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2009

Mois de Mai

Les Echos du 18 Mai 2009

 

GREVE DES MAGISTRATS

Le Sam satisfait, le Sylima ignoré

Le Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a mis fin à sa grève illimitée décrétée le 13 mai. Le Sylima et le Synag poursuivent la leur entamée le 4 mai, faute d’accord.

Un communiqué laconique diffusé sur les antennes de l’ORTM, le vendredi 15 mai au soir, émanant du Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a mis fin à la grève illimitée commencée le 13 mai. Le même communiqué a invité les militants (magistrats) à reprendre le service dès ce lundi.

Sans connaître le contenu de l’accord signé entre le gouvernement et le Sam, il va sans dire qu’il repose sur la satisfaction des revendications du Sam dont le point central est l’indemnité de judicature. Au point de presse du jeudi 14 mai, le secrétaire général du Sam, Fodié Touré, accusait l’Etat « de n’avoir pas tenu ses engagements » tout en indiquant que son syndicat n’a pas dénoncé d’accord ni rompu les négociations.

Pour ceux qui ont écouté l’intervention du président de la République, ATT, sur l’ORTM le jeudi soir, à l’occasion du lancement des travaux de l’aéroport de Kayes Dag-Dag, la satisfaction des doléances du Sam ne souffraient plus de doute. ATT, mettant les magistrats face à leurs responsabilités et face aux conséquences de leur action sur les populations, les invitait à assurer un service minimum à défaut de suspendre leur grève illimitée.

Il s’est félicité de la poursuite des négociations par un syndicat qu’il n’a pas nommé mais qui n’est autre que le Sam et s’est indigné de l’arrêt des discussions par l’autre camp qu’il n’a pas non plus cité nommément, mais qui est le Sylima.

Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), dirigé par Hamèye Founé Mahalmadane, lié par une convention avec le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag), tient à la satisfaction de sa doléance portant signature du décret d’indemnité de judicature. Le Sylima et le Synag ont en tout 14 autres points de doléances.

La lenteur du gouvernement à signer le fameux décret aggravée par des reports successifs a conduit les deux syndicats à dénoncer l’accord préalable mettant la date d’effet de la prime de judicature à janvier 2009 et non octobre 2008. Ils ont rompu les négociations en faisant le constat, selon lequel, « les médiateurs ne viennent jamais les voir avec des propositions concrètes », doutant ainsi de la bonne foi du gouvernement.

En tout état de cause, l’accord signé entre le gouvernement et le Sam bénéficiera à tous les magistrats du point de vue effet. Mais l’Etat aurait beaucoup plus intérêt à intéresser le Sylima et le Synag, pour mettre fin à la paralysie de la justice.

Une justice ne peut pas fonctionner sans greffiers, sans présidents de tribunaux, juges d’instruction, etc.

Abdrahamane Dicko

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IL FAUT LE DIRE

Quadrature du cercle

Si nous avions eu la main à la pâte, nous satisferions au quart de tour les doléances des magistrats qui sont normalement un corps essentiel dans l’affirmation et la protection de l’Etat de droit que nous voulons voir consolider chaque jour davantage.

Comme décideur, l’équité nous aurait imposé de compenser l’obligation faite à un juge de trancher, même en dehors des heures de travail, jour ouvrable ou non, les affaires soumises à sa sagacité : en lui payant une prime conséquente de judicature, à l’instar de ses pairs de la sous-région.

Nous aurions mis à la disposition des parquets véhicules et motos et bien d’autres commodités pour leur faciliter l’accomplissement serein de leurs missions qui participent de beaucoup à la stabilité et à la paix sociales.

Après quoi, nous aurions été intransigeants sur la bonne distribution de la justice. Toutes les décisions rendues au nom du peuple malien allaient l’être dans les règles de l’art, les fautifs se sachant susceptibles d’être sanctionnés avec la dernière rigueur.

Hélas ! Quoi que l’on fasse, la justice restera toujours décriée, tantôt accusée « d’enfant gâtée de la République », tantôt de « fille rebelle à l’autorité du père complaisant ». En réalité, elle a plus que jamais besoin de rédemption morale surtout, car, de l’argent, on n’en aura jamais assez.

A preuve, malgré tous les sacrifices imposés au peuple pour relever le niveau de vie et des conditions de travail de la justice, il est rare de voir un pauvre gagner un procès.

Toutefois, si le relèvement du montant de la prime de judicature est de nature à ramener le 3e pouvoir sur les rails, alors pourquoi pas ! Car, ainsi les contentieux seraient mieux gérés et la République sauve.

En visite à Kayes, le chef de l’Etat, la voix la plus autorisée du Mali, n’a-t-il pas jugé légitimes les prétentions des syndicats de la magistrature, des greffiers et de toutes les autres corporations ?

D’où vient donc le prétexte de la faiblesse des ressources pour renvoyer aux calendes grecques la résolution de doléances somme toute justes ? L’Etat du Mali, qui laisse une minorité de ses agents mener grand train de vie, songe-t-il réellement au pays réel avant d’engager des dépenses de prestige ?

N’a-t-il pas, en dépit des difficultés, accordé il y a peu des indemnités faramineuses au personnel de commandement administratif ? N’a-t-il pas doté des agents de l’Etat en véhicules neufs dans un battage médiatique ? N’a-t-il pas augmenté les postes ministériels et par conséquent ses dépenses à l’occasion du réaménagement d’avril ?

Chers décideurs, trouvez vite une solution aux problèmes des juges ! Après eux, ce sera le tour des enseignants, des médecins, des ingénieurs, des jeunes diplômés sans emploi, des retraités qui se plaignent de leurs conditions dans un Mali qui bouge (sic !). C’est, on le voit, la quadrature du cercle.

A. M. T.

 

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« MASCARADE ELECTORALE » EN COMMUNE I

Les victimes prêtes à la désobéissance civile

S'estimant victime de fraudes électorales en Commune I, le Collectif des partis politiques, mouvements et associations, menace de sortir l’arme de la désobéissance civile au cas où il sera débouté de sa requête aux fins d'annulation des résultats.

La page des élections communales du 26 avril 2009 est loin d'être définitivement tournée en Commune I. Le Collectif des partis politiques, mouvements et associations contre la fraude électorale persiste et signe : il ne reconnaît pas les résultats du scrutin du 26 avril 2009. De même que le conseil communal qui en résultera.

Il motive sa décision par l'acheminement tardif des résultats au niveau de la commission de centralisation, l'absence de cachet sur des documents électoraux, la discordance entre les résultats portés sur les feuilles de dépouillement et les procès verbaux, la différence entre le nombre de votants et les totaux de suffrages exprimés par liste de candidature, la création de bulletins nuls physiquement irréels. Autres irrégularités mentionnées par le Collectif : l'achat de conscience, le vote par anticipation.

Par ces motifs, le Collectif par la voix de son coordonnateur, Salim Camara, affirme que ce qui s'est passé en Commune I frise la pagaille électorale. Si l'on en croit Soufiana Touré, mandataire et secrétaire politique du PSR, sur les 56 enveloppes venues du centre de Boulkassoumbougou, 52 n'étaient ni scellées ni cachetées. Pourtant, poursuit-il, la loi électorale est claire en son article 98 alinéa 4 "les documents : procès-verbal, feuille de dépouillement doivent être mis sous plis fermé et cachetés portant la signature des membres du bureau de vote et éventuellement des délégués des partis politiques".

Arme plus redoutable que les casses

Pour nous, "il fallait appliquer la loi". Aux dires de M. Touré, la commission de centralisation avait accepté dans un premier temps le principe. Mais quelle ne fut sa surprise de voir le représentant du gouverneur du district, Allaye Téssougué, instruire que les enveloppes non cachetées et scellées soient prises en compte dans le dépouillement. "Et cela malgré le refus de la quasi-totalité des représentants des différentes listes de candidature", explique le mandataire.

Le Collectif se dit fonder à croire que l'aspiration des populations n'a pas été exprimée encore moins respectée. "Nous ne reconnaissons pas le conseil communal. Il est illégal et illégitime", indique Soufiana Touré. Le Collectif, qui n’entend pas lâcher prise, se dit déterminé à transporter le contentieux devant la Cour suprême au cas où il perdra devant le Tribunal administratif. Et si d’aventure, averti-t-il, il sera débouté des deux côtés, il n'écarte pas l'hypothèse de la désobéissance civile qui n'est pas cependant synonyme de casse ou autres actes de vandalisme.

Celle-ci, selon le Collectif, pourra néanmoins se traduire par l'incitation des populations à ne pas s'acquitter de leurs taxes et impôts. "Le Collectif répondra de ses actes", assure le secrétaire politique du PSR. Toutefois, le Collectif dit qu'il sera légaliste jusqu'au bout. "Nous faisons confiance en la justice et en l'administration maliennes".

Sont membres du Collectif le Sadi, le Parena, l'UFD, le Cnid, le PCR, l'alliance Miria/URP, l'alliance PDS-Cnu-MDD, l'alliance US-RDA-FCD-REDD, MC/Yereko et Faso Jigi. C'est dire que c'est sur fond de contestation qu'aura lieu l'élection des conseillers communaux en Commune I prévue en principe ce mardi.

Mohamed Daou

 

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MJDPS, L’ANTI-ACCORD D’ALGER

Un nouveau président élu

L’assemblée générale du Mouvement de la jeunesse pour la démocratie la paix et la solidarité (MJDPS), réunie à Paris samedi, a porté à la tête du nouveau bureau Kader Traoré.

Kader Traoré qui avait fait acte de candidature devait être opposé à Moussa Coulibaly qui s’est finalement retiré. Les deux ont trouvé un consensus global sur leur programme respectif et la composition de la nouvelle direction, dont la vice-présidence est échue à M. Coulibaly.

Né pour dénoncer et contester la signature de l’Accord d’Alger entre le gouvernement malien et des trublions qui avaient initié une rébellion dans le Nord du pays en 2006, le MJDPS est un mouvement politique créé par des jeunes Maliens de France pour « permettre à la jeunesse malienne d’accéder aux responsabilités » comme le dira le vice-président sortant.

Bakary Mariko, qui a défendu le bilan de l’équipe sortante, s’est félicité de la prise en compte des points de vue du mouvement par les autorités nationales dans le règlement final de la crise qui a éclaté en 2006.

Le MJDPS avait manifesté à l’époque devant l’ambassade du Mali à Paris en qualifiant l’accord de juillet 2006 « de prime à la faute et à l’indiscipline » et déclaré vouloir attaquer ledit accord devant les juridictions compétentes, une menace qui risquait de provoquer des éruptions sur l’image lisse que renvoyait le pays au monde entier. La qualité d’homme de droit rigoureux et futé du président sortant, le Dr. Tidiani Guindo y était pour quelque chose.

C’est avec une liste de diffusion sur Internet que le MJDPS a tissé sa toile lentement, mais sûrement entre les jeunes du Mali, d’Afrique et d’un peu partout en faisant preuve d’engagement pour le Mali, de responsabilité et de courage face aux manipulations politiques et politiciennes.

C’est pour cela que le vice-président sortant dira « à tous ceux qui ont été déçus et vexés » que l’objectif du Mouvement est de changer les mentalités en luttant contre la corruption et pour le développement du Mali.

O. Diagola

(Paris)

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TRANSPORT AERIEN

Revoilà Air Mali !

C’est un nouvel Air Mali avec comme emblème le Ciwara qui retourne dans les airs à partir de ce matin. Ainsi l’ont décidé les autorités nationales et celles de la Compagnie aérienne du Mali (Cam).

La référence au nom du pays est une pratique courante pour les compagnies aériennes. C’est dans ce cadre que la Compagnie aérienne du Mali (Cam) a décidé, en accord avec les autorités maliennes, de devenir Air Mali à partir d’aujourd’hui.

L’information a été donnée vendredi dernier au cours d’un point de presse animé par le directeur général de la Compagnie aérienne du Mali (Cam), Abdrahamane Berthé, entouré de ses proches collaborateurs. « En décidant de prendre la dénomination Air Mali, la Compagnie aérienne du Mali (Cam), dans son plan stratégique de développement, veut, avec le gouvernement du Mali commercialiser tous ses produits et services sous cette marque », a dit le directeur général.

A la direction générale de la Cam, on croit savoir que ce choix permettra à la Compagnie de renforcer sa position dans le concert, animé et concurrentiel, des compagnies aériennes de la sous-région d’une part. De lancer un ambitieux programme de développement d’autre part. « Il s’agit de permettre à la compagnie nationale, une participation active, aux côtés des autorités maliennes, au développement intérieur et extérieur du pays, ainsi qu’à l’expansion de l’industrie touristique et des échanges », a précisé le DG.

Il a ajouté que les objectifs d’Air Mali tendent à promouvoir une identité connue dans toute la sous-région, de bâtir une compagnie plus forte sur la base des acquis de la Cam et d’accéder à un niveau de compétence indispensable dans le domaine du transport aérien, en tirant une fois de plus sur les bénéfices de l’expérience de la Cam.« Nous allons fournir des services innovants et de qualité et ouvrir le monde à nos clients ».

Selon les conférenciers, pour répondre à la volonté de l’Etat malien de participer au désenclavement intérieur et extérieur du pays, de promouvoir le tourisme national, la nouvelle société Air Mali a augmenté la capacité offerte sur son réseau domestique grâce à l’acquisition d’un avion SAAB 340-B de 33 sièges.

A en croire les conférenciers, soucieux de participer au développement socioculturel du Mali et bien au delà de l’Afrique, Air Mali a mis en place une politique d’implication sociale qui concerne les acteurs de la culture, de l’éducation et du sport. « Air Mali, qui conserve le Ciwara comme son emblème entend, à travers toutes ces actions, se positionner comme une entreprise citoyenne conscientisée et déterminée ».

De l’avis des conférenciers, Air Mali, qui renaît, répond aujourd’hui aux multiples exigences du transport aérien en se conformant aux normes et standards internationaux que sont la ponctualité, la sécurité et la qualité de service pour une plus grande satisfaction de sa clientèle.

Doté d’un capital de départ de 3 milliards de F CFA, Air Mali dispose du support de son partenaire stratégique qui, grâce au groupe Célestair, confère à la Compagnie une solide expertise du domaine de l’aérien.

Idrissa Sako

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HUICOMA

Les travailleurs écrivent au ministre du Commerce

De juin 2005 à 2008 aucun bilan de Huicoma n'a été certifié pour cause d'irrégularités avérées constatées par les commissaires aux comptes la SEC Diarra et le cabinet Sareci et aucun conseil d'administration n'a été tenu.

A M. le ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce

Monsieur le ministre,

Nous nous réjouissons de l'ouverture des usines Huicoma de Koulikoro et de Koutiala et vous félicitons pour vos efforts à travers vos visites dans ces deux localités, même si celle de Koulikoro s'apparentait à un jeu de cache-cache. Nous avons déploré cette attitude, car ceux qui craignent d'annoncer la date de leur visite en ces lieux se reprochent quelque chose.

Aussi, permettez-nous M. le ministre de vous rappeler que les actionnaires de Huicoma sont :

- Groupe Tomota : 84,13 %

- Etat malien : 12 %

- Dionké Yarnangoré et Hadja Mouye Sanogo : 2,28 %

- Personnel Huicoma et personnel CMDT : 1,49 %

Ainsi, l'Etat a vendu une partie de ses actions d'une valeur de 13 881 150 000 F CFA à la somme de 9 000 000 000 de F CFA.

Nous nous adressons donc à vous, en tant qu'actionnaire et anciens travailleurs de Huicoma dont la pérennité figure au premier rang de nos priorités. Nous nous battons pour cela et nous ne cesserons de le faire.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, selon un adage, car nous étions étonnés qu'à l'occasion de votre première grande sortie, vous vous occupiez de cahier pour la rentrée scolaire au lieu d'une structure comme Huicoma qui peut employer plus de 1000 travailleurs et du coup réduire le chômage des jeunes en République du Mali.

Vous avez marqué votre volonté d'aider Huicoma à sortir de ses problèmes et vous avez affirmé que Huicoma ouvrira ses portes pour ne jamais les refermer. En disant ces propos sur la télévision nationale vous avez pris à témoin l'opinion nationale et internationale. Nous en prenons acte.

A l'ouverture des usines, Huicoma n'a repris que 15 travailleurs déjà licenciés soit : 4 sur 450 pour Koulikoro et 11 sur 260 pour Koutiala pour une durée de trois mois et cela en violation flagrante des codes du travail et de prévoyance sociale en République du Mali et l'accord d'établissement CMDT/Huicoma.

M. le ministre, le problème que Huicoma connaît aujourd'hui n'est ni plus ni moins qu'un problème de mauvaise gestion, le nouvel acquéreur confondant Huicoma avec son patrimoine malgré les mesures d'accompagnement de l'Etat :

- Priorité d'un quota sur la graine de coton de la CMDT ;

- Révision du prix de la tonne de graine de coton ;

- Exonérations fiscales et douanières.

L'acquéreur d'une partie des actions de l'Etat était censé venir avec de l'argent frais et une certaine expertise pour redresser cette entreprise qui souffrait d'un manque de fonds de roulement puisqu’elle venait de réaliser un plan d'investissement de 12 milliards de F CFA et le coût élevé de la graine de coton.

Mais au lieu de cela, le nouvel acquéreur, une fois installé aux commandes a fait sortir tous les anciens fournisseurs et prestataires au profit de ses propres entreprises Tata Transport, EGCBAT, la SPI et Graphique Industrie. Il a acheté la peinture à Sapec et Syatels afin de peindre les machines et réclamer à cor et à cri avoir investi 22 milliards de F CFA. Peut-on dépenser cette somme colossale sans penser aux hommes ?

La réalité, c'est qu'aujourd'hui les travailleurs non licenciés qui sont encore dans l'entreprise souffrent le martyre, car ils sont à 4 ou 5 mois sans salaire. Tous les actes qu'il a posés donne l'impression qu'il vole quelqu'un. Qui ?

Afin de couvrir ses actes délictueux, il s'est fait couvrir par un conseil d'administration à la date du 22 décembre 2005 dont il ressort sur le procès-verbal que "le conseil d'administration décide de confier l'assistance technique et la centrale d'achat de Huicoma-SA au Groupe Tomota". Qui étaient les administrateurs de ce jour ?

Aliou Tomota, Amidou Sissako, Charles N'doye, Mansour Haïdara, Cheickna Hamalla Simpara tous du groupe Tomota. Voilà l'origine du vol. Le groupe Tomota du coup est devenu fournisseur et prestataire de Huicoma.

Les travaux sont exécutés sans devis préalables et sans appel à la concurrence. C'est quand il y eu beaucoup de bruit, que le groupe Tomota et son PDG ont tenté de régulariser cette situation. Les soldes de comptes bancaires Huicoma sont systématiquement versés dans ceux du Groupe Tomota en vue de fuir les éventuels saisies des fonds par le fisc ou les fournisseurs sur décision de justice. En vertu de quoi des opérations sont-elles possibles ? Il s'agit ici d'une véritable banqueroute organisée.

De juin 2005 à 2008 aucun bilan de Huicoma n'a été certifié pour cause d'irrégularités avérées constatées par les commissaires aux comptes la SEC Diarra et le cabinet Sareci et aucun conseil d'administration n'a été tenu.

La Sec Diarra ayant rendu sa démission, ces constats ont fait l'objet d'un rapport par le cabinet Sareci. Qu'est devenu ce rapport ?

Monsieur le ministre, notre collectif renferme en son sein beaucoup de travailleurs qui ont loyalement servi cette entreprise, qui lui ont donné toute leur jeunesse, qui la connaissent et qui l'aiment.

Le problème de Huicoma est très profond et ne saurait se régler politiquement avec des grands discours. Une fuite en avant ne servira à rien, prenez donc vos responsabilités et demandez un audit international. Vous serez surpris.

Certains privilèges accordés à Huicoma d'aujourd'hui sont ceux qui lui ont manqué hier avant sa privatisation pour continuer à employer plus de 1000 travailleurs, à verser plus de 4 milliards de F CFA annuellement à l'Etat malien, à mettre sur le marché des produits de bonne qualité et à moindre coût pour satisfaire la demande des Maliens.

Monsieur le ministre, en réalité l'Etat a perdu, car il ne perçoit plus d'impôt, plus de droits de douane. 759 travailleurs permanents et saisonniers ont été licenciés sans plan social adéquat et en sus la spoliation de leur droit de licenciement. Notre part de marché en huiles, savons et tourteaux dans la sous-région s'est envolée. Quelle honte ! Nous importons tous ces produits maintenant.

Monsieur le ministre, le président de la République malgré nos multiples appels et ses promesses n'a pas réagi, le Premier ministre depuis sa nomination est resté muet sur le sujet. Restez vigilants et vous comprendrez l'évidence. C'est maintenant que Huicoma est devenue une coquille vide selon l'expression empruntée à l'ex-Premier ministre pour se justifier qui pourtant a commandité un audit du Contrôle général des services publics. L'histoire jugera chacun de nous.

Bon courage M. le ministre

Salutation distinguées

Bamako, le 10 avril 2009

Signé : Collectif des travailleurs licenciés de Huicoma

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APRES AVOIR MORTELLEMENT PERCUTE UN POLICIER

Un taximan détale avant d’être arrêté

Dans la nuit de samedi 2 à dimanche 3 mai 2009, aux environs de 2 h du matin, un taximan a percuté de plein fouet un motocycliste sur l’avenue Kassé Kéita. Circonstance aggravante, il a fui, se mettant sous le coup du délit de non-assistance à personne en danger. La police du 2e arrondissement, sous la houlette du contrôleur général de police Mady Fofana, a immédiatement ouvert une enquête.

Selon une source proche du dossier le « chauffard » après son forfait ne s’est même pas arrêté. Sous le coup de la violence du choc, le motocycliste qui se trouvait être un sergent de la police du nom de Mohamed Diarra a subi une blessure grave avant de tomber dans un coma profond. Après quelques jours en soins intensifs, il a succombé le mercredi 6 mai 2009 et porté en terre par les siens le lendemain.

Le contrôleur général de police Mady Fofana, commissaire du 2e arrondissement, rapporte que l’incident a suscité de vives émotions dans le rang des hommes en uniforme. Au cours des investigations, dit-il, il s’est avéré qu’au moment du drame, le taximan transportait à l’hôpital une femme enceinte. Mais cela ne saurait servir d’excuse, fait-on remarquer au 2e arrondissement. « Il est inadmissible que quelqu’un commette une infraction et refuse de s’arrêter », se défend M. Fofana, qui révèle que le chauffeur de taxi en question demeure introuvable.

Mais, les pistes d’enquêtes envisagées par les éléments de la voie publique et une brigade de recherche spécialement créée au niveau du 2e arrondissement devront très rapidement débusquer le fautif. « Pendant que nous étions en train de faire le constat sur le lieu de l’accident un taximan est venu nous demander si nous avions fini avec le travail », se rappelle le commissaire ajoutant qu’une telle attitude corrobore la théorie policière qui veut qu’un criminel revienne toujours sur le lieu du crime.

Le titulaire, l’ « Américain » et le « Polonais »

Tiquée par cette attitude bizarre du taximan la police a immédiatement relevé son numéro d’immatriculation qui a fait l’objet de recherche au niveau de l’Office national des transports (ONT) pour identifier le véhicule. « Au-delà de nos enquêtes de voisinage et à l’ONT nous avons pu identifier le taxi ». Il précise toutefois que le taxi pourrait avoir trois chauffeurs (le titulaire, l’« Américain » et le « Polonais »).

Mais au cours des vérifications des emplois de temps il est presque établi que c’est le chauffeur « titulaire » qui était au volant au moment de l’accident. Ce dernier, après avoir reconnu les faits, a été placé en garde-à-vue et n’eût été la grève des magistrats, il aurait été déféré à la Maison centrale d’arrêt.

Néanmoins les enquêtes continuent. Mais il faut noter qu’après avoir établi les circonstances de l’accident la police a conclu que lorsque le taximan a percuté sa victime celui-ci a dans la foulée a cogné un autre motocycliste victime lui aussi de blessures moins graves.

Amadou Waïgalo

 

Protéger, alerter, secourir

Le sergent de police Mohamed Diarra, qui vient de nous quitter, était bien connu et apprécié des milieux sportifs. Il a évolué au sein de l’AS Réal de Bamako. Sa mort brutale a endeuillé le football malien. S’arrêter après un accident est, dit-on, un acte humanitaire, les partisans du droit diront même que porter secours aux victimes d'un accident est une obligation.

«  Le témoin d'un accident doit s'arrêter et porter secours aux victimes, sinon il pourra être poursuivi par la justice pour non-assistance à personne en danger » , explique un homme de droit. La sécurité sur les voies urbaines, exige un comportement responsable de chacun de nous. Une situation qui nous impose d'avoir de bons réflexes.

A. W.

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