Les Echos du 22 Mai 2009
BUREAU DU VEGAL
ATT-Sidi Sosso Diarra : un même combat
Quand quelqu’un veut lutter contre la corruption, il devient un héros, et c’est cette image que le Vérificateur général s’est donné, usant des énormes moyens financiers mis à sa disposition par le contribuable malien et ATT serait son seul soutien.
« Quand le désordre est partout, la prospérité n’est nulle part » , explicite une antique sagesse chinoise. Tel est le cas du Mali d’ATT et de son compère Sidi Sosso Diarra. Dans l’affaire dite du Végal, la cruelle vérité vient de paraître au grand jour. Derrière toute la mise en scène, se profile en fait l’ombre portée du chef de l’Etat qui, dans un de ses tours de passe-passe favoris, a tenté de prêcher le faux pour avoir le vrai.
Sinon comment comprendre les déclarations du président de la République : « la justice a annulé mon décret et je me suis plié ». Mais le Végal, lui est au-dessus du président et se moque impunément des décisions de justice, sans conséquence parce que fort de l’appui de son mentor, ATT. Le président, après avoir reçu les protagonistes, a demandé la fin du contentieux. Sidi Sosso Diarra n’en a cure, persuadé qu’entre les lignes des déclarations du président, il faut lire, « mon pote Sidi, fais selon ta tête, les Maliens se fichent du respect de la loi ».
Alors que des preuves tangibles ont été produites incriminant sa gestion et que le procureur anti-corruption l’a auditionné durant 9 h, comme si de rien n’était, le Végal vaque à ses occupations. Contre toute logique, placé sous mandat de dépôt, il est sur le champ ressortit, selon le président lui-même, suivant ses propres injonctions. Quid de l’Etat de droit, des règles fondatrices de la République ? Quid du sacro-saint principe de l’égalité des citoyens devant la loi ? Toutes choses qui imposent la conclusion suivante : ATT et Sidi Sosso Diarra, c’est le même combat.
Manifestement, ils trompent le peuple malien, n’ayant jamais eu la volonté de lutter contre la délinquance économique et financière et la corruption. Selon des confessions du Végal à plusieurs de ces agents, il ne veut pas de problème avec ATT, lequel serait son seul soutien. Si Sidi Sosso Diarra est le Zorro anti-corruption, qu’il explique au peuple malien quelques faits dont les preuves ont été abondamment relayées par la presse : comment en un mois, il a pu téléphoner pour 4 120 000 F CFA ?
Comme des charmeurs de serpents
Pourquoi et comment il fait garder sa maison à plus de 500 000 F CFA par mois, alors que nulle part il n’en a droit ? Pourquoi il se fait accompagner d’une escorte qu’il paye à plus de 2 millions de F CFA, alors qu’il n’en a pas droit, la loi l’autorisant à avoir un seul agent d’accompagnement ? Comment et pourquoi, il fait payer sa maison à 850 000 F CFA par mois sur le budget de l’Etat ? Alors qu’il a une indemnité de 500 000 F CFA et qu’il perçoit en plus, diluant frauduleusement cette manœuvre sous la rubrique frais de location du bureau du Végal, dont la location est prise en charge par le service de logement.
Aussi, comment et pourquoi en pleine mission, il a accepté de prendre avec l’Office du Niger conformément à la lettre n°1826 du 27 novembre 2008 du PDG de l’Office du Niger, 50 hectares et un autre lopin de terre de 50 hectares à M’Béwani ? Autant de questions auxquelles nous n’aurons jamais de réponse. Mais, dans tout ça où se situe la responsabilité d’ATT ?
En créant l’outil de vérification, il a cru en faire une simple opération de marketing vis-à-vis des bailleurs de fonds. Sous sa main, il trouve un homme de paille, Sidi Sosso Diarra, prêt à tout pour le servir. La preuve, comment un Végal peut-il accepter des mains du président de la République plusieurs millions pour aller, dit-il, se soigner alors qu’il lui suffit uniquement de demander une évacuation sanitaire.
Il s’agit bien là d’une forme très marquée de corruption. L’autre forme de corruption est son loyer que le président paye ou complète, selon ses propres avocats. Où est alors l’indépendance de ce monsieur chargé d’assainir la gestion des affaires publiques ? Amadou Hampâté Bâ, le sage ne disait-il pas : « La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Elle peut frapper à tout moment ». Sans nul doute, le Végal est dans la main d’ATT comme un jouet.
Si Sidi Sosso Diarra, disqualifié à tout jamais devant l’Eternel peut démontrer par une seule preuve que les cadres dont il réclame la tête ont commis des actes attentatoires aux ressources publiques, qu’il l’exhibe devant le peuple malien, qui ne veut plus être le dindon de la farce. Et depuis janvier 2009, ils ne sont pas payés. En complicité avec ATT au service duquel il foule au pied les décisions de justice.
Il est prouvé que les demandes de détachement ont été bel et bien formulées par le Végal. En se dédiant, il se décrédite et en le soutenant, ATT démontre une fois de plus ce que tout le monde dit de lui, son incapacité à décider et sa propension à tout régler par des compromissions de très mauvais aloi.
Mohamed Daou
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LA MAITRESSE DU PRESIDENTIABLE
Le triomphe du débat démocratique
Les affaires de maîtresses de personnalités politiques sont-elles éternelles ? Tout laisse croire une réponse positive tant ces révélations cassent beaucoup de pots, avec notamment la fin prématurée de carrières politiques. L'infidélité de l'ancien candidat à la vice-présidence des Etats-Unis en 2004 et postulant à l'investiture démocrate dans l'optique de la présidentielle de 2008, John Edwards vient de s'éterniser avec la publication par sa femme d'un livre, partiellement consacré au sujet. Une vraie démonstration de l'esprit démocratique.
Les histoires de fesses n’épargnent décidément pas les personnalités politiques. Celles-ci se retrouvent souvent embourbées dans de secondes relations intimes ou peu commodes. L’aventure et le suspense ont beau durer, le calvaire commence après la divulgation de ce qui n’avait cessé d’être susurré aux oreilles. Les Etats-Unis ont été secoués par la révélation de l’infidélité de l’un des candidats à l’investiture démocrate en 2008 et colistier de John Kerry sous les couleurs du même parti lors de la présidentielle de 2004.
John Edwards avait d’abord nié toute relation extraconjugale avant d’admettre le 8 août 2008 en pleine campagne présidentielle avoir eu une relation adultère avec Rielle Hunter, une cinéaste de 42 ans alors que sa femme se soignait d’un cancer de sein. L’affaire a fait des vagues et occasionné d’intenses débats puisque la quadragénaire avait laisser entendre que l’enfant qu’elle a eu en février 2008 est de John Edwards.
Comme pour prouver que quand certaines personnes rentrent dans votre vie par la porte, le bonheur sort par la fenêtre, John Edwards, une des personnalités populaires de son parti, n’a pas pu prendre part aux dernières conventions démocrates à Denver, où il devait pourtant intervenir. L’ancien sénateur de Caroline du Nord semble même adopter un profil bas sur la scène politique américaine dans la mesure où on ne l’entend plus s’exprimer depuis l’éclosion de son infidélité.
Cependant, l’affaire refait surface avec la publication par son épouse Elizabeth Edwards d’un livre intitulé " La Résistance : réflexions sur les charges et les cadeaux de la vie face à l’adversité". Le livre n’arrête pas d’attirer les citoyens puisqu’à première vue, le sentiment qui anime le lecteur est la suite des révélations de la tromperie scandaleuse de John Edwards. Des commentateurs vont jusqu'à dire que l’épouse déçue a voulu se débarrasser de ses chagrins en écrivant un livre.
Interrogée par un journaliste de CNN, l’écrivaine précise que "seulement 5 % du contenu de mon livre parle de cette indiscrétion de John. Pour être honnête, je ne pouvais pas écrire un livre sans parler de cette affaire".
Affaires fatales
Elle alimente tout de même le débat, en étalant sur la place publique ses réactions face au scandale. "J’ai été naïve et je pense que c’est une trahison comme mon mari le sait. C’est tellement pénible que ça obscurcit tout ce qu’on a eu à faire ensemble", a-t-elle déclaré sur CNN.
Sur les toutes premières révélations de l’affaire dans les médias, Elizabeth Edwards dit les avoir ignorées avant de se rendre à l’évidence. "J’avais d’abord écarté les informations publiées à cet effet par un journal sur une histoire que, à mon avis, CNN et ABC ne pouvaient manquer de révéler". La confiance étant un ingrédient à la fois indispensable et affectable dans tout rapport humain durable, Elizabeth Edwards affirme qu’il faudra encore du temps pour qu’elle regagne le même niveau de confiance en son mari qu’auparavant. "C’était dévastateur. Je devais affronter le fait qu’il n’avait pas été honnête avec moi. Les efforts de regain de confiance ont connu beaucoup de retard. Nous travaillons toujours sur ça".
L’on se souvient qu’au Canada voisin des Etats-Unis, une étrange affaire de fesses avait mis fin à la carrière politique du tout puissant Maxime Bernier, ancien ministre des Affaires étrangères. Dans sa quête d’idylle pour âme esseulée, M. Bernier était tombée sur une plantureuse blonde du nom de Julie Couillard.
Difficile de passer inaperçue, l’âme sœur qui accompagnait le jeune ministre dans la quasi-totalité des cérémonies ou des visites officielles à l’extérieur avait fini par susciter des questions dans les médias canadiens. Résultat : les journalistes ont découvert que la maîtresse foudroyante est l’ancienne conjointe d’un magnat de la drogue, du blanchiment d’argent et de la liquidation des rivaux.
Pis, M. Bernier laissait traîner des documents ultra confidentiels du gouvernement sur la table de sa compagne. Il n’en fallait pas plus pour que le Premier ministre Stephen Harper, acculé par l’opinion publique et les interrogations des députés, soit contraint de le congédier du gouvernement et de mettre fin, en toute vraisemblance, à une carrière politique prometteuse.
Pourquoi les affaires de maîtresse sont donc nuisibles aux illustres personnalités ? En tout cas, de telles révélations représentent une victoire pour la démocratie, dont la libre expression est l’un des piliers. Toutefois, il faudrait pouvoir faire la différence entre le réel et l’irréel. Surtout que dans certains pays "démocratiques", des journalistes ont été victimes de règlements de comptes avec le pouvoir à cause de simples histoires fictives.
Ogopémo Ouologuem
(USA)
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INTERPELLATION AVORTEE DE CINQ MINISTRES
Le secrétariat de l’Assemblée nationale en cause
Ils étaient cinq ministres du gouvernement à répondre aux questions orales des députés jeudi 21 mai 2008. Leur interpellation a été reportée à la prochaine plénière. Motif : le secrétariat de l’Assemblée nationale n’a pas fait parvenir les questions orales à temps aux interpellés.
Général Kafougouna Koné (Administration territoriale et Collectivités locales), Dr. Badra Alou Macalou (Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine), Abou-Bakar Traoré, (Mines), Sanoussi Touré (Economie et Finances), Hamed Diané Séméga (Equipement et Transports) étaient les cinq membres du gouvernement à qui les honorables députés Hamadoun Alatji, député Adéma élu à Youwarou, Oumar Mariko député Sadi élu à Kolondiéba et Tidiane Guindo, député URD élu à Bankass avaient adressé des questions orales.
Ces questions orales inscrites à l’ordre du jour de la plénière ont été renvoyées à la prochaine plénière qui devrait avoir lieu le 28 mai prochain. Ce renvoi des questions orales est consécutif au fait qu’elles n’ont pas été adressées à temps par le secrétariat de l’Assemblée nationale aux différents ministres pour que ces derniers aient suffisamment du temps pour les examiner et préparer par conséquent leurs réponses. Un fait que le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré a reconnu et fustigé.
L’honorable président de l’A. N. a indiqué avoir instruit à son secrétariat d’envoyer, dorénavant, illico les questions orales à leurs destinataires dès leur réception. Un message qui ne devrait pas tomber dans des oreilles sourdes puisque les questions orales restent le seul moyen, pour le citoyen lambda d’accéder aux informations sur la vie de la nation.
Selon Dioncounda Traoré, les ministres n’ont reçu les questions orales que le mercredi 20 mai. Un conseil des ministres s’étant tenu ce même mercredi, il est évident que les membres du gouvernement n’avaient pas le temps matériel pour préparer leurs réponses et venir devant les députés pour répondre à leurs sollicitations. Cet argument a été réfuté par l’honorable Oumar Mariko. A en croire l’élu de Kolondiéba, ses questions orales ont été déposées depuis décembre 2008.
Il ne comprend donc pas qu’elles soient renvoyées à une autre plénière, d’autant plus, a avancé l’honorable Mariko « les ministres disposent de plus de moyens à travers leur cabinet pour satisfaire leurs questions orales préparées dans de conditions plus difficiles ». Oumar Mariko voulait profiter de la brèche que lui offre l’article 90 du règlement intérieur qui permet au député de déposer au cours de la séance plénière pour déposer de nouveau sa question orale sur les fraudes électorales. Cette requête à été acceptée par le président de l’A. N. qui a encore une fois de plus reconnu que la faute incombe au secrétariat et non pas aux députés interpellateurs.
L’on ne sait pas les raisons qui ont fait que le secrétariat de l’Assemblée nationale n’a pas pu envoyer les questions orales à temps à leurs destinataires, mais toujours est-il que ce genre de comportement est courant dans l’administration malienne. Alors président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéita, n’aurait permis un tel impair, tout comme il ne cessait de rappeler les députés à l’ordre lorsque pendant les plénières les sièges vident se faisaient de plus en plus nombreux.
Sûr que ce report pourrait avoir pour conséquence un prolongement de la session ou tout simplement la non-disponibilité d’un ministre ou du député interpellateur remettant aux Calendes grecques les questions orales d’où l’impression pour certains concitoyens que nos députés ne travaillent pas ou disent à juste titre que l’A. N. est une caisse de résonance.
Denis Koné
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