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2009

Mois de Mai

Les Echos du 19 Mai 2009

 

PRETEXTE D’UN TROISIEME MANDAT POUR ATT

Bluff ou hold-up constitutionnel d’un maire Parena ?

La déclaration, le week-end dernier, du maire Parena de Tabakoto demandant à ATT de briguer un 3 e mandant, publiée par un confrère, va à l’encontre la constitution qui limite à deux le mandat présidentiel. Une raison pour les Maliens de crier au hold-up constitutionnel, car l’élu Parena qui n’a pas agi par hasard, donne un prétexte à ATT.

En 2007, si toute la classe politique a démissionné au profit d’ATT, c’était pour lui permettre d’exercer un deuxième et dernier mandat. Et à l’époque, même les proches collaborateurs d’ATT pensaient la même chose parce qu’il avait entamé un certain nombre d’actions économiques. Sa réélection était nécessaire pour qu’il achève le travail entamé. C’est la raison principale qui a fait qu’il a été soutenu à deux reprises par la classe politique.

Le problème est qu’il s’est entouré d’hommes et de femmes au cours de ses deux mandats, qui ne veulent pas qu’il quitte le pouvoir. Parce que ceux-ci profitent du régime mieux qu’ATT lui-même. Ses gens sont regroupés essentiellement dans ce qu’on appelle le Mouvement citoyen. ATT a eu le temps de se forger des appuis au sein de certains partis politiques. Des amitiés qui ne vont pas forcément dans la ligne directrice du parti. C’est le cas du Parti pour la renaissance nationale (Parena), qui s’est inscrit dans l’opposition depuis longtemps. La déclaration faite le jeudi 14 mai, par Alhousséyni Sissoko, le maire Parena de Tabakoto (région de Kayes) où ATT présidait la cérémonie d’inauguration d’une mine d’or, lui demandant de briguer un troisième mandat a étonné plus d’un. Soit M. Sissoko a été commis par le régime pour le dire pour des intérêts sordides, soit il vise personnellement quelque chose en le disant.

Cette tactique n’est pas nouvelle dans la mesure où habituellement, le pouvoir dicte ses intentions à des gens bien ciblés pour atteindre un but. Le cas de notre voisin du nord, le Niger, est frais dans les mémoires. Dans ce pays, le chef de l’Etat Mamadou Tanja envisage un référendum pour un 3 e mandant. Il a mis en avant des populations triées sur le volet et pour le besoin de la cause qui ont marché pour réclamer son maintien alors qu’il est à son 2 e et dernier mandat.

Un coup parti de Koulouba ?

Nul doute que c’est un coup parti de Koulouba pour faire croire que le peuple croit toujours en ATT et qu’il veut son maintien. Mais les partis politiques et la constitution sont là pour lui faire barrage. De leur côté, les partis politiques doivent se mobiliser pour faire échouer cette alternative qui n’est pas nouvelle.

Un président de la République élu pour 5 ans et qui rempile une deuxième fois, a suffisamment eu le temps de mettre en œuvre ce qu’il a annoncé comme programme. Le fait de toujours solliciter un mandat non prévu par la constitution conduit inexorablement à la présidence à vie. Toujours est-il qu’après un 3 e mandat, la tentation est grande d’aller vers un quatrième et se maintenir perpétuellement. Les partis politiques sont dans leur beau rôle de rester mobilisés et vigilants. Un militaire même élu démocratiquement peut se dédire sans état d’âme pour garder le pouvoir. Pourtant, l’on se souvient encore qu’ATT, au cours d’une conférence de presse avait clairement laissé entendre qu’il n’est pas partant pour 2012.

Mais, rien ne prouve que c’est de l’argent comptant parce que si lui, ATT ne veut pas conserver le pouvoir, ce qui reste à vérifier, ses partisans le veulent. Les inaugurations en masse, les poses de première pierre, le fait d’être à l’intérieur du pays de façon quasi-permanente sont des indices qui montrent qu’il a un autre tour dans son sac.

Le Mali n’est pas le Niger, le Burkina Faso, l’Algérie, le Congo, etc. Si ATT veut se comporter comme les chefs d’Etat de ces pays qui ont prolongé leur mandat en modifiant la constitution, ce serait pour lui une autre paire de manche.

Mohamed Daou

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POLITIQUE

Les limites d’ATT

De tous les temps et dans tous les pays, la probité ne peut être que l’habitude des actions utiles à la nation, mais faudrait-il que les citoyens en imposent souvent aux dirigeants.

Le citoyen est un homme qui ne laisse à d’autres le soin de décider de son sort et du sort commun. Il est aujourd’hui établi, au regard des pratiques en cours dans le pays, de reprendre notre destin hypothéqué dans les dédales du Roi Nègre.

Le serment de défense du pays, des biens publics et privés étant trahis par le roi, premier magistrat, chef suprême des Armées, détenteur absolu de tous les pouvoirs, premier et unique gardien de la tirelire nationale, il appartient donc au brave peuple de prendre ses responsabilités.

Lorsque le roi nègre dit : « Le détournement et les voles des deniers publics sont devenus systématiques »… Lorsqu’il martèle à Diamou (localité située près de Kayes) : « Ceux qui ont volé l’argent de l’Etat se promènent en toute impunité, tout le monde les connaît et rien ne se fait »… Lorsque notre vénéré souverain, toujours lui affirme publiquement à la télévision nationale : « Nous nous rendons complices de leurs voles en entérinant au conseil des ministres les projets surfacturés »…Notre roi donc, se déclare incapable d’honorer le serment pris devant la nation malienne.

Ce n’est pas tout. Récemment, dans l’affaire de prise d’otages de diplomates canadiensnotre roi bien aimé qui manque d’habileté et dont le désir de paraître est toujours inassouvi, vient de se faire accusé d’être de connivence avec le terrorisme international par les Algériens. Plus loin, en 2006, Sa Majesté Roi Nègre s’était fait accusé de concussion dans la crise ivoirienne lors d’un sommet de la Cédéao tenu à Accra au Ghana. Les services de renseignement français et ivoirien, sous la plume d’un inconnu et mystérieux « journaliste français », monsieur Le Pigeon n’avaient pas hésité à vilipender notre cher roi sur le Web, les journaux maliens en ont fait leurs choux gras. On reprochait à notre cher roi qui « raffole de l’argent, mais surtout qui en avait besoin pour les campagnes de la présidentielle de 2007, d’avoir soutenu Laurent Bgagbo contre l’avis de ses pairs et la France, moyennant quelques milliards de francs CFA ». En 2007, dans l’affaire des exonérations du riz, c’est tout piteux que notre roi jasera : « Les commerçants nous ont trahis »

Manque de fermeté

Mécontents des pratiques pas toujours décentes de notre roi, nous, citoyens maliens accusons Sa Majesté.

Revisitons P. Mendès France. La démocratie dépend entièrement de la volonté des citoyens. Si elle est bafouée par les dirigeants, aucun moyen ne serait de trop pour rétablir l’honneur et la dignité de la nation souveraine. Bien moins, par négligence ou l’inertie des citoyens, seul le peuple peut faire vivre la démocratie en la portant jour après jour dans une action incessante de solidarité, nous enseigne P. Mendès France.

Une confidence : en 2000 déjà, alors que nous mettions sur les rampes de la présidentielle de 2002 un certain Amadou Toumani Touré un de ses oncles nous a fait une mise en garde en ces termes : « Fiston, vous vous agitez pour qu’Amadou devienne président. Au vu de ce qui se passe à l’Adema, il le sera certainement, mais c’est quelqu’un qui ne pourra pas bien gouverner le Mali, et toi, tu seras le premier déçu ».

Nous avons répliqué en rappelant au vieil homme que Ronald Wilson Reagan piètre acteur de cinéma entre 1967 et 1974, a dirigé les Etats-Unis d’Amérique de 1981 à 1989 avec beaucoup de fermeté menant la guerre au moyen et Proche-Orient.

Et au vieux de répondre : « Justement, Amadou manque de fermeté, raison pour laquelle je dis qu’il ne peut pas diriger un pays ».

A.K. Dramé

Journaliste indépendant

 

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2 e TOUR DES LEGISLATIVES PARTIELLES DE BOUGOUNI

L’Adéma obtient plus de 51 %

Les résultats définitifs provisoires de l’élection législative partielle de Bougouni sont tombés hier, en fin de matinée. L’Adéma PASJ est donné gagnant avec 51,17 % des voix contre l’URD, (48,83 %).

Les résultats provisoires de la Commission de centralisation des résultats de l’élection législative partielle, 2 e tour qui a eu lieu dimanche dans la circonscription électorale de Bougouni, placent le candidat de l’Adéma-PASJ, Moussa Diakité en tête avec 51, 17 %. Le candidat de l’Urd, Seydou Diawara obtient 48,83 % des voix sur 202 885 électeurs inscrits.

Il faut rappeler qu’au premier tour, l'Adema est arrivée en tête avec 27.202 voix soit 31,37 % des votants devant l'Urd avec 19.143 voix (22,08 %). Les partis Barica avaient eu 15,38 %, le Rpm 7,90 %, la Codem 7,75 %, etc. Le taux de participation étai estimé à 53,92 %.

Les élections législatives partielles de Bougouni ont été organisées suite au décès du député Mamadou Sinayogo dit « Gaucher » du Bloc des alternatives pour la renaissance, l'intégration et la coopération africaine (Barica). Sous réserve de la validation de ces résultats par la Cour constitutionnelle, l’élection de Moussa Diakité, renforce ainsi le nombre des députés de l’Alliance pour la démocratie au Mali, Parti africain pour la Solidarité et la Justice (Adséma-PASJ) à l’hémicycle.

Amadou Sidibé

 

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MAIRIES

Les bureaux installés en deux temps ce mardi

Initialement prévue le 15 mai 2009, l’installation des conseillers communaux n’aura finalement lieu que ce mardi. Cela suite à une décision du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Les informations en provenance du gouvernorat du district indiquent que la date de ce mardi sera respectée. Selon le conseiller aux affaires administratives du gouverneur du district, Kaman Kané le calendrier de l’installation des maires et de leurs 5 adjoints a été établi à cet effet. Il indique que la mise en place se fera en deux vagues. La première vague d’installation aura lieu le matin à 9h. Elle concernera, selon M. Kané, les Communes I, III et V. Par contre, les conseillers communaux des Communes II, IV et VI seront mis en place dans l’après-midi à partir de 15 h.

A part les Communes IV et V, les alliances scellées dans les autres Communes semblent être respectées. De ce fait, des maires Adema sont cités pour se succéder à eux-mêmes. Avec l’installation des bureaux communaux aujourd’hui, le suspens sera levé.

Mohamed Daou

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DIORO

La hantise des premières pluies

Si la saison des pluies est attendue avec espoir partout au Mali, à Dioro, cette attente est doublée d’une certaine crainte, et pour cause : leurs violences et les dégâts.

L’Office riz Ségou, qui a pour vocation la culture du riz, est aujourd’hui perçu comme un instrument polyvalent d’agrégation de savoir-faire, de moyens matériels et de force cognitive pour participer à la lutte contre la pauvreté en République du Mali.

Les premières pluies à Dioro sont très violentes. « Chaque année, quand surviennent les premières pluies accompagnées de vents violents, c’est un véritable carnage que subissent les animaux ». Selon notre interlocuteur, Bakary Coulibaly, éleveur dans la localité, « cette période est toujours attendue avec hantise ».

L’explication, selon des responsables de l’Office riz de la localité, est liée à la sécheresse. « Rarement, les éleveurs mettent suffisamment de fourrages de côté pour la saison sèche. Quand arrivent les premières pluies qui sont toujours accompagnées de vents violents ici, les bêtes qui sont affaiblies par une saison sèche rude, n’ont aucune force pour résister ». Du coup, elles se trouvent balayées, emportées par les vents, noyées sous les eaux. « Pour la saison dernière, nous avons enregistré plus de 300 bêtes mortes après les premières pluies de l’année dernière ». Et ce que les habitants et les responsables de l’ORS de la localité déplorent le plus, c’est que les victimes se comptent plus parmi les animaux de trait et les bœufs de labour, les plus affectés par le manque de fourrage.

Alexis Kalambry

 

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INTEGRATION AFRICAINE

Le Mali en première ligne

Le Mali est résolument engagé dans le combat pour l’unification africaine. L’organisation d’une semaine dédiée à l’intégration africaine explique la volonté des autorités maliennes.

C’est désormais une tradition bien établie. Le ministère chargé de l'Intégration africaine organise chaque année, depuis 1994 à travers la Délégation générale de l'intégration africaine, les journées de l’Afrique devenues semaine de l’intégration africaine depuis 2000. L’édition 2009 a été lancée le 18 mai au CICB, sous la présidence du Premier ministre, Modibo Sidibé, qui avait à ses cotés des membres du gouvernement, du corps diplomatique et de plusieurs invités de marque.

La semaine de l’Intégration africaine est placée sous le mandat du président ATT à la présidence de l’Uémoa qui a été élu par ses pairs il y a quelques mois. Les festivités vont continuer jusqu’au 25 mai prochain, journée de l’Union africaine. Le lancement de la journée a été précédé par une caravane qui a sillonné les grandes artères de la capitale et qui s’inscrit dans le cadre des activités de la semaine de l’intégration africaine. Cette caravane vise à vulgariser les idéaux de l’intégration africaine et à informer sur les chantiers de l’intégration africaine. Résolument engagé dans le combat pour l’Union africaine, le Mali est l’un des deux Etats (Sénégal) à inscrire dans sa loi fondamentale l’abandon partiel ou total de sa souveraineté au profit de l’Union africaine. En plus notre pays depuis la signature de la Charte de l’OUA, en 1963, à Addis Abéba, jusqu’à l’avènement de l’UA en 2002 est dans tous les combats et a apporté une contribution politique de qualité au plan régional et continental. Le ministre des Maliens de l'Extérieur et de l'Intégration africaine, Badra Alou Macalou a souligné que le Mali ne se conçoit que dans un ensemble ouest africain. L'engagement panafricaniste des présidents maliens qui se sont succédés dans le processus de création de l'Union Africaine, a été félicité par M. Macalou.

Appel aux forces vives

Le Premier ministre, Modibo Sidibé a lancé un appel aux forces vives de notre pays pour qu’elles s'approprient les idéaux de l'intégration africaine et s’impliquent effectivement dans leur mise en œuvre. Il a assuré que le gouvernement du Mali, conformément aux orienta­tions définies par le chef de l'Etat, aussi bien dans sa lettre de cadrage de l'action gouverne­mentale que dans le PDES, mettra tout en œuvre pour appuyer les initiatives en cours en vue d'accélérer le processus d'inté­gration. Le Chef du Gouvernement a souligné qu’ATT a à cœur, « non seulement de faire bouger les autres chantiers de l’Uémoa, mais particulièrement celui de l’appropriation de l’intégration par les forces vives parce que c’est là que s’ouvre la sève de l’intégration ».

Le représentant du Conseil national de la jeunesse du Mali, a dans une déclaration, exhorté les chefs d’Etats africains à accélérer l’unification africaine. Le représentant de la jeunesse a aussi félicité le Chef de l’Etat pour son élection à la tête de l’Uémoa et le salue pour sa préférence pour le dialogue dans la résolution de la crise au Nord du Mali. Il a promis de l’aider pour la réussite de sa mission et a exhorté tous les chefs d’Etat d’Afrique à accélérer la réalisation de l’Union Africaine.

Amadou Sidibé

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KADIOLO

Une épizootie tue plus de 3 000 bœufs

Une épizootie inconnue est en train de ravager les animaux du cercle de Kadiolo. Sans compter le nombre d’ânes, de moutons, de chèvres et autres animaux tués, l’épizootie a causé, de 2008 à 2009, la mort de plus 3 000 bœufs de labour du cercle.

Inquiets, les habitants de Kadiolo ne ratent plus d’occasion pour étaler leurs problèmes aux autorités. « Les paysans n’ont plus de bœufs. Plus de 3 000 bœufs ont perdu la vie cette année sans compter les moutons et ânes », a fait savoir le président des coopératives de producteur de coton de Kadiolo lors de la visite de Sékou Diakité, ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées à Fanidiama, un village du cercle de Kadiolo.

Selon un éleveur à Fanidiama, l’épidémie affecte le système respiratoire et le foie des animaux. « On voit le bœuf en bonne santé le matin et le soir il meurt. Certains éleveurs ont perdu tout un parc de plus de 1000 têtes », a dit notre interlocuteur.

Selon une source, les vétérinaires ont fait plusieurs prélèvements, mais ils n’ont jamais eu de solution à cette maladie qui continue de ravager les animaux de la zone. « Certains cultivateurs ont abandonné la commune. C’est ce qui a affecté la campagne 2008. Ça va certainement affecter la campagne cette année », a expliqué un habitant du cercle.

Le ministre a promis aux agriculteurs des tracteurs.

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial)

 

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