Guindo. Sékou Diop de l'URD a été élu 1er adjoint tandis que le poste de 2e adjoint est allé à Seydou Kéita du MPR. Les 3e, 4e et 5e adjoints sont respectivement Fadimata Diarra (URD), Siriman Bathily (indépendants Moussa Mara) et Issa Sidibé (indépendants Moussa Mara).

Aussitôt le décompte des voix achevé, la nouvelle de l'élection de Moussa Mara s'est répandue comme une traînée de poudre et ses partisans sont massivement descendus dans la rue pour manifester leur joie. La fête a continué pendant une bonne partie de la soirée, surtout à Lafiabougou-Bougoudani où réside le nouvel édile de la Commune IV. Pourquoi tant d’enthousiasme autour du sacre d’un jeune leader de la scène politique malienne ?

D’abord si, comme le dit souvent le président ATT, « faire la politique, c’est résoudre les problèmes des gens », Moussa Mara n’est pas un novice en la matière. Il a fait ses preuves dans la satisfaction des besoins des populations, surtout des jeunes et des femmes de la Commune IV pour qui il a déjà initié de nombreuses activités génératrices de revenus. Ce n’est un secret pour personne que ce sont les femmes et les jeunes qui peuvent apporter le changement politique.

Ensuite, il y a le fait que la jeunesse et l’indépendance de ce jeune expert-comptable suscitent beaucoup d’espoir dans cette Commune très en retard sur les autres du district en matière d’infrastructures de développement socioéconomique, culturel et sportif.

Les populations de la Commune IV espèrent que l'arrivée de Mara va changer beaucoup de choses dans leur municipalité. Surtout que sa liste était l'une des rares (avec le parti Sadi) à proposer un vrai programme aux populations qui lui ont fait confiance. « Dans l'histoire du district, aucun maire n'avait jamais obtenu autant de soutien, car celui-ci est du peuple », rappelle une notabilité approchée.

Une équation non résolue par les partis

« Nous sommes fatigués de ces élus qui nous font de promesses et s’éclipsent pendant cinq ans pour s’enrichir dans l’ombre. Mara n’a pas eu besoin de faire une campagne démagogique, car il vient avec des idées nouvelles clairement définies dans un ambitieux programme de développement communal » , défend un jeune cadre de banque à Hamdallaye ACI.

Moussa Mara est vite devenu une équation que les formations politiques ne sont pas parvenues à résoudre. Ayant fait ses premières armes au sein de l’Adéma/PASJ, il connaît les points faibles des chapelles politiques et il est mieux imprégné des besoins réels de changement des populations. Des citoyens qu’il côtoie quotidiennement contrairement aux partis qu’on ne voit qu’à la veille des élections.

L’élection d’un jeune indépendant à la tête de la mairie de la Commune IV est le signe que les mentalités de nos populations sont en train de changer et qu'elles commencent maintenant à voter pour des hommes et femmes qui leur proposent du concret à la place de châteaux en Espagne.

Pour ce qui est du RPM en Commune IV, il ne peut que s'en prendre à lui-même. Cette Commune IV était la seule que ce parti dirigeait dans le district. Il aurait dû en faire un modèle et une référence en matière de développement communal pour consolider sa position dans la gestion de proximité. Hélas, pendant le mandat d'Issa Guindo, il n'y a presque eu aucun investissement digne de ce nom en faveur de cette municipalité.

Les électeurs ne sont plus des citoyens naïfs ! Ils ont été déçus par la gestion de l'Adéma (Haïdara) et du RPM (Issa Guindo). En effet, depuis le départ de Bocoum (paix à son âme), aucun de ses successeurs ne s’est réellement occupé de la Commune IV. Ses citoyens ont alors voté pour une liste indépendante, sérieuse et ambitieuse pour sanctionner les partis politiques.

Comme dirait l’autre, on ne reconnaît le maçon qu’au pied du mur. A Mara maintenant de leur prouver qu'on peut faire la politique autrement que par la démagogie, les spéculations foncières et l’enrichissement illicite. Gageons que Mara ne décevra pas ses nombreux électeurs et que son bilan va susciter plus d’enthousiasme que son élection !

Alphaly

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MOUSSA MARA

Ce qu’il a promis

Moussa Mara a été élu sur la base d’un projet en 5 points qu’il avait soumis aux citoyens de la Commune IV. Ces points, dans l’ordre que lui-même avait établi, concernent la gouvernance, la préservation de l’environnement et de la sécurité, l’éducation et la mobilisation de la jeunesse, la préservation et le renforcement des valeurs et l’équipement.

Parmi les nouveaux maires, Moussa Mara est incontestablement celui dont l’élection a fait couler beaucoup d’encre et de salive et celui qui sera tenu le plus à l’œil. Et pour cause : il est le plus jeune, le seul non-Adéma, le seul « indépendant » et le seul novice.

Au titre de la gouvernance, Moussa Mara se propose de « mettre en œuvre une charte de l’usager à destination de la population pour mettre fin au racket de la part des agents municipaux », de lancer un journal d’information des populations, d’organiser une journée semestrielle de porte ouverte et surtout de faire la publicité des sessions du conseil municipal et d’inviter les populations à participer aux sessions du conseil municipal.

Dans le domaine de la préservation de l’environnement et de la sécurité, la nouvelle équipe promet d’organiser une journée de salubrité tous les mois dans toute la Commune, la protection des espaces verts, places publiques et autres lieux de regroupements contre la spéculation.

« A ce titre, un moratoire sera instauré sur les attributions de lot à usage d’habitation en attendant que tous les litiges fonciers de la Commune soient résolus. La mairie n’attribuera pas de terrain tant que toutes les personnes spoliées et flouées n’auront pas trouvé un refuge » .

Pour ce qui concerne « l’éducation et la mobilisation de la jeunesse », le nouvel édile se propose d’introduire des modules relatifs à la citoyenneté dans toutes les cours de toutes les écoles de la Commune ; la systématisation de la levée des couleurs dans les écoles et les administrations communales ; la mise en place d’un prix communal pour récompenser tous les semestres la meilleure initiative citoyenne.

Pour ce qui concerne l’avant-dernier point de ce programme, il porte sur la préservation et le renforcement des valeurs. Dans ce cadre, il préconise l’organisation chaque année d’un concours du meilleur artisan soutenant nos cultures, la mise en place d’une maison des arts et de la culture pour soutenir toutes les productions culturelles, artistiques et artisanales ; la simplification des cérémonies de mariage en taxant fortement les extravagances et en soutenant les initiatives discrètes. Cette décision sera précédée d’une campagne soutenue de sensibilisation.

Pour ce qui concerne le dernier point, l’équipement, la mairie construira et équipera des jardins d’enfants dans les quartiers qui n’en disposent pas ; mettra en place et équipera « au moins un centre de santé fonctionnel et disposant de ressources humaines qualifiées dans chaque quartier » et également, lancera des lignes de transport intra-communales (entre les quartiers) en rapport avec les opérateurs du secteur.

« Ces idées sont issues d’un programme détaillé et chaque action fait l’objet d’une évaluation financière précise. Chaque activité est inscrite dans le budget et située dans le temps pour permettre d’en faire une évaluation et un compte rendu effectif » , selon Mara.

En sus, à la veille des élections, Mara a adressé une lettre aux citoyens de la Commune IV dans laquelle il disait : « Nous sommes convaincus qu’en adoptant une gouvernance responsable et participative, un mode de gestion où les élus seraient exemplaires de courage et de vertus, un mode de gouvernance où aucun citoyen n’est laissé au bord du chemin, il sera possible de créer un environnement de confiance entre les dirigeants et les administrés sans lequel aucune entreprise ambitieuse ne pourrait se réaliser. Notre souci dans la gestion sera d’informer, de faire participer la population et surtout d’adopter en tout temps une transparence absolue dans nos décisions et dans nos actions. Avec nous, votre municipalité sera véritablement à vous ! ».

Un travail de Titan attend donc la nouvelle équipe, au-delà d’elle, le jeune maire que tout le monde sent plein d’ambitions et avec un appétit de jeune loup !

Alexis Kalambry

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EPILOGUE

La route et ses problèmes

Le développement à outrance de l’industrie automobile en Occident a conduit à y réglementer la circulation routière, surtout dans les mégalopoles où il y a surpopulation de véhicules. Aux XVIIIe et XIXe siècles déjà, rien qu’avec les carrosses et les piétons, des villes comme Paris ou Londres connaissaient des problèmes liés à la circulation dans les villes, mais avec l’augmentation du nombre des véhicules mécanisés au XXe siècle, de nouvelles complications sont apparues.

Toutes les villes n’ayant pas été construites avec des plans de prévision de l’augmentation de la circulation routière, des rues et des ruelles sont devenues étroites au fil des années. De façon générale, les vieilles villes qui sont aussi des villes historiques n’ont que des voies étroites ayant du mal à recevoir la circulation des engins à 4 roues, alors que les villes dites modernes, celles qui sont récentes sont dotées de grandes artères et de boulevards tellement géants que plusieurs files de voitures peuvent y circuler sans se toucher.

Les Occidentaux, qui furent des pionniers dans le domaine de la circulation routière, ont établi pour cela des règles et des principes que les usagers de la route doivent respecter pour que la circulation soit fluide. Parmi ces mesures, l’apprentissage théorique et pratique de la conduite automobile, le respect du code de la route et les vertus morales censées accompagner le métier de chauffeur professionnel.

Au départ, l’apprentissage se faisait dans des structures étatiques dirigées par le ministère des Transports, mais depuis la libéralisation des activités économiques en mars 1991, cela se fait de plus en plus dans des auto-écoles privées. L’autorisation de conduire délivrée par ces centres est valable sur toute l’étendue du territoire national et, sauf cas d’accident grave, le titulaire peut en disposer comme il veut à tout moment.

En principe, ce parchemin est personnel et ne se prête pas ; en route, il est de durée indéterminée, c’est-à-dire que le bénéficiaire le possède à titre viager. L’exigence de ce permis est prise pour non seulement rendre aisée la circulation en ville et sur les routes, mais également pour éviter les accidents dont certains peuvent être mortels. Mais, l’on a remarqué qu’en Occident les mesures de sécurité sur les routes sont plus respectées que chez nous. Dans la plupart de ces pays, le contrôle est très sévère et personne, même pas les hommes publics et les personnalités célèbres, n’y échappent.

L’observation du code de la route y est beaucoup plus stricte, de même que le respect dû aux agents par les usagers de la route. Les infractions et les manquements sont punis avec la dernière rigueur et conformément à la loi et il faut bien noter qu’ici les agents sont moins corrompus, c’est-à-dire qu’ils reçoivent moins de pourboires des usagers qui le plus souvent se savent fautifs en faisant ce geste.

Au Mali, la conduite automobile ressemble à ce qu’elle est dans les autres pays de la sous-région. D’abord, les permis de conduire ne sont pas régulièrement délivrés, c’est-à-dire qu’il faut de l’argent pour en posséder (acheter), ensuite le respect du code de la route n’est ni une priorité ni une obligation pour le chauffeur. D’ailleurs, tous les chauffeurs n’ont pas de permis, mais avec ou sans cela, tous connaissent mal le code de la route et ne font rien pour se corriger.

Il faut dire que les 3/4 de nos chauffeurs sont constitués principalement de jeunes ruraux analphabètes venus en ville chercher du travail et qui, par peur d’être chômeurs à vie, ont choisi la conduite automobile comme gagne-pain. A ce lot s’ajoute celui des délinquants des quartiers populaires de Bamako dont certains sont des alcooliques, d’autres des drogués auxquels les parents se sont résolus à offrir le permis de conduire pour ne pas avoir à les supporter toute leur vie.

Toute cette faune grouille sur nos routes avec les risques que chacun sait. En dépit d’une compagnie policière chargée de la régulation du trafic routier, la circulation, selon plusieurs témoignages, est anarchique et ressemble par moments au parcours du combattant. La vitesse s’ajoutant au non-respect du code de la route, on obtient une situation où chacun fait ce qu’il veut. Les policiers ne semblent présents que pour le spectacle ou pour prendre des pourboires aux conducteurs les plus indélicats qu’on retrouve au volant des taxis et des « Sotrama ».

Les chauffeurs de ces deux derniers moyens de transport en commun sont les plus décriés, car jugés arrogants, impolis et prompts à la violence. Les pertes en vies humaines que l’on déplore constamment à Bamako sont leurs faits, de même que les violences physiques faites sur les usagers. C’est à se demander quelle attitude prendre avec ces fous du volant qui ne voient dans la tête et dans les yeux que la recette journalière à verser au patron qui est le propriétaire de l’engin.

Le client qui paye pour sa place n’a droit à aucun respect et sa sécurité est loin d’être assurée avec des véhicules techniquement pas bons et des chauffeurs peu soucieux de sa vie. Mais, la voiture n’étant plus un luxe avec l’invasion de nos marchés par les vieilles guimbardes occidentales et les marques chinoises, la fin de notre calvaire sur les routes n’est certainement pas pour demain.

Facoh Donki Diarra

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